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Les belles surprises de la musique finlandaise

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Ilmari Hannikainen (1892-1955) : Concerto pour piano et orchestre en Si  bémol mineur opus 7 et quatuor pour piano en Fa dièse mineur opus 2

Avec Oliver Triendl, piano; Christel Lee, violon; German Tcakulov, alto; Jonathan Roozeman, violoncelle. Württenbergische Philharmonie Reutlingen: Florian Csiszmadia.

Cd Hänsler classic / www.haensslerprofil.de [2]

La musique finlandaise offre que de belles surprises à tous les mélomanes qui aiment sortir des sentiers battus. Né dans une famille de musiciens, Ilmari Hannikainen étudie le piano au conservatoire d’Helsinski avant d’aller à Vienne pour se perfectionner auprès de Schrecker puis Siloti  et Steinberg à Petrograd. Il écrit beaucoup pour le piano et un concerto et quatuor avec piano enregistrés ici par le courageux label allemand.

Le Concerto

Écrit entre 1917 et 1920, ce concerto pour piano et orchestre s’inscrit dans un romantisme tardif. Le choix de la tonalité en si bémol mineur confère à l’œuvre aux dimensions impressionnantes une couleur automnale qui séduit à chaque mesure. On y ressent toutes les beautés offertes par la nature brute de la Finlande.

 Dès les premières notes on constate qu’on es face d’un pianiste compositeur dans la lignée du russe Serge Rachmaninov ou de l’ukrainien Serge Bortkiewicz méconnu ou de l’arménien Stephan Elmas oublié à mon grand regret. Les qualités techniques exigées pour aborder cet unique concerto de ce compositeur sont immenses. Il s’inscrit dans la droite lignée de son illustre prédécesseur Jean Sibelius. Celles et ceux qui adorent le concerto pour violon de Sibelius vont aimer cette audacieuse découverte. Sur le plan mélodique et harmonique, on est saisi par l’art maîtrisé du compositeur.

 Oliver Triendl  est l’un des plus grands pianistes de notre temps dans la lignée de Michael Ponti. On ne compte plus ses enregistrements pour redécouvrir des œuvres oubliées chez Cpo, Capriccio… Sa technique et sa musicalité laissent pantois. Il transcende ce concerto inconnu et en est l’interprète idéal. On est sous le charme total !

L’orchestre Philharmonique sous la direction précise de Florian Csismadia sonne merveilleusement et magnifie avec passion ce très beau concerto endormi.

Le quatuor avec piano

Écrit en 1913 pendant ses années d’études, l’opus 2 d’Ilmari possède une beauté diaphane tant par ses qualités mélodiques qu’harmoniques. Ce quatuor est dans la tonalité de fa dièse mineur. Très poétique et mélancolique, l’œuvre fascine dans ses trois mouvements. L’andante cantabile est une invitation à la méditation. Ce quatuor s’inscrit à côté de ceux de Robert Schumann, Johannes Brahms ou Joseph Joachim Raff. Les interprètes y sont engagés et passionnés. Quelle justesse dans l’interprétation. La magie opère à chaque mesure et nous convie à la fusion tellement indispensable à la musique de chambre. Au piano Oliver Triendl, au violon Christel Lee, à l’alto German Tcakulov et au violoncelle Jonathan Roozeman sont irréprochables. Un ravissement.

Serge Alexandre

Ethel Smyth : Der Wald – La forêt

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Une redécouverte majeure !

Opéra dramatique avec prologue et épilogue en un acte  livret de la compositrice

Création le 9 avril 1902, Court Opera, Berlin

Avec  Samueol Park, baryton ; Edith Grossman, mezzo-soprano ; Sangmin Jeon, ténor ; Erik Rousi,basse ; Mariya Taniguchi, soprano ; Zachary Wilson, baryton ; Mira Ilina, soprano ; Hak-Young Lee, baryton. Chor der Oper Wuppertal et Sinfonieorchester Wuppertal : Patrick Hahn.

Cd Cpo 555 650-2/ sortie octobre 2025

Qui connaît Ethel Smyth ?

