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Fiesta des Suds annulée, première d’une longue série ?

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On ne pouvait que s’y attendre mais la nouvelle est bien triste pour les amoureux de l’événement qui faisait vibrer les cœurs à l’unisson. La Fiesta des Suds 2020 n’aura pas lieu. « Une pandémie mondiale aura eu raison de cette 29ème édition et fragilisé par la même occasion l’association organisatrice, Latinissimo, comme l’ensemble des acteurs du spectacle vivant » annonce l’association Latinissimo.

Comme le précise le communiqué de presse envoyé ce jour, « dans le contexte de la crise liée à l’épidémie du coronavirus et de la vague d’annulations des festivals d’été, les équipes de la Fiesta des Suds n’ont cessé de croire en leur bonne étoile. Jusqu’à mi-août, les signaux étaient redevenus encourageants et l’amélioration de la situation sanitaire pour l’automne semblait résonner comme la promesse d’une éclaircie pour que la Fiesta des Suds se tienne bien du 8 au 10 octobre sur l’Esplanade du J4 à Marseille. La programmation dévoilée, l’organisation avancée, l’équipe du festival travaillait depuis plusieurs mois sur les conditions d’accueil des publics en adaptant rigoureusement les mesures sanitaires à l’esprit festif de la Fiesta des Suds. Malheureusement, les récentes annonces gouvernementales et la position officielle de la préfecture des Bouches-du-Rhône (suite, notamment, à la circulation du virus faisant passer Marseille en zone rouge) ne permettent pas la tenue du festival que nous avions imaginé. Face à l’impossibilité d’organiser un événement accueillant du public debout en référence au décret du 28 août 2020, la Fiesta des Suds se résout à ne pas perdre son âme : celle qui consiste à rassembler et à mélanger tous les publics et toutes les générations depuis 29 ans. »

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« Cette décision (…),  un véritable crève-cœur, (…)  renvoie plus que jamais à notre responsabilité d’accueillir les publics en sécurité et dans les meilleures conditions, ce que les contraintes actuelles ne permettent pas aujourd’hui » indique l’équipe de la Fiesta pour justifier les raisons de cette annulation. » Ce rendez-vous majeur des nuits marseillaises depuis 1992, qui avait réussi à rebondir suite à l’incendie du Dock du Suds en 2005, pour la première fois de son histoire, n’aura pas lieu. Bien entendu, pour les festivaliers, les modalités de remboursement des billets seront précisées dans la semaine sur le site fiestadessuds.com et les réseaux sociaux.

En espérant des jours plus heureux et une année 2021 placée sous de meilleurs auspices, ainsi débute une saison 2020/2021, marquée au fer rouge par la Covid19 et les mesures sanitaires drastiques imposées aux structures (et soit-dit en passant à tout un chacun avec un certain excès de zèle de la part des pouvoirs publics, plus précisément des édiles qui rappelons-le il y a deux mois et demi se congratulaient joyeusement à grand renfort d’embrassades et d’accolades sur la voie publique, traversant la foule en liesse, à l’issue d’une victoire retentissante, bras dessus bras dessous), sans oublier les aléas économiques – double effet “kisscool” de cette crise sanitaire dont les rebondissements sont dignes des pires soap-operas de la planète- que les annulations successives et restrictions à venir risquent de produire à nouveau sur la bien fragile économie du monde culturel.  

Combien de temps tiendront-ils, ces acteurs de la culture, face à une crise à laquelle les réponses gouvernementales, un temps porteuses d’espoir avec les annonces de la nouvelle Ministre de la Culture, semblent si éloignées des réalités économiques et sociales du terrain ? Là est la question. DVDM

La Presse écrite, un outil essentiel à la Démocratie

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Témoignages

En 1974, j’avais 24 ans, je suis entrée au journal La Marseillaise, alors en qualité de correctrice, un métier qui n’existe plus. Le soir, un des correcteurs descendait à l’atelier où les ‘corrigeurs’ travaillaient aux rotatives. Là, sur place, on vérifiait l’orthographe de ‘La morasse’, la première  et dernière page de la dernière édition, celle de Marseille. Les lettres en plomb étaient délicatement prélevées et changées. Un travail d’artiste. L’odeur, l’ambiance, les bureaux enfumés, les discussions à bâtons rompus, les parties de babyfoot au bar d’en face, me manquent.

Le 3e jour, arrivée en retard, je monte m’excuser dans le bureau du Directeur : «On se tutoie ? » me dit-il, et, à mon grand étonnement : «Tu es en retard ? Et alors ? ça ennuie tes collègues ? C’est à eux qu’il faut le demander, pas à moi. Si ça ne les ennuie pas, moi non plus. »

En deux minutes, cet homme qui avait deux fois mon âge m’avait appris ce qu’étaient la liberté et le respect de l’autre.

Dernièrement, un de mes amis écrivains, qui a longuement écrit pour la presse et notamment pour le journal La Marseillaise, me disait : « C’est vraiment le seul, LE SEUL journal qui n’a jamais repris un de mes textes. Le seul. Une liberté totale. »

C’est cela le journal La Marseillaise, c’est la ligne de conduite éditoriale, une déontologie sans faille du métier de journaliste.

Danielle Verna-Dufour

Au-delà de La Marseillaise, il me parait essentiel, de ne pas jeter à la porte ceux qui ont lutté corps et âme pour leur survie et y sont parvenus, coûte que coûte. Et cela leur a coûté. Mais le journal s’est relevé, plus fort. Quand des millions sont dépensés pour aider les entreprises à ne pas couler pour cause de confinement, que veut-on ? La mort du journal ? Au-delà de ce quotidien, il est vital de ne pas museler la presse écrite. Que deviendrait Marseille et sa métropole avec un unique son de cloche ? Qu’adviendrait-il de la démocratie ?N’oublions pas la Liberté que ce journal défend. N’oublions pas ces journalistes qui ont déterré ‘des cadavres’, des affaires sales. N’oublions pas le peuple qui n’existerait plus… ou si peu.

 

Marseille sans le journal la Marseillaise serait orpheline. Ne le permettons pas.

Au nom du pluralisme

« Un projet de reprise porté par le groupe Maritima Médias impliquant les salariés et les Amis de « La Marseillaise » est sur les rails. La révélation ce mardi, d’une possible offre concurrente, renforce la détermination à le faire aboutir.

Après l’annonce de la mise en liquidation des éditions des Fédérés, société éditrice de La Marseillaise, le 13 juillet avec poursuite d’activité pour 3 mois, un appel d’offres a été lancé pour trouver un repreneur avant le 14 août.

Rapidement, le groupe Maritima Médias, qui possède la première radio indépendante de la région, une TV locale et une plateforme numérique, a pris contact avec les salariés.

Objectif : participer à la création d’une nouvelle société apte à prolonger la trajectoire de développement de La Marseillaise interrompue par la crise du coronavirus et le refus des banques d’accorder un prêt garanti par l’État. En effet, après un exercice 2019 au quasi-équilibre, notre titre a notamment investi pour renouveler sa présence sur Internet, poursuivre sa mission d’information et continuer à faire grandir ses événements.

La nouvelle société éditrice de La Marseillaise serait une SAS associant Maritima Médias, des investisseurs privés et une société coopérative d’intérêt collectif, elle-même composée par des salariés, les Amis de La Marseillaise et des collectivités soucieuses de la défense du pluralisme. Le projet prévoit de conserver le même niveau d’emplois, mais aussi le périmètre actuel de la zone de diffusion et la ligne éditoriale de notre titre.

« Maritima Médias propose de conserver deux entités économiques distinctes. Chacune avec son histoire et sa culture, l’objectif est de mutualiser certains moyens de production et de commercialisation pour mettre en œuvre des stratégies de développement du CA et de rentabilité, commune, au travers d’offres commerciales pluri médias enrichies. Pour Maritima Médias, il ne s’agit pas d’absorber le quotidien régional mais bien de créer des synergies dans tous les domaines », précise le groupe dont l’avocat a rencontré les salariés qui ont pu échanger avec lui au début du processus.

Protéger le pluralisme

La révélation ce mardi, d’une possible offre concurrente (par Jean-Christophe Serfati, le PDG de la Provence et Xavier Niel, fondateur d’Iliad ndlr), qui équivaudrait à la disparition de La Marseillaise quotidienne et la suppression de très nombreux emplois, a suscité une vive émotion parmi le personnel et les Amis du journal mais aussi renforcé la détermination à faire aboutir le projet porté par le groupe Maritima Médias.

De son côté, Thierry Debard, le directeur du groupe Maritima Médias entend poursuivre sereinement la concrétisation de l’offre qu’il porte aux côtés des différents participants au projet et qu’il juge la plus cohérente. « Nous avons un projet sérieux, un projet qui préserve le niveau d’emploi et l’identité de La Marseillaise. Un projet de marque globale qui intègre la marque forte qu’est La Marseillaise. » Il souligne également la garantie pour le pluralisme de la presse que représente la pérennisation de La Marseillaise. « Veut-on revivre l’appauvrissement du paysage médiatique locale qu’a constitué la fusion du Méridional et du Provençal ? », interroge-t-il.

