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Avis aux cinéphiles : Rmtnews vous invite au cinéma !

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Nous vous invitons à découvrir une sélection de films présentés au Prado et aux Variétés.

Festival Cinehorizontes (deux places à gagner par séance pour les films suivants réalisés par Carlos Maura) :

– 18 novembre à 14h Noces de Sang au Prado

Une troupe de danse se réunit dans un vieux studio pour la répétition générale d’une adaptation flamenco de la pièce “Noces de sang” de Federico Garcia Lorca. Premier volet de la trilogie de Carlos Saura sur le flamenco, et première incursion du cinéaste dans le genre musical, ce film met à l’honneur le danseur et chorégraphe Antonio Gades. Avec lui, les danseurs racontent, sans paroles, l’histoire tragique de deux amants condamnés à la fuite. Jusqu’à ce que le fiancé accomplisse sa vengeance, le spectre de la mort rôde et semble posséder les corps dansants, entre grâce et convulsions.

Noces de sang

– 21 novembre à 13h45 Beyond Flamenco au Prado

Après SevillanasFlamenco et Fados dédiés au flamenco, Carlos Saura nous propose une nouvelle odyssée musicale au cœur de sa région d’origine, l’Aragon, et nous invite à découvrir sa danse traditionnelle : la Jota. Musiciens et chanteurs hors pairs, danseurs hors limites, tous apportent à ce documentaire une énergie qui déborde l’écran et gagne les spectateurs. Musiques et danses communiquent une joie partagée, noble évocation de premières rencontres prometteuses, ou des désirs partagés.

Beyond Flamenco

Qui est l’invité d’honneur du festival cinehorizontes ?

Réponses à envoyer avant le 17 novembre à rmtfestival@gmail.com [2] en précisant jeu CH21 dans l’objet

Festival Films Femmes Méditerrannée (deux places à gagner par séance pour les films suivants) :

– 27 novembre 17h30 Girl Gang de Susanne Regina Meures aux Variétés

Léonie, 14 ans, est une influenceuse à succès avec ses millions de followers. Elle vit dans la banlieue berlinoise, est couverte de produits offerts par des entreprises. Ses parents prennent la gestion de ce potentiel économique, non sans se poser des questions.

Que devient la vie d’adolescente de Léonie ?

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Girl Gang

– 28 novembre 15h30 Les Plombiers de Neus Ballús aux Variétés

Dans ce film aux accents de fiction-documentaire, la réalisatrice raconte avec humour la semaine d’essai d’un jeune plombier marocain confronté aux préjugés de son chef de chantier et à des locataires excentriques.

L’occasion d’aborder les thèmes de la solitude, de la migration, et de la précarité des travailleurs.

Les plombiers

– 28 novembre 17h Ivone Kane de Margarida Cardoso aux Variétés

Au décès de sa fille, Rita retourne au Mozambique où elle a vécu enfant, et retrouve, en même temps que sa mère, restée au pays auquel elle est très attachée, la mémoire de ce lieu et les tourments de son histoire de libération. Elle se met en quête des traces d’Yvone Kane, militante politique et ancienne guérillero.

Yvone Kane

– 29 novembre 17h30 Freda de Gessica Généus aux Variétés

Freda vit avec sa mère, une modeste épicière très pieuse et son insouciante soeur à Port-au-Prince, en Haïti. Mais pas question pour elle d’accepter la violence coloniale que subit rncore l’île. Elle compte fermement sur ses étude et ses choix de femme courageuse et engagée, même au péril de son amour de jeunesse.

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Freda

Qui a réalisé parmi les quatre films pré-cités celui qui raconte la vie d’une jeune influenceuse?

Réponses à envoyer avant le 24 novembre à rmtfestival@gmail.com [2] en précisant jeu FFM17 dans l’objet

La rédaction

 

 

 

La Provence, terre d’accueil des femmes cinéastes de la Méditerranée

Publié Par Rmt News Int Sur Dans All over the world News,Article/Critique,Cinéma,Coup de Coeur,Festival,Flash Information(s),France,International,News,Politique culturelle,Région PACA,Save the Date | Commentaires désactivés
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Des mémoires de la Méditerranée aux récits initiatiques et familiaux, cette 17ème édition des Rencontres Films Femmes Méditerranée (FFM) fait la part belle au matrimoine cinématographique du pourtour méditerranéen et de l’Europe avec une proposition italo-germano-espagnole inédite dans le cadre de Fenêtre sur l’Europe ; l’occasion de découvrir un film allemand, Girl Gang de Susanne Regina Meures, un film espagnol, Les Plombiers de Neus Ballus et un film italien, Il Paradiso del Pavone de Laura Bispuri qui questionnent tous trois notre façon de vivre ensemble.

Girl Gang de Susanne Regina Meures ©DR 27 novembre 17h30 aux Variétés

Une présence élargie sur le territoire et un large panel de pays représentés

Ce festival atypique, ponctué de rencontres, leçons de cinéma et autres réjouissances, a lieu du 26 novembre au 1er décembre -avec plusieurs mises en bouches dès le 17 novembre- dans une dizaine de ville de la Région Sud paca : il s’étend de Digne à Hyères en passant par Marseille, Aix, La Ciotat ou encore Pertuis, Port de Bouc, Cucuron et Forqualquier ; soit quatorze salles de cinéma.

Avec 16 pays représentés, parmi lesquels Haïti, le Sénégal, le Tunisie, la Bosnie Herzégovine, la république Tchèque, la Grèce, le Liban, la Palestine, l’Arménie, l’Italie, la Suisse, l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, le Portugal et la France bien entendu, il promet d’être riche en découvertes.

Freda de Gessica Généus ©DR 29 novembre 17h30 aux Variétés

Solidarité et partage au cœur des Rencontres FFM

« Dix-sept ans, c’est un bel âge » se réjouit la présidente Karin Osswald avant de spécifier « les frontières sont à dépasser et il est important de montrer les différentes réalités qu’elles recouvrent ». « Les frontières sociales sont également à dépasser » rajoute-t-elle. « A une époque où le cinéma est boudé par les jeunes, nous nous sommes engagés auprès des personnes en difficulté et qui souffrent ».

« Deux cents places sont offertes aux personnes éloignées du cinéma » détaille Michel Jancou, président de la Caisse Prado du Crédit Mutuel, un partenaire fidèle de la manifestation. Nous l’avons interrogé sur les raisons qui sont à l’origine de ce soutien à FFM.

https://www.rmtnewsinternational.com/wp-content/uploads/2022/11/Michel-Jancou.mp3 [5]

« Un engagement remarquable » continue Karin Osswald qui a souhaité cette année « reconduire la gratuité des rencontres aux moins de 26 ans, étudiants, demandeurs d’emplois et bénéficiaires des minimas sociaux afin de permettre au plus grand nombre d’assister au festival »

Le soutien apporté au calabrais Mimmo Lucano, ancien maire de Riace, qui a reçu la médaille de la ville le 5 novembre dernier des mains du maire de Marseille, Benoît Payan, pour son accueil et aide des jeunes migrants africains sous sa mandature – ce qui lui a valu d’être condamné à 13 ans de prison – est significatif des valeurs défendues par FFM ; des valeurs humanistes, de partage et solidarité.

La Méditerranée, les femmes et la culture

« La Méditerranée est notre terre commune » assure Jean Marc Coppola, adjoint à la culture de la ville de Marseille. A l’heure où le gouvernement envisage de réduire les festivals estivaux lors de JO2024, il se réjouit qu’à Marseille, il y a beaucoup de festivals : « il n’y en jamais trop et sans ses festivals, Marseille ne serait pas Marseille » s’exclame-t-il avant de dire son plaisir d’assister un festival qui « met en évidence les femmes dans la culture, et plus particulièrement dans le cinéma ». « Cette édition est dédiée aux femmes iraniennes qui se battent pour la liberté de leur peuple » indique la présidente de FFM.

Jean Marc Coppola ©Emilien Brunelière

« J’ai hâte de ces rencontres humaines et riches » continue l’élu, félicitant le travail des créatrices de FFM envers les publics éloignés de la culture. « Marseille n’est pas qu’une terre de tournage, elle est une terre de création et de diffusion cinématographique » précise-t-il alors que l’arrêt des tournages de Plus Belle la Vie dont les studios sont à visiter gratuitement du 9 au 26 novembre les mercredi, vendredi et samedi (inscription sur https://my.weezevent.com/visite-des-studios-de-plus-belle-la-vie [6]) a mis un coup de frein à l’emploi de nombreux intermittents du spectacle en Région.

Avant de conclure qu’il attend de tous les arts « qu’ils trouvent des réponses sur le monde de demain », réaffirmant le rôle essentiel de la culture dans la construction du monde à venir, de celui qu’on va léguer aux générations futures.

FFM, ce sont aussi des ateliers de médiation et d’éducation à l’image

Portés par Camilla Trombi, ces ateliers -en mixité ou non- visent à sensibiliser les publics éloignés de la culture -enfants, femmes, jeunes des cités- au cinéma avec un travail de terrain mené tout le long de l’année auprès d’eux que ce soit dans des centres sociaux, dans les écoles etc. « Le cinéma est un moyen fantastique pour sensibiliser aux violences faites aux femmes et à l’égalité femmes/hommes » souligne Camilla avant de poursuivre.

