Jeudi 4 et vendredi 5 février 2016 au GTP (Aix en Provence)
Ballet de Perm
Chorégraphies Michel Fokine, George Balanchine
Musiques Chopin, Weber, Borodine, Tchaïkovski
Michel FokineLes Sylphides, Le Spectre de la rose, La Mort du cygne, Les danses Polovtsiennes du Prince Igor ; George Balanchine Sérénade
Le ballet de l’opéra national Tchaïkovski de Perm avec ses 50 danseurs, reconnu pour son talent et excellence, a fait un retour très remarqué au Grand Théâtre de Provence, invité à fêter Serge de Diaghilev, esthète et mécène des ballets russes, également réformateur incontesté de l’art chorégraphique du XXème siècle.
Les ballets russes présentés proposent de faire découvrir au public une série de différents ballets signés Fokine et Balanchine. Les Sylphides, Le Spectre de la rose, La Mort du cygne, Les danses Polovtsiennes du Prince Igord de Michel Fokine et Sérénade de George Balanchine.
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Les Syphildes forment un ballet en un acte, sans décor apparent et possède toutes les caractéristiques d’un ballet romantique, avec ces danseuses en tutus blancs classiques et ses pas de deux, ses mouvement d’ensemble. Le Spectre de la rose, quant à lui, sur fond de décor représentant la chambre d’une jeune fille, exalte le rêve de cette dernière : celui d’une danse avec son aimé. La mort du cygne, sur une musique de Camille Saint-Saëns, magnifiquement dansée par la danseuse étoile Ina Bilash, est sans conteste le plus beau moment du spectacle, avec son aspect très intimiste, sans décor. Les danses polovtsiennes ne sont pas, quant à elles, sans nous faire doucement penser aux Milles et Une Nuits : de facture moins classique que les autres, nous nous serions cru dans une chorégraphie d’Angelin Preljocaj. Enfin, dans Sérénade, dans leurs costumes colorés, entre le bleu et le vert, les danseurs formaient une chaîne humaine où les danseuses se croisaient, virevoltant, un peu à l’image des enfants jouant à la ronde.
Cet ensemble de chorégraphies enlevées, exécutées avec brio, aux couleurs et styles différents, allant du classique au contemporain, passant du noir et blanc aux couleurs de l’arc en ciel, donnait envie d’être parmi ces danseurs élégants et énergiques, au talent admirable. Ce fut une belle invitation au voyage au cœur de la danse russe d’hier et aujourd’hui. A. Mazzoni.
Les marionnettes font leur show au Théâtre Divadlo jusqu’au 14 février 2016 !
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Durant le mois de février, le Divadlo met à l’honneur le théâtre de marionnettes pour la 6ème année consécutive. Ce festival, qui tient particulièrement à cœur à Bernard Fabrizio, marionnettiste et directeur artistique, se tient pendant 10 jours, avec des spectacles pour adultes et enfants.
Du 5 février au 14 février, les marionnettes font leur numéro ! Avec environ 40 spectacles, répartis sur une dizaine de jours, les petits comme les grands peuvent profiter de cet art antique. Le Divadlo, petit théâtre de quartier, est fier du travail qui a été accompli afin de vous présenter diverses créations avec ces personnages enchanteurs.
La marionnette
La marionnette est une figurine qui peut être fabriquée en matières différentes, comme le bois ou le carton. Elle peut être articulée ou non. Sa forme varie également et il en existe de plusieurs types : à fil, à gaine, à tringle. Mais quelle que soit ses caractéristiques, elle nous fascine depuis des siècles et vous pouvez en découvrir une exposition dédiée pendant le festival.
La compagnie Divadlo a été créée en 1992, par la rencontre de Bernard Fabrizio et Vera Fichant, marionnettiste tchèque. Aujourd’hui, le théâtre Divadlo, situé au cœur du 5ème arrondissement de Marseille, frappe par son authenticité. Il s’agit d’un théâtre convivial et intimiste qui donne envie d’y entrer, que nous soyons ou non fins connaisseurs en matière d’art théâtral.
« Venez comme vous êtes » pourrait être son mot d’ordre et nous pouvons noter ici la gentillesse et disponibilité du personnel qui nous accueille. Le théâtre propose de nombreuses représentations en journée afin de permettre aux enfants d’assister à la découverte de cet art.
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Focus sur un spectacle pour enfants, à partir de 2 ans, intitulé « Je veux voir mon chat ».
Il est 14h30, la lumière s’éteint, le décor apparait, un intérieur familial : le spectacle peut commencer. Alain et Marie Vidal, de la Compagnie Arthéma, commencent à donner vie à ces objets inanimés aux formes rondes et couleurs chatoyantes: Robin, ses parents, ses animaux de compagnie, et toutes sortes de personnages qui vont croiser sa route. Robin est un petit garçon qui a un chat et un chien.
Malheureusement, un soir, son chat Tigrou disparait. Commence alors une longue recherche. En effet, des rats croisés au détours des poubelles, ont vu Tigrou « monter au ciel ». Avec son chien, Toby, il va voyager dans les cieux, croiser des animaux aux traits magnifiquement exagérés, jusqu’à faire la rencontre de « Papa Bambo ». Ce vieil homme va lui expliquer qu’il ne pourra pas retrouver Tigrou, parti pour son dernier voyage. Pour le consoler, il lui sculpte un petit chat. En rentrant chez lui, Robin va avoir la bonne surprise de trouver Calinette, sa nouvelle amie.
Les marionnettistes manipulent les différentes marionnettes avec une aisance déconcertante et les deux artistes font voyager le public dans un monde imaginaire, où tout prend vie. Nous oublions que ce ne sont que des poupées de chiffon et plongeons dans cet univers où tout est possible. Pendant un peu moins d’une heure, les enfants comme les plus grands prennent part à la fabuleuse aventure de Robin.
Au-delà de la magie du spectacle, ce dernier nous interroge sur la mort et la disparition, à savoir comment expliquer aux enfants la perte d’un être cher. En utilisant de merveilleuses métaphores, Alain et Marie Vidal répondent avec sensibilité et finesse à cette question des plus complexes.
Manon Quenehen
En aparté avec Marie Vidal, co-directrice de la compagnie Arthéma :
« Nous avons écrit cette pièce tous les deux, mon mari (Alain Vidal) et moi-même. Nous faisons ça depuis 23 ans mais il nous a fallu environ 3 mois pour écrire et monter ce spectacle. Le choix de la marionnette est simple : c’est une forme d’écriture théâtrale qui permet d’avoir pleins d’images. Ce qui est intéressant, c’est l’aspect « non » réaliste de l’objet. » propos recueillis par Manon Quenehen
(c) photos cie Arthéma
Infos pratiques
Divadlo Theatre, 69, rue sainte cécile, 13005 Marseille
A l’Alcazar, « Vivre à Marseille aujourd’hui », une exposition à voir!
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Silence ! Ça bouge !
