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Lorenzaccio au Gymnase

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LORENZACCIO d’Alfred de Musset
Mise en scène de Catherine Marnas
Théâtre du Gymnase(Marseille)
Du 3 au 7 Novembre 2015
Chef d’oeuvre du théâtre romantique,Lorenzaccio(1834) apparaît comme un monstre injouable par son ampleur et ses changements de tableaux.A partir d’un épisode de la Renaissance florentine évoquant une révolution manquée contre les crimes de la tyrannie,la pièce déchiffre la corruption d’un régime,raconte les difficultés de l’engagement et le combat de l’idéalisme contre les forces de l’oppression et du mal.
Drame historique et politique,fait davantage pour être lu que joué,Lorenzaccio est aussi et surtout le drame d’un individu,d’une conscience:celui de Lorenzo de Medicis qui voulant donner un sens à sa vie,en comprend finalement l’absurdité,un Lorenzo  qui commet le meurtre inutile de son cousin ,le Duc Alexandre de Medicis,par fidélité au jeune homme vertueux qu’il a été et qui a disparu sous le masque de débauché qu’il s’est choisi.
Depuis sa création en 1896 par Sarah Bernhardt qui assurait la mise en scène et jouait le rôle de Lorenzo en travesti,l’oeuvre a intéressé de brillants metteurs en scène comme Vilar,Zeffirelli,Mesguich,Rétoré ou Lavaudant.Ce nouveau spectacle leur oppose une optique différente…
D’abord il ne dure que deux heures au lieu de quatre ou de six.C’est dire à quel point le texte de Musset a pu être charcuté…Ensuite la mise en scène de Catherine Marnas situe l’action de nos jours,dans une scénographie de boîte de nuit sordide fréquentée par des drag queens obscènes qui se livrent d’emblée sous nos yeux à des orgies infernales.Quant à son héros Lorenzo(Vincent Dissez),il adopte un masque de rocker guitariste indécent,perruqué en blonde,pour exprimer un équilibre physique et mental vacillant,dans la vaine et tragique quête de son identité.Par ailleurs,à maintes reprises,il fait circuler ridiculement un micro pour souligner sur certaines parties du discours,l’autonomisation de la parole par rapport à l’action,dans un esprit didactique!
Enfin pour le fond,le schéma actantiel des adjuvants de la vertu républicaine(la marquise Ricciarda Cibo:Bénédicte Simon,et Philippe Strozzi:Franck Manzoni) et de ses opposants cyniques(le Duc:Julien Duval,le Cardinal:Frédéric Constant) est respecté,tout comme pour la forme,la rhétorique de Musset aussi séduisante dans la phrase lyrique que dans les brèves interrogations nerveuses,servies ici par une diction précise et mélodieuse.
On arrive donc à supporter tant bien que mal cette énonciation poétique anachronique qui veut faire bon ménage avec des clichés vulgaires d’aujourd’hui,mais dans l’ensemble le romantisme flamboyant de la pièce,dans cette mise en scène volontairement nihiliste,se trouve si malmené qu’on en vient à confondre dans un même carnaval,réflexion politique sur le pouvoir tyrannique et drame moral lié à la dégradation de la personne…Ph. O

Transmission de Julien Lestel (Opéra de Marseille)

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TRANSMISSION
Chorégraphie de Julien Lestel
Opéra de Marseille 3 Novembre 2015
Julien Lestel a présenté à l’Opéra de Marseille une pièce chorégraphique sur le thème de la transmission,autrement dit l’art de communiquer son talent à ses danseurs,en interprétant son propre rôle de maître de ballet contemporain en recherche d’expressions gestuelles dans un travail de répétition.
Montrer le processus de la transmission,aussi bien comme une technique que comme un état d’esprit fondé sur l’écoute ou la connivence,tel est le brillant propos de ce spectacle qui tient constamment le public en haleine dans la mesure où il donne à voir,dans une sorte de transfert en acte,des danseurs révélés à eux-mêmes grâce à l’exceptionnelle qualité d’un chorégraphe qui fait passer sa passion de la danse,ses désirs,dans une relation intense à ses interprètes.
Sur la musique envoûtante de Max Richter et les lumières crépusculaires de Lo Ammy Vaimatapako,le ballet se compose d’une série de tableaux au cours desquels Julien Lestel indique souvent une figure,un enchaînement de pas, de gestes, de mouvements,puis se tient immobile à observer ses danseurs,soit au fond du plateau,soit à l’avant-scène,le dos tourné.Ces mouvements qui partent du buste comme pour un envol tandis que le corps se recroqueville,sont reproduits à la perfection par Gilles Porte,Yvan Julliard ou Marco Vesprini dans leurs solos interrompus par les danseuses(Julie Asi,Aurora Licitra,Shihya Peng,Mara Whillington) qui se laissent soulever comme des poupées dans des portés très esthétiques ou des pirouettes virevoltantes assorties d’étreintes passionnées.Autant de figures choisies pour dire ici l’acte mystique de la transmission qui s’exprime en prologue et au final par cette image christique bouleversante de Piéta que le baisser de rideau ne peut même pas interrompre…
En définitive Transmission se présente comme un ballet d’un goût parfait qui classe Julien Lestel parmi les plus dignes représentants de la danse française actuelle. Philippe Oualid