Ethel Smyth (1858-1944) est une compositrice anglaise.  Elle fait ses études au conservatoire de Leipzig   avec  Reinecke  puis Jadassohn. Elle suit à Berlin  Heinrich von Herzogenberg. Elle laisse une œuvre immense dans tous les domaines dont quatre opéras.  Der Wald est le second. Il est urgent de redécouvrir cette artiste majeure romantique. Ses œuvres épousent toutes les caractéristiques germaniques dans son langage musical, on y entend Brahms, Raff, Wagner, Strauss, Zemlinsky… Artiste engagée, elle rejoint la cause des suffragettes pour le droit de vote des femmes en Angleterre. Elle écrit en 1911 la marche des femmes. L’ensemble de son œuvre exerce une fascination.

 

Der Wald- la forêt

Cet opéra en allemand écrit entre 1899 et 1901 est créé à Berlin en 1902 puis à Londres, Strasbourg et au Met à New-York avant de disparaître. Elle sera la première femme dont un opéra sera joué au Met.  C’est une histoire envoûtante, courte et tragique. Tout se déroule dans la tranquillité et l’infini de la nature représentée par la forêt et ses esprits. Par bien des côtés, le livret d’Ethel Smyth est le miroir de la tragédie shakespearienne. Un livret qui exulte toutes les passions humaines… Der Wald  vous bouleversera de la première à la dernière note. Ethel Smyth n’a rien envié à Wagner ou Richard Strauss. On est emporté dans un torrent émotionnel. Rarement je n’ai entendu une œuvre avec une telle maîtrise de l’écriture orchestrale et une telle connaissance des voix. Son opéra suivant Les naufragés  sera son plus grand succès. Les scènes d’amour de Der wald  ne sont que pur enchantement.

Une distribution homogène et remarquable

Landgrave Rudolf  est écrit pour un baryton. Samueol Park est une totale révélation. Ce baryton sud coréen possède toutes les qualités vocales et musicales pour transcender son rôle d’une intensité de tous les instants. Artiste en troupe à Wiesbaden est à suivre. Quelle sureté et projection.

Iolanthe, sorcière et maîtresse de Rudolf peut être distribué à une soprano dramatique ou une mezzo-soprano. C’est ici une mezzo américaine Edith Grossman. Elle possède cette sensualité vocale exigée pour ce rôle très exigeant sur toute la tessiture. On tombe sous le charme. Les duos avec Rudolf confèrent à l’indicible dans la lignée de Wagner et Strauss.

Heinrich sollicite un ténor. Sangmin Jeon est un artiste sud coréen aux qualités indéniables. Il convainc totalement dans ce rôle périlleux.

Peter, bûcheron est une basse. Le finlandais Erik Rousi  est en troupe à Wupperthal depuis 2023. Quel bon choix ! Il possède la noirceur exigée pour tout le répertoire wagnérien ! Quel engagement et justesse. La ligne de chant est admirable.

Roschen, fiancée de heinrich  est une soprano lyrique. La japonaise Maryia Taniguchi qui vient de faire ses débuts en  liu dans Turandot à Barcelone est sans reproche.

Enfin le colporteur avec ours  est incarné  par un jeune baryton lyrique américain Zachary Wilson  en troupe à l’opéra de Wuppertal depuis 2024.  Il retient l’attention.

Pour être complet citons  la voix d’ange de Mira Ilina  et le baryton Hak-Young Lee qui complètent à merveille cette distribution.

Une direction engagée et probante

On la doit à Patrick Hahn, chef d’orchestre bien connu des lieux. Il est connu des munichois et des écossais. Compositeur, pianiste et Chef d’orchestre, il est l’une des valeurs montantes de la nouvelle génération. Sa direction est précise et inspirée. L’équilibre orchestre et solistes est exemplaire. On est sous le charme. Le chœur de Wuppertal est juste sublime. Wuppertal a beaucoup de chance d’avoir un directeur musical aussi talentueux.

Bravo au label cpo qui fait un travail fondamental et exemplaire depuis tant d’années.

