Sur les traces del Cid…….
EL CID ! Un création de l’agence de VOYAGES IMAGINAIRES – CIE PHILIPPE CAR
Du 8 au 16 FÉVRIER à 20h30 sauf mercredi 13 février à 19h00 (relâche dimanche 10 et lundi 11 février) au Théâtre du Gymnase, rue du théâtre Français, Marseille
d’après Pierre Corneille / mise en scène Philippe Car / assistante à la mise en scène Laurence Bournet / adaptation et écriture Philippe Car et Yves Fravega / avec Philippe Car, Valérie Bournet, Vincent Trouble, Marie Favereau, Nicolas Delorme
Spectacle tout public à partir de 10 ans/ Durée du spectacle : 1h20/Tarifs de 8 à 34 euros/ réservations 08 2013 2013
Départ de la Caravane du Cid (photo DVDM)
Un long périple
L’agence de Voyages imaginaires a fait le pari fou de créer un spectacle ‘sur la route’ en refaisant le chemin parcouru par le Cid. Ainsi donc, après la joyeuse fête du 9 juin 2012 devant le Gymnase où les acolytes de Philippe Car et lui-même disaient quelques passages del Cid en musique, la Caravane du Cid avec ses montures métalliques marquées à l’effigie de l’agence de voyages imaginaires s’est mise en route en direction de l’Espagne, rejoignant un premier lieu de résidence en Andalousie, à Los SANTOS, le 12 juin. Ce fut un mois de camping riche en rencontres (artistiques ou pas) mais épuisant et fort contraignant pour les artistes (ils ont du se munir de micro HF pour pouvoir s’entendre répéter). Loin du confort d’un théâtre, ils étaient installés sur une place, avec son bruit quotidien dès les premières lueurs du jour après de courtes nuits passées sous la tente, sans intimité; la population curieuse et intriguée par le campement et les répétitions dans la rue les interrompait pour leur poser des questions, voire intervenir dans leur travail (ils avaient leurs habitués qui venaient tous les jours les rencontrer). Et surtout, une découverte angoissante : l’absence de soutien à la culture par le gouvernement espagnol et pas de statut d’intermittents pour les artistes espagnols obligés de travailler pour gagner leur pain quotidien. De quoi relativiser la situation des artistes français, pas si mal lotis ! Puis, fin juin, direction le Maroc, deuxième étape, Agadir pour un mois avant de repartir en septembre pour Oujda et Tanger/Tétouan, dernières étapes de leur périple. Deux autres mois de résidences avec leur lot de bonheur et d’inconvénients (le réveil par l’appel à la prière le matin à 5 heures). Et une surprise de taille, un imprévu à gérer à la hâte: le départ d’Hadrien, le jeune musicien talentueux que le public avait découvert aux Bernardines quelques mois plutôt lors de la reprise d’Antigone. Une nouvelle aventure commençait alors dès leur retour à Marseille en Octobre avec la reprise du rôle d’Elvira par Marie. Tout ou presque à recommencer. Mais que cela ne tienne, nos amis n’en sont pas à leur première création et, en vieux routiers du théâtre, ils ont patiemment repris le chemin du Pôle Nord, leur lieu situé à l’Estaque, pour continuer leur belle aventure avec Marie. Un mois et demi de répétitions acharnées, puis après les fêtes, entre deux répétitions de la clameur qu’ils présentaient à la Mairie, les voilà à Ajaccio pour une résidence de création débouchant sur la présentation fort appréciée d’une première étape de travail Del Cid. Deux semaines avant la grande première au Gymnase! Toujours disponibles, ils ont partagé le récit de leur périple au Pavillon M le dimanche 27 janvier puis ont inauguré en musique – et tous heureux du résultat- l’exposition sur leur travail à la Maison de la Région le 31 janvier, avant de prendre possession du théâtre pour une semaine de répétitions finales, afin de peaufiner leur création.
