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Richard Martin ‘dit’ Léo Ferré à Saint Petersbourg le 29 mai
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Лео Ферре Léo Ferré/ Ришар Мартэн Richard Martin : ‘La Mémoire et la Mer’
Mardi 29 Mai 2018 SAINT PETERSBOURG est à L’HEURE FRANCAISE
Le Bateau ivre et La Mémoire et la Mer
Pour l’ouverture d’un festival, celui de Raduga ou Rainbow, le Théâtre Bryantsev de Saint Pétersbourg invite deux brillants artistes : Richard Martin, comédien, auteur, metteur en scène, dramaturge et directeur du Théâtre Toursky à Marseille, et Vincent Beer-Demander, musicien éclectique, compositeur, chef d’orchestre. Pour les accompagner rien moins qu’un orchestre symphonique russe.
Au programme, ‘La Mémoire et la Mer’ et ‘Le Bateau Ivre’, Léo Ferré et Arthur Rimbaud en émissaires magnifiques de la culture française.
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Saint-Pétersbourg est une ville magique et majestueuse où coule la Neva, une ville impériale ouvrant sur le golfe de Finlande et la Baltique. Centre culturel de la Russie, la ville compte des dizaines d’établissements prestigieux tels que le théâtre Mariinsky, temple de l’opéra et de la danse, que nous avons pu applaudir au Théâtre Toursky à Marseille pour le festival russe. Qu’il s’agisse du fabuleux Musée de l’Hermitage, des palais environnants, des églises… la métropole, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, recèle des trésors inestimables. On peut aussi frissonner dans le Palais Youssoupov à l’évocation de l’assassinat du célèbre Raspoutine, parcourir la fameuse Nevski Prospeckt, artère vibrante de la ville, marcher sur les traces des plus grands écrivains russes, s’enivrer de théâtre, de ballets, d’opéras… Lorsque la ville épouse l’hiver, il y fait froid, mais jamais dans les cœurs slaves. Les Russes sont généreux, accueillants, chaleureux. Ils apprécient par-dessus-tout la culture et l’amitié. L’âme russe est une âme poète teintée de mélancolie.
A la proue, Richard MARTIN et Vincent BEER-DEMANDER
Le poète et le chef d’orchestre musicien
Avec « La Mémoire et La Mer », en novembre 2017, Richard Martin, au sommet de son art et Vincent Beer-Demander, le Paganini de la mandoline, avaient littéralement ébloui les spectateurs du théâtre Toursky à Marseille, debout, subjugués. Sur scène un ménestrel chef d’orchestre et un amoureux fou de Ferré, deux artistes immensément talentueux, avaient conjugué leur passion fraternelle, un triomphe.
[3]Vincent Beer-Demander et Richard Martin
Et l’on peut augurer du même succès dans un pays où la langue française et la poésie ont une place prépondérante. Richard Martin, à la voix magistrale et au timbre chaud, dit avec force et ardeur ce sommet de la poésie et de la chanson française, mélange de sexe, de mots, de mer, d’une beauté surprenante et rare. Quand Richard Martin allie la voix à la musique, quand le grand comédien côtoie Léo Ferré, son ami, son frère, quand il lui emprunte les mots, le résultat est bouleversant. Avec ‘La Mémoire et La Mer’, magnifiquement interprété par ce grand comédien qu’est Richard Martin, c’est Léo qui se dresse sur scène, avec ses sourires, sa tendresse, ses passions. Nul-doute que l’émotion étreindra avec autant d’intensité, les spectateurs du théâtre Bryantsev.
[4]Vincent Beer-Demander
« Quelle bonne idée qu’a eue Richard Martin, nous dit Vincent Beer-Demander, de me prendre dans ses bagages pour fêter le poète Léo Ferré et donner à entendre au public de Saint Pétersbourg ce merveilleux poème de La Mémoire et La Mer que nous avons eu le bonheur de donner en novembre dernier au Théâtre Toursky avec l’Académie de Mandolines de Marseille et mon ami guitariste Maxime Vagner. Mais le mardi 29 mai, pour cette soirée franco-russe du Rainbow (Raduga) Festival de Saint Pétersbourg, ce n’est pas un orchestre de mandolines et guitares qui accompagnera Richard Martin, mais bien un grand orchestre symphonique ! ‘Je veux des trompettes, des trombones, des timbales… m’a dit Richard !’ Entendu ! Du papier à Musique, un crayon et quelques nuits pour construire une partition sur mesure ! Léo Ferré adorait l’orchestre, aimait le diriger et composait lui-même pour le symphonique, ce qui a rendu moins difficile mon travail d’orchestre, le poète ayant déjà imaginé son piano comme une réduction du grand orchestre. En deuxième partie, ce sont mes propres musiques qui accompagnerons le Bateau Ivre de Arthur Rimbaud que Léo aimait tant chanter et que sait si bien incarner le Directeur du Toursky ! »
Les hasards étant parfois bienvenus, Vincent Beer-Demander, en tournée en Russie, a pu retrouver Richard Martin et l’orchestre symphonique de Saint-Pétersbourg le 23 avril dernier pour y répéter La Mémoire et La Mer.
