RMTnews International

The culture beyond borders

Les nocturnes de Gabriel Fauré : Une plongée poétique

Share Button

Avec Eric Le Sage, piano. Label Alpha –Classics, Outhere Music/ www.alpha-classics.com

Écrit entre 1875 et 1920, les préludes de Gabriel Fauré (1845-1924), c’est un peu comme ouvrir un album photo sur la vie d’un artiste incontournable. Élève de Camille Saint-Saëns et de l’école Niedermeyer, il est professeur de composition au conservatoire de Paris puis en est le directeur. Il demeure l’un des plus grands compositeurs français du 19ème et du début du 20ème siècle. Il laisse une œuvre majeure dans tous les domaines souvent oubliée de nos salles de concert.

Les Nocturnes

Ils sont au nombre de treize et constitue un monument de la littérature pianistique française. L’ombre de Chopin et Field plane. Ils témoignent de l’évolution stylistique du compositeur. Si les six premiers témoignent d’un profond ancrage dans le romantisme musical où l’on ressent parfois Raff mais surtout l’attachement du compositeur de Pamiers à Chopin les six premiers nocturnes nous invitent sur les chemins de la tristesse, d’une mélancolie furtive pour atteindre un apaisement salvateur dans le 6ème  en Ré bémol Majeur pour oublier toutes souffrances des épreuves de l’existence. Il constitue un Éverest pianistique, un torrent passionnel où l’émotion vous saisit à chaque note. Avec le septième nocturne, tout bascule vers le dépouillement recherché par le compositeur. Il utilise la tonalité d’ut dièse mineur. On est envahi par un sentiment de tristesse, miroir du désespoir envahissant l’âme de Fauré. Le huitième se révèle un chant intime. Fauré  tend vers la simplicité. Quelque part, il est inévitable de songer à Franz Liszt dans ses dernières pièces pour piano. L’épure est totale. Le 11ème nous serre le cœur. L’écriture est si créative et poignante.  Si le 12ème revêt l’allure d’une barcarolle, le 13ème apparaît comme une quête de l’absolu. On est emporté dans un tourbillon émotionnel et passionnel. Il constitue un  sommet de cette écriture si caractéristique de l’école française incarnée par Gabriel Fauré.

 

Divine interprétation

Eric Le Sage est un pianiste discret bien connu de notre région notamment à Salon de Provence pour son emblématique festival. Il voue un amour sans limite à Gabriel Fauré. Il a enregistré l’intégrale de sa musique de chambre. On le ressent dans ce très bel enregistrement. Chaque note, chaque phrase musicale semblent le fruit d’un long cheminement personnel. L’artiste captive et transcende ce sommet de la littérature pianistique. Quelle délicatesse dans le toucher ! Eric Le Sage appartient à cette grande tradition de pianistes français. Je songe à Alfred Cortot, Samson François, Jacqueline Eymar, Jean-Philippe Collard…  Cet enregistrement à la prise de son parfaite de Jean-Marc Laisné  utilise un piano Steinway. On tient là une référence absolue de l’intégrale des nocturnes de Fauré ! Le compositeur en serait fan. Un océan poétique…

Serge Alexandre

Rmt News Int • 11 novembre 2025


Previous Post

Next Post