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Sonne, sonne, cor de postillon !

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Es ruft das Posthorn !

La musique des missives au temps de la poste à cheval

Par Alice Julien-Laferrière et l’Ensemble Artifices

Éditions Seulétoile 

         Qui ne peste contre la poste ? Aujourd’hui en déshérence, ce service autrefois public, avec la fermeture des petits bureaux de proximité, ne garde désormais de public que celui qui s’allonge à la porte des grands bureaux non fermés et de leurs guichets réduits : les files, les queues aggravées par les contraintes et distances sanitaires. Dans ce monde du rendement économique chiffré, on nous explique que la Poste n’est plus rentable, que le courrier par lettres s’est raréfié avec la pratique de la communication par internet, mails, courriels,  textos par téléphone. Ainsi, nous voyons de moins en moins la silhouette autrefois familière du facteur, sac au dos, figure amicale, sauf pour des chiens méfiants de la grosse sacoche, attendu sur le pas de la porte pour un brin de causette par des grands-mères isolées, selon la tournée, à pied, à bicyclette, en fourgonnette jaune canari. Autrefois journalière, la distribution de courrier est officiellement réduite à tous les deux jours aujourd’hui et nos boîtes à lettres se remplissent surtout de publicités parasites et meurtrières de la nature par tant de papier arraché aux arbres et volant chez nous au vent de déchets pollueurs des rues et de la mer.

         Ce sont les premières réflexions que m’inspire cet élégant coffret noir en forme de lettre, orné de trois postillons dorés, des toujours originales Éditions Seulétoile animées par la violoniste baroque Alice Julien-Laferrière et son Ensemble Artifices, consacré au cor de postillon. Il n’existe plus et l’on a dû reconstituer ce petit cor enroulé, dont la percutante sonnerie annonçait l’arrivée du porteur de courrier, ancêtre de la poste, qui se frayait ainsi un passage  au galop pour arriver et délivrer sa missive.

C’est un CD accompagné de cartes documentaires anciennes, de fort belles illustrations, d’un poster de la carte de 1711 du réseau postal du Saint-Empire romain germaniques et de ses provinces, de deux marques-pages avec deux lignes de portée musicale d’époque, la Diligence de Louis de Caix d’Hervelois et le Courrier, de Michel Corrette, titres, termes assortis au verso d’une pédagogique définition selon la tradition intelligente de Seulétoile qui s’adresse aux enfants sans infantilisme bêtifiant. Les cartes, en carton, reproductions de tableaux et gravures des XVII et XVIIIe siècles pour faire imaginer la poste du temps, sont si belles qu’en les encadrant, on pourrait en faire de jolis tableautins mais, on perdrait alors les textes explicatifs au verso, en français et allemand, avec renvoi vers les pistes, les plages du CD. Il y a même une lettre, apocryphe, bien sûr, de Jean-Sébastien Bach à l’Ensemble Artifices pour le féliciter de ce travail, à laquelle je me joins plus modestement en signant et contresignant ouvertement cette illustre missive pour louer ce patient travail de recherche pour ce magnifique résultat.

C’est près d’une heure de musique autour de celles inspirées par ce pittoresque cor de postillon, instrument annonciateur de ce facteur à cheval à l’échelle d’un pays, dont l’appel urgent lui ouvrait même les portes des villes. Sa sonnerie de deux notes était si caractéristique sur les routes d’Europe, qu’on la retrouve chez nombre de musiciens et pas des moindres : Bach, Beer, Duval, Keiser, Telemann, Veracini, Vivaldi, une cantate de Johann Samuel Endler, chantée ici par Romain Bockler, et même un extrait des Chansons de mon village du dessinateur Jacques Nam (1881-1974) que l’on découvre ici compositeur.

