« Ah Dieu ! que la guerre est jolie… », écrivait Guillaume Apollinaire, qui mourut des suites de sa blessure par un obus à la tête, achevé par la grippe espagnole la veille de l’Armistice. Ah, qu’il était joli le temps de la guerre en dentelles, au XVIIIe siècle, où le comte Joseph-Charles-Alexandre d’Anterroches, chef de l’armée française à la bataille de Fontenoy, en 1745, lançait avec une révérence courtoise empanachée aux ennemis en ligne face à face : « Messieurs les Anglais, tirez les premiers ! ».
Je ne dirai pas la raison tactique de cette politesse en une époque où recharger un fusil à un coup s’était s’exposer à « passer l’arme à gauche », offrir une cible immobile à l’ennemi tant cela était long. Mais je reprends à mon compte, à bon compte, ces expressions de guerre jolie dont plaisantait le pauvre Apollinaire, et de guerre en dentelles, pour qualifier, un beau soir, une belle soirée, dans le luxueux Palazzo Corsini de Rome du fastueux Cardinal Ottoboni. En 1709, donc, pour distinguer la guerre, le combat, du moins le duel qui opposa, en perruques dont on ne se crêpait pas le chignon, deux géants de la musique baroque, nés tous deux en 1685, comme Bach, le Saxon Georg Friedrich Haendel et le Napolitain Domenico Scarlatti. On comprendra donc que je puisse, abhorrant, détestant naturellement la vraie guerre, on le voit aujourd’hui encore, qui rabaisse l’homme, je puisse exalter ce pacifique combat de deux génies où, si l’on s’accroche, c’est en croches et doubles croches, où les salves ne sont que celles des applaudissements d’un public de connaisseurs ravis.
Wanda Landowska, qui le réhabilita au XXe siècle, parlait du « noble ferraillement » du clavecin dont les cordes pincées sont en métal. Händel et Scarlatti, au cours de cette mythique soirée, pendant ce duel duo, vont donc ferrailler, croiser le fer, non de l’épée mais du clavecin. C’est le sujet de ce disque élégant Händel vs Scarlatti, VS non ‘vitesse de sédimentation’ de nos analyses de sang, mais versus latin, ‘contre’, ‘opposé à’. Si l’on ne sait pas grand-chose de concret sur cette compétition entre ces deux compositeurs de vingt-quatre ans, on sait qu’ils s’étaient connus à Venise, où ils avaient sûrement rencontré Vivaldi comme le rêve l’écrivain cubain Alejo Carpentier dans son festif petit roman Concierto barroco. Ils se témoignaient une amicale admiration, en parfaits connaisseurs de leurs qualités respectives.
Le jeune claveciniste italien Cristiano Gaudio, s’est formé en Italie, puis au CNSMD de Paris auprès des meilleurs maîtres, et à la Schola cantorum de Bâle Blandine Rannou et d’Olivier Baumont, conseillé par Christophe Rousset ou Skip Sempé, lauréat de nombreux prix internationaux, a eu cette belle idée pour son premier CD. Ce programme, il l’a présenté en concert à Paris ce 13 janvier. On comprend qu’il ait été séduit de se mettre en miroir lui-même à travers deux compositeurs qu’il sert, dans ce duel, non l’un d’une main, l’autre de l’autre, mais, l’un et l’autre à deux puissantes et légères mains, jouant sur deux clavecins du facteur Bruce Kennedy, l’un italien, l’autre allemand, sans les affecter un peu simplement à la nationalité respective des deux compositeurs, mais plus musicalement, selon la nature de la pièce à interpréter. On peut imaginer qu’il a eu à cœur, d’adapter son style propre à celui de chacun des deux, qu’il défend avec une égale technique, une étourdissante virtuosité, leur prêtant toute la fougue de sa jeunesse et de son sang italien, sans en verser une seule dans cet idéal duel.
Commençons la pacifique confrontation avec un mouvement lent de chacun des deux musiciens, d’abord la Toccata 11 de Händel : PLAGE 4
À défaut de connaître l’exact programme de la légendaire soirée, Cristiano Gaudio tire le répertoire Haendel du CD des manuscrits de Bergame (une sélection de Toccatas) et de Naples, qui pourraient correspondre à la période italienne du jeune compositeur. Pour ce qui concerne Scarlatti, qui a composé 555 sonates pour clavecin, il en retient dix. Nous écoutons quelques mesures de la K32, sous-titré, Aria, air : PLAGE 5
Après ces mouvements lents des deux musiciens, donnons le pas aux vifs dans lesquels s’exprime la virtuosité acrobatique du baroque le plus vertigineux qui devait soulever l’enthousiasme des auditeurs comme les roulades obstinées non pas de l’allegro, allègre, mais l’Allegrissimo de la Sonate K43 de Scarlatti : PLAGE 8
La toute brève Toccata 1 de Händel ne le cède en rien en vélocité, prestesse, prestidigitation : PLAGE 19
On regrette, bien sûr, de ne rien connaître de précis de cette soirée, de ce match organisé par des mécènes raffinés entre deux jeunes compositeurs déjà bien cotés. Nous avons simplement ce témoignage de Scarlatti lui-même :
« à 24 ans, je participai à une compétition avec un jeune homme nommé Haendel qui était considéré comme un prodige, je fus vainqueur au clavecin et lui à l’orgue ».
Donc, il reconnaît avec élégance un match nul et l’on apprend qu’il y eut deux instruments en jeu. La biographie de Händel par John Mainwaring (Memoirs of the Life of the feu George Frederic Handel, Londres, 1760) est lointaine mais, après tout, ces compétitions étaient à la mode.
Un mouvement modéré de Scarlatti, cette fugue de sa Sonate K. 58, Fuga : PLAGE 18
Sans trancher le débat, le duel, que nous préférons duo, nous quittons ce CD par un bel arrangement pour clavecin de Cristiano Gaudio, de l’Adagio de la Sonate pour violon en la majeur de Händel : PLAGE 21
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‘FORMIDABLE AZNAVOUR’ au Dôme de Marseille –Samedi 21 Mai 22 – 17h30
« Emmenez-moi au Dôme de Marseille »
Il reste encore des places !!! Dernière ligne droite avant l’évènement exceptionnel ‘FORMIDABLE AZNAVOUR’ initié par Frank Evènements et la Fondation Aznavour.
Au Dôme de Marseille, fabuleuse salle en forme de coupole d’une capacité de 6000 places assises, samedi 21 mai 2022, dès 17 heures 30, aura lieu un évènement exceptionnel ‘FORMIDABLE AZNAVOUR’. 40 artistes, 10 musiciens, 500 choristes rendront hommage à Monsieur Charles Aznavour. Tous les bénéfices du concert seront versés à la Fondation Aznavour que le chanteur avait créée au lendemain du terrible tremblement de terre en Arménie, une Fondation qui continue inlassablement son œuvre humanitaire sur tous les fronts.