Karine Oswald et Camilla Trombi au micro ©Emilien Brunelière

« En décembre, un projet orignal permettra à des femmes de se mettre dans la peau d’une organisatrice d’un événement cinématographique avec un atelier de programmation et tout le travail de recherche en amont que cela suppose », que ce soit en terme de choix du film à projeter, d’organisation de la séance ou encore de prise de contact avec les ayants droits et de communication.

Pour couronner les actions culturelles mises en places, les lycéens de Marseilleveyre, Marie Curie, Victor Hugo et Perrier sont invités à devenir jury d’une sélection de courts-métrages.

Ouverture et temps forts

Les Rencontres s’ouvrent le 26 novembre avec le film d’Erige Sehiri Sous les Figues qui donne à voir la rébellion de jeunes femmes contre les structures patriarcales, patronales, et coloniales de la Tunisie, dans un huis-clos à l’ombre des figuiers, lors de la cueillette estivale. La réalisatrice prolongera l’expérience avec une leçon de cinéma, le lundi 29 novembre.

Sous les figues de Erige Sehiri ©DR 26 novembre à 20h aux Variétés – avant-première

Une invitation au Festival Olhares do Mediterrâneo met en lumière les films de deux grandes cinéastes qui ont à cœur de travailler les maux et la complexité de leur territoire : Yvone Kane de Margarida Cardoso et Contre ton cœur de Teresa Villaverde. L’un affronte le passé colonial du Portugal au Mozambique, l’autre filme une famille en souffrance dans le Portugal contemporain aux prises avec la crise économique.

Zoom sur Françoise Romand et ses dérapages contrôlés

Autrice de documentaires burlesques, intimes et politiques, « passionnée des histoires de famille et des secrets, arrière-petite fille d’un acteur ayant joué dans les films des frères Lumière, et marseillaise », Françoise Romand partagera trois de ses longs métrages le 29 novembre avec en bonus une ciné-romand le 3 décembre où « chez l’habitant, les spectateurs seront invités à prendre la place de la cinéaste et à voyager dans l’intimité d’un lieu, guidés par des anges dans leur balade ». Tout un programme !

Francoise Romand ©Matthieu Constance

Au final, ce sont 40 films projetés, 14 invité(e)s et 6 événements, des séances jeune public ainsi que deux préludes, le 17 novembre au Mucem avec Le jour où j’ai découvert que Jane Fonda était brune d’Anna Salzberg et le 25 novembre aux Variétés à l’occasion de la journée dédiée aux violences faites aux femmes avec la projection de A girl walks home alone at night, réalisé par Anna Lily Amirpour avec une intervention de Meriem Rahbi, programmatrice de cinéma et experte en cinéma de genre et du genre au cinéma, une rencontre faite en partenariat avec Solidarité Femmes 13 et le CIDFF 13.

Afin de prolonger le plaisir, toute l’équipe du festival invite le public à échanger avec elle et les invité(e)s tous les jours du festival entre 14h et 18h à la Fabulerie, leur QG. A vos agendas. Diane Vandermolina

Le programme complet: C’est par ici ! [7]

Toutes les infos sur https://www.films-femmes-med.org/ [8]

Encadré

FFM : Un fil rouge, le Voyage initiatique

La programmation fait ainsi la part belle aux adolescences aux prises avec des quotidiens initiatiques, banals ou magiques. Avec son film Le jour où j’ai découvert que Jane Fonda était brune, Anna Salzberg nous emmène dans une quête intime pour comprendre ce qui a mené sa mère à faire le choix d’avoir un enfant seule. Le film glisse alors vers le politique lorsqu’il rencontre la pensée féministe des années 70 en France et retrace une histoire des luttes pour la libération des femmes.

El Agua de de Elena López Riera ©DR  1er décembre à la Baleine à 17 h – avant-première

El Agua accompagne les mouvements intimes d’une jeunesse rurale qui croit à la magie des inondations. Entre animation et images d’archives, Aurora’s Sunrise raconte le destin hors du commun d’une jeune survivante du génocide arménien émigrée au États-Unis. Elle devient une étoile montante de Hollywood grâce à son récit des massacres dont elle a été témoin, porté à l’écran dans les années 20. Ces récits initiatiques font état des enjeux contemporains pour les jeunes femmes du pourtour méditerranéen et au-delà.

Alice + Barbara de Camille Holtz ©DR 1er décembre à 10h30 à la Baleine

Alice + Barbara fait état de l’absence d’espaces dédiés à la jeunesse et l’invisibilité des jeunes femmes dans les territoires ruraux à travers deux sœurs filmées dans la fixité de leur chambre, laissant en suspens la question : partir ou rester ? On transite vers des fresques familiales, avec Atlantic Bar, qui donne à voir une famille élargie, choisie, autour d’un espace en danger de faillite : le bar qui tient tout le monde ensemble. Freda, reste, envers et contre tout à Haïti pour soutenir sa famille alors que le pays s’effondre et que l’ailleurs lui tend les mains. Mediterranean Fever raconte la fuite d’un homme qui cultive davantage ses liens avec sa dépression qu’avec ses proches, dans la léthargie de l’hiver à Haifa.

BALADA de Aida Begic ©DR 1er décembre à 20h aux Variétés

Enfin, l’initiation ne prend jamais fin avec le film de clôture,le 1er décembre, Balada, qui accompagne un personnage récemment divorcée et séparée de sa fille, à l’incipit d’un nouveau récit de soi, encore en désordre, mais rempli d’alliées. A suivre!

En une, LE JOUR OÙ J’AI APPRIS QUE JANE FONDA ÉTAIT BRUNE d’Anna Salzberg projeté le 17 novembre à l’auditorium du Mucem à 20h

La Catalogne en force au Festival Cinehorizontes

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Pour sa 21ème édition, Cinehorizontes, le festival du film espagnol, se déroule du 12 au 24 novembre dans 12 salles de Marseille et de toute la Région SUD. A cette occasion, la Catalogne est à l’honneur : le public pourra découvrir 11 films catalans, une première cette année. De plus, un grand hommage est fait à Carlos Saura, réalisateur aragonais, pour ses 90 ans avec la projection de 16 de ses films.

Des films, des invités et des compétitions en pagaille

Se sont plus de 50 films qui ont été sélectionnés dont plusieurs avant-premières et inédits. Les courts-métrages et les rencontres offrent un panorama de découvertes et aux compétitions classiques (Fiction, Docu ou encore Courts métrages), s’ajoute une compétition spéciale Belle Jeunesse le 22 novembre au cinéma le Prado.

En l’occurrence, deux des films en compétition ont été réalisés par des femmes : Robin Bank d’Anna Giralt Gris, auréolé du prix du public du festival DocsBarcelona 2022 et El Agua d’Elena López Riera, sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes 2022.

Libélulas de Luc knowles projeté le 21 novembre à 20 h 45 au Prado – en compétition

Cinehorizontes dévoile au cinéphile le meilleur de la nouvelle vague cinématographique espagnole avec entre autres invités, Jaime Rosales, Fermín Muguruza, Laia Costa, Luc Knowles et Isa Campo. Il faut dire que cette année, le Festival s’ouvre « sous une belle étoile » pour reprendre les mots de Jocelyne Faessel, directrice du festival : de nombreux films présentés ont été auréolés de multiples récompenses et pas des moindres.

Mises en bouche cubaine et argentine

En prélude au festival, deux soirées dédiées à l’Amérique latine sont proposées, le 12 novembre à l’Alhambra autour d’une programmation cubaine, le 13 novembre à l’Art-plexe avec une spéciale Argentine.

Penelope Cruz dans Competition officielle de Mariano Cohn et Gastón Duprat le 13 novembre à l’Art-plexe à 15h

Le première journée permettra de découvrir à 16 h un vieux film d’Humberto Solás, réalisé en 1968 : Luciá, relatant trois histoires de femmes à trois périodes clés de l’histoire de l’île et retraçant l’évolution de la condition féminine à Cuba. Après un repas cubain à 19h, le cinéphile assistera à la projection inédite du film de Miguel Coyula à 20h15 : Corazón Azúl en présence de l’actrice Lynn Cruz. Un conte fantastique dans lequel les autorités castristes expérimentent des manipulations génétiques pour créer « l’homme nouveau » révolutionnaire : leurs créatures deviendront vite incontrôlables et sèmeront le chaos dans l’île.

La seconde propose à 15h Competencia Oficial de Mariano Cohn et Gastón Duprat avec un trio d’acteurs et actrices de haut vol : Antonio Banderos, Penelope Cruz et Óscar Martínez. Le film est une réflexion acide sur l’univers du 7ème art à travers la confrontation tragique de deux stars masculines à l’égo surdimensionné sous l’œil d’une cinéaste hollywoodienne. Puis un spectacle de bal tango sera donné par José Moreto et Rose Alazarine, professeurs au sein de l’association les trottoirs de Marseille et ce, dès 17h30. Pour finir la soirée en beauté, on retrouvera le trio d’acteurs dans le film Karnaval des deux réalisateurs de compétition officielle. Un drame aux accents de malambo.

Carlos Maura ©DR

Hommage à Carlos Saura, un des cadors du cinéma espagnol

Avec 52 films au compteur et à la confluence des arts, l’ami de Luis Buňuel n’a de cesse d’étonner : de la dénonciation élégante du franquisme à l’époque de la censure aux films musicaux auxquels il s’est adonné après la mort de Franco, sa filmographie est pour le moins éclectique et riche. Celui qui a préféré laisser aux plus jeunes réalisateurs de la Movida les questionnements moraux est le parrain de cette édition du festival.

