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PUCCINI, création 2014 de la compagnie Julien Lestel

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OPERA DE MARSEILLE, le 23 Novembre 2014 à 16 h
Chorégraphie Julien LESTEL pour 11 danseurs
Musiques Giacomo PUCCINI/Lumières Lo Ammy VAIMATAPAKO
Costumes et scénographie Patrick MURRU/Costumière Sandra POMPONIO

Après le magnifique et très abouti « Paix dans les étoiles » présenté au off d’Avignon 2013, puis le succès critique et public de « Roméo et Juliette » au printemps 2014, la Compagnie Julien LESTEL présente à l’OPERA DE MARSEILLE, le dimanche 23 Novembre 2014 à 16 h sa création autour de l‘œuvre de PUCCINI, dont on fête cette année les 90 ans de sa disparition. Cet hommage à l’Opéra et à Puccini sera marqué par la création de chorégraphies autour de Manon Lescaut, La Bohème, Tosca, Madama Butterfly … les héroïnes du compositeur Giacomo PUCCINI, au destin souvent tragique, sont en scène sur les plus beaux arias. Beauté, poésie, lyrisme, émotion seront au cœur de cette création qui, lors de sa première à l’Opéra de Massy, en janvier 2014, a reçu un accueil critique des plus chaleureux. Nous vous conseillons vivement de venir découvrir cette création. DVDM

A noter, prochaines représentations : L’Odyssée, Périgueux, 3 et 4 décembre 2014 ; Théâtre Georges-Leygues, Villeneuve sur Lot, 6 décembre 2014 et Théâtre Municipal Armand, Salon de Provence, 21 avril 2015

INFORMATIONS ET RESERVATIONS
ESPACE CULTURE, 42, La Canebière – 13001 MARSEILLE
04 96 11 04 61 – www.espaceculture.net
Tarifs : de 10 à 40 Euros

Danse à l’Opéra avec le Victor Ullate Ballet

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Le  Victor Ullate Ballet, comunidad de Madrid, présente le 26 novembre 2014 avec ses 23 danseurs un  hommage au célèbre chorégraphe Maurice BÉJART à l’Opéra de Marseille à 20h.

Victore Ullate, danseur auréolé de nombreux prix, fondateur, directeur et chorégraphe du prestigieux Ballet de la Comunidad de Madrid, créé en 1988, il est le disciple de Maurice Béjart et interprète les premiers rôles dans sa compagnie pendant quatorze ans. Son ballet propose un répertoire classique et néoclassique où les danseurs dansent l’histoire de leur culture, traversée de corps à corps, d’arabesques orientales, d’ivresse andalouse, tout en rendant hommage à la grande tradition de la danse académique. Victor Ullate se propose de faire « un pont entre le public traditionnel du ballet et l’autre qui s’oppose à tout ce qui est établi, par l’intermédiaire de la danse». De l’esthétisme immaculé de Balanchine à la noire inspiration sévillane, le Ballet de Madrid montre comment la fougue espagnole peut apprivoiser l’académisme classique. Ce mariage inattendu signe un style, un vrai, fait de grâce et de tempérament. La danse de l’air et du feu : la transcription aérienne des racines culturelles de l’Espagne. Il présentera cette soirée plusieurs ballets:

JALEOS – Ballet néoclassique, Musique Luis DELGADO, Chorégraphie Victor ULLATE : Pour cette mise en scène, Victor Ullate a étroitement collaboré avec Luis Delgado, interprète et compositeur de musiques folkloriques et populaires. Victor Ullate développe un spectacle d’une plasticité impeccable, où la vivacité, l’agilité, la spontanéité et le mouvement frénétique sont érigés en fil conducteur. La fusion de l’essence espagnole et du classique, entre la sensualité et le tempérament féminin, et la force et la virilité masculine, entre l’esprit espiègle des racines populaires de l’air flamenco et les tendances de la danse actuelle.

