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Le printemps ou le temps des expositions

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En ce début mai, le soleil est enfin au rendez-vous, la douce chaleur printanière fait son retour et fleurissent en toutes parts de la ville de nombreuses expositions.

Un avant-goût, les 3 et 4 mai !

La première du mois à découvrir est celle proposée par la nouvelle galerie bien nommée POC – en référence au festival du même nom qui marque le début de saison en octobre- sis 30 cours Joseph Thierry où de jeunes diplômées des Beaux-Arts de Marseille, Béata Czudor, Bora Lee et Hiromi Shimizu convient le public à découvrir leur première “Sortie d’Atelier” (photo ci-dessus) le mardi 3 mai à partir de 18h30 (Exposition du 03 au 28 mai 2016, du mardi au samedi, de 10 à 13h et de 14h à 18h). Le même soir, de 18h30 à 22h30, les curieux pourront bourlinguer à contre-courant ou poussé par le Mistral jusqu’à la Cité des Arts de la rue, du côté des Aygalades, pour assister au printemps coréen à Marseille, année France-Corée oblige, avec une performance acrobatique du Groupe NONI, une exposition de France Cadet pour Lézarap’art, et la présentation publique du laboratoire de travail de recherche “L’œuvre à grand format”, dirigé par Pierre Berthelot avec les Apprentis de la FAI-AR. Suivront des installations plastiques et vidéos en continu, la sortie de résidence publique par la compagnie Ex-Nihilo, où Séoul et les arts dans l’espace public seront à l’honneur. La 4 mai, les coréens de Noni seront sur le Parvis de l’Opéra à l’occasion de Sirènes et midi net, à midi pile !, avec Station, performances évoquant l’univers d’une gare.

Le 5 mai, débute le printemps de l’art contemporain : 8ème édition, jusqu’au 28 mai 2016.

Pour son lancement, du jeudi 5 mai au dimanche 8 mai, c’est une succession de vernissages, nocturnes, performances, rencontres professionnelles et soirées musicales, qui rythmeront les parcours artistiques de quartier en quartier. Pour les publics peu familiers de l’art contemporain, des circuits accompagnés seront proposés afin de relier plusieurs expositions, échanger avec les artistes et les commissaires, pour une expérience de visites originale. Le vendredi 6 mai, une conférence et une table ronde permettront d’approfondir et de discuter certaines questions qui font l’actualité du monde de l’art, le tout accompagné d’un programme Coréen dans le cadre de l’Année France-Corée 2015-2016 (anneefrancecoree.com [2]). A noter qu’à cette occasion, le château de Servières, situé au 11-19 bd Boisson, propose son Retour de Biennale Méditerranéa 17, avec un vernissage le samedi 7 mai à 11h00 et une performance à 12H00 de l’iPi : l’Institut de Pscyhopompe-funébrisme International convie les visiteurs au lancement de sa nouvelle collection de papiers-peints pour crématoriums et un lé sera réalisé en direct par la Crême des sérigraphes marseillais. La galerie J-F Meyer quant à elle, sis rue Fort Notre Dame, propose « Sublime amadoué » de Charles Dreyfus : le vernissage aura lieu le jeudi 5 mai à 11h, la performance à 14h ! Pour plus d’infos sur le PAC 2016, rendez-vous sur http://www.marseilleexpos.com/printemps-de-lart-contemporain/ [3].


La Friche fait son PAC

Dans le cadre du PAC, la Friche Belle De Mai propose du 5 mai au 31 juillet 2016 une exposition intitulée Les possédés,  Regard sur collections privées du Sud de la France avec la présentation de plus d’une centaine d’œuvres. Qui est possédé ? L’artiste ou le collectionneur ? Jouant de la double acception du titre, l’exposition révèle les relations esthétiques et sensibles que des collections privées cultivent entres elles et propose une mise en lumière des conversations singulières que chacune entretient avec les artistes. Le vernissage public sera le samedi 7 mai à partir de 19h (Exposition du 5 mai au 31 juillet – du mardi au vendredi de 14h à 19h, le samedi et le dimanche de 13h à 19h/ Tarifs : plein : 5€, réduit : 3€ ; Exposition gratuite le 7 mai dans le cadre du Printemps de l’Art Contemporain/ Lieu dans la Friche : 3e et 4e étage de la Tour et Panorama). A suivre également à la Friche, « Hasards heureux » avec les œuvres de : Victoire Barbot, Pierre Boggio, Julie Michel, Luca Resta produites dans le cadre de leur résidence dans les ateliers d’Astérides (Commissariat : Mathilde Guyon) avec un vernissage samedi 7 mai à partir de 19h suivi d’une performance : « OISEAUTALE » de Julie Michel en collaboration avec Olivier Crabbé (Exposition du 5 mai au 5 juin – le lundi de 11h à 18h et les autres jours de 11h à 19h. Gratuite. Lieu dans la Friche : La Salle des machines). « Bois Gravés XXL » offre à assister à un Atelier de travail ouvert avec des étudiants des écoles supérieures d’art et de design de Marseille, Toulon, la villa Arson. Sur une proposition de Jean-Baptiste Sauvage, et conduit par les artistes Arnaud Maguet et Cédric Teisseire, cet atelier propose la rencontre improbable de l’estampe et du BTP, ou comment tirer une gravure sur bois avec un… rouleau compresseur ! (Ouverture au public de l’atelier du 5 au 8 mai à partir de 14h / jusqu’à 22h le samedi 7 mai. Gratuit. Lieu dans la Friche : Petit Théâtre.)

A l’Opéra de Marseille : visites, expos, ateliers ouverts, classes de danse et spectacle pour tous

Le Week end des 7 et 8 mai, c’est aussi l’occasion de faire un tour à l’Opéra de Marseille pour la 10ème édition de Tous à l’Opéra. Le samedi 7 mai 2016, commencez donc par des visites historiques (de 9h30 à 16h10) et techniques (de 9h30 à 14h00, inscriptions dans le hall à partir de 09h00 et dans la limite des places disponibles) de l’opéra. A l’occasion de ces visites, vous pourrez participer à un quizz pour gagner des places pour “L’ART DE LA DANSE” de LA COMPAGNIE VÍCTOR ULLATE BALLET le DIMANCHE 8 MAI À 16H/tirage au sort samedi 7 mai à 13h00 et 17h45 et dimanche à 14h45 (formulaires à retirer auprès du personnel d’accueil de l’Opéra à l’issue des visites). Entre deux visites, faites un détour par le Foyer de la danse de 10h à 14h, pour assister à une classe de danse classique dirigée par Josyane Ottaviano, voire par le second balcon de l’Opéra de 10h à 16h30 pour l’Atelier de Maquillage, ou encore le Foyer Ducreux de 10h à 16h30 pour un Stand Vidéo-Projection Machinerie. Au Foyer Ernest Reyer de 11h à 11h45, un atelier de chant dirigé par Emmanuel Trenque (Chef de Chœur de l’Opéra de Marseille) et à 18h un Récital Lyrique «De l’Opéra à la Comédie Musicale» avec Émilie Bernou (soprano), Caroline Gea (soprano), Grégory Benchenafi (ténor) et Emmanuel Trenque (piano) attendent les curieux. Le dimanche 8 mai 2016, reprise des visites historiques et techniques de 10h00 à 13h00 puis découverte sur la scène de l’Opéra à 14h de la Classe de danse par La Compagnie Víctor Ullate Ballet et à 16h du spectacle “L’Art de la danse” par la Compagnie Víctor Ullate Ballet  (spectacle payant de 11 à 25 euro). Comme les années précédentes, une exposition temporaire de costumes d’Opéra sur ces deux journées est à contempler. C’est en entrée libre, alors n’hésitez pas à pousser la porte de ce temple de l’art lyrique.