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Plus grand évènement de l’année 2022 : 40 artistes, 10 musiciens, 500 choristes
Toutes générations confondues, qui n’a pas au cœur, en tête, qui ne fredonne pas une chanson d’Aznavour ? Venus de France, d’Arménie, du Canada, d’Amérique du Nord, d’Italie, jamais il ne sera donné de voir et d’entendre autant d’artistes chanter Aznavour. Ils le feront avec leur talent, leur passion, et surtout l’amour qu’ils portent à celui qui fut et reste le maitre incontesté de la chanson française à travers le monde. Sur scène et au piano, Erik Berchot, qui fut le pianiste de Charles Aznavour. Des écrans géants, un spectacle entièrement chansigné, de l’humour, de l’hypnose, des surprises et surtout tous les grands opus de celui qui manque tellement à la scène française et internationale.
SOYONS FORMIDABLES !
En maitresse de cérémonie, la comédienne Géraldine Lapalus accueillera les artistes en présence de la famille Aznavour et devant un parterre de personnalités.
Un parterre d’artistes fabuleux
Linda Lemay
Nana Mouskouri-Enrico Macias-Lynda Lemay-Frédéric Zeitoun-Smaïn-Big Ali-Géraldine Lapalus-Monada-Bande à part-Arpi Alto-Michèle Torr-Erik Berchot-Eric Fanino-Joana Mendil-Diesis -Djibril Cissé-Claude Njoya-Emma (The Voice Kids)-Manon (The Voice All Stars)-Ermonia (The Voice)-Naestro-Gemma-Richard Groulx-Philippe Perathoner-Quentin Nicodemi-Patrick Koclaym-Amaury Vassili-Marion Mezadorian-Avy Marciano -Jean Pierre Savelli-Corinne Zarzavatdjian-Gérard Ferrer-Richard Schiffer-…..
Aznavour, mythique, immortel
Né en 1924, décoré de la Légion d’honneur, ambassadeur d’Arménie en Suisse depuis le 12 février 2009, auteur-compositeur-interprète, acteur et diplomate d’origine arménienne, Charles Aznavour était avant tout un homme profondément tourné vers les autres. Il a interprété ses chansons appréciées dans le monde entier dans pas moins de 7 langues et a vendu plus de 300 millions de disques.
Conscients de ses aptitudes dès son plus jeune âge, ses parents, ayant échappé au massacre des Arméniens et s’étant réfugiés en France, il découvre le monde artistique et musical de Paris. Sa rencontre avec Edith Piaf marquera le début de sa notoriété. En 1956, il devient une star internationale. Dès lors, son succès ne s’est plus démenti.
La Bohème, Et moi dans mon coin, Non je n’ai rien oublié, Comme ils disent, Le Cabotin, Les Comédiens, La Mamma, For me Formidable, Et pourtant, Qui, A ma Fille, Plus bleu que le bleu de tes yeux, Que c’est triste Venise, Emmenez-moi…
Les chansons d’Aznavour parlent essentiellement d’amour, elles parlent à tous. Comme le dit si bien l’humoriste, comédien et chanteur Eric Fanino : « Emmenez-moi au Dôme de Marseille ! »
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Adaptation : Virginie Aimone et Jérémy Beschon/Une mise en scène de Jérémy Beschon d’après Alèssi Dell’Umbria, Histoire universelle de Marseille, éditions Agone/Comédienne : Virginie Aimone Création lumière : Fabrice Giovansili Régie lumière : Jean-Louis Floro/Durée du spectacle : 1h
La Faites de la fraternité débute le 13 mai à 18h avec l’histoire universelle de Marseille du collectif Manifeste Rien d’après Alèssi Dell’Umbria (Éditions Agone) dans la salle Léo Ferré qui nous livre un portrait saisissant de Marseille à travers les âges.
Un solo étonnant
Dans ce seul en scène, la comédienne, Virginie Aimone, incarne sur un plateau nu une pléiade de personnages historiques (Henri IV, Louis XIV, Robespierre) ainsi que les anonymes qui peuplent Marseille et la font vivre : les troubadours, les poissonnières, les prisonniers.
Mise en scène par Jérémy Beschon, elle incarne avec humour les différents protagonistes dans cette ambitieuse fresque qui revient sur 1000 ans d’histoire, politique, urbaine, sociale, culturelle et linguistique. Autant dire qu’il s’agit d’une prouesse et d’une performance d’actrice qu’elle nous livre ici. Mais pas que !
Une épopée qui nous fait réfléchir
Au-delà de cet aspect performatif indéniable, l’intérêt du travail proposé réside en ce que grâce au médium de l’humour la compagnie nous fait réfléchir sur les combats des opprimés face aux oppresseurs, les rapports de force entre un pouvoir venu d’en haut et le peuple d’en bas.
« A Marseille, ce combat se poursuit encore alors que la ville est vendue à des propriétaires et des promoteurs sans scrupules pendant que des immeubles s’effondrent, que des milliers de marseillais sont délogés et que les chantiers refusés par la population sont emmurés. » précise Jérémy Beschon, rappelant à notre mémoire les tragiques événements de Noailles ayant marqué la fin du mandat de Jean-Claude Gaudin.
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L’histoire de Marseille : une lente déchéance ?
« Au 13e siècle, la République marseillaise était écrasée par Charles d’Anjou ; au 16e siècle, le ligueur Charles de Casaulx était assassiné sur ordre d’Henri 4 ; au 17e siècle, Louis 14 installait des canons tournés vers le peuple ! Et que dire des destructions du centre-ville aux 19e et 20e siècles ! » poursuit-il.
La violence de l’urbanisation où sont aujourd’hui encore entassés dans des cités excentrées les descendants des populations immigrées de la ville prend ses racines dans ce passé. Elle répond à une construction sociale qui pour reprendre les mots de Jérémy « ne laisse aucune place aux différentes identités, à la mémoire des luttes, à la pleine citoyenneté. Si le modèle de la République française s’est inspiré des formes politiques locales des cités, celle-ci les a aussi trahies. »
Ainsi, tout en dénonçant les mécanismes de domination au travers de l’urbanisation d’une ville monde attachante, ce spectacle sans concession nous interroge sur les mutations que connaissent les grandes villes européennes et les modèles d’intégration qu’elles ont à offrir.
DVDM
BON A SAVOIR
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La Faites de la Fraternité en bref ! – dates 13/15 mai 2022
Le spectacle du collectif manifeste rien est suivi d’un dîner concert brésilien à 19h emmené par Wallace Negao sur la terrasse (tarif 15€ et réservations à casadosamba13@gmail.com[10]) à l’issue duquel le public pourra assister dans la grande salle à un débat autour du livre La Dispute paru en octobre 2021, avec Bernard Friot et Frédéric Lordon, sur les questions du capitalisme et de ses alternatives possibles.
Le samedi, sont proposés une collecte de sang de 8h30 à 13h organisée par l’Établissement Français du Sang ainsi qu’une pléiade de rencontres, d’animations, de spectacles dansés, de shows case et de projections tout au long de la journée avec dès 10h30, l’inauguration par les enfants de l’école maternelle Édouard Vaillant & Richard Martin de la mosaïque réalisée sur la façade du Théâtre Toursky à partir d’éléments iconographiques de l’artiste Léonard Leoni et de la création théâtrale L’Opéra des rats de Richard Martin. Entre autres temps forts, avant la fascinante plongée dans la mélodie populaire napolitaine de Vincent Beer-Demander, avec « Viva Napoli ». A 21h dans la grande salle. Avis aux amoureux de la mandoline !