LE CHANT DU COMPAGNON ERRANT, Musique Gustav MAHLER, Chorégraphie Eduardo LAO : Eduardo Lao a été élève puis danseur dans la Compagnie Victor Ullate Ballet. Après leur étroite collaboration sur le ballet L’Art de la danse, Victor Ullate lui confie alors la production du Chant du Compagnon errant. Sur une émouvante musique de Mahler, Eduardo Lao sculpte l’humanité et la destinée, montrant leur lien indissoluble avec l’éternité.

APRÈS TOI, Musique Ludwig van BEETHOVEN, Chorégraphie Victor ULLATE : Lettre d’au revoir de Victor Ullate à son maître Maurice Béjart

BOLÉRO, Création à l’Opéra de Vichy, Musique Maurice RAVEL, Chorégraphie Victor ULLATE : Boléro est la nouvelle création de Victor Ullate, chorégraphie inspirée par la célèbre œuvre musicale composée par Maurice Ravel en 1928. «Chorégraphier le Boléro est un défi que j’ai toujours souhaité relever. Je pense qu’une pièce de ce type interprétée par un chorégraphe espagnole peut apporter une vision différente. Le thème des années 20 n’est point un hasard, par cette façon je tiens à dédier ce travail à Sergei Diaghilev, fondateur des Ballets Russes, qui a changé la conception de la danse en ôtant l’image exclusivement féminine. Je dédie également mon travail à mon maître, Maurice Béjart, qui a revendiqué la place de l’homme au sein du ballet à l’instar de celui de la femme » Victor Ullate

A découvrir au tarif unique et exceptionnel de 5€! RS

Réservation : A l’Opéra ou par téléphone : 04 91 55 11 10 – 04 91 55 20 43, du mardi au samedi de 10h à 17h30. Plus d’infos : http://opera.marseille.fr/saison-14-15/autres-manifestations/danse/ballet-ullate [2]

 

LACHER PRISE

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LACHER PRISE, chorégraphie de Jean-Charles Gil

Le Transformateur (Usine électrique d’Allauch)

Dates : Du mercredi 26 novembre 2014 au jeudi 27 novembre 2014 à 20h.
Tarifs :  5 à 10  €

Plus d’infos sur www.balletdeurope.org [3]

LACHER PRISE - Patrick Lefebvre

LACHER PRISE – Patrick Lefebvre

     La dernière création de Jean-Charles Gil, Lâcher Prise, met en lumière les contrastes existentiels que traverse la femme d’aujourd’hui, d’où le titre. Mais la force de cette chorégraphie est de nous donner à voir en trois somptueux mouvements, non pas un échec, non pas le désastre de soi, mais le travail du négatif: l’épreuve, la souffrance par le cri, qui se transforment en réconciliation avec soi-même grâce à la médiation d’autrui, à la main tendue, jusqu’à une renaissance triomphale.

     Emma Gustafsson et Jean-Philippe Bayle interprètent avec justesse et émotion cette prise de conscience contemporaine du lâcher prise, où la danseuse pirouettant, s’appuyant au mur blanc, courant, s’allongeant sur le sol, n’hésite pas à montrer son désarroi dans son érotisme même, avant sa rencontre avec un garçon dont la présence l’éveille puis la révèle à elle-même.

     La musique envoûtante de Luis Miguel Cobo scande avec éclat cette renaissance et nous entraîne progressivement vers la libération de l’être. Enfin n’oublions pas de saluer le courage du chorégraphe qui continue de nous offrir, dans son obsession de créativité, une pièce chorégraphique qui invite à repenser intelligemment le rapport à soi et aux autres. Elisabeth Oualid

Lire l’entretien d’Elisabeth Oualid avec Jean Charles Gil ici [4]

Jean Charles Gil présente Lâcher prise à l’Usine électrique d’Allauch, 26-27 Novembre 2014,20h

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LACHER PRISE - Patrick Lefebvre

LACHER PRISE – Patrick Lefebvre

 

A l’occasion de la création d’un duo intitulé Lâcher prise, par deux danseurs invités au Transformateur-Ballet d’Europe (Usine électrique d’Allauch), Jean-Charles Gil nous a accordé un entretien sur sa conception de la danse aujourd’hui.