Une semaine bien remplie attend les curieux et ce long week-end de farniente est l’occasion de sortir entre amis ou en famille, se cultiver tout en sirotant un petit apéro sous le soleil du midi. A vos agendas ! RS

Orekhov, un dissident du KGB qui bouleverse

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Orekhov, 15 mars 2016, Théâtre Toursky (21ème édition du Festival Russe)

Par le Théâtre Ainsi de Suite/D’après Un dissident du KGB, de Nicolas Jallot/Mise en scène: Claude Pelopidas/Décors : Jacques Brossier/Musique : Martial Paoli, Jean-Christophe Gairard, Dasha Baskakova/Avec Dasha Baskakova, Olivier Cesaro, Jean-Michel Guilmet, Jacques Maury, Matthieu Philippon, Claude Pelopidas, Émilie Roudil.

Orekhov, un dissident du KGB qui bouleverse

Au début des années 1970, le jeune Viktor Orekhov est nommé au KGB, chargé de la lutte contre « l’ennemi de l’intérieur » : les dissidents. Il accepte, dira-t-il plus tard, par amour de son pays, parce qu’il y croyait, et aussi parce qu’un bel avenir se présentait pour lui. Mais voilà : la lecture de Soljenitsyne – « l’Archipel du goulag » en particulier que lisent les dissidents – un voyage au Japon, vont lui ouvrir les yeux sur la réalité du régime stalinien. Dès lors, Orekhov, au lieu d’envoyer dans les camps ou en asile psychiatrique les dissidents, va les aider, les protéger, falsifier même des rapports… Il entre en résistance tout en restant à l’intérieur du système. Ce double jeu ne peut durer longtemps et, en 1978, Orekhov, démasqué, est envoyé à son tour au goulag pour 8 ans.

Si en 1986 – c’est déjà la perestroïka – il est libéré et retrouve ses amis dissidents, ses anciens patrons ne l’ont pas oublié et il sera de nouveau envoyé en camp de rééducation pour un motif fallacieux. Libéré après une année mais prévenu des menaces qui pèsent sur lui, il consent, « la mort dans l’âme », à quitter son pays et à se réfugier aux Etats-Unis où il devient livreur de pizzas.

La pièce d’après le texte du journaliste Nicolas Jallot qui a rencontré Orekhov aux Etats-Unis, a été adaptée par le théâtre « Ainsi de suite ». Elle nous replonge dans ces années terribles de l’URSS. Mais surtout, c’est le drame humain qui touche le spectateur. Comme tous ceux qui découvrent leur méprise après avoir collaboré avec un régime totalitaire, le personnage d’Orekhov qui passe par le doute, le questionnement avant de s’engager dans la résistance au péril de sa vie, est bouleversant. Olivier Cesaro interprète ce rôle avec une intensité, une sincérité, une humanité qui nous amènent à « entrer » dan son personnage, à partager ses émotions, ses souffrances.

La musique, où se succèdent chants russes et chansons des Beattles, interdites par le régime, accompagne les états d’âme des personnages que la sobriété des décors et de la mise en scène met en valeur.

C’est un grand moment qui, plus que politique, nous plonge dans les contradictions que peut traverser tout être humain. Qui remet en cause. Incite à la réflexion.    Jacqueline de Grandmaison

Une belle soirée théâtrale qui s’est terminée par un beau cabaret russe avec l’excellente compagnie Koliada et un délicieux repas concocté par Aline des Frangins de la Night. Cette semaine place à la musique classique et au cinéma à ne rater sous aucun prétexte. www.toursky.fr [4]

Mars en Baroque 2016

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L’Oristeo

Dramma per musica de Francesco Cavalli (1602-1676)

Livret de Giovanni Faustini (1615-1651)

Création à Venise, teatro Sant’Aponal (1651)

Recréation mondiale

Mars en Baroque

Marseille Théâtre de La Criée

11 mars 2016

 

On ne reprendra pas ici tout ce qui s’est dit de Cavalli et de l’Oristeo que l’on trouve dans tous les dossiers de presse à l’occasion de sa magnifique résurrection dans le cadre de Mars en Baroque par le Concerto soave. Je me bornerai à apporter des éléments pour montrer que ce compositeur, presque né avec le siècle, à près de cinquante ans, avec un librettiste qui meurt l’année même d’une création qui en marque la moitié, est la synthèse géniale, pragmatique, de toute une effervescente réflexion esthétique théâtrale et musicale de 1600 jusque-là.

 

Comedia, commedia, « opéra »

Tout siècle qui commence s’éprouve comme neuf. De l’Astronomia nova de Képler aux Musiche nuove de Caccini (1600, 1601), des sciences aux arts, c’est l’enthousiasme de la nouveauté qui est la marque du Baroque, de tous ces créateurs que nous qualifions aujourd’hui anachroniquement de « baroques » et qui, tous, dans une guerre de « manifestes », se revendiquent de la nouveauté et se proclament hautement « modernes. » Dès les premières années du siècle, en Italie, en Espagne, on a réglé leur compte aux « Anciens », dans une « Querelle des Anciens et des Modernes » qui ne sera soldée, en France, qu’au tournant des XVIIe et XVIIIe.

 

Musique nouvelle

C’est la prétention à la nouveauté, à la primauté, à la paternité de l’invention de recitar cantando, qui expliquent la course de vitesse entre Peri et Caccini pour leurs respectives Euridice (1600), et tout le déferlement d’œuvres nouvelles en compétition d’originalité, de polémiques amplifiant la querelle entre la prima et la seconda prattica en Italie[1]. Des fondateurs de la Camerata de’ Bardi et Vincenzo Galilei, père du savant, qui théorise en 1581 le dialogue entre la musique ancienne et moderne (Della musica antica et della moderna ), en passant par Vincenzo Giustiniani partisan d’une musique actuelle (Discorso sopra la musica de suoi tempi, 1628), Pietro della Valle, qui en réclame la paternité en 1640, on entend jusqu’au milieu du siècle les échos de la querelle dont le traité de l’Espagnol Caramuel résonne encore et la résume dans son Ars musicæ (Vienne, 1646), qu’il publie en castillan à Rome (Arte nueva de música, 1669). Au milieu du XVIIe siècle de l’apogée de Cavalli, donc, la musique scénique, rappresentativa, s’est imposée partout en Europe sauf en France.

