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Marseille romantique

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Rémy Cardinale, directeur artistique et pianiste de l’ensemble de musique de chambre “L’Armée des Romantiques”, nous présente la première édition du festival “Les Passions Marseillaises”, un événement célébrant le riche héritage musical de Marseille au XIXe siècle avec 3 concerts proposés du 19 au 21 septembre.

Rémy Cardinale et le Festival “Les Passions Marseillaises”

Cette première édition a été précédée d’un concert test au musée d’histoire de Marseille en 2024 organisé par l’armée des romantiques. “C’est un ensemble de musique de chambre à géométrie variable basé à Marseille.” L’idée du festival est née de sa passion pour l’histoire et les instruments historiques, combinée à la découverte d’une histoire musicale marseillaise méconnue : “On joue sur des instruments historiques et notre champ d’action artistique, c’est le romantisme. Je suis passionné d’histoire et j’ai découvert qu’il y avait une activité autour de la musique classique au 19e siècle exceptionnelle à Marseille. Et cette activité musicale autour de la musique classique est aujourd’hui un peu oubliée. On va dire que la Provence a capté l’activité de cet art-là. En fouillant un peu, je suis tombé sur des travaux universitaires extraordinaires qui rappellent cette histoire oubliée.” L’enjeu du festival est clair : ” c’est remettre à l’honneur tout ce 19e, son activité culturelle éblouissante et la refaire vivre.”

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Beethoven, une passion marseillaise (Vendredi 19 septembre à 20h30, Théâtre de l’Œuvre)

Ce spectacle musical, écrit par Rémy Cardinale avec Jean Manifacier (mise en scène et comédien) et Pierre Créac’h (dessinateur), prend la forme d’une fable inspirée des travaux de la musicologue Anik Devries-Lesure sur la passion des Marseillais pour Beethoven au XIXe siècle : “C’est une histoire assez exceptionnelle, les Marseillais avaient une passion folle de la musique de Beethoven dès les années 1820. Ils sont allés jusqu’à créer un orchestre et une salle de concert, la salle Thubaneau, rue Thubaneau.”

Il met en scène une rencontre fictive entre Beethoven et un médecin marseillais : ” un beau matin, on sonne à la porte du médecin et il voit Beethoven. Il le reconnaît parce que lui aussi est un fou de la musique de Beethoven. Beethoven vient avec un prospectus car il a entendu parler de ce médecin marseillais qui soignait les problèmes d’audition. Evidemment, ce personnage, le médecin, qui s’appelle le docteur Fabre, haut en couleur, c’est une sorte de personnage un peu à la Pagnol, devient complètement hystérique devant la vision de Beethoven. Il essaye de le garder avec lui, mais Beethoven s’en va. Il crie derrière lui, Beethoven n’entend rien parce qu’il est sourd. Il va voir ses musiciens qui répètent pour un concert, il leur annonce que Beethoven est là, et leur fait découvrir la musique de Beethoven. Ils tombent totalement en admiration folle devant cette musique et décident de changer de programme et de faire un programme Beethoven le soir même. Beethoven, par le plus grand des hasards, voit l’affiche, vient en concert. Le médecin dira à la fin que ce ne sont pas ses potions qui ont soigné Beethoven, mais l’amour des Marseillais pour sa musique qui ont soigné le maître.”

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La création met en lumière l’histoire incroyable de l’orchestre Thubaneau : “l’orchestre Thubaneau a été créé par des professionnels et des grands amateurs. À l’époque, la frontière entre l’amateurisme et professionnel n’était pas celle d’aujourd’hui. C’étaient tous les grands notables marseillais, la famille Rocheplan, tous ces grands noms de Marseille et ils étaient fous de la musique de Beethoven. Il faut savoir que cet orchestre a créé 5 des 9 symphonies de Beethoven avant Paris, en première nationale. C’est quelque chose d’incroyable, totalement oublié.” Rémy Cardinale souligne l’exceptionnel niveau des musiciens marseillais : “Ces gens ont vu le génie de Beethoven avant Paris, parce qu’à Paris, dans ces années-là, on le pensait fou. A Marseille, on a des témoignages, par exemple, de Paganini, le célèbre violoniste, qui arrive dans les années 40 et joue avec un quatuor à cordes marseillais. Il a découvert les quatuors à cordes de Beethoven, qu’il n’avait pas réussi à trouver avant, à Marseille.”

Joué sur un piano Boisselot de 1841, il met en scène trois musiciens (Rémy Cardinale au piano, Girolamo Bottiglieri au violon, Emmanuel Balssa au violoncelle) et un comédien (Jean Manifacier). Rémy Cardinale précise : “Ce spectacle est purement une fable mais parle d’une histoire bien réelle de la passion des Marseillais pour la musique de Beethoven.” Beethoven arrive à Marseille par le train, à la gare Saint-Charles. “Son arrivée est mise en image par mon camarade Pierre Créac’h, et ses dessins sont projetés pendant le spectacle.” La salle Thubaneau est située à proximité du Théâtre de l’Œuvre : “elle est au lieu exact du mémorial de la Marseillaise. Quand l’ancien jeu de paume a disparu, ils ont construit une salle de spectacle, et c’est cette salle qui a brûlé à la fin des années 30, début 40. On trouvait ça vraiment très beau de pouvoir faire ce spectacle à deux pas de la véritable salle : dans le spectacle, la salle a été dessinée, c’est une allégorie, évidemment, puisqu’on n’a pas de document, ni de dessin ou de télégraphie de cette salle. On trouvait le symbole beau.

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Régine Crespin, une passion marseillaise (Samedi 20 septembre à 20h, Conservatoire Pierre Barbizet Marseille, salle Tomasi)

Le concert hommage à la grande soprano Régine Crespin est interprété par la mezzo-soprano Lucie Roche et le ténor Carl Ghazarossian, tous deux Marseillais. Le programme comprend des mélodies françaises chantées par Régine Crespin tout au long de sa carrière : “Le deuxième concert, ce sera un hommage à l’immense cantatrice Régine Crespin, qui est marseillaise, on l’oublie souvent. Ce sont uniquement des mélodies qu’elle a chantées et enregistrées durant sa carrière, des mélodies françaises, notamment le cycle des nuits d’été, très célèbre par son enregistrement. Il y aura aussi des mélodies de : Poulenc, Fauré, Dupin. Et je jouerais sur un piano Erard de 1895”.

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Les pianos Boisselot, une passion marseillaise (Dimanche 21 septembre à 17h, Auditorium du Musée d’histoire de Marseille):

Ce concert-conférence met en lumière la manufacture de pianos Boisselot, fleuron de l’industrie marseillaise du XIXe siècle : “Cette année, on va faire deux concerts sur un piano de la marque Boisselot. C’est une manufacture qui est partie complètement dans l’oubli. On connaît, on s’intéresse aux instrumentiers, aux grandes maisons parisiennes. Mais il faut savoir que Boisselot, pendant 50 ans, a tenu la dragée haute à ces deux grandes marques parisiennes. C’était la seule manufacture provinciale à avoir un niveau international. Il y avait également une salle de concert, la salle Boisselot, qui était extrêmement forte : c’est de tout cela et de la grandeur de cette grande maison marseillaise dont on va parler lors du troisième concert au musée d’histoire.” Le concert présentera des œuvres de Chopin jouées sur un piano Boisselot des années 1840.

Une ambition

“Le festival a pour but d’ouvrir et d’honorer pendant les journées du patrimoine, des lieux du 19e siècle de Marseille, parce que qu’il y a plein d’hôtels particuliers, privés malheureusement, que les marseillais ne connaissent pas. J’espère arriver un jour à ouvrir les salons d’apparat de la préfecture de Marseille, qui sont exceptionnels. Notre objectif est vraiment la valorisation des monuments architecturaux du 19e marseillais.”

Le choix des lieux de concert (Théâtre de l’Œuvre, Conservatoire Pierre Barbizet et Musée d’histoire de Marseille) souligne ce lien fort entre la musique romantique et le patrimoine architectural marseillais. Le festival est une invitation à redécouvrir une page méconnue mais passionnante de l’histoire culturelle de Marseille.

Diane Vandermolina

Plus d’infos : https://www.xn--arme-des-romantiques-d2b.fr/festival-passions2025.html [6]

Tarifs : 17€/14€ pour les 2 premiers concerts/ Gratuit pour la conférence.

Crédit photos: L’Armée des Romantiques

Le ZEF : une nouvelle saison et une réouverture en fanfare !

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Francesca Poloniato nous dévoile la nouvelle saison du ZEF

A l’occasion de la réouverture de la Gare Franche, 7 chemin des Tuileries à Marseille, le 23 septembre dès 16h30, nous nous sommes entretenus avec Francesca Poloniato, directrice du ZEF- Scène Nationale de Marseille sur la saison à venir et les orientations du ZEF.

