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La Criée, une affaire d’amiante symptomatique d’un malaise politique national
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En cette veille de Noël, le personnel permanent de la Criée s’interroge sur l’avenir même du théâtre. En effet, suite à la dépêche diffusée par l’AFP le 16 décembre dans laquelle Monsieur Hermann, cité par Anne Béade, aurait exprimé de vives inquiétudes quant à la non-réouverture de la grande salle avant la saison prochaine du fait des travaux de désamiantage de la dite salle, nous avons été convoqués à un point presse par les délégués du personnel dont Jean Claude Leita est le porte parole. Ni ces derniers ni la direction même du théâtre –partie en tournée avec « la Nuit des Rois », création du directeur Jean Louis Benoit, n’étaient au courant de ces déclarations : quel fut leur choc à la lecture du communiqué de l’AFP !!!
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En effet, si la grande salle ne ré-ouvre pas, ce qui est fort possible (après désamiantage complet, expertises et analyse des rapports d’experts, il faudra encore attendre au moins un mois l’accord de la CRAM), voire très envisageable au grand désarroi des salariés (si réouverture il y a, ce ne sera pas avant avril 2010), il en va de la santé financière du théâtre : le coût lié aux travaux de désamiantage causant la fermeture de la grande salle sur plusieurs mois s’élève à près de 400 000€ dont 140 000€ de pertes liées à la réduction de la jauge, 170 000€ de dédits versés suite à l’annulation des spectacles et 130 000€ de désamiantage. En cette période où les subventions de l’Etat accordés au théâtre se réduisent, ces surcoûts mettent le théâtre dans le rouge. Qui plus est, la fermeture de la grande salle et l’annulation de nombreux spectacles, ce sont des emplois d’intermittents en moins : la Criée qui embauche une trentaine de permanents recourait à l’embauche d’une centaine d’intermittents (artistes et techniciens inclus) lors de l’accueil de grosses productions dans la grande salle. Or, dans le cas de figure où la grande salle reste fermée, il en va de ces emplois et des intermittents dont le statut est déjà bien grignoté par des lois restreignant l’accès à l’intermittence à de nombreux artistes.
Fort heureusement, la petite salle a ré-ouvert, ce qui permet aux salariés de la Criée de travailler mais dans quelles conditions et à quel prix ? Telle est la question. De nombreux dysfonctionnements liés aux travaux de mise aux normes du théâtre et à la rénovation de la façade -qui avait causé sa fermeture la saison passée- se révèlent fort ennuyeux : pour exemple, le monte charge ne fonctionne pas (la Criée ne peut plus accueillir de personnes en situation de handicap et certains décors ne peuvent être montés dans la petite salle), le système de chauffage du théâtre est tombé en rade la veille de la conférence de presse, les verrous des portes d’entrée du théâtre ont été changés à maintes reprise (le public n’arrive pas à ouvrir les dites portes), des éclairages sont absents (les travaux ayant été interrompus par le désamiantage)… et j’en passe. A cela, se rajoute la question du désamiantage de la grande salle : ce dernier a été effectué ces derniers mois mais le rapport de l’APAVE missionnée par la Criée révèle qu’il reste des traces d’amiante friable sur certaines surfaces fortement sollicitées lors du travail des techniciens. C’est le cas des mailles du caillebotis du grill par lesquels passent les cordes et câbles ainsi que des murs proches des charriots de lestage et des poteaux de fond de scène soumis au choc de matériels lors de leur manipulation par les techniciens. Un de ces derniers, Didier Bourgeat, présent à la conférence de presse, atteint d’une affection liée à l’amiante et ayant porté plainte contre X, nous a longuement expliqué les risques encourus par les techniciens dans la grande salle. Cette dernière est, à ce jour, inexploitable. « A moins de laisser le rideau de fer fermé et ne conserver que l’avant scène pour des débats ou autres réunions d’entreprises », ironisent certains membres du personnel.
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Il est tout de même étonnant que l’entreprise chargée du désamiantage n’ait pas consulté les techniciens et ait laissé de nombreuses parties à risque. Comme nous l’explique Jean Claude, il était interdit aux techniciens du théâtre de discuter avec les salariés de la dite entreprise. Or, il eut été bien plus logique que tous travaillent en concertation afin d’éviter de devoir – comme cela va être le cas- reprendre les travaux de désamiantage de la grande salle. Ces derniers nécessitent des travaux de confinements longs et couteux afin que la salle soit sécurisée au maximum pour permettre le désamiantage. Un coût supplémentaire inutile ! Ces travaux requerront soit la dépose du grill, son nettoyage et sa repose ; soit son changement. Quelle que soit la solution choisie, ce surcoût se rajoute à celui des dédits et autres dépenses inhérentes à la fermeture de la grande salle du théâtre. Et cela est bien ennuyeux tant pour les salariés que le public.
Le public, pris en otage par un problème qui le dépasse, et des salariés, désorientés. Ces derniers, chargés des relations publiques, se trouvent dans une situation délicate, n’ayant aucune information quant à la poursuite du désamiantage : les annulations et changements de programme se font au jour le jour, ce qui ne facilite pas leur travail et créé une brèche dans la crédibilité du théâtre. Déjà que le théâtre avait vu fondre son taux d’abonnement et résistait grâce aux comités d’entreprise, il est certain que la saison prochaine, les relations publiques auront un double travail à fournir s’ils veulent faire se réabonner les CE mécontents. On ne peut blâmer ces derniers qui ont des comptes à rendre à leurs clients et ne connaissent pas le fond du problème. En effet, pour un néophyte, il est difficile de savoir qu’il s’agit d’un problème de communication entre la Mairie et ses services, les entreprises en charge des travaux et la direction du théâtre informée au compte-goutte. Ce que demandent les salariés, comme l’explique Béatrice Duprat, chargée des relations publiques, « c’est de pouvoir travailler dans des conditions de sécurité normale, dans un lieu accessible à tous où chacun peut travailler sans inquiétude quant à sa santé : on aimerait utiliser notre énergie pour faire nos métiers de théâtre et être tenus informés des choses». Ils ne demandent pas la lune, juste quelques éclaircissements et des actes…Ils vont par ailleurs tenter de rencontrer les élus de la ville et de MPM, voir solliciter le ministère de la culture dès la rentrée 2010.
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Hélas, il semblerait que ce ne soit pas la préoccupation première de la Mairie centrale. Le Maire de Marseille et Robert Martin, chargé du service des bâtiments communaux à la Mairie, restent silencieux en dépit des courriers adressés par l’administrateur du théâtre, Alexandre Madelin. De plus, l’entreprise missionnée par la ville a, semble-t-il, fait les travaux en dépit du bon sens (comme c’est souvent le cas à Marseille) : aucune cartographie précise de la grande salle n’a été faite nous apprend un des techniciens du Théâtre. La Criée, par l’intermédiaire de son administrateur, va néanmoins faire appel à un second expert, indépendant celui-ci, pour compléter le rapport de l’APAVE. Mais elle reste toujours en attente des analyses de l’expert mandaté par la Ville qui, à ce jour, n’a transmis aucun document à la Criée alors que le rapport a été envoyé au bureau en charge du dossier début décembre. « C’est à se demander si la ville de Marseille tient à conserver son théâtre national ou s’il s’agit là d’une manœuvre politique pour dégoupiller le directeur de son poste. » Voilà les questions qui minent certains des salariés du théâtre. Qu’il s’agisse d’un problème politique, oui, mais de là à ce qu’il s’agisse d’une manœuvre destinée à faire partir l’actuel directeur, je n’ose pas y penser. Car avec Marseille Provence 2013, la ville de Marseille a fort à faire : elle investit dans de nombreux projets couteux et prioritaires. De plus, en quelques années, à force de ne pas avoir entretenus les bâtiments dont elle est propriétaire, la ville doit faire face à de nombreux travaux imprévus : l’Odéon, l’Opéra qui tombe en ruine, et maintenant la Criée et l’amiante… Or, de l’amiante, il y en a partout : le Merlan a été désamianté pendant les travaux qui l’ont fait vagabondé deux saisons, les écoles et autres bâtiments municipaux sont couverts de flocage à base d’amiante, on en trouve même dans nos maisons.