C’est lui-même qui a choisi les 16 films projetés pour cette édition. La musique, omniprésente dans ses films ; l’Opéra et le théâtre ; la danse, à l’image du flamenco, un art en mouvement et en perpétuelle évolution auquel il voue une passion infinie, ou encore la peinture, avec ses fresques inspirées de la société espagnole, sont au cœur de son œuvre.

El rey de todo el mundo de Carlos Maura présenté en ouverture du festival puis à Avignon, Aix et Nice entre autres villes

Son artiste fétiche, protagoniste de ‘Carmen’ et de l’‘Amour sorcier’ entre autres films, Laura Del Sol, sera par ailleurs présente les 15 et 16 novembre lors de la projection des films dans lesquelles joue. El rey de todo el mundo, le dernier film de Maura, sera lui projeté en avant-première lors du gala d’ouverture du festival le 15 novembre au cinéma le Prado à 20h.

Le programme se complète d’une table ronde au MUCEM le 16 novembre à 15h au Fort Saint Jean, d’une leçon de cinéma à la bibliothèque de l’Alcazar le 17 à 15h et d’une exposition d’affiches de ses films à la Mairie du 1er/7ème arrondissement (dès le 14 novembre). Nancy Berthier, directrice de la Casa de Velázquez, présentera Carlos Saura o el arte de heredar qu’elle a co-écrit, le 22 novembre à 15h au Cube à Aix.

Une clôture musicale et cinématographique

Toscana de Pau Durà en clôture du festival

Toscana’, de Pau Durà, sera le film de la cérémonie de clôture : il est présenté au cinéma le Prado le 24 novembre après le concert de Christina Rosmini, accompagnée de son guitariste de mari, Bruno Caviglia à partir de 20h. Incontournable, l’artiste aux multiples talents nous régalera de ses chants, danses et musiques venues du Sud de l’Espagne. Inédit, Toscana est une comédie déjantée au parfum d’Italie.

A vos agendas ! Diane Vandermolina

Affiche Cinehorizontes

Le programme, c’est par ici! [9]

Infos et résas : https://www.cinehorizontes.com/infos-pratiques/ [10]

En une, Mi vacío y yo , film catalan d’Adrián Silvestre d’après l’histoire de et avec Raphaëlle Perez le 22 novembre à 18h au vidéodrome 2 (avant-première)

Voyage symphonique à l’opéra de Marseille pour un faiseur de rêves

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Musiques de films d’Henri Verneuil à l’Opéra de Marseille le 22 octobre 2022

Marseille honorait, dans un Opéra comble et un public comblé, les musiques de films d’Henri Verneuil, né Achod Malakian, réalisateur et scénariste de cinéma. Un Français d’origine arménienne, né en 1920, à Rodosto (Tekirdağ, Turquie) qui fuit la Turquie avec sa famille, traumatisée par le Génocide Arménien de 1915, perpétré par le gouvernement Jeunes Turcs de l’Empire Ottoman. Achod et sa famille débarquent à Marseille, sur les quais de la Joliette, en 1924. Destin en marche: la mer, les bateaux, les voyages, le rêve, l’envie effrénée de réussir, de repartir. La maturité d’un gamin de quatre ans, se forge ici, dans la cité phocéenne, emblème des croisements multi-ethniques. Il mourra à Paris en 2002, autre ville lumière de ses réalisations: trente-quatre longs métrages, quatre-vingt-dix millions d’entrées, chiffres qui feraient rêver tous les producteurs de cinéma actuels.

Jean-Marc Coppola, adjoint au Maire de Marseille, en charge de la Culture, est fier de présenter ce concert-hommage, en présence de Patrick Malakian, fils du réalisateur. Après avoir salué la présence d’une forte communauté arménienne, toujours très impliquée Marseille, « Communauté qui fait partie de la richesse de la ville, à laquelle nous sommes très attachés», il insiste sur la solidarité et la fraternité qu’on doit au peuple arménien dans ces temps troublés, la guerre terrible entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan étant repartie, pour le contrôle du Haut-Karabakh. L’élu politique salue aussi le rapprochement entre le Maire Benoît Payan et Robert Guédiguian, autre personnalité marseillaise d’origine arménienne, figure remarquable du 7ème Art, ses films réalisés à l’Estaque, à Marseille, ayant fait le tour du monde.

Les musiques des films d’Henri Verneuil ©DR

Patrick Malakian est heureux de rappeler que pour le centenaire de la naissance de son père, en 2020, l’Ambassade d’Arménie à l’Unesco avait déjà monté ce projet de concert des musiques de films d’Henri Verneuil, à Erevan. Mais il fallait l’organiser aussi ici, dans sa ville d’adoption, à Marseille. Il sollicita le grand compositeur Jean-Claude Petit, qui avait composé les musiques de deux films de Verneuil: Mayrig (1991) et 588, rue Paradis(1992), dernière réalisation de Verneuil. Mayrig (Maman, en arménien, est l’adaptation du roman de Verneuil, 1985, racontant son enfance). Patrick Malakian parle des moteurs de vie de son père: «Créer, raconter, partager», le carburant de son énergie. Des films populaires, exigeants, dynamiques, Michel Audiard étant souvent aux manettes des dialogues savoureux. Reconnu en France et accueilli et sollicité à Hollywood, qui ne lui ménage pas les moyens. Et des castings exceptionnels : Viviane Romance, Michèle Morgan, Marie Laforêt, Fernandel, Gabin, Ventura, Belmondo, Delon, Montand, Mondy, Noiret, Yul Brynner, Charles Bronson, Anthony Quinn, Claudia, Cardinale… Les plus grands acteurs tourneront avec Verneuil dans des succès planétaires : La Vache et le prisonnier, Le Président, Un Singe en hiver, Mélodie en sous-sol, Le Clan des Siciliens, Peur sur la ville, Mille milliards de dollars... et tellement d’autres : une veine à la fois épique et intimiste.

Devant l’orchestre, sur la scène de l’Opéra de Marseille, le magnifique César d’honneur pour l’ensemble de sa carrière (1996). Il fallait un Maître de cérémonie, une pointure internationale, un musicien hors-pair pour faire le lien entre Verneuil et les musiques choisies, pour assembler le matériel d’orchestre introuvable. Le travail de Jean-Claude Petit fut gigantesque, en l’absence de matériel full score, verrouillé par les ayant-droit et autres contraintes. Jean-Claude Petit entreprit de tout réécrire à l’oreille, à partir de morceaux en ligne sur Youtube! Puis de tout arranger! Saluons aussi le travail remarquable de copiste réalisé par son confrère Marc Bercovitz. On connaît le CV musical impressionnant du chef d’orchestre invité: de multiples prix et diplômes au CNSM de Paris. Pianiste de Jazz, avec Dexter Gordon, Kenny Clarke, Johnny Griffin, arrangeur de tout le Show-Biz, Claude François, Julien Clerc et des dizaines d’autres, compositeur de musiques de films à succès: Jean de Florette, Manon des Sources (Claude Berri, l’incroyable thème à l’harmonica de La Force du destin de Verdi: géniale trouvaille!), Cyrano de Bergerac, de Jean-Claude Rappeneau; cette composition, lui valut une Victoire de la Musique en 1991, un British Award des mains de la Princesse Anne, des nominations aux Oscars.

En 2014, il signe son premier opéra, Colomba, adapté de la Nouvelle de Prosper Mérimée qu’il crée à Marseille, en première mondiale. Avec les paroles de Benito Pelegrín qui façonne un remarquable livret, apportant un éclairage nouveau dans cette histoire de vendetta familiale corse entre les Durazzo et les Carabelli, devenant, ici, une tragédie grecque puissante, merveilleusement interprétée par Marie-Ange Todorovitch. Jean-Claude Petit est donc comme un poisson dans l’eau, ici, à Marseille pour honorer Verneuil et ses confrères compositeurs. Si la musique peut être classée par une appellation stylistique: Renaissance, Baroque, Classicisme, Romantisme, Impressionnisme, Expressionnisme, Contemporaine, Jazz, Musiques du monde, Musiques actuelles…, la musique de film englobe, à elle seule, tous ces courants! Un film peut inviter des écritures musicales diverses, croisant plusieurs des styles précités. D’où une extraordinaire liberté et palette de compositions possibles. Les compositeurs d’Henri Verneuil, conviés aujourd’hui, sont tous d’immenses musiciens «classiques», à l’écriture ciselée, passionnée, symphonique, acoustique dans la majorité des cas.

Maurice JARRE (1924-2009) : Week-end à Zuitcoote. Juin 1940, Bataille de DunkerqueSuperbe idée de projeter quelques extraits des films au programme, souvent une scène différente de la musique jouée en direct, juste après. Double plaisir de ce concert: cinématographique et musical. La musique de Jarre est d’un grand lyrisme, legato des cordes, puis un thème ternaire contrasté, xylophone, cuivres, d’écriture polytonale; harpe et piano soutenus par les cordes enchaînent un motif planant et une fin tragique, martelée, militaire. Jean-Claude Petit est d’une précision diabolique, sans emphase, départs, choix des nuances, crescendo, decrescendo remarquablement maîtrisés.