Diane Vandermolina : Quelle est la ligne directrice de la programmation et les temps forts?

Francesca Poloniato : « Les spectacles de la saison invitent à réinterroger notre société et à rêver différemment. On a des spectacles avec des enjeux écologiques aussi. On a des spectacles jeunes publics (les Oiseaux, Jamais dormir) et tout public où les enfants peuvent venir avec leurs parents. Par exemple, Les lasagnes de la Nonna [7] de Massimo Furlan a réuni des femmes italiennes immigrées en Suisse dans les années 60 pour réaliser des lasagnes. Étant moi-même italienne, avec une mère et une grand-mère qui savent ce que représentent les lasagnes en Italie, j’ai été immédiatement attirée. Au-delà de la recette, c’est une véritable exploration de l’identité, de l’intégration dans un pays étranger, et des liens familiaux. Ces femmes, ouvrières, mères au foyer… chacune a son histoire, et le temps qu’elles prennent pour préparer ces lasagnes reflète la richesse de leurs vies. Le projet inclut aussi David, un danseur professionnel, dont la grand-mère, qui a accepté son homosexualité, a une place importante dans sa vie. C’est un projet très universel, qui parle de l’acceptation de la différence, et de l’amour, le tout avec beaucoup d’humour. Sabat Mater est une coproduction avec le KLAP : Kélémenis m’a proposé cette collaboration, et l’idée de présenter du flamenco, une forme d’art que j’apprécie, au public d’une scène nationale m’a tout de suite séduite. Anna Pérez travaille avec José Sanchez au théorbe ; c’est une pièce poignante qui explore la perte et la résilience d’une mère. Carmen [8] est le dernier volet d’une trilogie de François Grimaud, après Phèdre et Gisèle. Chaque pièce explore la figure féminine à travers les époques, avec une comédienne pour Phèdre, une interprète pour Gisèle, et une musicienne exceptionnelle, Rosemary Stanley, pour Carmen. C’est un vrai oiseau rebelle et on la co-programme avec La Criée.

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DVDM : Parlez nous des propositions artistiques des artistes associés ?

F.P. :« L’ensemble C barré [10] est un club orchestre, un orchestre de quartier qui réunit une centaine d’enfants, d’adolescents et on l’a élargi aux parents ou grands-parents. Chaque participant du club orchestre se voit prêter son instrument de prédilection. Chaque semaine à l’école élémentaire de la Busserine, ils et elles se réunissent autour de la pratique de la mandoline, du violoncelle et des percussions et viennent également répéter au Zef, on va d’ailleurs voir à ouvrir au 3ème un espace pour accueillir l’ensemble et donner des cours de musique aux enfants. Ce club orchestre a travaillé avec des compositeurs Amine Soufari et Mehdi Telawi, projet créé par Sébastien Bois, le chef d’orchestre, sur la thématique de l’exil. A la gare Franche, on a un projet avec Floriane Facchini [11] qui est une metteuse en scène franco-italienne, un laboratoire culinaire écologique et populaire. Pour elle l’alimentation devient un outil pour se rencontrer, interroger notre relation aux autres et au monde en général qui nous entoure : l’alimentation fait partie pour elle des luttes sociales. Elle a créé un spectacle à partir d’une histoire qui s’est passée en 1943, où Mussolini avait interdit aux paysans de semer du blé pour empêcher qu’il y ait du pain et des pâtes, pour ne pas nourrir les résistants. Il y a une famille de sept frères, qui s’appelle la famille CERVI, qui ont enfreint cette règle, qui ont semé du blé, qui ont vraiment beaucoup aidé les résistants, qui leur ont permis en tout cas de pouvoir résister à fascisme, on va programmer la saison prochaine la prestation antifascista de Casa de Cervi avec des habitantes et des professionnels sur ce plateau. 2 projets engagés. »

DVDM : Depuis 10 ans, vous pratiquez une politique tarifaire basse ?

F.P. : « C’est une volonté que j’ai affichée à ma candidature, à mon oral. Je trouve que c’est très important d’avoir une politique tarifaire basse. Aujourd’hui, vu le coût de la vie, aller à quatre voir un spectacle, ça coûte cher et je me dis, au tarif familial de 5 euros, 20 euros à quatre, on peut sortir. Et c’est super parce que on peut les revoir quatre fois dans la saison. Ma plus grande fierté est qu’on a la moitié du public qui vient du quartier, l’autre du centre-ville. Ce sont des jeunes et des femmes qui me disent combien ils sont heureux de venir. C’est un bonheur de voir que tout le monde peut aller voir un spectacle et se côtoyer.»

Le four aux 4 Vents ©Yohanne Lamoulère

Réouverture de la Gare Franche

Cette nouvelle saison, placée sous le signe de la réinvention et de l’engagement social, est célébrée lors de la réouverture de la Gare Franche, ce 23 septembre. L’événement, gratuit et ouvert à tous, permet au public de découvrir un espace métamorphosé et de prendre un avant-goût des spectacles à venir.

La Gare Franche, après deux ans et demi de travaux, rouvre ses portes, et l’événement est une véritable fête. Les visiteurs découvrent une Gare Franche métamorphosée. L’Usine, rénovée et modernisée, offre un plateau et des gradins repensés pour une meilleure expérience du public. La Bastide réhabilitée conserve son charme authentique tout en gagnant en fonctionnalité. Et les jardins, agrandis et repensés, sont un véritable havre de paix au cœur du complexe.

Comme le souligne Francesca Poloniato, directrice du ZEF, « ce n’est pas simplement une réouverture, mais une célébration d’un projet artistique et culturel ancré dans le territoire ». La journée d’inauguration, gratuite et ouverte à tous, reflète parfaitement cette ambition. Dès 16h30, la Parcelle aux 4 vents, nouvel espace vert, accueille un goûter convivial fait maison. L’ambiance est familiale, décontractée, prélude à une soirée riche en émotions.

Au menu

En ouverture (17h30), les Ateliers Sud Side et Arthur Pérole investissent le Plan d’Aou avec “Jour de Fête”, une chorégraphie participative qui transforme l’espace urbain en un joyeux carrousel avec son manège fabriqué pour les J.O. « J’avais envie que ce soit joyeux. Les enfants pourront monter dans le manège », explique Francesca Poloniato, en évoquant la collaboration avec les Ateliers Sud Side, « leur travail avec les jeunes du quartier est remarquable ».

A 18h, côté Bastide, Floriane Facchini, avec sa performance “Pastasciutta Antifascista”, mêle la création culinaire à un DJ set engagé « On y entendra Bella Ciao ». Cette expérience sensorielle unique illustre la volonté du ZEF de nourrir autant le corps que l’esprit. « En Italie, la cuisine est indissociable de la culture », précise Francesca Poloniato, soulignant l’importance de cette dimension dans le projet du ZEF. « Zara, notre maîtresse de maison, œuvre toute l’année à nourrir les ventres et sera là ce jour ».

Confection de la pasta © Yohanne Lamoulère

A 19h, à l’Usine, la soirée se termine en apothéose avec l’Ensemble C Barré et le Club Orchestre de la Busserine, fruit d’un travail de longue haleine avec les habitants, puis Pierre Rigal et son spectacle “Rondes”, une expérience immersive et collective autour d’une danse folklorique célébrant les saisons, « avec ses costumes sublimes, fabuleux, créés par Pierre-Louis Mascia » (réservation [12] obligatoire).

 « Nous voulons proposer une programmation exigeante mais accessible, qui permette aux habitants de découvrir de nouvelles formes d’expression artistique tout en passant un bon moment », conclut Francesca Poloniato.

La réouverture de la Gare Franche est emblématique de l’engagement du ZEF à être un lieu de vie, de création et de partage, un lieu qui bat au rythme de Marseille, un lieu où la culture nourrit le corps et l’âme.

DVDM

Photo de une: Vincent Beaume

Ciao Moka, 5ème!

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Un souffle d’Italie contemporaine à Marseille

Depuis cinq ans, le festival Ciao Moka souffle un vent de fraîcheur sur la scène culturelle marseillaise. Cette année, du 18 au 20 juillet, au Parc Longchamp et à la Friche Belle de Mai, Ciao Moka invite une nouvelle fois les Marseillais à un voyage sensoriel au cœur de la culture italienne contemporaine. Cette cinquième édition, riche en nouveautés, promet une expérience immersive et festive

Un crédo

Créé avec l’ambition de “montrer ce qui se passe vraiment en Italie aujourd’hui”, il s’éloigne des clichés et des stéréotypes pour offrir une vision contemporaine et dynamique de la culture italienne. Comme l’explique sa créatrice, Sonia Nisi, plus qu’un simple festival, Ciao Moka est devenu “une plateforme pour les artistes italiens émergents ou les artistes plus confirmés qui font leur premier pas à l’international et viennent se produire en France pour la toute première fois sur la scène de Ciao Moka”.