Dans l’attente de la date limite pour le dépôt des offres, les soutiens de La Marseillaise ne restent pas l’arme au pied. Personnalités ou anonymes, ils sont très nombreux à continuer à signer l’appel « Mobilisation, soutien, vigilance, pour La Marseillaise »*, lancé par le cinéaste Robert Guédiguian et le résistant Marcel Thomazeau.

Ils sont très nombreux également à répondre à l’appel aux dons** des Amis de La Marseillaise. « Hier nous avons reçu 4 800 euros en un seul jour c’est remarquable au cœur de l’été », se félicitait Serge Baroni, président de l’association. Un élan qui témoigne de l’importance donnée à La Marseillaise par ses lecteurs. »

L’appel de la Marseillaise (paru dans l’édition du 12 Août 2020)

[3]« À deux jours de la date de clôture de l’appel d’offres destiné à trouver un repreneur à La Marseillaise, le sort de notre journal est en jeu. Il ne s’agit pas là d’une affaire interne, d’un sujet d’arrière-boutique. Il est question du maintien du pluralisme dans le Sud de la France de l’Hérault jusqu’au Var.

La Marseillaise, au prix d’efforts importants, avait assaini sa situation financière en 2019, redressé significativement ses ventes et multiplié les investissements pour se moderniser. Elle a été touchée de plein fouet par la crise du coronavirus et le refus des banques de lui accorder un prêt garanti par l’État.

« La Marseillaise » compte sur vous, lecteurs anciens et nouveaux abonnés.

Son regard acéré sur l’actualité, sa voix, porteuse de l’exigence d’un changement de société manqueraient gravement au débat démocratique et aux citoyens de nos régions.

Elle a tous les atouts pour poursuivre sa mission d’information exigeante et contribuer à réhabiliter le journalisme, ce métier qui a tant été abîmé par des marchands d’armes, des financiers et des industriels.

La Marseillaise compte sur vous, lecteurs anciens et nouveaux abonnés. Elle vous donne rendez-vous jeudi 13 août à midi trente au pied de son siège qui est aussi votre maison.

La Marseillaise ne veut pas seulement survivre à une mauvaise passe. Elle a les moyens de se développer, elle a déjà commencé à se projeter dans l’avenir. Elle a la rage de vivre. »

Danielle Dufour-Verna

*sources La Marseillaise

Crédits photos:

Photo de Une : l’appel de la Marseillaise

Illustration: Danielle Verna-Dufour (c) DR

Rencontre avec Jean-Marc Coppola, nouvel adjoint à la Culture de Marseille

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Nous avons réalisé l’interview du nouvel adjoint à l’issue de la présentation de l’Eté Marseillais, agrégation de toutes les manifestations culturelles et sportives estivales déjà existantes auxquelles se rajoutent une extension des ouvertures de plages, de musées et de parcs, ainsi que la proposition d’animations, d’activités et de concerts offerts à la population gratuitement.

La Culture pour et par les citoyen.ne.s

Jean-Marc Coppola, 5ème adjoint à la Maire de Marseille, en charge de la Culture (qui rappelons-le occupe le 4ème budget de la ville), souhaite mettre l’action culturelle au centre de la mandature de la nouvelle équipe municipale. Le nommer 5ème adjoint à la Mairie est ici un symbole fort, un signal donné au monde de la culture.

La politique culturelle qu’il compte mettre en œuvre et dont il nous dévoile les axes prioritaires s’articule essentiellement autour de l’éducation populaire et de la citoyenneté (que recoupe également le socio-culturel) avec la création des maisons de la culture pour tous et toutes (et ses ouvertures de bibliothèques, propositions d’ateliers et d’animations recouvrant tous les champs de la culture). Pour ce faire, il souhaite s’appuyer sur l’ensemble des acteurs culturels de la ville.

Avec tous les acteurs culturels y compris les «petits »

Jean-Marc Coppola (qui a déjà rencontré une bonne dizaine de petits théâtres) précise à notre micro ne vouloir négliger aucun acteur culturel, notamment les « petites » structures  qui sont le ciment de la vie culturelle marseillaise toujours aussi foisonnante, quoique puissent en penser les tenants d’une culture élitiste pour lesquels hors Paris, nulle culture digne de ce nom ne peut exister. Autrement dit, avec le nouvel adjoint, chacun sera considéré et traité avec équité, ce qui est une sacrée bonne nouvelle pour nos amis non issus du sérail.

Et pour cause, les petites structures (dont les créations artistiques participent tant du théâtre que de la danse en passant par la musique, l’art lyrique ou encore l’humour) de par leur proximité avec la population d’un quartier permettent de diffuser la culture à ceux qui s’en sentent éloignés et exclus, en complémentarité avec les « grandes » structures dont les programmations – et ce en dépit des efforts de médiation et de tarification qu’elles réalisent envers ces publics- peuvent rebuter le plus grand nombre d’entre eux.

Ceci étant dit, nous vous laissons le loisir d’écouter et d’apprécier l’une des premières interviews du nouvel adjoint depuis sa nomination officielle le 21 juillet. Diane Vandermolina

Récit d’un début d’Eté Marseillais à Longchamp

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La veille du lancement de L’été Marseillais, rendez-vous était donné par l’équipe municipale en place le 28 juillet à 17h dans le bel écrin du Parc Longchamp, sous la fraîcheur des arbres.

Une fraîcheur qui contrastait avec la chaleur lourde et étouffante de cette fin d’après-midi sous le soleil marseillais. Nous arrivons quelque peu en avance afin de nous renseigner auprès des attachés de presse du déroulé de la déambulation promise sur l’invitation. Les photographes sont là, appareils dégainés, les journalistes arrivent au compte-goutte, la foule s’amasse autour de nous. Le temps de dire le bonjour aux quelques connaissances présentes dans l’assemblée, qu’à 17 heures pile – une ponctualité remarquable-, arrive la voiture de la Maire de Marseille. Michèle Rubirola en sort aussitôt, saluant ses adjoints présents ce jour. En dehors des premiers adjoints, tous étaient de la partie pour accompagner les annonces de L’été Marseillais par la Maire elle-même.

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Nous voilà, enfin, au cœur de l’action : tout d’abord, visite des espaces de la bibliothèque ambulante installée à proximité de la buvette du parc, avec ses livres pour enfants, ses tablettes et jeux éducatifs, ses origamis de chats et autres bêtes avec ou sans poil, son coin lecture. Conversation à bâton rompu avec les animateurs dont elle salue le travail, petite discussion informelle autour de l’importance du livre avec une bibliothécaire…. Le livre par lequel s’acquiert la connaissance est pour la Maire un élément fondamental dans l’éducation des enfants, outil majeur qui permet d’ouvrir les enfants au monde et de leur donner les moyens de se réaliser. Nous savons le fléau de l’illettrisme qui touche de nombreuses catégories de la population et ses conséquences sur l’employabilité des personnes, leur vie sociale et les souffrances psychologiques que cela entraine, la dévalorisation de soi, voire la violence.

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Les enfants se pressent autour de la Maire de la Ville, les parents prennent des photos, d’autres lui glissent un petit mot à l’oreille «  nous avons voté pour vous », « nous attendons beaucoup de vous », « nous croyons en vous »… Michèle Rubirola prend le temps de répondre à chacun, leur décrochant tantôt un sourire, tantôt un merci,  avant de prendre la direction de la buvette pour en rencontrer la patronne. Un petit récit de l’histoire de la buvette tenue par la même famille depuis des décennies, une photo de groupe et le cortège reprend sa course dans les allées du parc. Descente des escaliers pour atteindre le terrain de jeux, rencontre avec les mamans et les enfants, questions sur leurs attentes, quelques retardataires arrivent « mais c’est madame la Maire ? Bien sûr ! Wouaw », « c’est quoi déjà son nom ? »… Étonnement des habitués du parc, beaucoup d’exclamations incrédules, un enthousiasme notable, oui, c’est bien le mot : l’enthousiasme des usagers de la présence de Michèle Rubirola en chair et en os dans leur parc.

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Nous ressentons tout le long de cette visite un enthousiasme vibrionnant autour de la nouvelle Maire de Marseille. De la bienveillance également. Et un plaisir non feint… Elle bénéficie d’un instant de grâce suspendu depuis son élection mais les attentes des marseillais sont infinies, à l’image des promesses de campagne du Printemps Marseillais et de l’élan inédit qu’elles ont suscité au sein de la population marseillaise. Le plus dur est à venir mais le symbole est là, bien visible, palpable, à l’instar des grilles retirées de devant la Mairie Centrale : la Maire se veut ouverte et à l’écoute, proche des gens, une élue de terrain et de proximité, consciente de la tâche qu’elle a à accomplir, de la fonction qu’elle doit incarner. Après ce tour de parc à pas comptés et ce bain de foule, nous retournons à notre point de départ pour entendre l’allocution de la première magistrate de la Ville sur L’été Marseillais. Elle précise le contour de cet été particulier, spécifiant plus particulièrement que tout a été pensé dans le respect de mesures sanitaires et des gestes barrière.