Mais en Italie même, vocalement, passé l’engouement de la nouveauté du recitar cantando, on commence à en dénoncer la monotonie, et Domenico Mazzocchi, dès 1626, dans sa préface à La catena d’Adone, explique qu’il a semé son œuvre de mezz’arie, de ‘moitié d’airs’, pour compenser l’ennui (tedio) du récitatif. La voie est ouverte pour la fluidité musicale de Cavalli, glissant insensiblement d’un récit arioso à un air concis qui refuse encore la clôture symétrique de l’aria à venir, son da capo se réduisant souvent au simple retour de deux vers, catalyseur exemplaire d’un demi-siècle de musique en Italie.

 

Comedia et livrets

Une Italie aux trois quarts espagnole. De la Sicile au Royaume de Naples confinant aux portes de Rome où l’Espagne fait encore les papes, en passant par le Milanais, avec Gênes et Florence comme satellites ou alliés, à l’exception de l’irréductible Venise, toute la péninsule subit la politique et l’empreinte culturelle de l’Espagne. Notamment de son nouveau théâtre, la comedia nueva, théorisé en 1609 par Lope de Vega et son Arte nuevo de hacer comedias en este tiempo, ‘Art nouveau de faire du théâtre pour notre temps’, adressé à l’Académie de Madrid. C’est le premier manifeste, dont se souviendra Hugo, du théâtre moderne : ici et maintenant, le Baroque, sans les nostalgies passéistes du classicisme figé dans l’imitation antique. Déjà annoncé par Giordano Bruno et son Candelaio : abandon de la règle artificielle des trois unités d’Aristote, de temps, de lieu et d’action. À quoi s’ajoute l’uniformité de style et de ton : tragédie et comédie séparées.

À l’inverse, au nom du naturel, de la vie, Lope mêle allègrement le tragique et le comique, celui-ci dévolu à des personnages populaires, doubles cocasses des maîtres, souvent les valets, traducteurs en langue simple des propos alambiqués des nobles héros : un théâtre intelligible pour toutes les classes sociales. L’action n’est plus unique mais sans qu’on puisse réduire à l’unicité son protéiforme théâtre, elle est souvent dédoublée avec deux intrigues parallèles, affectant en général deux couples, les deux jeunes premiers et les symétriques seconds, dans un quadrille aux chassés-croisés amoureux et quiproquos vaudevillesques. Faustini, le librettiste de Cavalli s’en fera une spécialité.

Foin des cinq actes pesants : on passera à trois actes, les deux entractes occupés par des délassements comiques musicaux, les entremeses (qui donneront plus tard, unifiés, l’opera buffa).

Adieu les sujets mythologiques chers aux grosses et chères machines du théâtre de cour[2]. Dans des cours modestes en plein air et jour (corral), justement se joue ce théâtre savant et populaire à la fois, dont les intrigues foisonnantes et palpitantes vont nourrir nombre de scenari de l’italienne Commedia dell’Arte, dont le Don Juan et sa statue parlante qui court l’Europe, ainsi que les mélodrames, le ‘théâtre mélodieux’, dont certains de Cavalli, comme son fameux Giasone, son  dramma per musica le plus représenté, qui s’inspire de La viuda valenciana et de La fuerza lastimosa du même Lope, ainsi que son célèbre Xerse, qui en reprend Lo cierto por lo dudoso[3].

 

Polymétrie

Il est vrai que Lope de Vega est une mine extraordinaire de sujets avec les mille-huit cents comedias qu’on lui prête (neuf cents sont documentées). Abondance qui s’explique par la technique d’écriture rapide qu’il a mise au point et formalisées dans son Arte nuevo. Il envoie aux orties l’unité de style aristotélicienne, préconise la polymétrie et un mètre de vers adapté aux situations : les récits (relatos), s’écriront en vers de romance, c’est-à-dire le mètre de la poésie populaire héritée du romancero, octosyllabes avec une simple rime assonante et uniforme aux vers pairs, et des parties plus élaborées, en rimes consonantes, parfois des formes closes, lyriques, comme les sonnets. Il est difficile de ne pas voir, dans ce « bilinguisme » métrique de la comedia en trois actes, et cette exigence de variété naturelle de tons, de mètres, comme un antécédent de celui du dramma per musica qu’imposera Venise contre le florentin, le faisant descendre du Parnasse et Permesse d’Orphée à la joyeuse kermesse polymorphe vénitienne.

 

Rhétorique des affects

On peut gager que les académies italiennes qui discutaient du nouveau théâtre espagnol, entre autres la vénitienne des Incogniti dont les membres (parmi lesquels Faustini et Ciccognini, librettistes de Cavalli) dédièrent nombre de poèmes à Lope, n’auront pas manqué de noter la première et rapide exposition, dans l’Arte nuevo, d’une théorie des affects et des moyens rhétoriques de les exprimer sur scène[4]. Pour la musique, l’ouvrage Musica poetica (1606) de Joachim Burmeister semble plus cryptique et lointain.

 

Plaire au plus grand nombre

Car ce qui caractérise Lope, chantre du théâtre public pour tous, c’est un pragmatisme mercantile que, face à ses détracteurs, il affiche sans honte avec une logique cynique :

 

Si le peuple qui paye y trouve un agrément,

Tout moyen pour lui plaire en devient pertinent.

 

Contrainte du théâtre commercial privé : plaire au public dont dépend sa survie, acte moderne de génie créateur autant qu’affairiste qui est aussi la marque de Cavalli comme le démontre abondamment Olivier Lexa dans sa biographie.

 

Changement de lieux

Quant à la polytopie, la multiplication anti-aristotélicienne des lieux de l’action, qui font rêver les spectateurs, encore théorisée par Lope, elle est formulée par Cervantes dans une de ses pièces, dans ces quelques vers de romance,

La comedia  est une carte

où à peine un doigt distant

tu verras et Londres et Rome

et Valladolid et Gant.

Peu importe au spectateur

que je passe en un instant

de l’Allemagne à l’Afrique

sans qu’il bouge pour autant,

car la pensée a des ailes

et il peut bien, un moment,

me suivre partout en rêve

ni égaré, ni fatigant.

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L’Oristeo ressuscité

         L’œuvre

 Des trente-trois opéras connus de Cavalli, sur les vingt-sept conservés, il est le seul de sa main, mais sans les soins d’un exemplaire soigneusement recopié dans l’atelier du compositeur, ce qui fait imaginer ceux de Jean-Marc Aymes pour en déchiffrer l’écriture, défricher le fatras, remplir les vides et assurer la réalisation musicale. Exemplaire travail à en juger par le résultat.

