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Les deux Franz

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Schubert et Liszt, d’une intensité rarissime avec Véronique Bonnecaze au piano

Ce nouvel album est un songe d’une Artiste réunissant deux génies de la musique romantique qui étaient d’immenses pianistes et frères d’âme. Il faudrait plusieurs planètes pour accueillir tous les pianistes et compositeurs dans nos cœurs.

Comment ne pas être fasciné par les artistes qui nous font oublier la violence de notre société, la déshumanisation en cours. Véronique Bonnecaze appartient à cette famille. Elle joue ici un Steinway D. Sous ses doigts, le piano chante et relie Franz Schubert (1797-1828) et Franz Liszt (1811-1886).

 Du livret succinct et réussi écrit par Jean-Yves Clément, écrivain, éditeur et organisateur de Festivals, on peut retenir que Liszt aurait pu faire sienne la déclaration de Schubert : Quand je veux chanter l’amour il se transforme en douleur, quand je veux chanter la douleur elle se transforme en amour. Cette petite phrase du compositeur viennois résume parfaitement cet enregistrement.

Le programme ici est une invitation à la poésie pure. On redécouvre tout d’abord la fantasy « Wanderer » en Do Majeur D760 composé de quatre mouvements. Comment ne pas se plonger dans cette œuvre majeure de la littérature pour piano, Veronique Bonnecaze vous prend la main et vous fait traverser des champs émotionnels et domine parfaitement cet Everest musical. Son interprétation est ressentie. Elle y jette son âme. Chaque note trouve son sens profond. Sa vision est intériorisée. La dimension poétique nous bouleverse. Elle est annonciatrice de la célèbre sonate en si mineur du compositeur hongrois sur de nombreux aspects autant mélodiques qu’harmoniques.

Franz Liszt, compositeur hongrois déclarait en 1835 : Dans le bref espace d’un lied, Schubert fait de nous les spectateurs de conflits rapides mais mortels. Si Schubert laisse plus de 600 lieder,  Liszt en écrit  plus de quatre vingt. Les deux Franz aimaient la poésie comme Franz Lachner, ami de Schubert. Liszt  aimait transcrire des lieder de Schubert.

Les différentes transcriptions de lied de Schubert proposées ici trouvent leur cohérence.  Il y a une dimension lyrique qui s’empare de votre salon et de votre être. Les larmes coulent lorsqu’on retrouve Der Wanderer S 558/11. Gretchen am spinnrade S558/ 8 est une parenthèse enchantée… L’interprète y est exemplaire de simplicité. Pas de places aux artifices parasites, seule la beauté triomphe. L’enregistrement se termine par trois valses caprices inspirées par des thèmes de Schubert extraites des soirées de Vienne S .427. Les teintes utilisent les tonalités de la mineur, La Majeur et Mi Majeur. Ses œuvres intriguent, esquissent des sourires sur nos visages… Quelle douceur et vérité dans l’interprétation. La prise de son est un exemple. On la doit à  Sami Bouvet. Voilà un enregistrement à avoir chez soi pour retrouver les deux Franz. Les deux Franz revivent. Depuis toujours, j’ai été intrigué par ses œuvres sous les doigts de pianistes célèbres ou oubliés, je les découvre de nouveau Merci Madame !!! On touche à l’indicible.

Serge Alexandre

Sortie octobre 2026. Durée : 68 minutes. Label Indécens Calliope www.indesenscalliope.com

https://www.veroniquebonnecaze.com/

Deux petits entretiens de l’artiste :

https://www.youtube.com/shorts/ESXARA5Mugo

https://www.youtube.com/shorts/eVjEjWsqCLg

Rmt News Int • 8 octobre 2026


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