Alors ? Vous me direz que tant qu’on ne touche pas à ces pans de murs et que l’amiante ne s’effrite, tout va bien mais le risque est grand pour de nombreux bâtiments et structures culturelles appartenant à la ville, construits dans les années 80 : il est fort probable qu’un jour ou l’autre, ils subissent le même sort que la Criée… Et ceci est valable dans tout la France.
Il nous apparait que le cas de la Criée est révélateur d’un grand malaise dans le domaine de la construction où des matériaux dangereux sont utilisés (la laine de verre non exempte de danger remplace l’amiante dans certaines parties de la Criée). Pour exemple, dans les années à venir, certains parlent de centaine de milliers de morts liées à l’amiante ! C’est énorme… et fortement inquiétant !!! Que faire contre ce fléau ? La question reste en suspend tant que le gouvernement ne se décide pas à se charger du dossier Amiante qui nous concerne tous. En cela, la mauvaise gestion du désamiantage dans le cas de la Criée devrait servir d’exemple afin d’éviter et des dépenses inutiles et des mélimélos politiques : il s’agit d’un problème de santé publique tout de même ! Un problème à prendre à bras le corps au-delà de nos mésententes politiques ou de nos petites querelles de poissonniers. DVDM
La Minoterie : entre enthousiasme créatif et inquiétudes profondes…. Ou vice versa !
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Le théâtre n’est toujours pas complètement fixé sur son avenir : en effet, il semblerait que le lieu choisi par Euromed soit la place Méditerranée, ce qui en soi est une bonne nouvelle… Néanmoins, les directeurs du théâtre et le président d’Euromed s’achoppent sur un point crucial : celui de la taille de la future Minoterie… Déjà, l’espace dédié au lieu sera plus petit que l’actuel… Sacrifice auquel se sont pliés Pierrette et Haïm… Soit ! A cela, s’ajoute une seconde condition, pernicieuse celle-là, concernant la structure même du bâtiment et l’emplacement des bureaux, du hall et des salles… En d’autres termes, comme le dit si bien René, le président de la Minoterie, « on veut bien nous mettre là, mais il ne faut surtout pas que nous dérangions le quartier »… Mais un théâtre n’est pas une boutique, ni même un bureau, ouverts uniquement en journée… Un théâtre qui se respecte vit jour et nuit… Nous voilà encore face à une hérésie et à une incompréhension manifeste de la part d’Euromed des besoins d’un lieu culturel… La culture et l’entreprise ne font ici pas si bon ménage, hélas !
Ceci expliqué, la Minoterie entame son deuxième trimestre sur les chapeaux de roues avec un spectacle inspiré de Shakespeare où le metteur en scène, Massimo Schuster, recentre le sujet sur deux personnages de la pièce, précisant notamment le rapport qui les unit, une relation questionnant le rapport à l’autre, à la différence et le racisme, un thème toujours d’actualité, relancé par le débat sur l’identité nationale lancé par le gouvernement. Il s’agit d’une création où deux acteurs incarneront les deux personnages éponymes, accompagnés de marionnettes kébé kébé, aux longues robes. OTHELLO & IAGO, par le Théâtre de L’Arc-en-Terre, se joué du 7 au 10 janvier 2010 soit juste après la rentrée scolaire…Suivra du 19 au 23 janvier, MYTHOMANE, une création de la Cie Pile Poil, interprété par l’incontournable Christian Mazzuchini : ce dernier mixte de nombreux textes de Serge Valetti et d’un camp d’artistes réfugiés, « lance un appel à la résistance à la machine sociétale qui broie l’humain » : « cet appel des appels vise à rassembler tous ceux qui travaillent avec l’humain », et dieu sait qu’ils sont nombreux en dehors des artistes… « Son métier est d’être un réparateur de cerveaux lents »… Vous l’aurez compris, si vous aimez le verbe de Valetti et l’humour de Christian, précipitez vous à la Minoterie…
En FEVRIER, la Danse s’invite, questionnant l’âge et la maturité, d’après le témoignage et la rencontre des deux danseuses avec des artistes de générations différentes avec lesquelles un dialogue autour du partage s’est installé… Ce sera du 04 au 06 février, le spectacle s’appelle SUR PAROLES et est créé, en partenariat avec de nombreuses structures marseillaises dont Dansem et le théâtre des Bernardines, par les Cies Geneviève Sorin et Astragale. Après la danse, du Cinéma muet revu et corrigé à la sauce Cartouns… Après Faust et Lulu, la compagnie s’attaque à un film de propagande russe pas comme les autres, monté au jour le jour, et dont la question est comment rendre les gens heureux, qu’est ce qui rendrait heureux un paysan russe ? Ce sera présenté en musique et voix du 24 au 27 : LE BONHEUR par les Cartoun Sardines Théâtre, un moment de joie à partager en famille, à noter qu’une soirée repas musical est organisée le 26 février ! A vos couverts…
Le mois des fous nous plongera dans l’univers de la compagnie Lalage : du 15 au 20 mars, venez découvrir le ROI NU et du 25 au 27 VOIX DANS LE NOIR, un spectacle de marionnettes programmé par la Minoterie sur les conseils de la compagnie Lalage… Son Roi Nu est le résultat d’un travail en divers pays avec des enfants autour du thème du « petit roi à l’intérieur de chaque enfant » selon la directrice artistique de la compagnie, Elisabetta. Cette création, qui a mis deux ans à voir le jour –un exploit dirons nous, tant il est rare de prendre autant de temps pour mûrir un travail artistique-, s’articule autour de la notion de Roi, que nous, français, réduisons souvent à celle de la Royauté… négligeant d’autres aspects de ce concept. Le second spectacle présente des marionnettes : la compagnie Extra Muros et Eric Deniaud ont travaillé sur un texte de Mattéi Visniec, auteur contemporain aux textes cruels d’une lucidité effrayante mais dont la saveur est unique. Entre grotesque et vie quotidienne, tout un programme ! Par ailleurs, un travail sur le long terme est envisagé par la Minoterie en vue de l’échéance 2013 avec l’auteur roumain.
Une programmation alléchante et riche qui s’accompagne de trois expositions et d’ateliers divers… Nous ne citerons qu’une exposition dont le procédé est en lui-même fort passionnant : « Entre ici et demain » par l’association OSCURA, dont la particularité est de prendre des photographies en usant de la technique du sténopé (une boite, un trou et du papier photo). Son but est de transmettre un savoir faire et partager un art bien singulier. A découvrir ! Pour plus d’infos sur la programmation et les horaires : www.minoterie.org [8]ou 04 91 90 07 94 ! Diane VANDERMOLINA
Nous assistons à une phénomène guère nouveau, mais qui se radicalise depuis l’arrivée de Sarkozy à la présidence, celui de la privatisation de la culture. Ce phénomène était l’apanage des chaines de télévision privée, le fait de certains radios privées, le royaume du cinéma grand public et de la musique, c’est-à-dire, le monde étriqué du show biz. Il investit aujourd’hui, au grand damm des saltimbanques, le milieu du théâtre public.
Nous ne parlerons pas du théâtre privé présentant essentiellement des comédies, souvent dédié à l’humour et aux ones (wo)men show, délaissé par le gouvernement dans la mesure où rares sont les subventions votées pour ce genre théâtral, plus connu sous le nom de café théâtre. Nous ne citerons pas les initiatives théâtrales de certains lieux dont les propositions jugées par trop classiques ou populaires par les DRAC ne bénéficient que d’un soutien financier clairsemé. Ni de toutes ces salles nombreuses ne répondant pas aux critères flous et obscurs d’attribution des subventions publiques…
Ici, l’objet de notre billet est le théâtre public: alors qu’est ce qu’un théâtre d’intérêt public? C’est un lieu financé au moins à 50% par l’Etat c’est-à-dire le ministère de la culture via les DRAC. Sont concernés les Théâtres Nationaux, les Centres d’Art Dramatique Nationaux (dits CDN) et les scènes nationales. Les théâtres, créés à l’initiative d’un seul homme, voire dirigés par une même personne depuis une quinzaine d’années, ne sont pas des théâtres dit public : et pour cause, leurs crédits sont essentiellement apportés par les municipalités (plus de 50% des subventions totales), les conseils généraux et régionaux; viennent en dernier lieu les DRAC s’ils font l’objet d’une convention avec le ministère. Ces théâtres ont néanmoins un cahier des charges donné par la Mairie à respecter en terme de politique culturelle à visée sociale. Ils se doivent d’accueillir des artistes locaux et d’avoir une ouverture sur les publics défavorisés. Ces cahiers des charges plus ou moins respectés sont conseillés et ne font pas forcément l’objet de conventions.