Entre 1651 et 1652, Cavalli et Faustini associés dans leur théâtre Sant’Aponal de Venise, la première salle lyrique de l’histoire fondée et dirigée par un librettiste et un compositeur, inaugurent avec L’Oristeo le premier des quatre chefs-d’œuvre de leur fructueuse association : La Rosinda, La Calisto et L’Eritrea, qui ont en facteur commun le mélange des genres musicaux et dramatiques. Le sujet, avec le quadrille de jeunes amants sans doute puisé dans la comedia espagnole, a la complication du roman baroque qui s’est forgé avec la redécouverte, à la Renaissance, de ce que l’on appelle le « roman grec » ou byzantin du IIe au IVe siècle de notre ère dont le modèle canonique est Théagène et Charicléeou les Éthiopiques, d’Héliodore : aventures et mésaventures de deux jeunes amants qui sont séparés et subissent des épreuves à rebondissements multiples avant de convoler enfin en justes noces.

Drame et vaudeville

Ici, comme dans La Forza del destino de Verdi inspiré de la pièce espagnole de  A. S., Duque de Rivas, dans un malheureux combat nocturne, le roi Oristeo, le héros amoureux, tue accidentellement le père de sa promise, la princesse Diomeda et celle-ci, si elle ne s’enferme pas dans un couvent comme la verdienne Leonora, fait un vœu religieux de chasteté. Assez relatif puisqu’on la découvre au lever de rideau acceptant avec complaisance les hommages empressés du prince Trasimede, lui-même promis de la princesse Corinta déguisée sous le nom d’Albinda, tentant de récupérer son fiancé volage, elle-même convoitée par Oresde, un rustique maître jardinier qui lui conte lourdement fleurette, tandis que le roi Oristeo, sous le masque de Rosmino, sous-jardinier, essaie de reconquérir son ingrate beauté. Bref nous avons un schéma dramatique classique : A aime B qui aime C aimé de D, aimée de F, et une situation que l’on dirait vaudevillesque puisque tout ce monde se retrouve en même temps où il ne faudrait pas, dans un même lieu : la cour de Diomeda. Ce petit monde s’abandonne aux délices et poisons de la guéguerre d’amour, des dépits amoureux qui font bouger les lignes du quadrille, quand la vraie guerre fait irruption dans leur tendre univers : Corinta, est détrônée et poursuivie par un usurpateur ; Trasimede, vainement exhorté à l’action par Erminio, prosaïque et ironique soldat d’amour, risque de perdre son trône dans les mollesses de sa passion pour Diomeda et les deux sont poursuivis par l’adverse Nemeo, puis par Eriale, le fils vengeur d’Oristeo qui les croit meurtriers de son père disparu. A chacun, donc, son escorte d’assassin. Une sorte d’intermède mythologique des trois Grâces avec le cynique Intérêt, chantre de l’amour vénal, et du favorable Cupidon, opposera la gracieuse bienveillance des dieux à la fatalité qui séparait les couples, qui, masques déposés, réconciliés, convoleront en justes mais de justesse noces.

Réalisation et interprétation

Un couple, devant le rideau, amorce une explication, pas très explicite, de la complexe intrigue. On manquera ainsi de clés sur les nombreux personnages, dont deux déguisés, affublés d’un faux nom, et treize autres assumés par les mêmes six chanteurs ; sept autres rôles masculins sont interprétés par des soprani travesties, une Grâce est de sexe masculin, seul Oristeo, en genre et nombre, ne chante que sa part. On mettra cela sur l’étroite comptabilité économique du théâtre aujourd’hui et, gentiment, sur le compte de l’ambiguïté sexuelle baroque, mais la clarté n’y trouve pas le sien. Les maladresses et faux sens de la traduction des surtitres, donnant systématiquement les couples de héros comme mariés alors que toute l’intrigue repose sur leur désir effréné d’hymen, couronné à la fin, n’éclaireront guère notre lanterne.

Les lanternes, justement, au lever de rideau, posées sur le sol, captent et ravissent notre attention : sur fond ombreux de la vaste et profonde scène jonchée de roses, métonymie fleurie du jardin, elle soulignent de leur belle et sombre clarté, à jardin, une masse de musiciens, le chef, au clavecin et orgue, les cordes, et, avec le même effet caravagesque de luminisme/ténébrisme à cour, les vents, cornets à bouquin, flûtes à bec, un basson, une guitare baroque et un archiluth auquel le rai de lumière, qui caresse sa coque et sa hampe tel un mât gréé de ses cordes, au gré des mouvements de l’interprète, donne des allures de navire ancien prêt à prendre le large. Une rampe de cierges couronne les deux masses orchestrales qui n’en feront, féerique, qu’une seule en seconde partie. Le discret éclairage rasant arrache de l’ombre les corps et les visages avec une impression d’authenticité scénique baroque qui n’a pas oublié les leçons de notre ami Eugène Green, de son disciple Benjamin Lazar, dont se réclame le metteur en scène Olivier Lexa. Ces lumières (Alexandre Martre) sont déjà une belle réussite. Elles illuminent les lignes métalliques dorées d’un siège duo, parfait pour les amants qui se font face ou dos de dépit, une balançoire des nonchalances amoureuses ou des indécisions du cœur qui balance, une tonnelle, des chaises de jardin de même style. C’est léger et poétique.

Tout l’immense fond de scène est occupé, ouvert sur l’espace, en première partie, par la vidéo d’un jardin labyrinthe (amoureux) à l’italienne où passe un garde avec une hallebarde au milieu de statues antiques (Giardino Giusti de Vérone) et, en seconde, d’un horizon marin vu d’un promontoire (Castelo di Duino, Frioul). C’est d’une grande beauté, évoquant les grands tableaux baroques.

Les costumes, choisis par Julia Didier dans les atelier de l’Opéra de Marseille, jouent le jeu d’une époque sans trop d’époque, en général dans le goût du XVIe siècle, seul Oristeo à la fin, rendu à sa dignité royale est en vêtements du XVIIe siècle, les Grâces, Penia, ont de seyantes robes années 30-40, les jardiniers en tabliers et canotiers, armés de brouette et arrosoir, fantaisie de bon aloi.

Fort joyeusement, Olivier Lexa,ne sacrifie pas à la doxa de l’actio ou gestique baroque de ses prédécesseurs, en inventant une d’abord plaisante gestique qui tient de la gymnastique et des gestes et mouvements stylisés, saccadés, de la Commedia dell’Arte, bien en mesure, mais dont la répétition un peu trop mécanique, contrevenant à la souplesse de la musique variée, use vite la surprise. C’est le même défaut de l’excès répétitif de certaines trouvailles qui en neutralise l’effet : personnages se roulant par terre, grimpant sur des chaises, mimant ce que chante l’autre dans un faux duo.