Répétitions au Pôle Nord (photos M.Lecchese)
Au pôle nord !
Mi décembre, nous avons rendu visite à l’équipe dans leur lieu bien nommé le Pôle Nord, un espace de création situé à quelques encablures de la gare de l’Estaque pour assister à des répétitions Del Cid ! Le pôle Nord est une ancienne usine qui, au début, fabriquait des sous marins pour l’équipe de Cousteau apprenons-nous de la bouche de Valérie Bournet. Suivons le guide! Valérie nous présente avec une fierté non dissimulée les différents espaces aménagés par leur soin. A droite de la cour, l’atelier de fabrication des décors et des costumes, avec aux manettes une équipe de techniciens affairés à parfaire les véhicules del Cid ou à reprendre un élément de costume. Un petit couloir et nous voilà face à un choix cornélien : à gauche, un énorme garage qui mène dans les coulisses de la salle de répétition avec son large plateau et ses hauts plafonds, salle difficile à chauffer mais fort ‘convenient’ en terme d’utilisation d’espace; à droite, un couloir labyrinthique nous emmène vers la cuisine et les bureaux des attachés de presse, de communication et de diffusion situés en hauteur. Le tour du propriétaire effectué – précisons que la compagnie loue le lieu-, direction salle de répétition ! Nous découvrons les décors del Cid, le château du Roi (incarné par Vincent Trouble)– ici en carton, le vrai décor est en construction- ; une caravane dans laquelle se glissera Chimène (Valérie Bournet) ; une petite voiture de manège jaune ; des portes manteaux, une tente bleue, des silhouettes en bois pour les jeux d’ombres chinoises; des épées, des petits chapeaux rouges ou fez marocains (Marie Favereau- Elvira, Nicolas Delorme-Sancho et toute la troupe en portent) ainsi que d’autres accessoires servant à créer l’univers de cape et d’épée du récit du voyage du Cid. Un rond est inscrit à la craie à même le sol pour délimiter l’espace de jeu des comédiens, leurs véhicules tournant autour de ce cercle comme dans un manège lors des changements de scènes. Ce dispositif scénique ingénieux nécessite néanmoins de nombreux calages et marquages afin que les véhicules soient positionnés au mieux afin de ne pas entraver les déplacements des comédiens en jeu. L’ambiance est bon enfant mais studieuse et au hasard d’une discussion, nous apprenons que Valérie a découvert le Théâtre un peu par hasard, ‘en allant à un cours de théâtre comme’ elle ‘aurait pu aller à un cours de tennis’. Plaisanterie mise à part, elle vient d’une famille qui n’a pas la culture du théâtre. La choix d’une forme théâtrale mêlant jeu et musique, forme populaire au bon sens du mot, n’est donc pas un hasard. Ni son choix d’être dans une troupe. La troupe qu’elle forme entourée de sa soeur, Laurence, et de Philippe avec Vincent Trouble et les autres est techniquement une Vraie compagnie, comme il en existe si peu aujourd’hui, avec un sens du partage, de la convivialité, de l’échange que nous aimerions retrouver plus souvent au sein des autres troupes. Certes, elle ne joue que sous la direction d’un même metteur en scène depuis 20 ans mais elle a pu explorer des rôles qu’elle n’aurait peut être jamais pu jouer en étant comédienne solo. Tel est le cas de Chimène ou d’Antigone. La joyeuse troupe fraîchement rejointe par Marie continue alors à répéter sous nos yeux, s’interrompant le temps de régler un détail ou une position. Pas de relâche donc, juste une courte pause d’une heure le midi et d’une dizaine de minutes en fin d’après midi.
Répétitions au Gymnase (photos DVDM)
Dernières finitions avant le grand jour !
