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JENIA SAI – Graphiste

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Au gré des contes, que jaillisse la lumière ! 

 Dans un monde de technologie et de rapidité, un monde où l’image et la narration sont souvent réduites à des pixels éphémères, Jenia Saï, graphiste d’exception, émerge comme une figure singulière et puissance. L’artiste traduit en lumière, dans une fusion délicate d’émotions, des récits oubliés.

Le sublime caché dans les ombres

Son univers artistique est fascinant : elle crée des œuvres qui transcendent le simple dessin ! chaque trait esquissé invite à une redécouverte du sublime caché dans les ombres. Biélorusse de naissance installée à Marseille, elle utilise des traits de craie blanche sur fond noir pour donner vie à des contes qui ont bercé son enfance. A travers des illustrations épurées, mais chargées de sens, Jenia invite les spectateurs dans un voyage où la nostalgie, la lumière et les ombres se mélangent.

Véritable danse de traits harmonieux et fluide, le style de l’artiste, unique, mélange fascinant de réalisme et de fantastique, témoigne d’une recherche inlassable de perfection, conjuguant simplicité et profondeur. La maitrise parfaite du trait, la composition dynamique, l’attention particulière aux détails, captivent le regard.

Jenia Saï ne traduit pas les contes, elle raconte leur impact émotionnel. En les admirant, on se laisse emporter dans nos propres souvenirs d’enfance et dans la réflexion de nos vies en devenir.

 Que jaillisse la lumière

Jenia Saï a toujours été fascinée par les contes et les légendes qui ont inondé son enfance. Ces histoires, souvent transmises oralement, ont façonné son imagination et ont inspiré son art. Sa technique unique, craie blanche sur papier noir, est une métaphore puissante : la lumière qui émane des illustrations illumine l’obscurité tout en symbolisant l’espoir, la découverte et la connaissance qui proviennent des récits qu’elle réinterprète.

Une passerelle vers un monde fantastique

Le trait se veut à la fois délicat et audacieux. Les lignes fluides disent des histoires sans avoir besoin de mots et chaque illustration devient une passerelle vers un monde fantastique. Elle engage le regard du spectateur, l’invite à entrer dans cet univers poétique où lumière et ombre ont leur propre voix.

Un univers poétique

Jenia puise son inspiration dans les contes, notamment trois contes emblématiques : ‘Le Petit Chaperon Rouge’ de Charles Perrault, ‘Baba Yaga’, figure emblématique du folklore slave et ‘Alice au pays des merveilles’ de Lewis Carrol. Chacune de ces histoires aborde les thèmes universels de la peur, du courage, de la curiosité et de la quête identitaire.

‘Le Petit Chaperon Rouge’, une réflexion sur la société

Nous connaissons tous ce conte. Ecrit au XVe siècle par Charles Perrault, il raconte l’histoire d’une petite fille qui, en se rendant chez sa grand-mère, rencontre un loup rusé. La métaphore du loup représente le danger qui rôde en dehors de notre confort. Le conte évoque l’innocence mais aussi les dangers de naître femme dans une société qui dévore sa jeunesse.

Dans ses illustrations, Jenia réinvente le récit en mettant en valeur non seulement la naïveté de l’enfant, mais également la menace omniprésente des adultes, invitant à une réflexion sur la vulnérabilité et la maturité.

Un repère, une lumière de vie

La couleur rouge du chaperon, vibrante de vie, devient la couleur de l’espoir et du défi, deux sentiments qui résonnent particulièrement dans notre époque actuelle.

Ce graphisme rappelle étrangement la petite fille au manteau rouge qui marche dans le ghetto de Varsovie, sombre, en cours d’extermination.

Le point rouge dans le film ‘La liste de Schindler’ et dans l’œuvre de Jenia Saïs, ce point rouge est une réminiscence, un repère, une lumière de vie, un renouveau qu’il faut sauver à tout prix.

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‘Baba Yaga’, une métaphore explicite

Ce conte provient de la tradition slavo-russe et met en avant une sorcière, souvent décrite comme terrifiante. Baba Yaga représente l’instinct sauvage et primal et les défis qu’il nous faut surmonter pour atteindre la sagesse. Mais elle est bien plus qu’une simple sorcière. Elle représente le mystère et la sagesse des anciens, une créature qui soulève la question du rapport à la nature et aux croyances ancestrales. Jenia puise dans cette figure mythique pour explorer les peurs modernes et offrir une redécouverte de la force féminine.

Peut-être est-ce également, par ses racines biélorusses, le conte qui touche le plus l’artiste. Baba Yaga, l’ogresse, aime manger les enfants mais ils sont malicieux et lui échappent. Une métaphore qui ne peut être anodine…

‘Alice au Pays des Merveilles’, un monde onirique

Publié en 1865 par Lewis Caroll, l’histoire d’Alice est une exploration des absurdités de la vie adulte à travers le regard d’une jeune fille. Les thèmes de la curiosité, des rêves et des réalités déformées trouvent un écho particulier dans les œuvres de Jenia. Ses illustrations projettent Alice dans un monde empreint de mystère où chaque personnage incarne les traits de personnalité exagérés qui rappellent les dilemmes et les joies de l’enfance. La dualité du noir et du blanc dans ses dessins évoque le contraste entre la réalité rigide et le monde onirique, invitant chacun à une réflexion instinctive sur sa propre enfance.

Un miroir pour les nouvelles générations

Le choix des contes par Jenia n’est pas anodin. Chacun porte en lui une richesse symbolique qui va bien au-delà de la simple narration. Quand ‘le Petit Chaperon Rouge’ aborde la perte de l’innocence, ‘Baba Yaga’ soulève des questions de sagesse et de connaissance, tandis qu’’Alice au pays des merveilles’ offre une réflexion sur l’identité et l’imagination. Tout en divertissant, ces contes jouent un rôle pédagogique et social fondamental. Ils apprennent aux enfants à naviguer dans les complexités de la vie. Au travers des épreuves que vivent leurs personnages, les jeunes lecteurs sont encouragés à développer des valeurs comme le courage, l’empathie et la résilience.

Jenia, par son art, contribue à renouveler cet héritage culturel et éducatif en faisant vivre ces histoires à une nouvelle génération et en leur offrant un miroir pour explorer leurs propres émotions et défis.

Renouer avec l’authenticité

Les contes, bien que souvent perçus comme de simples histoires pour enfants, ont une signification sociale profonde. En abordant des thèmes universels, ils interrogent la moralité, les stéréotypes et les structures sociales. Jenia Saï engage le public à réfléchir sur la société moderne. Dans un monde saturé d’images numériques, son retour à des techniques traditionnelles révèle une intention de renouer avec l’authenticité et la profondeur des récits humains.