Le déferlement de la guerre dans cette Cour d’Amour et les déguisements ne sont pas traités, épaississent une confuse action pourtant d’une grande géométrie de relations. L’intérêt, le piquant théâtral d’un déguisement est que le spectateur est en surplomb de l’action et connaît ce que les personnages ignorent. À part Oristeo (Rosmin), dont le travestissement était annoncé dans le prologue parlé, les autres personnages, inconnus, non définis, semblent surgir d’on ne sait où ni pourquoi.

Olivia Lexa, annonce d’entrée, dans le programme, une mise en scène « résolument ironique et comique de l’œuvre ». Il ajoute : « Les lamenti de Cavalli ne sont pas toujours écrits pour nous faire pleurer » (ce qui suppose que certains le sont), estimant même, arbitrairement, qu’ils sont « pensés pour nous faire rire », sans qu’il apporte ni argumentation ni preuve. Conviction subjective démentie par leur musique émouvante si ce n’est bouleversante, dont les imprécations des héroïnes trahies. L’invraisemblance des situations n’empêche pas la vérité des sentiments, l’irréalité des actions, la réalité de la douleur, comme dans Cosí fan tutte. Ainsi, dans l’uniformité comique, les saillies ne font plus justement saillie sans effet de rupture. La dérision générale donne une unité de ton aristotélicienne à une œuvre qui ne l’est pas, efface le mélange de drame et de comédie, de ce dramma giocoso, ‘drame joyeux’ que, par un anachronisme, le metteur en scène prétend paradoxalement qu’elle préfigure.

Bref, si l’on renonce au sens d’une pièce qui n’est malgré tout pas insensée dans ses conventions pour s’abandonner à la seule beauté des images, à la sensualité de cette musique, le bonheur est parfait.

Bonheur du raffinement de la réalisation de Jean-Marc Aymes, de ses brefs interludes orchestraux, à la souplesse de son soutien aux chanteurs, de ses appels de vents pour des passages martiaux qui seuls, sinon la mise en scène, colorent les passages guerriers. On goûte voluptueusement ce flot continu, sinon de simple favellare in armonia, de recitar col canto à basse continue, mais de récit obligé, déjà plus accompagné instrumentalement, qui tourne insensiblement, sans la stratification du da capo postérieur, à l’aria, toujours brève, qui ne pèse ni ne pose mais s’impose par un bonheur mélodique séducteur et accrocheur. Réminiscences montéverdiennes, couleur d’époque, ou main de la femme de Cavalli dans la copie de L’incoronazione di Poppea ?, on savoure des formules connues comme la jubilante « Speranza, speranza » de Corinta, un jeu d’échos intertextuels qui ravissent le mélomane averti.

Tous les interprètes sans exception dominent ce style baroque : vibrato contrôlé, maîtrise des gruppi, du trillo encore caccinien, trille martelé sur une seule note comme cadence, ponctuation finale des phrases, aisance dans les vocalises qui ourlent les mots-clé. L’ambitus vocal de cette période de l’histoire lyrique est encore raisonnable, ne vise pas à la prouesse de la tessiture et c’est pratiquement en voix « naturelle » que chantent les personnages, sauf quand l’expressivité dramatique l’exige pour les deux héroïnes, Diomeda, ductile soprano, joliment interprétée par Aurora Tirotta (qui sera aussi un Amour frais et fripon), déchirée en imprécations hystérisées par le metteur en scène, et la Corinta de la mezzo Lucie Roche (qui incarne aussi en belles formes Pénia, déesse de la pauvreté mais aussi mère de l’Amour, donc pratiquement Vénus), dont le désespoir amoureux la porte à l’extrême des aigus de son timbre chaud et voluptueux. Elles sont dotées d’airs d’une grande beauté musicale, vocale et dramatique. Successivement Erminio, Nemeo, deux mâles soldats en léger soprano d’humour, Maïlys de Villoutreys retrouve sexeet glamour dansune Grâce. Même miracle théâtral du travestissement défroqué pour Lise Viricel, gracieuse Grâce et vindicatif Euralio. Pour faire et parfaire le trio des Grâces, inattendu, dans sa robe moulante à plongeant décolleté, Pascal Bertin, contre-ténor, sinon en contre-emploi (certains rôles comiques de vieille femme étaient dévolus à des hommes), se taille, sinon de guêpe, un beau succès comique, tout comme en Oresde, jardinier libidineux, qui ne lâche pas Albinda (Corinta), mais lâche lâchement son maître à l’heure du danger. Celui-ci, le ténor Zachary Wilder, prête au roi Trasimede la beauté de son timbre lumineux, tout logiquement d’argent pour incarner L’Interesse, ‘l’Intérêt’ qui vante l’amour contre or sonnant et trébuchant. Ne trébuche pas non plus malgré les chausse-trappes de la mise en scène qui fait jucher les chanteurs sur des chaises branlantes, mais voix d’or bien sonnante, le baryton Romain Dayez, stature imposante qui s’impose en faux jardiner mais vraiment royal Oristeo.

Et tous ces interprètes, jeunes, sont sur scène, vocalement et théâtralement, comme chez eux.

 

Surtitres plaisants

Une réussite donc, un spectacle qui devrait tourner. Avec la précaution de corriger les surprises de l’amour et de l’histoire, pour de bon comiques, des surtitres : « tu blanchis » pour « tu pâlis », une fois « Zeus », une autre « Jupiter », tous ces « époux », « épouse » qui brouillent les cartes de ces fiancés, de ces promis aspirant au mariage, devenus de la sorte tous adultères, qui font de Diomeda une aspirante bigame puisque, malgré le vœu de la Grâce I «qu’elle redevienne l’épouse de l’amoureux Oristée » qu’elle repousse, elle cherche à le devenir de Trasimede. Quant au langage galant, précieux, européen, de l’amour, il offre aussi ses involontaires cocasseries : on avouera que, au climax de ses imprécations douloureuses, si Diomede s’estimant dédaignée reproche à l’infidèle Trasimede « Tu brûles pour un autre flambeau » (« ardi per altra face »), cette princesse a bien sujet de se plaindre de se voir préférer un lampadaire d’époque et que le roi objet de ses fureurs fait mieux que le Xerxès  de Cavalli amoureux d’un platane, alors que le malheureux, dans l’original, est accusé, dans la langue de Molière, de « brûler d’une autre flamme. » Benito Pelegrin

 

L’Oristeo de Francesco Cavalli

Marseille, la Criée,

11 et 13 mars,

Coproduction avec le Venetian Centre for Baroque Music et l’Institut Culturel italien de Marseille ; coréalisation avec La Criée ; en partenariat avec l’Opéra municipal de Marseille.

 L’Oristeo a été diffusé sur France-Musique le 19 mars à 19h08 au cours d’une soirée consacrée au Concerto soave de Jean-Marc Aymes et María Cristina Kiehr.

 

Direction musicale : Jean-Marc Aymes

Mise en scène : Olivier Lexa

Assistant à la mise en scène : Simon Allatt

Lumière : Alexandre Martre

Costumes : Julia Didier

fournis par l’Opéra de Marseille

Régie générale : Romain Rivalan

Assistant régie : Nicolas Wattine
.