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Néanmoins, à voir l’attroupement autour d’elle, entre les adjoints venus en nombre, serrés en rang d’oignon autour de la maire ; les journalistes réunis sur un petit mètre carré, micros braqués sous le menton de l’élue, les photographes se bousculant pour prendre la meilleure photo, les badauds pressés derrière nous, me reviennent en tête les images de la soirée électorale où l’on annonçait la victoire de Michèle Rubirola entourée de ses compagnons de campagne, voire celles de son élection la semaine suivante à l’issue du 3ème tour où la foule se pressait à ses côtés…. Je me remémore alors la présentation à la presse de la saison du Toursky, ses soirées ouvertes au public venu pourtant en nombre, et plus récemment ma participation au CIP Network Show au Stade Vélodrome, où -en dépit du monde venu à ces occasions- les gestes barrière, notamment les règles de distanciation sociale, étaient scrupuleusement respectés que ce soit en intérieur ou en extérieur, et je m’interroge… car ma collègue et moi-même, moites et transpirantes, attendons un peu à l’écart de cette assemblée, tendant une oreille pour entendre les échanges avec la presse. Les journalistes posent quelques questions, toujours groupés, tournant les mêmes images, prenant les mêmes sons, agitant leur forêt de micros sous le nez des élus présents…

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Nous attendons patiemment que la Maire s’extraie de la foule pour enfin pouvoir lui faire une micro-interview, à défaut d’une interview plus poussée sur L’été Marseillais. 1’30 ! Pas une seconde de plus, elle doit partir, ô frustration de ne pas avoir pu l’interroger sur le livre, un sujet qui semblait lui tenir à cœur, ou encore l’aménagement de la Plaine : entre le nombre d’arbres abattus et la petitesse des nouvelles pousses récemment plantées, filtre un soleil estival de plomb. Plus loin, nous apercevons le nouvel adjoint à la culture, Jean Marc Coppola, l’occasion idéale de l’interviewer sur la politique culturelle à venir, notamment pour les petits lieux et structures qui se battent pour une meilleure visibilité de leur travail. L’interview fut réalisée à l’écart de la foule, après avoir patienté que des confrères l’interrogent sur les bibliothèques. Une interview au cours de laquelle nous fûmes bousculées par deux journalistes peu précautionneux des mesures barrière, avides d’enregistrer la moindre parcelle d’entretien avec les nouveaux élus, faisant ainsi montre d’une absence totale de respect pour le travail de leurs consœurs.

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Ainsi s’est achevée la présentation de L’été Marseillais à l’issue d’un périple informel en plein cœur du parc Longchamp, sous le cagnard marseillais. Il ne restait plus qu’à rentrer, se doucher et méditer à tout cela !

L’été Marseillais EN BREF 

En proposant un « Eté marseillais » pour tous, la municipalité pose « la première pierre d’une ville » qu’elle souhaite « plus juste, plus verte et plus démocratique tournée vers ses habitants ». L’été Marseillais se décline en 4 volets : un été entre plages et calanques, un été vert et nature, un été culturel et un été en bonne santé.

Au menu :

Ouverture jusqu’à 22h des plages et des parcs, accès aux piscines 7j/7, initiation gratuites à des activités sportives pour tous et toutes, découverte du monde ultramarin (dispositif Hublot), des massifs forestiers et des fermes pédagogiques du Roy d’Espagne, du Collet des Comtes et de la Tour des Pins.

Également, nocturne musicale offerte chaque vendredi dans les musées, visites des lieux culturels de la ville (Opéra, Odéon…), bibliothèques hors les murs, avec « Idea Box » et « Lir’ô parc » ou encore la librairie itinérante à l’escale Borély (30 juillet et 1er août), projections cinéma avec ciné’ma plage au Prophète (du 5 août au 30 septembre), festivals en fête avec le Petit festival du Palais Longchamp* (du 13 au 29 août), concerts gratuits au conservatoire de musique…

Ainsi que la mise en place d’un dispositif d’école ouverte avec activités de soutien scolaire et animations culturelles ou ateliers de sensibilisation.

A ces nouveautés se rajoutent les traditionnels « grands » événements estivaux qui se sont adaptés à la situation sanitaire tels que le FID, Ciné Plein Air, le Delta festival, Vivacité, les Arts éphémères ou encore Manifesta dont le lancement a été reporté à la rentrée.

Cette pléiade de propositions permettra aux marseillais de profiter pleinement des joies de l’été  et de ses belles soirées « en toute sécurité » nous assure-t-elle. L’équipe municipale, consciente que le virus circule toujours, « a favorisé le plein air » dans l’organisation de la manifestation. « Toutes les précautions sont prises » insiste-t-elle et les équipes de la cellule de crise sont « attentives à l’évolution du nombre de cas ainsi qu’à l’impact du virus sur la population » qu’elle « refuse de priver de « vie » ». Diane Vandermolina

Le programme complet sur www.etemarseillais.fr [8]

* programmation de compagnies marseillaises faisant la part belle à l’humour et au théâtre musical. La compagnie En Avant-scène propose le 18 août en soirée “Barbara, Maria, Chrissie et Moi” interprété par Géraldine Baldini.

Crédit Photo DVDM

Le SMA et les acteurs intermédiaires de la filière musicale tirent la sonnette d’alarme

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Avis de tempête sur les Musiques Actuelles

Le SMA, Syndicat national des petites et très petites structures non lucratives de Musiques Actuelles, compte plus de 430 adhérents. Investi dans la défense des acteurs -petits et/ou intermédiaires et indépendants- de cette filière musicale, le SMA a pris l’initiative d’écrire un courrier au gouvernement et à la nouvelle Ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, aujourd’hui en route vers Avignon pour proposer un plan d’aide aux théâtres du Festival Off.

Le SMA précise dans un courriel que “la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid 19 que nous traversons depuis plusieurs mois impacte très violemment l’ensemble de l’écosystème culturel. Les interdictions de regroupements et mesures de distanciation nécessaires ont des conséquences évidentes et très concrètes pour l’ensemble de la filière du spectacle vivant, et par capillarité sur l’intégralité des entreprises culturelles reliées à cette filière. La filière des concerts de musiques dites actuelles présente quelques particularités ayant tendance à accentuer la crise évoquée : forte dépendance de la billetterie, faible niveau relatif de financement public, forte proportion de publics debout et en mouvement, habitudes de consommation plus volatiles, etc…”

En effet, les résultats d’une étude confiée à EY a révélé 4,5 milliards d’euros de manque à gagner pour la musique en France, soit 43% des revenus prévus en 2020 qui ont disparu. Plus de 15 000 spectacles ont été annulés ou reportés depuis le début de la crise. Pour le spectacle vivant, les pertes s’élèvent à 83% du chiffre d’affaires initialement prévu. Et l’urgence concernant l’éclaircissement de la potentielle réouverture des salles de spectacle ne semble pas encore avoir été entendue. Le SMA, en date du 20 juillet, écrit dans un communiqué de presse que :

Face à l’ampleur du choc économique et aux conséquences dramatiques pour tous les professionnels de la musique, les membres de TPLM ont rendu publiques dix propositions à l’attention du Gouvernement. La première de ces propositions consistait en une demande de clarté et d’anticipation quant aux conditions de réouverture des salles de spectacle et d’autorisation des festivals, afin de répondre au besoin de visibilité de la filière musicale. Un mois plus tard, force est de constater que cette demande reste vaine et toujours sans aucune réponse de la part du Gouvernement. Le décret n°2020-860 du 10 juillet 2020 n’apporte aucune précision quant aux règles applicables au-delà du 31 août. Les professionnels du spectacle ont également formulé des propositions concrètes, dans le cadre d’un protocole de reprise sur le volet « accueil du public », qu’ils ont remis dès les premiers jours de juillet au Gouvernement, comme ils y avaient été invités. Les entreprises de spectacle n’ont, à ce jour, toujours aucune visibilité sur une possible reprise de leur activité, entraînant de facto dans ce flou l’ensemble des salariés permanents et intermittents, et des professionnels avec lesquels ils travaillent.

La ministre de la Culture, Madame Roselyne Bachelot, l’a souligné dès sa prise de fonction : le secteur est « terrassé ». Elle a affiché sa volonté de faire redémarrer très rapidement les théâtres, les salles de concerts « dans des conditions sanitaires compatibles avec des conditions économiques viables ». Les professionnels réunis au sein de l’association TPLM souhaitent vivement cette reprise, dans le respect des consignes et précautions sanitaires nouvelles. Les entreprises ont besoin de perspectives aujourd’hui pour organiser la reprise de leur activité à partir de septembre : celle-ci nécessite du temps et ne peut se faire du jour au lendemain. Aussi, nous appelons à une clarification rapide des conditions et des délais de cette reprise des activités du spectacle. Alors que le Président de la République appelait à une « refonte de l’ambition culturelle française », et intègre aujourd’hui la culture au plan de reconstruction de la France, il est plus que temps de donner une date et les conditions de la reprise pour un secteur essentiel à la culture française : le spectacle vivant. Sans reprise pour les entreprises, la relance ne sera qu’un vain mot.

