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Le Parvis des Arts, un nouveau directeur fidèle à la ligne artistique impulsée par son créateur
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Top départ pour une nouvelle saison riche en spectacles où il sera question d’humain, d’amour, de violence, de tristesse et de joie.
Entre continuité et renouveau
Julien Therme, issu du monde entrepreneurial, mais doté d’une sensibilité artistique nécessaire à la direction d’un lieu culturel, a repris, en janvier 2016, le flambeau d’Olivier Arnéra, fondateur en 1996 du Parvis des Arts (sis 8 rue du Pasteur Heuzé, Marseille 3ème), son directeur pendant près de 25 ans. C’est le départ volontaire d’un homme, comédien et directeur artistique : ce dernier, de son humble aveu, « a préféré se consacrer aux créations de sa compagnie trentenaire, la Sketch’Up compagnie ».
Il revient par ailleurs cet hiver avec une nouvelle création « Espèce d’humain toi-même », dont il signe le texte, mise en scène par Brahim Tekfa, comédien aux côtés de Wilma Lévy dans « sous un ciel de chamaille » de la compagnie des passages (également présenté cette saison au Parvis le 16 décembre à 20h30). La création sera jouée du 3 au 18 février (vendredi et samedi à 20h30) : sur le modèle d’une « exo-conférence à la façon d’Alexandre Astier avec 5 conférenciers sur scène », elle explorera « les paradoxes de l’humanisme et de l’humanité moderne », en écho à la thématique de l’année, humanisme et humanité.
Une filiation revendiquée
C’est l’affirmation d’une filiation en termes de valeurs que nous dévoile Julien lors de la conférence de presse, insistant sur les valeurs d’entraide et de solidarité héritées de l’histoire du lieu, quand il était encore une paroisse dans les années 40. Car nous rappelle-t-il : « depuis la naissance du Parvis, il n’a jamais été question de séparer le social de l’artistique ». Les deux étant intrinsèquement liés, le lieu a toujours voulu proposer des ateliers et activités où les maîtres mots étaient « exigence, qualité et service » précise Olivier. Ce travail d’action culturelle et sociale menée depuis 25 ans a valu par ailleurs au lieu une belle reconnaissance par les habitants de ce quartier, pourtant, réputé difficile.
Pour preuve, un atelier Lycéens et apprentis a été créé à la demande des collégiens de l’atelier Ados souhaitant continuer leur activité théâtrale. L’atelier théâtre en herbe a été doublé pour faire face à la demande croissante et l’atelier pousse de théâtre, consolidé pour la deuxième année consécutive. Ces ateliers enfants bénéficient du soutien financier de la CAF et sont le fruit d’un partenariat de longue date avec la MPT Kléber. Du côté des ateliers adultes, en plus des ateliers débutants, création ou avancés, un atelier femmes a été mis en place pour les femmes du quartier souhaitant pratiquer le théâtre quel que soit son niveau de langue française (atelier gratuit). Une formation marionnette, un atelier chant et interprétation, un stage de clown et un stage d’écriture complètent l’offre des ateliers et le programme de découverte et pratique du spectateur initié dans le cadre du projet « emmène-moi au théâtre », cher à Olivier.
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Un souffle nouveau pour le Parvis et son équipe fraîchement reconstituée
Cette année, la saison fait la part belle à de nouveaux venus même si les compagnies résidentes ou associées reviennent présenter leur création ou reprise de création.
En novembre, après une carte blanche donnée à Franck Libert et à sa compagnie Haut les cranes, et avant le festival sur le fil, 9ème édition (du 18 au 20 novembre : seul festival annuel en France dédié à un public sourd et malentendant), il sera temps de se laisser surprendre les 12 et 13 novembre à 20h30 par « le Cabaret du Elles » de la compagnie du Yak : Fred Kodiak et Magali Lindemann incarnent deux chanteuses, l’une lyrique, l’autre jazz, toutes deux prisonnières de leur répertoire et des idées reçues qui les empêchent d’explorer de nouveaux territoires. S’inspirant du cabaret-concert où les artistes chantent et jouent pendant que le public ripaille, cette création relate une rencontre improbable à savourer.
Le mois de décembre sera plutôt dédié aux enfants avec la présentation de « Dimelo », un conte chorégraphié à destination des petits par la cie la Innombrable (5 au 9 décembre) et « Boucle d’or » par le Divadlo Théâtre (12 au 16 décembre). Sans détailler toute la programmation, sachez que, dans le cadre de l’esprit de compagnie offert à Stéphane Lefranc du 3 au 27 janvier, la compagnie du funambule créera les 27 et 28 janvier à 20h30 un spectacle inspiré de «les enfants » de E. Bond sous le titre provisoire de « Brique Le », une tragédie de l’enfance perdue dans une version marionnettique libre. Notez également la reprise de « Papiers Timbrés », ode poétique à ce matériau si particulier dont un amoureux fou vous fera découvrir tous les secrets usages (les 13 et 14 janvier à 20h30).
Après un second esprit de compagnie en février/ mars où le public pourra découvrir deux textes de Pagnol dans une version seule en scène inédite avec l’Accompagnie, et un mois de mars consacré aux classiques et aux modernes (dont un Molière adapté par la compagnie Mascarille), le Parvis lance, en amont du festival de théâtre amateur, l’opération « coup de pouce » à des compagnies amateurs pour leur offrir la possibilité de jouer dans des conditions professionnelles (31 mars au 2 avril).
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Une nouvelle compagnie fait cette année son entrée au Parvis, la Cie Pata Paya : cette dernière mêle musique, danse et chant et propose au public un conte flamenco intitulé « la petite gitane et le général » du 19 au 30 avril, en alternance avec une soirée cabaret les samedis. Le mois de mai verra le retour d’un spectacle de fort belle qualité, mis en scène par Frédéric Ortiz : « Etoiles jaunes » du 5 au 20 (vendredi et samedi à 20h30, sauf le 19 mai où se déroule au Parvis la nuit de l’éthique à partir de 19h). Si vous ne l’avez pas encore vu, il est temps d’aller assister à une représentation de ce spectacle fort et poignant, excellemment interprété par Cécile Vigne et Anne Marie Ortiz, écrit à partir du témoignage de Ruth Freschel, déportée à Auschwitz.
Une saison riche en spectacles donc, et en nouveautés ! Seul bémol : faute de budget suffisant, les spectacles adultes présentés à 20h30 ne sont joués qu’une à deux fois, seuls les spectacles jeunes publics et la création maison (à l’exception d’« étoiles jaunes ») sont étalés sur une série de 4 à 6 représentations. Néanmoins, notons le bel effort de fait sur les tarifs des entrées : le prix maximum s’élève à 12 € et de nombreuses réductions permettent aux personnes à revenus modestes de voir un spectacle à 9€ et 6€, les spectacles jeunes public présentés en journée sont quant à eux à 5€ !
Alors pourquoi se priver d’aller au théâtre, d’autant plus qu’une buvette attend les spectateurs avant et après le spectacle, et que le lieu, en dehors d’une salle de 90 places, arbore un joli patio ? DVDM
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d’après My Fair Lady de Frederick Loewe, livret de Alan J. Ferner
adaptée pour deux personnages par Jean-Christophe Born
Dans le cadre de Septembre en mer, Marseille, Voilier le Don du vent, 16 septembre
L’auteur de l’œuvre originelle
George Bernard Shaw (1856-1950) fut critique dramatique, d’art et de musique, auteur de romans, d’essais, militant politique socialiste. Il a écrit plus de cinquante pièces. Sa verve humoristique va faire de lui un maître incontesté du théâtre anglophone. Très engagé politiquement, George Bernard Shaw s’attaque aux abus sociaux, dénonce la rigidité des classes sociales.
En 1925, il reçoit le prix Nobel de littérature. Il est célèbre pour ses mots d’esprit souvent acides. L’on pense à Sacha Guitry :
“On compare souvent le mariage à une loterie. C’est une erreur, car à la loterie, on peut parfois gagner.
“Quand une femme du monde dit non, cela veut dire peut-être ; quand elle dit peut-être, cela veut dire oui ; et quand elle dit oui, ce n’est pas une femme du monde.
“Lorsque Dieu a créé l’homme et la femme, il a bêtement oublié d’en déposer le brevet si bien que, maintenant, le premier imbécile venu peut en faire autant.
“Les animaux sont mes amis… et je ne mange pas mes amis.
“La mort ne m’impressionne pas, j’ai moi-même, en effet, l’intention bien arrêtée de mourir un jour.
“La vie est trop courte pour être prise au sérieux.”