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Un cri de la mémoire

Pour cette artiste, loin de son pays natal, ses œuvres prennent une dimension encore plus personnelle. Elle utilise la création comme moyen d’évasion, un répit aux tumultes du monde. Chaque trait de craie blanche sur le papier noir peut être perçu comme un cri de la mémoire, une recherche de sens dans un monde complexe.

Un pont entre passé et présent

Nostalgie ou exutoire, l’art de Jenia reflète aussi un désir de réconciliation avec son identité. En choisissant de représenter les contes de son enfant tout en vivant en France, elle construit des ponts entre son passé et son présent. Son art agit comme catharsis. Tout en partageant son héritage culturel, elle garde vivante ses racines biélorusses.

Beauté et Délicatesse

Jenia Saï incarne une nouvelle génération d’artistes qui mêlent leur histoire personnelle à leur art, créant ainsi des œuvres qui résonnent à la fois avec leur vécu et avec la société contemporaine. So parcours illustre ce que signifie être une artiste engagée dans une dynamique interculturelle, utilisant la beauté et la délicatesse de son art pour aborder des réalités complexes.

Un graphisme à l’élégance absolue

L’œuvre de Jenia Saï est un véritable voyage à travers l’enfance, entre passé, présent et futur. Ses ‘récits’ intemporels allient culture, mémoire, émotion à partir d’un graphisme à l’élégance absolue. Ils continuent ainsi à façonner notre imaginaire et notre perception du monde.

Jenia Saï incarne l’idée que, même dans les périodes les plus sombres, l’imagination et la créativité peuvent briller, transformant les ombres en éclats de lumière. Elle nous rappelle que, même dans l’obscurité, la lumière peut toujours se révéler, offrant espoir et inspiration. Son travail ne se limite pas à la seule illustration. Dans ce voyage entre ombres et lueurs, l’artiste redéfinie ce que signifie être un conteur dans un monde globalisé. Son œuvre est un miroir pour une société en quête de sens, un rappel de la beauté des récits qui façonnent notre humanité.

Si Jenia Saï a choisi les contes pour illustrer ses œuvres, elle crie à travers elles sa tendresse, son attachement au pays natal, mais surtout son amour de la liberté.

La douce et talentueuse Jenia Saï est également tatoueuse. Vous pouvez la retrouver dans son salon, le Tattoo art club, au 51 rue Edmond Rostand – 13006 MARSEILLE où plusieurs de ses œuvres sont exposées. Et, si le cœur vous en dit, livrer une partie de votre corps aux mains expertes de cette artiste d’exception. C’est une œuvre d’art que vous emporterez avec vous !

Danielle Dufour-Verna

L’Ancêtre de Camille Saint Saëns (1906) (ÉDITIONS DURAND)

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Premier enregistrement mondial

Le Palazzetto Bru-Zane, centre de musique romantique française.

Voici le 44ème volume de cette magnifique collection consacrée aux chefs d’œuvre oubliés de notre patrimoine culturel musical romantique. Ces livres cd sont de véritables objets d’art uniques en notre temps. Des 44 volumes déjà parus, je citerai le Dante De Benjamin Godard, Herculanum de Félicien David, Fausto de Louise Bertin, Le mage de Jules Massenet, Dimitri de Victorin Joncières, La mort d’Abel de Rodolphe Kreutzer… Chaque redécouverte est un ravissement avec l’espoir enfoui de réentendre ses œuvres endormies sur les plus grandes lyriques nationales ou internationales. Installé à Venise dans un palais de 1695 restauré et inauguré en 2009 par la fondation Bru-Zane, le Palazzetto est un centre de musicologie majeur, défenseur fervent de l’esprit français entre 1780-1920 abordant tous les genres musicaux. Sous la houlette d’Alexandre Dratwicki, les œuvres sont rééditées puis jouées et enregistrées. On espère un jour redécouvrir la Salammbô et le Sigurd d’Ernest Reyer, le Jocelyn de Benjamin Godard, le Marouf d’Henri Rabaud….

L’Ancêtre de Camille Saint-Saëns

Le livret d’Augé de Lassus situe l’action en Corse au cœur d’une vendetta entre deux familles qui se haïssent les Fabiani et les Pietra Nera. Cet ouvrage épouse l’esprit français de l’époque friand du genre. Quelque part l’ultime ouvrage de Saint-Saëns  écrit pendant de longs mois en 1905 et créé à l’Opéra de Monte-Carlo s’inscrit dans la grande lignée du roman populaire d’Alexandre Dumas, de Paul Féval ou Ponson du Terail. Qui connaît ses romans de nos jours ? L’ouvrage est une commande du prince Albert 1er en 1905 et sera créé en février 1906 avec les fastes coutumières monégasques. Il sera joué plusieurs fois à Monaco, en Allemagne, en Tunisie, en Algérie connaissant des fortunes diverses.

Opéra mystérieux, l‘ancêtre bénéficie d’un savoir faire rare de la part d’un compositeur auteur de 13 ouvrages lyriques et véritable voyageur en son temps. Le Palazzetto Bru-Zane s’est lancé dans l’enregistrement intégral de ses ouvrages avec de belles réussites déjà : la princesse jaune, Déjanire, Phryné ou les Barbares. L’ancêtre constitue l’ultime opéra du compositeur. Ne tient-on pas là le Roméo et Juliette de Saint-Saëns après ceux de Mayr, Bellini, Vaccai, Dalayrac, Benda, Steibelt, Gounod…

L’Ancêtre possède une richesse d’écriture mélodique et harmonique de tous les instants.

On tient là un véritable chef d’œuvre qui mériterait de retrouver tous les publics du monde !

Ah si les directeurs de maisons lyriques pouvaient oublier leur frilosité, une reprise en version concertante s’impose.

Une Interprétation exemplaire

Saluons l’engagement de tous les instants tout d’abord du chef d’orchestre japonais Kazuki Yamada qui magnifie tous les détails et couleurs d’une partition d’une dramaturgie intense. L’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo s’impose comme l’une des meilleures phalanges orchestrales sur le plan international. Le chœur japonais excelle.

Parmi les solistes, on retient la très belle Nunciata de la mezzo-soprano et soprano lyrique dramatique américaine Jennifer Holloway qui vient de signer sa première Senta chez Naxos dans le vaisseau fantôme de Richard Wagner. La voix est somptueuse sur tout le spectre. À ses côtés, la mezzo-soprano Gaëlle Arquez est une Vanina  de luxe. Quelle leçon de chant ! Hélène Carpentier est une soprano qui se hisse au niveau de ses partenaires en Margarita.