Le dimanche laisse place à plusieurs projections/débats en matinée avant le vernissage de deux expositions à midi : l’une de tableaux et mosaïques réalisés par des enfants et des parents du quartier de la Maurelette avec ATD Quart monde et Grégoire Kantoucar ; la seconde de photographies de La Paternelle, une cité de Marseille, son histoire, ses habitants, en présence de Dalila Ouanès-Guillon En clôture, à 18h, le spectacle musical “Au soleil des quartiers Nord, l’odyssée des chansons “ de Daniel Beaume avec chœurs d’enfants et “On n’arrête pas les oiseaux “, récit en chansons sur le parcours d’un jeune contraint à l’exil organisé par Terre de chansons avec les enfants du quartier. RS
Manifestation gratuite (pour les spectacles : réservations à administration@toursky.fr[12]), ouverte à tous à l’exception de la rencontre/débat avec Bernard Friot & Frédéric Lordon du 13 à 21h (3 à 10€) et du spectacle “Viva Napoli” le 14 à 21h (16/26€) ainsi que des repas concerts.
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Fatimah Hossaini is an Afghan-Tehran born artist. She wants to break the cliché of afghan women in blue burqa. With her pictures, she tells the beauty and courage of these women who have always faced restrictions in their life as women.
As a photographer, she is the youngest among 10 first winner of the Hypatia international award which reward to the commitment in the field of Research, art and professions. She won a few prizes and founded the Mastooraat Organization to help women involved in arts. She is also specialized in staged photography. Her work has been displayed in group exhibitions, art festivals, even solo exhibition, from China to USA passing by Europe.
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Unfortunately, because of the Taliban who recently took the power in Afghanistan, enforcing their rude rules against women, she had to leave her country in august 2021. She is now a refugee in Paris but continue her job as photographer. In her country, she used to take pictures of women in all their beauty and femininity in order to fight against the cliché of blue burqa and show the courage of afghan women in a male dominant society.
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By her work, she displays the ethnic diversity with pictures of Pashtuns, Tajiks, Hazaras, Qizilbashes, and Uzbeks in their traditional colorful clothing, showing the richness of Afghanistan culture and traditions. She also highlights all the beauty and femininity, the power and resilience of Afghan women and shows they are not weak or victim. We can see women in traditional clothing, playing instruments or driving, breaking the taboos and chasing her dreams by using mascara.
Her beautiful pictures are delicate and sensitive with shimmering colors. She has been invited to a collective exhibition in Marseille, at the City Hall 1/7, 61 la Canebiere, until May 13th. This exhibition “ce que les femmes afghanes ont à nous dire” will turn in France and Germany during a few months. DVDM
Interview with Fatimah Hossaini about her work
Top picture, Fatimah Hossaini at the Beauty Amid War Photo Exhibition in Beijing, China (with the courtesy of Fatimah Hossaini)
Une exposition en Itinérance pour célébrer les femmes afghanes
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Cinq femmes photographes afghanes exposent leurs photographes à la Mairie du 1/7 de Marseille jusqu’au 13 mai. Elles s’appellent Fatimah Hossaini, Tahmina Alizada, Najiba Noori, Tahmina Salem et Roya Heydari. Exilées en France depuis le retour des Talibans au pouvoir, elles montrent une face méconnue de la vie des femmes en Afghanistan, à l’opposé des clichés véhiculés par les médias mainstream.
Vue d’ensemble
Cette exposition « ce que les femmes afghanes ont à nous dire » traverse la France et sera également visible en Corse et à Berlin. Elle a été co-organisée par le collectif 13 droit des femmes, femmes d’ici et d’ailleurs et le mouvement pour la paix et contre le terrorisme (MPMCT), trois associations investies dans la préservation des droits des femmes contre les discriminations, la lutte pour la solidarité et la justice, ainsi que la promotion de la paix contre les terrorismes.
Un art plus fort que la guerre
Françoise Morvan, administratrice de l’association MPCT, créée en 2003 pour dénoncer le terrorisme et venir en aide aux victimes de ce fléau, présente le rôle de son association dans l’organisation de l’exposition.
Ici, pas de burqa bleue mais des photographies de femmes libres à l’image de la photographie de Roya Heydari, « femme, couleurs d’un pays » réalisée en 2019 à Bamiyan : le mouvement chorégraphique du personnage central pris dans un tourbillon symbolise la liberté des femmes afghanes (photo de une). A des milliers d’années-lumière de l’image que nous, occidentaux, avons de ce pays. Ces photographies sont « très sensibles et très belles » relève Sophie Camard, maire du 1/7, présente à l’occasion du vernissage de l’exposition, ravie d’accueillir ces artistes.
[16]
« Ces femmes dans leur combat nous donnent une leçon de courage » souligne Djamila Ben Habib, journaliste, écrivaine et militante politique canadienne d’origine algérienne présente ce jour. Séduite elle aussi par la beauté des photographies, elle se bat contre le fondamentalisme islamiste : elle est récipiendaire du Prix de la laïcité 2012, décerné par le Comité Laïcité République[17].
Le témoignage vibrant d’une photographe réfugiée
Fatimah Hossaini est une jeune femme de 29 ans, ingénieure en génie civil, également enseignante : elle a fondé Mastooraat, association qui vient en soutien aux femmes artistes afghanes, et remporté plusieurs prix en tant que portraitiste et photographe. Ses œuvres empreintes de sensibilité ont fait le tour du Monde de New York à Pékin en passant par les capitales européennes.
Ici, sont exposées des photographies issues de sa magnifique série Pearl in the oyster qui montre avec délicatesse et élégance les femmes afghanes dans toute leur beauté et diversité, l’Afghanistan comptant de nombreuses tribus en son sein.
[18]
Fatimah rappelle que de 2001 à 2021, l’Afghanistan était un pays où les femmes pouvaient librement aller à l’école ou encore se vêtir. Elle avait par ailleurs dans ses cours une majorité de jeunes femmes. Le retour des talibans au pouvoir en août dernier avec la prise de Kaboul l’a projetée subitement dans l’enfer des bombes qu’elle avait connue enfant avant l’avènement de la république.
« Un terrible retour en arrière » constate-t-elle avant de préciser que « les talibans ne changent pas ». Elle a dû fuir son pays. « J’ai quitté mes rêves et mes espoirs » confie-t-elle mais « je suis partie pour entretenir le feu de mon pays » insiste-t-elle. Elle veut montrer la beauté des femmes afghanes, leur résilience et leur résistance.