Marseille se transforme, Marseille investit, Marseille fait peau neuve ! Mais que deviennent les habitants lors de ces transformations ? Quels sont les impacts sur leur quotidien ? Comment vit-on dans notre métropole ? L’exposition « Vivre Marseille aujourd’hui » propose des témoignages d’habitants récoltés depuis 2006 par l’association Regards croisés. Du 5 février au 19 mars 2016, la bibliothèque de l’Alcazar accueille cette exposition en trois volets sur la thématique du logement.
« Nous sommes heureux de présenter cette exposition à l’Alcazar à la vue du plus grand nombre » confie Sylvie Fraissard, de l’association regards croisés. Avec près d’un million de visiteurs par an, elle est l’un des principaux centres culturels de Marseille. Il était donc logique que le fruit de 11 ans de travail, de 280 témoignages et de 600 images et portraits, de logements, de quartiers de Marseille soit mis à l’honneur dans le hall de l’Alcazar. Créée en partenariat avec Marseille rénovation urbaine l’exposition « Vivre à Marseille aujourd’hui » se divise en trois parties : Partir ou Rester ? Le relogement ; Des Quartiers qui changent, la rénovation et Habiter son Marseille ! Les habitants racontent.
Depuis mars 2004, Marseille est dotée de la plus grande Bibliothèque Municipale à Vocation Régionale de France en termes de surface publique (18 000 m²). En arrivant dans le grand hall de la bibliothèque la plus connue de la ville, on ne peut manquer les panneaux constituants l’exposition. Construite autour de photos et de témoignages poignants, elle commence par une première partie intitulée « le cube », articulé autour du thème du relogement. S’en suit une deuxième partie : « la palissade » montrant les réhabilitations et rénovations marseillaises. Une troisième partie appelée « le polygone », organisée en un espace de type-quartier sur la vie à Marseille. Enfin la dernière partie est, quant à elle, consacrée aux demandes, aux requêtes des habitants sous la forme d’un « arbre à vœux ».
Les paroles sont livrées telles qu’elles ont été énoncées par les personnes interviewées, l’objectif étant de donner une autre image des quartiers qui sont, surtout dans une ville comme Marseille, fréquemment stigmatisés. Joël fait partie de ces personnes qui ont accepté de partager leurs expériences. Il a vécu dans la rue pendant 15 ans, jusqu’à ce que l’Armée du Salut l’aide en lui trouvant un logement dans « le hameau ». Il confie que « c’était un moyen de sortir de la rue », « de se sentir moins seul ». Ce coup de pouce lui « a changé la vie ». Cette exposition est par ailleurs la continuité de deux premiers projets « Logements en déshérence » et « Parcours résidentiels/Parcours de vie » axés sur la rénovation urbaine.
Parce que vivre à Marseille, dans la plus vieille ville de France, demande de s’adapter à ses transformations successives, il faut en saisir les changements et leur impact sur sa population. Cette exposition, débordante de sincérité, d’authenticité et de simplicité, permet au public d’acquérir une vision globale de notre ville et d’en comprendre mieux les mutations.
Manon QUENEHEN
Exposition « Vivre à Marseille aujourd’hui »
Bibliothèque de l’Alcazar (en haut du cours Belzunce) du 5 février au 19 mars 2016
En savoir plus Marseille Rénovation Urbaine
Depuis 2003, date de sa création, Marseille Rénovation urbaine coordonne l’ensemble des acteurs du renouvellement urbain de Marseille. 17 grands projets ont été mis en œuvre sur l’ensemble de la ville. L’objectif étant d’améliorer le cadre de vie des habitants et de développer certains quartiers. En 13 ans, ce groupement d’intérêt public a participé à la réhabilitation de près de 6000 logements, à la construction de 2600 logements neufs et a investi plus d’un milliard d’euros afin de parfaire ce qui existe déjà.
En photo : Joël, ancien sans abris, relogé par l’armée du salut et témoin de l’exposition
La ville de Marseille et le Crédit Mutuel Méditerranéen luttent contre l’illettrisme
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Du 25 février au 1er avril 2016, le Printemps des Poètes présente sa 18ème édition. A cette occasion la ville de Marseille et le Crédit Mutuel Méditerranéen réitèrent leur collaboration et proposent des ateliers d’écriture poétique et d’interprétation sur les œuvres du 20ème siècle. Cet événement culturel est destiné à prévenir et lutter contre l’illettrisme, encore trop présent dans notre pays. Cette année, la Compagnie « Après la pluie » sera responsable de l’animation des différentes activités, épaulée par des comédiens et poètes.
Mais qu’est-ce que l’illettrisme ? La définition de ce terme se construit autour d’un constat : Un adulte, qui a été scolarisé, n’a pas acquis une maîtrise suffisante de la lecture, de l’écriture et du calcul. Il doit réapprendre, renouer avec les formations de base et réacquérir et consolider ses compétences.
Une manifestation pour lutter contre l’illettrisme
Stéphane Cocchini et Cathy Darietto de la Cie Après la Pluie (c) R. TOMASSIAN
Le printemps des poètes propose des ateliers poésie dans quatre bibliothèques de Marseille (L’Alcazar, Bonneveine, Le Panier, La Grognarde). La thématique de cette manifestation s’articule cette année autour du thème « Le grand vingtième d’Apollinaire à Bonnefoy : cent ans de poésie ». L’association « après la pluie » sera présente pour proposer aux jeunes de découvrir les poètes du 20ème siècle et de devenir eux-mêmes des « poètes en herbe », de manière à partager leur expérience lors d’une lecture au public. De Jacques Prévert à Robert Desnos en passant par Boris Vian, le pari est de donner le gout d’écrire, de s’exprimer librement tout en prenant du plaisir.
Concrètement au département jeunesse de la bibliothèque de l’Alcazar, du 23 février au 1er avril, le mardi et mercredi matin (9h30-11h30) et jeudi et vendredi après midi (14h-16h) la Compagnie « après la pluie » animera des ateliers d’écriture poétique et d’interprétation pour les scolaires. Ils pourront partager cette expérience lors d’un spectacle le vendredi 1er avril à 18h en salle de conférence faisant profiter le public d’une lecture des poèmes. Au département langues et littératures, le mercredi 16 et le samedi 19 mars de 14h à 19h, il sera possible de vivre un moment déroutant, en alliant poésie et danse grâce à la Compagnie l’Imparfait. A la bibliothèque de Bonneveine des ateliers d’écritures seront également constitués le jeudi 10 et vendredi 18 mars de 14h à 16h30, mais aussi un atelier poétique et musical le mercredi 9 mars de 14h30 à 16h. Parallèlement à ces ateliers jeunesse, la compagnie interviendra dans le réseau des autres bibliothèques pour trois ateliers. Au panier le jeudi 10 mars de 14h à 16h (dédié aux adultes), à Bonneveine le mercredi 9 mars de 14h30 à 16h (collégiens) et à La Grognarde le samedi 5 mars (adultes). Toutes les manifestations sont en entrée libre !