Son l’époque est encore celle du réalisme dans le roman (Zola n’est pas loin, il meurt en 1902) dans le théâtre avec Ibsen, Strindberg dans les pays scandinaves, du vérisme dans l’opéra italien qui, en réaction contre le néo-romantisme, veut traiter de tranches de vies, illustré par Mascagni et sa Cavalleria rusticana, Leoncavallo et ses Pagliaci, par Giordano et même Puccini, ou même en France avec le « Roman musical » qu’est Louise (1900) de Charpentier. Bien sûr, en réaction, il y a les mouvements symbolistes, décadentistes, brillamment illustrés par le spirituel Oscar Wilde, autre Irlandais, par Richard Strauss en musique, par Debussy, par Maeterlinck dans le théâtre. Et la peinture est déjà sur d’autres voies modernistes. Mais Shaw écrit des pièces à thèses, dénonçant l’injustice sociale de la rigide Angleterre encore victorienne (la reine Victoria meurt en 1901) corsetée, étouffée par les conventions hypocrites) même sous le règne du successeur Edouard VII.
Sa pièce Pygmalion, est créée en 1912.
On connaît le mythe grec du sculpteur Pygmalion qui tombe amoureux de sa statue, Galatée, qui prend vie par la grâce d’Aphrodite. Le mythe pose le problème du rapport entre le créateur et son œuvre, l’idéalisation qu’il matérialise dans un corps, dont il aime la beauté dans un miroir narcissique qui lui renvoie sa force créatrice. Shaw l’actualise : un distingué et insupportable professeur de phonétique, de diction, vieux garçon revendiqué, rencontre, dans le marché londonien de Covent Garden, une jolie petite marchande de fleurs d’une extrême vulgarité. Il fait le pari avec l’un de ses amis de corriger son horrible accent cockney, faubourien, d’en faire une grande dame capable d’éblouir la haute société par sa distinction.
En 1939, un premier film remporte un Oscar pour le scénario que Shaw a tiré de sa pièce Pygmalion et l’on dit qu’il se sert de la statuette pour bloquer sa porte. Broadway s’en empare : c’est la comédie musicale My Fair lady, musique de Frederick Loeve, livret d’Alan Jay Lerner, créée par Rex Harrisson et Julie Andrews en 1956. En 1964 la pièce est portée à l’écran par Georges Cukor avec le même Harrisson et Audrey Hepburn.
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DON DU VENT ET DOUÉ À TOUS VENTS
Le Don du vent c’est ce joli deux-mâts ancré au Vieux-Port devant la Mairie ; il a un long passé, il a vécu nombre d’aventures, dont la moindre n’est pas que le compositeur Frederick Loeve, invité à bord par des amis, y écrivit tout ou partie, justement, de My Fair Lady. Sans le prendre à l’abordage, Jean-Christophe Born l’a investi déjà triomphalement, notamment, l’an dernier avec Marseille, mes amours, un succulent condensé d’opérettes marseillaises concocté savoureusement par lui-même. Il récidive, mais sur la rive britannique, avec cette adaptation personnelle de My Fair Lady, et avec le même succès. Une gageure.
Passer d’une pièce fourmillant de personnages, le père, Freddy l’amoureux d’Eliza, la mère d’Higgins, à un condensé, un tête à tête, le duo longtemps duel entre le docte professeur et sa disciple ou, plutôt, son cobaye, n’est pas un mince exploit. Pourtant, il est pleinement réussi, non seulement parce que quelques interpellations habiles font exister des personnages absents (mère, public des courses et chevaux), sauf une duchesse joliment incarnée par une spectatrice, mais parce que ce resserrement de l’intrigue, excluant donc le spectaculaire, surtout dans l’exiguïté de l’espace et la proximité physique du public, condense et rend plus dense le jeu et l’enjeu : la cruauté expérimentale de l’épreuve à laquelle l’arrogant professeur imbu de sa science sans conscience, soumet la pauvre jeune fille. Et l’on est heureux qu’il ne soit professeur que de diction de salons et palais, qui classe ou déclasse, admet ou rejette selon l’accent chic ou choc, le mot propre ou sale car, malgré l’humour de la pièce, sa toute bonne conscience d’imposer à autrui un bonheur sans appel de ce qu’il estime la norme langagière, on sent en lui l’énorme ambition du tyran écrasant sans pitié les êtres non conformes, renvoyés à l’anormalité, à l’animalité même, sale et puante, en toute bonne conscience. On l’imagine plus avant en savant expérimentateur et fou de sa science.
C’est donc une adaptation réussie centrée sur le conflit psychologique et social entre les deux héros. Car, sous l’apparence frivole de la pièce, il s’agit, en réalité, d’une charge sur l’amour et sur les difficiles rapports entre les différentes classes sociales : le professeur, c’est le maître, Liza, l’esclave. Mais petit à petit, dans une dialectique hégélienne comme on dirait en philosophie, les rôles sont inversés, Liza prend le pas sur le maître. Malgré tout, quel sera le sort de cette pauvre fille prise entre deux mondes auxquels elle ne peut appartenir complètement, sorte de Cendrillon d’un moment qui reviendra à la case départ mais après avoir connu un univers qui ne sera jamais le sien ? Certes, comme dans les contes de fées, cela finira bien, le Pygmalion, le Professeur créateur tombe amoureux de sa créature mais tombe-t-il vraiment amoureux de Liza, de la femme qu’elle est vraiment ou de sa création, c’est-à-dire de lui-même ?
C’est donc tout cela que nous rend sensible cette adaptation de Jean-Christophe Born ce jeune ténor au physique de jeune premier qui a tous les dons, doué à tous vents. Il chante bien, il maîtrise ce chanté-parlé typiquement anglo-saxon destiné à des comédiens non chanteurs, alors qu’il est un chanteur lyrique remarquable. Il déroule, distille les mots avec une parfaite diction qui rend crédible l’irascible professeur de phonétique. Mais, comédien tout aussi talentueux, malgré l’élégance contenue du gentleman, tout son visage extrêmement mobile et quelques gestes stylisés accompagnent avec souplesse et variété, sans nulle outrance, avec un naturel comique confondant, le distingué professeur célibataire endurci, fils de famille et à sa maman. Du grand art en toute joyeuse modestie.
La partie de la soprano Cecilia Arbel est un peu plus ardue puisqu’elle doit incarner la pauvre vendeuse de violettes de Covent Garden dont la mine et l’accent horrible horripilent et fascinent l’érudit et distingué professeur, puis évoluer vers la jeune élève polie lentement plus par l’amour que l’éducation phonétique et advenir enfin, papillon éthéré sortant de la chrysalide, à l’éclosion éblouissante de la femme fleur séduisant même le roi. Rôle de composition délicat de trois personnages en un. Elle s’en tire assez bien et nous touche par son rêve naïf de bonheur dans un modeste confort « Wouldn’t it be lovely ? », ’Ce serait pas charmant’ au rythme de claquettes, et son introspectif et vengeur « Just you wait », ’Attends voir, tu vas souffrir’ et nous enchante, par le brillant « I could have danced all night », ‘J’aurais pu danser toute la nuit’ qu’elle finit avec un timbre fruité et corsé sur un beau contre ré .
C’est à Solange Baron (qui a adapté pour l’accordéon la partition) et Cyrille Muller, plus qu’accompagnateurs, partenaires et témoins ironiques, rêveurs ou amusés, que revient, en interludes de nous bercer de l’air fameux de Freddy passant sous les fenêtres de Liza.
Les costumes, d’une élégance britannique pour le professeur, en frac pour les mondanités, d’une somptuosité 1900 pour la métamorphose de Liza, avec un chapeau plaisamment surdimensionné qui se souvient du film de Cukor, quelques éléments pertinents, une table, un siège, un téléphone, un livre, des déplacements et des mouvements justes et précis dans cet espace réduit, sont à porter au crédit de la mise en scène subtile et habile d’Henri de Vasselot : avec apparemment des riens, beaucoup de résultats.
Bon vent au voilier et à ce délicieux spectacle ! Benito Pelegrín
My Fair Lady de Marseille
Textes parlés en français, musiques chantées en anglais
Le Don du Vent
1, 2, 16 septembre
Mise en scène : Henri de Vasselot ; costumes : Atelier Sevin-Doering.
Avec :
Cécilia Arbel : Eliza Doolittle ; Jean-Christophe Born : Professeur Henry Higgins.
Solange Baron et Cyrille Muller à l’accordéon classique.
En exergue, affiche initiale de Septembre en mer, reprise de 1928, censurée en 2016, au prétexte qu’elle pouvait gêner “certaines populations” (infos FR3) : “Cachez ce sein que je ne saurais voir” (Molière, Tartuffe, 1669). Rétablie dans quelques stations de métro : le corps de la femme dans les tunnels au XXI e siècle…
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Surfant sur la vague des JO 2016 de Rio puis de l’année capitale européenne du sport dont Marseille sera la représentante en 2017, la Foire Internationale de Marseille décline le Sport sous toutes ses formes : Sport et Culture, Sport et Bien être, Sport et Santé, Sport et Handicap, Sport et Performance, Sport au féminin…. Alors qu’il s’agisse de se faire plaisir, de se remettre en forme ou de se perfectionner, la direction de la Safim, organisatrice de l’événement, nous promet « des activités sportives pour tous les goûts, tous les âges et toutes les CSP »… et ce durant les onze jours de Foire du 23 septembre au matin au 3 octobre en fin de journée au Parc Chanot.