Der Wald est un sommet de l’art lyrique. À découvrir et à programmer par tous les directeurs inspirés. Précipitez-vous ! Ethel Smyth est un génie musical injustement oublié…

Serge Alexandre

 

Beethoven : 3 trios pour cordes opus 9

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Avec le Trio GOLBERG,  www.triogoldberg.com [3]

Un cd Ars produktion-  SACD

À propos de Beethoven Opus 9

Après avoir quitté Bonn et doté d’une bourse du prince électeur Maximilian Franz, Ludwig van Beethoven part à Vienne poursuivre ses études auprès de Joseph Haydn dont l’apprentissage sera bien difficile entre les deux hommes. Beethoven, désireux d’étudier le Gradus ad Parnassum à l’insu de Haydn  suit les cours assidument de  Johann Georg Albrechtsberger.

 Il lui devra sa connaissance robuste de l’art du contrepoint. Les trois trios pour cordes opus 9 constituent  un sommet du genre dans l’histoire musicale.

Tous les trois sont composés en quatre mouvements. Ils seront joués dans les salons de l’aristocratie viennoise et obtiendront un succès toujours renouvelé jusqu’aux salles de concert de nos jours. Les trois trios épousent la forme sonate avec exposition, développement, réexposition et coda. Ils semblent qu’ils aient été composés avant 1798. Les trois sont écrits dans des tonalités différentes. Le premier est en sol majeur, le second est en ré majeur.

Le dernier probablement le plus beau est en ut mineur.

Le Trio Golberg, une interprétation vivifiante et passionnée

 

Ce trio est composé de trois jeunes musiciens aux talents rares. La fusion entre les trois interprètes opère dès les premières mesures. Chacun est à l’écoute de son partenaire. Le trio est composé  de la violoniste super soliste Lisa Kerob, Federico Hood, altiste et Thierry Amadi, violoncelliste.  Les trois musiciens se sont connus au sein de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo. Le Trio Goldberg  se caractérise par leur dynamisme et leur éclectisme. Leur répertoire est immense. On comprend mieux à l’écoute de cet enregistrement leur brillante carrière dans les plus belles salles de concert du monde et l’avalanche de prix reçus par les critiques nationaux et internationaux.

Leur lecture de l’opus9 du compositeur de Bonn est d’un engagement d’une authenticité inespérée. Ils livrent une vision novatrice explorant l’âme tant en avance sur son temps du génial compositeur allemand. On est emporté par un torrent de poésie et d’émotions. On comprend mieux à travers cette interprétation pourquoi Beethoven a influencé tant de compositeurs jusqu’à nos jours. Tout ici est fluide et limpide. On passe de la stupeur à la joie puis à la beauté de la mélancolie enfouie dans nos âmes. Une mise à nue et en abime de trois chefs d’œuvre de ce répertoire si précieux.

Pour être complet, je salue l’excellent livret de Dagmar Hoffmann-Axthelm et une prise de son aérienne et parfaite de Karel Valter.

Juste monumental ! Une plongée dans le mystère Beethoven.

Serge Alexandre

Alfredo Catalani Complete Songs, piano Music

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Avec Lisa Houben, soprano et Filippo Arlia, piano

Cd Opera Discovery : www.opera-discovery.com [4]

Alfredo Catalani (1854 – 1894) : un mystère, un compositeur oublié ?

Qui se souvient d’Alfredo Catalani ? On ne connaît de lui que le célèbre air Ebben ne andro lontana extrait de la wally (1892), son ultime opéra dont la source est une mélodie enregistrée ici la chanson groenlandaise, romance  sur un texte de Jules Verne et dédié au célèbre  ténor espagnol Julian Gayarre. La vie de Julian Gayarre a fait l’objet de deux très beaux films devenus rares incarnés par deux immenses ténors successivement Alfredo Kraus puis José Carreras. On connaît cet célèbre air grâce au cinéma je songe à Luc Besson entre autres ou la publicité. Les plus grandes cantatrices aux voix de soprano lyrique dramatique aiment l’inscrire dans leur concert lyrique. 

Alfredo Catalani est né à Lucca. Il fait ses études auprès de son père organiste puis étudie avec Fortunato Magi et de Bazzini. Il se rend ensuite à Paris où il étudie la composition avec François Bazin et le piano avec Marmontel. Il retourne en Italie où il succédera à Ponchielli comme professeur de composition à Milan. Il sera encouragé par Boito. Sa rencontre avec Toscanini en fera l’un de ses plus ardents défenseurs. Il laisse cinq opéras au sujet fantastique, de la musique symphonique, des mélodies avec piano et musique de chambre et de la musique de chambre. Amoureux de Wagner, il a été un épigone rare dans l’histoire de la musique italienne du 19ème siècle.