Technicien vidéo : Michele Piovesan

Distribution :

Oristeo : Romain Dayez

Diomeda, Amore : Aurora Tirotta

Erminio, Nemeo, Una Grazia : Maïlys de Villoutreys

Corinta, Penia : Lucie Roche

Oresde, Una Grazia : Pascal Bertin

Trasimede, L’InteresseZachary Wilder

Euralio, Una Grazia : Lise Viricel

Concerto Soave – Jean-Marc Aymes

Marco Piantoni, Anaëlle Blanc-Verdin, violons

Cécile Vérolles, violoncelle

Pieter Theuns, archiluth

Tiago Simas Freire, Sarah Dubus, cornets à bouquin/flûtes à bec

Anaïs Ramage, basson

Mathieu Valfré, clavecin

Elena Spotti, harpe

Jean-Marc Aymes, orgue, clavecin et direction

 

Photos : François Guery :

  1. En costumes d’époque, Concerto soave ;
  2. Sur fond de jardin labyrinthe, le dépit amoureux : Trasimede et Diomeda (Wilder et Tirotta);
  3. Jardin d’amour : au centree, Penia (Roche);
  4. Les roses et les épines de l’amour : Diomeda desespérée (Tirotta);
  5. Intervention de l’Amour (Tirotta travestie) ;
  6. Penia et les Grâces…éclairées de pénombre.

 

 [1] Je renvoie à mes livres D’Un Temps d’incertitude, Deuxième Partie, II. Nouveau, moderne (1), credo Baroque ; II Nouveau, moderne (2) : manifestes de  la nouveauté, Sulliver, 2008, p. 151-170 et Figurations de l’infini. L’espace baroque européen, Deuxième Partie, La musique conquise sur le ciel, Sous le signe d’Orphée, le Baroque, le Seuil, 1999, p.254-272, Grand Prix de la Prose 2000.

[2] Lope de Vega est le premier librettiste d’un opéra, à sujet mythologique entièrement « chanté à l’italienne » mais en espagnol, La Selva sin amor (1626), musique perdue de Piccinini et Monnani, dont il reste le texte et l’émerveillement de Lope sur les machines et les effets scéniques de Cosimo Lotti.

[3] Cf Olivier Lexa, Francesco Cavalli, Actes Sud, 2014, p.94, 131.

[4] Cf B. Pelegrín, D’Un Temps d’incertitude, op.cit., Première Partie, VII. L’empire des passions, p. 95-116, Rhétorique scénique des passions (p. 107).

Rencontre avec Medhi Haddjeri, directeur du Nomad café, cofondateur et coorganisateur du Babel Minots

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Rencontre avec Medhi Haddjeri, directeur du Nomad café, cofondateur et coorganisateur du Babel Minots qui sera en concert à Babelmed le 18 mars dans la salle des sucres des docks des suds avec son groupe Téménik Electric. Il nous parle de son travail avec le jeune public et de la création La Cité des Minots produit par Villes des Musiques du Monde et Nomad’ Café qui sera présentée le 19 mars aux docks des suds à 11h. Après un travail au sein de 3 écoles primaires marseillaises, la Cie Rassegna présente, dans la Salle des Sucres du Dock des Suds, une création réalisée avec une centaine d’élèves autour de 7 chants populaires méditerranéens. Entrée réservée aux familles et aux professionnels accrédités.


2ème édition de Babel minots [5] par f1279931459 [6]

Rencontre avec Bernard Aubert, directeur artistique de Babelmed music

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Rencontre avec Bernard Aubert, directeur artistique de Babelmed music, autour de la philosophie du festival-marché des musiques du monde. Il nous livre, par ailleurs, sa vision de Marseille!


Babelmed: interview Bernard Aubert [7] par f1279931459 [6]

Babelmed: les douze ans d’un festival-marché unique autour des musiques du monde

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En présence de Sophie Joissains, nouvelle adjointe à la culture du Conseil Régional Paca qui a annoncé le jour de la conférence de presse de Babelmed,  « la sanctuarisation du budget de la culture » par Christian Estrosi, l’équipe de Babelmed était réunie au complet : Florence, Sami et Bernard nous ont présentés en chiffres et avec humour le bilan de l’édition passée et la programmation à venir pour cette 12ème édition.

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Cette dernière se déroulera du 17 au 19 mars aux Docks des Suds, dont l’avenir est des plus incertains, puisqu’aux dernières nouvelles, le propriétaire du site, Euroméditerranée, voudrait en faire une piscine. Venons-en au menu !

Une édition sans grande tête d’affiche

Assignée aux chiffres (2000 professionnels présents au marché, 15000 spectateurs assistant aux concerts, 30 groupes se produisant sur les scènes des docks, sans parler de la pléiade de conférences et rencontres organisées en journée dans l’espace marché ni des retombées économiques via embauches, contrats passés et autres dépenses), Florence nous rappelle que le principe de Babelmed « n’est pas la programmation de têtes d’affiche mais la découverte de talents », chacun représentant un pan de la musique du monde. Pas facile alors de choisir « parmi le millier de candidatures, les 30 élus qui participeront au festival », complète Sami. « Des artistes qui viennent du monde entier » précise Bernard, affublé d’un masque de plongée pour ironiser sur l’éventuel devenir piscine des docks et le énième déménagement de la structure. « Et pourquoi pas s’installer à la Villa Méditerranée ? » (dixit Bernard à l’adresse de Mme Joissains). Cela, l’avenir se chargera de nous le dire…

Maria Simoglou (c) Patrick Di Domenico

Maria Simoglou (c) Patrick Di Domenico

Côté concerts

Cette année encore, année d’échange France-Corée oblige, un groupe venant de Corée du Sud se produira le 19 mars sur scène pour présenter ses percussions chamaniques aux frontières entre les musiques traditionnelles et contemporaines : les femmes du Korea Percussion Duo Bud mettent à l’honneur le yanggum, un instrument proche de la cithare, et le janggu, tambour coréen en forme de sablier. Un temps fort que nous conseillons aux curieux. La soirée du 19 mars clôturera en beauté l’édition de Babelmed puisque seront présents Imothep d’IAM, Maria Simoglou et son ensemble (voir notre article https://www.rmtnewsinternational.com/2016/03/maria-simoglou-ou-le-charme-des-musiques-de-smyrne-des-annees-30/ [8]), Kalascima, un groupe originaire d’Italie avec leur tarentelle trad-élecro, sans oublier la venue d’artistes arméniens, turcs, indiens, martiniquais ou cap-verdiens !

Que dire alors de la journée d’inauguration du festival ?

