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Avignon off 2018: Distance par le Circus P.S.

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Mise en scène, production : FANG Yi-Ju

Interprètes : HUANG Chih-Mei (acrobate), WEN Ching-Ni (Taï chi), YANG Shih-Hao (roue Cyr), TSAO Yu (clown, mime)

Acrobatie/Cirque 

Durée : 50min/Tout public dès 3 ans

Un plateau nu, des artistes et quelques accessoires : le tour est joué pour offrir un spectacle joyeux, enlevé et fort bien rythmé. Avec ses acrobaties, ses numéros de clowns et d’arts martiaux (taï-chi-chuan), le public est invité à découvrir un spectacle certes sans paroles, mais ô combien parlant, basé sur la communication corporelle, ce langage universel : cette création originale parle de nos sociétés contemporaines et de la distance qu’elle met entre les êtres à défaut de les réunir.

Se mêlant au public, interagissant avec lui, les artistes brisent le 4ème mur inhérent à la représentation théâtrale : ici, vous n‘assisterez pas à des numéros spectaculaires de haute voltige où chacun retient son souffle de peur qu’un des artistes ne chute. Le temps n’est point figé dans l’éternité de l’instant : avec ses mouvements incessants de la roue Cyr dont la maitrise est totale ou encore les balancements ininterrompus de hula-hoops dans des positions les plus vertigineuses et inattendues, nous suivons le ressac impérieux du temps qui passe, qui s’égrène souvent trop vite, irréversiblement. Un mouvement infini qui nous happe chacun vers un ailleurs inconnu et lointain, nous éloignant les uns des autres.

Seul être hors du temps, l’attendrissant personnage clownesque incarné par Tsao Yu. A mi-chemin du mime et du clown, ce personnage à l’allure dégingandée, revêtu d’un long manteau à la collerette en plume, le visage souriant et avenant, le regard coquin et doux, les bras couverts de cerceaux de toute taille – rouges et jaunes, deux couleurs symboliques-, entre sur scène. Se balançant sur un pied, puis l’autre, jouant à la marelle, telle une enfant qu’elle est, elle est seule et s’amuse. Découvrant le public, son public, en Monsieur Loyal improvisé, elle lui sourit et lui présente la scène vide – ô tristesse qui traverse son regard- avant d’offrir à quelques spectateurs malicieusement choisis ses cerceaux : elle est en quête d’amis et jouer en solitaire n’est pas toujours très drôle.

Arrivent alors trois personnages : le pas pressé, le visage fermé et le regard vide, absorbé par un invisible écran, chacun marche tel un automate ou un robot, se fondant dans le public. Notre amie clown les observe de loin puis se rapproche de chacun, tentant de communiquer à sa façon avec eux, les taquinant, tentant de les faire participer à son jeu enfantin, essayant maladroitement de les tirer de leur torpeur, en leur offrant un cerceau, dont elle se sert de miroir, le nettoyant avec vigueur, à grands renforts de bruitages, onomatopées suggestives et grimaces inénarrables, comme elle l’a fait avec le public à son arrivée.

Et chacun de rester figé dans sa position, tels des marionnettes, voire ces jouets ou pantins que nous manipulons, enfant, et avec lesquels nous jouons, les désarticulant pour tester leur solidité ou encore les customisant avec des accessoires improbables. Et notre amie de tenter des lancers de cerceaux comme dans les fêtes foraines où on tente d’encercler le jouet convoité, et eux, de tomber, ou encore se redresser, exécuter un mouvement de taïchi délicat et souple, une acrobatie étrange avec la jambe, un mouvement de tête. Peu à peu, les trois personnages (re)prennent vie, s’extirpant de leur monde virtuel, en solo, en duo, en trio.

Ils se mêlent au public à nouveau, mais ils ont changé, leur visage s’anime et commence à s’éclairer. Des mimiques se dessinent sur leur face : un sentiment de joie, de tristesse, de jalousie, d’amour ou d’amitié, de fraternité envahit tour à tour les visages des acrobates. La grande roue tourne, les cerceaux volent, les rires fusent en silence, et à chacun de taquiner l’autre, de jouer avec lui pour mieux le retrouver. La douceur des mouvements qui guident les acrobates est à l’image de la rondeur du Yuan.

Nous assistons à une rencontre harmonieuse et joyeuse entre des êtres auparavant séparés. Chacun recouvre un peu de son côté enfantin, espiègle, à l’instar du clown qui les a réuni. La distance qui existait entre ses êtres s’étire, se brise peu à peu, avant de se disloquer totalement au plus grand plaisir de notre amie clown qui s’endort paisiblement en les regardant.

Le mélange des arts –acrobatie, taïchi et pantomime, théâtre- est ici réussi : chaque comédien acrobate est d’une expressivité remarquable, maîtrisant son art et en transmettant le gout au public. Qu’il s’agisse de HUANG Chih-Mei (acrobate), WEN Ching-Ni (Taï chi), YANG Shih-Hao (roue Cyr), TSAO Yu (clown, mime), tous sont de grand niveau avec une mention spéciale pour la championne de Taïchi et la jeune Chih Mei dont le duo duel (amoureux ou pour un garçon ?) est savoureux.