Côté masculin, Julien Henric est un des ténors français les plus prometteurs de son temps. Il est un Tébaldo  extraordinaire. Pas étonnant qu’il triomphe en ce moment au Grand Théâtre de Genève dans Wagner. Tout y est. On reste subjugué par sa maîtrise, sa musicalité. Michael Arivony est un baryton malgache à suivre de près. Son Raphaël est une belle révélation. Matthieu Lécroart  est un baryton-basse que l’on connaît bien. Il est un Bursica sans reproche.

La diction des solistes comme des artistes choristes est exemplaire ! L’engagement de tous les artistes réunis pour cet enregistrement subjugue. Un pur enchantement !

Une seule question s’impose : à quand une reprise scénique ou en version concertante sur une scène nationale ou internationale ? Cet ultime opéra de Saint-Saëns le mérite plus que tout.

Serge Alexandre

Collection Bru Zane- Opéra Français

Palazzetto Bru Zane (www.bru-zane.com)

Avec : Jennifer Holloway, Gaëlle Arquez, Hélène Carpentier, Julien Henric, Michael Arivony, Matthieu Lecroart.

Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo et The Philharmonic Chorus de Tokyo sous la direction de Kazuki Yamada.

Alfonso Rendano: Piano Concerto

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World première recording

Avec Daniela Roma, piano ; Oldenburg State Orchestra; Vito Cristofaro, Conductor and piano. Cd Dynamic: www.dynamic.it [4]

Qui connaît de nos jours Alfonso Rendano (1853-1931)? Plus personne hélas ! Triste constat…

Un quasi parfait inconnu

Alfonso Rendano est né le 5 avril 1851 à Carolei, une petite ville près de Cozenza. Pianiste et compositeur italien, il débute ses études musicales à Naples avec Sigismund Thalberg puis les poursuit à Paris auprès de Rossini qui le recommande à Matthias, l’un des élèves favoris de Frédéric Chopin avant de les finir à Leipzig.  Franz Liszt l’invite trois mois à Weimar en 1880. La composition de ce concerto prendra trois ans de 1878 à 1881. Franz Liszt en deviendra un ardent défenseur.  Reconnu en son temps, Rendano laisse de nombreuses pièces pour piano, un quintette avec piano et l’opéra Consuelo inspiré d’une nouvelle de Georges Sand qui obtiendra un immense succès auprès des critiques et publics en Italie et Allemagne.

Une redécouverte majeure

La musique concertante pour piano italienne du 19ème siècle regorge de trésors rarement joués. Les deux concertos pour piano et orchestre de Giuseppe Martucci (1856-1909) ou celui de Giovanni Sgambati  (1841-1914) ont laissé des chefs d’œuvre du genre. Le concerto de Rendano s’inscrit dans cette lignée. Concerto ample et original, on est fasciné par la connaissance parfaite du compositeur de l’instrument. L’orchestration séduit dès la première écoute.  Elle est riche et on est surpris à chaque mesure. Elle s’inscrit dans la grande tradition de Joseph Joseph Raff réunissant école traditionnelle allemande et nouvelle école dont Liszt fût l’un des meilleurs représentants. Cette redécouverte subjuguera tous les amateurs du romantisme allemand et italien. Ce concerto dure plus de 40 minutes d’une intensité farouche. Composé en trois mouvements on est saisi par la beauté créative d’un concerto aux dimensions gigantesques à ranger près de ceux de Brahms ou celui de Joseph Rheinberger ou de Raff…

 

Une interprétation engagée

Enregistré sur deux journées au Oldenburg Staatstheater sur deux journées en live, ce chef d’œuvre endormi bénéficie d’une soliste italienne Daniela Roma, infatigable défenseuse de ce compositeur dont elle a enregistré l’ensemble de l’œuvre pour piano. Elle possède la technique nécessaire pour transcender ce concerto.  Elle fascine par sa sensibilité et ses qualités musicales développant une large palette sonore. Sous ses doigts, le piano chante. Cette artiste rare en France se produit sur les plus grandes scènes européennes et américaines. Elle réunit les qualités pianistiques d’un Sandro de Palma ou d’un Jorge Bolet. Deux pianistes en un !

À la tête de l’orchestre d’Oldenburg composé de 70 musiciens, le chef d’orchestre Vito Cristofaro met en valeur toute la palette de couleurs orchestrales. La richesse de l’écriture est magnifiée sous sa direction attentive et engagée. La prise de son est aérienne et met en valeur tous les pupitres de l’orchestre. Il fusionne avec sa soliste. On les retrouve tous les deux au piano pour un bel allegro pour deux pianos en la mineur qui complète merveilleusement cet enregistrement du label iconique italien.

Quel travail remarquable fait cette maison pour faire revivre tant d’œuvres endormies dans des bibliothèques injustement.

Chef d’œuvre absolu ! On comprend mieux l’engagement de Franz Liszt pour défendre ce concerto… Sublime !

Serge Alexandre

Enregistrement sorti en octobre 2025.

Pour découvrir les œuvres pour piano seul de Rendano, je recommande l’enregistrement de Daniela Roma chez Phoenix. Son quintette pour piano a fait l’objet d’un bel enregistrement avec la même artiste chez Digressionne music. Son magnifique opéra Consuelo a fait l’objet d’un enregistrement probant chez Bongiovanni.

Les Voix des Suds résonnent à l’abbaye Saint-Victor

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L’abbaye Saint-Victor de Marseille, joyau architectural médiéval surplombant le Vieux-Port, vibre aux sons du festival “Voix des Suds” du 10 octobre au 21 novembre 2025. Pour sa deuxième édition, ce festival, organisé par l’association Les Amis de Saint-Victor (qui fête ses 60 ans!), offre un programme riche et varié, alliant théâtre, danse, musique classique et chants traditionnels, célébrant la voix sous toutes ses formes dans ce lieu historique classé Monument historique.

Du concert inaugural au concert de clôture, les mélomanes pourront apprécier un florilège d’œuvres et de styles musicaux dans l’acoustique exceptionnelle de la basilique supérieure et des cryptes, autrefois dédiée aux chants grégoriens des moines bénédictins.

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Un voyage musical à travers les cultures

Le festival propose un voyage musical captivant. Le concert inaugural, “Chanter l’amitié d’une rive à l’autre”, a lieu le vendredi 10 octobre à 20h30. Il réunit Françoise Atlan (chant, percussions), Frédéric Isoletta (piano), Mina Ghobrial (flûte) et Nidhal Jaoua (qanûn) pour un répertoire d’hymnes sacrés juifs, chrétiens et musulmans, soulignant l’universalité de la foi et de la musique.