Pour un théâtre public, il n’en va pas de même : le directeur est nommé, suite à un appel à candidature public, à la remise d’un projet et à une audition, par les membres d’une comission placée sous la houlette du ministre de la culture dont la voix est prépondérante. Il est nommé, selon les types de scènes, pour trois années, mandat renouvelable trois à cinq fois. Les conditions d’admission des candidats sont drastiques: le directeur doit être également metteur en scène et avoir travaillé dans le théâtre dit public. De plus, il a pour mission de montrer le fleuron de l’activité théâtrale nationale tout en offrant la possibilité d’offrir aux artistes locaux de présenter leur travail.
Ceci défriché, examinons le cas du CDN de Montpellier qui s’insurge à juste titre contre la nomination à sa tête d’un homme, Jean Marie Besset, qui sans être metteur en scène est inconnu du théâtre public, ayant fait carrière en tant qu’auteur dramatique dans le théâtre privé. Qui plus est, il s’entoure d’un metteur en scène faisant l’objet d’immenses polémiques: ce dernier, Gilbert Desvaux, travaille dans une entreprise privée d’événementielle qu’il a créé et a participé à un événement fêtant les 40 ans au pouvoir d’un dictateur, Khadafi. Cette nomination, dont les conditions ont été plus que douteuses selon les candidats malheureux contestataires – le ministre aurait imposé son choix-, provoque un tollé général dans le milieu du théâtre public.
En effet, quand le Ministre choisit de nommer à la tête d’un théâtre public un homme venant du théâtre privé, non seulement il bafoue les règles même de nomination d’un directeur de théâtre public -et ce malgré qu’elles soient discutables-, en imposant un fait du prince, mais -par cet acte là – remet en cause et renie la raison d’être du théâtre dit public c’est-à-dire d’un théâtre aux tarifs réglementés et à la programmation se voulant aussi qualitative que diversifiée, destinée à un large public dans un but à la fois artistique et pédagogique selon un principe cher à notre pays: liberté (par rapport au pouvoir politique), égalité (d’accès pour les publics), fraternité (dans les échanges artistiques). Cet emblème de notre démocratie et cette dernière sont par ce simple fait bafoués. Et ce sans prendre en compte la polémique concernant l’artiste associé au directeur nommé.
De là à privatiser le théâtre public en lui supprimant ses subventions, il n’y a qu’un pas à faire… Surtout en cette période de crise où la restriction des budgets est de mise. Sans envisager un avenir si sombre – la suppression totale des subventions n’est pas pour demain – il se révèle évident que le ministère de la culture s’engage sur une pente bien glissante : celle d’une culture d’Etat où l’Art théâtral passera des mains des artistes s’efforçant de proposer des oeuvres de qualité questionnant le monde – même si le choix des spectacles proposés peut être consensuel et discutable – aux mains des entrepreneurs de divertissement grand public, hélas fort souvent débilisant, à l’image des émissions de divertissement proposées sur le PAF.
C’est une dérive réelle et dangereuse pour la création artistique: sans vouloir juger des divertissements, ils ont certes leur place au sein de ce que l’on nomme si pompeusement culture, cette dernière ne doit pas se réduire à ce genre. Elle doit proposer une variété et multiplicité de genres : qu’il s’agisse de théâtre contemporain, qui fût grandement à la mode dans les DRAC et ce jusqu’à récemment, classique, humoristique… Chacun a son rôle et son utilité sociale, sa place au sein de la culture.
Hélas, nous remarquons que via la politique culturelle engagée par le gouvernement français, la culture et le théâtre sont assujettis, à l’image de toutes les politiques qu’elles soient scientifiques, économiques, sociales…, aux modes et qu’ils se font l’échos d’une tendance mondiale à l’abêtissement des masses. Du moins tel est le chemin dans lequel s’enfonce pleinement le théâtre dit public de part la volonté d’un homme et d’un seul… DVDM
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Eliane Zayan
Auditions : tournez !
Samedi 5 décembre, se sont tenues, au théâtre de tatie, les auditions d’une vingtaine d’humoristes devant une bonne douzaine de présidents et directeurs de festival d’humour de France et de Navarre. Etaient présents : Jean Paul Liaumond du Festival de Cabasse, Gérard Michon du Festival de Mâcon, Olivier Sagot du Festival de Saint Raphaël, Giovanni du Festival de Brignoles, Daniel Brustet de la Ville-Dieu-du-Temple en Tarn et Garonne, Laurent Legrain du festival de Cavaillon, Jean Paul Héliard du Printemps du rire de Toulouse, Laurent Sausset du festival de Tournon/Rhône, André Delas du festival de Villeneuve sur Lot, Gérard Bayou pour Eclat De Rires (qui aura lieu au printemps dorénavant) et Eliane Zayan pour son Festi’femmes (dont c’est la 15ème édition cette saison).
Tous les professionnels cités ci-dessus étaient accompagnés de bénévoles travaillant avec eux : et pour cause, vue la faiblesse des subventions attribuées dans le domaine de l’Humour -qui souvent relève du théâtre privé-, ces festivals de renom ne pourraient se préparer sans l’aide et le soutien actifs de ces amateurs et passionnés de théâtre. Ni même de leur public. Pour exemple, le printemps du rire regroupe plus d’une centaine de shows entre one man, one woman et autres spectacles d’humour ! Chaque festival offre la possibilité aux artistes d’être connus et reconnus du public et de la presse, révélant par là même son flot de talents… Alors, parmi la vingtaine d’artistes présents ce jour, qui seront les futurs lauréats ? Cela vous le saurez en temps et en heure… Néanmoins, nous allons vous donner un petit avant-goût des artistes qui se sont produits 15 minutes durant, devant un parterre de professionnels, le public le plus difficile à convaincre : cette journée entrecoupée d’une pause déjeuner fut très étonnante et m’a permis de découvrir, voir redécouvrir de jeunes artistes.