« Les professionnels de la musique demeurent dans le flou total quant à la reprise des activités du spectacle vivant. Nous attendons des réponses et des clarifications sur les délais et les conditions de cette reprise à court et moyen termes. Il s’agit de pouvoir donner quelques perspectives à des milliers de salariés, intermittents et entreprises de notre secteur, aux artistes, auteurs et éditeurs privés de scène, donc de revenus, mais aussi au public qui reste dans l’incompréhension face à la non reprise des concerts. La relance du spectacle touche au cœur de notre diversité culturelle. » conclut Jean-Christophe Bourgeois, président de Tous Pour la Musique [9]

Faisant suite à cette communication pour l’instant restée sans réponse, le SMA a lancé un appel via une Lettre ouverte au gouvernement en date du 23 juillet 2020 (reproduite ci-dessous).

En espérant qu’aux vues du nombre et de la qualité des signataires, leur requête puisse être entendue par le gouvernement et que la Ministre de la Culture propose un véritable plan de relance du secteur culturel, précisant le calendrier et les modalités des éventuelles ré-ouvertures de tous les lieux intermédiaires et petits, si durement frappés par la crise sanitaire, ces derniers ne bénéficiant que de miettes en terme de subventions, dépendant plus largement des recettes de billetterie, voire des ateliers ou cours mis en place au sein de leur structure. Diane Vandermolina

Tous debout contre la mise à genoux de la musique

Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Premier Ministre,
Madame la Ministre de la Culture,

Après plus de 4 mois d’arrêt complet et à moins de 40 jours de la reprise habituelle de nos saisons de spectacles, de nos tournées et de nos concerts, nous, artistes, techniciens, producteurs, organisateurs de concerts, prestataires et travailleurs indépendants, professionnels de la musique réclamons depuis plusieurs semaines un positionnement de votre part quant à une possible échéance de reprise des concerts « en configuration debout ».

Depuis le 31 mai dernier, il nous est en effet interdit par les décrets n°2020-663 puis n°2020-860 « prescrivant les mesures nécessaires pour faire face à l’épidémie » de produire, interpréter, organiser des spectacles en station debout pour le public dans les établissements recevant du public.

Nous avons pleinement conscience de la situation sanitaire et de ses incertitudes.

Cependant, plus le temps passe, plus il y a urgence pour nos professions à relancer l’activité malgré les dispositifs d’accompagnement économique et financier mis en place que nous saluons, mais qui ne sauraient garantir la pérennité de notre secteur.

Notre volonté, vous le savez, est une reprise à 100 % des capacités publiques des lieux à compter du 1er septembre 2020. Cependant, cette date est de plus en plus difficilement envisageable pour des questions inhérentes à la programmation et à l’organisation de tournées notamment.

Nous sommes aujourd’hui dans une situation économique, sociale et morale plus que délicate.

Nous avons depuis toujours démontré notre sens des responsabilités et notre capacité à appliquer avec rigueur les décisions de l’État et le cadre réglementaire s’appliquant à nos métiers. C’est ainsi qu’avec d’autres professionnels, nous vous avons remis des propositions concrètes dans le cadre de l’élaboration d’un protocole relatif à de possibles aménagements quant à l’accueil du public, en vue d’aboutir avec vous à des scenarii de reprises de nos activités.

D’autres secteurs professionnels (restaurants, cafés, cinémas, clubs sportifs…) ont procédé de la sorte et c’est ce qui leur a permis d’obtenir une réponse précise de votre part quant à un calendrier de reprise.
Aussi personne ne comprend le mutisme nous concernant, à commencer par le public qui nous interroge de manière insistante et qui nous dit son envie de reprendre le chemin des concerts.
Nous nous sentons abandonnés et méprisés par nos partenaires publics.

A l’occasion de votre nomination, Madame la Ministre de la culture, vous avez dit vouloir faire redémarrer très rapidement les théâtres et les salles de concerts dans des conditions sanitaires compatibles avec des conditions économiques viables. Messieurs les Président de la République et Premier Ministre, vous avez dit vouloir placer la culture comme secteur prioritaire de la relance.

Ne pouvant plus vivre dans l’expectative, nous vous demandons des perspectives claires et cohérentes de scenarii et d’échéances dès le prochain conseil de défense afin de pouvoir travailler au redémarrage de nos activités. Nos organisations professionnelles restent à votre disposition pour finaliser avec vous ce protocole en concertation avec l’ensemble des acteurs concernés.

Sûrs de votre attention et de votre soutien aux concerts, veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, Monsieur le Premier Ministre, Madame la Ministre de la Culture, l’expression de notre parfaite considération.

 

Contacts :

David Fourrier, La Sirène, david@la-sirene.fr, 06.34.40.26.35
Didier Veillault, La Coopérative de Mai, didier@lacoope.org, 06.07.53.03.42
Aurélie Hannedouche, SMA, dg@sma-syndicat.org, 06.99.10.75.75

 

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Premiers signataires

 

SALLES & LIEUX

La Sirène – La Rochelle / La Coopérative de mai – Clermont-Ferrand / Bataclan – Paris / L’Aéronef – Lille / Le Rocher de Palmer – Cenon / La Laiterie – Strasbourg / Le Krakatoa – Mérignac / La Rodia – Besançon / L’Épicerie Moderne – Feyzin / Casino de Paris – Paris /  L’Olympia – Paris / Le Liberté – Rennes / La Cave à Musique – Mâcon / L’Atabal – Biarritz / La Vapeur – Dijon / Le 106 – Rouen / La Halle Tropisme – Montpellier / Jazz à Poitiers – Poitiers / Petit Bain – Paris / Stereolux – Nantes / Le Zénith de Paris / La Cartonnerie – Reims / Fuzz’Yon – La Roche sur Yon / La Cave aux Poètes – Roubaix / La Lune des Pirates – Amiens  / Hydrophone / Festival Les Indisciplinées – Lorient / Le Bikini – Toulouse / Le Trabendo – Paris / Elysée Montmartre – Paris / La Maroquinerie – Paris /Le Trianon – Paris / Paloma – Nîmes / L’Ubu Club – Rennes / La Cigale – Paris / La Boule Noire – Paris / Arkéa Arena – Bordeaux / Le Zénith de Strasbourg / File7 – Magny le Hongre / Le Moulin – Brainans / Warehouse – Nantes / L’Etage – Rennes / Le SEW – Morlaix …

 

PRODUCTEURS : TOURNEURS

Uni-T Production – Paris / A Gauche de la Lune – Lille / Les Tontons Tourneurs – Mondeville / Olympia Production – Paris / La Station Service – Rennes / WART – Morlaix / Paris / Jostone Traffic – Orléans /Allo Floride – Paris / Radical Production – Angers / JUNZI Arts – Paris / Mélodyn – Brive / Caramba Culture Live / U Turn Touring – Bordeaux  / Ulysse Maison d’Artistes – Onet-le-Château / Voulez vous danser – Paris  / OCTOPUS – Fédération des Musiques Actuelles en Occitanie / The Link Productions – Poitiers / Soyouz [folklore moderne ] – Annecy / Bi:Pole, Festival Le Bon Air – Marseille / Corida – Paris / Booking Believe-Live / Speakeasy – Paris / PBOX  Producteur – Lyon / Dessous de Scène – Paris / AFX Agency – Lyon  / W Spectacle – Paris / Auguri Productions – Paris / Décibels Productions – Paris / Limitrophe Production – Marseille / Arachnée Productions – Paris / Asterios spectacles – Paris / Sakifo Production – Saint-Pierre, La Réunion / Bleu Citron – Toulouse / Base Productions – Bordeaux / Bl Music – Paris  / Gommette Production – La Rochelle / Murailles Music – Nantes/Paris / Jerkov Musiques – Toulouse / Run Productions – Lavausseau / Savoir Faire – Paris / Yuma Productions – Paris / My Favorite, Kongfuzi Booking – Paris / DuNose Productions – Ermont / Furax – Paris / Anteprima Productions – Paris / The Talent Boutique – Paris  / Cartel Concerts – Paris /Jarring Effects Label – Lyon / Garmonbozia – Rennes / Zamora Productions – Paris / Michaël Carsenti, MC*5 – Nice / Les Visiteurs du Soir – Paris / Le Rat des Villes, Simone – Paris / Zouave productions – Paris / Veryshow Productions – Paris / Super! Mon Amour – Paris / Azimuth Productions – Paris / Julie Tippex – Vincennes / Loud Booking – Lyon / DuNose Productions – Ermont / Play Two Live – Paris …

 