L’illettrisme en quelques chiffres
Selon l’Agence Nationale de Lutte Contre l’Illettrisme, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, on dénombre 160000 personnes en situation d’illettrisme, soit 6% de la population âgée de 16 à 65 ans scolarisée en France. Au-delà de la mesure de l’illettrisme au sens strict (incapacité à lire ou écrire), l’enquête met en évidence que 18 % des personnes âgées de 16 à 65 ans scolarisées en France et résidant en Provence-Alpes-Côte d’Azur ont de graves difficultés dans au moins un des quatre domaines évalués par l’enquête : lecture, compréhension, écriture, calcul (18 % en Métropole). Si l’on considère les 160 000 personnes concernées : 35 % sont âgées de moins de 35 ans, 24 % sont âgées de 36 à 45 ans, 20 % sont âgées de 46 à 55 ans, 21 % sont âgées de 56 à 65 ans.
L’illettrisme est donc une problématique qui, à notre époque, n’est toujours pas pleinement solutionnée. Malgré un accès gratuit à l’instruction, certaines personnes restent en difficulté face aux domaines de la lecture et de l’écriture. Il est donc primordial que des métropoles importantes, comme Marseille, mettent en œuvre les moyens nécessaires afin d’aider au mieux les individus souffrant d’illettrisme. Le Crédit Mutuel Méditerranéen propose d’ailleurs, en parallèle du Printemps des poètes, un concours ouvert aux associations domiciliées en PACA, afin de leur attribuer des aides financières pour les épauler dans leur combat*.
Manon Quenehen
*Pour participer au concours (date limite 31 mars 2016), téléchargez le document pdf en cliquant sur le lien suivant :
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LE CHEVALIER DÉCONCERTANT
Récit en musique de Raoul Lay
Livret de Raoul Lay et Charles-Éric Petit, d’après E. Raspe
Création –
Vendredi 5 février
Bibliothèques Départementales Gaston-Defferre
Moins déconcertant chevalier que concertant car tout concerte ici, musique, mise en scène et texte pour faire de ce Münchhausen en herbe, bavard baron, bavasseur bambin barré, bardé de bobards, de phrases, pris au mot, aux jeux de mots, non un concert sinon ce qu’au XVIIIe siècle, après Rousseau et son Pygmalion, on appellera, au sens strict du mot, un mélodrame, du théâtre déclamé entre et sur de la musique (le Tchèque Benda s’en fera une spécialité et même Mozart sacrifiera au genre avec Thamos, roi d’Égypte, le Pierrot lunaire de Schönberg en étant un moderne avatar).
Mélodrame, mini drame de minots en l’occurrence, sans outrance minimisé grâce au charme d’un texte de Raoul Lay et Charles-Éric Petit qui sait jouer, sans emphase, de l’enfance sans infantilisme, déjouant le piège dramatique de la cruauté enfantine des cours de récré, des bancs impitoyables de l’école, où Rudolf, jouant malgré lui les têtes de turc, va devenir, par le jeu, la tête d’un groupe d’amis,Wolf, Bolto, Flynt et Owen, se jouant du harcèlement, des persécutions, résistant à l’agression par l’arme du verbe : les mots contre les maux. Plutôt que de devenir une grande âme d’avance trahie par la vie, il met de l’art, de l’imaginaire dans la vie.
Les six musiciens arrivent (et repartiront) au grand galop désordonné d’écoliers turbulents dans la salle de classe quand la cloche sonne l’entrée et la sortie et les instruments deviennent faciles facéties, clarinette longue-vue, cordes pincées du clavier, bâillement de l’accordéon, miaulements, couinements, prélude forain étirant les tonalités, qui n’a pas oublié la valsante fête foraine de Wozzeck, comme la rythmique parfois cligne du coin de l’œil vers L’Histoire du soldat de Stravinsky. Directeur de l’Ensemble Télémaque voué à la musique contemporaine qui court l’Europe et créateur du PIC qui la reçoit (Pôle Instrumental Contemporain), le compositeur Raoul Lay, dont on sait la vaste culture musicale, nous offre en souriant ses citations amicales insérées dans son complexe tissu personnel musical, et dirige du piano, avec la minutieuse rigueur et la gestuelle géométrique qu’on lui connaît, ses musiciens ravis.
Le texte s’amuse à être amusant et nous amuse, nous prenant dans son jeu, mais sans abus d’enfant ou d’enfantillage, semé de jeux de mots pas trop téléphonés : l’écrivain qui se livre », « le canard qui se confie », « le canard laquais », sur des cocasses caquètements cancannants de la musique, et les images plaisantes fusent : « le binoclard, têtard à hublots », « la meute des mâles », « l’agité du bocal ».
C’est plaisant sans forcer la note, mais les notes suivent : onomatopées musicales, transcriptions sonores de bulles de bandes dessinées qui font partie d’un répertoire devenu aujourd’hui patrimoine moderne : coups de timbales, vibrations du vibraphone, pépiement de flûte, éclat décalé expirant de trompette comme un pneu qui se dégonfle. La musique dessine, anime par ses figures ces figurations de dessin animé.
Tous les musiciens entrent dans un jeu autant réglé par la musique que par la mise en scène, pratiquement musicale, d’Olivier Pauls. Il est vrai qu’il joue et jouit d’un instrument exceptionnel avec la comédienne Agnès Audiffren, aussi à l’aise dans les grands rôles tragiques que dans cette comédie qui l’insère étroitement, chorégraphiquement, en musique, dans la musique et entre les musiciens. Chaussée de bottes, chemise à jabot, jaquette dix-huitième siècle, affublée et offusquée d’une fantaisiste perruque bicolore, elle se glisse avec souplesses ou fausse maladresse garçonnière entre les musiciens, entre notes et mots qu’elle nous distille avec une grâce et un humour, irrésistibles, nous tenant en haleine pendant près de cinquante minutes, sans répit, avec un texte à une voix, paradoxale monodie polyphonique, unique par le narrateur impersonnel qui conte, et multiple par les personnages qui racontent, la bande des cinq, les cinq galopins attendrissants. Coulée dans la musique, admirablement dirigée, elle joue une partition physique, visuelle de tout son corps et de son mobile visage où passent toutes les émotions.
Finalement, cette parabole, sans fariboles, s’envole, à son échelle modeste, du côté des grands fous dont la folle sagesse rachète la folle folie du monde : Don Quichotte au grandiose et poétique et éternel esprit d’enfance.
Bon enfant mais non infantilisant, pour enfants et grands, inscrit dans le programme de Télémaque, Grandes musiquespour petites oreilles, ce récit musical nous invite sympathiquement à les ouvrir toutes grandes, même nous, qui ne sommes pas petits. Benito Pelegrín
LE CHEVALIER DECONCERTANT
Création – Récit en musique – à partir de 9 ans
Musique : Raoul Lay
Livret : Raoul Lay et Charles-Eric Petit, d’après E. Raspe
Mise en scène : Olivier Pauls
Comédienne : Agnès Audiffren
Musiciens : Charlotte Campana, flûte; Linda Amrani, clarinette ; Gérard Occello, Trompette ; Solange Baron, accordéon ; Christian Bini, percussions ; Raoul Lay, Clavier Electrique, samples et direction.