Nelson à l’Odéon (Marseille)

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TRAFALGAR

 

NELSON

Comédie de Jean Robert-Charlier

Opéra de Marseille,

4 novembre 2015

 

Il y a , certes, un sujet : comment, pour complaire à une fille écolo et férue d’utilité sociale, désireuse de partir en mission humanitaire pour l’Afrique avec une vertueuse famille verte, végétalienne, obtient de la sienne, carnivore et carnassière, à l’image de la mère avocate avide d’argent, de pouvoir et de fourrure, de l’inviter et de jouer pour un soir, le temps d’un repas, les végétariens, pour caresser ces bonnes gens dans le sens, sinon du gazon, du poil animal, qu’ils défendent bien sûr.

On concédera, au comique de situation, un comique verbal de répétition bien mis en scène et rythme (Jean-Pierre Dravel, Olivier Mace), et quelques tirades (celle du mari vert) bien venues. Cela ne vole pas bien haut, c’est au ras des pâquerettes, d’agriculture écolo ou OGM, c’est une moisson, un tissu de clichés éculés de la beaufitude bourge ringarde par ailleurs d’un autre temps : peur des bolcheviques, des gauchistes qui n’existent plus et, en outre, une outrancière satire des défenseurs écolo de la planète et de la cause animale. On passerait même à la rigueur sur la platitude de cette montagne d’énormités réactionnaires au bénéfice du rire, même jaune.

Mais là où le bât (de l’âne) blesse, c’est l’actrice principale, Chantal Ladesou, pour laquelle cette comédie sans grande finesse semble avoir été taillée sur pièce, à sa mesure ou démesure, hélas ! qui, alors que tous les acteurs parlent normalement, à part la mère verte dans des scènes d’hystérie en situation, s’invente une diction artificielle, une bouillie, un mâchouillis, de mots incompréhensibles : elle râle, rage, rugit, graille, grimace, grogne, grommelle, grasseye : c’est gras et gros, grossier. Comme les gens s’esclaffent, souvent avant même qu’elle ait ouvert la bouche, on en conclut qu’ils rient du ton et non de la chanson.

On devine des références comiques derrière cette laborieuse diction lourdement fabriquée, les dérapages vocaux contrôlés de Jacqueline Maillan, les grimaces géniales de de Funès, mais c’est outré et outrageant pour ces grands acteurs dont nous n’avons ici que la caricature de la caricature : la caricature au carré.

L’Amiral Nelson fut le vainqueur de la bataille navale de Trafalgar contre Napoléon alors allié aux Espagnols, il y perdit la vie. Mais cette pièce, ainsi traitée, maltraitée, c’est la défaite même du délire. Ce n’est même pas du théâtre de Boulevard, mais du Boulevard du Crime du texte assassiné. Quant au pauvre lapin, qui donne son nom à la pièce, mêlé et malmené dans l’affaire, qu’allait-il faire dans cette galère ? Bénito Pelegrin.

 

Nelson, de Jean Robert-Charlier.

Opéra de Marseille

4 novembre

Mise en scène : Jean-Pierre Dravel, Olivier Mace.

Distribution : Chantal Ladesou, Armelle, Eric Laugerias, Thierry Samitier, Clémence Ansault, Simon Jeannin, Simon Larvaron.

 

 

 

Marseille : effervescence culturelle à tous les niveaux et pour tous les goûts!

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Les vacances de la Toussaint viennent de s’achever ; les journées rapetissent d’heures en heures ; les longues soirées d’Hiver se profilent à l’horizon… A défaut des dîners tardifs sous le soleil estival, ou de ces belles soirées chaudes que l’automne naissant nous a procuré, n’est-ce pas le moment de faire un petit détour par les théâtres et autres lieux à Marseille et en Région, découvrir les centaines de propositions qu’ils nous réservent pour ce mois de Novembre qui s’annonce riche et intense, avec ses événements aussi nombreux qu’hétéroclites (avec une première, les 7 et 8 novembre au Parc Chanot, un salon international dédié au Tatouage), ses créations aussi ludiques que sérieuses, ses spectacles qui sauront séduire leur public.