Sécurité renforcée, accueil amélioré et visitorat rajeuni
Certains s’interrogeront sur la mise en place éventuelle d’un plan de sécurité en ces temps de vigilance accrue et de risque terroriste affirmé : soyez en rassuré, le PDG, Loïc Fauchon, expliquait en préambule de la conférence de presse que « tous les moyens pour assurer la sécurité des visiteurs de la Foire ont été déployés et surtout, renforcés ». Quels sont-ils ?
Un communiqué détaille l’ensemble des mesures prises : « inspection visuelle systématique des sacs, ouverture des vestes à périmètre large, inspection aléatoire des véhicules aux entrées du Parc, contrôle de sécurité systématique à périmètre court de l’ensemble des visiteurs et exposants (en dehors de la délivrance à ces derniers de badges spécifiques d’accès), mise en place de physionomistes aux entrées et à l’intérieur du Parc. » En cas de force majeure, il est possible de contacter le poste de police de la Foire au 0491769091 (situé porte A).
Une nouveauté susceptible d’intéresser les parents, en dehors de la conciergerie (avec consigne de casques gratuite) et de l’espace conseil – information : un espace garderie et animations pour les moins de 12 ans ainsi qu’un coin bébé (avec prêt de poussette) est disponible en Week end et le mercredi (services gratuits). La Foire met ainsi les petits plats dans les grands pour accueillir au mieux les centaines de milliers de visiteurs attendus soit 330000 visiteurs sur le million et demi que reçoit le Parc Chanot à l’année : « la Foire n’est que la face immergée de l’iceberg » précise M. Fauchon.
Ce dernier profite de ce temps de parole pour rappeler que « le Parc Chanot accueille 2 à 3 fois plus de monde que le Stade Vélodrome avec les nombreux salons professionnels et grands publics proposés toute le long de l’année » : citons le Hero Festival, Artémisia, le salon des CE… ainsi que les nombreux congrès internationaux, notamment dans le domaine de la médecine, où Marseille est à la pointe. « Chanot est en concurrence avec Miami, Londres et Singapour ». Une modernisation des halls nécessaire, entamée ces dernières années, se poursuit actuellement entre deux événements.
Revenons-en à la Foire, Catherine Casadei, directrice adjointe, fière que la FIM soit la première foire internationale en Région, insiste sur ce rendez-vous incontournable, « cher aux Marseillais et aux provençaux, un lieu où tout le monde se côtoie ». Depuis le changement de cap initié en 2012 avec « un repositionnement marketing et commercial fort, un plan média musclé » porté par « la création d’une thématique centrale et universelle » autour de laquelle la Foire s’organise chaque année, « le visitorat s’est rajeuni ».
« La thématique sportive de cette année permet de porter haut les valeurs de respect, solidarité et de dépassement de soi de la manifestation. » conclut-elle.
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La direction de la SAFIM: Catherine Casadei, directrice adjointe, Loïc Fauchon, PDG, Hélène Caïco, directrice de la communication, et Richard Latière, directeur des manifestations.
Un made in France mis en avant qui n’occulte pas la diversité des cultures du monde représentées
Nos amis italiens, vietnamiens (déplacés au hall 6), chinois, japonais, canadiens, néozélandais, arméniens, antillais et bien d’autres reviennent encore cette année pour les plaisirs des sens et les gourmets curieux. A noter que l’Albanie fait son entrée à la foire et qu’une exposition lui est également consacrée au Mucem.
Une nouveauté, au jardin des délices, à côté de laquelle nous ne pouvions passer : la venue d’une entreprise, bubble stop, installée à Aix en Provence, spécialisée dans le bubble tea taïwanais : pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’un thé généralement au lait de soja constellé d’une myriade de petites boules noires de tapioca. C’est la boisson préférée des taïwanais et elle fait aujourd’hui son entrée dans le sud de la France. Car de Taïwan, les français ne connaissent souvent que le made in Taïwan informatique, confondant souvent le pays avec la Chine, et pire, avec la Thaïlande. Or ce petit pays regorge de spécialités culinaires délicieuses ( 好 吃, hao chi) et parfois improbables !
Alors nous nous demandons : à quand un stand dédié à Taïwan (qui a élu une femme présidente rappelons-le) à la Foire, au risque bien entendu de déplaire à la Chine ? Car il existe deux spécialités culinaires taïwanaises à faire découvrir aux papilles françaises : la soupe de nouilles au bœuf (牛肉面, niu rou mian) dont les préparations varient du nord au sud et de l’est à l’ouest et le tofu qui pue (臭豆腐, chao tofu), ces petits cubes de tofu fermentés et frits qui ont la texture du fromage et le croquant du pain. Tout l’univers du thé, des épices et infusions sera néanmoins présent à la foire pour les amateurs, éclairés ou pas, avec Cookme.
Cette année, « une place privilégiée a été accordée au made in France, avec l’accueil de nombreux artisans, dans d’avantageuses conditions, pour leur permettre de faire découvrir leurs créations au cœur du hall 1 » explique Richard Latière en charge des exposants : ce sera l’occasion de mieux connaître la FIMIF (la fédération indépendante du made in France) et les différents labels nationaux mais également les ex-fralibs, avec leur thé 1336. De nombreux ateliers et diverses animations autour de la broderie, de la création d’objets à partir de matériaux de récup’ seront au menu de cette semaine et le public pourra découvrir de jeunes créateurs marseillais à l’image de « fil de bohème ». « Un réel coup de pouce aux créateurs ! » précise le directeur des manifestations de la Safim.
Vous aurez ainsi un large choix de produits à découvrir autour du monde et de la France.
Un prélude à Marseille, capitale européenne du sport 2017 : une foire festive et sportive
Que vous aimiez le sport ou non, que vous soyez sportif pro, amateur ou du dimanche, vous n’y couperez pas en 2017. Et cette rentrée automnale n’échappe pas à ce déferlement sportif national et international.
« Un village des sports de 4500 m2 où 20 disciplines sportives dont le judo, la pétanque, le hockey, la boxe, le yoga ou encore la gymnastique seront à essayer, grâce au concours de 6 partenaires sportifs*, et un bassin nautique de 200m2 pour ceux qui voudront s’initier au kayak ou au paddle seront installés en plein cœur de la Foire », annonce Hélène Caïco, en charge de la communication. La championne de judo olympique, Emilie Andéol, sera également présente le 26 septembre ! Car que serait un village sportif sans champions ?
Le pôle sport et santé sera à l’honneur proposant des animations sportives adaptées et les curieux pourront découvrir et s’initier au football féminin, discipline qui aujourd’hui commence à avoir le vent en poupe (le 1er octobre). Le Pôle méditerranéen de médecine du sport répondra aux questions que vous vous posez et vous pourrez même tester dans l’unité mobile de cryothérapie l’application de froid à moins 150 degrés (une technique de récupération pour sportifs de haut niveau).
Toute une armada de professionnels du sport sous toutes ses coutures seront présents et un jeu en 6 étapes sera organisé sous forme de quizz avec des cadeaux à la clé pour les gagnants. Les amoureux de souvenirs pourront participer à la vente aux enchères organisée par M. Leclère au profit d’une association caritative (la Croix Rouge, parrainée par Fabien Gilot) au palais des arts avec des lots prestigieux, dont le maillot de Di Meco ou encore la bicyclette de compet ‘ de Virenque.
Notons le retour de l’NRJ music tour le 29 septembre et, pour la seconde année consécutive, celui de l’association de Pascal Olmetta, « un sourire, un espoir pour la vie », de ses tournois de football entre anciennes stars du ballon rond et artistes français ainsi que de ses concerts dès le 26 septembre.
Bien entendu la Foire ne saurait être festive sans ses deux nocturnes. Ce sera l’occasion de découvrir les Olympiades, version 1900, spectacle créé par le collectif Champagne, avec 6 comédiens, 2 musiciens et 2 échassiers, puis la Batucada Odicé dans les allées et vivre une battle de fanfares ainsi qu’écouter le Maritima Live (le 23) avant de retrouver la Disco Night de France Bleue, voire participer à la création d’une toile de graff avec le collectif IRIE ART, et assister à une exhibition freestyle de vélo trial (le 30).
DVDM
*FFJDA, SMUC, SCO Ste Marguerite, CDOS, District Provence Football, et la Marseillaise, le mondial à pétanque.
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Présentation du parcours du Vendée Globe par Sébastien Destremeau, premier skipper de PACA à participer à la course.
