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Adieu à un serviteur de la musique Antonino Fogliani (1976-2026)

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Il y a des jours ou des nuits où la nouvelle tombe comme un terrible orage. Ce fût le cas le 29 août dernier. On se retrouve submergé d’émotions. Antonino était loin d’être une star… Né à Messine, son dernier voyage a été en Suisse à la fin de l’été.  Il ne pouvait renier ses origines. Il est et restera un ardent défenseur du répertoire italien et du bel canto exhumant de nombreuses œuvres endormies de Cimarosa, Paisiello, Mercadante, Nicola Vaccai, Donizetti, Rossini… Même si je déteste que l’on puisse mettre sur un artiste une étiquette. Il était spécialiste. Rien de pire !

Il suit ses études musicales au Conservatoire musical de Bologne puis obtient un diplôme de direction musicale au Conservatoire Giuseppe Verdi à Milan. Il se perfectionne en direction à l’académie de Sienne avec le très regretté Gian Luigi Gelmetti et étudie la composition avec Luca Donatoni et Ennio Morricone.

 

Invité au Festival Rossini de Pesaro en 2001, sa direction d’il Viaggio à Reims ne laissera pas insensible et lancera sa carrière sur les plus grandes scènes internationales à travers le monde. En 2011, il permettra au festival Rossini in Wilbad en Allemagne de connaître ses plus belles heures. De nombreux enregistrements et captations y seront effectués pour le label Naxos mais pas seulement je pense à Bongiovanni, Tactus, Dynamic, Arthaus Musik, Unitel… Des premières mondiales y seront effectuées, signe s’il en est d’une grande ouverture d’esprit et d’une curiosité, véritable fenêtre sur l’émerveillement. Quoi de plus beau que d’exhumer un manuscrit et lui redonner vie…

Chef lyrique inné ce qui est devenu rare de nos jours, sa précision et son sens de l’équilibre entre la fosse et le plateau le caractérisent. Sa connaissance des voix demeure une de ses qualités. Il restera aussi un remarquable serviteur du répertoire symphonique abordant tous les styles musicaux avec passion, humilité. Je songe à ses élèves en classe de direction du Conservatoire Alessandro Scarlatti à Palerme.  Il arrive dans l’existence que l’on croise des êtres dans des lieux improbables un train, un avion, un festival pour une aventure humaine et culturelle qui semble impossible et qui devient possible par cette lumière si précieuse qui habite certain regard.  Ciao Maestro. L’amour ne s’éteint jamais. On a toutes et tous eu de la chance de le croiser.

Serge Alexandre

Crédit photo : DR.

Rmt News Int • 4 septembre 2026


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