Ce mélange des genres sert également bien le propos, permettant au spectateur de suivre l’évolution des rapports entre les personnages, parabole de la distance existant entre les générations pré et post Smartphone, car l’introduction de cette technologie dans nos quotidiens a contribué à accélérer le bouleversement de nos rapports humains où personne ne se regarde ou ne voit l’autre, ne s’écoute ou n’entend l’autre. Nous pouvons apprécier ici ce retour aux sources de la simplicité du rapport à l’autre, sans le filtre de la parole, dans une immédiateté réjouissante.

Cette création bien pensée et judicieusement articulée fut un régal pour le public : l’expressivité toute théâtrale des artistes et leur maitrise des acrobaties et des arts martiaux sont magnifiques. Et même si, par moments, certains mouvements semblent se répéter, nul ennui ne surprend le spectateur. Un moment de pur plaisir et une belle surprise que cette subtile création toute en habileté et sensibilité, dérision et humour ! Diane Vandermolina

Avignon off 2018: La Potion de réincarnation par la Jin Kwei Lo Puppetry Company

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Mise en scène : CHENG Chia-Yin /Musique en live : CHIANG Chien-Hsing

Avec : KO Shih-Hung, KO Shih-Hua et LIU Yu-Jane

Spectacle de marionnettes à gaine et théâtre d’ombre

Durée : 1h/ tous public dès 10 ans

En taïwanais, sur-titré français

Imaginée et conçue par CHIANG Fu-Chin et Shih-Hung, l’ainé des enfants KO, cette création de belle facture propose de revisiter trois histoires traditionnelles bien connues des peuples chinois et taïwanais, issues de l’opéra pékinois ou de romans chinois classiques, en version marionnettique pour le plaisir des yeux et des oreilles.

Nous sont présentées les histoires de WANG Bao-Chuan qui, aveuglée par sa passion pour son mari Hsueh Pin-Gui parti à la guerre, l’attend pendant 18 ans ; celle de PAN Jin-Lian, une esclave courtisane dont le nom signifie « Salope », qui mène une vie amoureuse défiant la morale et qui, une fois mariée, empoisonne son époux Wu avant d’être assassinée par le frère cadet de ce dernier dont elle est amoureuse, et celle de BAI Su-Zhen, alias le Serpent Blanc, être magique et monstrueux, qui, une fois devenu femme, tombe amoureuse d’un jeune homme, Hsu-Hsian, bravant  un interdit sacré ; leur amour est contrarié par Fa Hai, le moine garant de l’ordre.

Afin de lier les trois histoires desquelles ne sont conservés que les éléments dramatiques  faisant sens,  les dramaturges ont fait appel à une figure bouddhiste et taoïste bien connue : Dame Meng. Cette vieille femme permet à chaque âme errant dans les Enfers sur les bords de la Rivière de l’oubli  de prétendre à la réincarnation et, après avoir bu son breuvage, renaître dans un nouveau corps. Pendant que les marionnettistes s’échauffent et se préparent à la représentation à venir, nous apprenons que la compagnie  fut créée par la première femme marionnettiste taïwanaise, KO CHIANG Szu-Mei,  il y a trois générations quand les femmes n’avaient pas encore le droit d’exercer cet art joué devant les temples en l’honneur des dieux.  

C’est  ainsi par la rencontre entre une jeune femme au nom inconnu et Dame Meng que commence le récit allant crescendo des heurs et malheurs de ces trois héroïnes traditionnelles.

DM : -Vous êtes là.  Ce chemin n’est pas facile, n’est-ce pas ?

La femme : -Où suis-je ? Pourquoi le chemin est tantôt apparu, tantôt disparu ?

DM : -C’est comme le chemin humain, Tantôt lumineux, tantôt obscur, Tantôt lumineux, tantôt obscur, Tandis que pour ta vie, je vois que c’était plutôt désastreux. C’est bien cela, le destin

La femme : -Ce bruissement, c’est quoi ? C’est le son de la rivière. Nous sommes au bord de la rivière?

DM : -Oui, la rivière est juste devant nous 

La femme : -Qui es-tu? Qui suis-je?

DM : -Tu es une passante. Et moi, je préparerai une potion, un remède pour toi

La femme : -Où vais-je, moi ?

DM :-Viens, bois cet élixir, Et tu deviendras une nouvelle personne 

Un leitmotiv par trois fois répété par Dame Meng. Revêtue d’une ample cape grise de laquelle seul son visage est visible, celui d’une vieille femme sans âge, elle apparaît, telle une gardienne des enfers, garante de la renaissance des âmes. Ici, il est à regretter que nous apercevons en de brefs instants le visage de la talentueuse Liu Yu Jane sous le masque de l’inquiétante et envoûtante Dame Meng lors de ses apparitions. Néanmoins, les mouvements exécutés avec grâce par la comédienne occupent fort judicieusement tout l’espace scénique dans un ballet de gestes enveloppants la salle. Sa cape servira par ailleurs à de jolis jeux d’ombres ou de scène pour les marionnettes.