Le Théâtre Bryantsev à Saint-Pétersbourg (photo de Une): Un nouveau théâtre pour une nouvelle génération de spectateurs
Place Pionerskaya à Saint Pétersbourg, en Russie, à plus de 3000 kilomètres mais à seulement 5 heures d’avion, se dresse un bâtiment à l’allure imposante, le splendide Théâtre Bryantsev.
Le premier Festival Raduga (Arc en ciel) a eu lieu en 1999. Etabli et dirigé par le Théâtre Bryantsev de Saint-Pétersbourg, il a été fondé par le ministère russe de la Culture, l’Union théâtrale de Russie, l’ASSITEJ Russie et le gouvernement de St. Pétersbourg. Le Festival Raduga se déroulera du 29 mai au 4 juin 2018. Le concept du Festival est : ‘Un nouveau théâtre pour la nouvelle génération de spectateurs’.
Choisir de procéder à l’ouverture de ce festival avec Richard Martin, Léo Ferré et Vincent Beer-Demander, démontre, de la part de la part des Saint-Pétersbourgeois et des Russes en général, combien encore, la culture française, revêt d’importance à leurs yeux. Il faut saluer ces initiatives d’échange culturel, vecteurs d’ouverture et de fraternité entre les peuples, liens indéfectibles entre les hommes de bonne volonté.
A l’occasion de l’ouverture du 21e festival russe du théâtre Toursky, Richard Martin écrivait :
Artistes du monde entier, faisons alliance
« Quelle chance d’avoir autant d’amis venus de toute la Russie. Résister aujourd’hui c’est aussi ne rien lâcher de cette fraternité tissée année après année, festival après festival, avec les artistes venus de l’Est ou de n’importe où dans le monde.
Quelles que soient les pressions conjoncturellement exercées par les politiques du moment, il est urgent de tenir bon, de poursuivre et cimenter nos relations d’amitié forte qui portent la mémoire de l’intelligence des autres en la partageant.
Artistes du monde, faisons alliance. Cessons de faire semblant de ne pas comprendre que, au seuil des catastrophes annoncées, il est plus que jamais évident que les portes de secours ne s’ouvriront que sur nos échanges, nos rencontres, nos rassemblements artistiques, leurs poétiques créations et leurs visionnaires imaginations.
Seul un souffle d’intelligence sensible nous offrira les solutions d’humanité pour sortir de la boue nos républiques. »
Lorsque les rayons de soleil traversent les gouttes d’eau, se forme un arc-en-ciel, une réfraction de la lumière. Le festival Raduga a choisi ce nom, la poésie et musique en ont les couleurs. A Saint-Pétersbourg Richard Martin et Vincent Beer-Demander seront sous un arc-en-ciel où se réfléchissent celles de la fraternité. Puis, sans-doute, à l’issue du concert, trinqueront ils avec une vodka ‘do dna’ (cul sec) !
« Un mot aimable est comme un jour de printemps », dit un proverbe russe. En ce joli mois de mai, la poésie et la musique leur murmureront les nôtres.
Danielle Dufour-Verna
Pour faire la fête, rappel aux citoyens : le Théâtre Toursky à Marseille vous invite à ‘Faites de la Fraternité’ les 25 et 26 mai 2018.
Événement autour de Fellini à l’Institut Culturel Italien de Marseille (exposition jusqu’au 4 mai)
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C’est à nouveau ‘la Dolce Vita’ à l’Institut Culturel Italien de Marseille avec Francesca FELLINI
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Fellini et sa nièce Francesca à l’époque du tournage d’Amarcord
Splendide initiative de l’Institut Culturel Italien dont le programme est un kaléidoscope d’évènements culturels de grand intérêt et de rencontres rares, offrant gratuitement au public l’occasion de recevoir un peu du soleil de cette Italie proche et fraternelle et de mieux appréhender l’art de ce pays..