Citons pour la semaine du 3 novembre, la dernière création du Théâtre de Ajmer (dirigé par Franck Dimech) « Schnell, schneller », coproduite par le Lenche, autour des camps de la mort (du 3 au 7 à 20h30, sauf le mercredi et jeudi à 19h)*; « Doe, cette chose-là », un spectacle autour des Zombis imaginé par Renaud Marie Leblanc et joué au Théâtre Joliette (jusqu’au 10 novembre, à 19h sauf jeudi et vendredi à 20h et lundi à 14h, séance supplémentaire ) ; « Zigmund Follies », le dernier spectacle de Philippe Genty programmé au Toursky jusqu’au 7 novembre (21h sauf mercredi à 19h); mais aussi du jeune public avec le festival « En Ribambelle » (coproduction théâtre Massalia et TNM la Criée) : ce dernier s’achève le 7 novembre à la Criée avec un bal (19h, entrée gratuite). La semaine suivante, les 13 et 14 novembre à 20h30, le théâtre du Merlan propose un spectacle original autour des SDF et autres clochards, « Dehors », une création d’Antoine Laubin et Thomas Depryck avec 6 comédiens auquel nous vous conseillons vivement d’assister (les tarifs de la scène nationale du Merlan sont tous doux : de 3 à 15€ avec une pléiade de réductions). Le Non-lieu (67 rue de la Palud) présentera sa « Kermesse », pastiche satyrique et musical, drôle et décalé, mené par les sœurs de la CFLEE (Cie du Yak) le 14 à 20h30 (PAF 8€). Les amateurs de très jeune public -ou les parents souhaitant faire découvrir le théâtre à leurs tous petits (dès 6 mois)- pourront aller au théâtre des Chartreux voir « les Nadoudounas » de la compagnie CGA les 12 et 14 novembre (à 10h, séance supplémentaire le 14 à 14h30) ou encore « Tempo » du théâtre en flammes les 20 et 21 novembre au Divadlo (à partir de 9h30 et toute la journée).

Cette petite sélection n’est pas exhaustive mais vise juste à montrer l’effervescence culturelle qui existe à Marseille, et ce bien avant l’année capitale. En effet, même si MP13 a permis l’ouverture du Mucem et la création de la Biennale Internationale Du Cirque dont un entre deux sera offert au public en janvier prochain, il existait en notre ville, avant 2013, plus d’une cinquantaine de salles de théâtre (pour ne citer que ce domaine), et parmi ces dernières, une quarantaine de petites structures : certaines ont dû fermer faute de subsides (Le Laboratoire Du Théâtre Off, Le Carpe Diem, Le Point De Bascule pour ne citer que ces exemples ; voire le théâtre Marie Jeanne avec ses travaux en attente depuis trois ans ou la Baleine qui dit vagues dont les spectacle sont visibles uniquement lors de leurs vagabondages) ; d’autres sont en difficultés graves (le Théâtre de la Comédie empêtré dans un mélimélo judiciaire avec l’archevêché, propriétaire du lieu ) ; mais la plupart continuent de subsister, survivre coûte que coûte, en dépit de l’absence de subventions ou de leur forte baisse : Le Carré Rond, L’Athanor, L’Afriki Djigui Theatri, Le Tétard, Le Théâtre Du Petit Matin, Le Petit Merlan, Le Quai Du Rire, L’espace Culturel Busserine, La Hang’art etc… Chacun propose une programmation propre et touche un public, qu’il soit amateur de contemporain ou de classique, d’humour ou de drame. Marseille a toujours été et est une Ville de Culture(s), notamment de théâtre, avec ses grands et petits lieux culturels qu’il ne faut nullement opposer car même si leurs missions diffèrent, ils participent tous, chacun à leur niveau et selon leurs moyens, de la richesse culturelle de notre ville.

Il nous semble ici nécessaire de le réaffirmer aux vues de la politique culturelle décidée par notre Maire, plus intéressé par le développement économique engendré par le tourisme que par la culture elle-même, et pour cause, cette dernière apparait être un des éléments d’attractivité touristique de la ville. En attestent les (ré)aménagements effectués visant à attirer les croisiéristes et autres touristes, avec la création ad hoc de ce « nouveau » centre de la ville : citons le quartier Euromed réhabilité avec ses nombreux espaces dédiés aux commerces (les voûtes de la Major, les Terrasses du Port, les Docks…), tous inaugurés en grandes pompes et situés à proximité du Mucem (2ème site le plus visité à Marseille après la Bonne Mère et avant le Panier), du Musée Regards de Provence, du Silo et du théâtre Joliette Minoterie (montré en exemple pour faire taire les mauvaises langues). Pour mieux saisir la place de la culture dans la politique de la ville, il suffit de lire la joie des élus sur leur visages lorsqu’ils détaillent les chiffres de la saison touristique passée : le tourisme, c’est 6% de l’emploi direct ; Marseille se retrouve dans le top 5 des régions à visiter en France ; le Mama Shelter est 3ème dans le classement européen des hôtels à moins de 100€ sans oublier la hausse de fréquentation des hôtels (88% de taux d’occupation cet été) et restaurants (8.5 professionnels sur 10 satisfaits de leur saison) autour du Vieux Port, augmentation du nombre de croisiéristes (entre 30 et 50% selon les mois). Quelques chiffres alibis sur la fréquentation des Musées viennent agrémenter leur discours bien entendu : 82000 visiteurs entre juillet et aout soit 10000 de plus qu’en 2014 (avec l’exposition Futurs de la Vieille Charité citée comme exemplaire). Les festivals inclus dans le décompte chiffré sont essentiellement le festival de jazz des 5 continents et le festival de Marseille avec leurs 55 000 visiteurs (et non spectateurs, notez-le) à eux deux.