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Le premier à s’être essayé à cet exercice difficile fut Patmana, un marseillais bercé par l’univers d’Al Capone et de la mafia… Un feutre pour tout accessoire, il imite avec verve et bonne tenue le gangster italo-marseillais : les gestes ne sont peut être pas assez poussés et la mise en scène manque de rythme – les pauses sont rares- la chute de ce sketch est néanmoins drôle même si elle est un peu facile puisqu’on découvre qu’il s’agit d’un acteur homo qui doit auditionner pour incarner un bandit. Le second sketch, tout aussi classique dans son sujet, présente une vieille dame à la langue de vipère bien pendue, très marseillaise dans le parler. Il est somme toute intéressant dans la mesure où il montre que l’humoriste -dont le texte n’est hélas pas assez incisif dans l’humour- a proposé un travail honnête tant du point de vue des mimiques et des gestes que de la voix. A sa décharge, il n’est pas toujours aisé d’être le premier à passer…
Puis c’est au tour de David Faure de s’y coller : le gringalet grimaçant aux cheveux hirsutes dont les gestes et les déplacements sont par trop brouillons propose un extrait de spectacle où il se réjouit de la demande en divorce de sa femme, demande qu’il souhaitait faire sans savoir quelles formes y mettre. Entre cris de joie et expressions de soulagement, le jeune comique qui imite avec justesse les différents types de demandes (jouant sur l’effet de surprise final) a écrit un texte avec quelques belles trouvailles (citons le « body fuck »). Hélas, il n’est pas assez expressif dans son jeu qui manque de nuances, surtout pour la forme proposée. Lenny fait son entrée, vêtue à la « cacou » avec sa gueule et démarche de bosse gosse, imitant un looser un peu niais… Narcisse qu’on l’appelle et pour cause : à chaque fois qu’il se passe quelque chose, il est persuadé qu’on parle de lui. Il prend au pied de la lettre chaque phrase qu’on lui dit et c’est avec aisance et facilité – un peu trop de relâchement- que Lenny nous embarque dans son personnage taillé sur mesure. Le texte frôle par moment la vulgarité mais Lenny reste égal à lui-même et propose une belle prestation même si on aimerait le voir jouer autre chose. Christian entre sur scène : c’est un homme généreux à l’embonpoint sympathique. Il interprète avec naturel et malice une star du porno ayant remporté la « coucougnette » d’or, discourant avec bonhommie sur le « sucer d’un film »… Son second sketch révèle un humour plus british : vêtu d’un ciré jaune et d’une lampe torche, il se transforme en guide proposant la visite gratuite d’une grotte, construite sur mesure, à un public sommé de lui laisser un pourboire, au risque de finir six pieds sous terre. Amusant, léger et distrayant, sans prétention et honnête : telles sont les qualités de ses sketches au cours desquels on peut noter un petit effort de mise en scène. Stan, le retour… Stan a proposé deux sketches aux idéologies se situant aux antipodes. Son premier sketch fait l’apologie du machisme et doit être entendu au 3ème degré tant il se révèle d’un mépris total pour le sexe féminin. Stan interprète un macho de base qui ne peut vivre sans sa femme. Ce sketch nous donne un sentiment de déjà vu et n’est pas forcément du meilleur goût… C’est alors que Stan nous surprend avec un second sketch contrecarrant le premier. Il devient une femme enceinte aux envies aussi multiples que subites, en parodiant le nez de Cyrano. Une parodie bien écrite puisqu’un gros effort sur les rimes et le rythme même du texte est à souligner. Stan se révèle très crédible dans ce personnage à contre emploi et là, il fait preuve de talent, évitant de tomber dans la facilité d’un jeu trop caricatural. Une chute sympathique et quelques innovations dont un « chauffez-moi la fougasse » savoureux. Une bien agréable surprise. Kévin est le sixième larron à se présenter : avec sa gueule d’étudiant et sa coupe Tony and Guy, il entre sur scène, enchanté d’avoir eu son bac… Mais un bac ne sert plus à rien… Un humour un brin noir, un tantinet décalé où il se moque de lui-même avec une autodérision de bon alois et de bonne guerre, se définissant comme un « gérontophile du comique ». Lui qui lit le canard enchainé et nous brosse un portrait peu reluisant de la présidence de Sarkozy (à propos de ce dernier : « un hongrois qui baise les français, on dit rien »), il nous explique que les gros rient plus que les maigres… Allez savoir pourquoi… Jeux de mots, un humour pince sans rire et corrosif (Sarko : « vous m’avez cru et vous êtes cuits » ; « Carla, c’est comme les Lancia, ça démarre à gauche et tire à droite »…). De nombreux ingrédients sont présents dans son sketch pour pronostiquer un beau parcours à ce jeune homme tonique qui a fait l’an passé les premières parties de la Tournée de Michèle Torr. Christopher Watt emboite le pas à Kévin, avec sa bouille de bébé et la patate sur scène. Tonique, il nous explique le malheur des « intermites » (entendez par là les intermittents obligés de cachetonner dans les supermarchés pour gagner leur vie). Un sketch qui traine en longueur et se mue en une énumération de cas d’école au final ennuyeuse même s’il y met tout son dynamisme et sa bonne volonté. Pauvres « intermites qu’on écrase et qui pourtant sont indispensables à la société ». Un beau plaidoyer en faveur des artistes qui mériterait un travail de mise en scène et un jeu plus en nuance.
Un interlude est offert par Max et Tom, deux petits jeunes qui proposent quelques sketches traitant de l’amitié entre deux potes… Le premier, Max, est un benêt de première ; le second un petit roublard. Des sketches très proches de la réalité, attendus et peu novateurs reposant sur des ressorts classiques mais les deux jeunes sont à l’aise sur scène : s’ils étaient suivis par un metteur en scène, ils pourraient offrir de bons moments de théâtre.
La matinée s’achève sur « Babette, femme parfaite »… Un solo savoureux exécuté par une jeune comédienne pratiquant le jeu clownesque et le grotesque. Elle a par ailleurs joué au Marie Jeanne : on assiste ici médusé à sa démonstration d’une femme parfaite. On se dit à la voir qu’elle mériterait de jouer dans un grand théâtre. La maîtrise de la gestique et des techniques du jeu masqué sont indéniables, le rythme est bon. Le récit de cette pauvre Babette, femme au foyer battue par son époux, au sourire forcé et à la joie figée, n’est pas à prendre au premier degré : au contraire, il démontre avec justesse et talent un mécanisme psychologique pernicieux, proche de celui du syndrome de Stockholm où la femme soumise à son bourreau devient un pantin béatement heureux, telle une poupée décervelée par un lavage de cerveau quotidien. Le constat est dur et la réalité dénoncée, insupportable. Un humour noir qui vise juste même si, à y réfléchir à deux fois, la situation décrite n’est pas drôle du tout. Sa petite chanson « Babette, je la fouette, je la lie, je la passe à la casserole » est d’une justesse effroyable. Oui, « Babette femme parfaite » fait froid dans le dos tant il dénonce une réalité d’une violence impitoyable faite aux femmes, et ce encore de nos jours. Le tout sous couvert d’une gaieté inaltérable et d’un humour glaçant.
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Une petite pause déjeuner bien méritée et c’est reparti avec Florent Peyre. Ce dernier possède un humour grinçant avec un franc parlé et un tonus étourdissant : beaucoup d’autodérision et de bons mots dans son premier sketch où il nous donne une solution simple et efficace pour excuser l’adultère : la schizophrénie. Alors, les gars, quand il fait 40 degrés à l’ombre et 90 degrés dans le slip, vous pouvez vous laisser « tentater » par une jolie fille… Energique et fort en grimaces en tout genre, Florent exécute un sketch juteux et juste autour du célèbre Mario Bros, piégé par Nintendo depuis 20 ans, kidnappé par Sarko : qu’est ce qu’on ne lui a pas fait faire à ce pauvre Mario ! Son jeu très physique mime les évolutions du personnage sur la play station avec un sens aigu du rythme et de l’observation : onomatopées, soubresauts, déplacements, bips, tous les ingrédients de ce jeu d’arcade sont interprétés avec talent par le jeune Florent. Et c’est bien heureux.
Suit Caroline G qui propose un one woman tirant vers le stand up : elle veut adopter un homme à la SPH et découvre Rex, aux instincts mâles primaires. Elle nous relate alors les aventures d’une pauvre mère de famille qui n’arrive pas à trouver le sommeil entre ses animaux et ses enfants. Elle nous parle de la mort et du paradis mais son sketch manque de tonicité et son jeu est monotone. L’ennui, hélas, guette le spectateur au tournant si un effort de mise en scène n’est pas fait. Fort heureusement, quelques bonnes idées surgissent de son univers lorsqu’elle parle de la « sans valentin ».
Intervient brièvement la Compagnie tout court venue présenter « Week end en Ascenseur ». Un grand gaillard interprète avec justesse un flic à l’humour décalé qui parle des meurtres hivernaux en termes d’ « ice crime ». La musique et un effort de jeu sont à l’œuvre mais hélas, il manquait ses acolytes pour offrir au jury un extrait plus jouissif. Et c’est là où le bas blessait…
Le quatrième à faire son entrée est Cyril : il propose, dans un premier temps, un sketch convenu autour de l’école des fans. Vous savez ce même extrait du bêtisier que l’on ressert au spectateur tous les ans et qui nuit au pauvre enfant victime de cette émission, enfant aujourd’hui devenu adulte dont le souhait est qu’on oublie ce moment de sa vie. Déroulant le thème nostalgique de l’enfance, il en arrive à parler de ces héros qui ont marqué la jeunesse des trentenaires : Goldorak, Albator, Musclor, ces musclés des dessins animés d’antan… C’était tout de même plus facile de s’identifier à eux qu’à Bob l’éponge… Quel garçon ne s’est pas pris pour l’un ou l’autre de ces héros ? Qui n’a pas cru en ces contes modernes ? Son jeu énergique atteint son apogée avec son remake de Scoobidou… Le chien peureux et gourmand, accompagné de Samy et de ses amis dans un manoir hanté… Ah, ce pauv’ scoobi ! Une belle énergie, du talent et une nostalgie sympathique… telles sont les qualités de ce jeune homme qui fait montre ici d’un beau travail.