Entre janvier et mai 2016, une centaine de collégiens – Henri Barnier (16ème), Jean Moulin (15ème), Darius Milhaud (12ème) – vont suivre des ateliers de pratique vocale et percussions pour donner, aux côtés des musiciens de Télémaque, une version « enrichie » du Chevalier Déconcertant en mai 2016 à l’Alhambra.
CALENDRIER DES REPRÉSENTATIONS
Jeudi 4 février à 14h30 au PIC – 16ème arr. (Séance scolaire)
Vendredi 5 février à 14h30 à la Bibliothèque Départementale Gaston Defferre – 3ème arr. (Séance scolaire)
Vendredi 5 février à 19h00 aux Bibliothèques Départementales Gaston-Defferre – 3ème arr.
Samedi 6 février à 15h00 au Château de la Buzine – 11ème arr.
Mercredi 10 février à 15h00 au Musée du Château Borély – 8ème arr.
Jeudi 11 février à 10h00 et 15h00 à l’Atelier des Arts – 9ème arr. (séance centres aérés).
PROGRAMME DU PIC (Pôle Instrumental Contemporain)
36 montée Antoine Castejon, 13016 MARSEILLE
Réservations : 04 91 39 29 13
13 mars 17h30: MALUCA BELEZA Quintet musique brésilienne – jazz
25 mars, 19h00 :CHŒURS DE FEMMES –Biennale des écritures du réel
26 avril 19h30 :ENSEMBLE TÉLÉMAQUE : Concert en partenariat avec la Casa de Velázquez de Madrid
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Du 2 au 27 février 2016, la cité des associations de Marseille, présente « Fest’Asia » sous le signe du singe de feu. Cette manifestation se positionne dans l’esprit de partage entre les traditions asiatiques et européennes avec un clin d’œil particulier le samedi 13 février.
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La cité des associations, créée en 1989, située sur la Canebière, est un centre de rencontres et d’échanges pour les associations. Dans ce cadre, elle propose, pour ce mois de février, de fêter le nouvel an chinois et d’appréhender cette culture aux antipodes de la nôtre.
Le nouvel an chinois ou « fête du Printemps » ou « fête du Têt » est la fête la plus importante de l’année en Asie. La première nouvelle lune entre le 21 janvier et le 20 février marque le début des festivités, qui peuvent durer entre 3 jours et une semaine, jusqu’à ce que le dragon d’or vienne chasser les mauvais esprits et clôturer l’événement. Tout au long de cette fête hors norme, débordant de couleurs et de décorations où le rouge (couleur du bonheur et de la chance en Chine) est prédominant, les familles se rendent visite et tentent d’apporter la chance dans les maisons. Les enfants utilisent des pétards afin de repousser les mauvais esprits et d’apporter paix et joie pour l’année. Cette année, le nouvel an chinois se célèbre sous le signe du singe de feu, signe notable dans l’astrologie chinoise.
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La manifestation marseillaise prendra plusieurs formes. Tout au long du mois de février, se tiendront quatre expositions traditionnelles pour que les visiteurs puissent s’immerger dans le monde asiatique. Entre estampes et marionnettes d’ombre montrant les différentes facettes du Singe, robes traditionnelles chinoises, photographies du Vietnam signées Mathieu Do-Duc et autres peintures et calligraphies, l’univers festif du nouvel an chinois transpire à la cité des associations. En parallèle, trois conférences autour de l’Asie auront lieu : explication des origines et traditions autour du nouvel an chinois (le 9 février à 18h par F. Tirribillot), partage de l’émotion d’un expatrié qui retourne au Vietnam après 39 ans (le 10 février à 18h avec Mathieu Do-Duc) et enfin, la transmission des croyances et mythes autour du singe et de la route de la soie (le 23 février à 18h par F. Tirribillot).
Madame Le Consul Général de Chine à Marseille, YU Jinsong, et Nora Preziosi
Le samedi 13 février, dans son lieu et sur la Canebière, la cité des associations organise une journée festive autour du nouvel an chinois avec démonstrations culinaires (réalisation et dégustation de raviolis chinois de 11h à 13h30), ateliers d’initiation aux arts traditionnels asiatiques (calligraphie, peinture, origami mais également arts martiaux de 14h à 16h30), projections d’un dessin animé sur le Roi Singe (« trouble au royaume céleste » à 10h30 et 16h30), défilés traditionnels (licornes et dragons à 15h) et spectacles avec « Trio » par le Bamboo Orchestra à 15h30. Le Bamboo Orchestra organise un workshop à 13h30 pour y apprendre la percussion sur instruments en bambou (inscription sur place) avec une présentation du fruit du travail réalisé à 16h. Les membres de L’école Vietnamienne D’arts Martiaux Et Energétiques seront également à votre disposition durant la journée du samedi 13 février de manière à partager, avec vous, les techniques ancestrales asiatiques. Vous pourrez encore si le cœur vous en dit participer à un karaoké asiatique de 17h à 18h30.
Mais pourquoi la ville de Marseille s’intéresse-t-elle à la culture asiatique ? Marseille est jumelée à la Chine et sa mégapole Shanghai. Depuis 2004, de nombreuses manifestations ont été organisées entre Marseille et Shanghai afin de développer les échanges culturels entre les deux pays. Leurs relations historiques ont débouché sur une forte coopération dans les domaines de la culture, de l’éducation, de la santé, du sport et de l’économie. De plus, en 2015, un accord commercial a été conclu entre la ville de Marseille et une grande entreprise chinoise du e-commerce fin de développer les produits provençaux sur le marché chinois. L’édition 2016 de « Fest’Asia » n’a pu être mis en place uniquement par les services de la ville de Marseille, de nombreux partenaires ont mis la main à la pâte. Le service des Affaires culturelles franco-chinoise et de multiples associations ont collaboré pour organiser cette manifestation. Impossible de ne pas citer « Amitié Provence-Chine » et sa présidente Françoise Tirribillot, attachée à développer les liens qui unissent nos deux peuples.
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Norah Preziosi, adjointe au maire au service « Jeunesse et Animations dans les quartiers, Droits des femmes », a confié que cette manifestation était « une belle opportunité pour la ville de Marseille de fêter le nouvel an asiatique ». Il est alors peut-être un peu dommage que les moyens mis en œuvre pour faire partager cette féérie soient quelque peu limités : la cité des associations, lieu culturel censément de poids, manque d’un sérieux « coup de jeune », les salles sont petites, la lumière n’aide pas à mettre en valeur les pièces des collections et l’organisation laisse quelque peu à désirer. Le soir de l‘inauguration de la manifestation, un dragon accueillait les curieux, histoire de nous plonger dans l’ambiance, mais l’effet fut partiellement réussi malgré l’énergie déployée. Cependant, la présence de Madame Le Consul Général de Chine à Marseille, YU Jinsong, à cette soirée de lancement démontre tout de même une volonté d’ouverture et une envie de partage de cette culture éloignée de la nôtre avec les habitants de notre ville.