L’engagement de Ciao Moka envers la parité est également notable. “Cette année on a un peu plus de femmes” précise Sonia Nisi, soulignant la présence de cinq femmes artistes, incluant une réalisatrice et deux groupes musicaux. « On accorde une attention particulière à la qualité artistique de sa programmation, tout en maintenant un esprit festif » souligne-t-elle.

Le festival conserve sa taille humaine, accueillant environ 3500 personnes sur trois jours, tout en restant “accessible et convivial. C’est un moment de rencontre dans un esprit populaire de ce que peut être une fête italienne”, citant l’exemple de la pizzica, danse traditionnelle du Salento, qui transportera les festivaliers “dans un village d’Italie”. 

Au-delà de la programmation artistique, Ciao Moka célèbre les liens historiques entre Marseille et l’Italie. “Il y a aussi une scène locale qu’on met en avant chaque année, avec les artistes Italiens de Marseille” développe Sonia Nisi. Une visite guidée sur l’histoire de l’immigration italienne à Marseille vient renforcer cet aspect car le festival met en lumière non seulement la richesse de la culture italienne contemporaine, mais aussi les connexions profondes entre les deux villes.

Crédit photo: Emilien Brunelier

Une programmation entre musique, danse, littérature et gastronomie

Sonia Nisi détaille par le menu les 3 jours de festivités avec une ouverture en grandes pompes. “Le 18 au parc Longchamp, on ouvre le festival avec une grande soirée pluridisciplinaire autour des cultures populaires du sud de l’Italie avec pour invitée Lavinia Mancusi. C’est pour moi une des plus belles voix du folk italien contemporain. Elle est aussi multi-instrumentiste : elle joue le violon dès l’âge de 7 ans, également de la guitare, des percussions. Elle est aussi danseuse, écrivaine. C’est une artiste engagée qui a beaucoup travaillé sur les traditions et sur la musique traditionnelle. Elle sera accompagnée par ses musiciens à l’accordéon et à la basse. Le concert commence tôt, dès 19h30. »

En prélude au concert, à 18h, Ciao Moka propose des ateliers autour des cultures populaires : Un atelier de pizzica, donné par la danseuse Federica Mercure, et un atelier de tambour sur cadre, donné par le musicien Francesco Quartuccio de Naples. « Après le concert, il y a un moment de danse collective, une ronde de pizzica où tout le monde est invité à rentrer dans la danse. » explique-t-elle.

« Après, il y a la projection du film Les Merveilles d’Alice Rohrwacher, très connu et apprécié en France, qui a gagné un prix à Cannes. C’est un film lié aux cultures populaires, qui nous amène dans la campagne italienne du centre de l’Italie, dans l’Ombrie. La soirée en dehors des ateliers [13] (15/20€) entièrement gratuite ». Pour les activités payantes, des places pour les plus démunis sont disponibles gratuitement via l’association Culture du Cœur.

On y retrouve un point restauration avec les sardines marseillaises « qui font de la gastronomie italienne avec des produits locaux. On trouvera : des croquettes de patates, des supplì ou petites boulettes croquantes de riz avec un cœur moelleux de mozzarella, des mange-tout, des sardines. Il y a un bar sur place avec les traditionnels spritz.”

Crédit photo: KEUJ

Un week-end à la Friche

Le lendemain, samedi,  le festival se déplace sur le toit-terrasse de la Friche Belle de Mai pour une soirée musicale plus intimiste (entrée 6€). “On accueille en ouverture de soirée Costegno, qui est un DJ, architecte sonore Napolitain Marseillais, qui va faire un warm-up sur des vibes italo-tropicales, avec l’envie de nous faire voyager à travers les deux rivages de la Méditerranée. Ensuite, il y aura le live de Taranta Lanera, le projet de Marie Lanera, qui propose une version électronique, mutante et transe de la tarantelle. Là, on trouve une version plus moderne de la musique populaire d’Italie méridionale. En tête d’affiche, il y a le concert de Maria Chiara Argirò, pianiste virtuose italienne très connue dans le monde du jazz en Europe. Elle est originaire de Rome, mais elle habite à Londres depuis une dizaine d’années. Elle a été programmée dans beaucoup de festivals de jazz, mais son nouvel album, Closer, signe une évolution vers un son qui va plus vers la scène club, toujours en gardant ce côté vraiment très raffiné qui la caractérise. Elle est en trio avec ses musiciens” détaille-t-elle.

Le dimanche est dédié à une ambiance plus familiale et conviviale. “Dimanche, on propose à 9h30, une visite guidée [14] de Marseille, pour découvrir la ville à travers l’histoire de l’immigration italienne, et des Italiens que Marseille a accueillis et qu’elle accueille encore aujourd’hui. C’est une visite proposée par Giada Vigato : le départ se fait de l’Alcazar. Dans l’après-midi, on se déplace à partir de 18h à la fiche Belle de mai devant les grandes tables sur la place des Quais. On propose deux ateliers [13] de cuisine, proposés par l’association Passa Parola : un atelier des antipasti italiens, et un atelier de tagliatelle maison (15€). »

« En même temps, il y a des activités gratuites comme un échange de livres italiens, avec la possibilité de venir avec son livre, repartir avec un autre, avoir un moment de discussion autour de ces lectures avec Amici. Et il y a aussi un atelier pour les enfants proposé par l’association Mille e Una Italia. C’est un atelier de jeux en langue italienne (gratuit ou à prix libre). »

« A 19h30, il y a le grand concert de clôture pour finir cette cinquième édition en fête tous ensemble, entre amis ou en famille. On a invité le groupe Savana Funk composé d’Aldo Betto (guitare), Blake C.S. Franchetto (basse) et Youssef Ait Bouazza (batterie). C’est un groupe qu’on aime beaucoup, qui vient de Bologne, de la région d’Emilie-Romagne. Et c’est un groupe qui incarne l’esprit du live et fusionne funk, rock, groove, blues. Il représente la richesse de la rencontre culturelle” conclut-elle.

Ciao Moka est devenu un rendez-vous incontournable de la célébration de la culture italienne à Marseille dont le quartier Saint Jean au Panier était surnommé la Petite Naples dans les années 30/40 ans avant sa destruction. Diane Vandermolina.

Crédit photo de une : Ciao Moka

Programmation et réservations : https://www.helloasso.com/associations/sonica-vibes/evenements/ [13]

 

La Casa by Casanis, 2ème Round des festivités

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Après un lancement en grande pompe fin juin pour les 100 ans de l’outsider Casanis, une deuxième soirée spéciale attend les amateurs et les curieux à La Cachette, angle de rue 35 Grand Rue/24 r Guirlande, 13002 Marseille, le 10 juillet.

La Corse à Planète Mars

 “Ça nous a semblé bien de le faire à Marseille, parce qu’en fait, même encore aujourd’hui, c’est un produit qui est très vendu en Corse et surtout sur l’arc sud-est. On aurait pu le faire là-bas, mais on a préféré fêter les 100 ans à Marseille parce qu’il y a une très grande proximité entre les Corses et les Marseillais au-delà de l’aspect géographique. On a choisi La Cachette parce que l’établissement travaille déjà très bien avec la marque et la propose à ses consommateurs toute l’année. C’est un peu la Corse à Marseille avec son terrain de pétanque et sa terrasse…” explique Benoît Paris, responsable marketing, précisant que “le principe de ces soirées estivales, c’est un petit bout de Corse qui vient à Marseille avec boissons et propositions culinaires du pays. “

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Cette proximité est symbolique de l’histoire même de Casanis. “En 1925 à Bastia, Emmanuel Casabianca crée Casanis, contraction entre son nom de famille et Anis. Il relocalise en 1942 son site de production, détruit par les bombardements de la 2nde Guerre Mondiale, à Marseille où la diaspora corse est importante. On retrouve cette double identité sur ses bouteilles ornées d’une tête de Maure, symbole de la Corse, et d’une grosse croix bleue en référence au blason de Marseille. C’est une marque qui réunit les Corses et les Marseillais. “ Détaille-t-il.

L’entreprise, qui a rejoint le groupe La Martiniquaise en 2009, est présidée par Jean-Pierre Cayard depuis 2016. Une Édition Limitée anniversaire revisite les bouteilles avec un design étoilé, en référence à la badiane, un des ingrédients, avec la réglisse et l’anis, de son breuvage. 

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Une soirée concours de design de carafe

Ce 10 juillet (18h-20h), un concours oppose trois artistes, Carolina Nasica, Vincent Beynet et Tchader, pour créer une carafe unique.  “Un des objets culte de notre marque, c’est une carafe avec sa tête de maure et sa poignée… On va donner des carafes blanches cette fois-ci aux artistes et on va leur demander de réaliser leur mise en couleur. On fera voter les personnes qui seront là présentes ce jour-là et notre communauté sur les réseaux sociaux qui est très réactive. La gagnante sera commercialisée dans les établissements du Sud.” Indique-t-il.

