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Une Flûte enchantée

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Une Flûte enchantée,d’après Mozart
Mise en scène de Peter Brook
Théâtre de la Joliette(Marseille)
Du 28 Septembre au 5 Octobre 2013

(c) Théâtre de la Joliette Minoterie

(c) Théâtre de la Joliette Minoterie

      Pour inaugurer la grande salle modulable de 300 places du nouveau théâtre de la Joliette-Minoterie que dirigent avec énergie Pierrette Monticelli et Haïm Menahem,dans une généreuse optique d’accueil de compagnies régionales,d’écoles et d’habitants du quartier,ces derniers ont invité un spectacle de Peter Brook,primé aux Molière en 2011,adapté de La Flûte enchantée de Mozart.
      Dépouillée de toute scénographie chargée de symbolisme et d’artifices(quelques tiges de joncs,de roseaux et de bambous décorent un plateau nu),réduite à une version piano-chant dans de beaux éclairages de Philippe Vialatte,portée par une troupe de jeunes comédiens chanteurs talentueux(Roger Padullès,Thomas Dolié,Raphaël Brémard,Dima Bawab et Malia Mendi Merad),cette Flûte,librement adaptée du livret et de la partition,met en avant pendant une heure trente,les nuances et les subtilités du langage mozartien,mais trahit quelque peu le charme et la magie de l’oeuvre.
      On sait en effet que la Flûte n’est pas un opéra,mais une cérémonie initiatique qui se représente sur scène à grand renfort d’accessoires,de gloires descendant des cintres,ou d’animaux articulés,tout cela assorti de longues scènes parlées qui trouvent leur source dans le Sethos de L’Abbé Terrasson,publié en 1731,un livre essentiel  dont on faisait la lecture litugique aux assemblées Minervales des Illuminés;et que Mozart a conçu ce singspiel féerique et badin comme un vaste assemblage de symboles rituels.
       Dans la mise en scène de Peter Brook,on ne trouve rien de semblable.D’emblée sont supprimés les suivantes de la Reine de la Nuit et les trois jeunes garçons qui conduisent Tamino vers le château du démon pour délivrer Pamina. En revanche l’accent est mis sur le grand dessein de Sarastro(Vincent Pavesi) qui consiste à reconstituer en la personne d’un homme et d’une femme d’élection,l’unité d’un couple apte à s’élever à la connaissance suprême au sein d’un amour parfait. Tamino et Pamina sont ce couple qui parvient à triompher des épreuves rituelles de l’initiation maçonnique,présentées ici sans le moindre effet spectaculaire…
       Dans l’ensemble,les parties chantées en allemand sont brillamment servies et suscitent une vive émotion.Au contraire,les dialogues en français,adaptés par Marie-Hélène Estienne,dans une optique assez niaise,renvoient les personnages à un statut de marionnettes ridicules.Heureusement,ce qui nous est conté,l’histoire de l’avènement à soi dans un grand rite d’initiation,constitue l’objet principal de cette mise en scène élégante qui parvient à ne pas déplaire aux puristes et aux passionnés de théâtre lyrique.
                                                                                                                                                                 Philippe Oualid

Rmt News Int • 1 octobre 2013


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