Le Festival de Glanum place sa 11e édition sous le signe de la Nuit
À Glanum, la musique dialogue avec les pierres
Du 16 au 18 juillet 2026, le Festival de Glanum revient à Saint-Rémy-de-Provence pour une 11e édition placée sous le signe de la Nuit. Au pied des Alpilles, le site de Glanum, ancienne cité antique, développée à l’époque romaine, l’un des ensembles archéologiques les plus remarquables de Provence, devient une nouvelle fois le décor d’un rendez-vous où la musique rencontre l’histoire et la nature. Dans ce lieu veillé par le Centre des monuments nationaux, temples, colonnes et vestiges millénaires composent un théâtre à ciel ouvert, presque irréel, où chaque concert semble résonner autrement.
Cette édition entend explorer les multiples visages de la nuit : le rêve, le mystère, la poésie, le vertige. Le directeur artistique Mathieu Herzog présente ces trois soirées comme des voyages, pensés pour faire dialoguer les esthétiques plutôt que les juxtaposer. Baroque, romantisme, jazz, cinéma ou comédie musicale : à Glanum, les répertoires circulent, se répondent et prennent une profondeur particulière lorsque le soleil disparaît derrière les Alpilles.
Trois soirées entre baroque, lyrisme et West Side Story
Le festival s’ouvre le jeudi 16 juillet à 21h30 avec Splendeurs du baroque italien. Dans la douceur du soir provençal, les œuvres de Vivaldi et Pergolèse mettront à l’honneur la voix humaine, portée par le contre-ténor Philippe Jaroussky et la soprano Gwendoline Blondeel. Sous la direction de Thibault Noally, l’ensemble Les Accents fera entendre un programme où ferveur, virtuosité et émotion suspendue dialoguent avec la magie du site.
Le vendredi 17 juillet, place aux Grands airs de la nuit. Romain Leleu et son sextet ouvrent la soirée dans un univers traversé par le jazz, la virtuosité et les résonances cinématographiques. Marina Viotti, accompagnée de Gabriel Bianco à la guitare et Léonard Disselhorst au violoncelle, prolongera ensuite cette exploration dans un registre plus intime, entre souffle lyrique et profondeur émotionnelle. De Schubert à Saint-Saëns, de Nino Rota à Dizzy Gillespie, le programme dessinera une nuit tantôt rêveuse, tantôt inquiétante, sensuelle ou incandescente.
Enfin, le samedi 18 juillet, West Side Story 2.0 vient clore cette traversée nocturne. Cette création originale fera résonner l’univers de Leonard Bernstein dans une version symphonique portée par Neïma Naouri, Kaïna Blada et Bastien Jacquemart. À la tête de l’Orchestre Appassionato, Mathieu Herzog donnera à cette œuvre emblématique du théâtre musical américain une intensité nouvelle, entouré de musiciens venus du jazz et du classique.
Un écrin antique pour de grandes voix
Pour cette édition, le Festival de Glanum réunit plusieurs artistes parmi les plus inspirants de leur génération : Philippe Jaroussky, Marina Viotti, Neïma Naouri, Romain Leleu, mais aussi Gabriel Bianco, Gwendoline Blondeel, Léonard Disselhorst, Thibault Noally, Les Accents et l’Orchestre Appassionato. Autant d’interprètes et d’ensembles qui incarnent l’esprit de cette programmation : exigence classique, liberté artistique, ouverture aux répertoires et goût du dialogue entre les genres.
À Glanum, le cadre participe pleinement à l’expérience. Pendant le festival, le site accueille une jauge de 800 places, avec des gradins pensés pour le confort du public et un aménagement respectueux de la majesté du lieu. Le dispositif acoustique immersif, utilisant une technologie digitale avancée, promet une écoute à la hauteur de ce décor exceptionnel.
La billetterie propose des places allant de 40 à 80 euros selon les catégories, et un tarif jeune à 30 euros. Bar et petite restauration sont proposés sur place à partir de 19h30.
Agdal Oussadi
Festival de Glanum | La musique au coeur des Alpilles
Entretien avec Mathieu Herzog, fondateur d’Appassionato et directeur du festival de Glanum
DVDM : Arrangeur, compositeur, chef d’orchestre : quel est votre rôle chez Appassionato ?
« Quand je dis arrangeur, je parle plutôt d’orchestrateur, c’est-à-dire avoir la capacité de prendre une mélodie, une chanson, une œuvre pour piano, peu importe, et de la mettre à l’orchestre pour qu’elle sonne différemment et de façon nouvelle. »
DVDM : Comment travaillez-vous avec les musiciens ?
« Appassionato est un orchestre où les choix sont collégiaux et où tout le monde va ensemble vers le même objectif. Sans vouloir être fanfaron, je me démarque un peu des autres chefs car j’inclus vraiment mes musiciens dans les décisions musicales, stratégiques, le choix du répertoire, comment le construire. »
DVDM : Parlez nous du site de Glanum, transformé en salle de concert à ciel ouvert le temps du festival ?
« Nous avons la chance d’avoir ce plaisir infini du plein air avec la beauté du lieu, mais également d’avoir une qualité acoustique qui ressemblerait à celle d’une salle de concert. D’ailleurs, nous-mêmes, à l’intérieur du festival, nous parlons de salle. Nous ne disons plus les gradins ou le plein air. Je m’en souviens comme quelque chose de très particulier, puisque la première fois que je suis venu diriger, nous savions que c’était sonorisé. En général, musique classique et sonorisation égale tristesse infinie pour les musiciens comme pour le public. Pendant les balances, j’ai envoyé un de mes musiciens écouter. Il est revenu en me disant : “Écoute, c’est absolument magnifique.” J’ai vérifié et il avait raison. J’ai découvert ce système de spatialisation sonore, appelé Soundscape, qui utilise de nombreux petits haut-parleurs dissimulés autour du public pour recréer l’atmosphère d’une salle de concert. C’est magique de pouvoir proposer cette qualité dans un lieu comme Glanum, devant près de 1 000 spectateurs chaque soir. Les spectateurs ont vraiment le sentiment d’être à la Philharmonie de Paris ou au Carnegie Hall. »
DVDM : La diversité musicale est-elle l’ADN du festival ?
« Oui, c’est la marque de fabrique du festival. Lorsque j’ai présenté ma candidature en tant que directeur artistique, j’ai mis en avant l’idée que je développerais la plus grande diversité de styles possible. »
DVDM : West Side Story : pourquoi ce choix pour la soirée de clôture ?
« L’année dernière, nous avions fait, et j’avais dirigé, un concert autour de Broadway, avec cette chanteuse extraordinaire, Neïma Naouri, fille de Natalie Dessay et de Laurent Naouri : je la trouve hors du commun et nous nous sommes dit que la bonne idée, c’était de faire West Side Story, en version concert, avec des arrangements nouveaux, orchestrés spécialement pour être repris durant toute l’année 2026-2027. »
DVDM : Quels sont vos projets pour l’an prochain ?
« Nous espérons passer à quatre concerts, ajouter des concerts dans des lieux plus intimistes, comme des églises, en après-midi. »
Propos recueillis par Diane Vandermolina
Crédit photo: David Richalet




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