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In Memoriam Sergeï Stadler (1962- 2026)

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Le monde de la musique a perdu le 20 avril 2026 l’un de ses plus grands poètes. Pas un mot en France quasiment ! Cela me fait revivre les morts de Georges Prêtre ou Alfredo Kraus… Cela m’est insupportable…

Qui était Sergeï Stadler ?

Il était et restera l’un des plus grands violonistes russes de son temps incarnant la grande école russe de violonistes fondée en son temps en grande partie par Léopold Auer. Je rappelle que la musique russe doit beaucoup à François Adrien Boieldieu (1775-1834) comme la danse avec Marius Petipa (1818- 1910).

Il débute avec son père avant de rentrer au conservatoire de Leningrad en 1969. Il y fait ses études avec Boris Serguiev, Mikhaïl Waiman avant de se perfectionner auprès de Leonid Kogan. Il se produit avec orchestre à l’âge de douze ans. Il remporte de nombreux concours internationaux. Il excelle dans le répertoire romantique allant de Paganini à Sibelius en passant par Hubay.

Il a inspiré de nombreux concertos contemporains dont celui de Sergueï Slominski. Il crée ce concerto en 1984. Sergeï faisait chanter son stradivarius de 1712 comme personne depuis David Oïstrakh. Lui et son instrument ne faisaient qu’un. Jouer à ses côtés en défendant un concerto connu ou inconnu était un privilège rare. Sergeï était aussi un très bon chef d’orchestre.

Tous les pays qui ont eu l’intelligence de l’accueillir le savent. Il était chef d’orchestre de l’Opéra d’Iekaterinbourg maîtrisant tous les répertoires du baroque à la musique contemporaine. Il maîtrisait parfaitement la connaissance des voix comme la musique de ballet si chère aux russes.

Sa maîtrise technique de son instrument de prédilection était stupéfiante. Cette connaissance lui permettait de développer une musicalité d’un autre monde. Si la devise de Giovanni Battista Viotti (1755-1824) était : « pour bien sonner, il faut bien chanter », son jeu en était l’incarnation.

Il est mort ce 20 avril à Bucarest avant de rejoindre la Turquie pour des concerts. Sa disparition laisse celui d’un mirage lorsqu’on est épuisé dans le désert de Gobi si cher à mon cœur. Comment est-ce possible Sergeï ?

Ses nombreux enregistrements continueront de vivre en nous à découvrir par tous les étudiants en musique. Cette foutue guerre m’aura empêcher de te revoir une dernière fois… L’amour, la vie sont plus forts que la mort ! Il était bien plus qu’un interprète au service des compositeurs d’hier et d’aujourd’hui. Il était… Les mots restent à inventer…

Serge Alexandre

Parmi ses enregistrements : Je recommande vivement les caprices de Paganini chez Melodya .

Le concerto pour violon de Garofalo chez Naxos- Marco Polo.

Rmt News Int • 29 avril 2026


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