Ode aux femmes, leur liberté et leur beauté
« J’espère que mes photos vont changer le regard sur les femmes afghanes », rappelant à l’occasion une anecdote où un organisateur d’une exposition à Berlin s’étonnait des couleurs chatoyantes de ses habits -rappelant les tenues indiennes-, sa chevelure noire de jais non recouverte d’un voile, aux antipodes de nos représentations. On la trouvait trop chic pour une réfugiée.
Féministe dans l’âme, Fatimah veut montrer que les femmes dans son pays ne sont pas victimes dans le sens où elles restent fortes et résistent à l’oppression des talibans. « Elles restent debout » envers et contre les talibans. Elle est fatiguée de cette victimisation des femmes d’autant plus que la jeunesse est une ressource inestimable. « L’Afghanistan avec ses 4000 ans d’histoire est une terre riche : je suis la femme de la Terre de Bouddha, pas seulement de la Terre de Durrani (du nom du premier empereur d’Afghanistan ndlr)» dit-elle fièrement.
La projection du film d’animation, Ma famille afghane, réalisé par Michaela Pavlatova, aux Variétés vient compléter cette exposition. Diane Vandermolina
Die Entführung aus dem Serail de Mozart à l’Opéra de Marseille
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l’Enlèvement au sérail
Singspiel en trois actes,
K 384de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Livret de Goettlieb Stephanie Jr, d’après Bretzner Création : Vienne, Burgtheater, 16 juillet 1782
Opéra de Marseille,
21 avril 2022
À CE TRAIN-LÁ…
…, qui n’est pas un TGV, en quelque trois heures, on passe de Marseille au Caire avec halte à Salzbourg, Budapest et Istanbul. Ce pourrait être un train de sénateur comparé au train d’enfer de la guère traînante fusée Satan dont nous menace Poutine, capable de nous anéantir en quelques minutes. Mais ici, si l’on meurt, c’est de plaisir de cette réalisation et interprétation de cette nouvelle coproduction des Opéras de Monte-Carlo et de Marseille qui nous en/traîne, littéralement, dans l’art du voyage à bord du mythiqueOrient-Express, cher au crime élégant d’Agatha Christie.
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Lancé en 1883, à l’initiative de l’ingénieur belge Georges Nagelmackers, ce train de luxe français, assura d’abord la liaison entre Paris et Vienne puis Venise, et au sortir de la Grande Guerre, en 1919, enfin Constantinople, en passant par Munich, Innsbruck, Bucarest, Belgrade. Mais, par la grâce de la mise en scène deDieter Kaegi, la gare Saint-Charles de notre Marseille, oubliée la modeste à côté PLM (Paris-Lyon-Marseille) devient le départ de la ligne mythique, avec une halte mozartienne à Salzbourg. Autre magie, les décors et costumes de Francis O’Connor,nous plongent dans une encore Belle Époque des nantis, belles dames en costumes et amples manteaux libérés du carcan des corset grâce à Jacques Doucet et Paul Poiret, mais amplement chapeautées et, on en rêve, on retrouve, dans ce sérail ambulant, finalement aussi libre que libertin,ce chef-d’œuvre entre Art Nouveau et déjà Art Déco (comme notre Opéra) que fut l’Orient-Express agencé et orné par les meilleurs et les plus avancés des artistes de l’époque, des matières les plus luxueuses, des parois, tapisseries, maroquinerie jusqu’à la vaisselle, argenterie et cristallerie qui fut même confiée à Lalique. Les boiseries des couloirs, compartiments, ont la douce chaleur et couleur jaune doré du bois de sycomore du grand architecte belge Horta, d’un Modernisme lumineux facile et confortable à vivre tel que le voulut aussi le Catalan Gaudí.
On verra le train de nuit bleu nocturne, de front sur les quais des gares: il s’ouvrira magiquement en compartiments, somptueux wagon restaurant, cuisine, bar, s’inversera sur le dernier wagon et sa balustrade sur le vide de l’impossible évasion et, au-dessus de son impériale à rambarde métallique, autre rêveuse invitation au voyage, les vidéos de Gabriel Grinda font défiler des paysages et images et villes traversées dont on reconnaît, par synecdoque, al partie pour le tout, des éléments symboliques : clochers autrichiens et Château perché de Salzbourg, ligne de crête des palais de Budapest, minarets des mosquées et Sainte Sophie de Constantinople, le Caire enfin. Mais le départ de Marseille, avec fumée, vapeur de trains d’autrefois, bruit métallique des roues sur les rails, ce sont bien les grandes verrières de la Gare Saint-Charles, défilé précis des architectures jouxtant la gare, mais, joli pied de nez à la topographie de la ville, l’autant impossible à percevoir du train qu’à oublier : Notre-Dame de la Garde.
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Turquerie
Les rapports entre l’Europe et la Turquie, qui nous occupent ou préoccupent encore aujourd’hui, ne sont pas d’hier. Dernière grande alerte ottomane, turque, en Europe, le siège de Vienne en 1682 : heureuse conclusion au moins d’un conflit, nous lui devons les « viennoiseries », les croissants (de lune), délicieuses pâtisseries de la victoire autrichienne et chrétienne, de la Croix sur le Croissant islamique et, un siècle plus tard, passé le danger, l’Enlèvement au sérail de Mozart (1782). Son premier singspiel, mêlant chant et parole, musique savante et populaire ; le second et dernier, sa Flûte enchantée situe dans l’Égypte, turque encore de son temps, le temple de l’humanisme maçonnique.
L’Orient était en vogue au Siècle des Lumières depuis la fin du siècle précédent. Venue d’une Espagne ayant chassé et pourchassé ses derniers maures et arrêté l’avancée turque en Méditerranée à Lépante en 1571, la mode orientale, à travers romans (Zaide, de Madame de La Fayette), avait eu un regain d’actualité en France avec l’ambassade turque ratée à Versailles des envoyés de la Sublime Porte (1669) dont Louis XIV voulut se venger en commandant la turquerie de Molière/Lully, Le Bourgeois gentilhomme (1670). Cette comédie ballet et le Bajazet tragique de Racine (1672) traduisent et trahissent le sentiment ambivalent de l’Europe pour la Turquie : on voudrait en rire mais on en a peur, on voudrait l’intégrer et on la redoute. Un siècle après, vaincu ou contenu, le Turc, l’Oriental, peut devenir le sage symbole inverse de nos folies chez Montesquieu et ses Lettres persanes, Voltaire, ou bien l’image de la magnanimité dans Les Indes galantes de Rameau et dans Mozart et son Égypte maçonnique que Bonaparte mettra largement à la mode avec sa campagne (1798) et sa cohorte de savants, dont Champollion. Les Orientales, dramatiques, de Victor Hugo ne sont pas loin avec les déchirements du soulèvement anti-turc des Grecs. Mais, au XVIIIe siècle, la traduction par Antoine Gallant des Mille et Une Nuits (1704) avait mis à la mode un Orient sensuel et badin, alibi de l’érotisme libertin du Sopha de Crébillon (1742), des Bijoux indiscrets (1748) de Diderot, un peu plus édulcoré dans les opéras de Gluck La finta schiava (1744), Les Pélerins de la Mecque (1764) qui deviendra sagement bourgeois chez Boieldieu et son Calife de Bagdad (1800) et carrément bouffe avec le Rossini du Turc en Italie et de l‘Italienne à Alger. Fantasmes et chimères d’un Orient, désorienté (perdre l’orient), qui ne fait plus peur à l’Europe triomphante.