Concert à l’Opéra : les musiques des films de Verneuil à l’honneur ©DR

Joseph KOSMA (1905 1969): Des gens sans importance. Magnifiques images noir et blanc de Jean Gabin (Viard, le routier) et Françoise Arnoul (Clo, la serveuse), scènes émouvantes de gens ordinaires, déshumanisation des conditions de travail et critique de la course au rendement excessif. La musique de Kosma est un assemblage de thèmes simples et prenants, comme tous ces gens à l’image: solo du premier violon, repris par les trémolos mélancoliques des autres cordes, ligne chromatique, puis tutti et reprise du thème aux bois, comme un prolongement plaintif; le hautbois solo, superbe et la flûte donnent des couleurs particulières, plus intenses. Le Philarmonique de Marseille imprime sa très belle palette sonore. Georges DELERUE (1925 1992): Les Morfalous. Encore une panoplie de comédiens exceptionnels: Jean-Paul Belmondo, Michel Creton, Marie Laforêt, Jacques Villeret. Puis ce thème joué par l’orchestre, solo de cor anglais, un enchaînement de trompette pour un thème plus militaire, binaire, soutenu par les accents de caisse claire, staccato; une phrase plus souple, legato, tonale, peu audacieuse harmoniquement cependant, annonce un crescendo très emphatique des cordes.

Ennio MORRICONE (1928 2020) : Le Clan des Siciliens. Pour la première fois à l’écran, ensemble: Delon, Gabin, Ventura! Beauté des images. Thème comme une marche militaire avec les accents saccadés de la grosse caisse. Cordes et bois annoncent une phrase dynamique en crescendo puis les cors sur les balais des cymbales pulsés, accompagnent la ligne legato de l’ensemble; il s’agit d’un thème et variations qui se développe remarquablement, sous une apparente simplicité, toujours appuyé par cet ostinato rythmique: -demi-soupir,croche, 2 croches, noire- qui ne nous lâche jamais. La Bataille de San Sebastian (Guns for San Sebastian). Cette coproduction entre la France, l’Italie et le Mexique permet à Verneuil de tourner en anglais, au Mexique, dans les décors du film: Les Sept Mercenaires de John Sturges (1962). Un Western dont l’action se situe au XVIIIème s. (1743, au Mexique, durant la domination espagnole): Anthony Quinn, Charles Bronson. Un grand thème symphonique, alternance majeur, mineur, beau duo clavier, hautbois; solo de violon, pages intimistes puis des pages plus grandioses dessinent merveilleusement les diverses intrigues du film: la défense de ce village rançonné par les bandits, un héros opposé au pouvoir et refusant l’autorité; un prêtre défiant ses supérieurs; Morricone saisit cette matière pour ciseler, une nouvelle fois, une musique très impressionnante. Le Casse: encore un énorme casting pour le casse d’un homme richissime, à Athènes: Belmondo, Omar Sharif, Robert Hossein, Nicole Calfan, José Luis de Vilallonga. On se délecte des images somptueuses, de cette scène projetée; puis l’extrait joué par le Philarmonique de Marseille, toujours aussi expressif et engagé. Un thème très marqué, piano, timbale, contraste avec une phrase des cordes, legato, puis contre-chant des vents, grande fresque symphonique, puzzle de timbres qui s’ajoutent. Jean-Claude Petit impulse le souffle nécessaire. Saluons aussi le travail précieux, essentiel aux claviers de Nicolas Mazmanian, qui alterne piano acoustique et célesta pour des sonorités encore plus subtiles. Le Serpent. Un colonel du KGB transfuge qui voyage en France pour obtenir l’asile, avec l’aide de l’Ambassade américaine. Cocasse, car nous sommes en 1973, en pleine Guerre Froide! Musique aérienne, scènes vibrantes, des acteurs incroyables encore: Yul Brynner, Henry Fonda, Dirk Bogarde, Philipe Noiret, Michel Bouquet, Virna Lisi. Après quelques mots au public, Jean-Claude Petit reprend la baguette et nous tombons sous le charme de la magnifique voix de Roselyne Minassian, mezzo-soprano, grandes envolées, souffle prodigieux, superbe ligne vocale très ondulée sur des sons vocalisés, soutenue par un remarquable hautbois soliste; le serpent semble charmé, le public aussi.

J-C Petit et R. Minassian ©DR

Nino ROTA (1911-1979): L’ennemi public N°1. Le jeune Verneuil, trente trois ans, trouve en Fernandel l’acteur idéal pour Joé Calvet, représentant américain en matériel camping, gros myope, qui emporte par erreur le pardessus d’un gangster dans un cinéma! Le génie de Nino Rota fera le reste; l’action se passant aux Etats-Unis, on retrouve des couleurs jazzy, trompette bouchée, piano, balais de cymbales, des clins d’œil au Concerto en fa de Gershwin. Le romain Nino Rota, surdoué, composa cent soixante et dix musiques de films notamment pour Fellini, mais aussi quatre symphonies, onze opéras, neuf concertos, de la musique de chambre, un Oratorio à douze ans! A Philadelphie, il perfectionne sa direction d’orchestre auprès du génial Fritz Reiner et écrit une thèse d’état sur Zarlino, compositeur et théoricien de la Renaissance! Jean-Claude Petit, partageant avec son confrère italien, un CV aussi glorieux, rend toute la variété de la musique de Rota dans cet extrait offert au public marseillais.

Paul DURAND (Paul Vautricourt 1907-1977): La Vache et le Prisonnier. Entre burlesque et drame; scènes touchantes et très drôles. En 1943, Fernandel, prisonnier de guerre en Allemagne décide de s’évader de la ferme où il est employé, avec sa vache Marguerite! L’orchestre reprend, dans une tuilage parfait, un thème en pizzicato aux violoncelles, contrebasses sur un solo de violon, relayé par un solo de trompette très prenant; magnifique le pupitre des cuivres, très inspiré par ce programme original. Michel MAGNE (1930 1984) :Un singe en hiver. Gabin, Belmondo à l’écran, Michel Audiard aux dialogues., toujours exquis: «Si la connerie n’est pas remboursée par la Sécu, vous finirez sur la paille!». Verneuil soignait ses castings! C’est dans ce film qu’on entend a cappella la célèbre chanson de 1922 «Nuits de Chine» (Nuits de Chine, nuits câlines, nuits d’amour...», on s’évade par l’ivresse, Chine, Espagne…Musique très pentatonique pour imprimer cette couleur asiatique. Cordes mêlées au Glockenspiel, et le gong pour voyager.

J-C Petit et L. Minassian ©DR

Jean-Claude PETIT : Dele Yaman/Mayrig. Jean-Claude Petit prend le temps de parler au public, de sa rencontre avec l’Arménie, des paroles du petit Arménien Achod Malakian qui deviendra le grand Verneuil: «Depuis ce quai, je n’ai rien oublié», le quai de la Joliette, à quelques pas de la scène de l’opéra. «La musique m’a permis de voyager, je ne connaissais pas grand chose de l’Arménie; avec Mayrig, je suis devenu un petit peu arménien moi-même»(JC Petit). Le compositeur a dessiné, avec passion, cette fresque musicale sur l’histoire tragique et sensible de l’Arménie. Un très beau thème ample, d’une magnifique densité d’écriture prolonge la magie du duduk de Levon Minassian. Cet instrument de la famille du hautbois, anche double de perce cylindrique, joué essentiellement dans le Caucase, est devenu l’instrument emblématique de l’Arménie dont Lévon Minassian est l’un des plus beaux ambassadeurs. Il n’est plus question, ici, de musique folklorique, mais d’un mélange savant de musiques issues de sources différentes. Minassian a posé la sonorité touchante de son instrument dans de nombreux films; il a même participé à l’album Us de Peter Gabriel. Toujours ses passerelles qu’adorait Malakian/Verneuil. Et que magnifie, ce soir Jean-Claude Petit, dans ses arrangements magistraux avec les belles couleurs de l’orchestre de l’opéra. On retrouve la chaude voix de Roselyne Minassian en duo fraternel. La beauté troublante sur les vidéos des chaînes de montagnes arméniennes et de paysages grandioses, le mythique et biblique Mont Ararat, rajoutent à la grandeur de la musique; le chant orné, plaintif, puissant du duduk se marie merveilleusement avec le timbre, ici, de contralto; les graves ronds et brûlants d’amour de la soliste. Dle Yaman est une ancienne mélodie arménienne recueillie par le Révérend Père Komitas (1869-1935). Théologien et musicologue qui rassembla, les modes et les rythmes de la liturgie arménienne. Chanson d’amour tragique: «Dle Yaman, le soleil s’est levé sur la mer de Van, Dle Yaman, je t’ai aimée au vent d’automne…».Tutti en crescendo: magique. Le chef d’orchestre fit un boulot gigantesque en écrivant ces partitions symphoniques pour Mayrig et 588, rue Paradis.

Levon Minassian au duduk ©DR

Francis LAI (1932-2018): Le corps de mon mon meilleur ennemi. Audiard unique: «A votre âge, les gros mots ne peuvent être que des citations». Une grande page symphonique, des cuivres, très intenses, les cordes soutenant merveilleusement ce thème en triolets. On retrouve, pour clore cette riche soirée, Michel MAGNE Mélodie en sous-sol: Gabin, Delon. Thème aux cuivres très martial, jeu de questions-réponses entre les cordes, les grands accords de piano; une fin triomphale, l’orchestre et le chef en parfaite harmonie.