Un petit interlude avec du stand up interprété par trois jeunes : Sofiane, Mourad et Abdel. Puis c’est au tour de Pauline.mu de se coller au jeu des auditions. Pauline présente trois sketches de son spectacle. Le premier dans lequel elle forme des cambrioleurs-tueurs pieds nickelés est sorti du contexte de son spectacle : cela est bien dommage car il perd en intérêt et en intensité. Son deuxième, qui rappelle les films d’horreur du type Chucky, est fort bien interprété : Pauline est cette méchante petite fille qui bat sa maman, une tueuse en série en devenir, au regard pervers et au sourire innocent quand elle dit, l’air de rien, paisible : « Maman, elle dort depuis deux jours ». Un beau travail tant du point de vue de la gestique que de la voix et du corps. Son troisième sketch où elle interprète une grand-mère à la page, luttant contre la loi Hadopi, est tout aussi très juste. Même si l’univers de Pauline n’est pas forcément au goût de tout le monde – l’humour noir et décalé peut déranger puisqu’il pose la question du peut-on rire de tout ?- la jeune femme propose un travail de comédienne honnête et fait montre d’un talent certain.
C’est au tour de la jeune Erika, qui relate les malheurs d’une pauvre femme ayant raté ses mariages consécutifs et ses suicides répétés. Sauvée de la noyade par un MNS (un maître nageur sauveteur) bedonnant (rien à voir avec ceux que l’on nous montre dans les films), rescapée par les airs bag de sa voiture… Erika nous raconte toutes ses péripéties avec naturel et sympathie. Puis elle s’attaque à cette mode actuelle qui est de mettre les bébés dans les congélateurs : avant, les enfants étaient désirés et de toute façon, il n’y avait pas de « congélo » pour s’en débarrasser! Elle nous livre ici certaines réflexions sur la vie et les choses avec allant et générosité. Cependant, ses sketches manquent de mise en scène.
Ces auditions se sont achevées sur une prestation de Muriel Kenn qui a réussi à se libérer pour présenter au jury un extrait de son one woman qu’elle jouait à l’Archange (voir notre critique sur www.larevuemarseillaisedutheatre.com[12]). Si vous aimez l’humour juif, n’hésitez pas : Muriel est votre femme. Talentueuse, drôle sans être vulgaire, généreuse, humble, elle rappelle dans le personnage de Tita un certain Elie Cacou…
C’est dans la joie et la bonne humeur que se sont achevées les auditions de cette année avec un panel d’artistes aux univers distincts et complémentaires. Certains ont su montrer en une quinzaine de minutes l’étendue de leur talent, d’autres ont révélé un univers très personnel. Nous ne préjugerons pas des sélections par les différents festivals présents ce jour mais gageons que 2010 sera une bonne cuvée. Diane VANDERMOLINA
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ARTISSIMA
3ème édition
DAN MU et le représentant d’AG2R
La CCIMP a accueilli le 3 décembre la troisième édition d’Artissima, une manifestation placée sous la direction de Martine Peyre (Cooked Marseille Design Studio). Artissima a pour objet de présenter des artistes ayant créés des œuvres à l’issue de résidences artistiques dans des entreprises, initiées par l’école supérieure des beaux arts de Marseille, dirigée par Jean Louis Connan, et l’UPE13, présidée par Stéphan Brousse. Bien entendu, il s’agit essentiellement d’œuvres relevant de l’art plastique quelle que soit la forme de la représentation (installation, peinture, photographie…). Comme le souligne Monsieur Pfister, cette coopération entre les entreprises et les artistes venant de différents pays du monde (parmi eux, une japonaise et une chinoise) est symptomatique de l’enthousiasme des chefs d’entreprises pour la culture, une preuve de leur engagement puisque les entreprises partenaires de l’opération ont pris en charge le bon déroulement des résidences et de la soirée. Ces ateliers de la méditerranée sont un des éléments phares de la candidature, rappelle Corinne Brenet, représentante de Mécènes du Sud. Elle révèle une stratégie de territoire associant culture et économie, dont l’objet est le rayonnement de Marseille Provence.
Cette soirée, qui a accueilli plus de 1500 invités, était intitulée Artissima On air, en référence à la fragilité de notre époque et au besoin de légèreté que nous avons en cette période de crise, explique Martine Peyre. D’où la scénographie composée de ballons éclairés par des gélatines aux couleurs de l’arc en ciel. Cette soirée où cohabitent les époques et les arts était l’occasion de découvrir le travail de l’ESBAM et son nouveau directeur dont la mission est de développer l’intégration du monde artistique au monde entrepreneurial, une mission de professionnalisation des jeunes artistes. D’où la collaboration avec de grandes entreprises, collaboration de laquelle naissent de beaux projets et un nouveau dialogue entre le monde de l’entreprise et le monde de l’art, trop souvent opposés. La liberté d’expression artistique et le regard que porte un artiste sur une entreprise offre à l’entreprise la possibilité de développer une interrogation nouvelle sur le travail en entreprise, un questionnement sur la notion de travail dans notre société. C’est le cas de la rencontre entre DAN MU, artiste d’origine chinoise formée à la peinture traditionnelle chinoise dont on aperçoit des réminiscences dans le travail qu’elle présente, notamment dans la figuration des paysages et l’utilisation de l’encre de chine noire, et l’entreprise AG2R, représentée par Gérard Berthomieu. De leur rencontre, est né un enrichissement mutuel tant dans l’acceptation du regard de l’autre que dans la reconnaissance de l’autre : l’art est, comme il le dit si bien, une voie royale pour le développement d’une entreprise.