Écoutez l’explicite Courrier de Michel Corrette avec ses notes reconnaissables sib deux fois : PLAGE 1

Le coffret/lettre offre, comme un jeu, dix-sept pièces numérotées avec un ordre de lecture pour ne pas s’y perdre. Cela peut paraître un peu ardu pour de trop jeunes enfants, mais les parents seront là pour les aider, encore que je pense que ce sont plutôt les enfants de notre époque, qui naissent avec internet et autres casse-têtes, qui peuvent souvent aider les parents dans des domaines qui échappent encore trop aux aînés.  Des liens vers des vidéos ouvrent vers un concert spectacle monté par les musiciens du Cd avec en prime un clown joueur de ce cor qui réjouira petits et grands.

C’est par ailleurs un instructif parcours de l’histoire de la poste aux XVIIe et XVIIIe siècles à partir des postillons à cheval qui changeaient de monture, en prenant une fraîche dans les relais dits de poste, d’où ils tirent leur nom. On en remonterait l’origine aux Mongols de Gengis Khan, qui serait le premier à organiser sur une très longue distance des relais de poste pour ce peuple de cavaliers des steppes qui occupaient toute l’Asie centrale jusqu’à la Russie.

Échelle des distances

 Pour donner une échelle des voyages autrefois, que j’ai étudiés, dont nous n’avons plus idée aujourd’hui, je signale que la nouvelle de la mort du roi Philippe IV d’Espagne, surnommé Le Roi-Planète pour l’immensité de son empire, qui eut lieu en septembre 1665, n’arriva au Mexique qu’en mai de l’année suivante, près de huit mois après. Le galion espagnol du courrier qui partait d’Acapulco une fois par an, pour arriver à Manille aux Philippines, autre colonie espagnole, mettait près d’une année à traverser le Pacifique, quand il arrivait malgré les tempêtes et la piraterie.  Et que dire du fameux « Camino indio », ‘Chemin indien’ des Incas ? Quelque 6000 km du nord au sud de leur empire, une route pavée que les messagers parcouraient à pied, à la course, le cheval y était inconnu avant l’arrivée es Espagnols, par étapes d’un jour. Je signale encore que la première ambassade de Chine vers la Russie, en 1687, mit trois ans pour parcourir la distance Pékin-Moscou…

Voilà donc de quoi situer l’échelle des courriers de nos postillons à cheval de notre petite Europe, ce qui n’était pas forcément non plus un mince exploit sans danger sur des routes infestées de brigands et il pouvait s’annoncer aussi joyeusement au son de son cor, comme ici chez Bach : PLAGE 9

Voici de Reinhard Keiser, La poste impériale de la paix, qu’on voudrait au présent en ce terrible temps de guerre, mais qui est l’annonce de celle, déjà européenne, de 1715, chantée par Romain Bockler : PLAGE 15

Et nous quittons cette belle réalisation sur Le Postillon de 1921 de Jac Nam, par le même baryton : PLAGE 22

Benito Pelegrín

Une Fresque en Partage élaborée par les élèves et habitants du 3ème arrondissement de Marseille

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“La seule façon qu’on a de se sauver tous, c’est quand-même la culture, le partage et de se sentir tous artisans de cette culture.”  (Stéphane Oualid)

En ce beau samedi d’un mois de mai brûlant, sur le mur d’un théâtre, quelque part en France, à Marseille plus précisément, un directeur d’école maternelle entouré d’officiels, de parents, d’enfants et de baladins, a inauguré une magnifique fresque en pâte de verre. Une fresque dont les élèves de l’école maternelle et les habitants du quartier sont les fiers et joyeux artisans. 

Une fresque en partage « Environnement contre Culture »

« Cette pièce de Richard Martin, dont j’ai humblement écrit les dialogues, part d’une poubelle pour aller, je le souhaite, dans la tête des gens intelligents qui n’ont pas l’outrecuidance de confondre la merde avec le cœur. » — Léo Ferré, 27 août 1983 (pour l’Opéra des Rats)

Fruit de la volonté farouche de deux hommes, Stéphane Oualid et Richard Martin, fruit d’un collectif unissant les enfants de l’école maternelle et leurs parents, habitants des 2e et 3e arrondissements de Marseille, et réalisée sous la férule de Léonard Léoni, maitre mosaïste et d’Anne-Marie Labonne, une magnifique fresque a vu le jour. Colorée, joyeuse, artistique, poétique même, cette fresque aux rouges coquelicots où se mêlent des poissons, des rats, des bouteilles, laisse éclater ses rayons au soleil de cette impasse Léo Ferré. Mêlant, dans un même regard, à quelques décennies près, la pièce de Richard Martin adoubée par Léo Ferré ‘L’Opéra des Rats’ et la situation du quartier, cette fresque a une histoire, environnement contre culture. C’est en rencontrant Stéphane Oualid que nous allons vous la raconter.