En bis, Dle Yaman et les photos de Verneuil, projetées, de son enfance à sa maturité, pour une communion totale avec le public, debout. Triomphe total et mérité. Jean-Claude Petit, maître de cérémonie, chef bien vivant, rend hommage à des confrères décédés dans ce bouquet magistral de musiques de films. Verneuil qu’on redécouvre avec étonnement dans le résumé tourbillonnant de son œuvre. Homme de passages, de transmissions, de voyages, qui fit le pont entre l’Arménie et la France pour fuir cette Turquie génocidaire et offrir à sa terre d’adoption les plus belles lettres du 7èmeArt. «Arménien, je suis, plus français que moi, tu meurs». Une leçon de vie, une leçon de vivre et de créer, accompagnée par des compositeurs de génie, relais de ses rêves les plus intenses. Un vrai concert—spectacle qui mériterait de tourner. Yves Bergé

Concert de musiques de films d’Henri Verneuil par l’Orchestre Philharmonique de Marseille. Samedi 22 10 2022 à 20h à l’Opéra de Marseille

Direction musicale et arrangements : Jean-Claude PETIT/ Copiste pour les partitions d’orchestre : Marc Bercovitz / Duduk: Levon MINASSIAN / Chant : Roselyne MINASSIAN

Deuxième coup de cœur: Anna Magnani, le temps d’une messe par la cie Ecl’a dam

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Marie-Joséphine Susini dite Zouzou est une grande amoureuse de l’âge d’or du cinéma italien. Pour l’édition 2022 d’Avignon off, elle revient avec sa dernière création : Anna Magnani, le temps d’une messe d’après le texte d’Armand Meffre. Ce seul en scène est présenté à l’Albatros, rue des teinturiers, le cœur battant du festival,  jusqu’au 30 juillet à 14h30. Il offre à découvrir une des stella italiennes qui ont illuminé le cinéma de la bella Italia.

Le regard magnétique de la Magnani

Il est des actrices qui ont marqué l’âge d’or du cinéma italien néo-réaliste des années 50, l’une d’entre elles est Anna Magnani. La Magnani comme on la surnommait a joué dans les films des plus grands réalisateurs italiens, français et américains de l’époque : elle était l’égérie de Fellini, Visconti, Pasolini, Scola et Rossellini avec lequel elle a entretenu une liaison tapageuse, également de Renoir, Cukor ou Lumet.

Elle a reçu l’oscar de la meilleure actrice pour la Rose Tatouée d’après Tennessee Williams! C’était une première pour une actrice italienne…

Et quelle actrice avec son regard de braise envoutant, capturant et captivant, accrochant l’œil de la caméra tel un aimant ensorceleur. Pourtant, elle n’est pas un de ces canons de beauté qui ont ouvert les portes de la gloire à des Sophia Loren ou Claudia Cardinale mais charismatique, elle l’était avec son tempérament de feu, hérité de son enfance difficile de plébéienne vivant chichement avec sa grand-mère.

Anna Magnani dans L’amore, 1948. Réalisateur: Roberto Rossellini/ COLLECTION CHRISTOPHEL. Source: www.starok.com

Une femme du peuple qui se bat pour le peuple en incarnant des femmes du peuple courageuses et rebelles comme elle.  C’était la Magnani, une donna au caractère bien trempé et au franc parlé qui n’avait pas sa langue dans sa poche. Malicieuse, elle aimait à réinventer son enfance, en l’occurrence son lieu de naissance  –est-elle née à Rome comme elle le prétend, fille d’une Romagnole et d’un Calabrais qu’elle n’a pas connu, ou à Alexandrie comme le disent les historiens du cinéma, d’un père égyptien ?-, se rajeunissant d’un an chaque année passée à vieillir, revendiquant sans cesse sa romanité.

Elle aimait entretenir le mystère, la Louve romaine. Pourtant, c’était une femme fragile en quête de l’amour maternel qui lui a fait tant défaut pendant son jeune âge, sa mère s’étant débarrassée d’elle pour suivre son richissime époux.

Son seul point de repère était sa nonna. Ah ! La nonna. Combien elle l’aimait sa nonna disparue trop vite. Comme elle…qui  est morte en 1973, à l’âge de 65 ans d’un cancer du pancréas.  Bientôt 50 ans qu’elle n’est plus !

Eloge de l’artiste et de la femme

Un son de cloches puis un chant liturgique envahissent la salle : sur un marchepied constitué de trois marches recouvertes d’un tapis de velours rouge monte une femme, toute de noir vêtue, les cheveux noirs de jais attachés en un chignon vaporeux duquel s’échappe quelques mèches, le regard noir perçant le clair-obscur de la salle qui laisse apparaitre, côté cour pour unique décor, une chaise et une table-comptoir rectangulaire toute en longueur.

Sur cette dernière, sont posés comme dans une loge de théâtre : un petit miroir, un sac à main contenant du maquillage, une carafe ancienne joliment sculptée et son verre à pied à motifs blancs ciselés. Nul besoin de plus d’accessoires ni de décors pour cette évocation de la Magnani, comédienne de théâtre avant d’être actrice de cinéma.

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Nous voici donc en présence du fantôme de Nannarella : la Louve rebelle s’invite à ses obsèques. Le regard aiguisé, la langue acérée, elle observe d’en haut la ribambelle d’amis, de parents, de vautours ou parasites qui forment l’élite de Rome, tous venus à la messe donnée en son honneur. Elle les scrute un à un, commentant leur attitude passée et présente, critiquant ce milieu où les étoiles d’un jour à l’autre peuvent déchoir de leur tour d’ivoire, broyées par un système qui ne veut plus d’elles dès lorsqu’elles ont passé un certain âge, que leur beauté se fane.

Dans la large assemblée réunie, débordant de l’Eglise Saint-Pierre de Rome, on y trouve pêle-mêle : un de ses ex-maris, Goffredo Alessandrini, entouré de son harem de femmes ; son fils Luca -son amour, la chair de sa chair, son trésor- qui n’aimait pas qu’elle fut actrice et refuse de faire entrer un membre du gouvernement italien venu tout exprès ; également tous ces faux-amis qui ne daignaient plus la voir ni même ni lui jeter un œil à la fin de sa carrière lorsqu’elle les croisait au théâtre.  Et elle rit, se moquant de ce beau petit monde hypocrite.

Marie Joséphine Susini prête ses traits au fantôme de la Magnani, révélant la femme r(ev)êche et passionnée, railleuse et sensible qui se cache derrière l’actrice : toute en nuance, elle évite par son jeu d’acteur fin et délicat de tomber dans l’ écueil de l’imitation de la comédienne. Convoquant berceuses de son enfance et classiques populaires italiens qu’elle interprète joliment à cappella et en italien – une partie du spectacle est dit dans cette langue-, elle nous tient en haleine pendant plus d’une heure et quart sans faillir dans cet hommage magnifique qu’elle rend à une femme et une artiste toutes deux complexes.

Pour l’amour du jeu et du théâtre

Généreuse et talentueuse, à la fois pétillante et sobre, Zouzou offre à voir une performance d’acteur étonnante, déroulant le fil de la vie d’une actrice, avec ses hauts et ses bas, ses joies et ses peines, ses bons et mauvais choix, ses rivalités et ses amitiés, ses rencontres inattendues et ses soirées solitaires avec sa chienne, Missa, qu’elle préfère aux hommes de sa vie, trop volages ou trop égocentriques. Un changement subtil de voix, une position, un geste, un rictus ici ou là et voilà qu’elle nous découvre et offre en partage une palette de sentiments et d’émotions délicats.

La première rencontre de Magnani avec Brando est savoureuse : Marlon, l’acteur à l’égo surdimensionné qui ne pense que business et avec lequel elle se chamaillera sur un malentendu –avoir ou non son nom en grand sur l’affiche-, apparait tout timide devant elle. Elle qui reste interloquée face à ce grand gaillard tout penaud qui ne sait que lui dire. Des anecdotes amusantes de ce type, le texte en fourmille.

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Ainsi, en s’inspirant de la vie de la Magnani, nous est dévoilé par touches les contours de cette comédienne insaisissable, tour à tour douce-amère et désabusée par la tournure prise par sa vie et sa carrière –elle n’aurait pas dû laissé la trop belle Loren prendre sa place en refusant le rôle qu’on lui avait confié, tout ça par coquetterie – ou heureuse et fière d’avoir exercé son art à une époque aujourd’hui révolue -quand  les réalisateurs écrivaient leur scénario sur des boites d’allumettes, quand les cadreurs se démenaient pour filmer l’actrice en dehors des clous.

Voire nostalgique et touchante quand seule dans sa chambre d’hôtel, elle rêve de sa Rome, à laquelle elle voue un amour sans pareil, qu’elle imagine au loin, la nuit tombée et jusqu’au petit jour, comme elle refuse de dormir, « le sommeil, c’est un peu comme la mort » confie-t-elle.

La Magnani, une actrice hors norme et inimitable, extravagante et instinctive, entière et authentique, au tempérament volcanique et au cœur d’or, ne vivait que pour la scène et le jeu : elle aimait incarner ces femmes du peuple, suivant son instinct, improvisant souvent. Elle aimait cette liberté d’interprétation qui, de son aveu, hélas, n’existe plus au cinéma, tout étant écrit et décidé à l’avance, l’acteur devant juste obéir aux consignes du réalisateur et surtout ne pas sortir du cadre de la caméra. Un comble pour celle qui a toujours agit librement sans se soucier du qu’en dira-t-on.