Zoom sur le Vendée Globe
Lors de la conférence de presse, la safim avait un invité peu banal : Sébastien Destremeau, journaliste sportif toulonnais et commentateur TV, qui participe au Vendée Globe, 8ème édition, pour la première fois à l’âge de 52 ans. C’est également la première qu’un bateau de la région PACA se lance dans l’aventure ! Son nom ? Le Techno First Face Ocean, lancé le 18 juin 2015 avec la contribution de 800 personnes (à partir de 20€) et de nombreuses entreprises locales et nationales de différentes tailles. Son budget ? 350000€, une pichenette à côté des 8 millions d’€ investis par la MACIF, grand vainqueur de la précédente édition. Ses valeurs ? Le partage, la solidarité, et le dépassement de soi, explique le skipper. Ce dernier nous présente le VirtualRegatta, un jeu online qui permet de participer à la course et de la vivre. DVDM
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DEUXIÈME FESTIVAL INTERNATIONAL SAND ET CHOPIN EN SEYNE ( LA SEYNE-SUR-MER)
26 août 2016
Force et fortifications
Tours
Fort Balaguer, Tour Royale : les deux forteresses face à face sont comme le fermoir, qui enserre sans fermer complètement, le collier illuminé de l’immense rade de Toulon. D’un côté, les plages de sable, ponctuées par le Fort, de l’autre une pointe rocheuse surmontée de la Tour, la ville, la base navale, au loin, la silhouette fantôme dans le soir tombant du porte-avions Charles de Gaulle. Sur cette rive de Saint-Mandrier, petit port à l’ancienne, de petits bateaux d’autrefois, pas de yachts mais de modestes barques, des canots, des voiliers, une échelle humaine. Des routes serpentant, rêveusement, entre monts et mer. Un coin encore préservé.
Un chemin forestier dans la colline et des pinèdes surchauffées par la canicule, embaumées des senteurs des plantes aromatiques exhalées, exaltées par la chaleur, nous conduit, à pied, à une autre fortification : le Fort Napoléon. Un quadrilatère de pierre, arêtes vives mais brouillées, gribouillées, adoucies d’arbustes et d’arbres qui ont pacifiquement pris possession des hautes murailles défensives, tendre prolongement végétal des murs minéraux guerriers.
À l’intérieur, une cour, percée d’ouvertures donnant sur des salles voûtées, vouées désormais, à des expositions, en ce moment, de belles photos de Gil Fréchet. Une scène, un candélabre, deux pianos anciens, l’un, de collection, un Érard de 1926, l’autre ayant appartenu aux Chorégies d’Orange, ayant accompagné Jon Vickers, Montserrat Caballé, Pavarotti… Car ces forts, ces fortifications, belliqueuses, défensives, autrefois subissant le bruit du canon, sont soumises désormais à la paix de la musique.
Tour de force
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Chrystelle di Marco
C’est celui de la chanteuse lyrique Chrystelle di Marco, qui a dû puiser en ces lieux la force des murs et la volonté de fer, l’âme d’une guerrière pour réussir à planter, implanter un festival musical et littéraire autour des figures de Chopin et Sand, qui vécut tout près dans une villa et un lieu qui donnèrent nom à son feuilleton Tamaris publié dans la Revue des deux mondes, puis édité en 1862, dont le cadre est justement le décor de la corniche de Tamaris à La Seyne-sur-Mer, une histoire de mère et de fils malade, un aveu presque de son rapport maternel, inconsciemment incestueux, avec Chopin…
Chrystelle di Marco, qui a travaillé avec Raina Kabaivanska, qui chante déjà en Italie, en Espagne, a donc réussi l’exploit de créer ce festival autour de ces deux figures romantiques tutélaires avec, cette année, au programme, Le jeudi 25 août la pianiste internationale Maria Luisa Macellaro La Franca, associée à la comédienne Vanessa Matéo, pour conter en musique et texte les amours de Georges Sand et Chopin. Le 27 août, c’était le spécialiste de la musique de Chopin, Jean-Marc Luisada, lauréat du Concours International Frédéric Chopin de Varsovie, victoires de la musique en 2010, qui, sur un piano de collection exceptionnel, un Broadwood and sons de 1863, évoquait sous ses doigts l’âme de Frédéric.
Et, ce soir, le 26, c’était, avec la complicité du ténor géorgien Iraklí Kakhídze et de la pianiste venue de Géorgie pour les accompagner, Níno Chaídze, que Chrystelle di Marco payait de sa personne. Et quand on emploie cette expression c’est au sens propre et par antiphrase : sans aucune subvention, pour payer les autres, elle renonçait à son cachet, participant, jusqu’à la limite du concert, à tout le travail matériel qu’exige le maintien et la préparation d’un lieu scénique quand la pauvreté des moyens ne permet pas d’avoir une équipe suffisante pour la maintenance. Ce sont des circonstances, qui doivent entrer en considération, des difficultés de l’art aujourd’hui, de sa production, de la vie des artistes, dont l’engagement, la générosité, à la limite du danger pour eux, sont les mesures aussi de leur réussite.
Tour de chant Verdi
Au programme, donc, en première partie, quatre extraits de la Traviata. Le fameux récitatif introspectif, « È strano… » suivi du grand air « Sempre libera » de l’acte I ne pouvait manquer. On nous a tant habitués, à tort, à entendre ce rôle, notamment le passage de haute virtuosité « Follie, follie… » par des voix légères, qui ajoutent un abusif contre mi non écrit par Verdi, que l’on en oublie que la partition est écrite pour un soprano dramatique capable de vocaliser, d’alléger. La voix de Chrystelle di Marco, puissante, souple, ample tissu et volume, correspond exactement à cette tessiture, égale sur tout son registre, riche en harmoniques, colorée, grave onctueux et velouté, et un medium en mezzo forte d’une somptueuse beauté. Elle se tire admirablement des vocalises périlleuses, malgré le handicap d’une chaleur encore écrasante la nuit, dont le piano, malgré sa protection, souffre un peu avec, soudain quelques sonorités curieuses mais, finalement, agréables dans leur étrangeté. Cependant, l’éclatante belle santé de la voix correspond moins à la moribonde disant adieu à son passé, notamment dans des pianissimi bien tenus mais peut-être insuffisamment ténus.
Elle a un digne partenaire en Iraklí Kakhídze, tout juste arrivé du Festival de Bergen en Norvège, en plein air (et sous la pluie !), ce qui montre aussi à quelles conditions sont soumis les chanteurs dont la jeunesse est prisée pour une scène se rapprochant toujours plus du théâtre et du cinéma pour la beauté des personnages, mais qui ne peuvent s’offrir le luxe, pour vivre —et pas toujours bien— pour survivre souvent de leur art, de refuser l’emploi périlleux que leur proposent des directeurs plus soucieux de réussir un spectacle ponctuel que de ménager l’avenir des voix des jeunes artistes. Ainsi, engagé en troupe par l’Opéra de Manheim, il s’est déjà vu offrir ailleurs les rôles de fort ténors de Canio de Pagliacci et même d’Othello, dangereux en débuts de carrière et qui demandent une voix murie par le temps et l’expérience.
Il est vrai que la voix triomphante de ce ténor semble y inviter : un beau métal pour le timbre, une voix d’airain, des aigus tranchants d’une rare puissance et facilité dans une égalité remarquable de la tessiture, tout pour assurer le succès d’une soirée, si l’on ne songe pas au péril vocal de rôles trop tôt abordés. Il se lance avec passion dans l’air véhément des remords d’Alfredo de l’acte II et les deux chanteurs finissent cette première partie avec le duo final de Traviata.
Le ténor est rayonnant de force virile dans l’air célèbre « Celesta Aida… » d’un Radamès qui est certes dans ses cordes, mais dont il reconnaît sagement qu’il n’a pas intérêt vocal à le trop cultiver en continuité actuellement. Le duo de l’acte II, « Teco io sto », du Ballo in maschera conviendra mieux que les passages en trop grandes nuances à ces chanteurs très dotés en voix, d’une générosité qui se ménage pas en cette nuit estivale éprouvante de chaleur.
Grisés par la puissance exceptionnelle de leurs moyens, dopés, poussés par un public enthousiaste, ils poussent trop la voix et le duo d’amour final d’Aida, s’il est passionné comme il se doit, manque de cette douceur ineffable que Verdi demande expressément dans la partition.
Mais très belle soirée, avec, par ailleurs, une remarquable pianiste, Níno Chaídze, parfaite experte de cette musique italienne à grandes envolées, qui sait accompagner sans presser, laissant très largement respirer la musique et les chanteurs.
LUX CLASSIC
Pour donner la mesure de l’activité passionnée de Chrystelle di Marco, disons son activisme musical, il faut signaler que non seulement elle a créé le Festival Sand et Chopin mais qu’elle assure la direction, au Domaine Bunan, de l’Opéra dans les Chais , ainsi que des Rendez-vous musico-littéraires de Lux Classic au Musée de la marine de Toulon, se déroulant d’octobre à juin et des Rencontres musico-littéraires au Musée de la Castre de Cannes.Sa passion pour les mélodies françaises et italiennes des 19e et 20e siècles, assurée de l’enthousiasme du public de ses récitals, l’amène a créer une maison d’édition et un label indépendant de musique classique, LUX CLASSIC.