Cette manifestation sera malgré tout attrayante pour les néophytes. Elle sera l’occasion de découvrir et comprendre les us et coutumes du nouvel an chinois, ainsi que de le vivre en prenant part aux différentes activités proposées, notamment durant la journée du samedi 13 février.
Manon Quenehen
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En aparté avec Nora Preziosi (en photo ci-dessous aux côtés de F. Tirribillot), Adjointe Au Maire Déléguée Au Droit Des Femmes, Jeunesse Et Animations à la Ville De Marseille, Déléguée Au Droit Des Femmes et récemment nommée Vice-Présidente De La Commission D’étude Rayonnement culturel, patrimoine et traditions au Conseil Régional.
DVDM : Pourriez-vous nous parler de ce qui a motivé cette réédition d’un festival créé en 2002 et arrêté en 2003 ?
N.P. : Cette année, nous avons pris la décision de fêter le nouvel an chinois parce que Marseille est jumelée à la Chine et que nous avions envie de travailler sur cette thématique. On parle souvent de l’économie et des échanges mais il était important également pour nous de rendre hommage à la communauté asiatique et cette mixité sociale comme là, ce soir, c’est Marseille : ce festival, c’est un moment de partage, de bonheur et de fraternité à l’image de notre ville !
Bon à savoir : Nora Preziosi, fortement engagée dans la solidarité féminine et fière de s’occuper du droit des femmes, « féminine mais pas féministe » comme elle aime à la préciser, organisera à partir du 8 mars et pendant 4 jours au Musée d’Histoire de Marseille un colloque sur le thème « Femmes et Bien être » afin que les femmes ayant eu un cancer du sein puissent s’exprimer sur cette maladie dont elles parlent peu au quotidien.
Propos recueillis par Diane Vandermolina
Fest’Asia 2016 (année du singe)
Du 2 au 27 février 2016 / Journée festive le 13 février de 10h à 18H
Vendredi dernier*, un personnage masqué est apparu dans l’entrebâillement de la porte d’une des salles de cour de l’école de journalisme et de communication d’Aix-Marseille. Il s’agit de Guglielmo, interprété par Paola Lentini, jeune comédienne italienne, qui est venu nous présenter son art. Une performance pleine d’humour et de bouffonnerie qui met à l’honneur le jeu d’improvisation dans la juste lignée du théâtre populaire de la comedia dell’arte**.
Métamorphosée sous un maquillage blanc et un masque rouge, Paola Lentini est méconnaissable. En interaction permanente avec le public, elle interprète Guglielmo (Guillaume en français). Un personnage clownesque qui se présente comme le serviteur de Pantalone, profondément amoureux de Colombine. A partir de l’histoire de ce personnage, la comédienne improvise alors une comédie burlesque qui nous plonge dans l’univers de la comédia dell’arte. Un spectacle qui se déroule devant nous et avec nous.
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Paola Lentini improvise Guglielmo
Normalement, c’est dans les rues de Marseille que l’on peut voir Paola Lentini réaliser son art. Une situation dans laquelle il est nécessaire de raviver en permanence l’attention d’un public nomade qui peut décider, à tout moment, de partir. Cette capacité d’interagir avec les personnes qui l’entourent, de s’adapter aux circonstances et de s’inspirer des situations, la comédienne l’a mise au service de sa performance artistique dans la classe de l’EJCAM. Nous étions 8 ce jour-là et Paola n’a oublié personne. Guglielmo est venu nous serrer la main avec un petit mot pour chacun d’entre nous. Il nous a mis à contribution pour l’aider à séduire Colombine ou pour partager un moment de foot. Du début jusqu’à la fin de l’improvisation, Paola Lentini est donc parvenue à créer un échange, une relation entre le public et ce curieux personnage qu’elle interprète.
Guglielmo est un personnage haut en couleur, autant par son énergie que par son apparence. Son costume, un sarouel rose et une chemise verte rayée, et sa gestuelle exagérée lui donnent l’attitude clownesque qui est propre au Zanni de la comedia dell’arte. Ces personnages que l’on connait pour leur malice, leur naïveté ou encore leur bouffonnerie au service du rire. Beaucoup d’humour donc dans la performance de la comédienne. Le comique de répétition, tout d’abord, avec 3 mots qui demandent la participation du public : « c’est quoi ça ? » nous interpelle Guglielmo au sujet d’une canette de coca. Puis vient le tour de la bouteille d’eau, de la bouteille de coca, du briquet et de la flamme et chaque fois, cette même réplique. Une rengaine qui s’accompagne de l’art du mime. Un procédé humoristique qui fait également parti de la palette artistique de la comédienne pour donner vie à son personnage. Que ce soit en mimant le gros ventre du Docteur ou la démarche de Colombine, Guglielmo adore amuser la galerie par une gestuelle burlesque. Une personnalité extravertie qui l’amène à monter sur une chaise ou encore à accoucher d’un ballon, mais qui s’efface lorsque Paola Lentini enlève son masque.
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L’énergie du théâtre
Le masque, voilà un élément essentiel de la comédia dell’arte. Bien cachés dans sa valise, Guglielmo nous présente d’ailleurs celui de ses amis, Pantalone, le Docteur et le Capitaine, qu’il expose délicatement sur une table. Ce que cette performance nous apprend, c’est que le jeu masqué est tout un art. Une technique singulière que la comédienne a apprise lors d’une formation spécialisée de deux ans. A travers l’interview qu’elle nous a accordée, elle nous enseigne notamment le respect de cet accessoire symbolique qui lui permet de changer d’identité, de se transformer et de vivre les différentes identités qu’elle incarne. Entre Paola Lentini et le théâtre, c’est une histoire artistique qui a commencé il y a quelques années alors qu’elle découvrait « Hamlet » au lycée. Puis est venue Jessy, son premier personnage masqué. Mais ce n’est pas elle qui est allé le chercher, « c’est le personnage qui te trouve », confie-t-elle. Une rencontre souvent rapide qui se crée entre l’énergie du comédien et l’énergie du personnage. Pour Paola Lentini, cette énergie, c’est également celle de la pratique théâtrale en général, et plus encore lorsque celle-ci tente d’instaurer un dialogue avec le public.
Dans la salle de l’EJCAM, la comédienne a rempli sa mission et nous a transmis son énergie pour que nous participions avec joie au déroulement de l’improvisation. Nous avons répondu à toutes les questions de Guglielmo. Nous avons rigolé lorsqu’il a demandé à l’un d’entre nous de se mettre un collant sur la tête pour imiter les cheveux de Colombine. Nous lui avons prêté une carte bleue, un billet de dix euros et d’autres objets farfelus pour l’aider à la séduire. Pour autant, le danger du théâtre de rue, c’est bien l’interaction du public et à ce jeu, les enfants sont pleins de surprise. En plus de ses performances théâtrales dans la rue, Paola Lentini donne des cours de théâtre dans les écoles et des cours d’Italien dans les collèges, autant dire que les enfants elle les connait bien. Ils sont sans filtres et souvent réceptifs au dialogue burlesque, mais parfois l’attitude peut impressionner, les masques peuvent faire peur, en bref, l’énergie ne passe pas. Dans ce cas, « surtout ne pas insister », nous dit la comédienne qui semble profondément à l’écoute de son public.