Mozart avait déjà écrit la musique de scène de Thamos, König of Aegypten (‘Thamos, roi d’Égypte’, 1773) pour accompagner un drame d’inspiration maçonnique, un mélologue à la mode du temps, avec passages déclamés sur la musique. Mozart avait aussi manifesté son intérêt pour cet Orient alors aux portes de l’Autriche avec une autre turquerie allemande inachevée, Zaide (ou Das Serail, 1779), fondée déjà sur une histoire de sérail similaire, avec un personnage appelé aussi Osmin, une basse comme dans l’Enlèvement, et il compose également Le gelosie del Seraglio (‘les jalousies du sérail’ 1772), esquisse d’un ballet pour son opéra italien, situé dans la Rome antique Lucio Silla. L’Oca del Cairo (‘L’Oie du Caire’,1783), est un opéra-bouffe d’inspiration encore orientale, inachevé.
[23]
L’œuvre
Die Entführung aus dem Serail, ‘l’Enlèvement au sérail, de Mozart un opéra ou, plutôt, un Singspiel en trois actes de 1782, livret de Stephanie. Le Singspiel, ‘Jeu chanté’, est du théâtre musical joué et chanté en allemand. L’Espagne, depuis le début du XVIIe siècle, avait créé la zarzuela, alternant passages parlés et chantés, suivent les ballad operas anglais et l’opéra-comique[24] français, pas forcément comique au sens de faire rire, mais avec ce mélange de lyrique et de « comique », c’est-à-dire relevant de la comédie, des comédiens. Carmen, rappelons-le, est un vrai opéra-comique, puisque les passages parlés sont très importants.
Origine à tiroirs, le livret allemand est tiré d’une pièce tirée d’un roman anglais inspiré de traditionnels récits espagnols de captifs sur des pirates barbaresques enlevant et faisant esclaves des chrétiens, les belles femmes étant réservées au sérail, au harem du seigneur. Ici, c’est un enlèvement contre le rapt : le maître et son valet, Belmonte, noble espagnol et Pedrillo, vont tenter d’enlever, d’arracher du sérail du pacha Sélim leurs deux amantes enlevées, respectivement Constance et Blonde, sa soubrette anglaise, malgré l’eunuque ogresque et grotesque, Osmin.
[25]
Réalisation et interprétation
À chaque station, de pittoresques personnages, joliment adaptés à la couleur locale, animent les quais de gare, vendeurs, nouveaux voyageurs, regardés avec curiosités par les autres aux fenêtres. L’intérieur du train s’ouvre indiscrètement à nous dans le compartiment somptueux de Constance, puis restaurant, cuisine où s’affaire une nuée de cuisinières en sobre uniforme élégant.
La nuit, après les ébauches d’idylles au bar, éméchées, s’ébauchent les débauches, le luxe et la luxure de ces fortunés du long voyage, le meublant d’intrigues érotiques : les portes de compartiments s’ouvrent se ferment discrètement sur des couples furtifs, chacun cherchant sa chacune ou chacun son chacun, sans refuser le troisième larron ou larronne dans cette foire au plaisir, qui remplit d’une certaine nostalgie humoristique au souvenir de nos plus modestes trains de nuit, mais réservant parfois de joyeuses surprises.
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Trop souvent, comme le rôle de Monostatos dans la Flûte enchantée, celui de Pedrillo, le picaresque et espiègle valet, est sacrifié en voix. Ce n’est pas le cas dans cette distribution qui l’offre à Loïc Félix, solide voix de ténor, avec un air héroïque bien projeté, rarement dévolu par la convention lyrique à un valet de comédie, tout en douceur nostalgique dans sa sérénade chanson sur la jeune fille en pays de Maures. Il fait couple avec la belle Blonde brune d’Amélie Robins, toujours de mieux en mieux, de l’Odéon à Orange, piquante, virevoltante, dont le riche soprano est brillant, agile, facile, aigu piquant, pimpant, pittoresque et coquine, joliment troussée en soubrette accorte qui ne s’en laisse pas compter, esclave maîtresse, faisant trembler le redoutable gardien du sérail, lui donnant une cinglante leçon de galanterie, le mettant en boîte, plutôt le coiffant de la boîte de la marmite dans la scène bouffe de la cuisine à bonne bouffe, non des anges mais des jolies diablesses issues du chœur, aux corps dignes d’alimenter aussi bien des rêves dans ce voyage au long cours.
Osmin, coq en pâte empâté au milieu des cocotantes cuisinières stylées, c’est Patrick Bolleire, qu’on a déjà longuement entendu, et vu, depuis le début, sous toutes les coutures de tous les divers costumes, chef de quai, contrôleur du train, de wagon, toujours fanatiquement égal à lui-même : géante et tonitruante basse s’allégeant, se pliant aux mélismes orientalisants, dans une vélocité déjà rossinienne, à une allure express râlant ses inénarrables menaces et ses rêves sadiques de tortures, de la force brutale neutralisée ici par le comique.
Ni comique ni vraiment dramatique, le personnage de Belmonte est le ténor amoureux de convention qui annonce par son lyrisme élégiaque le Ferrando de Cosí fan tutte mais sans le déchirement de l’amour trahi : on n’aura ici que du traditionnel dépit amoureux entre les amants au pire moment de l’évasion, malentendu qui risque de tout faire échouer comme aussi dans le Barbier de Séville. Le ténor Julien Dran, déjà apprécié par ses précoces qualités au Cnipal, adoubé par Berganza en ses leçons, le représente de son élégante grande taille, d’un phrasé à la hauteur, et de son timbre lumineux et raffiné. Au mimodrame joliment troussé de la muette scène de vaudeville égrillard, des portes qui s’ouvrent et ferment sur des couples érotisés par le train, en quête de parties et partouzes, on reprochera seulement de distraire, par l’œil, l’oreille qu’on doit absolument prêter à son air émouvant, exigeant, risqué ; mais le chanteur et acteur, avec une impeccable tenue de souffle déroule l’implacable ruban des fleurs de vocalises et arrive à exister dans son imperturbable solitude perturbée, et il nous bouleverse, témoin apparemment philosophe, des plaisirs de ces mondains dont le monde cruel l’exclut jusqu’ici.