Elisabeth Oualid: Cette nouvelle création est-elle pour vous l’expression d’un nouveau regard sur la danse?
Jean-Charles Gil: Dans la vie, à un moment donné, nous sommes confrontés à garder ou à jeter quelque chose de son passé. C’est un peu ça ma nouvelle création, Lâcher prise, pour aller plus loin, pour se retrouver mieux quelque part, et explorer des domaines que l’on n’osait pas aborder auparavant. J’essaye maintenant de conserver de l’énergie pour aller ailleurs, plus loin…Je vois de plus en plus de gens qui ne respirent plus dans la danse, qui font du mouvement. C’est étonnant parce que la danse qui se réclame de l’académisme classique respire beaucoup plus que la danse contemporaine. Pour moi, si on ne respire pas, on n’est plus naturel. Donc, dans Lâcher prise, il y a une prise de conscience, une libération de l’esprit.

E.O: Dans cette respiration, il y a quelque chose que l’on ressent et que l’on veut faire passer?
J-C.G: C’est vrai, danser, c’est habiter le geste, un geste esthétique, épuré…Je ne peux pas renier d’où je viens! Des Ballets de Roland Petit et de Maurice Béjart. J’aime le Beau, je travaille là-dedans. Ce qui est intéressant, c’est de signifier, d’exprimer quelque chose, qu’aucun geste ne soit gratuit, que le corps soit habité par un être qui ne ressemble pas à un instrument mais à une individualité, un corps non désincarné.

E.O: Au niveau formel, quel objectif chorégraphique poursuivez-vous? Est-on dans la rupture ou la continuité par rapport aux précédentes créations?
J-C.G: Je suis dans la continuité, je ne me trahirai pas moi-même…Une continuité qui va de l’avant. Tout ce que j’ai fait jusqu’à présent ce sont des essais d’écriture avec une compagnie permanente, en fonction d’une esthétique qui relevait de la justesse du geste, d’un geste dans lequel les gens se reconnaissent. L’important, c’est qu’il y ait quelque chose qui passe dans le public. D’autre part, je ne cherche pas à me répéter, à faire du conceptuel. Ce travail est l’aboutissement de ce que j’ai réalisé depuis douze ans, et je peux dire aujourd’hui que j’ai trouvé le thème qui correspond à tout ce que j’avais mis en place auparavant, en assumant de rester moi-même, en évitant de tomber dans le faux-semblant.

E.O: Que représente au juste le projet de ce duo Lâcher prise? Quel sujet traitez-vous?
J-C.G: Dans Lâcher prise, on va suivre Emma Gustafsson comme interprète d’un personnage qui raconte une histoire, accompagnée d’une ombre (Samir El Yamni) sur laquelle elle s’appuie sans craindre le ridicule, puisqu’elle parle d’elle. Après avoir dansé pendant huit ans chez Angelin Preljocaj, elle a eu envie d’être elle-même, c’est à dire une femme d’aujourd’hui, responsable, autonome, dominant son destin.

Propos recueillis par Elisabeth Oualid

 

Informations pratiques:

Lâcher prise Duo: Conception, Chorégraphie, Scénographie : Jean-Charles GIL /Création musicale :Luis Miguel COBO/Interprètes :Emma Gustafsson – Samir El Yamni/Réalisation lumière :Jean-Philippe Bayle/Durée :30’

Suivi de Journal des Corps/Révolution des Corps – duo/Solo Elyamni – Photo : Emilie Sabestre /Conception et Chorégraphie :Samir El Yamni/Musique :Création sonore/Interprètes :Samir El Yamni – Laura Boudou/Durée :40’

Au Transformateur, Usine électrique d’Allauch, Ave du Gal De Gaulle Quartier St Roch 13190  ALLAUCH

Dates : Du mercredi 26 novembre 2014 au jeudi 27 novembre 2014 à 20h.
Tarifs :  5 à 10  €

Plus d’infos sur www.balletdeurope.org [3]

Possibilité de réserver un menu spécial Lacher prise au prix de 30€ à déguster au restaurant éphémère après le spectacle!