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Cet attachement des consommateurs est un élément clé de l’identité de la marque :“Casanis, c’est un peu comme les Corses ou les Marseillais. Je pense que si vous les aimez, vous les adorez. Si vous ne les aimez pas trop, vous les détestez. C’est une marque qu’on consomme et qu’on est fiers de consommer. Comme les Marseillais ou comme les Corses sont fiers. Et qu’on aime vraiment. Ce n’est pas le pastis le plus vendu en France… Mais peu importe. C’est comme la Corse, il n’y a pas besoin d’être le plus représentatif. Il a une personnalité, un goût particulier qui le différencie des autres. Avec son goût marqué d’anis vert, ce pastis se marie parfaitement avec l’orgeat même si on le boit plutôt avec de l’eau et des glaçons.” S’amuse-t-il.

A vos bobs et boules de pétanque !

Diane Vandermolina

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Bon à savoir

Le 24 juillet (18h-22h), un marché des savoir-faire immerge les visiteurs dans la richesse culinaire corse. Enfin, le 11 septembre (19h-23h), le groupe Culombu assurera la clôture des festivités. 

Ouvert à tous, les tarifs de boissons et plats sont : Casanis 3€, panisses 9€, planche de charcuteries ou fromages corses 22€. (L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, NDLR).

Crédit photos : Thomas Bismuth Mediatome

Les Nuits Flamencas d’Aubagne, 10ème Edition

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Du 2 au 6 juillet, Aubagne vibre au rythme du flamenco pour les 10 ans des Nuits Flamencas.

Gratuit et accessible à tous, le festival, initié par le guitariste internationalement reconnu Juan Carmona et organisé par Nomades Kultur, célèbre cette année ses dix ans d’existence avec une programmation exceptionnelle et la présence d’artistes de haut vol. Plus qu’un simple festival, « c’est un véritable carrefour artistique pluridisciplinaire qui mêle tradition et modernité ».

Programme

Au menu, une riche palette d’événements sur l’Esplanade De Gaulle, dont la célébration des 40 ans de carrière de Juan Carmona accompagné de l’Orchestre Symphonique de l’Opéra de Lyon (4 juillet, 22h), et la première française du Ballet Flamenco de Andalucía avec Tierra Bendita dirigé par Patricia Guerrero (5 juillet, 22h).

Le Théâtre Comoedia accueille le concert d’un des plus grands flutistes flamenco Domingo Patricio (2 juillet, 21h) et celui du flamenco-jazz du pianiste Andrés Barrios Trio accompagné de la danseuse Sara Sanchez (3 juillet, 21h) tandis que le Cinéma Le Pagnol (2 juillet, 19h) fait la projection du documentaire “Antonio Najarro, la danse espagnole en partage” suivi d’une rencontre avec le réalisateur, Jean-Marie David.

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Andrés Barrios ©Nuits Flamencas

Le festival propose également des bals sévillans, des expositions, des conférences, des animations pour enfants, un concert-défilé de mode (4 et 5 juillet dès 18h/19h) sur la grande scène et dans l’espace sevillane au cœur du village andalou ! Un apéro-concert flamenco rumba sur le rooftop de l’Hôtel Linko avec le groupe Tchanelas clôture le festival le 6 juillet à 19h30 (20€).

L’aspect pédagogique est au cœur de l’événement, avec ses master classes animées par des grands noms du flamenco (3 et 5 juillet/35/100€) et des ateliers d’initiation pour tous les niveaux. Le festival s’étend également au-delà d’Aubagne, avec des spectacles à Aix-en-Provence (11 juillet au 6Mic à 21h) et Marseille (9 août dans le cadre de l’Eté Marseillais dès 19h30).

Fidèle à ses valeurs, éco-responsable, il privilégie la mobilité verte, la réduction des déchets plastiques, et la valorisation des circuits courts.

Interview de Juan Carmona

JUAN CARMONA ©DARIO CARUSO

DVDM : Quelle est l’origine du festival ?

J.C : J’ai vécu toute ma vie à Aubagne et quand il y a eu le changement de mairie, il y a 14 ans, le maire, Gérard Gazay, est venu me voir pour me demander de lui proposer quelque chose autour de la musique. Et, le flamenco c’est quelque chose que je connais parfaitement, aussi bien de dehors que de dedans. J’ai vécu en Andalousie pendant une quinzaine d’années, ce qui m’a fait avoir des relations privilégiées avec les artistes. Tout simplement, je lui ai proposé de faire un festival de flamenco et la première édition a été un carton plein. Il y a eu plus de 3000 personnes, c’était pratiquement du jamais vu. On a fait ça à l’époque au parc Jean Moulin, à Aubagne. Puis, on s’est développé en augmentant le nombre de jours, en élargissant la programmation. On ne s’arrête pas au spectacle, on fait des masterclass, des conférences, et on intègre dans la programmation le flamenco jazz. On fait des expositions de luthiers, des projections. On a élargi à tout ce qui est la culture andalouse, j’ai envie de dire.

DVDM : Par rapport au concept, vous êtes porté par une envie de faire un festival gratuit ouvert à tous.

J.C : Il ne faut pas oublier que les artistes que nous faisons venir peuvent lendemain être au Carnegie Hall à New York, au Royal Albert Hall, et là, les prix des entrées, c’est facilement 45-50 euros, facilement. La gratuité est un gros plus : il est évident qu’il y a une grande affection pour le flamenco dans le sud de la France, par rapport aux grandes communautés andalouses qui vivent ici. Et il est évident que quand la communauté sait qu’il va venir tel ou tel artiste, que normalement ils sont obligés de payer une fortune pour aller le voir, et que c’est à côté de chez eux, ils viennent.

DVDM :Vous allez faire les 10 ans des Nuits Flamencas et vos 40 ans de carrière ? Est-ce que vous pouvez nous donner les temps forts de cette édition ?

J.C : Les temps forts, ça va être par rapport à mes 40 ans, je vais présenter la Sinfonia Flamenca avec l’orchestre de l’Opéra de Lyon, qui sont plus de 60 musiciens, et ma formation, c’est-à-dire chant, guitare, danse et percussion. C’est un spectacle que j’ai présenté un peu partout dans le monde, au Bolchoï, au Carnegie Hall, dans tous les pays : ce sera le 4 juillet. Le lendemain il va y avoir un moment très fort avec le ballet flamenco d’Andalousie, une institution en Andalousie : c’est un ballet de plus de 35 danseurs et danseuses qui sont là pour promouvoir la culture andalouse. Le flamenco c’est une culture à part entière, c’est une façon de s’habiller, c’est une façon de s’amuser, c’est un tout, ce n’est pas qu’un art qu’on pratique de telle heure à telle heure.

TIERRA BENDITA @MarcosMedina

DVDM : Votre envie est de transmettre l’art de vivre andalou ?

J.C : Exactement, souvent en plaisantant, je dis amener Séville ici à Aubagne. Séville dans toute sa splendeur, c’est-à-dire que Séville ça peut être la gastronomie, les musées, le flamenco, mais le cinéma avec des réalisateurs comme Carlos Saura qui se dédient à représenter le flamenco. J’ai la chance de voyager énormément à travers le monde, je me suis aperçu que le flamenco est présent dans les quatre coins du globe. Je rentre d’une tournée en Inde, j’étais à Hawaï, en Chine, aux Etats-Unis, et le flamenco c’est vraiment un art qui est sensible à tout le monde, et c’est pour ça que je veux faire découvrir cet art aux Aubagnais. Et finalement aujourd’hui ça s’est tellement développé que c’est tout le monde qui vient, les Marseillais, les Aixois, les Toulousains, les Parisiens. Contrairement aux festivals de Jazz qui sont pléthore en région, pour le Flamenco, il y en a peu et en général les artistes font un circuit en été : de Mont-de-Marsan, en passant par Nîmes jusqu’à Aubagne.

DVDM : Et est-ce que vous pouvez parler du bal sévillan ?

J.C : La sévillane, c’est la danse traditionnelle de la feria de Séville au mois d’avril, c’est une danse qui est essentiellement basée sur la séduction, qui peut se danser à deux, mais à trois aussi, et à quatre aussi, et bien sûr par couple. Elle est complètement accessible à tout niveau, on n’est pas obligé d’être un expert en flamenco pour faire la sévillane. Vous allez à la feria de Séville, vous voyez aussi bien danser les papis, les mamies, que les enfants, que des gens qui ont un niveau un peu plus élevé, où effectivement ils vont mettre une technique avec un peu plus de pirouettes, mais sans aller jusqu’à là, on peut être un enfant de 7-8 ans et danser très bien la sévillane, parce que c’est une danse qui ne demande pas une grande technique et qui est accessible à tout le monde, quelque chose de très joyeux. Et c’est pour ça qu’on tient absolument à faire ces initiations à la sévillane et ces bals sévillans avec Giral Dos. Avant le bal, il y a une école de danse qui vient et donne un petit aperçu de comment fonctionne la danse de la sévillane. Ensuite, elle est pratiquée avec le bal.