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Sous la musique riante de Mozart et sous la souriante fable du texte affable, ce voyage en train de luxe vers un Orient de rêve, gomme certes une sombre actualité : la régression du statut des femmes, rapts, rançons, viols et violence, guerre et menace de tortures dont la dignité exaltée de l’héroïne, femme fidèle de la fiction, saura se tirer. Encore qu’ici, la constance de Constance ne semble pas à toute épreuve : dans la douillette couchette de ce wagon-lit de luxe, face à face proche d’un luxueux et fastueux Selim, digne par son allure et sa figure d’un oriental Hollywood de cinéma, Bernhard Bettermann, qui enchante sans chanter, strip Pacha, toujours prêt à ôter la veste et le reste, on la sent plusieurs fois prête à faillir, à défaillir, sensible aux marques d’amour présentes que lui manifeste son geôlier : admiration réciproque et signe, peut-être, d’un amour raté moins conventionnel que celui d’un Belmonte lointain, auquel la lie une promesse qui la tient prisonnière. Belle trouvaille de la mise en scène, souvenir peut-être des protestations de fidélité de Fiordiligi dans Cosí fan tutte, dont la fermeté semble démentie ironiquement par la musique, les virtuoses aigus affolés et affriolants de son grand air « Marten alle Arten », où Constance défie les menaces de tortures terribles du Pacha, semblent ici les cris de jouissance que lui procurent les caresses pressées et empressées de l’amant, qu’elle n’enverra qu’in extremis se rhabiller. On admire toute la maîtrise de Serenad Uyar, admirée depuis les temps du CNIPAL, de tenir la distance, à distance l’amant, ce jeu scénique perturbant durant ce véritable air de concert, précédé d’un long prélude orchestral, où sa voix, onctueuse, pleine et agile, instrument virtuose, rivalise, et triomphe des vents et même trompettes. C’est le personnage le plus profond, noble, tragique, de l’œuvre, avec une palette de sentiments qui vont de la nostalgie du premier air, di portamento, de tenue de souffle, expressif et poignant, à l’héroïsme échevelé de vocalises de ce troisième, déjoué malicieusement par la mise en scène : tout en plaidant pour la clémence du bourreau, tout en semblant aspirer avec une ivresse masochiste au martyre au nom de la fidélité à sa foi en l’amour, elle excite le Pacha transi, qui s’avoue encore plus enflammé.
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Servie de main de maître par Jurjen Hempel, baguette agile, jamais lourde, dynamique, tonique dès l’ouverture percutante, pulsation parfois haletante en ses tempi mais sans jamais mettre en danger les chanteurs, sachant ménager les silences humoristiques de pas de loup de certains moments. Le Chœur chante avec la conviction obligée des masses soumises la gloire d’un Selim pirate et oppresseur, qui la mériterait pourtant à la fin dans la grandeur de sa clémence et de sa générosité. Benito Pelegrín
OPÉRA EN 3 ACTES
Livret de Gottlieb STEPHANIE d’après une pièce de BRETZNER
Création en Autriche, au Burgtheater de Vienne, le 16 juillet 1782
Dernière représentation à l’Opéra de Marseille, le 13 mars 2007
A voir du 19 au 26 avril 2022 – 20h sauf le dimanche 14h30
NOUVELLE COPRODUCTION OPÉRA DE MONTE-CARLO / OPÉRA DE MARSEILLE
Direction musicale : Paolo ARRIVABENI
Assistant à la direction musicale : Nestor BAYONA
Mise en scène : Dieter KAEGI
Assistante à la mise en scène : Stéphanie KUHLMANN
Gainsbourg/Gainsbarre, en couleur et en noir et blanc, au Cloitre de Marseille
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L’exposition « Gainsbourg et caetera » met en scène les plus fameux clichés de l’artiste signé Jean Jacques Bernier : elle a été imaginée et conçue par Jules Guidicelli, fondateur de l’agence Jam-Teery qui promeut des jeunes talents et des artistes renommés aux œuvres atypiques. Elle est à découvrir gratuitement au Cloitre, 20 Bd Madeleine Rémusat dans le 13ème arrondissement de Marseille, jusqu’au 12 juin en journée.
Une exposition née d’une rencontre
Podcast de Jules Guidicelli autour de l’exposition
Rencontre avec Jean Jacques Bernier, auteur de ces clichés
Quand un photographe, qui a connu les belles années de la photographie argentique et les heures de gloire de la presse papier, nous raconte sa rencontre avec une icône de la chanson française passionnée de photographie, en toute humilité et simplicité, nous ne pouvons qu’être captivés. Le photographe, c’est Jean-Jacques Bernier ; l’artiste en question, Gainsbourg ! Le résultat : une série de clichés qui ont fait le tour du monde, des images iconiques que nul ne peut avoir oublié.
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Entre les clichés de Gainsbourg brandissant fièrement le drapeau français, ou encore allumant une Gitane, ou encore le portrait de Gainsbarre, cigarette à la main, posant tel un dandy dans un nuage de fumée, se découvrent les planches contacts imprimées sur lesquelles le chanteur a annoté ses choix d’une croix, barbouillant de noir les photographies qui ne lui convenaient pas. Une façon de nous faire pénétrer dans l’arrière-boutique et découvrir l’envers du décor du métier de photographe.
Jean-Jacques Bernier nous dévoile alors les dessous de cette séance photo réalisée au studio Pin Up un 10 juillet 1985. Ce furent deux heures de pose pendant lesquelles l’artiste se met en scène sous le regard du photographe. Deux heures pendant lesquelles le choix d’un décor naturel et d’une lumière brute a permis au photographe de saisir pleinement l’esprit de l’homme et son œil, le sublimer.
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Deux paquets de cigarettes plus tard, la lumière s’éteint. Le temps d’aller au laboratoire, tirer les planches contact et laisser Gainsbourg faire son choix. En une journée, tout au plus deux, c’était bouclé et deux des plus saisissants portraits de Gainsbourg étaient nés. Laissons ici le photographe nous parler de cette exposition rare dans un tiers-lieu à vocation solidaire et sociale. DVDM
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LyricOpéra vous annonce un concert exceptionnel qui sera donné le dimanche 24 avril à18h , dans le Temple Grignan, 15 rue Grignan à Marseille.
7 jeunes talents de la classe de Magali Damonte, au Conservatoire de Marseille, uniront leurs voix pour apporter leur soutien aux réfugiés ukrainiens. Ils sont les talents de demain, ils viennent de Colombie, de Syrie, d’Ukraine, de Chine, du Cameroun, du Guatemala, ils interprèteront les grands airs du répertoire de l’Opéra avec Purcell, Haendel, Mozart, Bizet, Puccini , et ils vous feront découvrir des airs traditionnels de leur pays.
Pour les visuels, a été utilisée, avec son autorisation, la photo que le photographe JR a déployée sur la place de Lviv, sur une toile géante, en signe de soutien à l’Ukraine. La petite fille s’appelle Valeria, elle a 5 ans, sa photo a fait le tour du monde (libre)…
Réservation : 06 32 94 65 40 Tarif unique 20 €
La totalité de la billetterie sera reversée à l’association franco-ukrainienne Victor Orly.