Elle a la chevelure rousse et dorée des Vénitiennes, un grand sourire, une sympathie communicative et un charme fou. Elle s’exprime en français avec un adorable accent italien. Si le temps n’était compté, on voudrait l’entendre parler longtemps de cet oncle qu’elle adore et qu’elle fait revivre à chaque mot ; de ce parrain poétique et plein d’humour qui, la prenant dans les bras lors de sa naissance, dira -« Qu’elle est belle cette petite poupée, elle a de la rouille sur les cheveux », car les parents avaient attendu dix ans avant d’avoir leur petite fille. Elle, c’est Francesca Fabbri Fellini.
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Dessin de Federico Fellini : Francesca Fellini -sa Fellinette- comme aimait à l’appeler son oncle, avec le manteau qu’il lui avait offert.
Exposition ‘Il cibo nei Disegni di Federico Fellini’ (la nourriture dans les dessins de Fellini)
« La vita è una combinazione di pasta e di magia » (la vie est une combinaison de pâtes et de magie – Federico Fellini)
Ce jeudi 5 avril 2018, dans ce lieu de culture et d’ouverture qu’est l’Institut Culturel Italien de Marseille, a été inaugurée, à l’instigation de son éminent directeur, Francesco Neri, l’exposition ‘Il Cibo nei Disegni di Federico Fellini’, en présence de Francesca Fellini, nièce du réalisateur et journaliste. Cette exposition, que l’on peut admirer jusqu’au vendredi 4 mai, regroupe 19 tableaux réalisés par le metteur en scène à différents moments de sa carrière. Fellini a eu très tôt un rapport étroit à la nourriture. Avec son père, agent de commerce alimentaire, les meules de parmesan parfumaient la maison. Une part importante de l’exposition est composée de dessins tirés du célèbre livre des rêves, le journal intime de Fellini, qu’il a rédigé pendant trois décennies environ, une œuvre onirique exposée actuellement au Musée de la ville de Rimini.
Il Cibo
L’exposition est visible jusqu’au vendredi 4 mai 2018
Fellini, rêveur d’humanité, magicien du rêve
Fellini était d’abord un caricaturiste de talent. La caricature est évidente dans ses films, mêlée au surréalisme, à la tendresse, à l’humour : tout l’univers de Fellini. Il entre au Journal satirique Marc Aurélio, à Rome, en 1938. Il y fera ses marques avec des compagnons qui ont pour noms : Ettore Scola, Cesare Zavattini… Là prendront forme les personnages typiques de leurs films. Federico Fellini est né le 20 janvier 1920 à Rimini et mort le 31 octobre 1993 à Rome. Son frère Ricardo naît en 1921 et sa sœur Maria Maddalena en 1929. Francesca est la fille de Maddalena, nièce et unique héritière du grand maître, porteuse de son histoire. Elle nous en fait part avec minutie, sincérité, passion, associant dans un même élan de tendresse sa tante, l’immense et inoubliable actrice Giulietta Masina, l’épouse, la muse, dont les yeux pétillants de malice et de bonté ont fait chavirer le cœur de Fellini à jamais. Eternelle Cabiria, malicieuse Gelsomina au visage enfariné et pathétique, sublime et émouvante Juliette des esprits, elle a rejoint son mari seulement quatre mois plus tard. Indissociables dans la vie, leur amour les rassemble par-delà la mort.
En bonne Italienne, Francesca Fabbri Fellini parle avec les mains. Telle une pasionaria, l’élan, l’ardeur de ses propos défie le temps, si court, d’une conférence. On perçoit qu’elle a reçu, de Fellini, l’humour, la truculence, la jovialité, la dérision, mais par-dessus tout l’intelligence. Cette journaliste, cette femme, cette nièce qui vient raconter son oncle, ne joue pas ! Elle est entière. Elle met à nu son âme et l’ombre du génie parcourt la salle, un frisson, vite effacé par un éclat de rire.
Giulietta Masina et Federico Fellini
Quand un nom de famille devient un adjectif… L’Italie, c’est FELLINI.