LUX CLASSIC se veut créatif et ouvert sur la renaissance et la mise en valeur d’un répertoire riche de couleurs, de variétés de formes et d’émotions aussi bien dans le répertoire des deux derniers siècles que dans la réédition d’ouvrage littéraires de cette même période. Son premier enregistrement, Canti d’amore, est un florilège de mélodies du compositeur italien Luigi Luzzi en première mondiale accompagnées par le pianiste Hervé N’Kaoua. En 2015 elle enregistre dans la collection Livre/Cd Il était une fois… une anthologie de mélodies françaises Rêves d’Orient avec la pianiste Marion Liotard mise en miroir avec la réédition de Au bord du désert de Jean Aicard.
Nouveau lever de rideau pour le DIVADLO à Marseille
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Maintenir le CAP ou les clés d’un succès !
Il est un mot qui définirait bien la ligne directrice du Divadlo : la constance ; un autre, la personnalité de son créateur : la force tranquille.
Tenace et persévérant, Bernard Fabrizio, le directeur du lieu, sous ses allures affables et débonnaires, reste fidèle à l’orientation qu’il a impulsée voici 13 ans à son petit théâtre : Offrir un espace culturel dédié au théâtre de marionnette (sa marotte) et au jeu d’acteur ouvert à tous les publics, avec, chose assez rare pour la souligner, un vrai travail de programmation de spectacles orientés vers le très jeune public (entendez les moins de 3 ans) !
A l’occasion de la conférence de presse de présentation de saison, Bernard a rappelé l’origine de la création du lieu et la longue gestation du projet. Ce dernier avait été voulu par son frère, psychiatre, et lui-même afin d’offrir un véritable espace culturel où le public pouvait assister à des cours de peinture, des ateliers de théâtre et de danse, des spectacles et des conférences. En 1991, le projet se concrétisa rue de la Loubière puis déménagea en 1994, rue Sainte Cécile.
La part théâtrale prenant de plus en plus d’ampleur, c’est en 2003 que Bernard décida d’en faire un théâtre à part entière. De là est né le Divadlo, le petit théâtre du 5ème, orienté marionnette et jeu d’acteur qui, outre une programmation étendue, propose un large choix de cours de théâtre pour tous les âges ! Ce sont ainsi 300 élèves et 23 cours qui permettent à la structure de vivre sans dépendre des subventions maigrichonnes accordées par les tutelles.
70 spectacles, trois festivals et une création !
Le Divadlo n’est pas un petit lieu comme les autres : doté d’une jauge de 49 places, il accueille les artistes et compagnies régionales avec la même bienveillance et la même exigence de qualité. Son objectif : sensibiliser le public à l’art du théâtre.
« Nous programmons depuis 6 ans le Duo d’impros, car cela permet à certains publics de pousser la porte d’un théâtre et par la suite, de découvrir des spectacles d’auteurs tels que Tchékov. » précise Bernard. En parallèle aux créations désignées par le terme tout public – à noter la venue d’une nouvelle compagnie, la Cie des Gavroches, avec « Interim Meurtre », une comédie loufoque autour de la question : jusqu’où peut-on aller quand on est payé ?, les 4 et 5 novembre en soirée, 20h30- est proposée une foultitude de spectacles dédiés au jeune public (2/3 de la programmation, c’est pas rien).
Côté très jeune public, Claire Pantel de la compagnie L’A(i)r de dire (qui fête ses 10 ans cette année) inaugure la saison le 17 septembre à 10h avec un spectacle conté, « Après la pluie, le beau temps » (également programmé les 6 et 8 octobre à 10h), clin d’œil au théâtre de papier : cette création très visuelle et poétique ravira les petits avec ses personnages sortis d’une valise-livre. « O mama O », un spectacle de la compagnie Théâtre en flammes, accueillera les tous petits dans sa structure en forme d’aquarium (attention jauge limitée à 35 places) pour le régal des yeux et des oreilles (les 18 et 19 novembre, 4 à 5 représentations par jour, à compter de 9h30).
A ceux qui n’ont pas encore eu le temps de découvrir « Le Noel de Monsieur Carton » de la compagnie du Funambule, ce sera les 17 et 18 décembre à 10h et 11h15 (version courte, -3 ans) ou les 7 et 14 décembre à 14h30 (version longue, +3 ans) ou jamais ! Une création interprétée par Magali Lindermann que nous vous conseillons vivement de voir : les personnages touchants et drôles offrent à découvrir un hymne au partage et à la solidarité, le tout sans Père Noël, mais avec de jolies inventions. En ce qui est du jeune public, notons le retour de la compagnie Maïrol avec « Cucina de Natale » le 20 décembre à 14h30 et 16h30.
Nous ne pouvons citer tous les spectacles mais sachez que le festival jeune public « un escargot tout chaud » (du 18 au 20 novembre), le temps fort dédié à Noël et le festival de Marionnettes (10/19 février) réserveront de belles surprises au public du Divadlo. A l’occasion de ce dernier, sera créée une version marionnette contée des « trois cheveux d’or du diable » des Frères Grimm, avec Claire Pantel, au jeu, et Bernard Fabrizio, à la mise en scène. Ainsi que « les trois petits cochons », version marionnette, intitulé « raconte-moi 1, 2, 3 petits cochons » par la compagnie du Funambule : Stéphane Lefranc, son créateur, interroge ici la peur du loup et les différents âges de l’enfance.
Si vous souhaitez découvrir un petit lieu sympathique, qui ne fait pas de chichi, et qui, avec humilité, présente de jolis spectacles, n’hésitez pas à pousser la porte du Divadlo. Qui plus est il y en a pour tous les budgets : de 6 à 14 € avec un abonnement de 10 places à 45€ ! A vos agendas !DVDM
Plus d’infos : divadlo.org[7] / réservations 0491259434/ lieu : 69 rue sainte Cécile, 13005 Marseille (métro baille)
PS : à noter qu’une fois par mois, le théâtre proposera des spectacles le jeudi matin et le dimanche après-midi !
La ville d’Evian présente au Palais Lumière jusqu’au 2 Octobre 2016 une importante rétrospective de l’œuvre peint et gravé d’Albert Besnard(1849-1934),décorateur des édifices de la Troisième République, portraitiste des figures les plus célèbres du Paris littéraire et mondain, pastelliste talentueux et graveur inspiré, qui fut aussi directeur de la Villa Médicis de 1913 à 1921,de l’Ecole des Beaux-Arts de 1922 à 1932,et même membre de l’Académie Française à partir de 1924.
L’exposition, riche de 150 tableaux, pastels et gravures, évoque le parcours singulier d’Albert Besnard, de Rome à Paris, en passant par Londres, jusqu’aux rives du Gange. Sa thématique explore les audaces colorées du peintre qui rivalisait avec les impressionnistes, les symbolistes ou continuait la grande tradition décorative de Puvis de Chavannes, et met en valeur la manière dont il participe à la modernité d’esprit de la Belle Epoque.
La première salle, celle des années d’apprentissage (1869-1887), nous fait découvrir, parmi d’admirables portraits comme celui du pianiste André Wormser, des tableaux de peinture d’histoire, dite “de grand genre”, comme La Mort de Timophane, tyran de Corinthe, ou La Procession des Seigneurs de Vauhallan. Une seconde manière plus intimiste, caractérise un autre ensemble de portraits aux postures plus souples comme celui de Madame Roger Jourdain ou de Madame Georges Rodenbach, et des portraits de famille qui répondent aux mêmes règles.
C’est ensuite dans le tournant des années 1880-1900, une série de tableaux orientalistes inspirés par le voyage en Algérie, ou un séjour de sept mois en Inde via l’Egypte.
Un autre ensemble de gravures à l’eau forte intitulé «La Femme», présente dans un cycle narratif, la vie d’une jeune femme du succès à la déchéance finale dans une atmosphère angoissante proche des Caprices de Goya. Une atmosphère que l’on retrouve par ailleurs dans une série de 26 eaux fortes sur le thème de la Mort traitée de manière allégorique comme un squelette qui s’introduit dans l’intimité des personnages.
Moins intéressantes, les peintures décoratives relevant de commanditaires variés, Etat, Ville de Paris, Sorbonne, Comédie Française, Source Cachat, Coupole du Petit Palais, ne dérogent pas aux visées propagandistes des instances politiques dirigeantes de la Troisième République ou au Catéchisme Républicain de l’époque…
On sourit devant ces nus, ces nymphes dans des paysages d’Arcadie ou devant ces pastels destinés à séduire collectionneurs et marchands. Mais, dans l’ensemble on admire la force de travail et de créativité de cet artiste officiel oublié qui dévoile à travers cette rétrospective toute la complexité de sa personnalité et de son art.
36ème Édition du Festival international de Piano de la Roque d’Anthéron !
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Un rendez – vous incontournable pour les meilleurs pianistes !