Premier enregistrement mondial de l’intégrale de ses mélodies et sa musique piano

Cet enregistrement devrait une source d’inspiration de nombreux programmateurs et directeur de festival en France dans le cadre de la biennale culturelle Franco –Italienne. La soprano hollandaise américaine Lisa Houben en est l’interprète idéal. Elle maitrise parfaitement le français, l’italien et l’allemand. Ces mélodies au nombre de quatorze fascinent par un art du chant quasi disparu. La diction est exemplaire en italien et en français. Quel bonheur ! On connaissait Lisa Houben pour ses incarnations  de Lady Mactbeth, Suor Angelica, Tosca, Madame Butterfly… Elle prépare Salomé de Richard Strauss en ce moment. C’est une tragédienne hors paire sur scène. Elle vient de triompher au Théâtre Margravial de Bayreuth dans sa première Elsa de Lohengrin et dans Tosca. Elle connaît parfaitement sa voix et l’utilise pour le meilleur. Elle se révèle  une mélodiste unique. Elle vous prend la main et vous fait découvrir des îles inexplorées.

Que ses mélodies sont belles et envoûtantes. La ligne de chant semble sortie d’un ailleurs que l’on croyait devenu impossible. Les sons filés sont incroyables. Les couleurs multiples de sa voix sont un ravissement. L’investissement et la musicalité de l’artiste est une leçon de chant à écouter dans toutes les écoles de chant. Les pianissimi sont inouïs Ses mélodies vous emporteront dans un  torrent d’émotions diverses et de poésie. Cet enregistrement est un peu comme se plonger dans une source qui alimenterait plusieurs rivières musicales au confluent de nombreux compositeurs. On y entend par instants du Godard, du Saint-Saëns, du Schumann,… On y entend surtout du Catalani.

Le pianiste Filippo Arlia fusionne avec la chanteuse. Il est un merveilleux défenseur des pièces pour piano de Catalani. On ressent l’enseignement de Marmontel.

 La musique est délicieuse à écouter. On retient la richesse harmonique et mélodique. Le toucher de l’artiste est délicat et poétique rappelant cette école italienne riches en talents musicaux. Ces pièces sont dans la lignée de Chopin, Schumann, Moscheles, Sgambati par instant et annonce la poésie de Fauré.

Filippo Arlia est aussi chef d’orchestre et pédagogue. Un artiste majeur à suivre !

La prise de son est remarquable. Saluons le travail Raffaelle Cacciola.

Un premier enregistrement mondial à déguster sans modération !

Serge Alexandre

Enregistrement effectué à l’institut musical Tchaikovsky de Catanzaro

Lisa Houben sera l’invitée de Si La musique m’était contée avec Clémence Acar, Catherine Richarté et Fabrice Eboli lundi 20 octobre à 21 heures sur radio Zinzine : www.radiozinzineaix.org [5]

Le partenaire exclusif est Rmt News international de cette émission.

L’Ancêtre de Camille Saint Saëns (1906) (ÉDITIONS DURAND)

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Premier enregistrement mondial

Le Palazzetto Bru-Zane, centre de musique romantique française.

Voici le 44ème volume de cette magnifique collection consacrée aux chefs d’œuvre oubliés de notre patrimoine culturel musical romantique. Ces livres cd sont de véritables objets d’art uniques en notre temps. Des 44 volumes déjà parus, je citerai le Dante De Benjamin Godard, Herculanum de Félicien David, Fausto de Louise Bertin, Le mage de Jules Massenet, Dimitri de Victorin Joncières, La mort d’Abel de Rodolphe Kreutzer… Chaque redécouverte est un ravissement avec l’espoir enfoui de réentendre ses œuvres endormies sur les plus grandes lyriques nationales ou internationales. Installé à Venise dans un palais de 1695 restauré et inauguré en 2009 par la fondation Bru-Zane, le Palazzetto est un centre de musicologie majeur, défenseur fervent de l’esprit français entre 1780-1920 abordant tous les genres musicaux. Sous la houlette d’Alexandre Dratwicki, les œuvres sont rééditées puis jouées et enregistrées. On espère un jour redécouvrir la Salammbô et le Sigurd d’Ernest Reyer, le Jocelyn de Benjamin Godard, le Marouf d’Henri Rabaud….