Le public amateur de Sévillane ©Dario Caruso

DVDM : Et vous allez faire donc deux arrêts, un à Aix en juillet et un autre à Marseille en août. Est-ce que vous pouvez parler de ce que vous allez proposer ?

J.C : Le concept plaît tellement que les villes voisines nous le demandent. Pour ces dates, on a décidé de mettre en avant la scène locale parce qu’il ne faut pas oublier qu’il y a des artistes de flamenco aussi dans la région. A Aix, on a invité Juan Santiago (guitare), Teresa Deleria (danse) et Blas Deleria (chant). Moi-même j’ai démarré dans la région. Et j’ai beaucoup de respect pour tous ces artistes qui pratiquent une musique qui n’est pas de leur pays : c’est assez compliqué pour eux de se produire. Dans la scène locale, il y a beaucoup de talents.

A Marseille, Juan Carmona propose une initiation à la Sévillane, suivie d’un Tablao Flamenco “De Madre A Hijo” porté par Isabel Fernández et son fils José Fernández et d’un concert de son 7tet. A vos agendas ! Diane Vandermolina

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Infos pratiques :

Dates: Du 2 au 6 juillet 2025 (Aubagne), 11 juillet (Aix-en-Provence), 9 août (Marseille)

Lieu: Aubagne (Esplanade De Gaulle, Théâtre Comoedia, Cinéma Le Pagnol, Espace des Libertés)

Entrée: Gratuit (sauf master classes et apéro flamenco)

Réservations:

Pour les spectacles au Théâtre Comoedia : www.aubagne.fr/comoedia.html [21]

Master classes : https://www.lesnuitsflamencas.fr/master-class-2025/ [22]

Apéro flamenco à l’Hôtel Linko : 04 42 18 64 40. 

Places gratuites pour le cinéma à retirer directement au Cinéma Le Pagnol.

Programme complet: https://www.lesnuitsflamencas.fr/ [23]

Photo de une: La Sévillane ©Dario Caruso

Jacqueline Régis : Une vie dédiée à l’art, à la culture et à Marseille

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« Je suis une serial entrepreneuse »

Jacqueline Régis, 79 ans, née à Tunis en 1946 dans une famille de six enfants, d’un père italien naturalisé en 1949 et d’une mère française, est Marseillaise d’adoption depuis 1961. Enfant, son père l’emmenait tous les jeudis dans une pâtisserie où “on n’avait droit qu’à un seul gâteau” puis au théâtre. “Là, je me suis dit : quand je serais grande, j’aurais une pâtisserie et un théâtre.”

Les événements de Bizerte ont précipité un départ urgent de Tunisie. “On a tout laissé derrière nous, une très belle vie, notre argent, nos affaires, notre maison familiale au bord de la mer à La Marsa. On arrive en France dans un HLM, mon père a dû travailler comme pompiste, mais il y a toujours eu de l’amour et on n’a pas souffert. On a tous beaucoup travaillé et fait de belles études car mon père nous a inculqué cette idée : on ne sait jamais ce qui peut arriver. Et à mes enfants aussi, je leur ai dit de faire un métier, mais qui leur plaise parce qu’il n’y a pas de sot métier”.

Après un bac littéraire au lycée Perrier, des études de droit et de science politique, elle s’oriente vers la médecine après sa rencontre avec son premier mari. Elle ouvre brièvement un cabinet médical de rééducation orthoptique pour enfants avant de racheter la pâtisserie chocolaterie, Amandine, en 1978. Récemment divorcée, elle y rencontre le père de sa fille : Maurice Mistre. « Il faisait des gâteaux agrémentés d’une sérigraphie personnalisée pour ses clients. Parmi ces derniers, ceux réalisés pour Edmée Santy s’appelaient “les Santy”. » Ensemble, ils créent les Arsenaux en 1980. “Jeanne Laffite avait la librairie, nous le restaurant-salon de thé et les salles d’exposition.”

“Ma vie est faite de rencontres et tout ce que j’ai réalisé, c’est grâce aux rencontres.”

En 1985, elle trouve au 59 cours Julien une ancienne manœuvrerie qu’elle transforme en théâtre privé de 200 places, L’Avant-Scène, où elle présente 42 spectacles jusqu’en 1992. Elle y accueille Samy Frey et, en 1988, Serge Rezvani, auteur de la chanson de Jules et Jim de Truffaut, qui lui écrit deux pièces, Jusqu’à la prochaine nuit et Na. En 1992, Jack Lang lui propose de reprendre le Théâtre Récamier à Paris. « Hélas, le nouveau ministre, Jacques Toubon, a préféré que cela reste la salle de répétition de la Comédie-Française. »

Par la suite, elle s’associe avec le réalisateur et producteur Franck Appréderis pour produire des films d’auteurs, via Avant-Scène Production, pendant 15 ans, avec une filiale à Bollywood. Elle faisait alors les allers-retours entre Marseille et Paris. Entre 1997 et 2000, à la demande de Jean Mangion, elle crée le Centre de Design Marseille Provence au 6 avenue de la Corse qu’elle co-dirige avec Antoine Lazerges. « Les gens passaient et disaient : c’est un centre de signes pour les aveugles. Le design était peu connu. J’ai exposé les œuvres de Mathieu Lehanneur avant qu’il ne soit le designer de la Flamme Olympique.»

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Atteinte de deux cancers (de la thyroïde et du sein), elle laisse la place à son assistant en 2014 avant de tout vendre un an plus tard. Une fois en rémission, « je ne suis pas quelqu’un qui va se reposer, alors je me suis dit : je vais créer des galeries d’art contemporain et de design avec un côté chocolaterie. » En 2018, elle fonde la Boutique du Chocolat Galerie d’art contemporain et de design, Aurore, sis 7 rue Edmond Rostand. Elle souhaite passer la main à sa fille, Pauline Mistre, juriste fiscaliste, qui dirige la boutique Mistre ouverte en 2021 à Vauban. Une troisième boutique devrait bientôt ouvrir dans le 8e arrondissement.

« Adolescente, j’aimais beaucoup Marseille : cela me rappelait mon enfance en Tunisie et je trouvais qu’il y avait un cosmopolitisme dans la ville, non seulement au niveau des religions, mais aussi culturellement : quand on accueille des gens d’ailleurs, ça apporte quelque chose à la ville, et les Espagnols, les Italiens, les Arabes ont tous apporté quelque chose à la ville. Là où l’effervescence culturelle a vraiment été visible, ça a été en 2013. J’essaie de contribuer à mon niveau. »

Après le Covid, elle a édité en 2023 un livre hommage à sa ville d’adoption ‘1000 photos pour Marseille’. Ce portrait architectural de la ville se présente comme « un vagabondage poétique, parcours hiératique effectué au centre-ville, sur le littoral, dans la campagne environnante, en architecture avec des images de l’intime, images de rues, impressions colorées douces-amères atemporelles. » Il a été réalisé pendant le confinement : “il n’y avait personne, avec les 5 photographes, on a fait le tour de la ville. C’était très agréable”.

Passionnée de cuisine, elle invitait 8 à 10 convives à ses repas mensuels, notant ses recettes dans un carnet. “Il s’appelait : Devine qui vient dîner ? et je racontais une histoire avec chaque recette”. Sa rencontre avec un photographe culinaire lui a donné l’idée de faire un livre de ses recettes revisitées par 24 chefs étoilés, 18 cuisiniers et 6 pâtissiers. Parmi eux : Hélène Darroze, Coline Faulquier, Hugues Mbenda et Alexandre Mazzia. Sortie prévue en septembre. « Georgiana Viou n’a pu y participer, elle retourne chez elle au Benin mais il y aura peut-être une surprise, j’attends la réponse d’un autre grand chef » glisse t’elle énigmatique.

« J’ai réalisé tous mes rêves »

« J’ai vécu une vie très enrichissante sur le plan professionnel, avec de superbes rencontres, mais catastrophique sur le plan personnel : j’ai été entourée par la maladie. Ma fille née en 1986 a eu un cancer des ovaires à 20 ans, son père est mort d’un cancer et mon fils de 50 ans est décédé il y a deux mois d’un cancer du poumon au stade 4 ». Elle souhaite aujourd’hui s’occuper de ses petits-enfants.

Propos recueillis par Diane Vandermolina

Bon à savoir :

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Vernissage de la prochaine exposition Domitia de Sylvie Serres à la galerie Aurore le 17 juin à 18h.