Sous leur apparence de joyeux lurons, les artistes de l’agence de voyages imaginaires travaillent durs. C’est ce que nous avons pu constater lorsque nous sommes venus une seconde fois voir leurs répétitions au Gymnase, à trois jours de la première. Laurence, assistante de Philippe, réglait les détails de diffusions et les réservations de la grande famille de fans et d’amis qu’ils drainent depuis 20 ans. Un public qui les suit à chacune de leur venue à Marseille ! Philippe était remplacé par Pierrick, sa doublure, afin d’avoir l’esprit tout entier aux mises au point techniques du jeu des comédiens in situ, avec la lumière, notamment. Et ce ne fut pas de tout repos car deux projecteurs sont disposés chacun sur les côtés de la scène pour éclairer l’avant scène et chacun des comédiens placé d’un côté ou de l’autre de la scène doit faire attention à ne pas franchir ce faisceau lumineux au risque de masquer la lumière et plonger son partenaire dans le noir. A cette difficulté, liée au choix d’éclairage, s’ajoute celle du calage des véhicules constituant le manège. Mission délicate aggravée par la petitesse du plateau du Gymnase. Il faut donc prendre de nouvelles marques et retravailler certaines scènes avec précision, quitte à les répéter 6 fois ou plus. Autre difficulté, liée au choix de mise en scène cette fois, celle de ne pas cacher l’arrière plan puisqu’en fond de scène, sous des lumières rouges et bleues, se jouent des moments clés du récit du Cid en même temps que le devant de la scène (le premier plan) est occupé par les comédiens. Ces derniers ne sortent par ailleurs jamais du plateau. Ceci dit, le moral est bon et les artistes seront prêts pour la première. Gageons qu’une fois encore le public sera conquis par leur travail ! Car leur crédo durant cette création, une tragédie à fin heureuse relatant les amours contrariés de Chimène et Rodrigue, a été et bien été « À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. » ! Cerise sur le gâteau, le texte est dit en Alexandrins! A vos agendas donc! DVDM
En parallèle del Cid : découvrez les Tables Nomades samedi 9 et 16 février à 22h30 – mercredi 13 février à 21h30. Rendez-vous à Maison de la Région après le spectacle pour partager avec l’équipe artistique une cuisine itinérante et festive. Tarifs 11 euros et 8 euros [entrée/plat/dessert] sur réservation (nombre de places limités) au 08 2013 2013 ou dans les théâtres
Zoom sur l’exposition retraçant le périple de la caravane du Cid !
Du 1er Février au 9 mars 2013, du lundi au vendredi de 9h à 19h et le samedi de 11h à 19h
Maison de la Région, 61, la Canebière – 13001 Marseille. Entrée libre.
L’exposition de la caravane du CID (photos DVDM)
Sous l’oeil expert d’un scénographe, Lucas, les croquis, photos et vidéos, produits tout au long du périple par Victor Coste, étudiant en dernière année des Beaux-arts, et Elian Bachini, la photographe attitrée de la compagnie, ont donné lieu à une exposition fort bien mise en scène à la Maison de la région à Marseille, un espace souvent jugé trop institutionnel, ré-agencé ici avec intelligence et savoir faire. Cette exposition que nous vous recommandons fortement retrace l’histoire de la création et permet au curieux de découvrir le travail artistique poursuivi tout au long du périple, une véritable immersion dans le processus même de la fabrication du spectacle El Cid, présenté sur de larges panneaux fourmillant de notes, de photos et de dessins et offrant une lecture agréable du voyage. DVDM
LA TOURNÉE D’EL CID !
Le Cratère/Scène nationale d’Alès du 20 au 23 février 2013
Théâtre des Sablons – Ville de Neuilly les 27 et 28 mars 2013
Théâtre de Grasse du 2 au 6 avril 2013
Théâtre de Fos sur Mer/Scènes et Cinés Ouest Provence les 29 et 30 avril 2013
Bonlieu/Scène Nationale Annecy les 21, 22, et 23 mai 2013
A noter que cet été , une nouvelle version d’Antigone, entièrement réécrite, sera jouée à l’occasion du festival OFF d’Avignon!

Comments
Comments are closed.