Pour cette nouvelle édition du Festival, René Martin, directeur artistique de la Mecque des pianistes, plus de quatre-vingt concerts sont au programme pendant un mois au cœur de l’été. Pour débuter le festival un audacieux programme de musique symphonique et concertante du répertoire français était programmé avec l’Orchestre National de Lyon sous la direction d’Andris Poga, jeune chef d’orchestre prometteur ancien assistant de Paavo Jarvi. Bertrand Chamayou interprétait le Concerto pour piano et orchestre en Sol Majeur de Maurice Ravel et le Cinquième Concerto pour piano et orchestre en Fa Majeur dit « égyptien » de Camille Saint-Saëns dans un Parc Florans affichant complet. Initialement pièce pour piano à quatre mains la petite suite de Claude Debussy dont on doit l’orchestration à Henri Busser est une entrée impressionniste aux harmonies raffinées et caressantes bien rendues par les musiciens français sous la direction inspirée d’Andris Poga.
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Bertrand Chamayou, nouvelle star du clavier
Bertrand Chamayou livre une interprétation d’une intensité haletante pour le concerto en sol de Maurice Ravel. Puisant sa source principale dans la technique laissée par Franz Liszt, l’écriture ravélienne offre le souci de la clarté. L’élégance du toucher de Bertrand Chamayou restitue à merveille cette clarté si nécessaire et la beauté du chant intérieur de la partition de Ravel. Le deuxième mouvement en est le sommet de son interprétation. En deuxième partie après une lecture attentive d’Andris Poga des Masques et Bergamasques de Gabriel Fauré, on retrouve le jeune pianiste français dans le dernier concerto de Camille Saint-Saëns dans un style plus académique. Dans le premier mouvement, Bertrand Chamayou offre des phrasés éloquents tout en relief. L’andante est un moment qui confère à l’indicible où l’on entend furtivement le chant d’un batelier nubien entendu jadis au Caire par le compositeur avant de retrouver la toccata finale particulièrement convaincante sous les doigts d’un interprète à forte personnalité. Une longue Standing ovation méritée de la part d’un public séduit appelle des bis où l’on salue la pavane pour une infante défunte de Maurice Ravel comme touchée par la grâce.
Yulianna Avdeeva se révèle une fois de plus une des grandes interprètes de sa génération
Le lendemain, c’est la pianiste prodige Yulianna Avdeeva qui livre une interprétation habitée et énergique du troisième concerto pour piano et orchestre en ut mineur opus 37 de Beethoven à l’ascendance classique viennoise sous le regard attentif du pianiste russe Boris Bereszovsky. Andris Poga à la tête des forces lyonnaises privilégie une approche lucide et fluide. Yulianna Avdeeva, victorieuse du prestigieux Concours Chopin en 2010 est bien l’une des grandes pianistes en devenir de sa génération. Le jeu immaculé de la pianiste atteint un rare niveau d’unité avec l’orchestre. La précision des détails et de l’articulation, la continuité des contre-chants beethovéniens sous ses doigts nous font chavirer. On songe par instant à Geza Anda. Elle privilégie la couleur au service de l’émotion dans le largo en mi majeur du mouvement lent. Andris Poga livre une interprétation bien trop lisse de la Symphonie pathétique de Tchaïkovsky pour nous émouvoir véritablement avec les musiciens lyonnais.
Un phénoménal Jan Lisiecki
Quelques jours plus tard, les festivaliers avaient rendez vous avec le pianiste canadien d’origine polonaise Jan Lisiecki. On se souvient lors de la précédente édition de sa magnifique interprétation des œuvres concertantes pour piano et orchestre de Robert Schumann. On le retrouve ici avec le concerto pour piano et orchestre en ré mineur KV466 de Mozart avec les musiciens particulièrement investis de l’ensemble orchestral japonais Kanazawa sous la direction délicate, attentive aux solistes et alerte de Michiyoshi Inoue. Écrit en 1785, ce concerto retient l’attention par son caractère tragique. On se trouve à la lisière de l’écriture beethovénienne. Dès les premières notes, le pianiste canadien offre une interprétation limpide, passionnée et convaincante de l’un des plus beaux concertos pour piano du divin Mozart. Il y a chez cet interprète ce je-ne-sais-quoi qui confère au sublime. Densité dramatique, légèreté, fluidité tout y est pour en faire un interprète d’exception. On le retrouve dans le magnifique air de concert pour soprano, piano et orchestre KV 505 « Ch’io mi scordi di te » de Mozart en compagnie de la soprano française Chloé Briot, récemment entendue au Festival d’Art lyrique d’Aix-en-Provence dans Pelléas et Mélisande de Debussy. En méforme totale, cette soliste auréolée par de nombreuses critiques élogieuses de ci de là frôlent la catastrophe à la fin de son air. Quelle belle idée de René Martin d’avoir associé cet air de concert rarement donné pour cette soirée ! En seconde partie de soirée, Michiyoschi Inoue et son orchestre ne font qu’un pour une interprétation investie de la symphonie héroïque de Beethoven. On tient là un des grands chefs d’orchestre de son temps. On est totalement conquis ! La Roque demeure bien l’un des festivals les plus importants et magiques de l’été.
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La traviata
de Giuseppe Verdi, livret de Francesco Maria Piave
d’après La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils
Chorégies d’Orange, 3 août 2016
TENDRE ET TRAGIQUE
Comme dans le cas de Butterfly ou Tosca, c’est toujours la musique qui fixe dans l’imaginaire collectif une œuvre tirée du roman ou du théâtre, ici, des deux. Remarquons que, même avec Greta Garbo et Robert Taylor, le film de George Cukor, Le Roman de Marguerite Gautier, de 1936, considéré comme un chef-d’œuvre, n’est plus qu’une curiosité pour cinéphiles. En revanche, le fameux air du champagne, « Libiam ! » et l’air de Violetta « Sempre libera… » sont sûrement connus même de gens ne mettant jamais les pieds à l’opéra. Puissance de la musique qui a donné une forme définitive au drame humain de la fille de joie à grand prix achetée, perdue et sauvée, rachetée par l’amour.
La courtisane historique
Fatalité des reprises des œuvres phare du répertoire lyrique, nous voilà encore à reprendre, mais enrichie, l’aventure de cette traviata, ‘dévoyée’, sortie de la voie’, de la bonne voie s’entend, de cette Violetta Valéry verdienne tirée du roman autobiographique La Dame aux camélias (1848) d’Alexandre Dumas fils : il en fera un mélodrame en 1851, qui touchera Verdi. C’est sa musique qui fixe dans l’imaginaire collectif le drame humain de la courtisane rédimée par l’amour. De son vrai nom Rose Alphonsine Plessis dite Marie Duplessis (1824-1847),puis tout de même comtesse de Perrégaux par son mariage à Londres, un an avant sa mort, avec un jeune amant noble qui ne l’abandonnera jamais, et lui offrira même, arrachant son corps à la fosse commune des indigents, le tombeau, toujours fleuri, que l’on peut voir au cimetière de Montmartre, inspire à Dumas fils, amant de cœur, le personnage de Marguerite Gautier qu’il fait entrer dans la légende. Après une enfance misérable et divers petits métiers, déjà célèbre à seize ans, contrairement à tant d’autres de ses consœurs, elle avait appris à lire et à écrire, s’était éduquée mondainement et cultivée et tenait même un salon fréquenté par des artistes et des écrivains, dont Gautier et pas moins que Liszt, elle fut sa maîtresse, il envisageait de vivre avec elle : dans une lettre elle le supplie de la prendre avec lui dans une de ses tournées qui l’amenait en Turquie. Par sa grâce et ses grâces, c’était une maîtresse que l’on pouvait afficher sans honte dans le demi-monde sinon le monde, entretenue luxueusement par des amants qui se la disputaient, arborant dans ses cheveux dans sa loge au théâtre ou en calèche au Bois, dit-on, le fameux camélia blanc, signal des jours « ouvrables » pour les clients et rouge pour les jours d’indisposition féminine, ou pour les amateurs. Elle meurt à vingt-trois ans de tuberculose, criblée de dettes, et le roman de Dumas fils commence par la vente aux enchères de ses biens, ses meubles (il lui en restait assez) pour défrayer ses créanciers. Le jeune et (relativement) pauvre Alexandre, son amant durant un an, offrira plus tard à Sarah Bernhardt, pour la remercier d’avoir assuré le triomphe mondial de sa pièce, sa lettre de rupture avec celle qu’on appelait la Dame aux camélias, dont il résume l’un des aspects cachés du drame vécu :
« Ma chère Marie, je ne suis pas assez riche pour vous aimer comme je voudrais, ni assez pauvre pour être aimé comme vous voudriez… »
Ne pouvant ni l’entretenir, ni être entretenu par elle, il deviendra célèbre et riche avec son drame qui raconte le sacrifice de la courtisane ruinée, exigé par le père de son amant, redoutant que les amours scandaleuses de son fils avec une poule de luxe ne compromettent le mariage de sa fille dans une famille où la morale fait loi. Et l’argent : on craint que le fils prodigue ne dilapide l’héritage familial en cette époque, où le ministre Guizot venait de dicter aux bourgeois leur grande morale : « Enrichissez-vous ! » Bourgeoisie triomphante, pudibonde côté cour mais dépravée côté jardin, jardin même pas très intérieur, cultivé au grand jour des nuits de débauche officielles avec des « horizontales », des hétaïres, des courtisanes ou de pauvres grisettes ouvrières, affectées (et infectées) au plaisir masculin que les messieurs bien dénient à leur femme légitime.