L’Opéra de Marseille : Semer les graines de la culture dès le plus jeune âge

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L’Opéra de Marseille est depuis plus d’1/4 de siècle un acteur majeur de l’éducation artistique et culturelle, déployant des actions ambitieuses auprès de publics très divers, des tout-petits aux personnes âgées, en passant par les élèves des écoles et les détenus. Nous avons rencontré Guillaume Schmitt, chargé de l’action culturelle, et Jean-Marc Coppola, adjoint à la culture de la ville de Marseille, pour en savoir plus.

“A Marseille, l’Opéra c’est classe” : une immersion artistique pour les jeunes

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DVDM : La soirée de gala du programme A Marseille l’Opéra c’est classe a lieu vendredi 27 juin à 19h à l’Opéra de Marseille. Comment se déroule ce programme ?

Guillaume Schmitt : « Six établissements scolaires participent à cette action, quatre écoles primaires de la ville de Marseille et deux collèges. Les établissements postulent en amont pour participer au programme « A Marseille, l’Opéra c’est classe » et au cours d’une commission « Ville de Marseille, Opéra, Rectorat », les établissements sont choisis en fonction de leur projet pédagogique et culturel. Ensuite, nous faisons en septembre une réunion en coordination avec les enseignants et les personnels artistiques intervenants de l’opéra. Une visite de l’opéra pour découvrir ce lieu, pour se sentir chez eux. Et à partir du mois de janvier, ils attaquent vraiment un travail d’immersion totale au sein de l’opéra avec des artistes intervenants en chant, danse et mise en scène qui les font répéter sur les ouvrages choisis en opéra et en opérette. Ils assistent à la générale de l’ouvrage sur lequel ils travaillent, à un concert pédagogique du chœur, un concert pédagogique de l’orchestre. Ils vivent une expérience d’immersion totale au sein de l’opéra de Marseille. Et ensuite, ils font en commun sur la scène de l’opéra un chant final qu’ils présentent devant les familles, parents et institutions. Et le public reprendra ce chant final en chœur pour clôturer cette soirée de gala. Les enfants développent une meilleure écoute, un meilleur respect de l’autre par la rencontre de l’autre : ça ouvre de nombreuses perspectives scolaires et sociales.  »

Une ouverture à tous les publics : des EHPAD aux prisons

DVDM : Vous menez aussi des actions dans les EHPADs ?

GS : « Nous avons des actions en direction des publics empêchés, à côté des actions jeunes publics. Nous menons une politique en direction des EHPADs, mais également des maisons de fin de vie, des hôpitaux, en partenariat avec l’APHM et nous allons à la prison Les Beaumettes. Cette mission de service public que doit remplir l’opéra municipal est de permettre au plus grand nombre d’avoir accès à la culture. Nous avons donné des récitals avec nos artistes solistes du chœur, ce qui permet aussi à nos artistes d’être confrontés à la réalité de la vie, qui est la privation de liberté, la maladie, la vieillesse, la fin de vie. Il y a ensuite un échange très fort qui se fait entre les artistes et les publics présents lors de ces concerts. »

L’éveil artistique dès le plus jeune âge : “Les petits bouts à l’Opéra”

DVDM : Parlez nous des programmes Musiciens à l’école et Les petits bouts à l’Opéra ?

GS : « Les musiciens à l’école sont en direction des écoles primaires, où notre orchestre se déplace. Il y a une immersion de l’orchestre au sein de l’établissement, on va sur les lieux d’études des enfants, et nous espérons que peut-être ces concerts susciteront des vocations, l’envie d’aller au conservatoire, d’apprendre la musique, et de venir à l’Opéra visiter cette maison qui est inscrite au cœur même de la cité. Cette année, la nouveauté c’est l’action en direction des crèches de Marseille, « Les petits bouts à l’Opéra », avec une immersion en chant et danse. Pour le chant, avec une artiste intervenante et nos artistes solistes du Chœur, Jean-Michel Musical et Pascal Bonnet du Perron, ils feront un travail sur tous les sentiments qu’on peut retrouver dans la voix, la peur, la colère, la tristesse, la joie et apprendront une petite comptine qu’ils chanteront avec nos artistes dans le grand foyer de l’Opéra. Pour la danse, Christophe Roméro proposera un éveil au corps. »

L’engagement politique pour la culture : la vision de Jean-Marc Coppola

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DVDM :Quel est votre point de vue sur ces actions, et notamment sur l’importance de l’accès à la culture pour tous, dès le plus jeune âge ?

Jean Marc Coppola : « Cela correspond à ma vision de la culture, l’éducation artistique et culturelle dès le plus jeune âge, de 0 à 12 ans, incluant les crèches municipales et les écoles primaires. J’y tiens particulièrement car il s’agit d’éveiller les sens des enfants, de leur faire découvrir l’art sous toutes ses formes : musique, danse, chant, arts visuels… et de les confronter aux autres, à leur environnement et aux livres, en les emmenant dans les bibliothèques et les musées. Et bien sûr, à l’opéra ! Amener 300 bébés de 2-3 ans à l’Odéon pour Pierre et le Loup peut sembler fou, mais leur réceptivité était incroyable. On ne peut pas mesurer précisément l’impact de telles actions, mais je suis convaincu de leur importance. Mme Marinopoulos, qui a rédigé un rapport en 2019 sur l’EAC, m’a fait remarquer la surprise de certains parents, même ceux de milieux favorisés, lorsqu’on leur suggère de raconter des histoires à leurs bébés.  Ces programmes bénéficient aux enfants, aux parents (qui ressentent une certaine fierté), et contribuent à la démocratisation de l’accès à la culture, car cela permet à des familles qui ne franchiraient pas le seuil de l’Odéon ou de l’Opéra de découvrir ces lieux. C’est pourquoi je m’investis dans des programmes comme “Orchestre à l’école” et “Opéra à l’école”. Je suis souvent étonné par la curiosité et les connaissances musicales déjà présentes chez certains jeunes. Ces actions forment les spectateurs de demain, mais surtout permettent l’épanouissement personnel par la découverte artistique. Il ne s’agit pas uniquement d’éveiller des vocations, même si cela peut arriver, mais surtout de confronter les enfants à un environnement culturel auquel ils n’ont pas forcément accès. Je pense aussi aux bibliothèques et aux livres : de nombreuses familles n’ont pas de bibliothèque à domicile, et emmener les enfants dans ces lieux les familiarise avec la lecture et l’écriture. Tout cela fait partie intégrante de ma mission. Je considère ces actions comme des missions de service public essentielles. »

DVDM : Quels sont les moyens mis en œuvre par la ville de Marseille ?

JMC : « Nous y consacrons d’importants moyens publics, contrairement à de nombreuses autres collectivités qui ont réduit leurs investissements dans la culture, notamment dans les opéras. À Marseille, l’Opéra est quasiment entièrement financé par la ville, complété par les recettes propres et une subvention de l’État (430 000€ sur un budget de 27 millions d’euros). La Région et le Département n’apportent aucun financement. Bien sûr, la ville est confrontée à des contraintes budgétaires, mais l’art de la politique consiste à trouver des solutions aux problèmes apparemment insolubles. Pour ma part, je refuse que la culture soit la variable d’ajustement. Je ne veux pas réduire ses moyens, car on ne sait pas ce qui nous attend demain. Mon expérience à la tête du CREPS Provence-Alpes-Côte d’Azur (1999-2006) m’a montré les conséquences désastreuses de la baisse des moyens de l’éducation populaire. En 2002, j’avais prédit que cela serait une bombe à retardement, et Boris Cyrulnik l’a confirmé en 2017 en parlant d’un recul de civilisation. La culture n’est pas seulement un divertissement, c’est un outil d’épanouissement et d’émancipation humaine. »

L’Opéra de Marseille, grâce à son engagement et à l’investissement de la ville, s’affirme comme un lieu d’épanouissement artistique et culturel pour tous, démontrant l’importance de l’accès à la culture pour le développement personnel et le progrès social, prouvant que la culture est un bien précieux, un droit fondamental pour tous, et un puissant levier de développement humain.

Propos recueillis par Diane Vandermolina

Crédit photos : Souad Boumiz

En une, crédit photo: Christian Dresse.

Le Off d’Avignon 2025 : Plus grand, plus vert, plus international  

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Du 5 au 26 juillet prochain, le Festival Off d’Avignon ouvre ses portes pour une édition riche en nouveautés et résolument tournée vers l’avenir. Avec 1 781 propositions culturelles prévues, dont 1 724 spectacles, ce millésime s’annonce comme un rendez-vous incontournable pour tous les amateurs de spectacle vivant.

Des chiffres record pour une programmation foisonnante

Parmi ces 1 724 spectacles, on compte 541 en première fois au Off, 490 créations 2025, 181 spectacles jeune public et 25 spectacles non francophones. Au total, plus de 27 400 levers de rideau sont attendus, pour une durée moyenne de 1h09 par représentation. Avec un tarif moyen de 19,90€ en plein tarif et 13,70€ en tarif réduit, le Off s’affiche comme un festival accessible à tous les publics.