ARTISTES : GROUPES

Dominique A – Matthieu Chedid – Arnaud Rebotini – Thomas de Pourquery – Ibrahim Maalouf –Malik Djoudi – French 79 – Jane Birkin – Pomme – Gauvain Sers – Yael Naim – Feu! Chatterton – Jeanne Added – Gaëtan Roussel – Barry Moore – FIXI- Cali – Dionysos -Hollysiz – La Phaze – Naive New Beaters – Winston& Fixi- JAVA- ZAZ – Kad Merad – CharlElie Couture – Chevalrex –  Vitalic – Pauline Croze – Christophe Chassol – Lyre Le Temps – IAM – Danakil – Edgar Sekloka – René Lacaille – Disiz – Romain Humeau – Jérôme Dru, Jî – Tim Dup – Les Fatals Picards – Last Train – Chapelier Fou – Rodolphe Burger – The Psychotic Monks -La Maison Tellier – R.Wan, Soviet Suprem Java – Blick Bassy – Sandra Nkaké – Yves Jamait – Olivia Ruiz – Jean Felzine – The Liminanas – Wampas – Miossec – Erik Truffaz – Fred Nevché – Celtic Social Club – Dombrance – Rubin Steiner – Olivier Mellano – Kid Francescoli – Imhotep – LAAKE – Guillaume Aldebert – Morgane imbeaud – Emilie Marsh – Cyril Atef – Joachim Garraud – Les Ogres de Barback – Sanseverino – JESSICA93 – Wax Tailor – RONE – Cléa Vincent – Serge Teyssot-Gay – Laurent Bardainne – Macha Gharibian – Les Hurlements d’Léo – Robert Piazza, Little Bob Blues Bastards…

 

FEDERATIONS : SYNDICATS…

SMA – Syndicat des Musiques Actuelles / PRODISS – Syndicat national du spectacle musical et de variété / SNAM-CGT /FELIN – Fédération nationale des labels et distributeurs indépendants / RIM – Réseau des indépendants de la musique en Nouvelle-Aquitaine / RMAN – Réseau des Musiques Actuelles en Normandie / Fédéchanson / FFCF – Saint Germain en Laye / La Féma – Fédération des musiques actuelles en Bourgogne-Franche-Comté / FEDELIMA- Fédération nationale des projets et lieux musiques actuelles – Nantes  / COMBO 95 – Réseau des musiques actuelles en Val d’Oise – Cergy / Réseau Chanson Occitanie – Toulouse / Fédélab – Fédération des labels indépendants du Grand Est  / AJC – Réseau des diffuseurs de jazz en France / UFISC- Union Fédérale d’Intervention des Structures Culturelles- Paris / Zone Franche – Le réseau des musiques du monde – Paris / FAMDT – Fédération nationale des acteurs et Actrices des Musiques et Danses Traditionnelles / JAZZ(s)RA – Plateforme des acteurs du jazz en Rhône Alpes-Auvergne / Le PAM – Pôle de coopération des Acteurs de la filière Musicale en région Sud & Corse / Grand Bureau, réseau Auvergne-Rhône-Alpes des musiques actuelles / MAAD 93 – Réseau des musiques actuelles en Seine Saint Denis / RIF – Réseau des musiques actuelles en Ile-de-France / DE CONCERT ! Fédération internationale de festivals / SNDLL – Syndicat National des Discothèques et Lieux de Loisirs / SNDTP – Syndicat National du Théâtre privé / FNEIJMA – Fédération Nationale des Ecoles d’Influence Jazz et Musiques Actuelles / CAMULC – Syndicat des Cabarets Music-Halls et Lieux de Création / Haute Fidélité – Pôle régional des musiques actuelles Hauts-de-France / SMAE – Syndicat Métropolitain des Acteurs de l’Événement …

 

LABELS

Vicious Circle Records – Bordeaux  / Baco Records- Bordeaux / Talitres – Bordeaux  / Yotanka Records – Nantes / Only Lovers Records – Poitiers  / Citizen Records – Dijon/ FRACA!!! – Paris / Irfan, le label – Alba la Romaine / CMR – Chinese Man Records – Marseille / Soulbeats Records – Cissac Médoc / Banzaï Lab – Bordeaux …

 

MEDIAS

FERAROCK – Fédération des Radios Associatives Musiques Actuelles / Abus Dangereux mag – Bordeaux  / Gonzai – Paris / BeaubFM – Limoges / Radio Campus France / Prun’ – Nantes / Radio666 – Caen …

 

FESTIVALS

Orane / Marsatac – Marseille / Chauffer Dans La Noirceur – Montmartin sur mer / Les SUDS, à ARLES – Arles / Dub Camp Festival / Association Get Up – Nantes / Association Printival – Pézenas / Sakifo – Saint-Pierre – La Réunion / Festival Crossroads / La BIC – Roubaix / Le Chainon Manquant – Laval / Festival Fiest’A Sète – Sète / Festival Musiques Métisses – Angoulême / Charabia Festival – Reims / Usopop – Sare/ Les Rencontres Trans Musicales de Rennes / Festival Astropolis – Brest / Les Transes Cévenoles – Uzès / EUROPAVOX – Clermont-Ferrand/ BE BOP – Le Mans / Festival La 7ème Vague – Brétignolles sur Mer / Association Arts Attack! – Le Cargö x Nördik Impakt – Caen / Ecaussystème – Gignac / La Messe de Minuit – Lyon / Festival Papillons de Nuit – Saint-Laurent-de-Cuves / Festival Les Escales – Saint-Nazaire / Festival Chant’Appart – La Roche sur Yon / Festival Panoramas – Morlaix / Festival Sonic Protest – Paris / Les Nuits Secrètes – Aulnoye Aymeries /IOMMA – Saint Pierre – La Réunion / Les Francofolies de La Réunion – Saint Pierre / Motocultor Festival – Saint-Nolff / Le Bruit Qui Pense – Besançon / Les Vieilles Charrues – Carhaix / Pause guitare – Albi / Festival Beauregard – Hérouville  / Association FLaP / Festival le Cabaret Vert – Charleville-Mézières /Reggae Sun Ska Festival – Cissac Médoc / Levitation France – Angers / Touquet Music Beach Festival – Le Touquet / FestiVal de Marne – Val de Marne / Au Fil du Son – Civray / Festival fête du bruit- Landerneau / Rockomotives Festival – Vendôme / Festival GéNéRiQ – Belfort, Mulhouse, Pays de Montbéliard, Besançon, Dijon  / Festival Wazemmes l’Accordéon, Association Flonflons – Lille / Festival La Nuit de l’Erdre – Nort-sur-Erdre / Bars en Trans – Festival/ Au Foin de la Rue – Saint Denis de Gastines/ Festi’Val de Marne – Ivry sur Seine / Techno Parade – Paris  / Paris Electronic Week – Paris  / Xtreme Fest – Carmaux …

 

INDEPENDANTS / PRESTATAIRES

Eric Espaze – La boutique du spectacle – Paris / Regie-Scene – Landerneau / Alan Gac -Management Philippe Katerine / Cécile Legros – Attachée de presse / Brigitte Batcave- Attachée de presse indépendante / Marie Monteiro – Photographe indépendante / Sophie Louvet – Attachée de presse indépendante  / Nadine Simoni – Attachée de presse indépendante.  / Marie Britsch – Attachée de presse indépendante / Rodrigue Mercier-Louthioux – Manager indépendant/ Sorya Lum – Attachée de presse indépendante et manageuse / TIMON SAMPLAR – Christian Allex – Dijon – Direction artistique Programmation / Patricia Teglia – Attachée de presse / Marion Richeux – manageuse, paris  / Robin Genetier – Tour Manager, Macon / Laure Michelon – manageuse- Paris / Florian Leroy, manager  / Titouan Massé – Photographe …

La Culture dé-confinée et/ou en pleine déconfiture ?

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La Culture se dé-confine petit à petit entendons-nous ici et là. Mais qu’est-ce qui se cache derrière ce vocable général ? Dans sa large acceptation, la Culture, c’est ce qui fait Civilisation et participe au/du Patrimoine d’un pays : on peut y intégrer grosso modo le patrimoine historique matériel et immatériel, les arts (beaux-arts, photographies, sculpture etc….) et les lettres (auquel nous rajoutons le 9ème art, la BD), les arts du spectacle et le 7ème art souvent désignés par l’expression « divertissement » ( théâtre, danse, musique, cinéma etc…) sans oublier les arts de la bouche (la gastronomie française).  

Le cas problématique du spectacle vivant

Ici, nous allons parler plus particulièrement de spectacle vivant, de l’art théâtral, qui est bien plus qu’un simple divertissement et auquel ne se réduit point la culture. Mais avant tout, rappelons les différentes étapes du dé-confinement de la culture où les très grands rassemblements étaient et sont toujours interdits pour la plupart, annulés pour la plus grande majorité, remplacés par des manifestations réduites sur le même thème afin de pallier à l’absence totale de festivals estivaux.

