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Made in Asia Toulouse, une 5ème Edition tournée vers Taiwan

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Du 25 janvier au 10 février 2012 en divers lieux de la ville

Créé en 2008, à Toulouse, par Didier Kimmoun, porté par l’association Tchin-tchine, le festival annuel Made in Asia répond au besoin de faire découvrir les cultures asiatiques en France. L’édition 2012 se propose de mettre en lumière la création contemporaine taïwanaise au travers de ses plus dignes représentants que sont par exemple, Hsu Yen Ling et Wang XinXin. Cette édition haute en couleurs et riche en émotions accueillera des spectacles de danse, du théâtre contemporain et des marionnettes mais aussi des concerts, des expositions et des projections cinématographiques. A vos agendas !

A l’origine du projet, une passion pour l’Asie d’Aujourd’hui

Le fondateur du festival a passé une grande partie de son enfance en Chine, son père étant enseignant à Pékin au moment de la révolution culturelle. Attiré depuis toujours par les cultures asiatiques, il s’est rendu compte, au cours de ses nombreux voyages, que les peuples d’Asie connaissent mieux les cultures occidentales que les occidentaux les cultures asiatiques. ‘Il y a un décalage entre la connaissance en Asie de l’Occident et la connaissance en Occident de l’Asie ; ce décalage est d’autant plus grand dans le domaine culturel : nous connaissons plutôt l’Asie sous l’angle politique et économique. Or, en Asie, la culture occidentale fait partie des programmes scolaires, ce qui n’est pas le cas chez nous.’ Ce constat l’a amené en 1998 à concevoir le projet d’un festival dédié à l’Asie. ‘Je ne voulais pas d’un festival pour les hippies du Yunnan et ni faire dans l’exotisme. Ce n’est pas un festival de voyage mais une découverte de la vie culturelle asiatique contemporaine. Je voulais montrer qu’il existe en Asie tout un pan de création contemporaine méconnue ici. ‘

Faire mieux comprendre la réalité de l’Asie contemporaine, ses évolutions, ses contradictions, et tisser des passerelles entre Orient et Occident.

En 2000, il a rencontré l’association Tchin-Tchine qui organisait des événements culturels afin de promouvoir les cultures d’Asie. ‘Je leur ai proposé de développer une semaine d’activités culturelles autour de la Chine puis de l’ouvrir aux autres pays d’Asie comme le Vietnam et la Corée. Je souhaitais proposer différents types de spectacles, notamment l’art vivant contemporain peu connu ici. Il me fallait convaincre les programmateurs français qui avaient peur de la réaction du public et avaient du mal à concevoir l’existence d’une création contemporaine en Asie’. En effet, à cette époque, seule la Corée était connue pour ses spectacles de danse contemporaine. ‘Il m’a fallu trouver des partenaires financiers publics, ce qui fut assez difficile. Les politiques avaient du mal à concevoir l’intérêt de porter un regard sur la culture contemporaine en Asie alors que c’est un créneau à développer. Je bataille pour avoir 10 000 euro des collectivités locales mais j’ai eu une subvention inespérée de la ville d’un montant de 20 000 euro’. Afin de compléter le budget, il fait appel à des entreprises privées en leur proposant des projets audacieux comme l’installation de sculptures chez un concessionnaire Hyundai, à Labège, avec une sculpteuse coréenne – exposition du 25 janvier au 18 février, vernissage le 31 janvier. Installée en France dans les années 80, ‘Yoon-Hee utilise des métaux, qui sont parmi les corps les plus denses de l’univers : aciers, aluminium, bronze, cuivre, laiton, nickel, plomb, titane, zirconium… Directement prélevées dans la chaîne industrielle ou réalisées par des gestes simples et directs (par exemple répandre le métal en fusion), ses sculptures s’imposent par leur masse pleine ou, au contraire, prennent la forme de réceptacles ouverts. Yoon-Hee laisse les choses venir à elle et s’accomplir selon leur logique propre‘ précise Didier.