Entrecoupant le récit, sont racontés l’histoire de la compagnie et l’évolution du métier de marionnettiste ; ce qui permet de saisir la spiritualité au cœur de cet art de la marionnette à gaine qui se jouait en extérieur avant d’entrer au théâtre. Nous assistons au cérémonial de l’habillage de la poupée -délicatement exécuté par Shih-Hung : la couleur de l’habit -rouge, bleu, blanc ou encore ocre-  définit le type de chaque personnage, immédiatement identifiable à l’image des protagonistes dans l’Opéra Chinois, un genre également très codifié. Ce rituel est répété à plusieurs reprises, une même  poupée selon l’habit duquel elle est revêtue suffit à présenter toute une palette de personnages.

 Shih Hung manipule avec adresse, dextérité et douceur chaque personnage féminin du récit auquel il donne vie, leur prêtant sa voix, leur conférant une personnalité unique par un mouvement de tête, un geste, une attitude. Son petit frère Shih Hua est, quant à lui, bien plus à l’aise dans les scènes de combat : lors du combat entre Serpent Blanc et le moine Fa Hai, il fait toute la démonstration de son talent. Hélas, cette scène est trop brève et le grand combat entre l’armée du gardien de l‘ordre, les escortes du temple,  et celle de serpent blanc qui fait appel à tous les monstres marins et autres espèces magiques est joué en ombres : certes, c’est très beau mais un véritable combat de marionnettes à gaine eut été bien plus réjouissant pour les amateurs du genre.

En effet, pour en avoir vu à Taïwan lors de précédents voyages, ces combats sont fort impressionnants, tenant en haleine le spectateur, avant la chute : ils rappellent ceux des spectacles de « pupi » siciliennes, ces grandes marionnettes à tige traditionnelles. Nous pensons ici à l’Orlando Furioso de la compagnie Mimmo Cuticchio. Respect de la tradition oblige -même si sont rajoutés des éléments modernes-, transmission familiale de cet art de la marionnette, combats incessants et récit d’une épopée, voilà ce que la poupée taïwanaise partage avec la pupo sicilienne.

Ces similitudes se trouvent également dans ce qui sous-tend le récit, cette notion de quête inhérente à toute odyssée : ici celle de l’amour, la vrai, l’unique. « Le véritable amour ne meurt jamais » chantera Serpent Blanc. Cette quête n’empêche pas de faire preuve d’humour – autre trait en commun avec nos amis siciliens-, certes ici typiquement taïwanais, quand Dame Wang choisit un mari à Pan parmi un jeune étudiant pauvre, un vieillard cochon ou un boucher bien mis de sa personne – représentés par des habits disposés sur un plateau – avant de porter son choix sur le petit Wu, une homme bêta et laid, vendeur de pains. La comédienne-marionnettiste, Yu Jane qui également interprète Dame Meng, est ici excellente : ses mimiques coquines et ses modulations de voix subtiles nous régalent et le public de rire de cet intermède amusant, drôle et enlevé.

Car le sujet même de la pièce, au-delà de la question de la réincarnation qui, en Asie, est une croyance répandue, est celui de la condition féminine. Chaque personnage, qu’il soit relégué à attendre son époux, obligé d’épouser un homme qu’elle n’aime pas ou encore forcé de ne pas voir son époux, a en commun d’être une figure féminine au destin contrarié et insatisfaisant.  Pan souhaite mener une vie libre du joug d’un époux, prenant des amants et souhaitant à l’instar des hommes profiter des joies de l’amour : ce personnage est très moderne et offre une belle façon de parler de la condition -encore complexe- de la femme à Taïwan. Dans l’île, plus clairement au sud, la tradition reste encore très vivace et les mentalités évoluent lentement : de nombreux époux – hommes et femmes- se plient à cette tradition qui veut que la femme soit au service de l’homme et soumise à lui, celles qui le refusent restent célibataires.  Comment vivre sa vie de femme avec ce poids écrasant de la tradition ? Nous questionne cette pièce.

« Souffrance, pourquoi ton nom est femme ?  

Il y a tous les goûts dans la vie – aigre, doux et amer »

Cette création mise en scène par une spécialiste de la marionnette contemporaine dont on avait adoré les précédentes créations, Cheng Chia Yin, emprunte de nombreux éléments au monde occidental, notamment en ce qui est de dévoiler l’envers du décor, les coulisses de la tradition ou en demandant au marionnettiste d’aller à la rencontre du public lors de la distribution des petits pains.

A l’image du décor amovible, deux tables hautes -sur lesquelles sont posées habits et poupées à hauteur d’homme- positionnées de biais de chaque côté de la scène, se dévoile un jeu de miroir entre l’homme, le marionnettiste, et la poupée, la marionnette. Les marionnettistes tantôt s’adressent au public, tantôt se fondent et s’oublient derrière la marionnette qu’ils manipulent, créant quelque confusion par moments  au sein du public : qui de l’homme ou de la marionnette parle ? Un regard de l’homme à la poupée ou au public permet la plus part du temps de lever la confusion.