 

Dragging The Bone, de Miet Warlop

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Festival Actoral (Marseille)

La Criée à La Friche Belle de Mai, 7-8 Octobre 2014

 

(c) Reinout Hiel

(c) Reinout Hiel

Dragging The Bone est le solo d’une jeune plasticienne-chorégraphe belge connue pour ses performances à la fois poétiques et comiques. Son spectacle est censé nous faire pénétrer dans l’antre d’une pythie ou d’une prophétesse des oracles d’Apollon, mais il s’agit plutôt ici d’une devineresse schizophrène, autiste et paranoïaque, qui se bat avec les instruments dérisoires de son culte bidon.
Il faut s’armer de patience pour supporter de voir, pendant quarante minutes, cette belle jeune femme se livrer à des opérations de destruction gratuites depuis son trépied: tantôt ce sont des ballons, des mains, un jupon de plâtre, tantôt une pièce-montée de dentiers ou des quilles de bowling, le tout émaillé de quelques gags, comme celui de la lessive, du micro-brosse à cheveux, de la pose photos avec trois jambes, ou du rassemblement minutieux des détritus d’objets cassés dans une nappe de plastique qui se déchire!
On admire le soupir de soulagement que pousse Miet Warlop, quelques minutes avant qu’un rideau noir de carton plissé tombe des cintres et la découvre courant sur un tréteau, grand pompon en main. Faute d’argument, il faut reconnaître que ce spectacle se perd dans des images délirantes, décousues, qui n’inspirent pas la sympathie. Et pour en revenir au titre anglais, on se demande en définitive qui du spectacle ou de l’artiste doit laisser traîner son os…
Philippe Oualid

ZEF! à KLAP

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Zef! de Michel Kelemenis
Maison pour la Danse/KLAP(Marseille)
14 Octobre 2014

C’est dans sa Maison pour la Danse/KLAP que Michel Kelemenis a présenté Zef!,sa dernière chorégraphie sur des extraits d’ouvertures d’opéras de Jean-Philippe Rameau,remarquablement interprétés au pianoforte par Marcelle Mayer.
Zef!,abréviation de Zéphir,incarnation mythologique d’un vent d’ouest,n’est plus ici époux d’Iris,père des chevaux d’Achille,Xanthios et Balios,ou même le rival d’Apollon dans sa passion pour le jeune Hyacinthos transformé en fleur,mais un souffle subtil qui s’applique à transporter les désirs des danseurs dans leur quête éperdue de l’Amour.
Dédié à la mémoire de Bertrand d’At,historien de la Danse,directeur du Ballet du Rhin,ce ballet déjà présenté cet été sur le toit terrasse de la Cité Radieuse Le Corbusier,au milieu d’une exposition Buren,s’est donc glissé au sein d’une oeuvre très graphique pour réinventer l’espace à partir de la lumière du studio et interroger ainsi le spectateur sur la recherche d’un territoire où la danse pourrait trouver droit de cité.
Un territoire que les danseurs expérimentent en quelque sorte en sautillant d’un cadre lumineux à l’autre,en se soufflant dessus,en jouant aux quatre coins,en s’éventant de la main,en mêlant aux figures les plus convenues de la danse classique,révérences,arabesques,pirouettes,des mouvements de post-modern,marches énergiques,bras en hélice,chaîne des corps en serpentin,se dandinant,mains caressant la tête ou les épaules,courses éperdues pour tenter de percevoir à l’horizon l’arrivée du Zéphir,portés acrobatiques…Et chaque fois,semble-t-il,le terme propre échappe pour se perdre dans ce chaos de synonymes que constitue le spectacle précieux de l’Amour discursif dans ses leitmotiv de duos et de trios frappés au coin de la dérision et du burlesque.
Les neufs danseurs de la compagnie exécutent avec précision un flux de mouvements inspirés par le vent léger,mais n’apportent pas à leurs évolutions la grâce et la fraîcheur adolescentes qu’inspirent la musique des Indes Galantes et l’esthétique de Dominique Bagouet.Et décidément,ce ballet de trente minutes qui veut se présenter comme une aventure hors de l’espace scénique,intègre difficilement le grand studio du KLAP…
Philippe Oualid