Autre exemple qui vient étayer notre analyse : celui de L’Espace Culture**. Ce dernier devant mettre les clés sous la porte à la fin de l’année, qu’est ce qui va remplacer cette structure si utile aux petits (également aux grands) lieux, parfois leur seule vitrine ? On nous objectera qu’une application pour mobiles (créée par l’Office du Tourisme) est en train de voir le jour afin d’orienter les publics (et surtout les touristes lors de leur séjour) vers les activités culturelles proposées en ville (avec fort probablement billetterie online) mais inclura-t-elle comme le faisait l’Espace Culture tous ces petits lieux souvent oubliés des médias ? Comment pourront-ils communiquer leurs informations si les espaces où ils pouvaient déposer gratuitement tracts et affiches se réduisent à peau de chagrin? Cette fermeture annoncée d’un lieu culturel emblématique est symptomatique de cette volonté politique marquée de faire de la culture un élément parmi d’autres de l’attractivité touristique de la ville. Nous assistons à l’achèvement d’un transfert des compétences de l’Espace Culture vers l’Office du Tourisme : ce dernier accueillait la conférence de presse du Hero Festival, un événement culturel, qui aurait eu toute sa place à l’Espace Culture dont c’est encore un des rôles. De là à ce que le service culture soit englobé dans le service tourisme de la ville, il n’y a qu’un pas car n’y a-t-il pas déjà confusion entre politique touristique et culturelle au détriment des acteurs de la culture?

La question se pose, ici, alors que de nombreux lieux culturels sont en souffrance accrue depuis MP13 : cette dernière a creusé les écarts entre certains grands ensembles culturels qui ne cessent de croître (citons l’exemple flagrant de la Friche Belle de Mai et ses rapprochements avec la Criée ou d’autres lieux ; voire l’ambition de quartier latin du pôle Gymnase-Bernardines sur lequel nous reviendrons ultérieurement), ceux qui se retrouvent isolés de par leur situation géographique ou pour toute autre raison (le Toursky, le Merlan), ceux qui se maintiennent bon gré mal gré (Le Lenche, La Joliette-Minoterie) et les plus petits éparpillés sur un large territoire qui ne font pas ou peu parti du sérail ***. Ceci étant dit, pardonnez la longueur de cet édito. Néanmoins, le débat reste ouvert sur l’après 2013 ainsi que sur la politique culturelle menée à Marseille et en France.

Vous souhaitant de bons spectacles, votre dévouée

DVDM

*A noter que le projet initial autour de l’œuvre de Charlotte Delbo « Auschwitz et après » n’a pu être mis en œuvre, faute de droits et que la structure porteuse du projet a subi une baisse de 60% de ses subventions, une hérésie lorsqu’on connait le travail véritablement exigeant et de grande qualité du metteur en scène de la compagnie !

**l’Espace Culture avait une mission multiple que nous détaillerons dans un futur article complet sur la maison.

*** L’appartenance au sérail est souvent jugée en fonction des subventions reçues des tutelles par les structures culturelles : celles qui ne reçoivent que des miettes sont rarement reconnues comme participant de la Culture et à son foisonnement. Ils sont hélas souvent jugés comme amateurs, n’ayant ni véritable talent ni exigence artistique, voire qualifiés de populaires au mieux et de commerciaux au pire. Pour ces raisons, ces lieux sont ignorés par les défenseurs d’une Culture officielle réputée exigeante, tirant vers un pseudo-élitisme.

Hélène Tysman

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Hélène Tysman et les (grands) Moments musicaux de Notre-Dame

 

En ouverture de la 22e saison des Moments musicaux de Notre-Dame à Marseille, Hélène Tysman nous confirme qu’elle est une des principales interprètes de Chopin mais nous montre aussi qu’elle est certainement une grande interprète de Debussy.

 

 

Enfin du nouveau ! Après un été sans surprise, Matsuev toujours aussi bon dans Tchaikovsky, un Jan Lisiecki prometteur mais qui se contente du minimum dans une intégrale des oeuvres concertantes pour piano et orchestre de Robert Schumann au Festival de La Roque d’Anthéron, la surprise est venue de là où on ne l’attendait pas forcément : Hélène Tysman.

Invitée par Christiane Berlandini pour l’ouverture de la 22e saison des Moments musicaux de Notre-Dame, la pianiste française nous proposait un programme 100% préludes, Chopin d’abord, Debussy ensuite, choix particulièrement pertinent au vu de l’aspect intimiste de ce lieu exceptionnel.

 

Concernant le compositeur polonais, nous étions en terrain connu. Hélène Tysman s’est déjà illustrée à plusieurs reprises en concours (premiers prix aux compétitions Chopin de Darmstadt et Hanovre), en concerts et au disque. En effet, en cours d’intégrale chez Oehms Classics, son dernier album, Ballads, a été recompensé, confirmant qu’elle fait partie des meilleurs interprètes de Chopin de sa génération. En revanche on ne l’attendait pas particulièrement sur Debussy, et c’est pourtant là qu’elle fut la plus bouleversante.