L’Ancêtre de Camille Saint-Saëns

Le livret d’Augé de Lassus situe l’action en Corse au cœur d’une vendetta entre deux familles qui se haïssent les Fabiani et les Pietra Nera. Cet ouvrage épouse l’esprit français de l’époque friand du genre. Quelque part l’ultime ouvrage de Saint-Saëns  écrit pendant de longs mois en 1905 et créé à l’Opéra de Monte-Carlo s’inscrit dans la grande lignée du roman populaire d’Alexandre Dumas, de Paul Féval ou Ponson du Terail. Qui connaît ses romans de nos jours ? L’ouvrage est une commande du prince Albert 1er en 1905 et sera créé en février 1906 avec les fastes coutumières monégasques. Il sera joué plusieurs fois à Monaco, en Allemagne, en Tunisie, en Algérie connaissant des fortunes diverses.

Opéra mystérieux, l‘ancêtre bénéficie d’un savoir faire rare de la part d’un compositeur auteur de 13 ouvrages lyriques et véritable voyageur en son temps. Le Palazzetto Bru-Zane s’est lancé dans l’enregistrement intégral de ses ouvrages avec de belles réussites déjà : la princesse jaune, Déjanire, Phryné ou les Barbares. L’ancêtre constitue l’ultime opéra du compositeur. Ne tient-on pas là le Roméo et Juliette de Saint-Saëns après ceux de Mayr, Bellini, Vaccai, Dalayrac, Benda, Steibelt, Gounod…

L’Ancêtre possède une richesse d’écriture mélodique et harmonique de tous les instants.

On tient là un véritable chef d’œuvre qui mériterait de retrouver tous les publics du monde !

Ah si les directeurs de maisons lyriques pouvaient oublier leur frilosité, une reprise en version concertante s’impose.

Une Interprétation exemplaire

Saluons l’engagement de tous les instants tout d’abord du chef d’orchestre japonais Kazuki Yamada qui magnifie tous les détails et couleurs d’une partition d’une dramaturgie intense. L’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo s’impose comme l’une des meilleures phalanges orchestrales sur le plan international. Le chœur japonais excelle.

Parmi les solistes, on retient la très belle Nunciata de la mezzo-soprano et soprano lyrique dramatique américaine Jennifer Holloway qui vient de signer sa première Senta chez Naxos dans le vaisseau fantôme de Richard Wagner. La voix est somptueuse sur tout le spectre. À ses côtés, la mezzo-soprano Gaëlle Arquez est une Vanina  de luxe. Quelle leçon de chant ! Hélène Carpentier est une soprano qui se hisse au niveau de ses partenaires en Margarita.

Côté masculin, Julien Henric est un des ténors français les plus prometteurs de son temps. Il est un Tébaldo  extraordinaire. Pas étonnant qu’il triomphe en ce moment au Grand Théâtre de Genève dans Wagner. Tout y est. On reste subjugué par sa maîtrise, sa musicalité. Michael Arivony est un baryton malgache à suivre de près. Son Raphaël est une belle révélation. Matthieu Lécroart  est un baryton-basse que l’on connaît bien. Il est un Bursica sans reproche.

La diction des solistes comme des artistes choristes est exemplaire ! L’engagement de tous les artistes réunis pour cet enregistrement subjugue. Un pur enchantement !

Une seule question s’impose : à quand une reprise scénique ou en version concertante sur une scène nationale ou internationale ? Cet ultime opéra de Saint-Saëns le mérite plus que tout.

Serge Alexandre

Collection Bru Zane- Opéra Français

Palazzetto Bru Zane (www.bru-zane.com)

Avec : Jennifer Holloway, Gaëlle Arquez, Hélène Carpentier, Julien Henric, Michael Arivony, Matthieu Lecroart.

Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo et The Philharmonic Chorus de Tokyo sous la direction de Kazuki Yamada.