In fine, nous avons assisté à une belle création sur un sujet encore d’actualité, un sujet brûlant qui fait écho à nos combats. Avec une musique traditionnelle et des chants en live, ses percussions et cuivres exécutés d’une main de maître par un ancien des Ten drums, « la potion de réincarnation » nous transporte avec poésie et magie dans l’univers  des marionnettes taïwanaises. Une création sur l‘histoire familiale est en préparation : nous espérons vivement la découvrir à l’occasion d’un prochain Avignon. Diane Vandermolina

Avignon off 2018 : Il Mascheriao de et avec Andrea Cavarra

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Collaboration artistique de Carlo Boso et Andrea Biagiotti/ Durée 1h

Tel un Geppetto des temps modernes, vous souvenez-vous de ce menuisier qui créa le petit pantin de bois animé connu sous le nom de Pinocchio ?,  Andrea Cavarra, maître facteur de masque reconnu en Italie*, vêtu d’un tablier souillé, le sourire aux lèvres, accueille, assis sur son tabouret en bois, les spectateurs dans son antre. Il fabrique lui-même ses masques de commedia dell’arte et leur insuffle la vie avec un généreux talent et une grande maîtrise de son art.

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A peine le public installé, Andrea commence par nous apostropher avant de nous éclairer sur la matière des masques (le cuir de vache), nous interrogeant ensuite à la cantonade : pourquoi utilise-t-on le cuir ? Et de nous apprendre que ce fut par un heureux hasard que fut découverte la technique de conservation du cuir lorsqu’un paysan souhaitant garder pour un usage ultérieur la peau tannée de ses animaux dont il avait vendu les parties comestibles la mit dans un fut de chêne, le tanin du vin permettant de conserver  le cuir séché en le nourrissant : avec un peu d’eau, elle retrouvait son élasticité et plasticité, et devenait ainsi facilement façonnable. Le matériau idéal pour la fabrication des masques était trouvé !

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Un préambule au spectacle qui met l’eau à la bouche, tant sa verve teintée de néologismes italianisants est enlevée, tant sa présence scénique généreuse et sincère nous happe dans l’univers de la commedia dell’arte, de ses origines qu’il nous conte brièvement. Ici, l’objet n’est pas de nous faire une conférence sur cet art mais plutôt de nous en montrer l’essence originelle, ce qui l’a constitué dès sa naissance : l’improvisation ; le tout sans les artifices réalistes dont on use de nos jours. Tout est figuré par une couleur, un habit, un objet  ou encore une attitude, un geste, une parole qui viennent préciser le personnage représenté par le masque qui prend vie sous nos yeux. Parfois même, seuls le masque et la façon dont le comédien le personnifie suffisent pour en saisir le caractère.

Ainsi, sur les tréteaux formant la scène en fond de jardin de la cour du barouf, se trouvent, côté jardin, pèle mêle des masques en cours de fabrication, de la peau de vache étirée sur des matrices en bois, des teintures et autres instruments nécessaires à la réalisation des masques. Côté cour, des costumes aux lignes épurées représentent les différents personnages (un oripeau pour le zanni balourd et benêt, une jolie robe blanche pour la jeune femme de bonne famille, un élégant gilet de soie pour le jeune homme instruit, une chemise rouge pour le capitaine vaniteux…) et de nombreux accessoires de jeu (un vieux couvre-chef pour le zanni, un élégant chapeau pour la maîtresse de maison, un bâton de bois pour symboliser l’épée du capitaine…) sont accrochés à une corde. Une grande malle usée trône sur le sol.  

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Revêtant les atours du Zanni, il commence alors par improviser comme cela se faisait à l’époque sur les tables des marchés dans les villes, haranguant la foule (ici le public) car c’est là que naquirent les Zanni puis le Capitan fanfaron, l’occasion pour ces amuseurs publics de gagner quelques sous au chapeau. Basées sur des canevas simplissimes, ces histoires comiques permettaient de mieux dénoncer  les travers de la société en mettant en scène des personnages grotesques que tous reconnaissaient. Et l’histoire achevée, les comédiens pouvaient quitter le marché en toute quiétude : une fois leur masque ôté, personne ne les reconnaissait !

Puis se rajoutèrent au fil des temps d’autres personnages : notamment les amoureux, appelés protagonistes. Ces derniers ne sont jamais masqués et leur introduction marque un tournant, une révolution, dans l’histoire du théâtre : ce sont des femmes qui interprètent les jeunes filles  (souvent des prostituées ou courtisanes cultivées entretenues par les riches hommes de la ville-état). Il nous interprètera avec une femme du public une scène de retrouvailles dans la forêt des deux amants, cocasse et drôlissime à souhait. Puis viennent les vieux barbons (Pantalone ou Dottore) qui n’ont de cesse de contrarier les amours de nos jeunes amants, et leur pendant miséreux, les couples de serviteurs de ces derniers (dits antagonistes). Vous l’aurez compris, la commedia dell’arte ne peut fonctionner que s’il y a complication même si in fine tout s’achève dans la joie et la bonne humeur avec le mariage des jeunes amoureux.