 

Pour la deuxième partie, Hélène Tysman interprétait une selection de Préludes de Debussy. De ses propres mots, son objectif était de nous faire découvrir «le Debussy fantastique, celui inspiré par Edgar Allan Poe». En fait, c’est le Debussy symboliste dont elle parle, le vrai Debussy si j’ose dire. En effet, depuis des décennies, on s’évertue à nous le présenter comme un «impressionniste», ce qui a forcément un impact profond sur son interprétation. Il est tout d’abord important de noter, qu’en art, le symbolisme s’est construit en réaction au réalisme et à l’impressionnisme ; on ne peut donc être les deux à la foi. Mais alors, qu’en est-il de Debussy ?

 

On peut déjà relever quelques éléments factuels : Debussy a fréquenté très tôt les mardis de Mallarmé, principal poète symboliste français ; il a mis en musique plusieurs poèmes de ce dernier mais aussi de Verlaine ; il nous a laissé deux opéras inachevés inspirés d’Edgar Allan Poe (La Chute de la maison Usher et Le Diable dans le beffroi) ; il a composé Pélleas et Melisande sur un livret de Maeterlinck, poète belge symboliste. A ces faits, on peut ajouter des arguments plus analytiques.

D’après le musicologue François Dubé, les Préludes de Debussy sont «destinés à traduire une atmosphère et sont ”l’équivalent sonore du sujet”» : ce principe de «correspondances» mis au point par Baudelaire est une des bases de l’art symboliste. Enfin, il faut noter que le positionnement peu commun des titres, en bout de partition, montre bien qu’il s’agit plus de suggestion que de description, suggestion qui est justement un autre principe fondateur du symbolisme. On pourrait aussi relever que ces titres n’ont souvent rien de «réaliste» (Cathédrale engloutie, Ondine etc.), et sont même parfois poétiques (Pour remercier la pluie du matin). D’ailleurs, Hélène Tysman n’est pas la seule à avoir eu cette intuition.

 

En 2012, Philippe Bianconi a fait sensation avec son intégrale des Préludes de Debussy chez La Prima Volta. Il explique lui-même que « pendant longtemps, le caractère hédoniste m’a sans doute empêché d’en percevoir toute la profondeur », c’est-à-dire que comme tous les précédents interprètes de ce compositeur, il ne s’était intéressé jusqu’à là qu’au caractère esthétique de la musique debusséenne. Finalement, sa compréhension du compositeur français a évolué à partir du moment où il a porté son attention sur le contexte, ce qui fait echo à ce que pensait Malher : «Tout est écrit dans une partition, sauf l’Essentiel».

 

C’est dans cette même logique qu’Hélène Tysman nous a fait découvrir un Debussy plus profond, plus mystérieux. Dans les préludes qu’elle a choisis (La cathédrale engloutie, Ondine ou Des pas sur la neige, Canope, La fille aux cheveux de lin, La terrasse des audiences, Ce qu’a vu le vent d’Ouest, Feux d’artifice), la profondeur de son jeu, l’ambiance sombre et poétique qui s’en dégage, relègue les interprétations de référence d’un J-E Bavouzet ou d’un Samson François loin derrière. Et sur ces pièces elle va même plus loin que Philippe Bianconi dans la compréhension de Debussy.

On ne peut donc espérer qu’une chose : un enregistrement prochain de ces oeuvres, voire même au-delà, tant il est sûr qu’elle a tout pour devenir une interprète majeure de ce compositeur. Avec ces qualités, on aimerait aussi beaucoup l’entendre dans les oeuvres tout aussi profondes d’un Nikolai Medtner. En attendant, elle poursuit sa brillante carrière avec plusieurs concerts programmés aux Etats-Unis.

 

En 1932, Maurice Denis disait à propos de Claude Debussy : «ce que la génération symboliste cherchait avec tant de passion et d’inquiétude : lumière, sonorité de l’âme, frisson du mystère, lui le réalisait presque sans tatonnement et, semble-t-il, sans effort». On pourrait en dire autant du jeu de Hélène Tysman.

 

Charles Romano

 

Pour retrouver Hélène Tysman au disque, deux très beaux enregistrements chez Oehms.

 

Plus d’infos sur les moments musicaux de Notre Dame

Renseignements : 04 91 81 36 77 ou www.facebook.com/lesmomentsmusicauxdenotredame [2]

Les concerts se déroulent le dimanche à 17 heures

Moments Musicaux de Notre-Dame
5 Boulevard Paul-Doumer 13006 Marseille
mmusicaux.notredame13@hotmail.fr

Une nouvelle soirée riche en découverte à l’Espace Léo Ferré

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Loin de tous tapages médiatiques, découvrir trois artistes de tout premier ordre Thierry Herbin, sculpteur, René Herbin, compositeur et grand-oncle du précédent, et Elizabeth Herbin, pianiste et fille du compositeur lors d’une exposition concert à l’Espace Léo Ferré est une expérience grisante et un évènement !