Une école, un directeur et un théâtre… à part !

Il existe à Marseille une école maternelle particulière, c’est l’école maternelle Edouard Vaillant, dans le 3e arrondissement de Marseille, située dans une impasse au nom prophétique de Léo Ferré, face au grand Théâtre International Axel Toursky. Depuis de longues années déjà, son Directeur, Stéphane Oualid, est aussi un directeur à part, comme il en existe dans les quartiers difficiles, un de ces directeurs passionnés de laïcité, de citoyenneté, un de ces directeurs qui a fait de sa charge un but de vie, celui du vivre ‘bien’ ensemble. Contrairement aux idées reçues, il faut peu de courage pour y arriver, mais beaucoup de cœur car les parents et les enfants de son école, quand on les sollicite, sont solidaires et répondent présents.

Il existe également dans ce quartier un théâtre à part, le Théâtre Toursky, un théâtre remarquable à la renommée internationale, un endroit fraternel où l’on peut lire, se détendre le temps d’un café ou d’un sourire, où existent, non seulement des spectacles remarquables, mais une ‘Faites de la Fraternité’ exceptionnelle ; un théâtre avec un directeur particulier, Richard Martin, un poète irrépressible, qui parle avec les mots de tous les jours, qui pense avec ceux de Léo Ferré, et qui laisse la porte ouverte à tous les vents, qu’ils soient mistral ou  zéphyr, ouverte à toutes les envies, ouverte à tous.

Stéphane Oualid et Richard Martin sont de la même trempe, de celle qui aime les gens, de celle qui a un besoin fou d’humanité. Tous deux, tendus dans une même volonté, celle de faire vivre la culture, remuent ciel et terre pour la partager en premier lieu avec ceux qu’ils côtoient tous les jours, les habitants de leur quartier.

INTERVIEW

« A gauche, ‘l’Opéra des rats’ et à ma gauche, dans les encombrants, l’opéra des rats »

Danielle Dufour Verna – Comment vous est venue l’idée de la fresque ?

Stéphane Oualid – En attendant qu’une benne vienne retirer toutes les ordures. J’étais en train de réfléchir, je regardais le théâtre Toursky et j’ai pensé à l’Opéra des Rats ; à droite l’Opéra des Rats et à ma gauche, dans les encombrants, l’opéra des rats ! C’était environnement contre culture et je me suis dit, il faut faire quelque chose, il faut essayer de bouger un peu dans cette impasse et essayer de faire changer le regard à la fois sur le théâtre et aussi changer le regard sur notre environnement à nous et savoir comment on pourrait essayer d’imaginer le vivre tous ensemble dans cette impasse. Ça a été le point de départ.

Carine Déambrosis, photographe, travaille à La Ruche, à Paris, dans le 15e arrondissement : elle connait très bien Léonard Léoni, un mosaïste de renom qui a près de 90 ans. C’est lui qui a fait toutes les mosaïques de la Fondation Maeght à Saint Paul de Vence et tant d’autres choses. Je suis allé le voir en 2019 et je lui ai demandé s’il serait partant pour faire une  mosaïque avec mes enfants. De fil en aiguille on a commencé à essayer d’envisager ce projet. Ça a commencé comme cela. Il est venu pendant une semaine à l’école et on a commencé à faire de petites mosaïques avec les enfants, avec des parents, etc. tout le monde travaillait la journée et petit à petit on s’est dit mais en fait, il faut aller plus loin, il faut faire une fresque, d’où cette idée de la fresque. Avec les enfants et les parents, on a rencontré Richard plein de fois.