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Changeant de costumes et de personnages avec une aisance rare, Andrea nous offre à apprécier en live un panel de personnages hauts en couleur, avec une mention spéciale pour son Capitan, merveilleusement incarné dans l’attitude, le geste et le dire. L’âge aidant, il interprète également avec maîtrise Pantalone. Hélas, au grand regret du public, il ne pouvait présenter Arlequino, car l’énergie de ce zanni ne lui correspond pas et en artiste honnête, il a préféré ne pas s’engager sur cette pente glissante même s’il s’est fait plaisir à relater avec force de conviction et d’humour la fin tragique du créateur de Pulcinella. Une mort tragi-comique qui offrit à ce masque d’être le dernier survivant de la commedia dell’arte au cours des siècles où elle disparut des tréteaux, avant qu’elle ne réapparaisse au théâtre grâce à des auteurs comme Goldoni ou Gozzi.

La prestation du comédien est ici remarquable, oscillant entre narration et jeu, avec un sens du rythme et des enchaînements, un talent d’improvisation étonnant : il nous tient en haleine pendant près d’une heure et réussit le tour de force de faire participer le public, puisqu’à deux reprises des jeunes femmes du public, encouragées par ses soins, sont amenées à monter sur scène pour y jouer sa partenaire avec succès. Ainsi, avec trois fois rien, en toute simplicité et avec allant, sous une chaleur avignonnaise étourdissante, il arrive à transporter le public dans cet univers de la commedia dell’arte.

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In fine, l’originalité de ce spectacle réside en ce qu’il s’agit d’un facteur de masque qui présente en les incarnant les différents masques de la commedia dell’arte, tout en faisant avec impertinence, tradition oblige, de nombreux clin d’œil à son époque (c’est-à-dire la nôtre) qu’il tourne en dérision avec un sens de l’humour un brin provocateur. A la fin du spectacle, on en redemande encore tant redécouvrir, en live improvviso, cette tradition du jeu masqué est un plaisir pour les yeux et les oreilles, l’âme et le cœur. Bravo ! Diane Vandermolina et Paola Lentini

https://vimeo.com/204747530

Nota bene :

Par ailleurs, Andrea propose des stages de fabrication de masques (2 sessions de 4 heures) en matinée (de 9h à 13h) du jeudi au dimanche à la cour du barouf pour la modique somme de 120€ : sachant qu’un masque en cuir coûte environ 80€ et que le stagiaire repart avec son masque en cuir, le coût de cette formation est vraiment peu onéreux. Qui plus est, nul besoin de maîtriser l’art de la fabrique de masque pour y goûter et les curieux qui n’oseraient y participer activement sont invités à assister gracieusement à la formation au cours de laquelle il raconte l’histoire du masque de ses origines grecques à aujourd’hui.

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*Il enseigne à l’Académie des Beaux-Arts de Milan et à l’Académie des Arts d’Arezzo.

Plus infos : à 14h15, du 6 au 29 juilletRelâches : 10, 17, 24 juillet à la Cour du Barouf, 7, rue Louis Pasteur 84000 – Avignon/ Réservations +33 (0)4 90 82 15 98

Avignon off 2018 : Bonne pêche, mauvaise pioche par le groupe maritime de théâtre

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Adaptation, narration et manipulation : Josette Lanlois

Inspiré de l’album Bonne Pêche de Thierry Dedieu, édité au Seuil Jeunesse

A partir de 3 ans/ Durée : 35min/Marionnette de papier et théâtre d’objet

Josette Lanlois nous conte une bien jolie histoire inspirée d’un livre jeunesse qui l’a séduite au premier regard. « Bonne pêche » raconte les aventures de Joseph, le pêcheur. Tous les jours de la semaine, il prend la mer pour s’adonner à son activité : la pêche, mais il remonte de moins en moins de poissons.

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En effet, le littoral alentour se construit, bulldozers et marteaux piqueurs en première ligne, barres d’immeubles et autoroutes qui s’insinuent dans les montagnes verdoyantes, jusqu’au bord de mer aménagé pour accueillir les bateaux de croisière gigantesques et leur cohorte de croisiéristes peu respectueux de l’environnement. Des détritus de tout genre ayant traversé le globe (du caddie de supermarché au parapluie en passant par des carcasses d’avions ou encore des poupées) se prennent dans les filets du pauvre Joseph, en lieu et place des poissons convoités. Mais Joseph est d’un caractère optimiste : à chaque bonne pêche, il se réjouit même s’il ne trouve qu’un poisson. Il n’a pas dit son dernier mot et, ne pouvant plus exercer son métier faute de matière première, il décide d’ouvrir un magasin d’antiquité pour touristes. Une reconversion professionnelle toute trouvée.

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En usant de papiers et de petits bouts de scotchs, la comédienne, ici narratrice, a recréé le littoral montagneux ainsi que la petite chaumière aux tuiles rouges de Joseph et son minuscule bateau jaune. Respectant l’épure des dessins du livre jeunesse, avec ses aplats de couleurs jaune, vert et bleu, la création présentée offre à découvrir un monde en miniature d’une beauté éclatante et délicate : chaque petite rumeur provenant de la mer avec le cri des mouettes en voie de disparition, chaque bruissement du littoral avec ses bruits citadins ou encore chaque clameur provenant du bateau de la croisière s’amuse avec ses éclats de rire, aucun détail sonore ne manque pour apporter vie à tous ces objets subtilement manipulés qui apparaissent au fil du spectacle.