Le Toursky et son directeur n’ont pas leur pareil dans la cité phocéenne pour nous faire partager de belles découvertes artistiques.

La soirée a débuté avec Thierry Herbin qui présentait quelques-unes de ses œuvres, trop peu hélas : deux grandes statues bleus et rouges suivies d’une dizaine de statuettes se ressemblant toutes plus ou moins.

Parmi ces œuvres se démarquait le grand Poisson bleu : il s’agit d’une sorte de triton présenté, de façon originale, debout et dans un style proche de l’art brut, et dont le bleu puissant rappelle celui inventé par Yves Klein, le IKB.

Mais au final, il faut bien l’avouer, cette exposition trouve avant tout sa pertinence comme introduction au concert car c’est bien de celui-ci que provenait tout l’intérêt et plus précisément de son programme : des œuvres de René Herbin (1911-1953), compositeur français encore quasiment inconnu ; à ce jour seul son quatuor pour piano a été enregistré chez le courageux label Gallo qui reçut d’ailleurs un accueil très favorable de la critique internationale.

Il faut dire que l’enregistrement est de toute beauté et on tient là un des chefs d’œuvre de la musique de chambre française à découvrir de toute urgence ! Les américains ont même comparé les œuvres musicales de ce compositeur à celles de Chostakovitch. C’est pour dire !

Lors du concert, on a pu entendre deux œuvres de René Herbin : l‘Album d’images pour piano, composé en 1940 alors qu’il est en captivité dans un camp de la mort nazi, et trois pièces pour clarinette et piano, le tout interprété avec justesse et passion par la pianiste Elizabeth Herbin au jeu raffiné et le clarinettiste Olivier Pierre Vergnaud. Des cinq années de captivité, il écrit dans des situations précaires de nombreuses œuvres dont la sonate pour violon et piano ou Deirdre des douleurs pour orchestre de chambre… Ces œuvres étaient associées à la Sonate pour piano et clarinette de Poulenc.

Les deux interprètes y déploient une belle énergie et parviennent à nous offrir toutes les beautés de l’œuvre de Francis Poulenc !

Pour avoir une idée plus précise des œuvres et du style de René Herbin, il faudra attendre d’avoir écouter d’autres œuvres, ce qui pourrait mettre lumière un style plus personnel : c’est pour cette raison qu’on espère de tout cœur que la combat de sa fille, Elizabeth Herbin, pour le faire connaître et enregister son oeuvre, aboutira. À quand un enregistrement du concerto pour piano et orchestre de René Herbin écrit en 1952 créé à titre posthume par Vlado Perlemuter en 1956 ?

Elisabeth Herbin, l’une des grandes pianistes françaises du moment en serait sans aucun doute l’interprète idéale !

On souhaite la retrouver au Toursky pour un autre concert passionnant autour d’œuvres de son père ou au Festival des Musiques interdites dirigées par Michel Pastor dans la cité phocéenne.

La soirée s’est achevée sur un échange entre interprètes et spectateurs sur la vie et la musique de René Herbin : un moment riche en émotions à propos d’une vie mouvementée et d’une prometteuse carrière stoppée le 1er septembre 1953 par un tragique accident d’avion à l’âge de 42 ans avec l’illustre violoniste Jacques Thibaut dans les Alpes de Hautes Provence ironie du sort non loin du crash de la Germanwings du 24 mars dernier.

Une belle leçon d’amour offerte par une fille orpheline de son père à l’âge d’un an pour la réhabilitation de l’œuvre de son père !

Charles Romano

 

Prochain rendez vous à ne pas rater au Théâtre Toursky :

Moi, Diane Fossey le 20 novembre, Nuit du piano le 27 novembre avec Nicolas Bourdoncle : www.toursky.fr [3]

Pour en savoir plus sur René Herbin :

www.reneherbin.ouvaton.org

Retour sur les POC 2015 (1)

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Festival POC 2015 à Marseille : Gabi Wagner et Alexandra Scemama, deux noms à retenir.

 

Lors de l’édition 2015 du POC (Portes Ouvertes Consolat), près de 60 ateliers d’artistes ouvraient leurs portes pour la diffusion et la promotion des Arts plastiques. Parmi ce rassemblement hétéroclite, mêlant toutes les conceptions de l’art, deux artistes se sont particulièrement demarquées : Gabi Wagner et Alexandra Scemama.