Elle fait bien, la petite « fellinette », de nous livrer cette part intime de son oncle ‘Chicco’ (lire Kicco, diminutif de Federico) car Fellini fait partie de l’histoire universelle du cinéma et ce faisant, il appartient aussi à son public. A tel point que le mythique studio 5 de ‘Cinecittà’ à Rome, le temple personnel du metteur en scène, a pris le nom de ‘Studio Federico Fellini’. L’univers de Federico est devenu Fellinien. Qui peut voir Rome avec les mêmes yeux après Fellini ? Le regard aiguisé, amusé, distendu, fantastique du réalisateur, ce regard a réellement changé celui que les hommes posent sur les choses, sur les êtres. Contrairement à ce que d’autres ont écrit, je ne dirai pas que Fellini hante l’Italie : l’Italie est Fellini.
STUDIO 5 : le monde de Fellini
Désormais, nous dit Francesca, tous les réalisateurs entrent dans le monde de Fellini, ce magicien de l’âge d’or du cinéma italien. Scorsese, Spielberg, Bergman et tant d’autres sont tous ses fils spirituels.
Le grand Fellini va à la rencontre du jeune Spielberg et lui fait découvrir Rome (photo conservé par Spielberg dans son bureau)
Que ce soit dans ‘Santa Sangre’ de Jodorowsky, ou dans ‘La grande Bellezza’ de Paolo Sorrentino, en passant par ‘Salo’ de Pasolini (même si c’est moins évident), ‘La grande bouffe’ de Marco Ferreri, ‘Underground’ de Kusturica, ‘1984’ de Terry Gilliam, ou encore ‘Nine’ de Rob Marshall (dans une Rome de nuit, rendant hommage à la scène de la fontaine de Trevi dans la Dolce Vita), tous ont reçu plus que l’influence,la marque du génie Fellini, habité par une constante interrogation du réel. On y retrouve ‘La richesse et la complexité des personnages, l’onirisme, le goût pour l’excentricité et la confusion entre l’artifice et le réel’. A partir de Fellini, le monde du cinéma n’a plus été le même. Un bouleversement gigantesque, à la hauteur du personnage. Qui n’a pas en tête une image, une scène, une voix, ne serait-ce qu’une impression des films de Fellini ? Voir ressurgir ce monstre sacré, c’est entrer dans un monde à part. Par la bouche de Francesca, c’est l’oncle, le mari, le frère que l’on apprend à connaître, généreux, tendre. L’honneur est immense de côtoyer celle qui transmet son héritage. Dans la salle comble de l’Institut Culturel Italien, le rire et la bonne humeur de la protagoniste de la soirée et de son non moins sympathique compagnon, Graziano Villa, photographe d’art, vont laisser place à une émotion profonde lors de la projection du film d’Ettore Scola, une magnifique docufiction.
À l’occasion des vingt ans de sa disparition, Qu’il est étrange de s’appeler Federico retrace l’incroyable parcours de l’immense réalisateur italien Federico Fellini, et notamment la grande histoire d’amitié qu’il partagea avec Ettore Scola, son compatriote cinéaste de onze ans son cadet. Il évoque celui qui fut à la fois son mentor et son ami, et dont le parcours fut souvent entremêlé avec le sien – de leurs débuts au sein du journal Marc Aurelio à leur consécration mondiale en tant que cinéastes. Comme lui, Ettore Scola, décédé en 2016, commença sa carrière en tant que dessinateur. Comme lui, il réalisa des chefs-d’œuvre : ‘Nous nous sommes tant aimés’, ‘une journée particulière’ ‘Affreux, sales et méchants’ etc. Le film de Scola raconte un demi-siècle d’amitié entre deux immenses réalisateurs et un acteur non moins immense, Marcello Mastroianni, l’ami de toujours.
Federico Fellini et Marcello Mastroianni
« J’avais envie de parler avec Federico, de convoquer des souvenirs, de retrouver des conversations, des documents, des dessins qu’il avait faits… On riait beaucoup avec Federico, de la vie, du monde et de lui-même. » (Ettore Scola)
‘Qu’il est étrange de s’appeler Federico’
Réalisé par Ettore Scola à l’occasion du vingtième anniversaire de la disparition du grand réalisateur, cette docufiction est un portrait/souvenir drôle et émouvant de Federico Fellini dans lequel le réalisateur privilégie une esthétique forte et atypique.