Bien que nous ne soyons par forcément impressionnés par certaines des œuvres présentées qui correspondent à une mode artistique quelque peu trop envahissante en notre pays, et hélas, manquant fort d’originalité, ce type de manifestation a sa raison d’être et si elle permet à de jeunes artistes d’être reconnus et aidés dans leur recherche, alors pourquoi pas ? De toute façon, le monde artistique a en tous les temps eu besoin de mécènes et en ces temps de crise des subventions, plus encore… du moment que leur liberté reste une et indivisible. Nous saluerons donc les efforts de ces mécènes même si à mon gout, leur choix se porte trop souvent vers des objets artistiques un peu trop fashion ! DVDM
Si vous souhaitez en savoir plus sur Artissima et les entreprises/artistes ayant participé à l’opération, n’hésitez pas à vous rendre sur le site de la CCIMP. Vous y retrouverez l’ensemble des manifestations organisées en ce lieu magnifique. Plus d’infos : http://www.ccimp.com/ccimp/notre_actualite[13]
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Marseille, ville culturelle…
Pour ceux qui sont restés sur l’image d’une Marseille portuaire, où la culture serait un désert –ce qui ne fut jamais le cas quoiqu’en pensent certains, notamment après la fermeture de l’Alcazar, après la guerre… – détrompez vous : Marseille est une ville culturellement riche et diversifiée… Alors que certains pans de ce que l’on nomme si pompeusement Culture ou Art ne soient pas du gout de tous, soit ! A chacun sa vérité, dirais-je en parodiant ce cher Pirandello… Une pièce de théâtre qui par ailleurs fut jouée à Marseille en 2005/2006 au Toursky avec Niels Arestrup et Gisèle Casadesus, la maman de Jean Claude (célèbre compositeur et chef d’orchestre, récemment venu à l’Opéra de Marseille) et grand maman de Caroline (ben oui, la comparse de Didier Lockwood dans le Jazz et la Diva, qui présentait le second opus le 4 décembre au Toursky)…La création avait par ailleurs reçu un accueil triomphal mérité, rappelez-vous…
Ce petit aparté n’est pas fortuit : depuis que Marseille a posé sa candidature au titre de Capitale Européenne de la Culture 2013 – pour être plus précise, c’est le territoire Marseille Provence qui a remporté grâce au talent de Monsieur Latarget, soutenu dans ses efforts par les hommes politiques, les acteurs économiques et culturels du territoire, le titre tant convoité. Je disais donc que depuis la candidature, tout le monde découvre la vie culturelle à Marseille, comme si à Marseille, il n’y avait jamais eu de culture auparavant… C’est juste que la culture fût très peu médiatisée et que la politique culturelle ne fût de longues années durant que si peu mise en avant par les élus, notamment l’ancien adjoint à la culture… Car tout de même, Marseille a toujours eu une vie culturelle et ce n’est pas feu Edmée Santy qui m’aurait contredite…Elle qui a connu et aidé tous les directeurs de théâtre à leurs débuts… Elle qui a connu Béjart et les autres… Tous ces artistes originaires de Marseille et dont le talent était internationalement reconnu, ces artistes adoubés de tous… Citons, pour remonter plus loin dans le temps, Edmond Rostand (ben oui, l’auteur de Cyrano de Bergerac) sur lequel Pierre Roumel a écrit un magnifique livre. Sans oublier Pierre Barbizet auquel sa femme Caline et notre confrère, Jacques Bonnadier, rendent hommage dans un ouvrage récemment publié…
Penser que Marseille, ville culturelle, c’est récent : c’est oublier la longue et persistante tradition des opérettes marseillaises, de l’Opéra et de tous ces théâtres et autres salles vieilles de quelques centaines d’années… Le Gymnase a récemment fêté ses deux siècles d’existence… Bref, pour ceux qui considèrent Marseille comme une ville dont la culture se résume aux boules, au pastis et à Fanny, revoyez votre copie ! Alors certes, depuis la candidature, les choses se sont accélérées et certains projets vont enfin voir le jour… Ben oui, au lieu de 10 à 15 ans, les constructions et autres aménagements (Le Mucem, le silo, la Buzine…) seront prêts d’ici 3 ans… Le titre ainsi remporté est un coup d’accélérateur pour la politique culturelle de la ville, mais ce n’est en rien ce qui construit une politique culturelle.
Je m’explique : culture, il y avait avant la candidature ; culture, il y aura toujours, quoi qu’il arrive. La candidature oblige la ville à débloquer des fonds pour réaliser concrètement des projets en latence dans les bureaux, projets qui n’auraient peut être pas vu le jour si il n’y avait eu ce titre. Car quoi que dise notre maire, la culture n’a jamais et ne sera jamais la priorité d’un gouvernement et même si en temps de crise, à Marseille, on refuse aujourd’hui de réduire le budget culture –Monsieur Hermann a été formel : rassurez vous donc amis artistes, vos subventions ne vont pas se réduire comme des peaux de chagrin et pour certains projets, vous pourrez même cumuler les aides –. Et pour cause, il y a l’enjeu du titre ! Mais, il n’en va pas de même pour le gouvernement (voir notre article sur le Toursky)!
Soyons réalistes et arrêtons d’être hypocrites ou naïfs ! Pourquoi la ville investit-elle autant dans la culture en dehors du titre ? La raison est toute simple : elle résulte d’un calcul mathématique. Les villes les plus riches aujourd’hui sont essentiellement des villes culturelles. Et pourquoi ? Parce que dans notre monde consumériste, les besoins primaires étant largement satisfaits, les besoins secondaires et tertiaires s’accroissent et la culture devient un pur objet de consommation. Qui plus est, consommer du culturel (et du culturel intello même si on n’y comprend rien), cela fait bien. Il y a des modes dans tous les domaines et la culture n’y échappe pas, l’art non plus par ailleurs quand on remarque le nombre de créations qui se ressemblent tant dans les idées que dans le processus. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’Art ni de Culture… Mais comme à toutes les époques, il y a à boire et à manger, et seul le temps nous dira ce qui était de l’art en ce début de 21ème siècle. Ceci dit, la mode a des effets positifs en ce qu’elle porte avec elle son lot d’artistes talentueux qui survivront aux siècles à venir… C’est comme cela que le monde évolue…
Donc je ne cracherais pas – cela serait idiot et gratuit – sur les investissements de la ville de Marseille dans les infrastructures, la politique muséale de Monsieur Hermann (un des rares adjoints à la culture à fréquenter aussi assidument toutes les salles marseillaises –et pas que les grandes, ben oui, il faut le souligner, il aime son travail, le prend au sérieux, s’y investit concrètement) et tous les grands projets des autres conseillers municipaux que sont Eliane Zayan, Anne Marie D’Estienne d’Orves, Jeannine Imbert… et nous en oublions. Aujourd’hui, Marseille compte une quinzaine de grands festivals (nous vous conseillons d’aller sur www.marseille.fr [14]pour en savoir un peu plus sur les festivals répertoriés), de belles salles (l’opéra, le gymnase, le toursky, la criée) un grand nombre de théâtres (une bonne cinquantaine), de beaux musées (la vieille charité, le musée grobet laladié, le musée d’histoire de marseille, longchamps…)…. Bref, dans cet écrin magnifique qu’est notre ville, entre ses calanques et ses montagnes, nous pouvons nous vanter d’avoir de bien grands et beaux théâtres même si certains tombent en ruine (l’Odéon en travaux, la Criée en plein désamiantage, l’Opéra fissuré de toute part, un cinéma comme les Variétés soumis aux aléas des inondations, le Toursky à l’avenir incertain…) !
Et c’est bien là que le bas blesse à Marseille : la politique culturelle a certes investi dans de beaux et grands projets (le ballet national de marseille, le centre national des arts de la rue…) mais elle a omis de penser à l’entretien des bâtiments et structures existantes depuis des dizaines et des dizaines d’années, hélas, trois fois hélas… Car avant de bâtir de nouvelles choses, consolidons l’existant… Cette logique de base échappe à Marseille et à de nombreux marseillais… Marseille, comme on le dit souvent en s’amusant, est une planète à part entière : Planète Mars… Oui, et même si c’est une plaisanterie, elle a son fond de vérité. A Marseille, les choses se font rarement dans un ordre très logique, c’est la logique marseillaise… Une logique que j’ai quelque peu retrouvée à Taipei, étrangement… Une ville du sud aussi… Enfin, je ne suis pas ici pour taper sur le doigt des maires successifs mais présenter un fait : la logique marchande sous-tend la logique culturelle. Vu que de nombreuses études ont souligné que le tourisme et la culture – via le tourisme culturel de plus en plus en vogue – étaient un beau moteur de croissance, tout le monde s’engouffre dans la brèche… Bien entendu, c’était tout d’abord un tourisme culturel orienté vers la découverte des traditions et du patrimoine historique puis le tourisme culturel s’est ouvert au divertissement et à la culture artistique à proprement parler. Alors pourquoi ne pas profiter de ce regain d’intérêt pour l’art pour offrir aux artistes les moyens de créer ?
Il serait idiot de repousser une telle manne potentielle qui permettrait à la ville d’avoir un rayonnement international… Ce n’est cependant pas une raison pour proposer n’importe quoi et à n’importe quel prix et c’est à cela que doit veiller l’association Marseille Provence 2013 : ne pas tomber dans la prostitution ou le consensus mou qui ferait que les artistes devraient adapter leur offre culturelle à la demande du plus grand nombre, notamment à celle des portefeuilles des mécènes, politiques ou sponsors. Il est nécessaire que les artistes puissent rester libres et indépendants dans leur création et offrir au public un art qui le fasse réfléchir, et non pas seulement un art qui le divertisse béatement ou l’anesthésie sous des concepts fumeux. Ce sont ces deux dérives qu’il faut à tout prix éviter sans tomber non plus dans l’excès d’un art révolutionnaire de propagande à la chinoise (je parle du continent chinois) où la liberté de l’artiste est un prétexte pour cacher une idéologie aux tendances totalitaires (on peut aussi parler de récupération politique d’une mode artistique érigée en art d’état). Il en va de l’avenir de la culture que d’essayer d’atteindre un savant équilibre entre liberté, qualité et popularité artistique. Tout un programme qui je l’espère sera à la hauteur de nos attentes et ambitions.