Le spectacle original “Si Victor m’était conté” est proposé les samedi 11 octobre à 20h30 et dimanche 12 octobre à 17h puis le samedi 15 novembre à 20h30. Ecrit par Claire Reggio et mis en scène par Frank Gétreau, il présente une reconstitution historique ludique et émouvante de l’histoire millénaire de l’abbaye, mêlant théâtre, musique et danse. L’opéra “Suor Angelica” de Puccini, jamais monté à Marseille, est interprété le dimanche 26 octobre à 17h30, par des voix féminines, plongeant le public dans un drame intense et poignant.

Le public peut également savourer “Ciao Bella” le samedi 8 novembre à 20h30, un concert de musique traditionnelle sicilienne interprété par Angelo Citriniti (ténor), Danilo de Luca (flûte) et Arthur Dente (guitare), un voyage musical au cœur de l’identité sicilienne. “Folks in the Crypt” le dimanche 9 novembre à 17h, offre une incursion dans le genre “Barbershop” américain, avec le Chœur Phocéen dirigé par Servane Lombard, une expérience musicale inattendue dans le cadre intimiste des cryptes.

Enfin, la lecture musicale du “Cantique des Cantiques” le dimanche 16 novembre à 17h, avec Mathilde Giraud (harpe), Juliette Doste (récitante) et Yoan Cellier (danseur), propose une interprétation poétique et sensuelle de ce chant biblique.

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Clôture en apothéose

Le festival se conclut en beauté avec “La Petite Messe Solennelle” de Rossini le vendredi 21 novembre à 20h30, interprétée par les Chœurs de Provence, sous la direction de Gallian Ressort, et l’orchestre Philéor. Cette œuvre majeure de la musique sacrée se veut être un moment de recueillement et d’émotion intense, marquant la célébration des 45 ans des Chœurs de Provence.

Au-delà de la musique : un engagement pour le patrimoine

Le festival “Voix des Suds” est bien plus qu’un simple événement musical. Il est le fruit d’un engagement fort de l’association Les Amis de Saint-Victor pour la préservation et le rayonnement du patrimoine de l’abbaye. Une exposition, “Mes amis, mes amours… 60 ans déjà !”, présente l’histoire de l’association et son action depuis sa création en 1965 avec des photographies du fonds Detaille.

Grâce à la vision artistique d’André Gabriel, directeur artistique et musical du festival, et à l’engagement de Claire Reggio, présidente de l’association, “Voix des Suds” s’impose comme un rendez-vous incontournable de la scène culturelle marseillaise, proposant des spectacles de qualité, accessibles à tous, et célébrant la richesse et la diversité des cultures sudistes : de l’Irlande du Sud à la Corée du Sud, en passant par la Méditerranée du Sud des Balkans. DVDM

Infos pratiques 

Abbaye de Saint Victor, 2 pl St Victor, 7ème. Tarifs : 15/22€

Programmation culturelle et musicale – Amis de Saint-Victor | Amis de Saint-Victor [7]

 

LA FIESTA DES SUDS 2025 : QUATRE JOURS D’IVRESSE MUSICALE ET DE FRATERNITÉ SUR L’ESPLANADE DU J4

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Du 9 au 12 octobre 2025, la 34ème édition de la Fiesta des Suds revient illuminer Marseille.

Face à la mer, sur l’emblématique Esplanade Gisèle Halimi (J4), 7 promenade R. Laffont, 2ème, l’événement marseillais promet une nouvelle fois un voyage sonore planétaire, brassant les corps et les âmes dans une célébration des sens. Sous le thème « En corps accords à la vie ! À l’amor ! », le festival perpétue son rôle de repère culturel fédérateur, accueillant des icônes mondiales et des talents émergents dans un esprit de diversité, d’inclusion et d’engagement.

Un Festival Ancré dans les Valeurs Méditerranéennes

Organisée par l’association Latinissimo et soutenue par le Département des Bouches-du-Rhône et la Ville de Marseille, cette nouvelle édition s’impose comme un temps fort d’utilité publique. Le Département voit dans cet événement le “miroir de nos valeurs méditerranéennes d’ouverture et de partage”, tandis que la Mairie souligne son caractère “vivant, populaire, éclectique, uni dans sa diversité”.

Pour un monde plus durable, plus équitable, plus juste

La Fiesta des Suds 2025 se veut plus que jamais responsable : elle renforce ses engagements RSO, écologiques (zéro plastique, énergie verte via Enercoop, souci de l’empreinte carbone) et sociaux (lutte contre les violences sexistes et sexuelles, accueil PMR renforcé). « L’an passé, 66 000 mégots ont été revalorisés et cette année, les propositions en restauration seront sans viande » précise la directrice de la Fiesta, Nathalie Solia.

Bia Feirrera ©Federico Conceptual

Notre sélection

La programmation mélange les générations et les continents, célébrant des genres aussi variés que l’Electro-Pop, le Trip-Hop, le Hip-Hop, le Reggae, le Baile, le Zouk ou le Néo-Perreo sur les 4 scènes de la fiesta : Mer pour les têtes d’affiche, Major plus cosy pour les talents émergents, Etoile plus intergénérationnelle et la bodega plus décalée.

« Cette année, nous allons parler d’amour. On veut transmettre de l’émotion et de la joie au public. Comme le dit Nick Cave, le live peut changer la façon dont on voit le monde » précise Frédéric André, programmateur du festival. « On réfléchit à comment interagir pour un monde plus inclusif. La fiesta est un festival exigeant et populaire, généraliste et audacieux. Nous accordons une place très importante aux femmes dans la programmation » rajoute-t ’il.

La première soirée, placée sous le signe du Trip-Hop, Electro-Funk et Soul, est marquée par des atmosphères sensuelles et engagées avec MORCHEEBA, “joyau éternel de la famille royale du trip-hop” et son son downtempo, sophistiqué et intemporel ; BIA FERREIRA, activiste brésilienne, guitariste et chanteuse LGBTQIA+, mêlant afrobeat, blues, samba et pagodão bahianais ; UZI FREYJA, l’arme fatale du hip-hop et de l’électro-punk attitude ou encore LIQUID JANE, artiste nu-soul aux ballades intimistes et chansons habitées, sur des rythmiques soul et grooves enveloppants (talent RIFFX).

KEZIAH JONES @Hiba Baddou

Du Rap Conscient aux Hybridations Latines, la deuxième soirée met en avant le rap et les métissages sonores avec KEZIAH JONES, YOUSSOUPHA, le “vieux sage du hip-hop français”, LA CHICA, artiste plurielle qui relie le folklore latino à l’électro-pop aux envolées célestes ou encore WANDA WITT, porte-flambeau du néo-perreo avec un mélange de baile funk et de reggaeton.