Un festival en expansion, tourné vers le partage et l’échange artistique

Que nous ne nous méprenions pas, Made in Asia n’est pas un festival comme un autre. Didier Kimmoun se refuse à ne faire que de l’accueil de spectacles ou du ‘one shot’. A cet effet, il développe de nombreuses résidences artistiques et favorise les échanges entre artistes asiatiques et français, souhaitant créer des passerelles de création. Pour cette édition, il accueille ainsi une semaine durant la merveilleuse Wang XinXin, spécialiste reconnue en Nanguan, art musical traditionnel chinois originaire du Fujian, mêlant jeu et chant, pour une résidence de création en collaboration avec un orchestre de musique baroque de la région toulousaine. De même, le festival s’invite tout au long de l’année dans les lieux culturels de la ville en proposant des spectacles et/ou résidences d’artistes comme cela a été le cas en novembre lorsqu’il a fait venir une expérimentation japonaise avec le premier robot acteur. Oriza Hirata avait présenté ‘Sayonara’ joué par Geminoid F, dans le cadre de la Novela (festival des savoirs partagés). D’autres artistes seront accueillis en mars au théâtre Garonne, notamment la chorégraphe vietnamienne Ea Sola avec une recréation de ‘Sécheresse et pluie’, et en avril à la Salle Nougaro, Youn Sun Nah, une merveilleuse vocaliste de jazz. Les prochains pays à l’honneur seront le Japon – une nécessité aux vues de l’actualité de Fukushima- et Singapour. ‘A moyen terme, d’ici trois ou quatre ans, mon objectif est de créer une dynamique de tournée’. Pour 2014/2015, il compte bien inviter à l’Opéra de Toulouse un opéra chinois contemporain.
Les premières éditions étaient plutôt thématiques abordant des sujets comme la place des femmes ou l’urbanisme puis l’idée de mettre un pays en avant est venue d’elle-même. Cette année, l’invité d’honneur est Taiwan. Pourquoi Taiwan ? Parce que ‘cette année est celle du centenaire de la République de Chine et les artistes taïwanais, gardiens de la culture chinoise ancestrale et avides des modes de vie occidentaux, excellent à croiser l’Est et l’Ouest, la tradition et de la modernité’, nous confie-t-il.

Au menu de cette édition: théâtre, musique, danse avec la crème des artistes taïwanais

Pour en revenir à cette édition au programme fort alléchant, le public français pourra admirer la performance extraordinaire de Hsu Yen Ling, une des meilleures actrices de théâtre taïwanaise, dans ‘Remix – Hsu Yen-Ling x Sylvia Plath, le Monodrame de HSU Yen-Ling’, écrit par CHOU Man-Nung et mis en scène par BABOO. Cette pièce relate les derniers moments de vie de la poétesse américaine, Sylvia Plath, et s’inspire de son poème ‘41 de Fièvre’. Cette réécriture poétique offre un rôle taillé à la mesure du talent de la jeune comédienne, ici, dans une de ses meilleures interprétations. Cette création, portée par la compagnie avant-gardiste les Shakespeare’s Wild Sisters Group, sera présentée les 25 et 26 janvier au théâtre Garonne. S’en suit un spectacle jeune public : ‘La naissance’, création de la compagnie L’Est et l’Ouest et du Flying group, le 4 février, à la médiathèque José Cabanis. Ce spectacle, salué par la critique française et taïwanaise, mêle marionnette, théâtre d’ombre et jeu : premier volet d’une trilogie, il emmène les enfants et leurs parents dans le rêve d’une petite fille qui, toujours dans le ventre de sa maman, s’ouvre au monde. Ce voyage onirique et poétique, tout en beauté, est interprété par la talentueuse Chou Jung Shih, accompagnée en live par Wang Yu Jun, une jeune musicienne à découvrir. Coté danse, le festival accueille Shang Chi Sun, jeune chorégraphe et danseur d’exception à l’esthétique pure avec ’Traverse’ le 27 janvier à l’espace Bonnefoy, et la fabuleuse Wen Chi Su avec ‘Loop me’, un spectacle de danse multimédia signé par la compagnie Yilab, ayant remporté un vif succès à Taiwan. La musique n’est pas en reste avec l’accueil de deux formations de haut vol : les Ten Drums Art Percussion Group, une troupe originaire du sud de Taiwan, basée à Tainan, composée de 10 percussionnistes étonnants, présentant un programme intitulé fort justement ‘le charme de Taiwan’ en hommage aux traditions spirituelles taïwanaises, le 3 février à la salle Nougaro, un des événements incontournables de ce festival. La seconde formation, le XinXin Nanguan Ensemble, dirigée par la majestueuse Wang XinXin, présentera ‘les Passions’, dialogue musical entre le Nanguan, instrument traditionnel chinois, la cithare Guzheng, et un orchestre de musiques baroques, Les Passions-Orchestre Baroque de Montauban, sous la direction de Jean-Marc Andrieu. Ce concert original où les musiques chinoises et baroques sont revisitées permettra au public de découvrir toute la virtuosité vocale et instrumentale de Wang XinXin et de Jiang Nan le 8 février au théâtre du Capitole.