“Le Festival Off d’Avignon est plus que jamais le cœur battant du spectacle vivant en France,” se réjouit Harold David, co-président d’Avignon Festival & Compagnies (AF&C). “Cette édition 2025 illustre parfaitement la vitalité et la diversité de la création, malgré les défis que traverse actuellement notre secteur.”

Le Brésil, invité d’honneur d’une programmation riche et plurielle

Grande nouveauté de cette année, le Brésil est l’invité d’honneur du Festival Off. En partenariat avec la Fondation Nationale des Arts – Funarte, le public pourra découvrir la richesse culturelle brésilienne à travers une programmation mêlant théâtre, danse, musique, parades, projections et rencontres.

Le week-end d’ouverture, les 5 et 6 juillet, sera entièrement dédié au Brésil au cœur du Village du Off, situé 6, rue Pourquery de Boisserin (ndlr: fermé le mardi), avec déambulations, banquet, tables rondes, ateliers de danse, concerts et bal familial. Onze compagnies brésiliennes ou d’origine brésilienne seront également à l’affiche du festival.

“Après Taïwan l’an passé, nous avons souhaité mettre à l’honneur la créativité et la diversité du Brésil, un pays riche de cultures et de talents,” explique Laurent Domingos, co-président d’Avignon Festival & Compagnies (AF&C). “C’est l’occasion pour notre public de (re)découvrir cette effervescence artistique.”

Laurent Domingos et Harold David, les 2 présidents du Festival Avignon Off ©Johanna Baschke

Des innovations pour améliorer l’expérience festivalière

Outre cette programmation bouillonnante, le Festival Off innove cette année pour offrir une expérience encore plus épanouissante à ses festivaliers. Première nouveauté majeure, le Village TADAMM verra le jour, un espace entièrement dédié aux enfants et aux familles. Du 7 au 26 juillet, de 12h à 18h, ce lieu proposera ateliers de médiation, extraits de spectacles, espaces de jeux et rencontres autour du jeune public. Une carte TADAMM à 5€ permettra aux familles de bénéficier de réductions sur les spectacles et les activités.

Autre innovation, l’ouverture d’un point de vente physique Ticket’Off au cœur du Village du Off. Les festivaliers pourront désormais acheter facilement leurs billets et cartes d’abonnement sur place, et bénéficier des conseils des équipes. Ce guichet sera ouvert tous les jours de 9h30 à 19h30.

Enfin, fait marquant, le Festival Off d’Avignon et le Festival d’Avignon ont réussi à aligner leurs dates cette année, facilitant la synergie entre les deux événements au bénéfice du public et des professionnels.

Des engagements forts en faveur de l’accessibilité et de l’écoresponsabilité

Le Festival Off démontre également son engagement en faveur de l’accessibilité et du développement durable. Outre les 135 spectacles accessibles aux personnes déficientes auditives et les 625 aux déficients visuels, une carte Off à 2€ sera proposée aux jeunes de 14 à 25 ans du 5 au 9 juillet.

Sur le plan environnemental, le festival poursuit ses efforts avec le transport mutualisé des décors par fret ferroviaire. Après 30 spectacles en 2024, l’objectif est d’atteindre une centaine de compagnies en 2025, réduisant ainsi drastiquement l’empreinte carbone de l’événement. Des partenariats renforcés avec les transports en commun complètent cette politique écoresponsable.

“Rendre notre festival toujours plus inclusif et durable est une priorité pour nous,” souligne Harold David. “C’est un engagement de tous les instants qui se traduit dans de nombreuses initiatives concrètes.”

Avec cette programmation riche et diversifiée, ces innovations et ces engagements forts, le Festival Off d’Avignon 2025 s’annonce comme un rendez-vous incontournable. Rendez-vous du 5 au 26 juillet pour vibrer au rythme de la création ! DVDM

Le programme: Festival Off Avignon du 5 au 26 juillet 2025 [28]

Muriel Pénicaud décrypte le futur du travail dans une BD captivante

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Travailler Demain, un roman graphique qui stimule le dialogue intergénérationnel.

L’ancienne Ministre du Travail, Muriel Pénicaud, se lance dans une aventure éditoriale originale : une bande dessinée, Travailler Demain, co-écrite avec Mathieu Charrier et illustrée par Nicoby. Ce roman graphique explore les transformations profondes du monde du travail, abordant avec intelligence et humour les défis de l’intelligence artificielle, de la transition écologique, et de l’égalité femmes hommes.

À travers l’histoire de Soraya, une lycéenne qui prépare un exposé sur le futur du travail, le lecteur est immergé dans un récit captivant qui croise des personnalités influentes et des témoignages inspirants. De Sophie Bellon à Christine Lagarde, en passant par Aurélie Jean et Isabelle Rome, des figures clés partagent leurs visions et leurs analyses.

Muriel Pénicaud explique : « J’ai choisi la BD pour rendre accessible au grand public le débat complexe sur le futur du travail. L’objectif est de stimuler les discussions sur l’IA, l’écologie et le sens du travail, à l’école comme en entreprise. »

Travailler Demain ne se contente pas de dresser un constat, il propose des pistes de réflexion et des solutions concrètes pour construire un avenir professionnel plus juste et plus durable. L’ouvrage met également l’accent sur l’importance du dialogue intergénérationnel, essentiel pour relever les défis de demain.

Elle est en signature aux Arcenaulx, cours Estienne d’Orves, le 22 mai à 16h. DVDM

 Interview de Muriel Pénicaud sur sa bande dessinée “Le Futur du Travail”

Muriel Pénicaud: À l’origine de ce roman graphique, il y a une proposition que j’ai faite à Glénat pour réaliser une bande dessinée, un doc fiction, sur le futur du travail.  Je donne beaucoup de conférences sur ce sujet, en France et à l’international, et c’est un véritable enjeu sociétal. On parle d’actualité politique et économique, mais souvent sans une vision claire.  Beaucoup de personnes, étudiants, chefs d’entreprise, salariés, se questionnent sur l’avenir.  La bande dessinée, en tant que média grand public, permet de combiner le sérieux et l’humour pour aborder des sujets comme l’intelligence artificielle, les enjeux écologiques, les aspects démographiques, et les changements dans notre rapport au travail, son sens même.  On raconte une histoire, celle de Soraya, une lycéenne qui prépare un exposé sur le futur du travail et rencontre des personnalités réelles, devenues personnages de BD, après avoir validé leurs propos.  L’histoire est légère, humoristique, mais aussi sérieuse grâce aux témoignages.

DVDM:  Ces personnes reflètent bien la diversité des acteurs du monde du travail ?

Muriel Pénicaud:  Oui, on a des patrons – Sophie Bellon de Sodexo, Benoît Bazin de Saint-Gobain, Thierry Marx – des syndicalistes – Marylise Léon, Philippe Martinez, Ron Oswald – des experts comme Aurélie Jean pour l’intelligence artificielle, des personnalités comme Christine Lagarde, et des acteurs engagés pour la diversité, l’inclusion, l’égalité femmes hommes – Isabelle Rome, Moussa Camara, Rachel Khan, et Jasmine Manet, particulièrement engagée auprès des jeunes.  On a visé une vision à 360 degrés, car le travail nous concerne tous.  L’objectif est de donner à réfléchir, de montrer des exemples concrets.  Avec Mathieu Charrier, mon co-scénariste, journaliste et spécialiste de la BD, on est allés les interviewer. C’était amusant, car je les connaissais, et j’étais dans une autre posture que celle de ministre, intervieweuse au lieu d’être interviewée.

DVDM: Votre expérience au Ministère du Travail vous a-t-elle permis d’avoir une vision plus globale et d’offrir des solutions, comme le modèle d’apprentissage continu ?  Quelles autres solutions proposez-vous face aux bouleversements et à la conciliation entre performance des entreprises et justice sociale ?