Dès le 2 juin, la possibilité d’ouvrir les lieux de spectacles vivants, lieux de musique et théâtres dont les programmations avaient été annulées dès la mise en confinement du pays à la mi-mars où seules les activités essentielles étaient maintenues,  avait été évoquée par le gouvernement : une ouverture soumise à un protocole sanitaire drastique où les conditions d’accueil du public faisaient chuter la jauge à 22% de sa capacité d’origine, économiquement inenvisageable pour les lieux. Cette ouverture était de facto essentiellement limitée à d’éventuelles répétitions, les lieux ne pouvant proposer du jour au lendemain des concerts ou spectacles sortis de leur chapeau. Les cinémas, le 22 juin, rouvraient avec un assouplissement de la distanciation permettant d’accueillir le public par petits groupes d’amis ou en famille, séparés les uns des autres d’un siège, selon les nouvelles règles imposées, moins contraignantes. Pour le plus grand plaisir des cinéphiles, à grand renfort de campagnes publicitaires sur tous les supports et médias possibles, avec à l’affiche un très grand nombre de films à découvrir ! Certains musées avaient ouverts quant à eux mi-juin dans des conditions de reprise plus ou moins complexe selon la taille des lieux et l’envergure des expositions proposées, d’autres ont attendu la dernière semaine de juin pour ré-ouvrir.   

Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, n’est-ce pas Monsieur Leibniz ?

Les médias n’ont pas cessés de vanter ce retour à la vie normale de la culture mais est-ce un retour à la pratique normale des arts vivants ? Que nenni ! Les intermittents qui attendent toujours la publication du décret sur l’année blanche ne peuvent encore réellement travailler : certains ont la chance de répéter (dans des conditions souvent très ubuesques pour un art où la proximité est inhérente à sa pratique, sans parler des conditions de tournages…), d’autres de se voir proposer des dates (ou des reports de dates), mais la plupart risquent de rester longtemps sur le carreau si le public ne revient pas dans les salles de spectacle (une inconnue à ce jour) et si aucun plan d’urgence digne de ce nom n’est acté par le gouvernement (à quand des milliards pour le spectacle vivant ?) car à ce jour, aucune annonce n’a été faite concernant ce secteur particulier, porté par des structures déjà fragiles, aujourd’hui en très grandes difficultés, ces oubliées des politiques et des médias! On nous parle de musique certes, voire de danse mais sur le théâtre, pas un mot ! Il est vrai que la culture pour le gouvernement se résume à un grand divertissement : nos édiles ignorent – à dessein peut-être-  comment fonctionne l’art vivant et d’un Président -qui a pris des cours de théâtre dans sa jeunesse- on en attendait une meilleure connaissance. Hélas, hélas, hélas, on voit bien que le Théâtre et j’y intègre l’Opéra sont les dernières roues du carrosse, les plus exposés -qui plus est- à cette crise sanitaire (un jeune théâtre avignonnais « L’improvidence » vient de mettre la clé sous la porte), n’ayant d’autre essence que ce partage in situ et in vivo de la représentation donnée par des comédiens dans une réinvention quotidienne du jeu et reçue par un public, en communion immédiate avec l’œuvre, ainsi offerte à lui, à chaque fois renouvelée.

Se réinventer ? Quel camouflet lancé aux artistes !

« Artistes, réinventez-vous » nous scandent le Président, les médias et tous leurs porte-paroles : se réinventer, ou s’inventer à nouveau, se renouveler inlassablement, (s’) imaginer et (se) rêver, (se) recréer dans un constant souci de renouvellement, n’est-ce pas là  l’être (et l’essence) même du théâtre, se réinventer à chaque représentation, à chaque mise à la scène d’un texte, à chaque interprétation ? Se réinventer : un terme aujourd’hui vidé de son sens, qui ne signifie plus rien d’autre que sa propre vacuité et reflète surtout l’absence de connaissance de la culture et des arts vivants, du processus même de création. Pourtant, il est repris à toutes les sauces depuis quelques semaines et vaut pour tous les métiers tel un mantra détourné de sa raison d’être originelle : « réinventez-vous ! ». Ce mot psalmodié en boucle sonne comme une injonction, une obligation, une condition sine qua non sans laquelle nous ne serions, ni ne saurions être ! Cette injonction me rappelle le bâtonnage dans les médias qui ne cessent de reprendre en cœur les mêmes informations et les répètent à l’envi, rectifiant ci et là une virgule, une exclamation ou encore un guillemet.

Le bâtonnage désigne une activité en rien journalistique, devenue le fonds de commerce de la plupart des médias. Exit l’analyse critique, la réflexion, la mise en perspective : on copie et on colle une dépêche, on copie et on colle une info chaude etc…! Et tant pis pour les journalistes, eux qui souvent n’ont d’autre choix –il faut bien manger- que de s’y plier au risque d’être démissionnés, voire blacklistés! Ah, Quel gâchis pour une profession si belle et si noble ! Tout cela obéit à et participe d’un même principe: créer le buzz à tout prix pour faire de l’audience ou de l’audimat, multiplier les papiers sans intérêt qui ne nous apprennent strictement rien pour être en première page des moteurs de recherche, bref, avec pour conséquence terrible de dévoyer un métier et le sacrifier sur l’autel de l’économie et de la finance ! A l’image d’un tel fonctionnement médiatique, la Culture qu’on nous promet est conçue, d’une part pour abrutir le petit peuple, tel un gigantesque divertissement aliénant, d’autre part, pour flatter les élites qui vivent dans l’entre soi, tel un privilège réservé aux membres du sérail.

Et la culture bordel ?

Cette culture, moins visible, humble, populaire, vivante, fraternelle et multiple, parfois underground, celle-là on la tue à petit feu ! Or, c’est cette culture que j’espère continuer à couvrir par mes reportages, critiques et coups de cœur/ coups de gueule. Et c’est avec joie que j’assiste au refleurissement d’une partie de cette culture en ma ville ainsi qu’au regroupement de petits théâtres et d’artistes profondément touchés par la crise sanitaire… Pour un rabattage des cartes culturelles et la création d’un contre-pouvoir ? Diane Vandermolina

Des spectacles, oui, mais sans public et filmés s’il vous plaît !

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Vers une mise à mort du spectacle vivant déjà exsangue…

Demander aux artistes du spectacle vivant, notamment aux comédiens, de retrouver le chemin des théâtres pour y répéter leur création afin de proposer une captation filmée du résultat final sans public révèle une méconnaissance incroyable de l’essence même du théâtre qui est d’être joué en live et vu par un public in situ : les artistes se nourrissent des réactions du public indispensables à la vie même d’une création théâtrale. Le retour public est un élément fondamental d’une création, chaque artiste le dit. Et le théâtre, c’est ce partage des émotions entre des spectateurs et des artistes, entre la salle et la scène. Sa magie. Sa fragilité. Sa beauté. Sans public, point de théâtre ou de spectacle vivant, en attestent les comédiens qui ayant connu des salles où le public était rare et clairsemé ne peuvent que confier la difficulté qu’il y a à jouer.

C’est également une profonde ignorance du travail des acteurs du spectacle vivant et du fonctionnement du processus de création : si les répétitions doivent intégrer les mesures de distanciation et respecter les règles sanitaires édictées par les pontes de la médecine, voire celles qui ont été préconisées dans le rapport rendu à AUDIENS par le professeur François Bricaire, il sera bien difficile aux comédiens –en dehors des seuls en scène ou des duos interprétés par des couples de comédiens à la ville– de pouvoir répéter aisément. En effet, comme le précise le rapport, soit il est nécessaire d’avoir un mètre de distance entre chaque comédien (ce qui est un minimum quand on sait qu’un comédien en projetant sa voix peut postillonner jusqu’au premier rang dans une salle de spectacle), soit il est obligatoire de tester les artistes afin de savoir s’ils sont ou non porteurs du virus (à savoir qui paiera les tests quotidiens, pas de réponse). Ce qui  est pour le jeu théâtral un non-sens total car cela dénature le travail des artistes quand on sait que la proximité est une composante essentielle dans le processus de création théâtrale.

Il est également dit dans le rapport précité qu’il faut adapter la mise en scène à ces contraintes sanitaires : c’est un casse-tête supplémentaire pour le metteur en scène qui doit imaginer des scènes où les comédiens ne se rencontrent pas, inimaginable quand on monte une pièce de théâtre classique ou un boulevard. Il faudrait tout réécrire quitte à dénaturer le texte théâtral et en trahir son auteur. Pour certaines pièces contemporaines, la contrainte peut être moindre. Imaginons un metteur en scène qui relève ce défi, quel sera le résultat artistique de cette mise en scène contrainte ? Des comédiens jouant chacun à un bord du plateau, s’agitant à bonne distance les uns des autres ou mieux encore enfermés dans des cages en verre, criant leur texte ou le susurrant au micro, à l’image des stripteaseuses en vitrine dans certains sex-shops d’Europe du Nord ? Cela s’est déjà fait et cela s’appelle le théâtre expérimental : tous les comédiens et metteurs en scène auront-ils comme unique choix que de s’engouffrer dans cette brèche théâtrale qui n’attire que peu de curieux et rebute les amateurs de théâtre populaire ? Osons espérer que les autres formes théâtrales survivront à ces mises en scènes contraintes sinon on assisterait à une uniformisation et standardisation de l’art théâtral dont la magnificence réside en sa très grande diversité de genres.