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Côté cour, la comédienne, assise sur son petit tabouret mobile, se saisit d’une clochette, d’une couleur différente pour chaque jour, afin de réveiller notre ami le pêcheur, puis retrace sa journée de marin : en exécutant un petit mouvement de bras, elle actionne judicieusement le petit bateau -qui rapetisse au fur et à mesure que nous entrons dans le vif du récit-, puis, levant les bras, signifie le jeté des filets à l’eau, et après la remontée de la pêche du jour, achève la journée avec ce petit mot « bonne pêche » avant qu’il ne se transforme en « mauvaise pioche », tel un leitmotiv ponctuant une œuvre musicale.  Cette répétition de gestes et de mots est organisée selon un rituel ou cérémonial précis et régulier : elle permet aux tous petits de ne pas se perdre dans le récit. Côté jardin, apparait le produit de la pêche qui descend par un ingénieux jeu de bascule quand la comédienne tire sur un fil, figurant une pioche, situé côté cour, montrant la raréfaction des poissons et l’accumulation des déchets alors qu’au centre du plateau, le littoral se construit petit à petit puis à plus vive allure, dans un va et vient incessant de machines et de voitures. Tout se joue sur le petit plateau et la curiosité laisse vite place à l’émerveillement : un monde nait sous nos yeux, un monde pollué qu’il ne tient qu’à nous de respecter.

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Cette création permet de sensibiliser les petits au tri et au ramassage des déchets, au respect de son environnement. Dénonçant l’air de rien l’envahissement du littoral par le béton ainsi que sa surpopulation, cette petite fable rondement menée et joliment mise à la scène, avec un jeu de lumière tout en finesse, une manipulation minutieuse toute en délicatesse et une narration toute en douceur, nous fait réfléchir sur la question environnementale sans porter de jugement moral aucun. Elle pose le problème en toute simplicité. A nous de voir ce que nous pouvons faire pour apporter notre pierre à l’édifice à l’instar de Joseph qui recycle les déchets trouvés en mer.

Cette très belle création, sensible et poétique, sur un thème d’actualité, est fort bien réalisée et fourmille d’idées astucieuses : nous la conseillons à tous, enfants et adultes, car ce fut une belle rencontre avec un auteur, une comédienne et un spectacle ! Diane Vandermolina

Retrouvez notre interview MProvence :

https://www.facebook.com/mprovence13/videos/2075954169293262/

A 10h45 : du 6 au 29 juillet – Relâches : 9, 16, 23 juillet et à 16h30 : du 6 au 29 juillet – Relâches : 9, 16, 23 juillet au Collège de la Salle 3, place Pasteur (angle rue puits des allemands) 84000 – Avignon / Réservations  +33 (0)4 90 83 28 17

Avignon off 2018 : Taïwan, douzième

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Un vent de fraicheur souffle dans les rues avignonnaises

Avec trois spectacles présentés au théâtre de la condition des soies (salle ronde), les compagnies taïwanaises choisies pour représenter la diversité des arts de la scène de l’île de Formose opèrent dans l’esprit de leur création un retour aux sources bienvenu. En effet, bien que les trois spectacles lorgnent du côté des arts vivants contemporains, avec un gout non dissimulé pour l’intégration d’éléments occidentaux dans leur conception, ce fut avec grand plaisir que nous avons retrouvé cet esprit taïwanais que nous chérissons et que nous avions quelque peu perdu de vue ces dernières années, notamment en ce qui est des pointes d’humour jaillissant et de l’énergie déployée par les artistes mais également des thématiques traitées, la condition des femmes dans la Potion de réincarnation(11h10), le rapport aux autres perverti par la technologie avec Distance (14h25) ou encore l’essence de l’homme dans sa communion avec la nature dans Varhung- Heart to Heart (15h50). Profitez des derniers jours du festival pour découvrir ces trois créations ! DVDM

Photo de Une par le Centre culturel de Taïwan à Paris/DR

Avignon off 2018 : El Clandestino par le Burlesque Klub

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Avec Kiki Beguin, La Big Bertha, Mam’zelle Plum’ti, Mara de Nudée, Sucre d’Orge, Valentina del Pearls/ Durée : 1h15

El Clandestino, titre en clin d’œil aux cabarets clandestins des années folles à l’époque de la prohibition, est la nouvelle création de cabaret burlesque, imaginée par Valentina Del Pearls du Burlesque Klub. Cette troupe de spectacles Néo Burlesques avec ses artistes strip-teaseurs au look rétro (5 femmes et un homme) mêle humour et engagement dans des shows tout en plumes et paillettes.
Nous voici face à un nouveau show dans la tradition de l’effeuillage burlesque avec de nouvelles collaborations artistiques, un spectacle qui respecte les codes du genre mais pas tout à fait.