Muriel Pénicaud: C’est une bonne question, c’est le sujet de mes conférences.  Mais là, je ne parle pas, je suis scénariste, chef d’orchestre.  Cependant, j’ai travaillé sur ces thèmes longtemps, en dirigeant les ressources humaines de DADONE et comme Ministre.  Cela m’a aidée à pousser les interviewés sur le fond.  La BD met en valeur des solutions, des points d’équilibre.  Par exemple, avec l’IA, les métiers dits de cols bleus et de l’artisanat seront largement conservés. En même temps, les métiers dits de “col blanc” (finance, droit, marketing, santé) seront détruits et transformés.  De nouveaux métiers émergent, comme chez Sodexo ou à l’Hôpital de Montréal. Ce dernier, très avancé sur l’IA, développe l’aspect l’humain car le soin passe par la relation humaine.  En France, c’est différent : on parle de gestes techniques pour les soins pratiqués. L’automatisation de la gestion de données, des systèmes répétitifs, des process, libérera du temps.  La question est la technique au service de quoi ? Si on est intelligent collectivement, on le consacrera à la créativité et à l’humain. Sinon, on supprimera juste des postes.  L’histoire n’est pas écrite.  Chez Renaud, parti en Asie, on voit les transformations liées à la transition écologique.  Marylise Léon et Benoît Bazin montrent comment la chaîne de valeur dans la construction se transforme en Inde.  On voulait donner des exemples, éviter de juste dire “Oh là là, quel bouleversement !”, mais montrer des pistes de solutions, des expériences, des opportunités de créer de nouveaux métiers.  On rappelle que 65 % des métiers n’existent pas encore, et que plus de 50 % des emplois de l’économie formelle seront transformés dans les 10 ans.  L’ampleur est énorme, mais on voulait que le constat ne soit pas anxiogène.  C’est une grande transformation, mais avec des opportunités.  On voit aussi le rôle de l’entrepreneuriat pour les jeunes en difficulté, en zone rurale ou urbaine, et le débat sur le financement.

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DVDM:  La BD répond aux attentes des jeunes quant à leurs besoins de sens dans les métiers à venir ?

Muriel Pénicaud: Tout à fait. C’est une chance pour la société, les jeunes générations sont plus exigeantes sur les aspects écologiques et sociaux. Jasmine Manet le montre, ainsi qu’Isabelle Rome sur l’égalité homme femme. 

DVDM:  Quelles actions concrètes et innovantes pour dépasser les inégalités au-delà de l’index égalité pro ?

Muriel Pénicaud: Sur 13 personnages, 7 sont des femmes. Je suis très engagée sur l’égalité homme femme, on progresse, mais pas assez vite. Isabelle Rome le dit, mais beaucoup de personnages en parlent car elle résume deux points cruciaux pour l’avenir du travail : plus de justice sociale et plus de performance économique pour un système durable.  C’est un combat pour les femmes, nos filles, nos petites-filles, pour l’émancipation économique.  Mais c’est aussi un enjeu économique, car les entreprises plus paritaires sont plus performantes, innovantes et résilientes.  C’est un plaidoyer social et économique.  Pourtant, les jeunes filles, leurs parents et les professeurs n’envisagent pas assez les carrières dans la tech et les sciences, alors qu’il y a un boulevard d’emplois intéressants avec l’IA et les startups, dans l’écologie, la santé…  Les écoles d’ingénieurs n’ont que 20 % de femmes, et au collège et au lycée, c’est catastrophique, alors qu’elles sont souvent meilleures en classe.

DVDM:  L’éducation et le langage utilisé jouent elles un rôle ?

Muriel Pénicaud: Absolument. Les parents et les professeurs ne voient pas assez les opportunités.  Il y a des associations mais c’est un travail de fond. Il ne faut pas rater cette génération, car il y a plein d’emplois à créer entre transition écologique et intelligence artificielle, des emplois qui ont du sens.  Ce n’est pas de la technique pour la technique.  On espère que la BD, accessible aux salariés, aux chefs d’entreprise, touchera les lycéens et étudiants.  Mon rêve est qu’il y en ait dans tous les CDI, et qu’on fasse des débats à l’école autour de ces sujets.  La BD peut être un support.  J’ai déjà fait des conférences autour de la BD, mais je pense que ça peut donner à réfléchir sur l’avenir.  Il y a plein d’exemples concrets qui donnent envie d’aller voir ce côté-là.

DVDM: Ça permet de les inciter à s’emparer de ces questions et à choisir d’autres métiers ?

Muriel Pénicaud:  Et de ne pas s’auto-restreindre à une série de métiers. On est encore dans des stéréotypes de genre très résistants, culturellement.  C’est une perte de chances pour les filles et pour la société, pour les entreprises qui n’ont pas ces talents.  Soraya peut s’emparer de tous les domaines, elle interroge Aurélie Jean sur l’IA, et il y a des rôles modèles parmi les interviewées. 

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DVDM:  La relation entre Soraya et sa grand-mère reflète le dialogue et les incompréhensions entre les générations.

Muriel Pénicaud: La grand-mère, Cathy, est DRH chez Pépin Malin, une entreprise de parapluies écologiques.  Cathy est un vrai personnage. Avec Soraya, elles s’aiment, mais ne se comprennent pas toujours.  Leur relation permet d’aborder des sujets non traités par les 13 personnages, d’apporter des chiffres et des idées complémentaires.  C’est la merveille de la BD, on se balade dans l’histoire.  Sur huit pages, on fait l’historique des deux derniers siècles en matière de droits sociaux. Soraya voyage en Inde, en Afrique, au Canada, elle peut dialoguer avec Roosevelt par exemple. Le dialogue intergénérationnel, un des grands sujets de demain, avec le sens du travail et l’égalité homme femme, traverse tous les thèmes de la BD. Jasmine Manet, qui a créé l’association Girls Forever, a 28 ans, et montre qu’il ne faut pas attendre la prochaine génération pour changer.  Il faut commencer maintenant, avec les jeunes.  On voit comment le rapport des jeunes aux institutions, aux syndicats, a changé, comment les syndicats et le management doivent évoluer, par la confiance, le coaching… Pascal Demurger de la Maïf en parle.  Il y a plein de pistes pour discuter entre générations.  Lors des dédicaces, des gens viennent en famille, car les jeunes ne veulent pas parler du travail, ou les parents leur mettent la pression.  Inversement, les parents sont inquiets.  Ils achètent la BD, et ça crée un débat en famille, entre amis, collègues…  C’est un bon support pour un débat familial.  On peut en parler avec du recul, car 65 % des emplois futurs n’existent pas encore.  Il faut apprendre à apprendre, on ne choisit pas son avenir à 18 ans.  On fera 10 métiers dans sa vie.  C’est important pour un débat sur le travail qui ne soit pas précipité.

DVDM:  Souvent, les jeunes pensent “métier passion” ou “métier ennuyant”…

Muriel Pénicaud:  Oui, exactement.  Il faut que les modes de travail évoluent.  Beaucoup de jeunes refusent les CDI, alors que c’était le Graal.  Heureusement, en France, 86 % des emplois sont des CDI.  Mais on voit une recherche d’équilibre vie pro/vie perso, accentuée par le Covid.  Le travail n’est plus forcément numéro un.  Le sacrifice au travail disparaît.  Ce n’est pas un manque d’engagement, on peut être engagé sans se dédier corps et âme.  Les entreprises le comprennent.  Ce ne sont pas des jeunes moins engagés, ils s’engagent sur des projets qui ont du sens.  Et comme il y a moins de chômage, c’est positif.

DVDM: Vous êtes aussi photographe ?

Muriel Pénicaud: Oui, je reviens du Sénégal, j’ai fait une conférence sur le futur du travail.  J’y étais pour mes deux nouvelles expositions, à Saint-Louis et Riga-Dakar. Puis je vais aller à Athènes.  Même conférence, autre exposition de photographie.  J’ai reçu le prix Julia Margaret Cameron Award. La photographie, c’est comme la BD, un langage universel qui touche une grande diversité de personnes.  Les femmes et les filles sont très importantes dans mon travail.

DVDM: Vous soutenez les artistes émergents ?

Muriel Pénicaud: Oui, la fondation Sakura aide les artistes émergents depuis 13 ans, avec du mentoring et de l’argent pour leur premier projet.  Les grandes fondations demandent des preuves, mais comment financer le premier court-métrage ?  Il faut des moyens.  On veut aider les artistes à faire leur premier pas.  C’est important, la société a besoin d’art, pour tous, pas seulement pour quelques privilégiés.  Dans un monde incertain, il faut développer la sensibilité, l’émotion, l’imagination, pour inventer la société de demain.  L’art éveille les regards et les cœurs, l’imagination, et c’est joyeux.

DVDM: Vos impressions sur Marseille ?

Muriel Pénicaud: J’y suis venue dans différents contextes, notamment pour l’inauguration de l’école de la deuxième chance, l’insertion dans les quartiers Nord.  J’ai été étonnée par l’ampleur du tissu associatif, mais aussi par les problèmes d’infrastructures de transport qui empêchent l’accès au travail.  Ville de contrastes, elle a un conservatoire formidable, des projets écologiques maritimes…  C’est la 2ème ville de France, une ville bouillonnante de projets et d’initiatives, mais on n’en parle pas assez, et je suis ravie d’y présenter la BD avec Mathieu Charrier.

Propos recueillis par Diane Vandermolina

Photo de une: Muriel Pénicaud ©Gorilla photographie

Informations pratiques : Travailler Demain coécrit par Muriel Pénicaud et Mathieu Charrier, illustré par Nicoby, Ed. Glénat.