Nous le savons peu, mais après avoir intégré une école d’art dramatique à Rome, elle a débuté au théâtre dans un tout petit rôle certes mais suffisant pour qu’on la repère et quelle carrière !

Ici, la comédienne au travers de l’évocation de la Magnani nous convie à un magnifique éloge du théâtre, cet art si particulier qui fait que chaque représentation est unique, que chaque personnage qui traverse le comédien le bouleverse au plus profond de lui, que les émotions partagées avec le public sont étonnamment si puissantes et vraies, que nous en sortons bousculés dans nos convictions et croyances. On ne peut tricher au théâtre, on le vit, et c’est là toute sa beauté et magnificence.  

Poignant, tendre et drôle, ce spectacle ne peut laisser le spectateur indifférent : au contraire, il sort conquis de la représentation, et qui sait, se précipitera pour revoir les films de cette femme et artiste, combattante combative, même si elle fut (com)battue par la maladie.

Diane Vandermolina

Anna Magnani, le temps d’une messe par la Cie Ecl’a dam/ Texte : Armand Meffre/ Mise en scène et interprétation : Marie-Joséphine Susini (Zouzou)/Création lumière : Hubert Jappelle/ Son : Thomas Giovannetti/ Durée : 1h15/Tout public/Italien et français

Photo de Une: ©JB Andréani

Le Cartoon fait son show à Marseille

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Du 12 au 15 avril au World Tarde Center, le CartoonNext propose des conférences, one-to-one meetings, rencontres et tables rondes dédiées aux défis, perspectives ou encore actions à mener dans le domaine de l’animation, tous genres (long, court, série, jeu vidéo, VR) et tous types (animation 2D, 3D, stop motion, motion design, vfx) confondus.

Né d’une volonté commune de montrer la richesse de la filière de l’animation en Région Sud, cet événement dédié aux professionnels de l’animation (diffuseurs, plateformes, producteurs, distributeurs…) a été imaginé par l’association bruxelloise Cartoon, créée en 1988, et Sudanim, association née en 2021, regroupant les professionnels de l’animation et du jeu vidéo en Région SUD afin de promouvoir ces filières au niveau régional, national et international ainsi que tous les corps de métiers.

Une première en Région Sud

Selon Christian Davin, président de l’association Cartoon, «il y avait un rattrapage à faire afin de développer cette filière locale en Région. Il fallait absolument venir ici, à Marseille. Avec Sudanim, notre partenaire, on a inventé Cartoon Next pour cette raison ». De plus, « trop d’étudiants quittent la région pour exercer ce métier ailleurs » déplore-t-il.

Mathieu Morfin et Christian Davin

Deux journées sont ainsi consacrées aux étudiants des écoles d’animation avec une après-midi coaching le 11 avril (devant 50 étudiants présélectionnés) et une journée pitching le 15. A l’issue de cette journée, le lauréat du meilleur mini-pitch sera sélectionné pour participer au Cartoon Springboard de Madrid, qui permet à des jeunes de présenter leurs projets devant des professionnels. Une résidence d’écriture lui sera également offerte par la Région.

Il s’agit aussi « de montrer l’énorme potentiel de cette terre fertile » complète Alexandre Cornu, le vice-président de Sudanim. « En région, nous avons un pôle d’excellence dans l’animation et le jeu vidéo, ainsi que de nombreux talents » poursuit-il. « Le cinéma d’animation français représente 32,7% des entrées des films d’animation et 77 œuvres de ce genre ont été fabriquées dans la région ». 

Partez à la découverte des métiers de l’animation

Cet événement a pour objectif de démocratiser l’accès à la filière animation : cette dernière regroupe une pléiade de métiers divers, accessibles à tout âge. « Nul besoin d’être un geek pour travailler dans ce secteur » souffle à notre oreille, Chrystel Poncet, secrétaire générale de Sudanim, d’autant plus qu’il se développe à grande vitesse.

Interview Christian Davin, président de Cartoon, sur les métiers de l’animation et leurs débouchés pour les jeunes générations

En effet, en 10 ans, le nombre d’entreprises de production d’animation et d’effets visuels est en très nette augmentation : entre 2010 et 2019, il a progressé de 19,8 %. Il s’agit en majorité de petites structures (- de 5 salariés) : elles représentent 61.7% des entreprises dans le domaine. De même, au cours de la même période, l’emploi dans les entreprises de production de films d’animation et d’effets visuels a augmenté de 54,0 % avec la création de 2 685 emplois supplémentaires. De chiffres qui ont de quoi suscité des vocations, d’autant plus que les métiers de l’animation ne se résument pas à la création en 2D ou 3D sur ordinateur.

Notez qu’à l’Artplexe, le 15 en après-midi, le CartoonNext Off permettra aux lycéens de découvrir les métiers de l’animation. La rencontre sera suivie de la projection de « Même les souris vont au paradis » des films du Cygne, réalisé par Alexandre Charlet, produit à Marseille avec le soutien de la région Sud, et nominé aux Césars 2022.

de gauche à droite :
Stéphane Rizzo, Thomas Demachy, Florian Cabane, Laurent Lhardit, Chrystel Poncet, Mathieu Morfin, Christian Davin, Solange Biaggi, Alexandre Cornu

Féminisation des métiers de l’animation

L’âge médian des salariés de l’animation est de 34 ans (32 pour les femmes, 35 pour les hommes) : 85% sont salariés intermittents et la part de femmes représente 37% – soit 9 points de plus qu’en 2010. En 2019, 38,0 % des métiers identifiés du secteur de l’animation et des effets visuels sont occupés par des femmes.

Ces dernières sont peu présentes dans les emplois de développement/exploitation des pipelines (9,3 %), de TD/infographiste développeur (16,0 %) et dans les métiers de la R&D (13,6 %). Elles représentent en revanche les trois quarts des effectifs dans les professions ayant trait à la distribution (chargé de ventes internationales, commercial), les deux tiers des effectifs de la gestion de production (65,5 %) et 62,7 % des effectifs des fonctions support.

Les métiers de « scan, trace et colorisation » sont la seule famille de métiers de techniciens dans laquelle la part de femmes (61,5 %) est supérieure à celle des hommes. Dans les métiers d’animateurs (2D, 3D, infographistes, …), catégorie la plus représentée au global (27,3 % des effectifs totaux), la part des femmes est de 33,9 %.

Ce salon professionnel tourné les métiers de l’animation a pour objectif d’imaginer le futur de l’animation et des contenus numériques. Il vise à fédérer les acteurs de la filière, également sensibiliser et attirer les jeunes générations vers une filière d’avenir en région Sud. Diane Vandermolina

Plus d’infos :

https://www.cartoon-media.eu/next/ [14]

https://www.sudanim.fr [15]

Bon à savoir :

La France est championne dans le domaine de l’animation. Elle arrive en troisième position mondiale en termes de commande de programmes d’animation, après les Etats Unis et Japon, et se taille par ailleurs la part du lion en Europe dans ce domaine. En Région SUD, bien connue pour la richesse de sa production cinématographique et télévisuelle avec en l’occurrence feu Plus belle la vie, le secteur de l’animation est aujourd’hui en pleine expansion. Les nombreuses industries créatives et écoles implantées (dont les prestigieuses le MOPA à Arles et l’Ecole des Nouvelles Images à Avignon) en région sont reconnues au national et à l’international.

Exploser le plafond : Précis de féminisme à l’usage du monde de la culture

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Autrice : Reine Prat/ Éditeur : Rue de l’échiquier/ Collection : Les Incisives

ISBN : 978-2-37425-310-7/ EAN : 9782374253107/ Prix : 12€

Format : 110 x 190 mm/ Nombre de pages : 112/ Date de parution : 14/10/2021

Un ouvrage revigorant à conserver à portée de main

Avec les mouvements #MeToo et #balancetonporc, ont éclaté au grand jour, dans les médias et sur les réseaux sociaux, avec une puissance inédite, les inégalités et discriminations, violences et harcèlements (sexistes, sexuels, raciaux, environnementaux…) qui existent depuis la nuit des temps dans le monde de la culture (édition, musique, théâtre, cinéma, etc.) et de la communication.

Les nombreux témoignages à charge des femmes victimes de ces conduites mettent en lumière l’impunité des artistes masculins : ces derniers sont très largement protégés par le système dans la mesure où est opposée, aux critiques, leur liberté de création, alibi bien utile qui nous interroge sur l’éternelle question de la séparation de l’homme et de l’artiste. De plus, leurs comportements inappropriés font l’objet d’un consensus persistant et de nombreuses tolérances, liés à la construction sociale des représentations des rapports entre les hommes et les femmes. Ce que Sartre a par ailleurs théorisé dans l’Etre et le Néant, plus particulièrement dans son passage sur la Mauvaise Foi féminine.  