Crédit Photo JB – photo du spectacle zef! sur le toit du corbusier en septembre 2014

FMDAM : un festival crucifié

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ÉTHIQUE ET ESTHÉTIQUE D’UN FESTIVAL

 

On ne peut que présenter dans ses grandes lignes Le Festival de Marseille de la danse et des arts multiples (19 juin/ 12 juillet), centré sur la danse, certes, mais qui n’en oublie jamais le théâtre, le cinéma, et tous les arts, visuels, qui gravitent autour de la chorégraphie, victime de la crise des intermittents. Voici ce qui aurait pu être par rapport à ce qui a été.

Le dix-neuvième Festival de Marseille, déploie des fastes à la fois populaires et savants : populaire, normal, naturel comme peut l’être tout mouvement, tout geste, de tous les jours, qui peut s’épurer en rythme, en danse plus consciente, se styliser en chorégraphie savante. Depuis 1996 qu’elle en assure la direction, Apolline Quintrand en assume l’âme, profondément marseillaise mais universaliste pour une Marseille désormais close en ses ambitions coloniales d’autrefois, mais ouverte aux quatre vents de la culture d’aujourd’hui, de la rose des vents du monde. Ce festival, loin d’être un simple divertissement, est une grande aventure artistique à la fois esthétique et éthique.

D’abord, c’est la priorité qu’il se donne : l’accès à la culture pour le plus grand nombre. Dans un monde surinformé mais où il est facile de se croire sourd en se bouchant les oreilles ou aveugle en fermant les yeux, ce festival, nomade mais si ancré chez nous, ouvert aux quatre horizons, ouvre grand les yeux sur la morale et la politique au sens le plus noble du terme. Le Festival de Marseille est un festival engagé socialement, soit par le biais de la charte culture permettant aux marseillais défavorisés d’accéder à la culture pour 1€ symbolique, ou grâce à sa politique d’accessibilité pour les personnes en situation de handicap.

Ce festival, donc, porte une attention toute particulière aux personnes en difficulté sensorielle ou motrice. Et, symboliquement, on peut voir le beau cahier rouge du programme ; on passe les mains dessus et, de minuscules points surprennent le tact : c’est en écriture française Braille pour les malvoyants (3500 programmes en braille ont été imprimés) qui bénéficient du concours  de « Souffleurs d’images » professionnels et de spectacles en audio description. Lesspectateurs sourds ont des transcriptions en « Langage des signes », et les malentendants, des amplificateurs personnels de sons. Quant aux personnes à mobilité réduite, l’accessibilité à tous les spectacles leur est facilitée. Mais le Festival propose aussi une réflexion profonde sur le handicap, souvent redoublé par le regard de l’autre qui marginalise celui qui en est frappé. Il invitait donc au spectacle, symboliquement gratuit Attention fragile, dans lequel le danseur et chorégraphe Éric Languet, offre à un danseur en fauteuil roulant, un bouleversant duo avec une danseuse.

