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Pensée sous le soleil de la planète rouge.

J’ai attendu le résultat officiel des élections présidentielles avec un étrange sentiment, un sentiment d’Intranquillité pour reprendre un terme cher à Pessoa qui m’a poussée de longues heures réfléchir sur moi-même, sur ma propre condition d’être humain, pensant et sentant.

Chassant de mon oreille le bruissement de tous les chats noirs qui appréhendaient avec angoisse l’éventuelle élection de Marine Le Pen, nonobstant les injonctions mathématiques des tigrés qui prédisaient la plus probable élection d’Emmanuel Macron, j’ai trouvé refuge dans le repos de la paresse qui m’amena à une forme de béatitude, cette sérénité de l’âme apportée par la contemplation, avant de me réveiller, une fois encore de ma rêverie, pour observer un monde en déliquescence, une humanité en perte d’elle-même.

En effet, quand je lis sur les murs d’amis FaceBook toute cette haine, cette violence, ce mépris, ce ressentiment, ces insultes, ces moqueries grasses et vulgaires (gageons que quelqu’un va nous pondre une pièce intitulée « le gigolo et sa cougar ») et j’en passe, je me dis que le Front National n’a peut-être pas gagné la présidence mais qu’il a réussi son pari d’insuffler insidieusement le rejet de la différence dans l’esprit même de ceux qui disent le combattre et lutter pour la liberté, l’égalité et la fraternité !

Et si au lieu de nous rabaisser à distiller notre dégout et nos déceptions, notre rancœur et nos amertumes…., on prenait le temps de réfléchir à des idées véritablement humanistes et imaginer des actions concrètes pour faire émerger une véritable solidarité respectueuse de soi et de l’autre, où chacun pourrait avoir le choix de son bonheur sans se le voir imposé par d’autres. C’est le sens d’une révolution à laquelle je rêve.

Mon plus cher souhait pour ce quinquennat qui nous attend est que nous agissions concrètement, tous ensembles en bonne intelligence, au lieu de nous complaire dans un réactionnisme puéril et irréfléchi, également stérile et diviseur! Dépassons ainsi nos égoïsmes et nos égos pour construire une société humaine digne de ce nom, où la solidarité ne serait pas un vain mot, à l’image de certains peuples déshérités qui accueillent avec bienveillance les exilés de pays voisins.

Nous pouvons y contribuer chacun, selon nos compétences et métiers pluriels. Par l’art, la musique, le théâtre, la danse… qui forment cet écrin de cultures indispensables à notre humanité. Par l’action citoyenne intrinsèquement politique, également. Diane Vandermolina

 

 

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