Focus sur la jeune création taiwanaise dans les domaines du cinéma et des arts plastiques

Outre une programmation cinématographique dédiée aux jeunes réalisateurs taïwanais, de nombreuses expositions viennent compléter le tableau. Ce parcours d’Art contemporain taïwanais a été réalisé en collaboration avec le Centre culturel de Taiwan à Paris, sous les conseils avisés de son directeur, M. Chen, spécialiste en Arts plastiques, ancien professeur et lui-même artiste. Les festivaliers sont invités en divers lieux d’art de Toulouse et de l’agglomération toulousaine à la découverte de l’art contemporain taïwanais au travers de la jeune génération d’artistes nés vers la fin des années 70/début des années 80. C’est l’occasion de rencontrer Yong-Ning TZENG, plasticien utilisant le stylo à bille et travaillant sur l’automatisme répétitif et inconscient du geste qui engendre le processus créatif. Deux expositions lui sont consacrées du 25 janvier au 11 février, à l’Espace Bonnefoy -vernissage 27 janvier- et du 31 janvier au 5 février, à Lieu Commun -vernissage 2 février. La galerie Lemniscate accueillera du 26 janvier au 26 février – vernissage 26 janvier- MIA LIU WEN HSUAN avec ses sculptures en papier. Char Wei Tsai, quant à elle, présentera son travail sur les matières vivantes et périssables, explorant métaphoriquement le processus de transformation. Chi-Tsung Wu qui expérimente des procédés simples de fabrication d’images explore l’alchimie du processus photographique. Son travail renvoi à la peinture traditionnelle chinoise tout en mobilisant des technologies résolument contemporaines tant numériques qu’analogiques. Il sera en résidence du 15 janvier au 1er février et présentera son travail du 2 au 25 février à la Maison Salvan à Labège -vernissage le 2 février à 19h. Le jeune vidéaste Cheng Ta Yu s’intéresse au corps humain, plus particulièrement à ses déformations. Ses œuvres seront visibles du 2 au 25 février au Pavillon Blanc à Colomiers – vernissage le 2 février à 19h. Cette palette d’artistes dévoile la diversité créative des plasticiens taïwanais en résonance avec des problématiques actuelles.

La surprise du chef : Mister Candle

Le curieux pourra alors se balader au cœur du village asiatique, place du capitole, avec ses tentes, son marché, Ses démonstrations de danse, d’arts martiaux, Ses ateliers de cuisine et cours de découverte des gastronomies asiatiques…. et assister à la parade du nouvel an avec la danse du dragon, accompagnée de tambours et d’un lâcher de lanternes les 28 et 29 janvier. Ce sera l’occasion de découvrir un jeune artiste taïwanais au nom des plus énigmatiques, Mister Candle, de son vrai nom Huang Ming-Cheng, en résidence au village. Car, Mister Candle, c’est la grande découverte de Didier Kimmoun lors de son récent voyage à Taiwan. Ce jeune acrobate taïwanais au projet délirant travaillera avec des artistes circassiens des écoles de cirque de Toulouse et de Barcelone. Son projet artistique consiste à se faire prendre en photo sur les mains – dans la position de la chandelle- en divers lieux de l’ile dont il a parcouru déjà plus de 20 000km, que ce soit au milieu d’un marché ou sur un vélomoteur, portant ainsi un regard particulier sur la fragilité du monde qu’il regarde à l’envers. Il a pour objectif de faire ainsi le tour du monde pendant 15 ans. Une galerie de ses photos suspendues sera présentée pendant le festival. L’intérêt de Didier Kimmoun pour son geste artistique réside dans l’authenticité de sa démarche artistique. Cette dernière est en conformité avec la vie même de l’artiste et en adéquation avec sa vision du monde porteuse d’espoir. D’où cette invitation de dernière minute…

D’autres surprises – notamment coréennes et chinoises – attendent les festivaliers, alors rendez vous sur le site de made in Asia http://www.festivalmadeinasia.com/ pour en connaitre le détail ! Le tout à des tarifs honnêtes, le prix des places variant de 10 à 20 euro, ce qui somme toute est fort accessible…

Diane VANDERMOLINA

Rmt News Int • 22 janvier 2012


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