Le festival organise aussi des ateliers de pratique artistique, des rencontres avec les artistes, des répétitions publiques, des cycles de projections… des actions éducatives et culturelles dans de nombreux quartiers qui touchent aussi bien les scolaires que le grand public, les plus jeunes, comme les plus anciens.

 

II

 

C’est eu égard à cette éthique du Festival, toujours ouvert sur la société et ses problèmes, ayant d’emblée marqué sa solidarité naturelle avec les damnés de la culture sans lesquels rien ne se peut faire, que la tempête de la crise des intermittents l’a frappé avec un excès qui ne peut que paraître injuste dans la justice pourtant réelle des revendications.

Le Festival, dont les deux tiers des représentations ont été annulées, semble avoir payé d’être venu trop tôt dans la saison dans un conflit trop tard jaugé par un gouvernement aujourd’hui sourd à des revendications qu’il affectait de soutenir hier, signant le 26 une convention contestée qui mit le feu aux poudres.

De la sorte, le 19 e   Festival de Marseille,  s’est ouvert et fermé le 19 juin sur une représentation empêchée par un mouvement de grève. Cette symbolique ouverture/fermeture n’aura pas suffi aux grévistes, souvent minoritaires : sur les 24 représentations prévues seules 8 ont pu être jouées, seules 5000 places ont pu être honorées sur les 15 000 disponibles. Résultat : une perte de recette de 120 000 € et le risque de compromettre l’avenir, le  Festival de 2015, qui devait fêter  sont 20 e anniversaire.

C’est non sans amertume que sa Directrice, Apolline Quintrand, tout en réaffirmant son indéfectible solidarité avec les intermittents, ayant d’ailleurs signé une lettre au gouvernement avec ses pairs directeurs d’autres Festival, dont les Chorégies d’Orange, regrette que l’on ait rejeté ses propositions de compromis à la fois politique et artistiques :

 

« Pour moi, il fallait adosser les revendications légitimes des intermittents aux œuvres des artistes et à leur  prise de parole particulièrement politique et engagée cette année. C’est à cet endroit que se situait l’acte le plus fort en termes d’engagement, de résistance, de fraternité.

Malgré l’’envie de jouer des artistes, toutes nos tentatives de dialogue se sont heurtées à l’inflexibilité d’une partie de nos salariés et de leurs appuis syndicaux qui ont, par exemple, violemment interdit au public d’accéder à un spectacle où se produisaient, avec une majorité de techniciens non-grévistes, de jeunes danseurs colombiens venus pour la première fois en Europe. Et que dire de la fin de non recevoir qu’ont vécu les danseurs palestiniens ou sud-africains…

J’observe également que le Festival de Marseille a été soumis à des pressions démesurées pour une association loi 1901 subventionnée, engagée artistiquement et qui, ces dix dernières années, a assuré plus de 70 000  heures  de travail aux techniciens du Festival dans des conditions de sécurité et de respect intégral du droit du travail. »

 

D’autres festivals, venus plus tard dans la saison, tel Montpellier Danse où 80% des spectacles ont pu être donnés, se sont mieux tirés du conflit que le Printemps des comédiens de Montpellier et le Festival de Marseille, qui ont payé le prix fort de ces crispations, souvent suicidaires, d’artistes désespérés qui scient ainsi leur branche, tout comme le gouvernement scie, sciemment ou bêtement, celle de son électorat.

Fort heureusement, les deux derniers spectacles, exceptionnels,  Diario de una crucifixión de Tino Fernández et Bosque Ardora de Rocío Molina, avant-première à la création mondiale, ont clos ce festival perturbé sur la qualité qui en est la marque de fabrique.

 

III

Diario de una crucifixión

(Journal d’une crucifixion) 

de Tino Fernández

Né en  Espagne, formé à Paris et installé en Colombie, Tino Fernández, à Marseille, a offert, a souffert un solo de 55 minutes  d’une intensité plastique, picturale, humaine, bouleversante.