Le 17 mars plongera le spectateur dans les ambiances psychédéliques du groupe turc Baba Zula, puis le baladera dans les Pays D’oc avec les chants enragés de Sirventès, avant de les immerger dans une odyssée méditerranéenne des femmes résistantes avec la Nuit d’Antigone, un groupe franco-turco-allemand. La fête sera également de la partie avec Tigana Santana, Djmawi Africa ou encore Ribab Fusion. Une belle soirée en vue que prolongera la programmation du 18 mars puisque sera présenté le groupe marseillais Téménik Electric et son arabian-rock décapant! Pelle mêle, citons les concerts des vénézuéliens de la Gallera Social Club, des barcelonais de la Pegatina ou encore des écossais Breabach, car ne l’oublions pas la musique du monde ne se limite pas aux Suds même si les sudistes –Afrique, Amérique latine ou les îles- sont souvent surreprésentés dans cette catégorie !

Au centre, Medhi, organisateur du Babel Minots (c) Patrick Di Domenico

Au centre et au micro, Medhi, organisateur du Babel Minots (c) Patrick Di Domenico

Côté minots

Organisé par Medhi, directeur du Nomad’Café, et à l’image de La Fiesta Des Minots, Le Babel Des Minots débute, la veille du festival, ici, le 16 mars avec, après une rencontre autour du jeune public en PACA, la programmation d’un spectacle à 14h, Lili la plus petite étoile de tout l’univers par la cie Alatoul, au Nomad’ Café, suivi à 15h30 d’un jukebox made in UE, un voyage interactif au travers de l’Europe Musicale ! Tout un programme concocté pour les enfants qui perdure les jours suivants avec, toujours au Nomad’Café, à 14h30, le 17, Mimi au pays de l’Ampoulélé de Myriam Daups et Gérard Dayan, puis le 18, à 14h30, Contes sous la voute étoilée d’Isabelle Genlis avec Hô Thuy Trang. En matinée de ce jour, des speed-meetings avec Anne Torrent sont programmés à 10h. A vos carnets !

(c) Patrick Di Domenico

Pascale Severac, directrice du Zik Zac festival à Aix en Provence (c) Patrick Di Domenico

Côté marché

En journée, des projections en collaboration avec le CMCA et le Primed auront lieu à l’Alcazar avec des films français, grecs, macédoniens ou tchèques (gratuits).

Sont également proposées des rencontres thématiques autour du numérique, des circuits de tournée, et des politiques en faveur de la musique, ainsi que diverses conférences, au cœur des Docks des Suds transformés en marché pour l’occasion. Parmi ces dernières, citons celle sur le développement d’un nouveau genre d’Opéra avec Kalila Wa Dimma (le 18 mars à 16h15 au cabaret) ou celle sur le label « patrimoine culturel immatériel » (le 19 à 11h au cabaret), voire celle concernant le matrimoine musical autour des femmes dans l’histoire de la musique (le 19 à 14h30 dans la salle méditerranée, proposé par le collectif féminin Eclosion 13).

De nombreuses tables rondes, speed meetings sont à découvrir tous les jours au marché pro qui réunit sur 150 stands plus de 750 structures du milieu musical, des artistes, des festivals ou encore des labels ! C’est devenu aujourd’hui « the place to be » pour y dénicher des talents, comme l’a expliqué Pascale Severac, directrice du festival aixois ZIKZAC: pour élaborer sa programmation, cette dernière vient « tous les ans, faire son marché à babelmed » ! A bons entendeurs…

Voici donc une nouvelle édition qui s’ouvre pour un bien nommé festival… Bonne nouvelle, les tarifs, côté concerts, restent inchangés (15 € par soir) et des pass pour deux soirées (20 € pour vend et sam) sont proposés afin que chacun puisse profiter du festival à prix modéré ! DVDM

 

Plus d’infos sur http://www.dock-des-suds.org/babelmedmusic/ [9]

Horaires des concerts : ouverture des portes à partir de 19h, sauf le jeudi à partir de 19h30

 

 

Le petit train de la culture…

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Du 29 mars au 3 avril, « le train bleu » revient pour sa 2ème édition. De scène en scène, ce train, fera visiter la Provence à travers sa culture. Tout le long de la ligne ferroviaire de la Côte Bleue, ce train au départ de Marseille desservira Ensuès-La-Redonne, Sausset-les-Pins, Martigues, Port-de-Bouc, Istres et Miramas avec de nombreux arrêts culturels et artistiques.

 

Après le succès de l’année dernière, la Région et les réseaux Cartreize et Ulysse, réitèrent l’expérience du « train bleu ». Du 29 mars au 3 avril, de nombreux spectacles et moments de partage.

Le mardi 29 mars, première journée de l’événement, la gare de Sausset-les-Pins vous accueille, avant que vous soyez conduits dans un collège transformé pour l’occasion en asile psychiatrique. La compagnie Zou Maî Prod, créée autour de Christian Mazzuchini en 2015, propose au public de devenir les patients d’un hôpital psychiatrique, afin de les plonger dans cet univers étrange et fascinant. Ensuite une collation sera proposée avant de pouvoir assister à la pièce « Fumiers » dans la salle des Salins à Martigues. Ecrite par Thomas Blanchard, elle relate l’histoire de deux copines qui ont grandi à la campagne et qui, une fois devenues adultes, ont pris des chemins différents. L’une est restée, l’autre est partie vivre à Paris. Les retrouvailles et la vie dans le même petit village de province ne sera pas de tout repos.

Le jeudi 31 mars, c’est à Ensuès-La-Redonne que cela commence avec un accueil en musique avec Nine Spirit Brass Band et l’orchestre du collège Paul Eluard de Port-de-Bouc accompagné d’un repas. Ensuite un bus conduira les spectateurs au Cadran, voir la pièce « Liaisons ternaires » de et avec Léa Canu Ginoux, Geneviève Sorin et Gatinho Danse. Un spectacle en trois temps entre danse et musique (photo ci-dessous/crédit photo DR).

meari [10]

Le vendredi 1er avril, la soirée commencera à Port-de-Bouc avec un concert du saxophoniste Jean-Jacques Lion. Elle continuera à la salle le Sémaphore pour la présentation d’une pièce de Jeanne Béziers et Mike Solomon « Sit ozfars wysr », une ode à l’incompréhension culturelle. Ensuite « le train bleu » ira à Martigues, au cinéma Jean Renoir, pour la projection de « Toutes les femmes sont des Aliens », une relecture d’Aliens du collectif Ildi Eldi.

Le samedi 2 avril, la journée débutera à Marseille. Un déjeuner spectacle sera proposé au théâtre de la Minoterie avec « Notre petit théâtre de bouche », de la compagnie Didascalie and Co. Leur pari ? traverser en 20 minutes la pièce « Phèdre » de Racine. Ensuite il sera offert la possibilité d’une déambulation artistique avec Eva Doumbia à la Vieille Charité avant de se rendre au MuCEM pour « La traversée/Insulaires », trois monologues de femmes sur l’histoire des Antilles. A la Criée, « La traversée/La vie sans fard », un texte de Maryse Condé, sera joué afin d’immerger les spectateurs dans l’histoire des Noirs, sur trois continents, des premiers jours de l’esclavage jusqu’aux décolonisations. Enfin, la journée se terminera au théâtre de l’Olivier à Istres avec « Ali 74 le combat du siècle », une pièce de Nicolas Bonneau, qui retrace la vie du célèbre boxeur Cassius Clay alias Mohammed Ali.