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RÉALISATION
Déjà « vériste », naturaliste par un sujet contemporain qui fit scandale, réaliste donc par le thème mais déréalisée par une musique belcantiste virtuose et une langue littéraire dont les tournures concises et recherchées frôlent la préciosité baroque, bourrée d’hyperbates, des renversements de l’ordre syntaxique naturel (« D’Alfredo il padre in me vedete », ‘D’Alfred en moi le père voyez’ , « Dunque in vano trovato t’avró », ‘Donc, en vain trouvé je t’aurai’, « Conosca il sacrifizio/ Ch’io consumai d’amore », ‘Qu’il connaisse le sacrifice/ Que je consommai d’amour’, etc), La traviata, malgré deux scènes de fête, est un opéra intimiste et semble s’opposer aux grands déploiements exigés par le gigantisme du théâtre antique. Diego Méndez Casariego qui, avec de sobres et funèbres costumes noirs, en signe la scénographie, s’en tire par une élégante solution : un miroir, symbole de l’intime, de l’interrogation sur soi, de l’introspection, d’autant plus chez une femme dont les appas sont le fonds de commerce, est porté ici à l’échelle du lieu, immense, occupe sans encombrer le fond de la scène, le fameux mur. Brisé comme un rêve trop grand dont les débris jonchent le sol, avec un centre obscur pour une traversée des apparences, un passage symbolique de l’autre côté du miroir, de la vie, il a un cadre doré également ruiné, dont des morceaux, en perspective de fuite, figurent une scène dans la scène, théâtre du monde, du demi-monde et sa vanité des vanités : des lustres luxueux projetés sur la glace et les murs sont la mesure des fastueuses fêtes, juste des reflets donc, mais, à jardin, un vrai lustre écroulé au milieu de chaises Second Empire dorées au siège de velours rouge occupées par des hommes en noir et, à cour, un massif, un parterre de fleurs blanches (des camélias?), est comme une tombe future autour de laquelle tournoient des femmes aussi en noir. Au milieu du plateau trône une méridienne noire, lit de repos déjà éternel : cercueil. Cet ensemble épuré et symbolique semble, à l’échelle près, un allégorique décor d’austère autocramental espagnol, une Vanité baroque. Des projections d’arbres allègeront la charge funèbre globale pour l’acte II et le rêve de survie de la fin. De simples écharpes rouges pour les dames et des éventails égayeront la fête de l’acte III, évacuant avec élégance le ridicule habituel de la scène des grotesques toreros. C’est d’un raffinement d’épure.
La mise en scène de Louis Désiré s’y glisse, s’y coule, avec la beauté sans surcharge d’une élégance noble, sans simagrées ni gestes outrés, qui joue avec une émotion contenue, sur la tendresse qui lie les personnages, même le père odieux en général, ici émouvant d’affection filiale pour elle qui pourrait être sa fille. Leur compréhension mutuelle est touchante, humainement vraie dans un juste jeu d’acteurs, comme la caresse et la gifle au fils.
Dès l’ouverture animée, la foule noire se presse et oppresse Violetta seule dans « ce populeux désert appelé Paris », singularisée par sa robe rouge, désignée victime d’un sacrifice à venir. Même le fameux et joyeux « brindisi » enserre les héros qui ne semblent jamais échapper, hors la parenthèse de la campagne, à l’omniprésent et pesant regard du monde sur leur intimité. Le monologue troublant de Violetta, « È strano… », devant le seuil de ce miroir brisé, le passage à l’acte de la rupture avec l’ancienne vie, est finement figuré par l’abandon respectif des amants dont elle refuse cette toujours présente fleur au profit de celle offerte à Alfredo qu’il rapportera fanée mais florissante de l’éclosion de l’amour.
INTERPRÉTATION
Dès le prélude, cette douce et poignante brume qui semble se lever et ne devoir jamais finir, est étirée vers un infini insondable, tissée comme une douce soie par le jeune chef Daniele Rustioni. Pour la première fois aux Chorégies, il ne cède pas au piège du grossissement dans le gigantisme du lieu : d’entrée on sent qu’on est dans une direction musicale d’une qualité supérieure. Il estompe avec délicatesse les « zin-zin /boum-boum » d’un accompagnement de facile fête foraine de Verdi dans la deuxième partie de cette ouverture. À la tête des remarquables Chœurs des Opéras d’Angers-Nantes, Avignon et Marseille, dirigeant avec ardeurl’Orchestre National Bordeaux-Aquitaine, il en transcende avec finesse les pupitres, exaltant la palette des timbres et attache une attention que l’on dirait amoureuse aux solistes, les accompagnant en finesse sans jamais les mettre en danger, tout adonné, engagé en actions physiques expressives dans la musique, la mimique et le jeu. Il faudrait réentendre comme il enfle le son au gré de la messa di voce de l’exceptionnelle Ermonela Jaho qui augmente le volume passionnel de sa voixdans son déchirant « Amami Alfredo ! » : c’est une vague, une houle musicale et émotionnelle qui déferle sans noyer l’interprète où tant d’autres se perdent.
À l’évidence, il y a eu beaucoup d’intelligence et de travail entre le plateau et la fosse pour donner à cette œuvre tragique toute la tendresse humaine dont elle ne déborde pas à première vue dans ce monde cynique et cruel d’un plaisir pas toujours très raffiné. Tout est traité, scéniquement et musicalement, dans la nuance. Tous les personnages, même éphémères, sont bien campés (Giuseppe, Rémy Matthieu, Annina, la fidèle et douce servante, Anne-Marguerite Werster, le fidèle aussiGrenvil à belle voix sombre de Nicolas Testé); Flora et le Marquis ne sont pas seulement un couple de comédie, mais des amis attentifs aux leurs, à Violette et Alfredo (Ahlima Mhandi , Christophe Berry) ; même le Baron (Laurent Alvaro), le protecteur officiel de Violetta, s’il empoche (pour elle, pour lui?) l’argent qu’Alfredo lui a gagné au jeu et n’a pas jeté au visage de son amante mais plus élégamment remis entre ses doigts, paraît être solidaire de celle qui l’avait pourtant abandonné et pour laquelle il sera blessé en duel.
Dans cette prestigieuse distribution, la découverte, ce fut le ténor Francesco Meli en Alfredo, amant choisi, heureux mais se croyant trahi, fils potentiellement prodigue puis contrit, homme entretenu sans le savoir et désespéré de le savoir. La voix est large, passant aisément la rampe orchestrale et la distance, le timbre chaud et, malgré un vibrato très vite corrigé, il cisèle tout en douceur les nuances de ce rôle, semblant se chanter à lui-même et non triomphalement tonitruer son air ardent mais intérieur comme une confidence d’un jeune homme élu, émerveillé par l’amour d’une femme que tous désirent. C’est du grand art au service non du chanteur mais d’un rôle.
On ne découvre pas Plácido Domingo, légende vivante du monde lyrique que cinéma, télévision ont popularisé mondialement et « divinisé », s’il n’était si attentivement humain aux jeunes talents qu’il favorise, par ailleurs directeur d’Opéras, chef d’orchestre en plus de demeurer le grand ténor aux cent-cinquante rôles qu’il a tous marqués et qui, en Espagnol fidèle au répertoire populaire hispanique trop méconnu, comme Kraus, Caballé, Berganza, los Ángeles, Carreras et autres grands interprètes espagnols, a porté aux quatre coins du monde les charmes de la zarzuela ibérique, dont il a même imposé certains airs comme passage obligé des ténors d’aujourd’hui. Créateur donc autant qu’interprète exceptionnel. On le retrouvait en baryton, tessiture de ses débuts, et qu’il a toujours fréquentée de près dans les grands rôles de fort ténor au médium corsé comme Othello ou Canio, où sa couleur et puissance faisaient merveille. Ici, en baryton verdien tirant vers l’aigu, il était un Germont père, démarche lourde sous le poids autant de l’âge que de l’expérience, décidé à régler une affaire mais vite freiné par les scrupules, la compassion et même la complicité avec son interlocutrice : il s’attend à trouver une courtisane vulgaire et avide et trouve cette jeune femme fragile et forte aux bonnes manières, amoureuse d’un fils qu’il aime et quelque chose passe entre eux. Tout cela est sensible dans le jeu, les hésitations, les gestes ébauchés (remarquable travail d’acteur). S’il donne aux fioritures de son air sur la beauté éphémère de Violetta le tranchant cruel des évidences, il fait des appoggiatures de la sorte de berceuse à son fils, « Di Provenza, il mare il sol… », de véritables sanglots dans le passage « Ah , tuo vecchio genitor, tu non sai quanto sofri ! »
On ne cesse de découvrir Ermonela Jaho : Micaela, Butterfly, déjà à Orange, Mireille, Manon, Marie Stuarda, Anna Bolena, ailleurs, etc, elle m’a toujours confondu d’admiration par ce qui semblait l’identification exacte, vocale, physique et scénique à un rôle. Or, les rôles changent et le même bonheur d’adéquation s’impose à l’écouter, la voir. Sa Butterfly paraissait unique et bouleversait par son sacrifice intime et grandiose. En Violetta, dans la première partie de l’acte I, courtisane adulée, brillante, légère, coquette, la voix brille, s’élève, badine, cocotte, cascade de rires face à Alfredo avec une joliesse irrésistible, l’émission facile farde délicatement toute la technique : l’art, caché par l’art semble tout naturel. Gagnée par l’amour enveloppant des phrases du jeune homme, elle change de tessiture en apparence, plonge dans le grave du soprano dramatique, médium moelleux, malléable de l’introspection et bondit dans le vertige virtuose de la frivolité. Elle nous épargne le faux contre mi bémol inutilement surajouté à la partition par des voix trop légères et s’en tient aux quatre contre ré bémols vocalisants vraiment voulus par Verdi, vraie couleur du morceau et vérité d’une femme qui n’est pas un rossignol mécanique, mais un tendre oiseau à l’envol vite brisé. Nous sommes au théâtre, à l’opéra : tout y est vrai et tout est faux. Mais Ermonela Jaho, sans rien sacrifier de la beauté de la voix expressive, est tellement crédible, si douloureusement vraie en mourante que, pris par l’intensité de son jeu, on s’étonne ensuite, aux bravos, qu’elle réapparaisse si vivante.