Une qualité qui ressort de sa performance improvisée, une prouesse entre quatre murs, devant huit personnes, et qui offre à chacun l’occasion d’être actifs et de partager le processus de création avec Guglielmo. Vous pourrez par ailleurs retrouver Guglielmo à l’occasion de l’heure en plus, en mars !Maud Mouysset
* Le 11 décembre 2015
** La commedia dell’arte est un genre de théâtre Italien né au XVI siècle avec les premières troupes d’acteurs masqués et dans la comédia dell’arte, chaque personnage possède son propre masque.
(c) photos DVDM /article publié avec l’aimable autorisation de son auteur.
Infos pratiques :
Paola Lentini se produit dans les rues de Marseille
Spécialiste en clown et jeu masqué dans la tradition de la comédia dell’arte
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MARIA STUARDA
1834
Drame lyrique en trois actes de Gaetano Donizetti
Livret de Giuseppe Bardari
D’après la pièce de Schiller (1801)
(version concertante)
Opéra Grand Avignoon
24 janvier 2016
Création à Avignon
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À PERDRE LA TÊTE…
De Marie Stuart, on pourrait dire que sa fin tragique lui a laissé une place dans l’Histoire que son histoire ne lui aurait pas accordée.
Et pourtant… reine d’Écosse à quelques jours de sa naissance, de 1542 à 1567, reine de France à dix-sept ans de 1559 à 1560, considérée par les catholiques reine légitime d’Angleterre et d’Irlande contre sa cousine Élisabeth (1533-1603) reine « bâtarde » car née d’Anne Boleyn après l’irrecevable divorce pour eux d’Henry VIII d’avec Catherine d’Aragon, et écartée de la succession par son père qui fit décapiter sa mère puis par son frère Édouard VI. Tout pour une grande vie de reine multiple. Élevée dès l’âge de six ans dans la cour de France, parée de toutes grâces et d’une belle culture pour une femme de son temps, à la mort du jeune roi François, catholique fervente, elle rentre à dix-huit ans dans son royaume d’Écosse protestant, régi par son demi-frère en son absence.
À partir de là, de moins de tête que de cœur, malgré de bonnes intentions, elle ne fait que de mauvais choix : sans consulter personne, jetant dans la révolte son demi-frère et les nobles, elle épouse, son cousin germain, catholique. Son mari la trompe et maltraite, fait assassiner son favori musicien Rizzio sous ses yeux. Un mari tueur, à tuer… Il le sera par son amant, l’aventurier Bothwell. Il organise un attentat dont on croit qu’elle a donné l’ordre ou l’accord : il étrangle le roi consort et fait exploser une bombe, et le scandale, pour camoufler —mal— le meurtre. Marie le fait acquitter du crime sacrilège de régicide, confirmant les présomptions contre elle et, un mois après l’attentat, épouse en troisièmes noces l’assassin de son mari, protestant, s’aliénant, cette fois à la fois les catholiques, les nobles et sa cousine Élisabeth de neuf ans son aînée, la Reine Vierge, célibataire, rétive à l’hymen : il est vrai que l’exemple légué par son père Henry VIII, avec ses familles recomposées, ou plutôt décomposées, trois enfants de trois mères différentes, six mariages, deux divorces et deux femmes décapitées, n’incitait guère à donner confiance en l’institution conjugale. Élisabeth, choquée par la désinvolture matrimoniale et ce divorce à l’écossaise, à la dynamite, de sa jeune cousine et rivale tranquillement déclarée pour son trône d’Angleterre, n’osant un procès sur le régicide, fera instruire une enquête sur l’assassinat du roi consort, son cousin aussi.
Défaite par les lords révoltés menés par son demi-frère, emprisonnée —déjà— Marie s’évade et va chercher refuge auprès d’Élisabeth, la prudente anglicane : elle a les Écossais sur le dos et se jette dans les bras des Anglais. Embarrassant cadeau pour Élisabeth qui enferme de résidence surveillée en prison de plus en plus sévère son encombrante cousine, soutenue par la France et la très catholique Espagne, pour empêcher, vainement, ses conspirations contre son trône et sa vie. Le dernier complot, de Babington, dans lequel on l’implique, à tort ou a raison, signera son arrêt de mort. On portera au crédit d’Élisabeth au moins d’avoir hésité dix-huit ans à se débarrasser de l’empêcheuse de régner en rond car les Tudor ont la hache facile : son père a fait décapiter deux de ses femmes, Anne Boleyn et Catherine Howard, son frère Edouard VI fait décapiter la gouvernante de leur demi-sœur Marie Tudor et celle-ci, Jeanne Grey, mise sur le trône à sa place. Dernière de cette charmante famille, Élisabeth tranche finalement dans le vif du sujet, royal, mais après un procès qui condamne Marie à l’unanimité. À quarante-cinq ans, dont dix-neuf de captivité avec la prison écossaise, la triple reine, née apparemment pour les plaisirs, meurt atrocement : le bourreau, ivre, s’y reprend à trois fois pour la décapiter. Sans laisser une œuvre politique comme reine, elle sort de l’Histoire pour entrer dans la légende.
De la tragédie à l’opéra
Après une pièce française du XVIIe siècle, c’est la légende que cultive la tragédie de Schiller que Donizetti et son librettiste ont vue dans la traduction italienne de 1830. Réduisant à six le nombre de personnages, contraintes déjà économiques de l’opéra baroque et romantique qui emploie tout de même un vaste chœur, condensant en un seul, Leicester, le personnage de Mortimer, l’amoureux et celui qui complote l’évasion de Marie.
Contrairement à la pièce de théâtre qui commence après le procès alors que Marie connaît déjà sa condamnation, l’œuvre en étire habilement l’angoissante attente jusqu’au dernier acte, en ménage le suspense après une montée dramatique qui culmine jusqu’au paroxysme de l’affrontement entre les deux femmes ; l’opéra élude le procès préalable et fait porter sur la seule reine Élisabeth la responsabilité de la sentence finale de mort, et non pour des raisons de justice et de politique, mais plus humainement passionnelles : la jalousie. Élisabeth dispute à Marie l’amour de Leicester qui a juré de la délivrer, et tente vainement de réconcilier les deux femmes et d’éviter l’issue fatale, qu’il ne fait que précipiter comme Desdémone plaidant pour Cassio et le perdant aux yeux du jaloux Othello, tout ce qu’il dit en faveur de la reine d’Écosse se retourne contre elle.