Dans un premier temps pour qu’il nous parle de la pièce, pour qu’il nous raconte ce que c’était cette pièce car il n’y a aucune captation pour l’Opéra des rats et on a vu au fur et à mesure se dessiner des éléments, des objets de cette pièce-là avec les coquelicots, avec la décharge, avec le bateau, avec la mer, avec l’évasion… Petit à petit les enfants ont commencé à faire des croquis de coquelicots, de dessins etc. On a établi un cahier des charges avec Léonard pour qu’il nous dessine la maquette de cette fresque qui devait voir le jour. On s’est finalement arrêté sur un dessin qui est une mise en page des différents éléments que les enfants avaient croqués, dessinés. C’était intéressant car nous étions vraiment dans un travail de réflexion. On ne se posait plus la question si on était avec des petits ou des grands ou des moyens ou des artistes.

DDV –Combien de temps a-t-il fallu pour élaborer la fresque ?

Stéphane Oualid -La fresque a commencé en février 2020 pendant les vacances. Juste pour la petite histoire, c’est une fresque en pâte de verre qui coûte beaucoup d’argent. Ce n’est pas de la céramique, c’est vraiment de la pâte de verre. Il y a énormément de matière première, il fallait de l’argent. A ce moment-là, la Métropole de Marseille-Aix mettait en place dans le quartier un budget participatif pour voir se réaliser les projets que les habitants des quartiers avaient envie de créer. J’ai présenté cette réalisation de la fresque, il y a eu des élections dans les quartiers qui se sont faites devant les écoles et nous avons remporté le premier prix pour ce projet. Ce budget a permis de pouvoir monter tout le reste du projet. On a donc démarré en février 2020 et on a très vite fait la moitié de la fresque avec des parents, des habitants des quartiers, des adolescents qui sont venus toute la journée à l’école. Ensuite il y a eu la COVID, tout s’est arrêté et on a tout rangé. On a repris environ un an, un an et demi après. C’est Anne-Marie Labonne qui a pris le relais en qualité de mosaïste.

DDV –Faite par les gens du quartier pour les gens du quartier…

« Ça fait changer le statut des individus. On passe d’habitant à habité »

Stéphane Oualid – Exactement, avec cette idée de quelle trace on laisse, avec cette idée que la mosaïque est un des premiers arts populaires. On boucle la boucle. Ça fait changer le statut des individus, on passe d’habitant à habité. Cela modifie la façon d’habiter le quartier. A ce niveau-là, nous n’étions plus des habitants, nous étions des habités. On n’a plus un statut en soi mais on se donne un statut. C’est la même volonté qu’a Richard Martin.

Lors de la 2e représentation de l’Opéra des rats au Toursky, Richard a voulu qu’il y ait des acteurs amateurs habitant le quartier du 3e arrondissement. La même volonté autour de la fresque  quelques décennies plus tard, c’est encore un collectif d’habitants et de gens qui se mobilisent dans le quartier pour vivre ensemble, pour partager une expérience commune.         

La seule façon qu’on a de se sauver tous, c’est quand-même la culture, le partage et de se sentir tous artisans de cette culture. Danielle Dufour Verna

Image de une By Lotti Pix Photographe Marseille ©2022

LE PAC EST DE RETOUR

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Le 14e festival PAC aura lieu du jeudi 26 mai au dimanche 12 juin 2022. 

PAC ET PAQUETS DE PACS

         Quatorze ans déjà pour LE PAC, P-A-C, masculin, mais je suis sûr qu’une majorité de personnes ignore ce que signifie cet acronyme, c’est-à-dire ce sigle qui fleurit en ce printemps, qui semble homonyme de la PAC (Politique Agricole Commune de notre Europe), ou l’envahissante campagne publicitaire actuelle pour la PAC (Pompe À Chaleur) si ce n’est, par apocope, c’est-à-dire la chute d’un ou plusieurs phonèmes à la fin d’un mot, PAC, un condensé, une réduction de notre région PAC/A. J’ai écrit acronyme, homonyme, apocope, avec un brin de pédanterie humoristique, étalant un peu ma culture philologique, linguistique, pour badiner un peu sur cette mode des acronymes qui court le risque de se piéger dans l’anonymat cryptique à vouloir désigner tant de choses en si peu de lettres, comme l’écriture dite « inclusive », en fait excluante pour les malheureux apprenants du français trébuchant sur le pointillisme, la coquetterie précieuse de points coupant les mots et l’orthographe : barrière à la lecture et que dire de l’énonciation à voix haute…Le féminisme mérite mieux que des petits points.