 

Depuis 2006, l’association Portes Ouvertes Consolat (POC) a pour objectif le développement et l’animation culturelle du quartier des « Hauts Canebière » autour de la promotion et de la diffusion des Arts Plastiques. Concrètement il s’agit de rendre plus accessible la création contemporaine à travers des expositions régulières et l’ouverture des ateliers de pratique artistique. La tâche est d’autant plus difficile que le grand public a encore une opinion extrêmement négative de l’Art contemporain. La raison en est simple : les artistes de l’après 1945 sont progressivement tombés dans ce contre quoi les avants-gardes s’étaient battues : les poncifs. Pour eux, être «contemporains» se résume souvent à être provoquant,et pour cela ils se contentent en général d’avoir recours à la vulgarité la plus primaire. Heureusement, il existe encore des artistes qui ont quelque chose à dire de constructif notamment deux présents parmi les 60 ateliers ouverts pour l’édition 2015 du POC (9-11 octobre). Il s’agit de Gabi Wagner (gravure, photographie) et Alexandra Scemama (sérigraphie, peinture). On peut déjà les saluer d’avoir fait partie des quelques artistes à avoir vraiment joué le jeu des «portes ouvertes», proposant une véritable intéraction aux visiteurs, là où beaucoup d’autres se contentaient seulement d’ «ouvrir leurs portes». Esthétiquement parlant, on peut aussi les rapprocher en ce qu’elles illustrent cette célèbre formule de Maurice Denis (1870-1943) : « Se rappeler qu’un tableau, avant d’être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote, est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées. » (Art et Critique, 1890)

Gabi Wagner

Diplômée de l’Ecole des Arts appliqués de Saarbrucken et de l’Ecole des Beaux-Arts de Marseille, Gabi Wagner pratique la gravure contemporaine depuis plus de 20 ans. Artiste graphique et photographe, son atelier ressemble à un laboratoire de recherche. Elle y combine de façon expérimentale différentes techniques (collage, eau-forte, aquatinte, digiprint), matériaux (cire, fil de fer, papiers) et supports (cuivre, zinc, plexiglas, CD, brique de lait) . Dans la réalisation de ses oeuvres elle laisse libre cours à la matière et à l’imagination dans de petits tableaux où dominent des formes géométriques fondamentales qu’elle décline en toute fantaisie, mais aussi des motifs naturels tel que le poisson. Son imagination et son sens de la composition sont renforcés par sa maîtrise du coloris. En effet, loin de se limiter comme la majorité des graveurs classiques au noir et blanc, voire à des dégradés de gris, Madame Wagner élargit sa palette aux couleurs les plus vives dont elle sait exploiter toutes les qualtiés expressives.

Malgré sa grande expérience, elle a su garder la fraîcheur d’une artiste qui débute, cette envie de découvrir, d’expérimenter, de ne jamais se répéter ou comme elle le dit elle-même : «Je travaille sans projet, au hasard, et les couches successives créent des couleurs et des structures surprenantes». Les thèmes principaux de son travail artistique concernent les effets de transparences et les jeux de lumières. Le résultat en est des oeuvres abstraites aux fortes qualités décoratives. Techniquement parlant, si elle maîtrise parfaitement les méthodes de la gravure classique, elles réalisent avant tout des estampes originales et uniques. Combinant techniques anciennes et contemporaines (parfois crées pour l’occasion) dans une même oeuvre, son acte de création se veut surprenant et inattendu : «Cette improvisation sur l’oeuvre se construit en temps réel et est réalisée par l’intermédiaire de matériaux courants détournés de leurs usages (papier calque, du scotch, du fil de cuivre, de la gaze médicale, etc…)».

Outre la qualité de ses oeuvres, Gabi Wagner se démarque par une générosité exceptionnelle : outre un accueil particulièrement chaleureux, elle proposait aux visiteurs de son atelier rue Léon Bourgeois une série de démonstrations de gravure. Le public, très nombreux d’ailleurs, a pu ainsi découvrir chaque étape de la réalisation d’une estampe, de la gravure de la matrice à l’impression. Son sens du partage, et sa grande pédagogie, elle le met aussi en oeuvre toute l’année dans des stages de formation à la gravure pour tous niveaux (détails sur gabi-wagner.blogspot.fr.)

Durant le POC 2015, alors qu’elle présentait elle-même plusieurs de ses oeuvres, allant du format «Ticket de métro» aux estampes de près d’un mètre, sa générosité s’est à nouveau illustrée par la mise à disposition d’une salle pour l’exposition de ses principaux élèves, permettant par la même occasion de juger de la qualité de son enseignement. On retiendra principalement le travail de Martine Ayasse qui, de manière très novatrice, enrichie ses estampes par le collage d’une partie des matrices (en brique de lait), apportant ainsi plus de relief et de matérialité à l’oeuvre. Dans la lignée de son excellent professeur, elle fait une place importante au coloris et se démarque par l’utilisation d’exceptionnels pigments naturels rapportés d’un voyage en Inde. On retrouve cette même maîtrise du coloris chez une autre artiste ayant marquée ce festival.

Alexandra Scemama

Formée à l’Ecole des beaux-arts de Biarritz puis de Rennes, Alexandra Scemama est une jeune peintre et sérigraphe à l’origine du concept d’ «art pop minimal». Concrètement, elle cherche à associer deux courants artistiques pourtant opposés : le Pop art et l’art minimaliste. Partant toujours de formes florales, qu’elle stylise en les simplifiant et en les répétant sur la toile, elle aboutit à des oeuvres très décoratives mais aussi qui profitent de tout ce que cette forme a de symbolique : «Je crois que la beauté est universelle et n’a pas de frontières . La fleur est pour moi le symbole de cette universalité, de cette intemporalité même» dit-elle.