La dernière soirée, oscillant entre Zouk et Reggae Majeurs, est dominée par les sons des Caraïbes et de la Jamaïque, avec KASSAV’, le retour légendaire du combo iconique pour célébrer le zouk caniculaire ; GROUNDATION, le combo phare du reggae-roots-jazz californien ou encore ALO WALA, rappeuse indo-américaine aux grooves hip hop et rythmes tropicaux, expérimentant un global rap épicé d’hindi ou bengali.

Fiesta du Dimanche : La Cité des Minots Invite Marcela

C’est une journée gratuite sous le soleil de l’été indien, axée sur les familles et la convivialité, avec ateliers, pétanque, battle de hip hop, ludothèque, concerts, bal populaire, sardinade et visite du grand port en bateau.

La cité des Minots, au cœur de la Fiesta du Dimanche, une “véritable aventure humaine et musicale de transmission”.  La création proposée évoque l’exil et le déracinement à travers une ferveur festive mêlée de douceur mélancolique slave.

Elle est issue de la rencontre entre 250 minots marseillais et l’artiste Marcela Cisarova, artiste rom, chanteuse et danseuse, désignée “Griot de l’année”. Cette dernière porte un répertoire tzigane à la fois patrimonial et réinventé.

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FIESTA DIMANCHE ©Erioto

Tous les soirs à la Bodega

Créée en hommage à Bernard Aubert, créateur de la Fiesta, elle est le lieu mythique des nuits enfiévrées du festival, une “véritable caisse de résonance de toutes les danses”, accueillant aficionados et novices du dancefloor.

Elle se déroule tous les soirs sur l’Esplanade J4, de 19h à 2h00 avec une Battle Batucada opposant La batucada BLOCO da LILI, dirigée par Mestra Lili Nascimento, et la fanfare bien connue du festival, La Banda du Dock (jeudi) ou encore une initiation Zouk par le Mois Kréyol, tour de chauffe avant le concert de Kassav‘ (samedi).

Rencontre inspirante au Mucem

Une Table ronde sur les femmes des Suds et l’engagement, avec Jocelyne Béroard (artiste emblématique et membre du groupe Kassav’) et Bamby (ambassadrice du Dancehall Guyanais), met en lumière des figures féminines marquantes de la scène musicale et de l’engagement sociétal à 17h le samedi 11 Octobre à l’Auditorium du MUCEM.

“Artistes inspirantes et femmes de combats”, les intervenantes incarnent l’acceptation des différences, l’héritage de l’exil, et le partage des luttes, tissant des identités plurielles. L’objectif est de proposer une “ode aux femmes debout” à travers des récits qui racontent le monde d’aujourd’hui.

In fine

La Fiesta des Suds se révèle être bien plus qu’un simple festival de musique : c’est une plateforme de convergence culturelle, d’engagement social et de célébration des métissages sonores assurant chaque soir une ambiance différente. Tous les micro-événements du festival participent à cette dynamique en offrant des moments d’initiation, de partage et de transmission afin, via la puissance fédératrice de la musique, de créer des ponts entre les générations, les continents et les causes.

DVDM et Paola Lentini

Photo de une : Jean de Peña

INFOS PRATIQUES

Lieu : Esplanade J4 – Gisèle Halimi, Promenade Robert Laffont, 13002 Marseille.

Horaires : Ouverture des portes 19h les soirs de semaine ; Ouverture 12h le dimanche.

Billetterie : Pass 1 soir : À partir de 25€.

Des offres spécifiques sont disponibles pour les jeunes, étudiant·es, demandeur·euses d’emplois et bénéficiaires des minima sociaux, ainsi que via le Pass Culture.

Accès et Mobilité :

Transports : Extension des horaires des transports en commun et des navettes vers Aix-en-Provence sont prévues.

Vélos : Parking à vélo gratuit et sécurisé disponible.

Covoiturage : Plateforme dédiée en partenariat avec Karos.

Parkings payants : Indigo Vieux Port Mucem ou Terrasses du Port (offre spéciale en réservant sur le site internet du festival).

Accessibilité PMR / PSH :
Un dispositif d’accueil personnalisé est mis en place : parking dédié, file prioritaire, plateformes surélevées réservées sur tout le site. La personne accompagnante bénéficie de la gratuité. Réservations et informations via inclusion@fiestadessuds.com [9].

Plus d’informations : www.fiestadessuds.com [10]

Anton Zvir: Une palette en mouvement

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Ballet des Couleurs et des Formes

Anton Zvir est un artiste peintre contemporain dont le pinceau danse sur la toile. A la fois professeur de Pilates à l’école Nationale de Marseille et tatoueur, cet ancien danseur révèle dans ses œuvres la vibration de l’Art sous toutes ses formes.

Le Ballet National de Marseille

Né en Biélorussie dans une famille d’artistes, Anton est très vite attiré par le dessin auprès d’un grand-père qui, pour se relaxer après le travail, fait du collage sur toile. Mais, ses parents étant danseurs professionnels, c’est vers la danse que le petit Anton se tourne. Son talent l’a rapidement propulsé sur la scène internationale. Chaque étape de son parcours a influencé son approche artistique. Du Bolchoï de Minsk, au Ballet National de Marseille, en passant par Lyon, Bordeaux et Turin, c’est un joli saut ‘de l’ange’. La carrière de danseur est ardue mais elle remplit sa vie. A Marseille, durant les 14 années passées au sein du Ballet National, il enchaine les représentations dans des lieux prestigieux. C’est au sein de ce même Ballet qu’Anton Zvir enseigne aujourd’hui et transmet sa passion.

L’Art de la peinture : une émotion à fleur de peau

Chaque étape du parcours d’Anton a influencé son approche artistique. La danse, avec sa fluidité et sa capacité à exprimer des émotions complexes à travers le mouvement, laisse une empreinte indélébile sur ses créations picturales. L’esprit de la danse demeure indissociable de l’art qu’il crée.

La transition d’Anton Zvir vers la peinture a été naturelle. Les couleurs qu’il choisit, principalement le rouge et le noir, évoquent des émotions profondes et intenses. Le rouge, synonyme de passion, de colère ou d’amour, se marie parfaitement avec le noir qui peut représenter le mystère, la solitude ou la douleur. Ensemble ces deux couleurs créent une tension visuelle, une danse de contrastes qui captive le spectateur et le questionne. Les petites touches de rouge qui strient ses toiles évoquent des éclats de passion, tandis que les nuances de noir apportent une profondeur indéfinissable.

Chaque toile transporte le spectateur dans un monde où les sentiments sont exaltés.  L’artiste laisse le champ libre au spectateur. A lui de trouver des réponses à son ressenti.