Dans le petit théâtre du Lacydon, ancienne chapelle voûtée de deux croisées d’ogives, une scène surmontée d’un crucifix comme relique de son passé religieux, tel un reliquaire immense, une sorte de châsse transparente, un cube vitré. À cour de la scène, une niche vide de statue diffuse une vague lumière. Arrive le protagoniste, qui se dépouille de ses vêtements, véritable expolio qui dévoile un corps émacié, un visage christique souligné par le triangle d’une courte barbe noire : une figure ascétique du Greco.

Sur le “Cum dederit…” du Nisi dominus de Vivaldi, au mouvement berçant de barcarolle, l’homme, entré dans sa cage de verre, enfile une aube blanche, passe un rochet, un camail rouge : sur un siège, il devient pape sous nos yeux, celui de Velázquez revu par Bacon. Il déclame, un pendentif à la main comme un pendule, du latin emphatique, prophétique profération, joue avec son reflet, image de tableaux baroques. Mains, étoiles déployées sur bras dolents, indolents de tableaux maniéristes sur la déploration désespérée de Pamina : “Ach, ich fühl’s…” Il se dépouille de ses vêtements liturgiques. La musique devient acousmatique, haletante, hypnotique et l’homme, arraché à ses vains oripeaux, comme un convulsionnaire, comme à son corps défendant ou défendu, s’offre et souffre, passe par toutes les poses à la fois doloristes et érotiques des ascètes et martyrs torturés des sadiques et masochistes peintures baroques de Ribera, de Caravage.

Le rythme s’accélère et ce sont des torsions, des contorsions, des commotions et émotions du corps heurté contre la barrière de verre qui empêche sans doute un envol de l’enveloppe charnelle libérée de sa consistance terrestre et, les vêtements enfuis, c’est comme s’il voulait se libérer aussi de sa peau, de son corps, devenir peut-être esprit, simple souffle que l’on entend entre gémissement ou plaisir. Simulacre de castration, extrême sudation qui évoque le suaire: il extrait une fiole, l’emplit de sa sueur et, comme une relique, la colle sur la paroi du verre embué de la transpiration de sa transe.

Il s’extrait enfin de sa cage de verre et se rhabille et s’en va après cette parenthèse de christique cristal où le physique a dit le métaphysique. On reste le souffle coupé. Benito Pelegrin.

 

Photo du festival.

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NEDERLANDS DANS THEATER 2

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NEDERLANDS DANS THEATER 2
Postscript,Gods and Dogs,Cacti
Festival de Marseille au Silo.4 Juillet 2014

La prestigieuse compagnie de danse contemporaine,le Nederlands Dans Theater 2,est venue présenter au Festival de Marseille,dirigé par Apolline Quintrand,trois pièces exceptionnelles de son répertoire,crées entre 2005 et 2010:Postscript,Gods and Dogs,Cacti,qui mélangent,avec une impressionnante virtuosité,différentes techniques de danse articulées sur des mouvements élémentaires de comportement ou une gestuelle plus ou moins triviale.
Postscript de Sol Leon et Paul Lightfoot,créé en 2005 sur des musiques répétitives de Phil Glass,interprétées sur scène par une violoniste et un pianiste,présente des individus en crise,tiraillés entre des énergies contraires,incapables de s’épanouir dans une relation harmonieuse aux autres,et s’exprimant devant un danseur qui prend une pose de sculpture grecque antique.Mêlant une gestuelle sublime à des postures disgracieuses,choisissant de se déhancher,de se cambrer,de projeter bras et jambes dans des directions opposées,ou de se livrer dans les duos aux portés les plus excentriques,les plus farfelus,avec une danseuse automate soulevée comme un pendule,les six danseurs nous engagent davantage à admirer leurs prouesses techniques qu’à apprécier la qualité du propos tenu…
Gods and Dogs,centième création de Jiri Kylian sur l’allegro et l’adagio du quatuor à cordes,opus 18,en fa majeur,de Beethoven,oppose,devant un rideau de franges perlées et sous l’image vidéo d’un chien de chasse féroce,des danseurs fragiles et vulnérables à la bête,brute menaçante qui rôde dans la nuit.Ici les figures les plus élémentaires,course,glissade,marche au ralenti,se combinent aux techniques de la danse classique,de la post-modern dance,de la break dance,mais aussi à une série de mouvements angulaires et décalés,pour traduire les doutes,les inquiétudes,les ambiguïtés du comportement de l’homme et de la femme,en particulier dans les duos animés de violentes percussions.
Après l’entracte,le ballet final,Cacti,sur des musiques de Haydn,Beethoven,Shubert et Mahler,est assuré par le jeune chorégraphe suédois,Alexander Ekman.Il s’agit là d’une pièce quelque peu surréaliste où chacun des seize danseurs,installé sur une petite estrade carrée transportable,se livre avec humour à des mouvements effrénés,des poses figées,des numéros de pantomime burlesque,avant de s’egayer avec des cactus plantés dans des pots de terre.
Dans l’ensemble,nous assistons à une belle soirée de danse contemporaine,réalisée par des danseurs virtuoses,se terminant sur une note érotique discrète qui emballe tout spécialement le jeune public.