Dans cet ouvrage écrit à la façon d’un essai, Reine Prat, inspectrice générale de la création, des enseignements artistiques et de l’action culturelle, revient sur le fonctionnement interne du secteur et ses caractéristiques structurelles : usant d’un style incisif revendiqué où la contradiction assumée permet de révéler une réflexion longuement murie par l’autrice, cette dernière nous éclaire sur une réalité que nous ne pouvons ignorer. Sous couvert de promouvoir l’ouverture et la diversité, le monde de la culture reste dans un entre soi dominé par un bastion d’hommes blancs, cis-hétéros, issus des classes moyennes et supérieures, y compris dans des professions fortement féminisées comme le livre. Reine analyse ainsi avec acuité et finesse, précisant chaque source à laquelle elle se réfère, comment s’articulent les représentations proposées au public, l’organisation du travail artistique et culturel et la vie privée de celles et ceux qui le font, partant du constat que la scène, l’intime et l’espace public sont les trois leviers d’un système qui alimente et reproduit une culture patriarcale, dominatrice, inégalitaire et pire, antidémocratique à l’instar et/ou héritée de la démocratie grecque réservée aux seuls citoyens masculins.

La pensée féministe de Reine Prat s’est radicalisée «  à son corps défendant » (dixit G. Fraisse, en préface), à la suite des rapports qu’elle a rendus sur la question des inégalités entre les femmes et les hommes dans les arts du spectacle parus en 2006 et 2009.

Dans son livre, elle tente de proposer des pistes de réflexion et d’action au monde de la culture pour lutter contre les discriminations et inégalités. Ces dernières sont inscrites dans la langue française elle-même « où le masculin l’emporte sur le féminin » dans les accords, règle aujourd’hui remise en question par les féministes, à laquelle on peut substituer celle de l’accord avec le genre majoritaire. De plus, le français ne connaît pas le neutre au contraire de l’allemand par exemple et seuls certains métiers ont des noms masculins épicènes c’est-à-dire qui se terminent en ‘e’ et peuvent également désigner une femme : photographe, peintre ou encore poète.  A la question non tranchée du langage inclusif, celle qui dit préférer utiliser des majuscules pour plus de lisibilité explique qu’il n’y a aucune règle. Il est vrai que la question divise et que la notion d’inclusivité peut être excluante. Par ailleurs, à la fraternité ou à la sororité, elle oppose la solidarité, terme plus adéquat permettant de sortir d’une pensée binaire, et s’inquiète des discriminations positives dont les effets pervers sont pléthores.

Ainsi, l’histoire même de la langue française permet de comprendre comment la société a été bâtie sur un système patriarcal qu’il est difficile de « (dé)gommer » dans les représentations du monde et par conséquent dans l’organisation, hiérarchisation, et structuration même du monde. Ce constat âpre nous questionne et même si Reine Prat ne donne pas de réponse à la manière dont nous pouvons rééquilibrer la donne, elle nous offre des pistes de réflexion passionnantes, à commencer par sa définition du féminisme : « par féministes, j’entends toute femme ou tout homme ayant vécu ou étant conscient.e des violences exercées quotidiennement contre des femmes, des gays, des lesbiennes, des trans et luttant contre ces violences et contre toute forme d’inégalité ». Cette définition large a pour mérite d’inclure des situations bien plus complexes que ce que le terme de base peut recouvrir dans les esprits, une façon d’ouvrir les êtres à une vision plus globale des problématiques et nous réveiller de notre sommeil dogmatique. En ce sens, cet essai est un guide offrant au monde de la culture des outils de réflexions pour des actions à venir.

In fine, Reine Prat, en nous éveillant à des problématiques que nous ressentons sans pourtant toujours en saisir les tenants et les aboutissants, incite les femmes à exploser ce plafond de verre qui encore trop souvent aujourd’hui les empêche inconsciemment ou non de se projeter dans des métiers par peur qu’ils ne soient pas pour elles ou encore par crainte de subir ces paroles et propos, agissements et comportements, harcèlements et agressions sexistes et discriminatoires existant dans le monde culturel : on ne juge pas le travail d’une femme de la même façon que celui d’un homme, la première sera déconsidérée là où le second sera encensé. Il nous faut donc inverser la vapeur, en commençant par s’attaquer à ce chantier de construction d’un monde culturel véritablement représentatif des diversités existantes à l’image de la culture populaire.

Osez Joséphine chantait Bashung, je terminerais en disant : osez, amies féministes, femmes, cis ou LGBTQI, racisé.e.s ou non ! Diane Vandermolina

Interview de Reine Prat [16]

 

Film Femmes Méditerranée, une édition solidaire et engagée

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En préambule

Décidément, en cette rentrée peu ordinaire, le Crédit Mutuel Méditerranéen est sur tous les fronts dans notre région.

Le Crédit Mutuel a pour habitude de soutenir les associations porteuses de projets culturels populaires et solidaires, que ce soit via la fédération ou les caisses locales : la culture, l’éducation et la solidarité font parties du corpus de valeurs véhiculées par cette banque dont l‘action s’ancre sur les territoires et les acteurs culturels et sociaux locaux, à l’image du soutien mis en place en faveur des étudiants pendant le confinement avec la distribution de repas à leur destination.

Parmi les événements soutenus, citons la locomotive des festivals de la rentrée : la Fiesta des Suds dont la programmation fait la part belle aux femmes artistes. Non seulement le CMM s’associe à des manifestations musicales à l’image du bicentenaire du conservatoire Pierre Barbizet de Marseille (https://www.rmtnewsinternational.com/2021/11/12-novembre-2021-balade-musicale-au-coeur-du-conservatoire-pierre-barbizet-de-marseille/ [17]), mais il (s’)investit également dans des manifestations cinématographiques en soutenant le Films Femmes Méditerranée, présidé par Karine Osswald.

L’objet du festival est de promouvoir le cinéma au féminin tout en restant accessible à tous : l’entrée au festival est gratuite pour les moins de 26 ans, les demandeurs d’emploi ou encore les étudiants cette année, ce qui assurément n’a pas manqué d’éveiller l’attention du Crédit Mutuel.

Zoom sur Le Film Femmes Méditerranée : 16 ème

Pour la 16ème édition de ces rencontres, ce sont 17 longs métrages, dont 10 fictions et 7 documentaires, et 9 courts métrages qui seront présentés du 20 au 25 novembre en une dizaine de lieux partenaires à Marseille et en Région.

Le 20 novembre, pour l’ouverture, un hommage sera rendu aux artistes afghanes, en regard avec l’actualité internationale. Ce sera à la Mairie du 1/7 de Marseille de 14h à 18h avec au menu, table ronde et projections de films autour du thème ‘Femmes Afghanes, au risque de la Liberté’. A 20h30, ce même jour, aux Variétés, se projeté le film d’Emma Dante « Les Soeurs  Macaluso », sorti en 2020, inédit au Cinéma en France.

Film d’Ouverture – Les Soeurs Macaluso d’Emma Dante

La programmation nous emmènera dans un voyage cinématographique au cœur de la Méditerranée et au-delà, avec des rencontres avec des réalisatrices et des professionnelles du cinéma, des séances jeune public, des films en avant-première et des inédits. Prenez le cap vers l’Italie, le Liban, la Grèce, l’Egypte, l’Algérie, la Turquie, l’Espagne, le Portugal, la France, la Slovénie, l’Iran et le Brésil et partez à la découverte de réalisatrices de talent qui souvent ne sont connues que d’une poignée de cinéphiles amateurs à quelques exceptions près.

Car ce festival répond à un impérieux besoin de reconnaissance et de visibilité. En effet, les femmes réalisatrices -à l’exception de Julia Ducournau qui a reçu, pour son second long métrage, Titane, la palme d’or de Cannes 2021, une récompense autant médiatisée que critiquée – sont rarement mises en avant et considérées à leur juste valeur : leur engagement artistique reste encore trop peu visible sur la scène internationale même si en France, le Centre National du Cinéma essaie de renverser la tendance en offrant des bonus aux réalisations œuvrant en faveur de la parité, l’égalité et la diversité dans le cinéma et l’audiovisuel français.

Cette lutte contre les inégalités, coextensive à la lutte contre les discriminations, a été déclarée cause nationale. Hélas, ces dernières perdurent dans ce milieu encore trop masculin où les femmes sont reléguées au second plan, encore trop victimes de sexisme, et invisibilisées.

In fine

Le Crédit Mutuel Méditerranéen en soutenant ce bel événement montre qu’elle est une banque engagée et solidaire au sens plein du terme (fraternelle et sororale), en prise avec les enjeux de son temps grâce à la forte implication de ses sociétaires, directeur/trice.s et président.e.s, parmi lesquel.le.s de nombreuses femmes, à l’image du Film Femmes Méditerranée resté fidèle aux engagements de ses débuts. Diane Vandermolina

Téléchargez le Programme [18] du FFM!

Plus d’infos  : https://www.films-femmes-med.org [19]

(The) Hero (Festival) returns

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Après deux annulations du festival pour cause de pandémie, le Hero Festival fait son grand retour le dernier week-end des vacances de la Toussaint (les 6 et 7 novembre 2021) dans l’enceinte du Parc Chanot de Marseille pour deux journées dédiées au monde des Héros dans son acceptation la plus large possible : Super Héros, Héros de films et séries, d’animés et de BD, de romans et de jeux vidéo, Héros légendaires ou contemporains, gentils ou vilains.

Les univers Brocéliande pour l’Héroïque Fantaisie et le steampunk, Krypton pour les DC comics/Marvel, Konoha pour les animés et Ludopolis pour l’espace jeu vidéo constituent les 4 piliers de ce festival multiculturel, familial et intergénérationnel: ce dernier fait la part belle aux auteurs avec son espace livre-dédicaces, aux acteurs avec ses rencontres, aux musiciens-chanteurs avec sa grande scène et surtout aux cosplayers qui confèrent par leur participation ce supplément d’âme au Festival avec des nouveautés à découvrir dans chaque univers.