Lorsqu’on observe ses œuvres, on ressent un mélange d’énergie et de mélancolie. En fait, Anton nous avoue qu’il ne peint qu’en automne et en hiver, des saisons où il se sent en communion avec la toile. Dans son travail, les aplats de rouge attirent l’œil tandis que le noir, souvent utilisé pour créer des ombres ou des formes abstraites, évoque une profondeur émotionnelle. Zvir parvient à capturer des sentiments paradoxaux, faisant écho à sa propre expérience de la vie et de la danse.

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Un style unique – une chorégraphie de la toile

Le style du peintre est unique, évoluant d’une abstraction lyrique vers des compositions plus figuratives. Son approche de la peinture s’apparente à une chorégraphie : chaque coup de pinceau, chaque éclat de couleur, est minutieusement pensé et exécuté comme une danse. Cela se ressent particulièrement dans ses œuvres où le mouvement est presque tangible, encouragé par des gestes larges et dynamiques qui évoquent l’énergie de la performance.

En matière de composition, Zvir ne se limite pas à une simple disposition des éléments sur la toile. Il crée des rythmes visuels, utilisant l’espace et la couleur pour guider le regard du spectateur, un peu comme une chorégraphie qui scénarise le flux d’une danse. Ses œuvres deviennent des expériences sensorielles où le spectateur peut s’immerger et ressentir l’ambiance de la scène, tout en contemplant les émotions inhérentes à chaque tableau.

Une réflexion sur la société moderne

La peinture d’Anton Zvir invite à une réflexion sur la société moderne. Dans un monde souvent dominé par la rapidité et la superficialité, ses œuvres offrent une pose contemplative. Par le biais de son art, il soulève des questions sur la nature de l’authenticité, sur les relations humaines et l’importance de l’expression émotive dans notre quotidien.

Ses tableaux reflètent aussi une certaine vulnérabilité, mettant en lumière des sentiments souvent refoulés. Dans notre société où la performance et le paraître son valorisés, Anton rappelle l’importance de la sensibilité et de l’écoute intérieure. Son œuvre appelle à la connexion, non seulement avec l’art mais aussi avec soi-même et les autres.

Une prise de conscience et un voyage émotionnel

Les sentiments provoqués par les œuvres d’Anton Zvir sont variés et puissants. Chaque tableau est un voyage émotionnel mais aussi une prise de conscience car l’artiste parle de lui mais aussi de la vie qui nous entoure et qui ne va pas bien. Ce dialogue émotionnel permet aux spectateurs de projeter leur propres vécus, de s’identifier à l’œuvre et de réfléchir. Zvir parvient ainsi à créer un espace d’introspection où chacun peut trouver une pièce du puzzle de sa propre vie.

Un art en évolution

Anton Zvir, avec sa vie de danseur et son parcours en dessin et en peinture, continue de redéfinir ce que signifie être un artiste dans le monde contemporain. Ses choix de couleurs et son style affirment une vision personnelle de l’art, tout en nous invitant à réfléchir sur nos propres émotions. Chacune de ses œuvres témoigne d’une exploration continue de soi et des autres.

Avec une carrière encore en plein essor, Anton Zvir est une voix artistique à suivre, un créateur dont l’impact continuera de résonner dans le paysage artistique moderne. Sa capacité à transmettre des sentiments profonds et authentiques par le biais de la couleur et du mouvement fait de lui un artiste essentiel de notre époque. Il continuera sans aucun doute à inspirer et toucher ceux qui ont la chance de découvrir ses œuvres.

Une Galerie d’Art

Si Anton Zvir expose régulièrement dans différents lieux, c’est dans son local de tatoueur qu’il a aménagé une galerie et permet à des artistes d’accrocher leurs œuvres, offrant aux clients une expérience immersive. Ce mariage des disciplines permet à chaque œuvre de raconter, non seulement une histoire personnelle, mais également de capturer l’essence même de l’artiste. Vous pouvez l’y retrouver, à Marseille.

La création : une danse perpétuelle

Au-delà de la beauté esthétique, l’art d’Anton Zvir délivre un message profondément humain. Chaque œuvre est un cri du cœur, une invitation à se libérer de ses entraves et à embrasser sa véritable essence.

En fusionnant ses passions pour la danse, la peinture et le tatouage, Anton nous enseigne que l’art est un médium puissant, capable de relier les individus par-delà les barrières culturelles et les différences.

Anton Zvir, avec son style empreint de délicatesse et d’intemporalité, explore la texture humaine, un jeu de lumière et ombre. Les lignes fluides et les formes organiques, inspirées du mouvement dansé, traduisent une dynamique palpable, comme si la toile respirait au rythme de l’artiste.

Que ce soit sur la scène du Ballet, sur le plancher de son atelier ou au gré des tatouages qu’il réalise, Anton Zvir reste fidèle à un message : la création est une danse que chacun doit apprendre à mener.

Danielle Dufour-Verna

Anton Zvir Tattoo art club 51 rue Edmond Rostand – 13006 MARSEILLE

La Migraine des caryatides de Luca Lombardo

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Voilà un premier livre qui se savoure comme un film d’Amos Kollek, je pense à Sue perdue à Manhattan.  Un coup de cœur … Un ouragan poétique…

L’écriture épouse un style direct rythmé comme une symphonie de Raff.  Luca Lombardo est l’un des plus grands ténors de notre temps depuis plus de 38 ans. Marseillais,  il a fait le bonheur des plus grandes scènes internationales. Son répertoire est immense. Il est un extraordinaire Don José, Werther, Hoffmann, Gabriele Adorno, Don Carlos, Alfredo, Mario Cavaradossi, Rodolfo…

Ce roman relate la trajectoire bouleversante d’un chanteur amateur Gilles. On est tenu en haleine de la première ligne à la dernière. Ce livre se lit d’un trait. On est emporté par un torrent d’émotions. On passe du rire aux larmes.

On épouse le cheminement de ce personnage errant marqué par son passé. Luca Lombardo démontre un véritable talent de narration. On ressent une immense culture chez lui qu‘il maîtrise  avec innocence. On plonge dans l’univers de l’opéra que l’auteur connaît parfaitement. On y apprend l’envers d’un métier bien difficile où parfois la solitude peut conduire sur les récifs de la souffrance ultime. Luca Lombardo explore les  âmes humaines de ces différents personnages. Ce livre pourrait inspirer tant de réalisateurs. Je songe aux regrettés Visconti, Fellini ou Lynch.