Philippe Oualid

MIRROR AND MUSIC

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Chorégraphie de Saburo Teshigawara
Festival de Marseille au Silo,27 Juin 2014

 

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Saburo Teshigawara est venu présenter au Festival de Marseille,Mirror and Music,un spectacle créé il y a cinq ans au Théâtre National de Tokyo,et qui se démarque à la fois du Butô et de la post-modern dance de manière très originale.
Dans un univers de lumières vibrantes,au gré de sonorités électro-acoustiques et de morceaux de musique baroque,la danse très raffinée,révélatrice de tourments existentiels indéfinissables ou d’états d’âme douloureux,se déploie en une série de figures répétitives que réalisent le chorégraphe lui-même et cinq de ses danseuses.
Le spectacle débute par des tableaux de personnes immobiles dans leurs grands manteaux à capuchons,parmi lesquelles se faufilent une femme rampant comme un serpent ou un danseur multipliant à un rythme accéléré des gestes fous des bras.Trois danseuses se précipitent ensuite sur le plateau pour des courses rapides,déhanchées,accompagnées de ports de bras majestueux dignes de la danse classique,avant de livrer leur visage bouleversé à un faisceau de lumière agressif. Saburo Teshigawara pirouette alors puis tourne comme une toupie.Les filles tombent et s’allongent au sol.Une autre fait son entrée comme un vampire de cinéma muet.A partir de ce moment,on assiste à une parade de scènes expressionnistes plus ou moins confuses,où le chorégraphe accentue les signes du handicap physique dans un solo désespéré,avant un final interminable qui présente toute la compagnie gigotant,frétillant,secouant bras,mains et jambes à l’écoute de chants religieux chrétiens,puis figurant des possédés prisonniers d’un espace scénographique de carrés lumineux inhabitable.Cette dernière séquence qui rompt quelque peu avec l’esthétique japonaise des premiers tableaux,et reflète chez le chorégraphe une volonté d’occidentaliser son style,déconcerte le public,mais ne l’interdit pas d’applaudir chaleureusement.
Perturbée par le mouvement des intermittents en lutte qui vociféraient,devant le théâtre,leurs revendications,et suscitaient un profond malaise,la soirée s’est terminée heureusement sans autre incident.On se demandait toutefois si,malgré cette reprise partielle du travail,le festival allait pouvoir se poursuivre en juillet…
Philippe Oualid

A noter que les représentations de “Raymond” et de “Pavement” des 2,3 et 4 juillet sont annulées!!!!

(c) photos Mirror and Music Saburo Teshigawara / Karas © Sakae Oguma

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