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‘Un documentaire sur Fellini? Non, car si Ettore Scola prend de la matière vécue telle qu’il l’a pratiquée au fil d’une longue amitié, il brouille les frontières entre les faits et les songes. Une fiction? Pas davantage, les personnages et les œuvres sont authentiques et on les reconnaît tels qu’ils se sont inscrits dans l’histoire du cinéma.
Qu’est-ce donc, alors, ce film avec son curieux titre Qu’il est étrange de s’appeler Federico? Ettore Scola raconte ses années Fellini. C’est une fantaisie de la mémoire, qui renoue à travers l’absence les liens tissés jadis, avec la même spontanéité flâneuse que si les deux amis improvisaient une virée dans les rues de Rome.
C’est aussi un portrait fait de réminiscences et de morceaux de pellicule, truffé de rires, ombré de mélancolie, une construction poétique. Dès le premier plan, qui sera aussi le dernier, Fellini est là: assis de dos dans un fauteuil de metteur en scène, sur une plage, face au spectacle splendide de la mer et des nuages. On ne voit de lui qu’un chapeau, une veste noire et une écharpe rouge, magistral !’
Des scènes oniriques, d’autres poétiques avec des références à l’univers du cirque, loin de la satire sociale qu’il maniait avec délice, une musique sublime synonyme de nostalgie, Ettore Scola envoie à son ami, son mentor, un message d’amour. Tous deux, à leur manière, ont critiqué la société italienne de leur époque. Scola offre ici un bijou impressionniste, un des plus beaux hommages à l’art, la magie et la mélancolie du cinéma fellinien.
Dante, Machiavel, Leopardi, Fellini, Rossellini, Lattuada, Scola, Giulietta, Marcello… Des noms écrits au panthéon de notre mémoire.
A Tavola con Fellini (à table avec Fellini)
La sémillante Francesca Fabbri Fellini
Par la même occasion, Francesca Fabbri Fellini présente le livre de recettes de sa mère et sœur du réalisateur « Maria Maddalena Fellini » : ‘A Tavola Con Fellini (à table avec Fellini), des recettes à Oscar de la sœur Maddalena’, des recettes que Francesca a recueillies avec amour. Ce livre reflète la passion de sa maman pour la cuisine romagnole et son goût de la vie, car il faut aimer la vie pour se réunir autour de la table. On salive à la lecture et à la vision de ces plats. Ce livre raconte le bonheur. C’est un volume pratique illustré de 240 photographies couleur guidant la réalisation pas à pas des recettes typiques de la région natale du maître. Qu’il s’agisse de pâtes fraîches, de ‘minestra’ ou de desserts, Francesca Fellini a réuni, presque avec dévotion, les recettes que sa maman préparait à son frère, réservant les premières pages du livre aux photos de famille. Et cette maman n’était pas seulement aux fourneaux. Actrice, elle a joué dans plusieurs films, mais son plus beau rôle était celui d’épouse, de mère, de sœur. D’ailleurs, la belle et bienveillante Maddalena surnommée ‘una risata viaggiante’ (un éclat de rire voyageur, ou un rire communicatif), a ressenti terriblement la perte de son grand Federico, suivie de peu par celle de sa belle-sœur Giulietta. Plus qu’un livre de recettes commun, on entre dans la vie d’une famille simple et généreuse, à l’image du grand Fellini. La table, c’est le partage, la chaleur du foyer, l’enfance qui affleure avec le goût de la ‘pastina’, l’odeur des petits pois cueillis frais au jardin, les châtaignes rôties au coin du feu… Francesca Fellini livre un peu de son enfance dans ses pages où l’odeur des plats flirte avec celle des souvenirs. (Livre est en vente à l’Institut Culturel Italien au prix de 10€)
A l’instar d’autres grands ‘moments’ offerts en continu par l’institut culturel italien de Marseille, une soirée riche et inoubliable !
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Lors de son dernier passage au théâtre Toursky qu’il affectionnait qui l’aimait tant, j’avais écrit : « Didier Lockwood frotte, pince, fait vibrer, chanter, piailler, comme autant de passereaux ou de mouettes survolant les pointus des pêcheurs dans le port de Marseille, les cordes de son violon lyrique, révolté, endiablé. »
Aujourd’hui, l’immense musicien poète s’en est allé. Ses doigts ne caresseront plus les cordes de son violon. Les oiseaux se sont tus. Le violon est orphelin.