La tension dramatique est de tous les instants. La tragédie de Carmen ou d’I Pagliacci est là… La mise en abîme finale est renversante. Gilles est un peu comme Sue perdue dans Manhattan.  On navigue entre rêves et désillusions comme les passagers du Titanic. L’auteur joue avec les mots, les formules avec une facilité déconcertante comme un ténor avec les contre si bémol ou contre ut. Quelle jouissance avec les mots… À faire pâlir tant d’écrivains incontournables de notre temps.

À travers cette fiction passionnante et haletante, je retrouve le ténor qui m’a tellement bouleversé sur scène par son engagement et sa sincérité de tous les instants. Ce livre nous conduit vers une tragédie humaine, miroir de la tragédie grecque ou plus généralement méditerranéenne.

Je citerai ces mots de Luca Lombardo  « Il faut, paraît-il, pour réussir sa vie, avoir un enfant, écrire un livre et planter un arbre. Je songe désormais à me tourner vers l’horticulture. ».

Ce livre est à découvrir. À offrir ! Un pur diamant, une symphonie des mots… Merci d’être et d’exister Luca Lombardo…

Serge Alexandre

 BONUS

Un extrait de l’extraordinaire Don José de Luca Lombardo: 

 

Luca Lombardo sera l’invité de Si la musique m’était contée  sur Radio Zinzine Aix- en- Provence le lundi 6 octobre 2025 à 21 heures avec Catherine Richarté, Clémence Acar et Fabrice Eboli et pour partenaire exclusif Rmt News.

La discographie de Luca Lombardo est riche de découvertes même si je regrette que Son Werther, Son Faust, Son Don José, Alfredo, Roméo, Hoffmann… n’ont pas fait l’objet d’enregistrements en studio.

Parmi ses enregistrements, je recommande vivement :

Le mage de Jules Massenet dans la superbe collection opéra français du Palazetto bru Zane avec Catherine Hunold, Kate Aldrich, Jean-Francois Lapointe, Marcel Vanaud, Julian Dran et Florent Sempey sous la direction de Laurent Campellone

Le Requiem de Camille Saint–Saëns sous la direction de Diego Fasiolis chez Chandos

Médée De Luigi Cherubini avec Jano Tamar, Jean-Philippe Courtis, Patrizia Ciofi, Magali Damonte…… Sous la direction de Patrick Fournillier  ( Premier enregistrement mondial en version française) au Festival Martina Franca chez Nuova Era.

Site Luca Lombardo : http://lucalombardotenor.free.fr/site/Biographie [12]

Disponible en librairie ou sur internet : www.amazon.fr [13]

MESSA DI GLORIA

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A l’église Saint-Ferréol (Marseille/20h/4 octobre) puis à la Chapelle du Sacré Cœur (Aix/18h/5 octobre), l’ensemble Gyptis sous la direction de Bénédicte Pereira donne la MESSA DI GLORIA de Puccini dans une version inédite, avec accompagnement de deux accordéons.

La Messa di Gloria de Giacomo Puccini, est une composition religieuse de jeunesse, pour chœur à quatre voix, orchestre et solistes (ténor et baryton-basse). Son véritable nom Messa a quatro voci con orchestra, devint Messa di Gloria , en raison de l’importance du Gloria, partie la plus imposante, avec une fugue puissante et un air de ténor très lyrique (Gratias agimus tibi).

Admirateur de Richard Wagner et de Giuseppe Verdi, il est surtout, en 1880, le jeune Giacomo, rompu à la musique sacrée, car les Puccini, règnent depuis plus de 100 ans, à Lucca en Toscane, comme organistes et maîtres de chapelle. Et c’est à l’Istituto Musicale Pacini de Lucca, dans sa ville natale, dirigé par son père Michele, que Giacomo se forme. À dix ans, le petit Giacomo chante comme soprano et ses premières compositions sont donc des compositions polyphoniques religieuses, avant l’envol triomphal des opéras. La Messa di Gloria a été composée à 22 ans et même 20 ans pour le Credo.

L’intégrale a été créée le 12 juillet 1880, lors d’un service religieux pour la fête du Saint patron de Lucca, San Paolino. On retrouve les 5 parties de l’ordinaire de la Messe: KYRIE/GLORIA/CREDO/SANCTUS-BENEDICTUS/AGNUS DEI                                            

L’alternance d’écriture prouve une incroyable maturité: inventivité mélodique, écriture verticale en blocs majestueux, écriture fuguée, passages solistes comme de vrais airs d’opéras, subtilités harmoniques. N’oublions pas ses 1ers prix d’orgue, de contrepoint puis de composition à Milan. De la douceur à la déclamation dramatique, du recueillement aux envolées puissantes, mélange de fougue, d’élégance, d’enthousiasme, de paix. L’homme de théâtre est déjà là! Il en réutilisa même deux pages, le Kyrie et l’Agnus Dei, respectivement dans Edgar et Manon Lescaut

De son vivant, Puccini ne fit jamais éditer cette Messe. La pièce tomba dans l’oubli jusqu’en 1951, année où le père Dante del Fiorentino, ami de Puccini, exilé aux USA et possédant la copie du manuscrit, l’édita et la fit exécuter à Chicago en 1952: 72 ans après!

Avant cela, découvrez un arrangement pour deux accordéons de Crisantemi (Chrysanthèmes), composition pour quatuor à cordes de Giacomo Puccini de 1890 en hommage à la mort d’Amadeo Ier d’Espagne, fils du roi d’Italie Victor-Emmanuel II, œuvre écrite en une seule nuit. On retrouvera des thèmes de Crisantemi dans son opéra Manon Lescaut. Très belle pièce ; mélange de plainte, tendresse, et d’élans lyriques retenus. Puis une courte pièce vocale, d’un autre géant italien de l’opéra, Gioachino Rossini : O Salutaris hostias quae caelis pandis ostium (oh réconfortante hostie qui nous ouvre les portes du ciel), hymne chrétienne de St Tomas d’Aquin, composée pour chœur à 4 voix, a cappella. D’une grande  

DVDM et Yves Bergé.

 Informations pratiques :

Ensemble Gyptis avec à l’accordéon: Angélique Garcia, Damien Paradisi et les solistes: ténor, Arnaud Hervé; baryton-basse, Aaron Ambeau

Tarifs : 15/20€/ Réservations : Concert Puccini à Marseille [14] et Concert Puccini à Aix-En-Provence [15]

Claude Serrile, Peintre de l’Art Brut : ‘Ni Dieu ni Maître’

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Claude Serrile est un peintre reconnu de l’Art Brut. Il vit et peint à Allauch, jolie commune de notre magnifique Provence. Il représentera la France en 2027 lors du prestigieux évènement créé par le Rotary Club Montargis-Gâtinais ‘La Toile Internationale de la Paix’. En octobre 2025, à Lille, la galerie d’Art de Vincent Bonduelle expose à nouveau ses œuvres. Le vernissage aura lieu le 16 octobre, sur invitation, en présence des artistes.