L’HISTOIRE SUBLIMÉE PAR UNE VOCALITÉ SUBLIME
En musique et très beau chant, ces aménagements dramatiques ont l’intérêt d’opposer des personnages antithétiques, contraires (Talbot) ou défavorables (Cécil) à Marie, des duos parallèles très intenses entre les deux reines et leur commun amour Leicester, l’un avec des apartés dépités ou rageurs d’Élisabeth qui tente et sonde les sentiments de celui qu’elle aime en secret mais aime Marie, comme Amnéris testant et découvrant l’amour d’Aïda, l’autre, entre espoir et détresse, entre Marie et Leicester, enfin, le climax, le sommet, le duo entre les deux reines où Marie, tout humilité d’abord, précipite sa chute en traitant Élisabeth de « bâtarde ». Les ensembles s’inscrivent en toute logique et avec une grande efficacité dramatique comme témoins impuissants, intercédant en sentiments opposés entre les deux femmes. Le chœur exprime joie, pitié du sort de Marie et, dans sa dernière intervention, évoque l’échafaud, l’apprêt du supplice, rendant inutile leur présence scénique.
Et, on ne devrait pas le dire trop haut en ces temps où l’opéra, par force, se fait concert, le spectacle disparaissant par la pénurie, c’est l’un des intérêts de cette version « concertante », « concentrante », concentrée sur la musique et les voix. Mais quelles voix, et quels artistes ! On oserait dire que tout parut plus fort, plus intense dans cet alignement des chanteurs ne diluant, pas dans une scène en mouvement et un jeu spatialisé, la puissance de leur expression vocale et dramatique. Et, si le mot n’était aujourd’hui aussi galvaudé, on oserait dire aussi qu’ils nous offrirent une représentation où le tragique de l’Histoire était sublimé, au vrai sens d’‘idéalisé’, ‘purifié’, par la beauté sublime de leur voix et de leur interprétation.
Concentration dynamique, haletante, du chef, Luciano Accocella, qui ne délaye jamais la trame orchestrale toujours un peu lâche de Donizetti, la resserrant par un tempo qui participe de ce drame qui court vertigineusement vers son inéluctable fin, que l’on connaît tout en la rêvant différente, sachant tamiser en clair-obscur le chœur (Aurore Marchand) jubilant du début, passant à l’ombreuse prière à mi-voix de la requête de pitié. Contenant l’orchestre ou le stimulant, mais toujours attentif aux chanteurs, à leur souffle, au texte qu’il module silencieusement.
En majesté, Karine Deshayes, dans le personnage ingrat, ici simplifié d’Élisabeth, déploie la générosité de son mezzo, qui semble s’être étoffé et unifié en tissu somptueux du grave à l’aigu facile, prêtant la volupté du velours de la voix à une virginale reine dont elle nous fait sentir, dans ce chant ardent, que toute cette glace sensuelle est prête à fondre, contrainte de confondre un évasif objet d’amour qui glisse entre ses doigts. Ses regards sur Leicester disent le dépit amoureux, la jalousie, la haine de l’autre, l’humiliation de la reine, la douleur de la femme : tout le rugissement d’un fauve à peine contenu par la politesse et politique de cour : la passion dévorante contrôlée apparemment par les tours et détours policés du bel canto. Face à elle, face à face, affrontée et même effrontée malgré le danger, Patrizia Ciofi, sur une tessiture moins vertigineuse que nombre de ses rôles habituels, un médium corsé, onctueux, assombri, fait planer des aigus rêveurs dans son évocation mélancolique des jours heureux de France, donnant un sens à chaque ornement, gruppetti égrenés telles des images vocales, des pétales effeuillés du bonheur d’autrefois : comme étrangère déjà à elle-même, elle dénoue avec une élégance nostalgique les rubans des vocalises comme elle délierait des liens qui l’entravent dans son ascension spirituelle vers la liberté : son adieu aux autres et un adieu à soi, elle fait poésie de la rondeur et douceur de son timbre mais, ses grands yeux bleus lançant des flammes, devant les provocations insultantes de la reine d’Angleterre, ose le déchirer du cri de l’injure impardonnable qu’elle sait payer de sa vie, défaite mais non vaincue.
Entre ces deux femmes, une qui l’aime, l’autre qu’il aime, tentant vainement de ménager et de fléchir la reine triomphante, vouant à la reine prisonnière un amour digne à la fois de la courtoisie troubadouresque et du désir héroïque sacrificiel chevaleresque, Ismaël Jordi est un Leicester juvénile, perdu, éperdu, entre ces deux grands fauves politiques, et tout son visage, son corps autant que sa voix expriment son déchirement. Sa voix riche de ténor flexible, déjouant en virtuose tous les pièges vertigineux de la partition, traduit avec une émouvante expressivité le drame vécu par ce témoin impuissant devant le conflit passionnel à en perdre la tête qui prend le pas sur la raison des deux femmes.
Michele Pertusi prête sa grande et belle voix de basse, son élégance, sa noblesse, à un Talbot confident et confesseur ému mais non complaisant d’une Marie qu’il exhorte à mourir chrétiennement en avouant ses fautes qu’elle ne peut cacher à un dieu vengeur. À l’opposé, ennemi politique de la reine d’Écosse, Cecil, est chanté par le baryton Yann Toussaint qui en aiguise l’implacable Raison d’état d’une inflexible voix aux éclats d’acier qui en appellent à ceux de la hache. Dans le rôle sacrifié de la suivante désespérée, Anna Kennedy, qui bandera les yeux de la reine martyre, Ludivine Gombert, avec peine quelques phrases et des ensembles émouvants, fait entendre un soprano d’une pureté diamantine dans la pourriture politique et passionnelle.
Emprisonnée en mai 1568 par Élisabeth qui, en réalité, se refusera toujours à la rencontrer, Marie Stuart, poétesse également, avait brodé sur sa robe cette devise : « En ma Fin gît mon Commencement ». La légende, sinon l’Histoire lui donnent raison. Benito Pelegrin
Maria Stuarda de Donizetti
Opéra Grand Avignon, 24 et 27 janvier .
Orchestre Régional Avignon-Provence. Chœur de l’Opéra Grand Avignon. Direction musicale : Luciano Acocella. Direction des choeurs : Aurore Marchand. Etudes musicales : Kira Parfeevets. Distribution :
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ANDALOUSIE
Livret d’Albert Willemetz et Raymond Vincy, musique de Francis López
16 janvier
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Après le triomphe inattendu de La Belle de Cadix en 1945, déjà avec Raymond Vincy comme librettiste et un Luis Mariano presque inconnu comme personnage principal, Andalousie, est créée en1947, encore un triomphe du trio formé par Raymond Vincy pour le texte, Francis Lopez pour la musique et Luis Mariano pour le chant, prémices d’une série de succès pendant plus d’une décennie, d’inspiration espagnole d’un duo de Basques, López et González devenus Lopez et Mariano, deux étrangers bien étrangers, heureusement, au nationalisme qui fait des ravages aujourd’hui dans ce même Pays basque et ailleurs.