En effet, dans cette nouvelle création -qui n’est pas uniquement un enchainement de numéros mais qui raconte une histoire-, nous nous retrouvons immergés dans une maison close, tenue de main de fer par la Big BERTHA (un personnage haut en couleur mi burlesque mi drag-queen dit draglesque).

Cette dernière est une femme plantureuse aux cheveux d’un blond platine et au maquillage extravagant, dotée d’une barbe noire bien fournie, mesurant plus de 2 mètres, affublée d’un éventail de taille XXL. Elle a revêtu une robe noire tout aussi imposante qu’elle.

Telle une “madame Loyal”, elle mène la danse. Mais voilà, on lui a dérobé ses bijoux : elle essaye alors de découvrir qui est la voleuse parmi ses filles, nous faisant découvrir au fil de sa recherche les pensionnaires du lieu, également à la recherche de la fameuse voleuse.

C’est ici l’occasion de dérouler une série de portraits de personnages fantaisistes et drôles, décalés et impertinents. Les artistes mélangent ici chant, effeuillage, offrant à découvrir une subtile combinaison de ces deux arts lors de leurs passages sur scène.

L’histoire est ici bien orchestrée ; les scènes d’effeuillage ainsi que les costumes et maquillages sont d’un très grand professionnalisme et le mélange du glamour et du burlesque fait mouche à chaque fois. Hélas, il est à regretter quelques fausses notes dans la maîtrise du chant.

In fine, pour une première sur Avignon, à l’exception de cette petite fausse note, la création est rondement bien menée et mérite d’être qualifiée de belle réussite. BBC

 

Plus d’infos :

A 19h15 du 6 au 29 juilletRelâches : 10, 17, 24 juillet au Théâtre des Brunes 32 rue Thiers 84000 – Avignon / Réservations +33 (0)4 84 36 00 37

Photo de Une : extrait de Bootlegger, numéro d’effeuillage burlesque de Valentina del Pearls © Raphaël Diara Photographies

Avignon off 2018 : Épître aux jeunes acteurs par la compagnie de la Joie Errante

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Metteur en scène : Thomas Pouget

Interprète(s) : Sylvain Lecomte, Thomas Pouget

Régie : Jeremy Rousselle

« Epître aux jeunes acteurs » est la première création de la Compagnie de la Joie Errante. Mais première création ne veut pas dire fragile, bien au contraire !

Tous les ingrédients y sont pour ce spectacle poétique qui redonne du sens à la Parole : un texte d’Olivier Py, défendu avec conviction et cœur par deux comédiens de talent : Thomas Pouget et Sylvain Lecomte. D’une conférence pour de jeunes acteurs en formation, Thomas Pouget a souhaité transformer ce savoir académique en un spectacle accessible à tous et y défendre une véritable éthique de l’art théâtral.

« La déclaration des droits des mots et de la parole »

Voici en une phrase le résumé de cette pièce épurée. Un peu concis, certes. Mais nécessaire. Sur scène, les acteurs livrent avec force les mots et les émotions à travers un jeu sincère. Pas de tromperie sur la marchandise, l’essence même des mots nous transportent vers le sens de la Parole. La vraie, la seule. Celle qui, sacrée, poétique, permet de nommer les choses pour voir au-delà.

Si nous perdons le sens des mots, que reste-t-il ? Si nous oublions le sens des mots, où allons-nous ? Ce sont quelques-unes des pistes qui nous sont livrées sur scène. Quelles conséquences si chacun d’entre nous ne prend pas les mots au sérieux ? Pour faire vivre un mot, il faut de la ”parole ”. Sans alchimie entre les mots, cette parole n’a plus lieu d’être. Comment tenir parole alors ?

Si nous ne pouvons plus parler, com-mu-ni-quons ! En un, deux, trois ou quatre mots ! Sous un humour parfois décapant, les acteurs redonnent à la parole ce que la communication lui a confisqué. Le comédien, grimé en tragédienne grecque dans une sobre toge blanche, apostrophe le public pour réanimer notre humanité. Pour retrouver la vie même, celle qu’on partage au travers des sons et des vibrations de nos voix.

De multiples personnages se succèdent sur scène pour tenter de faire taire cette parole, l’appauvrir, la moquer, la décrédibiliser et finalement, via tous ces stratagèmes, mieux la réguler. Donc la contrôler. Malgré un débit de mot important, parfois un peu rapide, c’est bien du pouvoir que les acteurs redonnent à la Parole. Finalement, le public est bien (r)éveillé par cette comédie satirique de notre époque.

Z. Froissard et B-B. Corso

Durée: 1h

Plus d’infos : à 16h45 : du 6 au 28 juilletRelâches : 16, 23 juillet au Pandora 3, rue Pourquery de Boisserin 84000 – Avignon / Réservations +33 (0)4 90 85 62 05

 

Crédit photo de Une : Thomas Pouget dans Épître aux jeunes acteurs © Christophe Raynaud de Lage

Photos publiées avec l’aimable autorisation de la compagnie de la Joie errante

Avignon off 2018 : LILI KABARETT par la compagnie le fruit du hasard

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Metteuse en scène : Elisabeth Piron/Chorégraphe : Annemari Autere

Interprète(s) : Mari Laurila-Lili, Aude Giuliano, Nicolas Houssin

Décors et costumes : Anna Holroyd/Création lumières : Bernard Barbero

Nous voici devant  la première Création de la toute jeune compagnie niçoise Le fruit du hasard, née en 2015. La compagnie, composée de 2 comédiens-chanteurs (Mari LAURILA-LILI et Nicolas HOUSSIN) et d’une accordéoniste (Aude GUILIANO), offre à découvrir son bébé: Lili Kabaret.