Avec Maurel Endong baryton-basse, Dmitro Voronov baryton, Hassan Memmou baryton, Katherine Serrano soprano, Nicole Franco mezzo-soprano, Shan Guo soprano et Wenhua Yuan soprano/ Au piano Anne GUIDI
L’Odéon en reprend, à trois chanteurs et deux danseurs près, l’heureuse production de 2019. Trois ans déjà, c’était le monde d’avant, et on dirait presque une autre époque, une belle époque sinon exactement la belle époque du sujet, qui ignorait la pandémie, qui n’imaginait pas non plus une guerre, même dans cette principauté imaginaire d’Europe centrale, la Marsovie, dont l’ambassadeur en France s’appelle Popoff et qui ressemble, mais en version comique, à ces pays aujourd’hui tragiques et martyres, dont on pouvait encore rire innocemment. L’opérette fut créée à Vienne en 1905 et nul n’imaginait pas non plus, alors, que cette Europe de l’est exploserait en Première Guerre Mondiale à peine une décennie après, emportant à jamais la Belle époque de l’Art Nouveau d’un siècle qui se lançait avec enthousiasme dans la modernité.
Sacrée Veuve ! Largement centenaire et pas une ride, pas plus que cette reprise dont je saluerai, on me le pardonnera, presque avec les mêmes mots, ce qu’on n’hésitera pas à appeler réussite si on la mesure, il ne faut pas l’oublier, aux craintes et contraintes que nous subissons encore du covid, surtout ces artistes malheureusement plus exposés, pour notre plaisir et bonheur dans notre confortable fauteuil sans grand risque, par la nécessité des évolutions serrées de la troupe sur la scène restreinte, sans compter les étreintes, évidemment sans distance autre qu’amoureuse. Donc, amis chanteurs et comédiens, et vous danseurs, avant tout, un immense merci à votre générosité, à votre professionnalisme qui ne fait pas sentir le manque de répétitions en amont pour deux simples séances pour tant de travail.
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Mais tout de même un mot différent : dans le changement de distribution, le beau Danilo, beau pied de nez en pleine actualité politique délétère, dépassant droit du sol et de naissance dont rêvent des esprits étriqués et des cœurs desséchés, n’est pas un freluquet blondinet qu’on supposerait jolie plante de ces pâles terres sans doute slaves de Marsovie, mais un bien planté bel homme de couleur, noir de peau, d’Afrique, des île ou d’ailleurs, peu importe, sa patrie est le chant et la scène et il forme, avec la blonde Charlotte Despaux, supposée Américaine dans l’intrigue, un magnifique couple à faire enrager Trump et tous ses disciples d’ici et d’ailleurs :c’est, aussi bon chanteur qu’acteur, le baryton Anas Séguin, Révélation Artiste Lyrique de l’ADAMI, qui se révèle à nous.
Oui, comme je disais dans mon premier texte, vive la Veuve ! Sans crier pour autant « Mort aux maris ! » par prudence, presque chacun l’étant, l’ayant été ou le sera. Encore que la disons Pension de réversion que le vieux Palmieri de Marsovie laisse en mourant élégamment très vite à sa jeunesse d’épouse Missia, plus que le budget restauré de la petite principauté d’Europe centrale ruinée, une constellation de millions, ferait le bonheur d’une myriade internationale de prétendants, soupirants aspirant à sa main pour restaurer leur fortune, ou la faire, pour la dilapider en restaurants chics parisiens avec champagne à gogo et gogo girls en campagne, dans cette capitale du monde et de la fête qu’est ce Paris de la fin du XIXe siècle où tout le monde se retrouve, mondains comme fripouilles, entre le Maxim’s cher déjà à tel Président d’hier, cher à faire rire jaune même un gilet d’aujourd’hui, et lieux de plaisirs racaille et canaille des hauteurs de la Butte à putes de Pigalle et Montmartre. Mais, pour éviter l’évasion fiscale de la Veuve, fatale aux finances de la Marsovie, l’Ambassadeur à Paris Popoff complote pour lui donner pour époux un Marsovien non venu de Mars, le Prince Danilo, attaché d’Ambassade, peu gourmé gourmet, gourmand d’affriolantes gourgandines parisiennes, apparemment peu tenté par la tentante Veuve, dont on apprendra que son cœur battit autrefois pour elle, avant que celui du mari n’en claqua d’amour.
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Bref, léger, très léger argument du vaudeville initial d’Henry Meilhac (1830-1897), prolifique auteur, viveur et noceur, fréquentant réellement le monde de la fête du Gai (pas encore officiellement gay) Paris qu’il décrit. Avec son complice Ludovic Halévy, rencontré un an avant cette pièce, en 1860, il commencera une intense collaboration de près de vingt ans, semée de chefs-d’œuvre, les livrets érudits et comiques des plus célèbres opérettes de Jacques Offenbach, La Belle Hélène (1864), La Vie parisienne (1866), La Grande-duchesse de Gérolstein (1867) et La Périchole (1868) et, naturellement, Carmen de Georges Bizet (1875), etc. Une œuvre prolifique, rentable, qui permettait à ce célibataire endurci de vivre sa vie sans veuve à laisser ni à désirer pour son argent.
Ici, l’argument est bien mince, encore aminci par la nécessité d’une adaptation pour la musique, qui allonge toujours le temps des textes. Mais cette pauvreté dramatique est habillée, enrichie d’une musique qu’on a beau connaître semble-t-il depuis toujours tant elle a une sorte d’évidence intemporelle de la mémoire collective et individuelle, qu’on est toujours étonné de la redécouvrir dans la fraîche beauté de sa paradoxale et déjà ancienne éternité.
Après les affres de la pandémie, On retrouve donc l’Odéon, seule maison en France entièrement vouée et dévouée à l’opérette C’est avec un plaisir à la fois enfantin et érudit que l’on retrouve de simples décors en carton peint d’un temps où le théâtre s’acceptait humblement comme théâtre, avec ses voyants artifices, et l’on se dit que Mozart, notamment avec sa miraculeuse Flûte enchantée populaire, devait en connaître de semblables. Ici, de symétriques colonnades à boulons d’architecture industrielle du temps, et, en fond de lumières changeantes, une Tour Eiffel contemporaine, chef-d’œuvre métallique d’industrie, illuminée par le miracle aussi contemporain de la « Fée électricité ». Les costumes, de l’Opéra de Marseille, comme toujours, seront élégants, d’époque aussi mais avec, dans les scènes de liesse nationale, d’un folklore imaginaire d’Europe centrale de fantaisie pour cette fantasque Marsovie, une minuscule parcelle imaginaire du vaste Empire austro-hongrois qui va bientôt voler en miettes : comme les fastes du Titanic, ceux de cette Belle Époque feront aussi naufrage avec cette folie suicidaire d’une Europe en Guerre de 14-18. Mais la musique, elle, surnagera et vivra pour notre bonheur.
À la direction musicale, Bruno Membrey la traite toujours amoureusement, la caresse, suivi avec une effusion affective par un Orchestre de l’Odéon invisible mais sensiblement présent. Le Chœur phocéen de Rémy Littolf fait plus que jouer le jeu : il joue avec un contagieux (on a peur aujourd’hui du mot!) plaisir dans le rythme très musical, sans temps mort qu’Olivier Lepelletier, autre spécialiste de ce répertoire respectueusement servi, donne à sa mise en scène, avec une distribution où, du dernier comparse aux rôles principaux, chacun, sans s’économiser, contribue avec bonheur au nôtre par son engagement et son talent. D’ailleurs, les « Bis ! » qui fusent de la salle et les généreuses reprises par toute la joyeuse troupe des couplets de la fin, à n’en plus finir, sont une gratitude, une reconnaissance par le public, de tout ce travail élaboré à la fois individuellement et collectivement. Rien à enlever de ces anciennes lignes de 2019.