Bien sûr, nous sommes en pleine mais non plane espagnolade, moins par ces jolies ou belles mélodies enchaînées que par un livret pauvret (malgré deux librettistes…) mais riche en clichés éculés sur l’Espagne, ou plutôt une caricature d’Andalousie : amour passionnel ombrageux, jalousie mais honneur farouche, vaillance, bravade plus corrida obligée comme mythique moyen de promotion sociale d’un misérable vendeur d’alcarazas, parfaite idéologie du franquisme restaurateur viandard de ce que la République appelait « La Honte nationale ». C’est sans doute cette présence de la corrida qui date le plus le spectacle, aujourd’hui largement désertée et réprouvée par la jeunesse qui, à l’inverse, après une période de rejet des danses d’un folklore sclérosé imposé aussi par le franquisme, revient joyeusement à ces habaneras, boléros, séguedilles, sévillanes et fandangos revitalisés dans leurs fêtes modernes.
Quelques jeux de mots téléphonés font sourire. On sourit aussi à ces toiles peintes de notre enfance, ondulantes, gondolantes sur leur tringle, une rue à arcades andalouses, un fond exotique vénézuélien, et l’on en redécouvre rétrospectivement l’avantage d’un rapide —et économique— changement de décor et de lieu au lieu de nos actuelles scénographies uniques : finalement cela souligne le jeu bon enfant de l’ensemble, mais surligne aussi deux belles fautes d’orthographe espagnole pour le nom de l’auberge avec : « Dona » pour « Doña » et « Vittoria » pour « Victoria ». Mais, on apprécie le bon accent hispanique général, bien sûr, on ne s’en étonnera pas, surtout de Marc Larcher et de Caroline Géa. Les costumes, en revanche, d’un hispanisme de fantaisie, sont somptueux et très nombreux et ne sont pas pour rien au charme à la fois fastueux et désuet du spectacle que goûte un public largement âgé qui y retrouve, sinon un regain de jeunesse, du moins un rajeunissement des souvenirs.
Avec ce peu musical, la direction de Bruno Conti aiguise au mieux l’Orchestre du théâtre de l’Odéon en progrès et le Chœur Phocéen (Rémy Littolff) s’en donne à cœur joieet joue en jouant, enjouement communicatif, dans une mise en scène toute en rythme de Jack Gervais, sans temps mort, mais trop de bras levés en signe superfétatoire et convenu de liesse, avec une plaisante mise en danse coulant de source de certains ensembles (chorégraphie de Felipe Calvarro).
La répartition des airs est inégale dans l’œuvre : un ensemble pour la Greta de Julie Morgane ; deux airs, deux valses, obligées, pour la supposée cantatrice viennoise majestueusement et emphatiquement campée par Katia Blas ; et on aurait aimé davantage d’airs pour la jolie voix de Caroline Géa ; en conspirateur libéral, on a le plaisir trop rare d’entendre la sombre puissance de Jean-Marie Delpas . Une très poétique mélodie nous permet de découvrir le joli timbre de Samy Camps en Séréno, le veilleur de nuit, chargé de donner l’heure et d’ouvrir les portes des immeubles dont il avait toutes les clés, institution espagnole pittoresque dont le franquisme fit un délateur officiel du régime veillant entrées et sorties des maisons, surveillant tout rassemblement suspect. Les autres personnages n’ont pratiquement pas d’air, comme le Pepe, un toujours irrésistible Claude Deschamps qui se suffit à lui-même, vrai gracioso de la tradition espagnole de la comedia faisant paire avec la sémillante et pétillante Pilar de Caroline Gea, dont les amours ancillaires sont comiquement parallèles à celles des jeunes premiers. En Allemand vêtu à la tyrolienne à l’accent marseillais, le Baedeker d’Antoine Bonelli est une vraie réussite comique, salué par des applaudissements dès son entrée en scène, tout comme Simone Burles : ils habitent le plateau comme chez eux et le public leur marque ainsi une joyeuse connaissance et reconnaissance, tout comme au ténor Marc Larcher qui a aussi su faire sa place dans ce théâtre qui dignifie l’opérette. Par son allure, sa prestance, Larcher échappe au ridicule qui, en Espagne, s’attache toujours à la fausse virilité et vaillance du matador, ‘le tueur’ : vaillance, virilité, c’est la beauté de sa voix lumineuse, aux aigus droits et drus comme une lame tolédane, élégance de la ligne, du phrasé, et une impeccable diction. Il a une digne et belle partenaire dans la soprano Émilie Robins, timbre raffiné,aigus faciles pour un médium large et sonore. Elle se meut avec grâce, esquisse avec gracilité quelques mouvements de bras en rythme andalou sans caricature. Tous deux assortis en voix, charme et beauté, sont de vrais jeunes premiers qui remportent les cœurs dans une troupe nombreuse, heureuse époque de dépense, où même les figures les plus passagères existent.
Flamenco et zarzuela
Mais il faut souligner qu’à la musique espagnolisante facile de l’opérette de Lopez, on a ajouté avec raison, un authentique ensemble flamenco au-dessus de tout éloge : un guitariste chanteur, Jesús Carceller qui, malgré le micro pour l’immense salle, ne se contente pas de hurler comme le font trop souvent ceux qui caricaturent l’essence du cante hondo, mais, avec une belle voix, en fait ruisseler les mélismes délicats, murmure la déchirante plainte d’un père à la recherche de son fils, avec une sobre émotion.Mis en pas par le chorégrapheet danseur Felipe Calvarro, le groupe de danseurs, Nathalie Franceschi, Valérie Ortiz, Félix Calvarro déploie tous les sortilèges de la danse flamenco dans des fandanguillos de Cadix, des bulerías, etc. dans des zapateados virtuoses au crépitement conjoint des castagnettes.
Mais, dans le dernier tableau, où fut judicieusement intercalé, sans aucune annonce dans le programme, l’intermède complet de la gracieuse zarzuela de Gerónimo Jiménez (1854-1923), qui inspira par sa musique Turina et Manuel de Falla, El baile de Luis Alonso, on put apprécier que ces danseurs avaient une solide formation de la Escuela bolera classique en interprétant avec beaucoup de charme la jota. Ce fut un triomphe.
L’Espagne vraie rattrapait la gentille espagnolade.
Benito Pelegrin
Andalousie de Francis Lopez
Marseille, Théâtre de l’Odéon, 16 et 17 janvier.
Direction musicale : Bruno Conti.
Mise en scène : Jack Gervais.
Chorégraphie : Felipe Calvarro
Orchestre du théâtre de l’Odéon, Chœur Phocéen
Dolores : Amélie Robins ; Pilar : Caroline Géa ; Fanny Miller :Katia Blas ; Doña Victoria : Simone Burles ; Greta : Julie Morgane ; la gitane : Anne-Gaëlle Peyro ; la fleuriste : Lorrie Garcia.
Juanito : Marc Larcher ; Pepe : Claude Deschamps ; Valiente :Jean-Marie Delpas ; Baedeker : Antoine Bonelli ; Caracho: Damien Surian ; Le Séréno: Samy Camps ; un alguazil : Pierre-Olivier Bernard ; un consommateur : Patrice Bourgeois ; Gómez : Daniel Rauch ; Aubergiste : Emmanuel Géa ; Péon : Vincent Jacquet.