L’éclat des fracas
Avec L’Éclat des fracas, paru aux éditions Quiero, Jérémy Beschon donne voix à une galerie de personnages abîmés par la précarité, le travail, l’exclusion ou les accidents de la vie : une femme de ménage, un cadre supérieur, un sans-abri, un manœuvre… Des personnages abattus, désabusés, au bord de la rupture ou déjà brisés, qui ont perdu le sens de leur existence.
Plutôt qu’un récit linéaire, le livre avance par fragments. On suit une succession de vies qui se croisent, se répondent parfois comme celle de la femme au chien. Cette forme permet à l’auteur de dresser, dans une langue particulièrement travaillée, qui tire sa force de mots simples, un portrait sombre et sans concession de notre époque, mais aussi de Marseille, avec son soleil, son vent, ses mouettes, sa mer, son bruit et ses odeurs d’égouts, d’urine et de merde de chiens.
L’écriture est l’une des forces du texte. Jérémy Beschon travaille une langue sèche, parfois brutale, très imagée, qui épouse leur quotidien Le livre ne cherche pas à adoucir la violence sociale qu’il décrit : il la fait entendre sans fard, crûment, dans les voix, les situations et les trajectoires de vie. Mais ces personnages ne sont jamais réduits à leur condition : l’auteur les observe sans les juger.
L’Éclat des fracas sera joué pour la première fois au Théâtre des Chartreux, dans le cadre de Scènes Docu, le 4 octobre, suivi d’un débat. Cette adaptation prolonge autrement cette polyphonie de vies fragiles et permet de faire entendre, dans l’espace théâtral, la langue singulière de Jérémy Beschon.
DVDM