Alfonso Rendano: Piano Concerto

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World première recording

Avec Daniela Roma, piano ; Oldenburg State Orchestra; Vito Cristofaro, Conductor and piano. Cd Dynamic: www.dynamic.it [6]

Qui connaît de nos jours Alfonso Rendano (1853-1931)? Plus personne hélas ! Triste constat…

Un quasi parfait inconnu

Alfonso Rendano est né le 5 avril 1851 à Carolei, une petite ville près de Cozenza. Pianiste et compositeur italien, il débute ses études musicales à Naples avec Sigismund Thalberg puis les poursuit à Paris auprès de Rossini qui le recommande à Matthias, l’un des élèves favoris de Frédéric Chopin avant de les finir à Leipzig.  Franz Liszt l’invite trois mois à Weimar en 1880. La composition de ce concerto prendra trois ans de 1878 à 1881. Franz Liszt en deviendra un ardent défenseur.  Reconnu en son temps, Rendano laisse de nombreuses pièces pour piano, un quintette avec piano et l’opéra Consuelo inspiré d’une nouvelle de Georges Sand qui obtiendra un immense succès auprès des critiques et publics en Italie et Allemagne.

Une redécouverte majeure

La musique concertante pour piano italienne du 19ème siècle regorge de trésors rarement joués. Les deux concertos pour piano et orchestre de Giuseppe Martucci (1856-1909) ou celui de Giovanni Sgambati  (1841-1914) ont laissé des chefs d’œuvre du genre. Le concerto de Rendano s’inscrit dans cette lignée. Concerto ample et original, on est fasciné par la connaissance parfaite du compositeur de l’instrument. L’orchestration séduit dès la première écoute.  Elle est riche et on est surpris à chaque mesure. Elle s’inscrit dans la grande tradition de Joseph Joseph Raff réunissant école traditionnelle allemande et nouvelle école dont Liszt fût l’un des meilleurs représentants. Cette redécouverte subjuguera tous les amateurs du romantisme allemand et italien. Ce concerto dure plus de 40 minutes d’une intensité farouche. Composé en trois mouvements on est saisi par la beauté créative d’un concerto aux dimensions gigantesques à ranger près de ceux de Brahms ou celui de Joseph Rheinberger ou de Raff…

 

Une interprétation engagée

Enregistré sur deux journées au Oldenburg Staatstheater sur deux journées en live, ce chef d’œuvre endormi bénéficie d’une soliste italienne Daniela Roma, infatigable défenseuse de ce compositeur dont elle a enregistré l’ensemble de l’œuvre pour piano. Elle possède la technique nécessaire pour transcender ce concerto.  Elle fascine par sa sensibilité et ses qualités musicales développant une large palette sonore. Sous ses doigts, le piano chante. Cette artiste rare en France se produit sur les plus grandes scènes européennes et américaines. Elle réunit les qualités pianistiques d’un Sandro de Palma ou d’un Jorge Bolet. Deux pianistes en un !

À la tête de l’orchestre d’Oldenburg composé de 70 musiciens, le chef d’orchestre Vito Cristofaro met en valeur toute la palette de couleurs orchestrales. La richesse de l’écriture est magnifiée sous sa direction attentive et engagée. La prise de son est aérienne et met en valeur tous les pupitres de l’orchestre. Il fusionne avec sa soliste. On les retrouve tous les deux au piano pour un bel allegro pour deux pianos en la mineur qui complète merveilleusement cet enregistrement du label iconique italien.

Quel travail remarquable fait cette maison pour faire revivre tant d’œuvres endormies dans des bibliothèques injustement.

Chef d’œuvre absolu ! On comprend mieux l’engagement de Franz Liszt pour défendre ce concerto… Sublime !

Serge Alexandre

Enregistrement sorti en octobre 2025.

Pour découvrir les œuvres pour piano seul de Rendano, je recommande l’enregistrement de Daniela Roma chez Phoenix. Son quintette pour piano a fait l’objet d’un bel enregistrement avec la même artiste chez Digressionne music. Son magnifique opéra Consuelo a fait l’objet d’un enregistrement probant chez Bongiovanni.

Alexey Shor (B.1970) Composer’s Notebook.5

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Le label Naxos est une véritable encyclopédie musicale nous permettant de découvrir de nouveaux continents musicaux.  Parmi les compositeurs les plus joués de notre temps sur toutes les grandes scènes internationales, le compositeur Alexey Shor ukrainien connaît cette joie.