Un message laconique a envahi les ondes et les réseaux sociaux, répercuté, retranscrit des milliers de fois :
“Son épouse, ses trois filles, sa famille, son agent, ses collaborateurs et sa maison de disques ont la douleur de faire part de la disparition brutale de Didier Lockwood dans sa 63e année”
Il est possible d’écrire au passé sur « le » géant de la musique Jazz. On peut parler à l’imparfait de « la » sommité de la scène mondiale. Pas d’un ami, et cependant…
Didier Lockwood c’était la simplicité, l’élégance de l’âme, la bonté, la générosité, la fraternité, le partage. La citation de Pablo Neruda, devise de l’Odyssée du Danube : « Nous, les poètes, nous haïssons la haine et nous faisons la guerre à la guerre. », Didier Lockwood l’avait faite sienne. Il avait vogué pour la paix en compagnie de ses compagnons saltimbanques, écrivains, musiciens, poètes, pour cette Odyssée de la Paix. Il rejoint Armand Gatti, parti lui aussi, et tant d’autres faiseurs de rêves. Aux côtés de Richard Martin, il luttait inlassablement, fidèle à ses idées, pour la survie du théâtre, offrant sans réserve son temps et sa passion.
Didier musicien, Didier Jazziste, Didier pédagogue, Didier compagnon : avec Richard, Pierre, Michel, Bernard, Pietra, Julien, Lévon… (on ne peut tous les citer), il tissait les filets de l’amour, son violon à la main. Didier Lockwood était un passeur d’étoiles.
Les médias du monde entier évoquent son extraordinaire carrière, mais il y a bien plus. L’émotion ressentie comme un coup de tonnerre, c’est l’homme qui la porte. Didier Lockwood était lumineux, intelligent, cultivé. Son archet était au service de sa sensibilité, de son humanisme.
Le violon frémissait sous la caresse du visage de Didier Lockwood. Les sons en émanaient comme par magie : un feu-follet agrippant des cordes, la symphonie de mille chardonnerets, le clapotement de l’eau sur la pierre du torrent, le glissement du vent dans les feuilles d’un arbre, le bourdonnement de l’abeille sur les champs de lavande, le bruissement des blés mûrs un soir d’été. Le théâtre Toursky est imprégné du sourire de l’artiste. Il résonne du rire de son ami. Aujourd’hui Richard, Françoise, Serge, Didier, Marc, Nadia, Fatou, Guy, Francis, Jean-Pierre… etc. tous ceux qui font que le Toursky existe cherchent l’écho de sa voix, le chant merveilleux de son instrument.
En apprenant son départ brutal, le monde entier a retenu sa respiration. Oui, aujourd’hui, les oiseaux se sont tus. Les poètes, la musique, les violons sont en deuil. Nous sommes tous orphelins.
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Adina Aaron is a soprano from USA, singing all over the world Verdi, Bellini, Puccini. Her last project was “le dernier jour d’un condamné” with Roberto Alagna in Marseille, oct 2017. In the interview, she explains her passion for her work, the reason of her involvement in David Alagna Opera and her love for Marseille.
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Festival Actoral 2017
Théâtre du Gymnase (Marseille)
3 Octobre 2017
Avec Sun Beng Sitting qui évoque le banc de bois installé devant les maisons de campagne, le chorégraphe et musicien autrichien Simon Mayer présente un solo étonnant sur ses origines sociales, intellectuelles et morales dans leur rapport aux traditions folkloriques de son pays.
En quête d’identité, il exhibe donc, dans sa nudité intégrale, un corps superbe de danseur qui véhicule une esthétique authentique du mouvement. Et tout le charme de son spectacle réside dans la présence choquante de ce corps métaphysique habité par la mémoire de la Danse, et qui cherche à prendre conscience en définitive de ce qu’il est.
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Qu’il réalise d’admirables figures de danse académique, en tant que membre du ballet de l’Opéra de Vienne, ou se démène en danse contemporaine comme ancien interprète de Wim Vandekeybus ou d’Anna Teresa de Keersmacker, il revient toujours à la claque traditionnelle des mains sur les cuisses et les mollets, en pirouettant au son de vocalises tyroliennes, ou au maniement habile de fouets ou de branches d’arbres couronnées de clochettes.