Nous avons choisi, pour cet article, deux des nombreux tableaux qui seront exposés.

Un manifeste artistique puissant : ‘Ni Dieu ni Maître’ – (116×81) – Techniques mixtes sur toile de lin

Dans l’univers vibrant de Claude Serrile, l’œuvre ‘Ni Dieu ni Maître’ se dresse comme un puissant manifeste artistique. D’une portée multiple, cette création évoque non seulement une révolte contre les autorités établies, mais tisse également un lien indéniable avec les luttes contemporaines, notamment celle de la condition féminine.

Un cri de ralliement

Au cœur de cette toile, la phrase emblématique ‘Ni Dieu ni Maître’ résonne avec force. Cette maxime du révolutionnaire socialiste Auguste Blanqui, reprise formidablement par Léo Ferré, ne se limite pas à une simple assertion anarchiste, mais s’étend à une quête de l’autonomie et de la dignité. Elle devient alors un cri de ralliement pour celles et ceux qui aspirent à un monde plus libre, plus égalitaire. Serrile, à travers son art, rend hommage à cette quête universelle d’émancipation, faisant écho à la lutte des femmes pour la reconnaissance de leurs droits et leur place dans la société.

Une expression ardente de couleurs et de formes

Le tableau frappe par ses couleurs vibrantes et ses formes énergiques, reflétant la tumultueuse danse de l’émotion humaine. Les couleurs, à la fois saturées et contrastées, suscitent une gamme de sentiments, de la passion à l’indignation. Elles captent l’essence même des luttes individuelles et collectives et rejoignent le cheminement des hommes et des femmes à travers l’histoire, souvent confrontés à des systèmes oppressifs.

Une réflexion sur le pouvoir

Serrile, par un acte intuitif et spontané, parvient à concrétiser une réflexion sur le pouvoir, non seulement dans le contexte sociopolitique, mais aussi dans le domaine des relations de genre. La représentation de figures humaines expulsées de l’ombre vers la lumière fait écho aux multiples voix féminines qui, depuis des décennies, contestent le patriarcat. Ces figures, à la fois de résistance et de résilience, sont le témoignage d’un combat qui traverse les générations.

En contemplant ‘Ni Dieu ni Maître, le spectateur est invité à une introspection profonde. Les luttes évoquées vont au-delà des simples revendications économiques ou sociales ; elles touchent à des dimensions essentielles de l’identité, de la dignité et de la liberté individuelle. Ce tableau devient alors un miroir des luttes modernes.

Une lumière d’espoir pour l’avenir

L’œuvre de Claude Serrile transcende le cadre de l’Art Brut pour devenir un symbole vivant de liberté et d’émancipation. En fusionnant l’esprit de révolte avec une sensibilité artistique aigüe, l’artiste offre non seulement un regard critique sur le monde qui l’entoure mais également une lumière d’espoir pour l’avenir.

‘Ni Dieu ni Maître’ nous rappelle que la lutte pour la liberté et l’égalité est un chemin jamais achevé ou chaque voix, chaque couleur et chaque émotion compte.

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 Séparation et Exclusion : Ségrégation – 81x-65 – Techniques mixtes sur toile de lin

Dans ‘Ségrégation’, Claude Serrile explore la notion de séparation et d’exclusion. Le titre évoque une réalité douloureuse : celle des barrières qui se dressent entre les individus, qu’elles soient raciales, sociales, ou culturelle. L’artiste questionne à travers son œuvre les dynamiques du pouvoir et le climat de peur qui prévaut souvent dans nos sociétés modernes. En utilisant des techniques mixtes, il parvient à créer une texture riche qui attire le regard et provoque la réflexion. Par l’utilisation audacieuse des couleurs et des formes, des teintes sombres évoquant une atmosphère pesante, il symbolise les luttes et les désespoirs qui se cachent derrière la façade de la modernité. Des éclats de couleurs vives surgissent, représentant l’espoir et la résistance. Ces contrastes visuels ne sont pas simplement esthétiques ; ils traduisent la dualité inhérente à l’expérience humaine, où la souffrance coexiste souvent avec l’espoir de transformation

Une sensation de mouvement, presque chaotique         

La composition de la toile est significative. Serrile organise les éléments de façon à créer une sensation de mouvement, presque chaotique. Les formes géométriques, angulaires, qui se juxtaposent rappellent les murs invisibles qui divisent les gens. Le regard du spectateur est guidé à travers le tableau, l’invitant à s’interroger sur les points d’intersection et de collision entre ces diverses entités. Cette mise en scène dynamique reflète à la fois le tumulte de la réalité sociale et une proposition d’unité à travers la diversité.

Le message que véhicule ‘Ségrégation’ et d’autres œuvres de Claude Serrile va au-delà de la simple critique : il s’agit d’un appel à la réflexion et à la prise de conscience. L’artiste nous pousse à envisager notre rôle individuel face aux injustices.

Un manifeste

‘Ségrégation’ n’est pas seulement un tableau, c’est un manifeste. C’est l’expression d’un artiste qui, devenu témoin et acteur de son temps, parvient à capter l’identité d’un monde tout en offrant une lueur d’espoir. Cette œuvre s’inscrit dans un mouvement artistique qui prône la conscience sociale et l’humanité partagée.

Dénonciation, Dialogue et Empathie

Par son travail, l’artiste dénonce mais également encourage le dialogue. Il nous rappelle que l’art peut être un puissant vecteur de changement, capable de faire bouger les lignes et de favoriser l’empathie.

Un Condensé d’humanité

Claude Serrile, avec sa quête artistique, nous invite à dépasser nos propres préjugés et à embrasser une vision plus inclusive du monde. Au-delà du plaisir à contempler les œuvres de Claude Serrile, leur beauté, leur facture, leurs couleurs, profondément évocatrices, elles transcendent le temps et interrogent sur la nature de l’autorité, de la liberté individuelle et de l’amour, de soi et des autres. Serrile prouve que l’art transcende les frontières, crée des espaces de connexion et offre une occasion de comprendre et de guérir des blessures profondément ancrées dans nos sociétés.

Quand un artiste réussit à composer l’art du beau et du vrai, il réussit à ouvrir des portes en éclairant nos yeux et nos âmes. C’est sans-doute cela l’art contemporain. C’est certainement cela l’art de l’expressionisme abstrait, l’art Brut, l’art de Claude Serrile : un condensé d’humanité.

 Danielle Dufour-Verna