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The culture beyond borders

Entretien avec Frédéric André, directeur artistique de la Fiesta

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La Fiesta des Suds fête cette année sa 35e édition. Qu’est-ce qui caractérise cette nouvelle édition ?

« On ne va pas parler de nouveauté : on est toujours sur une grande fête. Dans ce lieu majestueux, on a les 2 scènes ainsi que la bodega qu’on a imaginé pour rendre hommage à Bernard Aubert, le fondateur de la Fiesta. C’est un lieu décalé avec musique, blind test, karaoké, concours de sosie. »

Le Club Major prend une nouvelle dimension cette année ?

« L’année dernière, il a été un peu victime de son succès. Là, on a la particularité d’alterner DJ set et concert. Donc ça ne s’arrête jamais. De l’ouverture jusqu’à la fermeture, ce lieu ne s’arrête jamais de vivre. On l’a vraiment pensé comme quelque chose qui relate un peu le cœur battant des musiques qui viennent du monde entier. On aura des Catalanes, des Sud-Africains, des Colombiens, des Suisses et des artistes émergents, qui sont les artistes de demain, en tout cas sur ces esthétiques-là. »

Tarta Relena © Duna Vallès

Vous accordez aussi une place importante aux nouvelles générations ?

« Il y a plein de jeunes qui prennent les musiques traditionnelles et les mettent dans le futur. J’avais aussi envie de montrer ça, notamment avec des artistes comme les catalanes Tarta Relena qui mélangent des polyphonies traditionnelles avec des musiques électroniques, ou les toulousaines Cocanha qui mêlent des sons afro-colombiens avec des éléments électroniques en s’inspirant de différents mouvements révolutionnaires. »

La Fiesta revendique depuis toujours son côté populaire.

« La Fiesta, c’est un festival populaire, et c’est dans l’ADN depuis 35 ans, de dire en fait la Fiesta appartient à tout le monde. On ne s’adresse pas à une classe de population, ni à une classe d’âge, on veut que tout Marseille soit là et que les gens se mélangent, se rencontrent. »

COCANHA © Amic Bedel

La question de l’inclusion est également devenue importante ?

« Nous la traitons de plus en plus au sein du festival, sur l’accueil de différents publics empêchés. Il y a de plus en plus de choses qui se font, des personnes dédiées qui travaillent vraiment là-dessus, notamment sur des personnes qui sont en situation de handicap. »

Les femmes ont une large place dans la programmation.

« Elles sont très invisibilisées dans la musique et j’aimais bien l’idée d’inviter Véronique Sanson, qui est une grande dame de la chanson, une des dernières représentantes de sa génération. Elle a une vie assez incroyable, et vient avec 10 musiciens et choristes. Imany, née à Martigues, est une femme hyper inspirante. Elle est très engagée sur la question de l’endométriose : il y a cette question de la colère dans son album, où elle a envie d’expliquer qu’on peut guérir de différentes situations, de soumissions, d’oppression. L’album de Mélissa Laveaux, d’origine haïtienne, est quant à lui tramé de résilience, de spiritualité, de souffrance. Elle parle beaucoup de vulnérabilité, une force qu’il faut arrêter de penser comme une faiblesse. »

Melissa Laveaux © Elijah Ndoumbe

Pourquoi le choix de Bertrand Belin, Stephan Eicher ?

« On a eu Bashung, Christophe, les Rita Mitsouko etc … On était sur quelque chose de chanson française, de pop-rock qui manquait peut-être ces 5 dernières années. J’ai eu envie de revenir à ces choses-là parce que peut-être on les a laissés sur le bord de la route. Bertrand est un personnage, un artiste complet : il écrit des paroles pour les autres, fait du théâtre et du cinéma. Il est issu d’un milieu social modeste et n’était pas forcément destiné à faire une carrière artistique. Stephan finalement est un monsieur plutôt sous-coté, je trouve, à part les deux-trois tubes qu’on connaît tous, il a quand même sorti 18 disques : il est par son papa d’origine d’un peuple nomade et chante en plusieurs langues. »

Selah Sue and The Gallands © Ramy Moharam Fou/Ad Press

Qu’as-tu hâte de voir ?

« ÃO, j’ai trouvé leur album vraiment magnifique. C’est un mélange de fado, de saudade, d’électronique et de folk. Ils sont 10 à 12 sur scène. Et le nouveau projet de Selah Sue qui change complètement de registre avec un côté plus jazz. »

Propos recueillis par Diane Vandermolina

Photo de une : La chanteuse Véronique Sanson en concert à la Seine Musicale les 12, 13 et 14 décembre 2025 © Carpentier Agency.

Rmt News Int • 27 septembre 2026


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