Simon Mayer use de ce leitmotiv à satiété avant de se livrer à des travaux de bûcheron en bon fils de paysan autrichien qui s’assume dans ses racines qui remontent à la nuit des temps…
Par son caractère répétitif et quelque peu subversif, Sun Beng Sitting est dans l’ensemble un spectacle fascinant, troublant, situant le réalisateur dans son mythe personnel, le plus surprenant sans doute de ce 17 ème Festival d’Actoral.
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Tous les ingrédients étaient réunis pour que cette édition de la Foire connaisse un succès retentissant malgré le drame du 1er octobre.
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Pour preuve, à 10h, le dernier jour, soit le lendemain de l’attentat, une queue interminable au sortir du métro attendait avec impatience que les contrôles soient effectués pour entrer dans l’enceinte de la Foire.
A l’occasion du traditionnel point presse, organisé cette année symboliquement au village des Armées, Loïc Fauchon, le PDG de la SAFIM, après avoir rappelé les terribles événements survenus la veille en gare Saint Charles, a annoncé les bons chiffres de la Foire. « Cette année, ce sont plus de 345000 visiteurs soit une hausse de 15% de fréquentation par rapport à 2016. »
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Une année record rendue possible par l’excellent concept des « after work » mis en place cette année où le curieux pouvait entrer gratuitement dès 17h à la Foire, la réédition de la journée gratuite pour les femmes, le mardi, ainsi que les deux journées au cours desquels les cosplayers revêtus de leurs costumes pouvaient accéder gratuitement sur le site. Deux innovations qui ont porté leur fruit en termes de visitorat, avec un public rajeuni venu en nombre.
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Loïc Fauchon continue en rappelant l’importance économique de la Foire et des activités du Parc Chanot avant de laisser la parole à Catherine Casadeï, directrice adjointe, heureuse de cette belle édition, grâce à « sa thématique porteuse ayant attiré l’attention du public et ses deux belles nocturnes » avec la venue du théâtre du Centaure et la grande parade Fantastic. Les estimations ouvrent la voie à un score historique que la belle météo n’a pas entamé. « Nous avons pu générer un très bon volume d’affaires ».
Même satisfaction sur les lèvres de Richard Latière, directeur depuis 20 ans de la Foire, pour lequel ce fut « une des plus belles foires », avec des exposants heureux et une participation internationale en hausse, un grand nombre de pays représentés. Il remercie également les forces armées de leur présence qui a rassuré tout le long de la foire le public, « les gens se sentent en sécurité ici », ce qui en ces temps d’inquiétude est une belle marque de confiance.
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Le Général Directeur de Division Marc Demier, dernier gouverneur militaire de Marseille, officier général de la zone de défense et de sécurité Sud, a souhaité s’associer à la douleur des familles des « victimes assassinés lâchement par un terroriste barbare », félicitant le geste du « légionnaire réserviste qui a fait preuve de sang-froid et de détermination », soulignant l’efficacité de l’opération Sentinelle et de l’engagement des militaires pour assurer la protection de la population, en lien avec la gendarmerie. La patrouille de France a par ailleurs maintenu son survol du site de la Foire « pour rendre hommage aux victimes de la barbarie » à midi pile. Ce fut un bel événement pour clôturer joliment cette Foire.
Une Foire qui s’est grandement renouvelée, notamment en termes d’organisation des espaces et de disposition des stands, avec des allées plus aérées permettant une meilleure fluidité et une signalétique plus précise afin que le public ne se perde pas dans l’immensité du Parc Chanot. De jolis chapiteaux pour l’espace restauration, un village corse qui a suscité l’enthousiasme, un hall 6 bien mieux aménagé avec notre coup de cœur pour le « recycl’shop » venu du Sénégal, un dressing solidaire au design chaleureux et une mention spéciale pour le stand du CD13 qui a bien joué le jeu du village médiéval.
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2018 sera romantique, avec son année dédiée à l’amour à la faveur de MP2018, réplique sur 8 mois de MP2013. Gageons que la culture soit à l’honneur de la future édition de la FIM et peut être que l’espace culture, coincé cette année entre l’espace restauration et le village des armées, en fond de Foire, retrouvera une meilleure visibilité. Car si critique à faire nous avons, c’est le choix de déplacer l’espace culture de la grande allée vers l’esplanade 6.