 Mais bon, et bel et bon, notre PAC, c’est bel et bien le Printemps de l’Art Contemporain à Marseille Provence (Pourquoi pas PAC/AM ?). Sa création eut lieu en 2007 de la volonté de la soixantaine d’adhérents du Réseau de l’Art Contemporain à Marseille de se fédérer pour défendre les artistes contemporains accueillis dans leurs structures culturelles respectives, musées, galeries institutionnelles ou privées, faire connaître conjointement leur travail en facilitant les rencontres avec le public, afin d’éviter l’écueil de l’art aujourd’hui qui est, sinon la hautaine tour d’ivoire de l’enfermement sur soi,  la ghettoïsation, quand il se veut art de recherche et non de démagogie consumériste, au risque de l’incompréhension,  de la marginalisation, de l’incommunication. Le Pac a le beau désir de ne pas se soumettre à la fatalité de la marge, de l’ombre, de mettre l’art et les artistes au centre, de leur permettre, sinon de communier toujours avec le visiteur, au moins de communiquer avec lui : amorce nécessaire de toute relation humaine, l’art étant, selon moi, une quintessence pacifique de notre humanité, interrogation sur notre présent, spéculation sur notre avenir. Il n’est que de voir les matériaux, trop longs à énumérer ici, aujourd’hui manipulés par les artistes contemporains, pour se convaincre qu’ils se nourrissent de notre présent, qu’ils questionnent, interrogeant déjà ou inventant au moins des voies vers le futur.

En effet, qu’est-ce que l’Art contemporain qui fait peur à certains ? Comme les mots les plus savants deviennent simple avec une explication, pour simplifier et sacrifier au goût rassurant des dates, des repères, on appelle en gros art contemporain celui qui succède à l’art moderne depuis 1945, on s’épargnera les nuances critiques de moderne et postmodernité et leurs nouveaux rapports au temps. Il désigne des œuvres, principalement dans le champ des arts plastiques, produites de nos jours, quels qu’en soient le style, l’esthétique. L’Art Contemporain intègre l’utilisation de nouvelles technologies, vidéo, numérique, c’est assez dire qu’il s’ancre dans notre temps.

Malgré l’ombre grandissante de la pandémie qui a frappé la culture pendant deux ans, le PAC 2020 eut un chiffre impressionnant de 40 000 visiteurs, d’ici et d’ailleurs. Après l’éclipse pandémique, le PAC nous revient donc, avec un nombre de membres du réseau augmenté considérablement, et à l’étroit dans Marseille, il a heureusement débordé et s’est ouvert sur la Métropole, la Provence. Des circuits sont organisés hors Marseille. Pour cinq euros, on peut bénéficier d’un bus pour aller visiter quelque lieu insolite, à Aix ou autour de l’Étang de Berre, où niche ou germe une œuvre, où habite un artiste, qui vous attend, pour un verre de l’amitié, un goûter à partager, que rien n’interdit d’amener non plus !  Mais, sur place, sur le site (voir plus bas) on trouvera une carte des quartiers qui permet de repérer des galeries, des lieux, parfois surprenants et passionnants, où œuvrent les artistes, prêts à montrer leur travail, à répondre aux questions. 

