Charlotte Ferrato, une artiste à découvrir
L’humoriste sera “Elles-mêmes” sur la scène du théâtre Daudet de Six-Fours-Les-Plages le 21 novembre à 20h30. Tarif : 20€. Réservation.
Interview
Quelle est ta formation ?
Après un bac littéraire, je me suis d’abord dirigée vers le tourisme. À l’âge adulte, je me suis donnée l’opportunité de réaliser mon projet en intégrant le DEUST de théâtre à la faculté d’Aix-en-Provence. Pendant cette formation, j’ai pu travailler sur le terrain aux côtés de Serge Alexandre. Il m’a présenté Edmonde Franchi. Grâce à elle, j’ai fait mes premiers stages, mes premiers ateliers de théâtre, ainsi que de l’accompagnement logistique sur ses spectacles. Serge m’a également offert l’opportunité de découvrir le métier de la radio à ses côtés et de réaliser mes premières interviews.
D’où vient ton goût pour la scène et pourquoi ?
Toute petite déjà, j’imitais l’humoriste Élie Kakou, qui lui-même imitait le monde. Je suis fascinée par l’imitation : comment faire aimer quelqu’un que l’on regarderait à peine ? Donner la parole aux gens ordinaires, comme vous et moi, qu’on les regarde, qu’on les écoute. Tout a commencé auprès de ma grand-mère : je l’imitais pour la faire rire. Et lorsque j’ai compris le pouvoir du rire sur l’âme, je n’ai plus jamais voulu m’arrêter !
Que peux-tu dire de ton spectacle ?
Le premier mot qui me vient, c’est hybride ! Je conserve certaines conventions, mais j’ai souhaité laisser libre cours à ma créativité et faire honneur aux personnages qui m’habitent depuis si longtemps. Ils ont gagné leur place : à force de m’accompagner depuis l’enfance, ils ont construit leur propre vie, leurs goûts, leurs émotions. Dans ce spectacle, on interroge le processus créatif : jusqu’où peut-on croire aux personnages ? On fait du vrai avec du faux : réalité et fiction se frôlent, se brouillent. Mais avant tout, je revendique un spectacle populaire, accessible, où l’on puisse rire ensemble de nos névroses et de nos travers. J’ose espérer que le public y retrouvera une tante, une amie… et se retrouvera lui-même en miroir. Dans ce spectacle, il est question d’identité : c’est quoi être soi-même ? Comment s’aimer et se libérer ? Pour enfin vivre sa vie…
Pourquoi ne faut-il pas le rater ?
Parce que les personnages sont attachants, et qu’ils ont insisté pour venir sur scène vous raconter ce qu’ils vivent ! Pour ne plus être une moule accrochée à son rocher toute sa vie, et se libérer. Pour découvrir un univers qu’on n’a encore jamais vu ailleurs. C’est un pari audacieux : raconter l’envers du décor du comédien, quand l’air du temps est au stand-up ! Mais si je veux être moi-même, je ne peux pas me mentir : c’est avec ces personnages que je me sens authentique.
Combien de dates depuis la création ?
Un très beau démarrage : plus de 1 000 spectateurs en seulement 5 dates, des salles complètes et de super retours.
Écris-tu tes spectacles ?
Oui. Le processus a été long. J’ai été accompagnée par Julien Bouhitem, ami improvisateur rencontré sur les bancs de la faculté d’Aix durant notre cursus théâtre. Il m’a accompagnée dans le processus et l’écriture. Le spectacle a été sélectionné par le Fonds Humour Découverte SACD 2025 !
Tes projets ?
Continuer à travailler ce premier spectacle et écrire le second. Je rêve également de cinéma, de doublage et de voix off. Je crée petit à petit une équipe qui m’accompagne. J’ai la chance d’être entourée d’ami·e·s formidables qui me soutiennent à la production et à la diffusion.
Quel regard portes-tu sur le monde et sur ton métier ?
Pour cela, n’hésitez pas à regarder mes vidéos sur les réseaux : j’imite généralement ce qui fait partie de mon milieu, ce que je connais le mieux. J’aime mon métier. J’aimerais mieux en vivre. C’est énormément d’investissement au départ : il faut avoir la foi et miser sur l’inconnu ! On crée sans savoir si la sauce va prendre. J’aime me dire que j’ose, que si je suis encore là, c’est qu’une part de moi y croit. Mes personnages y ont cru avant moi ! J’apprends à être positive, à porter un autre regard. Soyons honnêtes : le monde est difficile, cruel parfois. Mais je suis à bord du vaisseau, alors je dois continuer d’y croire et de ne jamais baisser les bras. Mon métier est en lien direct avec ma vision du monde : je crois qu’on devrait rire, beaucoup, pour que ça aille mieux — plutôt que de se prendre trop au sérieux ! Et surtout : s’aimer. L’amour toujours !
Pour toi, c’est quoi le bonheur ?
Grande question philosophique ! Je suis une grande consommatrice de podcasts philo et c’est probablement la question qui m’a obsédée pendant la création du spectacle. Je veux donner du bonheur aux gens… et je me mets tellement de pression que parfois je le laisse filer ! Après deux ans d’isolement (je suis partie vivre à la campagne, loin de mon entourage), je dirais que le bonheur est d’aimer ce que je fais chaque jour. C’est un luxe. Comprendre que le bonheur, c’est accepter toutes les parts de soi pour mieux aimer le reste du monde.Et comme j’aime l’imaginer : lorsque je serai une vieille dame dans mon fauteuil, quand l’horloge aura fini de tourner, il ne me restera que mes plus beaux souvenirs. Alors le bonheur, c’est se créer des souvenirs ! Le luxe que j’ai acquis — et que je ne soupçonnais pas — c’est de parvenir aujourd’hui à trouver du bonheur dans la solitude, ce qui rend les moments partagés encore plus précieux.
À découvrir absolument !
Propos recueillis par Serge Alexandre
Prochaines dates du spectacle :
31 janvier — Centre culturel de Charleval
28 février — La Croisée des Arts (Saint-Maximin-la-Sainte-Baume) — au profit du Téléthon
7 mars — Court passage au Festi’femmes d’Auriol
22 avril — La Basse-Cour, Grenoble
12 juin — Théâtre à l’Ouest, Lyon (La Belle Salle)
Juin — Paris, Théâtre BO (date à confirmer)
16 et 17 Septembre — Brive-la-Gaillarde



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