En attendant leur réalisation, voici quelques grandes expositions concoctées par Marie Paule Vial pour les années à venir: le grand atelier de la Méditerranée, de Van Gogh à Bonnard ; l’Orientalisme en Europe : de Delacroix à Kandinsky ; La Peste…Pour finir, nous citerons Dominique Vlasto qui conclut ainsi la conférence de presse*: « 2013 n’est pas une fin en soi mais une étape dans l’avenir de la ville » et il ne faut pas l’oublier, même si 2013 sera un feu d’artifice culturel… En ce qui est des projets, nous vous laissons lire le communiqué de la ville qui, d’ici 2013, devra débourser près de 118 millions d’euros, soit un budget bien plus élevé que le budget présenté par l’association pour la réalisation de 2013.
Diane Vandermolina
*Cette conférence de presse a lieu suite à la visite de Frédéric Mittérand à Marseille et à la pose de la première pierre du MUCEM…
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Richard Martin
Le 25 novembre, au Toursky, fief de Richard Martin, s’est tenue une conférence de presse dont nous nous serions bien passés si les journaux avaient d’eux-mêmes pris soin de vérifier les chiffres que le Préfet leur avait donné à se mettre sous la dent (voir communiqué ci-contre)…
Hélas, et cela ne date pas d’hier, le journalisme n’est plus ce qu’il était et devant la masse de communiqués à traiter – voir à copier coller- rares sont les journalistes disposant du temps nécessaire au recoupage des informations et à la vérification de l’exactitude des chiffres. Pression des directions, des publicitaires, des institutions… et dans certains cas, laissez aller de la profession… Nous n’épiloguerons pas sur cette situation dramatique que vit depuis plusieurs dizaines d’années la presse française (nous avions fait un reportage sur ce sujet dans un des numéros de la saison 2008/2009 de la RMT) même si cela nous navre profondément… Mais où sont donc les journalistes pointilleux et soucieux de leur lectorat, aujourd’hui ? A cette question, je ne saurais quoi répondre…. Fort heureusement, il y a des journalistes qui restent fidèles aux principes de base du journalisme et se battent pour une presse libre et de qualité…
Ceci étant dit, entrons dans le vif du sujet qui occupe Richard Martin. Ce dernier est à ce jour excédé par le manque de parole d’un ministre (« il a grillé son allumette » dirait Jean Poncet) : ce dernier avait juré sur son honneur qu’il donnerait un calendrier précis des aides qu’il lui était possible de débloquer pour le Toursky auquel rappelons-le a été supprimé la subvention de la DRAC au motif officiel fallacieux. En effet, selon le préfet de Région, le Toursky ne ferait pas de création. Or, même si il est à regretter que les créations ne soient présentées que deux à trois jours dans le théâtre (et pour une raison simple, c’est qu’il faut remplir les 750 fauteuils du Toursky situé dans un quartier difficile), le Toursky propose plusieurs créations par an son fidèle public. Qu’il s’agisse de créations « maison » ou de créations portées par des compagnies régionales ou marseillaises (citons par exemple Quartiers Nord). Certes, ces créations ne sont peut être pas au gout de la DRAC, elles sont peut être trop populaires, pas assez élitistes aux yeux et des dirigeants de la DRAC et des autres théâtres marseillais qui ont vilipendé avec bassesse le directeur du Toursky, invoquant le motif qu’il percevrait trop de subventions alors que tel n’est pas le cas en comparaison d’autres lieux (voir tableau ci-contre).
Nous ne rentrerons pas dans la polémique concernant la qualité des spectacles que le Toursky présente : dans ce lieu comme dans les autres par ailleurs, des spectacles de belle facture et de grande qualité côtoient des spectacles de moindre envergure et d’une qualité artistique douteuse. Mais tel n’est pas le risque de toute création artistique ? Et n’existe-t-il pas comme partout ailleurs des imposteurs ? Ceci étant noté, on peut reconnaître une chose, c’est que Richard Martin permet aux personnes à faibles revenus de venir découvrir des spectacles en son lieu pour le prix de 3€… Et cela sans contrepartie financière du gouvernement et en dépit du cout exorbitant de certains spectacles accueillis ! Une chose est sûre, c’est que Richard est resté fidèle à son désir d’ouvrir la culture à tous en présentant des spectacles de tous genres et à tous les prix… Au contraire d’autres structures culturelles !
Il est tout de même bien dommage de se rendre à l’évidence que chaque structure se bat pour son petit pécule de subsides selon le principe « à chacun sa chapelle et ses privilèges » et ne fasse pas réellement l’effort de jeter ne serait ce qu’un regard bienveillant sur le travail mené par ses voisins. Beaucoup de mesquinerie ridicule, de jugements à l‘emporte pièce, d’égocentrisme et de méfiance dans un milieu où les valeurs de solidarité, de partage et de fraternité devraient être moteurs de l’action des théâtreux (directeurs de lieu et artistes). Leur étendard ! Hélas, trois fois hélas, chacun se bat de son côté pour conserver sa part du gâteau, voire l’augmenter au détriment de ses voisins… C’est dans la nature humaine me direz vous mais, cela n’est-il pas aggravé par l’opacité de l’attribution des subventions ?
N’est ce pas la politique globale du gouvernement que de diviser pour mieux régner en distribuant de façon floue et parfois arbitraire les subventions aux différents lieux ? Car honnêtement, les modalités d’attribution des subsides de l’Etat sont-elles si transparentes que cela ? Ne relèvent-elles pas du fait du prince dans certains cas, voire d’affinités entre les acteurs culturels et les politiques ? N’est ce pas comme cela que fonctionnent les sociétés dans le monde quelque soient leurs régimes politiques ? Il n’est pas besoin d’être grand clerc pour savoir cela que les plus malins sont ceux qui réussissent le mieux à tirer partie des failles du système, même si cela est éthiquement parlant intolérable et artistiquement néfaste pour la création. A force de rédiger des projets répondant aux critères des demandes de subvention, les artistes ne se prostituent-ils pas ? A force de surfer sur la vague de la mode, ne vendent-ils pas leur âme au diable ? A force de hanter les couloirs des hommes politiques, ne perdent-ils pas la flamme rebelle et créative qui les animait pour ne devenir que des pantins au service d’un gouvernement qui plébiscite une culture populiste aseptisée ?
Jean Poncet
Telles sont les questions que je me pose aujourd’hui quant au devenir de l’art et plus particulièrement du théâtre en France et dans le monde, le théâtre n’est-il pas plus que tout autre art, un art engagé par essence, un art rebelle au diktat du pouvoir, un art libre où le public est amené à réfléchir sur lui-même et la société dans laquelle il vit? Alors, faut-il soutenir Richard Martin et son comparse, Jean Poncet, dans cette lutte ? En quoi cette lutte doit-elle être suivie par tous les acteurs culturels de France et de Navarre ?
Oui, je soutiendrais cette action car au-delà de la question des subventions retirées à son théâtre –une somme modique en comparaison avec les dépenses colossales et justifiées du lieu-, la révolte de Richard Martin soulève une question cruciale concernant le système même des critères d’attribution des subventions et remet en cause une pratique fallacieuse. Sans remettre en cause le bien fondé de l’attribution d’aides aux structures culturelles qui sans ces aides ne sauraient survivre au système capitaliste mondial, il serait peut être bon de refondre le système et le rénover en profondeur afin d’éviter les dérives et autres abus de pouvoir auxquels nous assistons depuis de bien longues années. Un nouveau système plus équitable est à penser et à développer afin que les structures culturelles puissent perdurer et offrir une diversité artistique sans laquelle un pays se meurt. Pour ce combat humaniste, fraternel et solidaire, je ne puis que soutenir l’action de Richard et appeler les acteurs culturels à enterrer leur hache de guerre pour monter au front avec Richard. Et ce, dans l’intérêt de tous à long terme et au-delà des querelles de chapelles et d’égos.