In fine, sans préjuger de la thématique 2018, peut-être y aura-t-il une déclaration d’amour faite aux différentes Régions de France et à leurs particularités culinaires et culturelles, comme initiée avec la Corse cette année. A suivre ! Diane Vandermolina
Foire Internationale de Marseille 2017: interview de F. David
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Retrouvez l’interview de François David (parlez-moi d’un livre) qui nous raconte la venue inédite et rare de Ken Follett à la Foire le 29 septembre à 18h30.
Foire Internationale de Marseille 2017: interview de C. Casadeï
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Retrouvez ici notre interview de Catherine Casadeï qui nous dévoile les pépites nouvelles de la Foire dont un village corse et son coup de cœur !
28e Festival International de Cinéma à Marseille, du 11 au 17 juillet 2017
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Le FID présidé par Paul Otchakovsky-Laurens et dirigé par Jean-Pierre Rehm se tiendra du 11 au 17 juillet dans treize lieux emblématique de la culture à Marseille tel que le MuCEM, l’Alcazar, le Théâtre Silvain etc.
Réalisateur, producteur et acteur, cet homme a traversé le cinéma dans son ensemble : à 91 ans Roger Corman représente l’invité idéal du FID. Un grand producteur et réalisateur américain, une filmographie très impressionnante avec à son actif une soixantaine de films réalisés et 400 films produits avec des réalisateurs devenus des légendes du cinéma à l’instar de Francis Ford Coppola, Martin Scorcese ainsi que des indépendants tel que Peter Bogdanovich ou Monte Hellman. Invité également car son œuvre marquée par l’anticonformisme est en totale adéquation avec l’esprit du FID, c’est pour cela qu’une vingtaine de ses films seront montrés pendant le festival (réalisation et production).
Pour sa 28ième édition, la projection de 150 films originaires de 34 pays différents jalonne cette programmation avec une sélection de 15 films pour le prix international dont des long-métrages à caractère politique tel que L’Héroïque Lande, offrant une autre vision de la « jungle de Calais » filmé comme un lieu de vie et pas uniquement comme un lieu de misère, ou encore Tremor. Es Ist Immer Krieg, une méditation sur la guerre et sur ce qu’est un film aujourd’hui. Une sélection plus restreinte pour le prix français avec une dizaine de films choisis dont le premier long-métrage d’Amélie Derlon Cordina Saints’ Game, qui propose une réflexion autour de plusieurs personnages en exil.
Le FID est un événement d’envergure mondiale, une référence en matière de cinéma international. Soutenue par la Région et la Ville, le festival participe également au développement économique de la ville de Marseille et de sa région car il engendre chaque année beaucoup d’emplois. Les organisateurs du festival rappellent que Marseille se place en deuxième position derrière Paris au niveau des productions cinématographiques. La ville de Marseille a beaucoup à offrir, elle attire de plus en plus les tournages avec sa lumière, ses monuments et paysages mais également grâce aux investissements dans des studios de tournage.
Le FID trouve ici son équilibre entre programmation pointue pour cinéphiles et actions éducatives et « fait de la Métropole une terre de cinéma ». Le but du festival à travers sa programmation n’est pas de cacher, ni nous faire oublier les problèmes de nos sociétés, mais de mieux regarder leurs réalités.
Le FID ne se résume pas qu’à une série de prix et propose également des programmes éducatifs : le FID Campus, un programme de formation de jeunes étudiants en cinéma venant de France, du Maroc, de l’Algérie, de Tunisie, d’Egypte de Palestine et de Taïwan. Au total, treize étudiants réalisateurs viendront présenter leur travail/courts métrages à des professionnels avertis tels que Claire Atherton ou encore Karim Aljafari.
En parallèle, le FID Lab, soutien international à la coproduction, a déjà permis à 53 projets de se réaliser. Cette année, onze projets ont été retenus représentant douze nationalités sur 325 inscriptions. Le travail du FID Lab porte ses fruits : pour l’année 2016, cinq films issus de ce processus ont reçu des prix tel que The Last of Us de Ala Eddine Slim lauréat du Lion du Futur.
A suivre !
David Mossé
Infos pratiques :
Festival du 11 au 17 juillet 2017
lieux ; MuCEM – Villa Méditerranée -Cinéma Les Variétés – Cinéma Le miroir- Vieille Charité – Alcazar – Théâtre Silvain – Videodrome 2 – Théâtre des Bernardines – Studio Fotokino – FRAC PACA – CCI de Marseille