Ce cinquième volume des œuvres pour violon et orchestre est une véritable surprise. Voilà un nouveau répertoire qui s’impose à tous les violonistes, mélomanes et néophytes ! Sa musique est limpide d’inspiration néo classique voir minimaliste par instants. Le compositeur met en lumières toutes les richesses d’un violon. L’inspiration mélodique nous subjugue. Il est  un peu à la musique ce qu’est la source de la fontaine du Vaucluse à notre belle région. Sa créativité est de tous les instants nous embarquant vers des contrées mystérieuses. Alexey Shor a fui l’Union soviétique pour étudier les mathématiques  aux Usa. Il vit régulièrement à New-York.

Le premier concerto permet de mettre en valeur les qualités musicales du violoniste ukrainien Valeriy Sokolov, vainqueur de la prestigieuse compétition Georges Enescu. « Seascape » est un clin d’œil habile à la Mer de Claude Debussy ou les tableaux maritimes de Sir Edward Elgar ou les océanides de Jean Sibelius.

Le deuxième concerto « Phantasms » dégage une nostalgie au caractère élégiaque qui nous bouleverse. Il nous plonge dans les mythes grecs et romains. On est là tout proche de certaines origines de la musique occidentale. Le violoniste sud coréen Nurie Shung lauréat de nombreux concours dès l’âge de 16 ans interpelle par la qualité de son jeu.

Le cinquième Concerto en ut mineur composé en pleine pandémie de covid 19 est à la musique ce qu’est le pas suspendu de la cigogne au cinéma de Théo Angelopoulos.  Méditation et réflexion caractérisent ce concerto qui demande au soliste une virtuosité âpre et sans concession possible. Le violoniste Belge bien connu du Festival de Verbier en Suisse Marc Bouchkov en est l’interprète parfait.

Les virtuoses de Kyiv sont portés par les directions passionnées et précises successivement de Dmitri Yablonsky, violoncelliste et chef d’orchestre russe ; de Sergey  Smbatyan, chef arménien de tout premier plan et john Warner, jeune chef anglais à suivre dans les années à venir.

Cet enregistrement qui est sorti en septembre 2025 est un hymne à la vie, à la beauté et à la paix. La musique est bien un langage poétique universel. Un torrent d’émotions.

 À découvrir !

Serge Alexandre.

 

Alexey Shor (B.1970) Composer’s Notebook.5

World Premiere Recordings

Violin concerto N°1 « Seascapes » ( 2014, Arr 2015)

Violin Concerto N°2 «  Phantasms » ( 2018,arr 2020)

Violin concerto N°5 ( 2021, arr 2021)

Avec Valeriy Sokolov, Nurie Chung, Marc Bouchkov, Violin et Kyiv Virtuosi dirigés par Dmitri Yablonsky, Sergey Smbatyan, John Warner

Label Naxos 2025 : www.naxos.com [7]

Gracias a la vida !

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 Un bonbon musical à déguster sans hésitation !

C’est le premier enregistrement d’une jeune mezzo-soprano  française qui a fait ses études au CNSMDL, lauréate du studio de l’Opéra National de Lyon et artiste associée à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth.

Ce récital est un véritable coup de cœur qui bouleversera le cœur des mélomanes et de tous les publics. C’est le disque à avoir chez soi et à écouter en boucle pour vous donner force et dessiner de beaux sourires aux âmes.

 

Gracias à la vida est une invitation au voyage fusionnant mélodies populaires et classiques explorant de nouvelles contrées musicales. On y entend Richard Strauss, Eduard Toldra, Cécile Chaminade, Manuel de Falla,  Pauline Viardot, Mozart, Gernonimo Gimenez, Gabriel Fauré, Jacques Brel, Michel Polnareff, Maurice Ravel, Leonard Bernstein, Francis Poulenc, Olivier Messiaen, Georges Bizet, Erik Satie, Xavier Montsalvage, Violeta Parra…

Chaque mélodie est totalement incarnée. On est envoûté dès la première écoute. La voix est pure, large et puissante. La diction est parfaite. On déguste chaque mot comme une caresse poétique. Quel charisme possède cette jeune aristé ! Ce n’est pas un coup de cœur mais un coup de foudre. La délicatesse de la ligne de chant est un océan de bonheur ! Cette jeune mezzo-soprano est à suivre. Parmi ses projets, elle se produira prochainement à Madrid, Royal Opéra de Wallonie à Liège, à Toulon, Saint-Etienne, Rouen ainsi qu’à l’Opéra National du capitole de Toulouse… Courez y !