Les musées, l’Opéra ouvrent leurs portes avec un grand succès : entrez aussi chez les artistes, ils vous attendent. L’art, les artistes ont besoin d’être vus dans leurs œuvres, leur travail, leur résidence. L’art, les artistes cherchent, sinon toujours la communion, qui reste toujours un miracle, la communication : on peut leur parler, les interroger. On doit sentir, ressentir, sans forcément traquer un sens. L’art nous concerne tous, il nous environne sans même que nous y prenions garde à voir le nombre de ses lieux et artistes. Le PAC n’est que l’occasion de porter sur lui, sur eux la lumière, avec un effet de loupe qui ne doit pas être éphémère. On ne doit pas rester le nez contre la vitre, contre la vitrine sans oser faire le pas d’entrer (pas obligation d’acheter !) mais il faut franchir ce seuil pour voir, regarder sans crainte de se sentir intrus, indiscret, pas à sa place. Tout le monde a sa place dans l’art, qui nous assemble toujours, même s’il semble ne pas nous ressembler. L’art n’est pas élitiste : il est pour tous. Allez voir les artistes, partager avec eux une émotion, une interrogation, une énergie.

ENFANCE DE L’ART ET ENFANTS DANS L’ART

Protéiforme, multiforme, l’Art Contemporain, ne se laisse pas enfermer dans une forme, une définition : il invite même par sa liberté, à être soi-même artiste. L’artiste est celui qui a gardé son âme d’enfant, joueur, inventif.

Ce qui m’amène moins à une obsession qu’à une évidence que j’ai répétée : cet art réputé complexe me semble directement accessible aux enfants qui, sans préjugés artistiques sur l’art, sans mémoire culturelle traditionnelle, sans références figées comme souvent les adultes, sans ce lourd bagage qui handicape l’appréhension immédiate sensible, tactile, matérielle, d’une œuvre ou du travail d’un artiste, sont d’emblée de plein pied avec le foisonnement divers d’un art infiniment ouvert qui parle, par sa profusion, directement à leur imagination.

« l’Opéra, c’est classe » est une superbe opération opératique qui amène les enfants dans le monde enchanté de l’opéra : le public de demain. Et je témoigne de leur intérêt, de leur fascination, de leur respect des artistes. Il faut le faire autant pour l’art de leur temps, le temps d’une balade en famille avec ces haltes chez des artistes dans la proximité du quartier ou ailleurs. 

BENITO PELEGRÍN

 

Le 14e festival PAC (26 mai/12 juin 2022)

Tout est pratiquement gratuit : goûters, apéros, simple verre convivial. 

Au programme : expositions en bord de mer, balades à flanc de coteaux, ouvertures d’ateliers, rencontres avec les artistes, concerts, dîners, performances, circuits, et autres découvertes. 

Retrouvez toute la programmation sur p-a-c.fr/le-festival https://p-a-c.fr/le-journal [2]

L’Argentine en fête au Makéda avec Chocolate Remix

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Le Makeda accueille un double concert le 19 mai pour une soirée placée sous le signe de l’Argentine. Le pays fourmille de jeunes talents musicaux avec une génération montante d’artistes femmes aux revendications assumées, explorant les musiques traditionnelles et modernes, entre folklore, électro et reggaeton, ou encore cumbia à l’instar de Sara Hebe. Sont proposés, pour le prix de 10€, deux concerts : le premier d’une artiste impliquée dans la préservation de sa terre natale spoliée par les colons, 𝗔𝗹𝘂𝗺𝗶𝗻𝗲́ 𝗚𝘂𝗲𝗿𝗿𝗲𝗿𝗼, le second d’une jeune femme engagée dans la lutte pour les droits des femmes, 𝗖𝗵𝗼𝗰𝗼𝗹𝗮𝘁𝗲 𝗥𝗲𝗺𝗶𝘅.

Toutes deux seront en tournée dans toute l’Europe : elles feront escale dans plus de 20 villes en France, Italie, Espagne, Allemagne et Suisse etc.

L’événement est organisé par Sonica Vibes, une structure de production et agence de booking internationale créée en décembre 2017 par Sonia Nisi, à Marseille, dont le but est d’accompagner les projets musicaux à l’esthétique urbaine qui véhiculent des messages forts. En l’occurrence, les droits des femmes et des hommes tels que la liberté, le multiculturalisme, l’égalité des sexes, la lutte contre le racisme et l’homophobie.