Pour l’aspect «pop», on pense inévitablement aux Flowers (1965) d’Andy Warhol. D’ailleurs, comme ce dernier, elle associe dans ses oeuvres peinture et sérigraphie mais aussi décline le sujet en de multiples variantes de couleur et de format différents. Mais là où elle se démarque, c’est par son synthétisme (l’aspect «minimal») qui donne à ses oeuvres leur caractère universel mais aussi puissament décoratif.

Au-delà de ses deux sources avouées, il est impossible de ne pas faire de rapprochement avec l’Art nouveau, courant artistique qui s’est épanoui au tournant du XXe siècle. Les formes de la nature, notamment la flore champêtre, y étaient traitées de manière stylisée. Mais contrairement à l’art pop minimal qui vise un certain synthétisme des formes, ces artistes en exagéraient les courbes jusqu’à obtenir une esthétique fournie, parfois même étouffante. Comme une représentation de la nature sauvage, les formes de l’Art Nouveau se voulaient souples, ondulantes et asymétriques. La vision de l’art d’Alexandra Scemama se rapproche particulièrement de celle d’un des principaux artistes de l’Art nouveau : Emile Gallé. Ce dernier affirmait que le décorateur peut lui aussi être symboliste en recourant à la Nature et que cette éloquence doit témoigner d’une certaine distance vis-à-vis du modèle observé pour le doter de cette abstraction sans laquelle l’oeuvre d’art ne peut exister. Mais pour lui, le phénomène d’abstraction qui vivifiera l’oeuvre d’art ne peut se développer qu’une fois acquise la connaissance profonde de la constitution du modèle végétal…on ne sera donc pas étonné d’apprendre qu’Alexandra Scemama a fait des études de biologie avant de se tourner vers l’art. Ces ressemblances permettent de comprendre que l’Art contemporain ne doit pas chercher à tout prix à s’opposer à l’Art ancien de manière presque doctrinaire. La créatrice de l’art pop minimal en est la preuve : malgré ses points communs avec Emile Gallé, William Morris ou encore Andy Wahrol, elle propose un style parfaitement novateur.

Plus concrètement, lors du festival POC, Alexandra Scemana s’est illustrée par la pratique de la sérigraphie dans l’atelier de Tristan Kissourine, 8 rue delille. Elle y a réalisé une grande fresque murale intitulée Envolée pop! où elle allie le dynamisme de traits graphiques à la douceur d’un chromatisme floral. En parallèle du festival, et jusqu’au 30 octobre, elle expose plusieurs de ses toiles dans les locaux du théâtre Toursky et notamment sa dernière oeuvre, le somptueux triptyque En avant!, qui marque déjà une évolution notable et intéressante de son approche artistique (visible sur alexandrascemama.com)

Une artiste à suivre de très près.

 

Charles Romano

Soirée événement à la maison de la région le 4 novembre!

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Présentation de la série Speed Dating à la Maison de la Région le 4 novembre à partir de 19h !

Créée par Arnaud Raymackers et Guislain Quesnel, “Speed Rating” est une série franco-belge humoristique, de format court, parodiant le Speed Dating dont les deux premiers pilotes ont été récompensés à Cannes et au WebFest de Marseille ainsi que présentés dans le monde : USA, Chine, Taïwan, Belgique, France, Suisse… Ce 4 Novembre 2015, seront diffusés les épisodes de la première Saison tournée à Marseille (en partenariat avec “La boîte à films” et “La Régie Paca”) à la maison de la Région, 61 la canebière, à partir de 19h. Un plateau d’artistes, un Speed Rating sur scène avec comédiens et personnes du public agrémenteront la soirée de présentation du projet. Ce dernier vise non seulement à diffuser des épisodes de la série déjà tournés mais également à organiser des soirées et tournages de partout en France et à l’étranger. A suivre ! RS

Plus d’infos sur la série :

www.speed-rating.fr [4]

Entrée libre sur inscription à arnaud@speed-rating.fr

Image du tournage de la série (c) photo DR

Jeu Hero Festival : gagnez vos places pour le week end du 7 et 8 novembre!

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Jeu Hero Festival : quel est le nom de l’artiste italien présent sur le salon qui travaille pour DC Comics ? Répondez avant le 6 novembre 2015 par email à rmtfestival@gmail.com pour gagner vos invitations au salon.

Jeu Hero Festival : quel est le nom de l’artiste italien présent sur le salon qui travaille pour DC Comics ? Répondez avant le 6 novembre 2015 par email à rmtfestival@gmail.com pour gagner vos invitations au salon.

Indice: https://www.rmtnewsinternational.com/2015/10/hero-festival-2eme-edition-placee-sous-le-signe-de-star-wars-un-double-evenement-a-marseille/ [5]