L’édition 2016 du « train bleu » sera clôturée le dimanche 3 avril. Au programme, un début de journée à Ensuès-La-Redonne avec à l’arrivée et au départ, un concert du Chœur multiculturel Ibn Zaydoun. Ensuite l’Ecole Régionale d’Acteurs de Cannes proposera des lectures et improvisations autour des textes de Blaise Cendrars suivi d’un pique-nique entre terre et mer. Le dernier arrêt aura lieu au théâtre la Colonne de Miramas, avec « Café Zimmermann », un concert de musique autour de l’œuvre de Mozart.

Entre théâtre, danse et musique, « le train bleu » vous fera voyager le long de la Côte Bleue, tout en vous permettant de participer aux différentes manifestations culturelles et artistiques qui sont organisées. Petit bémol : les tarifs ne prennent pas en compte les trajets avec la SNCF. Malgré la possibilité d’avoir une carte Zou, il reste 25 à 50% du billet à régler, en plus des tarifs des journées.

Manon QUENEHEN

 

« Le train bleu »

Du 29 mars au 3 avril

Au départ de la gare Saint Charles à Marseille

Plus d’infos : www.pacamobilité.fr

 

 

Jeu Babel Med Music 2016

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Jeu Babel Med Music 2016 : quelle est l’artiste originaire de Grèce, invitée à Babelmed cette année ? Envoyez vos réponses à rmtfestival@gmail.com avant le 15 mars pour gagner des invitations au festival!

Mars, le mois des fous, de la musique et des festivals

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Une Pléiade de festivals

Après le festival « Avec le temps », voici venue l’heure de découvrir les jeunes talents du « festi’femmes » (jusqu’au 8 mars, journée de la Femme) ainsi que les dernières découvertes du « festival Russe » au théâtre Toursky du 11 au 26 mars (voir  https://www.rmtnewsinternational.com/2016/03/la-russie-est-a-lhonneur-au-theatre-le-toursky-en-ce-mois-des-fous/ [12])! Sans oublier le désormais incontournable « Babelmedmusic », un festival et un marché des musiques du monde : ce dernier se déroule du 16 au 19 mars ; au Nomad café pour le babel minots, 2nde édition, le 16 et le 19 en matinée, et aux Docks des suds à l’avenir incertain du 17 au 19 mars, en journée pour les rencontres professionnelles et en soirée pour les temps de concerts tout public (plus d’infos http://www.dock-des-suds.org/babelmedmusic2016/ [13]). Jusqu’au 27 mars en divers lieux de notre ville, de la Criée à la Friche (avec une journée dédiée le 27 mars) en passant par le musée d’histoire de Marseille, le mémorial de la Marseillaise et quelques églises et temples, le curieux pourra découvrir des opéras baroques dont « l’Oristeo » de Cavalli (le 11 à 20h et le 13 à 15h à la Criée) et plusieurs concerts de musique ancienne (à noter Jeudi 17 mars au Temple Grignan un concert « Une fête chez les Brueghel » par le célèbre Ensemble La Fenice de Jean Tubéry) à l’occasion de « Mars en baroque », festival initié par feu Edmée Santy, repris avec brio depuis par le Concerto Soave de J-M Aymes (plus d’infos http://www.marsenbaroque.com/le-programme [14]).

De la musique pour tous les goûts

Un festival s’achève, un autre prend le relais, puisque la quatrième édition du Festival de Pâques s’ouvrira le mardi 22 mars avec la Symphonie N°3 de Mahler par le Budapest Festival Orchestra sous la direction d’Ivan Fisher, soit 200 musiciens sur le plateau du Grand Théâtre de Provence à Aix. Seront présents également le NDR Sinfonieorchester, l’Orchestre du Théâtre du Mariinsky sous la direction de Valery Gergiev, la Camerata de Salzburg, Renaud et Gautier Capuçon, Thomas Hamspon, Daniel Hope, Yo-Yo Ma, Pinchas Zukerman, Hélène Grimaud, Paul Lewis, Ivry Gitlis… Cette édition 2016 -qui se clôturera le 3 avril- propose 21 concerts, dans 5 lieux, avec 700 artistes invités. Pelle mêle, quelques concerts à découvrir : Génération @Aix le Jeudi 24 mars, 18h au Jeu de Paume avec François -Fréderic Guy et Manuel Vioque- Judde ; puis le Sextuor de Brahms le Jeudi 24 Mars, 20h au Conservatoire avec Marie Chilemme ou encore Bach, Passion selon Saint Jean le Vendredi 25 mars, 20h30 au Grand Théâtre de Provence avec Halvor Festervoll Melien (pour en savoir plus http://www.festivalpaques.com/fr/ [15]). A noter qu’autour de la programmation, le Festival propose des manifestations gratuites ouvertes à tous avec master-classes de piano, violoncelle ou encore violon. Le festival offre également cette année en la cathédrale Saint-Sauveur un concert gratuit pour les Aixois le dimanche de Pâques, gratuité conditionnée au fait d’habiter le pays d’Aix, qui a fait, par ailleurs, couler beaucoup d’encre. Au programme, le Mahler Chamber Orchestra et David Fray au piano dans un programme Bach !

Une reprise exceptionnelle à l’Opéra de Marseille

Le mois de Mars est également le mois de la reprise, neuf ans après sa dernière présentation à Marseille, de « Madame Butterfly » dans la mise en scène de Numa Sadoul, direction Nader Abbassi, avec dans le rôle-titre Svetla VASSILEVA du 16 au 24 mars à l’Opéra de Marseille, un événement incontournable pour les amoureux de lyrique et de Puccini (http://opera.marseille.fr/saison-15-16/opera/madama-butterfly [16]). A noter qu’avec le magnifique « Turandot » du même Puccini mis en scène par Charles Roubaud, il s’agit d’une des rares productions ayant connu une longue et belle tournée, la plupart des Opéras hélas ne tournent que très peu pour des raisons de budget évidentes. La soirée du 20 mars sera, quant à elle, consacrée à la découverte d’un opéra d’André Messager, guère monté, « Madame Chrysanthème », présenté en version concertante avec Annick Massis et Lucie Roche sous la direction de Victorien Vanoosten : c’était la volonté affirmée de Maurice Xiberras, directeur de la maison Opéra, de présenter en parallèle d’œuvres connues des œuvres rares afin de les faire découvrir au public marseillais. Une excellente idée qui espérons-le fera mouche, à l’image des opéras jeune public présentés à l‘Odéon cette année, œuvres ayant su conquérir leur public. Alors, pourquoi s’en priver ? DVDM