Les temps forts et nouveautés du Hero

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KONOHA crédit photo Clément Bidard

Pour cette édition, au sein de l’espace Konoha, la team du Hero a souhaité rendre hommage à Nicky Larson avec un décor immersif : elle a pour cet effet invité l’interprète du générique de l’animé, Jean Paul Cesari. Ce dernier sera présent sur le salon pendant deux jours pour un show case, des dédicaces et des rencontres.  

Les aficionados de nouvelles technologies pourront découvrir Visual Novel, un concept original. Créateurs de site internet, Yohann GIL et Yann BOYER-DURAND, implantés en Région Sud depuis 15 ans, « ont ramené d’Asie, essentiellement du Japon, les Visual Novels, des romans graphiques qu’ils ont importés en France sur un format digital et interactif dans lequel on choisit la suite de l’histoire. C’est le manga dont je suis le héros en version digitale » précise Annabelle Fouques, co-créatrice du festival. Ils vont venir présenter ce concept novateur et proposeront des démonstrations de cette « solution hybride de roman vidéo ludique », en avant-première les 6 et 7 novembre.

Le village médiéval de Brocéliande situé en extérieur est « agrandi d’un marché médiéval, une première cette année » et proposera un large panel d’animations médiévales. En intérieur, la voix française d’Harry Potter, Kelyan Blanc, et Guillaume Briat, de la série et du film Kaamelott, seront présents : « Guillaume Briat partagera des anecdotes de tournage avec le public » détaille Annabelle et de nombreux auteurs viendront dédicacer leurs ouvrages à l’image des éditions précédentes.

Cosplayers- crédit photo Alexandre Chabrier

Dans l’espace Krypton, le catch fait son retour cette année avec des démonstrations et des initiations. La réplique de la moto de Daryl Dixon de the Walking Dead sera à l’honneur : on nous nous promet « un déferlement de zombies ». L’invitée Star Wars sera l’actrice anglaise Samantha Alleyne qui a tourné dans les récents épisodes.

Sur Ludopolis, les gamers pourront rencontrer un ou deux pro-gamers sur Fifa et Forza, et deux influenceurs, Skyyart et SerialZpro, viendront parler gaming avec leurs abonnés. Sans oublier bien entendu les animations dédiées aux plus jeunes avec les mini héros et le château gonflable thématique ou encore la ferme des animaux.

Sur la grande scène, un hypnotiseur viendra hypnotiser le public et lui faire faire des actions de super héros. Entre shows, concours Cosplay, jeux, quizz, karaoké, l’équipe a souhaité faire un clin d’œil ludique samedi à la série coréenne en vogue « Squid Game » en organisant un Un, deux, trois soleil géant sur la grand scène. L’ambiance de la série avec ses gardiens, la musique, les costumes sera recréée mais « les éliminés gagneront un lot pour que ça reste bon enfant et ludique» à l’image du festival nous explique-t-on.

Annabelle FOUQUES, co-créatrice du Hero Festival avec Marc Lefèvre, ne boude ainsi pas son plaisir en nous présentant cette nouvelle édition prometteuse dont le fil rouge reste le voyage des sens. Bien qu’il ait fallu repenser l’organisation du festival et inviter moins d’artistes venant des quatre coins du monde, la satisfaction de voir renaître ce festival créé en 2013 est palpable : le voyage au cœur du monde héroïque peut débuter. Diane Vandermolina

https://www.herofestival.fr/marseille/informations-pratiques/ [21]

 

Entretien avec Annabelle Fouques

Annabelle Fouques, co-organisatrice du Hero Festival – crédit photo Alexandre Chabrier

Diane Vandermolina: Cette année, l’affiche représente un Phénix… symbole de renaissance.

Annabelle Fouques : Tout à fait, quand nous avons repris au printemps, nous nous sommes demandés : « est-ce qu’on recommence ? » Nous avions commencé à organiser deux salons, l’un à Grenoble, l’autre à Marseille, et chaque fois nous avions dû les annuler : tout ce qui avait été construit avait dû être effacé et détruit, on pourrait dire brûlé !  Chaque fois que nous recommençons, nous renaissons de nos cendres.

DVDM: Avec la covid19, vous avez dû adapter le format du festival, pourriez-vous nous détailler les modifications apportées cette année ?

A.F. : Effectivement, nous avons vécu une période difficile après les deux annulations du festival. Nous avions peu de visibilité sur l’évolution des événements quand nous avons construit cette édition car nous avions une équipe réduite (de 12, nous sommes passés à 3 personnes, les autres ayant trouvé du travail ailleurs) et des possibilités moindres, notamment à cause de la fermeture de certaines frontières, des pays en quarantaine et des contraintes sanitaires… Nous avons fait face à des conditions compliquées et notre première priorité a été de repenser le festival pour la sécurité de tous. Comme la météo est plutôt clémente chaque année à cette période, nous avons pensé que pour les rassemblements, c’était mieux de développer les extérieurs. On a aussi fait le pari de mettre la grande scène dehors pour ces mêmes raisons.

DVDM : Concernant la restauration, quels ont été les aménagements réalisés ?

A.F. : Nous avons adapté les espaces restauration en intérieur : il n’y a plus de buffet ni de self-service, tout se fait à l’unité et les files d’attente ont été rallongées. On a doublé les files d’attente sur 5 mètres. Pour éviter les brassages et fluidifier les allées et venues, on a également créé un sens de circulation et installé plus de points de restauration en extérieur.

DVDM : Le port du masque est-il obligatoire en intérieur ?

A.F. : Le pass sanitaire est demandé à l’entrée conformément à la loi mais le masque en intérieur étant à l’appréciation de l’organisateur, il n’est pas obligatoire. Nous avons choisi de ne pas imposer le port du masque en intérieur à l’image des pompiers lors de leur congrès : c’est un risque mesuré d’autant plus que les cosplayers sont très embêtés par le masque pour leur maquillage et que ça gâche le spectacle.

DVDM : C’est une programmation plus française que vous proposez cette année…

A.F. : Oui, il y aura plus d’invités nationaux avec des comédiens français principalement et une comédienne britannique. Pour les auteurs, illustrateurs, influenceurs, chanteurs, musiciens, cosplayers, ce sont généralement des français.

DVDM : Le festival a dû réduire sa voilure ?

A.F. : Oui, beaucoup d’artistes n’ont pas travaillé depuis deux ans et par conséquent, nous avons moins d’exposants : beaucoup n’ont pas survécu à la crise, ce sont des forains qui vivent de ce type d’événement, certains n’ont pu venir cette année par manque de personnel, et n’ayant plus d’activité, d’autres ont fait faillite ou se sont reconvertis. Un bon tiers d’exposants a changé d’activité, forcément, ils n’ont pas été remplacés par des nouveaux.  On espère que même si le festival est plus petit, avec moins d’international, le public comprendra.

DVDM : Attendez-vous beaucoup de monde comme lors des éditions précédentes ?

A.F. : Pour les attentes, nous sommes est très attentifs aux réseaux sociaux même si cela ne traduit pas forcément la réalité. On sent que les gens ont vraiment hâte de se rassembler, de voir de belles choses, de rencontrer des artistes : c’est vraiment le rassemblement qui est attendu. Cette envie de se réunir, retrouver des cosplayers,  sortir des préoccupations du quotidien pour se retrouver dans un monde un peu de rêve. Les gens sont en attente de ça et nous envoient des messages de remerciements. « On va pouvoir rêver à nouveau, s’amuser, rire » nous écrivent-ils.

DVDM : Et côté billetterie ?

A.F. : Elle a été ouverte tardivement, en septembre, le temps d’être sûr car nous en avions marre des procédures à mettre en place pour rembourser les billets, avec les reports et fermetures de billetterie engendrés par les annulations… c’est un gros travail pour une équipe réduite même si globalement 80% des gens ont gardés leurs billets, ce qui est une marque de confiance.  Sinon, en termes de vente de billetterie, c’est comme les autres années, à 5% près. Nous n’avons pas augmenté les tarifs et n’avons pas à déplorer de recul sur les préventes par rapport aux années précédentes. Après on verra sur les derniers jours et sur place.

DVDM : Avez-vous eu des financements publics ?

A.F. : Non, aucun. Nous avons des partenaires privés techniques pour câbler les halls, les alimenter, d’autres pour le transport des invités, ce qui permet d’absorber une grande partie du budget. Nous sommes sur un salon de plusieurs centaines de milliers d’euro  en frais d’installation, d’aménagement, de signalétique, de location… J’ai sollicité cette année le CNL, le CD13 et la Région Sud parce qu’on se relance : on en a besoin pour le volet salon du livre parce que les auteurs ont besoin d’événements comme nous pour vivre et travailler. Ils ne peuvent pas payer un stand et nous avons besoin de quelques dizaines de milliers d’euros pour créer un vrai village du livre et offrir à 150 auteurs un espace d’expression, avec une petite scène, des rencontres, des lectures pour eux et pour les visiteurs parce que c’est extra comme contenu. On m’a répondu que le festival n’avait pas assez d’envergure. La ville de Marseille nous écoute mais nous n’étions pas dans le bon timing. On renait petits mais nous sommes poussés par nos partenaires qui nous suivent, les exposants, les visiteurs surtout, et par les médias. On redémarre.

Propos recueillis par Diane Vandermolina