Pour en revenir aux préconisations du Président Macron distillées lors de son entretien du 6 mai, capter un spectacle pour une diffusion TV ou internet nécessite des moyens humains et matériels couteux. Les prises de vue et le montage requièrent des besoins en matériels et logiciels de qualité sans parler de la présence d’un professionnel qualifié. La diffusion en streaming sur une plateforme ou un site internet nécessite également une bande passante pouvant absorber les flux des visionnages et la sécuriser… Tout cela a un coût et qui paiera la facture de ce surcoût ? Les petites compagnies n’en auront pas les moyens : elles peinent déjà à proposer des teasers acceptables à moindre coût. Seules les compagnies aux reins plus solides pourront faire appel à des vidéastes pour ce travail mais le rendu ne pourra jamais rendre la fragilité du jeu en live, ce qui fait que chaque représentation est unique et que nous pouvons aller voir plusieurs fois le même spectacle sans s’ennuyer. Le spectacle vivant en offrant ainsi sa matière vivante à la caméra pour devenir objet cinématographique signera son arrêt de mort sachant que nous ne jouons pas de la même façon au théâtre qu’au cinéma, que la mise à la scène est également différemment pensée au regard du temps et de l’espace de jeu : cette délicate et complexe mise en boite de l’art théâtral n’a-t-elle pas déjà été mise en lumière par Lars Von Trier dans Dogville où dans un décor tout théâtral et misant sur jeu théâtralisé -expérience par ailleurs non renouvelée-, il proposait un film au rendu déroutant ? Ainsi, les comédiens et metteurs en scène devront s’improviser acteurs et réalisateurs, le théâtre en devant ciné-théâtre perdra alors son âme et nous assisterons à la mort de cet art millénaire qu’est le spectacle vivant.

Autre conséquence, le public ne se rendra plus en salle pour aller voir du théâtre : déjà qu’il lui était difficile de pousser la porte d’un lieu de spectacle vivant par crainte que ce ne soit pas pour lui, ce phénomène risque d’aggraver le rapport du public au théâtre tout comme la mise en place du streaming et de la VOD a vidé les salles de cinéma en son temps. Ce sera le règne affirmé du tout écran, du chacun chez soi, du consommateur passif qui zappera d’une proposition à l’autre, sans réellement porter son attention sur les enjeux de chaque création, leurs questionnements.  Avec une telle proposition, les théâtres en sus des contraintes sanitaires qui limitent drastiquement leur ouverture (une salle de 50 places ne pourrait accueillir qu’au maximum 10 spectateurs, ce qui obligerait les compagnies à jouer 5 fois d’affilée pour espérer une recette honnête et multiplierait par 5 le coût technique du spectacle pour le théâtre l’accueillant) ne vont pas retrouver leur public avant bien longtemps.

 Quelles vont être les aides et solutions concrètes apportées par le gouvernement pour sauver la culture en dehors des aides annoncées au monde du cinéma et de l’allongement d’un an des droits des intermittents –obtenu non sans pression ? Peu de réponses satisfaisantes ont été données par le Président aux demandes du milieu culturel : envoyer les artistes à l’école (la bonne blague quand on sait que cela existe déjà depuis longtemps et n’est pas compté dans le calcul des droits), voire en colonie de vacances (à ceux qui ne sont pas titulaires du BAFA, passer votre chemin), leur demander de chercher des nouveaux publics (mais ne le font-ils déjà pas dans les cités, auprès des publics défavorisés,  éloignés de la culture?), passer des commandes publiques aux jeunes artistes (sous-entendu de moins de 30 ans) etc…

Des annonces desquelles sont oubliés les artistes précaires sans statut, les primo-entrant qui n’ont pas encore fait leurs heures pour bénéficier du statut, les petites structures et petits lieux oubliés des DRAC qui méconsidèrent leur travail et ne les comptabilisent pas leurs jolis tableaux Excel, tous ceux qui n’ont pas de subventions ou si peu et qui ne vivent que grâce aux cours de théâtre qu’ils donnent à des centaines de jeunes amateurs,  ceux-là ont perdu leur unique source de revenu et que leur dit-on ? On aidera tout le monde, bien sûr mais réinventez le spectacle vivant, réinventez des formes de travail nouvelles, réinventez-vous ! De là à ce que les artistes soient amenés comme à l’époque de la Chine de Mao à aller dans les champs ramasser les patates ou aller à l’usine dans une chaine d’assemblage, nous n’en sommes pas loin du tout quand on sait que de nombreux artistes pour subsister et continuer leur art contraint sont déjà amenés à accepter un travail alimentaire.

 Alors, oui, il y a des gens qui ne vivent pas de leur passion et/ou envient le statut des intermittents (ces privilégiés), nombreux sont ceux qui n’ont que faire de la culture, ceux-là même qui pourtant consomment séries TV sur séries TV (rappelons leur que ces séries sont le fruit du travail d’artistes qui sans ce statut les protégeant ne pourraient leur offrir ces séries qu’ils aiment tant), ils se moquent de l’avenir de la culture qui ne leur parait pas essentielle. D’ailleurs qui serions-nous pour les en blâmer ? « A chacun sa vérité » disait Pirandello. « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà » professait Pascal. Certes, nous ne voyons que ce que nous voulons bien voir en fonction de nos petits intérêts égoïstes et la culture si vitale pour les acteurs de la culture ne fédère qu’un groupe restreint d’afficionados et de passionnés en comparaison avec d’autres secteurs d’activité bien plus plébiscités par le grand public. Mais c’est oublier qu’en tant que secteur d’activité la culture représente 2.3% du PIB (47 milliards d’euro grosso modo en 2018) et plusieurs centaines de milliers d’emplois directs (un peu moins de 700 000 en 2017)*, ce qui est tout de même non négligeable.

Qu’attend donc le gouvernement pour proposer, en plus d’une aide d’urgence substantielle, des solutions concrètes ainsi qu’un planning d’action à moyen et long terme afin de rassurer tous les acteurs de la culture ? A défaut, ce ne sera pas seulement une année blanche pour les intermittents mais surtout une année noire pour tous les acteurs culturels et tous les métiers qui profitent de cette manne de consommateurs qu’elle draine dans son sillon ! Diane Vandermolina

*Source : ministère de la culture.  D’autres sources chiffrent les emplois directs à 1 million 400 000.

Image de Une: masque tombé/getty images/photo libre de droit

Alerte sur la situation alarmante du secteur du spectacle vivant- communiqué du Sénat

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Alors que les acteurs du monde de la culture attendent des réponses précises et concrètes à leurs interrogations concernant la crise qu’ils traversent du fait de l’arrêt complet du secteur culturel, grand oublié des annonces ministérielles et présidentielles des dernières semaines, la commission de la culture, éducation et communication du Sénat présidée par Mme Catherine MORIN-DESAILLY (Union Centriste ‑ Seine-Maritime) interpelle le ministre de la culture sur la situation alarmante du secteur du spectacle vivant.

Nous vous délivrons ici les grandes lignes du communiqué de presse adressé par le service presse du Sénat en date du 4 MAI:

“Depuis le 13 mars dernier, date de l’interdiction par le Gouvernement des rassemblements de plus de 100 personnes, le secteur de la culture est à l’arrêt. Musées, cinémas, salles de concerts et de spectacles, petits et grands évènements ont précipitamment fermé leurs portes ou été déprogrammés pour permettre d’endiguer la propagation du coronavirus. Dans l’attente de l’annonce d’un plan de soutien par le Président de la République, la commission de la culture du Sénat a souhaité, dans un récent courrier adressé à Franck Riester, interpeller le Gouvernement sur la situation alarmante d’un secteur qui représente près de 3,2 % du PIB français – soit sept fois la valeur ajoutée produite par l’industrie automobile – et plus d’un million et demi d’emplois.

Mobilisée sur le sujet depuis la création de trois groupes de travail transpartisans consacrés à la « Création » animé par Sylvie Robert (SOCR – Ille-et-Vilaine), au « Patrimoine » placé sous la responsabilité d’Alain Schmitz (LR – Yvelines) et aux « Industries culturelles » piloté par Françoise Laborde (RDSE – Haute-Garonne), la commission estime que les acteurs culturels doivent en premier lieu disposer de visibilité. Si certains établissements seront autorisés à rouvrir leurs portes dès le 11 mai (bibliothèques, médiathèques, « petits » musées), le sort des salles de spectacle, des cinémas et des « grands » musées reste toujours en suspens. De même, les « petits » festivals sont plongés dans le désarroi, compte tenu de l’annonce d’une interdiction, au moins jusqu’au 2 juin, des rassemblements de plus de 10 personnes sur la voie publique comme dans le cadre privé. La commission estime que les acteurs culturels ont besoin d’une clarification rapide sur le sort qui leur sera réservé, non seulement pour les mois à venir, mais également pour la nouvelle saison lancée à l’automne.

La commission souligne que les acteurs culturels réclament également la définition d’un cadre national visant à préciser les règles applicables au moment de la levée des interdictions. Elle appelle de ses vœux l’établissement d’un protocole sanitaire par le ministère, en association avec les collectivités territoriales et les associations du secteur, comparable à celui défini pour l’ouverture des établissements scolaires, permettant au secteur de préparer sereinement la réouverture des établissements culturels et la programmation des spectacles.