A l’occasion de la conférence de presse, Richard a clairement et honnêtement, sans langue de bois et pour une fois, sans citation à la Ferré, exprimé sa détermination : « Je ne lâcherais pas quitte à en crever…Le théâtre est un problème de droit de l’homme, c’est une question de dignité humaine…. si les gens allaient plus au théâtre, ils ne se suicideraient pas… cette société part en couille et il faut que tous les saltimbanques aient une autre façon de penser et travailler ensemble ». Ah bon entendeur, salut ! Votre dévouée, DVDM.
La Foire Internationale de Marseille: une foire verte et ludique…
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Cette année, les exposants de la Foire se sont mis au vert.
Une foire verte….
En effet, de nombreuses entreprises ont misé sur le développement durable et l’éco-citoyenneté, voir le bio : EDF, Marseille Provence Métropole, le Conseil Général et le Conseil Régional entre autres, et sans compter les nombreux exposants dont l’activité est liée au bio et au développement durable, citons la Maison de l’écologie urbaine et pratique située à Marseille ou l’entreprise Graffiti Pub (graffiti-pub.com). Cette dernière propose des campagnes de pubs respectueuses de l’environnement, voire complètement écolo.
(c) F. Stephan
Le respect de l’environnement et du terroir était jusque dans les assiettes des gourmets gourmands qui visitaient les stands du CG (photo ci-contre) et du CR. Entre midi et deux, les ateliers de cuisine accueillaient des chefs régionaux, voire même des cuisiniers des cantines de nos lycées.
Parmi les invités de la Région, citons un chef de manosque, coiffé à la Pierre Richard, qui a fait découvrir à un public ébahi de la viande de taureau de camargue, divin, saupoudré d’un fricassé de tomates ainsi qu’une succulente entrecôte de cochon des alpes poêlée et recouverte de confit d’ail… Sans oublier son délicieux pressé de queue et joue de boeuf… Le chef cuisinier d’une cantine de la région au franc parler nous a fait découvrir les recettes qu’il mitonne à ses élèves: comme quoi, on peut faire de la bonne cantine maison pour deux euros par plateau avec des produits frais de la région, le tout parfaitement équilibré.
(c) F. Stephan
Sur le stand de la région toujours, Frédéric (photo ci-dessus) nous a fait joué au baccarôma, un baccara dédié aux arômes du vin, avant de nous lancer sur la piste de la dégustation de vins régionaux, qui avouons-le fut un moment de bonheur… tant son discours, sans langue de bois, mettait à mal avec justesse et humour les a priori et autres préjugés enseignés par les œnologues. Un moment simple et convivial où on a appris quelques petits astuces sur la conservation du vin et leurs arômes… Par exemple, pour mieux saisir les nuances de chaque vin, il vaut mieux en déguster deux en même temps: cela permet d’affiner notre nez et notre palais et de mieux saisir les différences entre les vins… Judicieux et bien pratique… pour comprendre de quoi on parle quand on nous parle de vin charpenté, tanique…
(c) F.Stephan
Vous l’aurez compris notre stand préféré était celui de la Région, entre les deux ânes de l’association du chemin de l’âne bleu et les dégustations, les plants de tomates, aubergines, raisins…
Celui du CG, animé avec énergie et courage par Antoine, était intéressant avec son espace high tech où le chaland pouvait calculer son empreinte génétique: la mienne? Celle d’un citoyen français normal… pourtant je ne suis pas à fond écologie… Les résultats pour certains étaient forts étonnants : des écolo ont pu voir leur score dépasser la moyenne française, parce qu’ils utilisaient souvent l’avion ! Une sensibilisation fort pédagogique et qui -si les conseils prodigués étaient respectés par tous, et ceci inclut les administrations,- nous ferait faire de grosses économies d’énergie… Mais tout cela n’est pas pour demain hélas!
Sans oublier les stands où l’on pouvait se documenter sur le tri (MPM) et sur le recyclage des déchets: bouteilles, vêtements, chaises en carton… et assister à la mise en balle de cartons et autres déchets comme les canettes… Car la Foire, ce sont 85 tonnes de déchets dont plus de 60% vont être triés et recyclés… qu’il s’agisse des moquettes et des papiers, canettes… Un bel effort -à souligner- de la part de la SAFIM !
Une foire ludique…
Il ne fallait pas manquer cette année la nocturne du 2 octobre qui a accueilli près de 60 000 personnes (10% de plus que l’an passé alors que la Foire en terme de fréquentation globale a perdu près de 10 000 visiteurs le premier weekend : cette année, on frôle les 360 000 visiteurs).
Outre l’ouverture jusqu’à minuit des stands, où exposants et clients pouvaient se rencontrer dans une atmosphère de fête et de jeu, cette année fut marquée par la venue d’artistes de tous horizons: citons tout d’abord, la compagnie Apneoz qui a présenté Blue Bridge, une création chorégraphique mêlant danse contemporaine et orientale, la plupart des danseurs ayant une formation très ecclectique. En second lieu, nous pouvons saluer la performance physique de Sabine Marrand, qui a présenté un solo traitant de l’aliénation de l’homme dans une société de consommation outrancière et celle du groupe Rascal Riddym Raggae. Ces derniers ont fait vibrer de leur ragga-ska-rap la scène de l’espace culture enfin de retour sur la grande allée.
Pour cette 85ème foire de marseille, le badaud pouvait découvrir le pavillon Vietnam proposant des tarifs très alléchants (de jolies cravates en soie à 1€) ainsi que le stand de la Russie, dernière nouvelle à faire son entrée à la Foire. Seul bémol, les stands de nourriture italiens, moins nombreux…
Au final, l’ensemble de la foire a ravi le public et les exposants, notamment les piscinistes et les cuisinistes qui ont conclu de nombreux contrats. Pour les petits exposants, le bilan est mitigé mais cela n’empêchera personne de se donner rendez vous pour la 86ème foire de marseille…
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La Révolte de Richard Martin
(photos réalisées par F. Stéphan le jour de la mobilisation de Richard devant les locaux de la DRAC à Aix – 28 septembre 2009)
Richard Martin et son ami poète ont entamé une grève de la faim depuis le 3 octobre pour montrer leur colère face au retrait des subventions accordées par la DRAC au Toursky.
Au delà de l’intérêt propre au théâtre – est ce que 185 000 € changerait la face du Toursky? Vu le cout des spectacles et du fonctionnement, c’est une goutte d’eau à la mer – l’action menée par Richard a une haute valeur symbolique vilipendant le désengagement galopant de l’Etat dans la vie culturelle et artistique française, dénonçant par à la langue de bois et la mauvaise fois du directeur de la DRAC, ainis que son fonctionnement très opaque en matière d’accord de subvention.
A l’heure où Marseille Provence a été promulguée capitale européenne de la culture (à noter que l’Europe ne participe au projet qu’à hauteur de 2.5%) avec le surcout que cela engendre pour la communauté urbaine (MPM) et la ville de Marseille (c’est 22.5% du budget global de 2013 – ce dernier s’élève à 98 millions d’euros- réparti en 5 ans que les deux institutions doivent trouver alors que les caisses sont déjà bien vides) et par là, la diminution, voir le gel de certaines subventions accordées par la Ville de Marseille (sans vouloir défendre sa politique culturelle qui hélas oublie les petits lieux), il est paradoxal de voir que l’Etat (qui pourtant doit investir 12.5% dans 2013) se désengage massivement auprès des structures culturelles marseillaises, le Toursky n’étant que la face visible de l’iceberg.
Le cri de Richard, son coup de clairon poétique, ne sont là que pour réveiller nos consciences sur le risque encouru par les structures culturelles en france et en navarre. Alors si nous souhaitons que son message ne reste pas lettre morte, que tous les lieux soutiennent Richard et se mettent en grève afin que la parole du peuple et de la culture puisse avoir un écho favorable auprès de l’Etat. Seule l’union fera la force dans ce combat de David contre Goliath.
DVDM