Sauvant la production en remplaçant au pied levé Diana Damrau souffrante, après son inoubliable aussi Butterfly, elle est sacrée Reine des Chorégies 2016 dont le succès couronne sans faille le flair de l’autre triomphateur qui les aura programmées : Raymond Duffaut.
Benito Pelegrin
La traviata
de G. Verdi
Chorégies d’Orange
3 et 6 août 2016
Orchestre National Bordeaux-Aquitaine
Chœurs des Opéras d’Angers-Nantes (Xavier Ribes), Avignon (Aurore Marchand) et Marseille (Emmanuel Trenque)
Direction musicale : Daniele Rustioni
Mise en scène : Louis Désiré ;
Scénographie et costumes : Diego Méndez Casariego ;
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Pourrières, l’Opéra au village. Le 26 juillet 2016 au Château de Roquefeuille. Faust en ménage de Claude Terrasse. Les Trois baisers du Diable de Jacques Offenbach
Le cadre est splendide. Près du village de Pourrières, dans le Var, au pied de la Sainte-Victoire, le domaine viticole du Château de Roquefeuille est un écrin idéal pour l’art lyrique. L’ambiance y est chaleureuse surtout si l’on a décidé de réserver pour le repas qui précède la représentation. La notion de convivialité, chère à la directrice du festival, Suzanne Delenne, se matérialise par la disposition en grande tablée. On ne choisit pas ses compagnons de repas, et c’est tant mieux. C’est l’occasion de rencontrer d’autres amoureux de musique et de partager ses connaissances et ses attentes sur les pièces au programme.
Les œuvres
Pour sa 12e édition, le festival «L’Opéra au village» nous a fait découvrir deux nouvelles œuvres charmantes, des opérettes de Jacques Offenbach et Claude Terrasse, respectivement Les Trois baisers du Diable et Faust en ménage. Si ces deux œuvres mettent en scène un couple aux prises avec un suppôt de Satan, l’unité thématique est accentuée par un prologue, créé pour l’occasion à partir d’extraits de Faust et Marguerite de Frédéric Barbier.
Durant le premier quart du XXe siècle, Claude Terrasse fut un des principaux représentants de l’opérette en France. Son Faust en ménage a été représenté pour la première fois à Paris au théâtre de la Potinière le 5 janvier 1924 et a connu 200 représentations. Cette «fantaisie lyrique» en 1 acte, sur un livret d’Albert Carré, est avant tout un pastiche musical et théâtral du Faust de Gounod. En voici l’argument : Méphisto n’a pas, finalement, livré à Satan l’âme de Faust ce qui lui a valu d’être déchu de toute puissance ; il s’est retiré chez le docteur Faust, dont il est devenu le commensal et l’obligé ; Marguerite, toujours jeune, toujours aimante, se désespère de voir Faust vieillir et s’assagir un peu plus chaque jour et demande à Méphisto de l’aider ; ce dernier y voit une possibilité de rentrer en grâce auprès de Satan s’il parvient à lui donner l’âme de Marguerite ; la belle y consent en échange du rajeunissement de Faust ; malgré le retour de ses pouvoirs, Méphisto n’arrive plus à les maîtriser et rend tour à tour Faust trop jeune puis trop vieux. L’œuvre se termine ainsi, sans véritable fin.
Si les effets comiques fonctionnent, et que cette histoire alternative de Faust n’est pas dénuée d’intérêt, on pourra regretter le manque de rythme et la trop faible part du chant vis-à-vis de l’aspect théâtral. De plus, la partition est relativement faible surtout si on la compare à celle de la deuxième pièce, Les Trois baisers du diable (1856).
Le fait d’avoir associées ces deux pièces permet d’illustrer le talent insurpassable d’Offenbach dans le domaine de l’opérette. Musicalement, l’œuvre est très bien écrite, avec des duos et des trios qui font mouche. L’aspect comique est bien marqué, on sourit souvent, même si l’œuvre flirte aussi avec le Grand opéra. C’est sans nul doute l’opérette la plus dramatique du maître, notamment par son dénouement, et l’œuvre était d’ailleurs présentée comme un «opéra fantastique». Le livret de Mestépès partage des points communs avec celui de Faust en ménage. Gaspard, muni de pouvoirs similaires à Méphisto, doit obtenir trois «je t’aime» de la part de Jeanne s’il veut sauver son âme. Pour cela, il gagne la confiance de Jacques, son époux, mais ses plans vont être contrariés par le jeune Georges qui va dévoiler ses intentions au couple. Suite à cet échec, et le délai étant écoulé, Satan entraîne Gaspard en enfer. Si au plan musical, Les Trois baisers du diable surpasse largement l’œuvre de Terrasse, son livret reste néanmoins moins intéressant.
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Réalisation
La direction artistique de Bernard Grimonet fut un succès. Les deux pièces, et le prologue, proposaient une plaisante continuité thématique, même si l’on a pu déplorer l’absence de réel entracte. Bien que sommaire, les décors (par Gérard, Jacky, Dominique, Alain, Jean-Pierre et Michel) ont parfaitement joué leur rôle. Quant aux costumes (par Mireille, Anne-Marie, Michelle et Nouch), ils étaient très bien conçus et adaptés avec justesse aux personnages. Il est aussi important de saluer la qualité des effets spéciaux nécessaires aux Trois baisers du diable.
L’Opéra au village ne pouvant s’offrir un orchestre complet, Luc Coadou a dû adapter la partition à un nombre d’instruments réduit : piano, clarinette, violoncelle et….accordéon ! Si ce choix peut paraître étonnant pour ce type d’œuvre, cet instrument et l’opérette font bon ménage. Autre excellente idée : les rôles de Siebel (Faust en ménage) et Georges (Les Trois baisers du diable), qui sont censés être des adolescents, n’étaient pas joués par des mezzo-sopranos comme le veut la tradition, mais par un contre-ténor. Cette courageuse décision est à applaudir car les situations y gagnent en vraisemblance.
Interprétation
Luc Coadou nous a proposé une direction dynamique et précise. Tous les instrumentistes, Isabelle Terjan au piano, Claude Crousier à la clarinette, Angélique Garcia à l’accordéon et Virginie Bertazzon au violoncelle, ont répondu présent. Quant aux artistes lyriques, il faut signaler une remarquable homogénéité de chant et de jeu. On a admiré autant le talent de chanteurs que d’acteurs des protagonistes. Le baryton Thibaut Desplantes campe un savoureux Méphisto dans la pièce de Terrasse et un machiavélique Gaspard chez Offenbach. Raphaël Pongy, contre-ténor, est exquis en adolescent hébété dans les deux opérettes. Le ténor Olivier Hernandez a su passé avec facilité du sophistiqué Faust au bourru Jacques le bûcheron. Si ces trois chanteurs ont été à la hauteur dans le chant comme dans le jeu, la soprano Claire Beaudouin a tout de même survolé les débats avec une voix claire et précise, une diction parfaite et un talent comique épatant. Saluons aussi la qualité d’interprétation théâtrale de le jeune Annabelle, dans le rôle d’un enfant dans Les Trois baisers du Diable, et de la comédienne Béatrice Giovannetti, truculente servante de Faust et Marguerite dans Faust en ménage.
Après ce nouveau succès, on attend avec impatience la prochaine édition pour découvrir de nouvelles pièces méconnues ainsi que de jeunes interprètes aussi talentueux. Cela sera aussi l’occasion de retrouver, autour d’un excellent repas, ce lieu magique qu’est le Château de Roquefeuille et, de manière plus générale, la pittoresque commune de Pourrières.
(Retrouver le programme du festival sur loperaauvillage.fr)