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Lili KABARETT nous plonge dans l’Allemagne des années 20 : la situation tragique de l’entre deux guerre produit un véritable contraste avec le foisonnement artistique de cette époque dans laquelle chaque salon, chaque cave, se transformait en cabaret. Parmi les habitués, deux artistes de renom : Karl Valentin, auteur et comédien, cabarettiste à l’humour grinçant et absurde, dénonçant la société de son temps, et Friedrich Hollander, compositeur allemand sérieux, qui aimait à fréquenter les cabarets berlinois.

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Ces derniers ne se sont jamais rencontrés et sont ici réunis par la magie du théâtre musical burlesque. Car le spectacle met ici en scène ces deux Grandes Stars de l’époque, Karl Valentin, surnommé le Charlie Chaplin Allemand ou le Charlot de Münich, et Friedrich Hollander, connu pour avoir composé la musique du film L’ange bleu avec Marlène Dietrich pendant son exil américain, dans une succession de 15 scènes entremêlant scènes de la vie quotidienne et sketchs, le tout en musique, chansons, danse et acrobaties.

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Le décor est ici minimaliste : on y découvre  4 valises de couleurs différentes, une grande échelle, et une reproduction de montgolfière qui, manipulées avec inventivité par des comédiens créatifs, emmènent le spectateur dans leur monde imaginé. Grâce au talent de ces artistes, portés par une mise en scène et des chorégraphies fluides et entrainantes,  l’ensemble est diablement efficace : des intermèdes poétiques viennent ponctuer cette création menée tambour battant avec notamment un joli solo de l’accordéoniste assise sur sa valise.

Cette création originale fait sens au spectateur d’aujourd’hui et nous transporte avec humour et poésie dans l’univers du cabaret. A découvrir ! B-B. Corso

 

 

Plus d’infos : A 12h25 : du 9 au 29 juilletRelâches : 15, 22, 26, 27 juillet au théâtre Barretta  12, place Saint Didier 84000 – Avignon/Réservations : +33 (0)7 60 43 67 86 +33 (0)6 50 60 02 78

Durée du Spectacle : 1h15.

Crédit photo : © Coriosi

Avignon, le off, Plaisir et détente avec ‘Les Trois Tantes’ de Roch di Méglio

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Par la compagnie Monolithe au Bo Théâtre 20 bd saint Roch – 17 au 28 juillet – 22h 30 (réservation :06 87 00 30 79). Plus d’infos sur www.theatrebo.fr

Le Off, en Avignon, ce sont plus de 1500 spectacles présentés par les troupes avec la même fougue, la même passion, le même enthousiasme.

Pour les journalistes que nous sommes, impossible d’espérer voir la totalité. Il faut donc effectuer un choix, draconien s’il en est ! Pour ma part, mon choix s’est porté sur plusieurs spectacles, avec un accent tout particulier sur Les Trois Tantes, une comédie désopilante, rafraîchissante, originale, au texte fouillé, avec un champ lexical riche et magnifiquement jouée par des comédiens chevronnés, à voir impérativement.

Il m’est facile de vous parler de cette pièce que j’avais eue l’occasion d’applaudir à Marseille. N’hésitez pas à finir une douce soirée d’été en leur compagnie. Situé dans l’enceinte du Novotel, le BO Théâtre bénéficie d’un parking qui mène directement dans le hall de l’hôtel. Avant ou après le spectacle, vous pourrez vous détendre en buvant un verre au bar de l’hôtel, près de la piscine, et profiter ainsi de la fraîcheur du soir.

Sophie (Florence Bonnano), rend visite à sa tante Agathe (Audrey de Saint Clair), ancienne juge d’application des peines et unique confidente. La vieille dame est persuadée que sa fortune considérable, héritée de sa famille et d’un amant mafieux, est convoitée par son frère, Alain. Ce dernier, amiral et père adoptif de Sophie, débarque chez elle avec son compagnon Julien, haut fonctionnaire.

Aucune longueur, aucun temps mort dans cette comédie en un acte. Les acteurs particulièrement inspirés, magnifient le texte avec brio. Sorties de scène, changements de costumes, répliques cinglantes, jeux de lumière, impriment le rythme. L’intrigue rebondit, tenant le spectateur en haleine, entre rires et réflexion : ces gens-là nous ressemblent tellement ! Cette œuvre est porteuse d’un univers singulier, un microcosme machiavélique. Nous sommes ici, maintenant. Et nous rions des travers, des peurs, des aprioris. Roch Di Méglio investigue, questionne, dénonce, condamne mais, par-dessus tout, divertit.

Danielle Dufour-Verna