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Même des figures, de simples silhouettes sont campées avec une précision loufoque, ainsi les comparses Pritschitch (Jean-Luc Épitalon)et Bogdanovitch (Michel Delfaud), paire devenue trio avec le Kromskide notre Antoine Bonelli, tous en peine d’épouses encanaillées. Dans ce domaine, sans non plus chanter, Simone Burles est une, lubrique Praskovia lancée vampiriquement à l’assaut sexuel du Prince Danilo. Dans un finale festif endiablé, Carole Clin est toujours une Manon menant Maxim’s de maximale main de maître, pardon, de maîtresse, et à la cravache !
Chantre infatigable de sa Gaby Deslys marseillaise qu’il a ressuscitée, Christophe Born est encore un Guatémaltèque haut en couleurs et timbre de voix de ténor, duo avec la voix de baryton du D’Estillac de Florent Leroux Roche, joyeuse paire de compères prétendants intéressés, évincés, de Missia.
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Dans la catégorie mari aveugle, stentor à grande gueule tonitruante sur ventre trônant et moustaches avantageuses, Olivier Grand reste un Baron Popoff inénarrable de suffisance et de naïveté face à sa femme. Et quand celle-ci est la piquante Caroline Géa, l’Ambassadeur marsovien a intérêt à veiller à ses quartiers de noblesse : la belle Nadia, jouant les mutines, câlines et coquines Zerlina, allusion musicale de la pièce à Don Giovanni, veut et ne veut pas, ne veut pas et veut, dans la plénitude de ses formes et de sa voix, finit tout de même, comme dans les Noces de Figaro, autre clin d’œil, par entrer dans le propice « joli pavillon » que lui chante et ouvre, d’une superbe voix d’amant postulant, Camille de Coutançon, un romantique et ardent Samy Camps, la voix mûrie, mâle et ardente : magnifiques duos des amants manqués qui ne manqueront pas la prochaine occasion. Il est vrai que ledit pavillon a la forme d’un éventail qui, comme dans Tosca, a sa part dans l’intrigue. Fort heureusement, la générosité de Missia, la généreuse Veuve, la sauvera du déshonneur conjugal dans lequel elle veut et ne veut pas sombrer mais on sent bien qu’elle succombera un jour avec le sus-dit ou -un inédit. À moins qu’elle ne soit vite veuve de son pouffant Popoff d’époux.
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Voulant et ne voulant pas non plus succomber, lui aux charmes de la Veuve, du moins l’affirme-t-il, Danilo, le Prince décadent, est donc incarné par le nouveau venu Anas Séguin. Il lui prête sa prestance, beau timbre de baryton large et chaud, chantant son donjuanesque crédo libertin : vanité, vacuité de cette vie d’ivresse artificielle, ou chagrin secret de l’amour désintéressé raté dans sa jeunesse avec Missia. Ses « Manon, Lison, Ninon… » et autres Fanchon ne sont sans doute que la ronde des figures interchangeables, même dans leur sonorité qui riment, mais ne riment à rien, de l’amour sûrement avec un grand tas mais non de l’Amour avec un grand A de la Missia perdue, pauvre, retrouvée riche mais perdue pour le sentiment, qui ne s’achète pas.
Cette Veuve que l’on dit joyeuse, toute riche qu’elle soit de feu son mari, ne l’est pas plus qu’il ne faut et garde le sourire et la tête froide dans une affaire chaude, les assauts galants de galants par l’odeur du fric attirés. Ils ont beaux jouer les boys empressés de comédie américaine lui offrant, espérant plus, des joyaux dans une scène où elle est érigée en Marylin Monroe, elle ne chante pas pour autant Diamants are girl’s best friends, Danilo, l’amour de jeunesse étant pour elle un trésor d’une autre trempe. Elle n’est même pas coquette, c’est plutôt lui le coquet caquetant comme un coq dans le poulailler de ces dames vénales qu’il n’a même pas eu à conquérir mais à prendre ou même à ramasser. Pourtant, que d’atouts déploie encore, sans outrancière ostentation, la Missia retrouvée avec bonheur de Charlotte Despaux ! Bonne actrice, blonde, toujours belle sans agressivité comme je disais, physique de poupée inaltéré, elle a une voix facile, ample, au médium fruité, aux aigus chaleureux, menée avec un art consommé du chant, avec de très belles demi-teintes : sa ballade de la légende de Wilya, « la dryade aux yeux mystérieux », est un moment de poésie, un appel, un rappel au passé d’un amour vivant à Danilo.
La musique déroule, dans un enchaînement voluptueux, airs solistes, duos, ensembles, danses, d’une grande beauté. Le septuor « Ah, les femmes, femmes, femmes ! » y est le plaisant couplet d’une misogynie neutralisée par son excès même, scandé avec un grand dynamisme et une conviction appuyée. La danse ne pouvait manquer, marquée du sceau d’Offenbach dont le souvenir passe aussi dans l’œuvre avec ses satiriques politiques cancaniers et les érotiques cancans et french-cancan. Mine de rien, avec sa mine de malin averti, mi-figue, mi-raisin, le Figg de Grégory Juppin entre dans la danse avec des transes de trans ou travesti levant la jambe en vrai acrobate qu’on connaît, déchaîné au milieu du déchaînement chorégraphique réglé par Esmeralda Albert où le blond Stanley Riddick, serti parmi les dames, véritable élastique, multipliant des grands écarts à couper le souffle aux souffreteux arthrosiques, est un Valentin le Désossé plus souple et démantibulé que nature. À s’en démantibuler les mâchoires de rire.
Benito Pelegrin
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La Veuve joyeuse de Franz Lehár
Marseille, Théâtre de l’Odéon,
16 et 17 avril 2022
Direction musicale : Bruno MEMBREY
Mise en scène : Olivier LEPELLETIER
Chorégraphie : Esmeralda ALBERT
Chœur phocéen de Rémy Littolf
Costumes : Opéra de Marseille
Avec
Missia Palmieri : Charlotte DESPAUX ; Nadia : Caroline GÉA ; Manon : Carole CLIN ; Olga : Sabrina KILOULI ; Sylviana : Rosanne LAUT et Praskovia : Simone BURLES
Prince Danilo : Anas SEGUIN ; Baron Popoff : Olivier GRAND; Camille de Coutançon : Samy CAMPS; Figg : Grégory JUPPIN; D’Estillac: Florent LEROUX ROCHE; Lérida : Jean-Christophe BORN ; Kromski : Antoine BONELLI ; Pritschitch : Jean-Luc ÉPITALON et Bogdanovitch : Michel DELFAUD
Danseurs : Esmeralda Albert, Doriane Dufresne, Lola Le Roch, Nathalie Naranjo, Stanley Riddick