Elle estime que cette crise constitue par ailleurs l’occasion d’avancer sur la question du statut des artistes auteurs ou la structuration de certaines filières, à l’instar de celle des arts visuels. Catherine Morin-Desailly assure que « le lancement de tels projets innovants et mobilisateurs permettrait de répondre enfin aux inquiétudes exprimées avec force par l’ensemble des professionnels concernés au cours des semaines écoulées ».

La commission souhaite enfin attirer l’attention du ministre sur la nécessité de rétablir une véritable concertation avec les acteurs culturels ainsi qu’une étroite coordination avec les collectivités territoriales, placées en première ligne en matière de soutien à la culture et d’organisation de la vie culturelle sur les territoires. Les membres de la commission demandent à ce sujet au ministre de leur fournir de plus amples informations concernant l’ordre du jour des prochaines réunions du Conseil des territoires pour la culture (CTC) ainsi que les modalités de fonctionnement, la composition, le périmètre d’intervention et le calendrier des travaux de ses déclinaisons régionales.”

Le courrier adressé par Mme Morin-Desailly au ministre de la culture au nom de la commission est disponible ci dessous. Bonne lecture ! DVDM

Courrier pour M. Franck RIESTER [13].

 

Des temps d’incertitude (II)

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FESTIVALS ET CULTURE 

À l’occasion de l’audition en visioconférence de Franck RIESTER, Ministre de la Culture, le jeudi 16 avril, la Commission de la Culture et de la Communication du Sénat a interrogé le Ministre sur la situation du secteur des industries culturelles, largement sinistré par la crise du covid19, et la réponse qu’il compte apporter au secteur, en particulier les artistes intermittents du spectacle ou non, et les artistes-auteurs. Elle a également pressé le Ministre à répondre aux interrogations concernant les modalités de soutien aux festivals d’Eté contraints d’annuler leur programmation ainsi que l’éclaircissement de ses propos entendus le matin même sur France Inter sur le maintien possible des petits festivals.

 

Eléments de réponse du Ministre de la Culture développés lors de son audition par le Sénat

 

Sur les intermittents du spectacle et les artistes auteurs

Le Ministre a annoncé une prolongation des droits des intermittents à partir du 1er mars jusqu’à minima le 31 mai – voire jusqu’au 31 juillet selon certaines sources- avec un allongement de la période de référence à maxima de 5 mois pour l’ouverture des droits. Cependant, « la question du report de la date anniversaire d’un an » demandé par les syndicats pour permettre aux intermittents de faire face aux incertitudes de la sortie de la crise –il est évident que l’activité culturelle ne reprendra pas de sitôt et que les intermittents vont connaître une longue période de vache maigre, les difficultés économiques que subissent de plein fouet les structures culturelles et organisateurs d’événements les embauchant vont se répercuter à tous les niveaux- « n’est pas à l’ordre du jour » a tenu à préciser le Ministre. Ce qui ne va pas manquer de faire bondir les concernés qui réclament d’ors et déjà de reconduire automatiquement les droits des intermittents d’une année en se basant sur les déclarations de 2019.

Néanmoins, souhaitant ne laisser personne sur le bord de la route, « il faut s’occuper de ceux qui ne rentrent pas dans les cases » comme il l’a répété plusieurs reprises, il a tenu à préciser que le Ministère de la Culture en lien avec Audiens est en cours de création d’un fond de professionnalisation spécifique pour les artistes qui n’ont pu parvenir à ouvrir leurs droits au régime spécifique des intermittents avant la crise du Covid19. Les modalités d’accès à ce fond de solidarité seront détaillées ultérieurement dès qu’il sera finalisé.

Les artistes auteurs sont quant à eux éligibles au fond de solidarité spécifique mis en place par le Ministère de l’Economie et peuvent en faire la demande sur le site de la DGFIP : conscient des difficultés techniques qu’ils rencontrent pour finaliser leur demande sur le site, tout va être mis en œuvre pour que tout soit opérationnel au plus tôt. Cependant, il serait également de bon aloi que « cette crise permette enfin d’avancer sur le statut des artistes‑auteurs ou la structuration de certaines filières, à l’instar de celle des arts visuels » pour reprendre les mots de la présidente du Sénat, Catherine MORIN-DESAILLY.

« La commission du Sénat sera très attentive à ce que nul ne soit exclu pour des raisons tenant aux spécificités d’une profession au statut duquel il est désormais impératif de travailler » insiste-t-elle. 

 

Sur la question des structures culturelles

Afin de soutenir les théâtres privés non subventionnés de France, un plan de soutien est en élaboration avec l’ASTP (l’association pour le soutien du théâtre privé) entre autres partenaires dans la mesure où souligne le Ministre, « ce plan de soutien doit bénéficier à tous les théâtres privés français et non aux seuls théâtres parisiens. Il sera doté de 5 millions d’euros. »

Il a confirmé que « les associations culturelles subventionnées pouvaient également cumuler demande de chômage partiel et subventions publiques ».

Des annonces ont certes été faites ce jour mais les modalités concrètes de répartition des crédits du fonds d’urgence entre les différentes structures et professionnels ainsi que l’agenda de mise en place de l’action de soutien aux théâtres privés ou encore aux professionnels non intermittents n’ont pas été réellement abordées ce jour.

 

Sur les festivals

Le Ministre de la Culture a insisté sur la nécessité de travailler en coordination avec les représentants des DRAC (une personne dédiée à la question des festivals a été nommée, ndlr), les préfets et les élus de terrain afin de faire remonter les besoins et étudier la faisabilité ou non des festivals au-delà de la mi‑juillet au cas par cas:  « Il serait plus facile de tout annuler jusqu’à la fin août mais nous préférons éviter d’imposer une solution unilatérale et privilégier le cas par cas pour le maintien ou non des festivals de petites tailles en prenant en compte les spécificités du terrain » assume-t-il, se présentant en chantre de la décentralisation.

Si la sécurité sanitaire du public est assurée, avec distanciation sociale, port du masque et mise à disposition de gel hydro-alcoolique, il explique qu’un « festival avec un musicien sur scène et 50 spectateurs » pourrait être maintenu dès le 11 mai. Son exemple n’a pas manqué par la suite de faire rire jaune le monde culturel et d’attiser les foudres et moqueries du milieu. « La sécurité sanitaire est ma première obsession ; la seconde est l’accompagnement des acteurs culturels pour permettre aux artistes de retrouver leur public » justifie-t-il. Encore faut-il que le public soit au rendez-vous et que des dates soient avancées.

Car son choix du cas par cas et les incertitudes engendrées « risquent de placer les organisateurs de festivals, dont l’équilibre économique est déjà souvent difficile à atteindre, dans des situations impossibles : il ne répond en aucun cas aux attentes de clarifications actuelles » préviennent à juste titre les sénateurs.

 

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Attentes et inquiétudes du monde de la Culture portées par la voix des sénateurs de la commission qui insistent sur l’urgence de réponses concrètes

 

En sa qualité de présidente de la commission culture et communication du Sénat, Catherine MORIN-DESAILLY a indiqué que la commission attendait maintenant la présentation du grand plan de soutien à la culture, qui doit offrir à tous les acteurs du secteur « de réelles perspectives non seulement d’aide pour passer ce cap difficile mais également d’avenir, afin de permettre au secteur non seulement de survivre, mais également de se projeter, d’anticiper et de continuer à créer. Les acteurs culturels demandent à pouvoir anticiper leurs décisions, quitte à devoir s’adapter pour s’organiser. Ils ont besoin de décisions de la part du Gouvernement », continue-t-elle en faisant référence à la préparation de la saison 2020/2021 à venir.

En effet, « La crise sanitaire frappe durement le monde culturel*. Sans aide suffisamment forte, les répercussions dans de nombreux autres domaines de la vie économique et sociale seront immenses, tant la culture est un vecteur de développement économique, de cohésion sociale et d’attractivité des territoires » a-t-elle souligné. Les mesures sectorielles déjà mises en place doivent être étoffées.

C’est aussi ce qu’attendent tous les acteurs culturels : une vision à long terme pour redresser tout un secteur déjà fragile, qui plus est grandement impacté par l’augmentation des coûts de sécurité depuis les attentats de 2015, aujourd’hui lourdement touché par la crise sanitaire.

 

Nous conclurons par les mots de la présidente du Sénat : « Il faut à la fois un plan d’urgence pour sauvegarder les emplois et soutenir les structures les plus fragiles et penser d’emblée un véritable plan de relance pour faciliter la reprise de l’activité, faute de quoi les dégâts pourraient être considérables ». Voire potentiellement irréversibles, rajouterons-nous. Diane Vandermolina

*590 millions de pertes pour le spectacle vivant et 37900 emplois menacés, estimation du Prodiss, le syndicat de professionnels de l’art. http://www.prodiss.org/fr/actualites/2020/03/spectacle-vivant-prive-590-meu-de-pertes-ca-37-900-emplois-menaces [15]

Image de Une et d’illustration (livre blanc ouvert) : photo libre de droit/source: Gettyimages