Quelle association délicieuse pour ce récital avec un pianiste à la musicalité délicate, Federico Tibone qui est aussi chef d’orchestre et coach vocal italien et la guitare sobre et enivrante par instant de Pierre Laniau qui est aussi plasticien. Les arrangements sont une pure merveille.

Ce récital bénéficie d’arrangements délicieux. La prise de son est une leçon qui touche à la perfection. Ce premier récital est un hommage à ces disques d’antan où de jeunes artistes choisissaient leur répertoire pour un premier enregistrement. Un portrait d’une beauté diaphane !

Un récital à programmer dans toutes les salles ici ou là… Sur les places… Lorsque la mélodie populaire épouse la mélodie classique. Il reste à inventer les mots… J’en ai la chair de poule… Un hymne à la vie et à la poésie ! Gracias à la vida… Serge Alexandre

Compositeurs, compositrices divers de Leonard Bernstein à Tomas Mendez…

Avec Anne-lise Polchlopek, Mezzo-soprano ; Federico Tibone, piano ; Pierre Laniau, guitare.

Cd Fuga Libera. Outthere Music France. 2025.

Une belle redécouverte de Max Bruch !

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Le nom de Max Bruch (1838-1920) survit encore grâce à ces œuvres pour violon et orchestre dont son premier concerto pour violon et orchestre.

 Pourtant il laisse une œuvre immense dans tous les domaines musicaux. Il s’inscrit dans la lignée des Bach, de Mendelssohn, de Raff ou Robert Schumann.

Ce monumental oratorio biblique s’inscrit dans la droite lignée d’œuvres similaires de Raff ou Mendelssohn ou Reinthaler. Max Bruch débute la composition en 1894. Il dirigera la création en 1895 à Barmen.  On tient là un chef d’œuvre oublié du genre.

L’écriture pour les chœurs est d’une habilité absolue. L’œuvre est bouleversante.

Cette redécouverte bénéficie d’une distribution sans faille.

Le Moïse de Michael Volle préfigure le Wotan ou le hollander de Richard Wagner. Il possède la noirceur requise pour le rôle du prophète. Il est une basse allemande d’une musicalité exemplaire et nous bouverse dans la mort de Moïse au Mont Nebo.

 Le ténor américain Robert Gambill au timbre solaire et s’inscrivant dans la lignée d’un Peter Schreier ou Jonas Kaufmann est fascinant en Aaron.

 La soprano australienne Elizabeth Whitehouse  est très peu connue sous nos cieux. Son ange est sublime. La voix est d’une pureté rare épousant une musicalité précieuse.

Claus Peter Flor est l’un des grands chefs allemands de notre temps s’inscrivant dans la tradition d’un Rafael Kubelik ou d’un Christoph von Donhanyi qui vient de disparaître récemment.

Sa lecture de cet oratorio endormi est fascinante. Son investissement est de tous les instants et transcendent les forces orchestrales et chorales de Bamberg. Il rend entièrement justice à cette redécouverte.

Juste un ravissement !

À quand un nouvel enregistrement de l’Odyssée de ce compositeur jadis enregistré chez koch Schwann , enregistrement devenu quasi introuvable ?

L’odyssée demeure l’une des œuvres majeures du 19ème siècle allemand. Les curieux pourront se pencher sur les trois opéras de Max Bruch dont il existe un bel enregistrement fort dynamique chez le label Cpo de Die Loreley.

À découvrir absolument !

Serge Alexandre

Oratorio Moïse, opus 67

Avec Elizabeth Whitehouse, L’ange du seigneur ; Robert Gambill, Aaron ;Michael Volle, Moïse.

Chœur et orchestre symphonique de Bamberg sous la direction de Claus-Peter Flor.

Double cd Orfeo. https://www.orfeo-international.de/pages/new_176_e.html [8]