Des  luttes universelles qui traversent les peuples et les pays et sont d’autant plus d’actualité aujourd’hui que nous assistons à une forte régression des droits sociaux dans différents continents.

Une première partie électro-folklorique mystique

Aluminé Guerrero © PH Pierre Campistron feat. Sol Etxe

En première partie, le public pourra découvrir la jeune 𝗔𝗹𝘂𝗺𝗶𝗻𝗲́ 𝗚𝘂𝗲𝗿𝗿𝗲𝗿𝗼 𝗰𝗵𝗮𝗻𝘁𝗲𝘂𝘀𝗲, 𝗰𝗼𝗺𝗽𝗼𝘀𝗶𝘁𝗿𝗶𝗰𝗲 𝗲𝘁 𝗽𝗿𝗼𝗱𝘂𝗰𝘁𝗿𝗶𝗰𝗲, originaire de Patagonie. Aluminé est fille de folkloristes itinérants : dès son plus jeune âge, elle se produit dans les rues, les radios et chaînes de télévision dans le cadre des principaux festivals régionaux du centre et du sud de l’Argentine. C’est à Buenos Aires qu’elle commence ses premières créations assistées de son ordinateur, suivant en parallèle une formation à la guitare avec son professeur Sebastian Fiore.

Elle développe ses compositions personnelles pour son premier projet El Loco, fruit d’un travail de plusieurs années, avant de faire un voyage initiatique à travers l’Amérique latine où elle enregistre, avec Rodrigo Leiva, un album de réversions folkloriques « Dos palabras ». Pendant ce voyage, elle initie son projet El Loco Rec : il s’agit d’enregistrer, à l’aide d’un studio portable, les artistes itinérants qu’elle rencontre au cours de sa traversée. Suit la production de l’album « Son de la Plazuela » pour le groupe cubain « Sorpresa Trinitaria ».

Aluminé Guerrero © Cloe Harent

L’artiste arrive en France en 2015 où elle produit, avec l’aide de son ami Conrado Rodriguez, son premier album « Parte del Mundo » à Toulouse.  Avec son groupe « Les Enfants Perdus », elle se produit dans différents festivals de la région (Rio Loco 2019, L’été à Vaour , Ciné Latino,…) et fait deux tournées européennes entre l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, la Suisse et l’Autriche, tout en continuant à se former aux musiques assistées par ordinateur.

En parallèle de ses projets musicaux de folklore électronique, elle créé la musique d’une œuvre de danse contemporaine, « Corporalités et poétiques de femmes émigrées latino-américaines » et participe à la nouvelle création chorégraphique de Lucia Soto, « MALA », vision féministe du « Malambo ». 

Inspirée par sa terre natale et la mystique de la Pachamama, elle mêle dans son concert les sonorités électro à la musique folklorique traditionnelle. Accompagnée  d’un charango et d’un pinkuyo, elle nous fait voyager dans son univers coloré et mystique. Elle sera cet été à Lourdes, Lautrec et Toulouse!

LIVE https://www.youtube.com/watch?v=9P1Tl3XH0LM [3]

Du reggaeton féministe et politique avec Chocolate remix

Chocolate Remix est le projet solo de reggaeton et musique urbaine de la rappeuse, productrice et chanteuse et DJ argentine Romina Bernardo : ce projet queer féministe a vu le jour en 2013. Romina est aujourd’hui la tête d’affiche de la scène Latin Rap – Neo Perreo Queer qui bouleverse les codes de des genres musicaux historiquement sexistes et commerciaux à l’image de la cumbia, du hip hop ou du reggeaton. En 2017, la BBC inclut Chocolate Remix parmi les 100 femmes les plus innovantes et inspirantes du monde : sa chanson « ni una menos » est devenue l’un des hymnes des luttes féministe en Argentine et ailleurs.

Dans ses chansons, elle aborde des sujets tabous tels que le plaisir et la sexualité des femmes. Elle dénonce également la discrimination, la censure ou la violence dont sont victimes les femmes et les LGBTTIQ. Avec des paroles éloquentes et utilisant la satire et l’humour, la rappeuse s’appuie sur différents types de reggaeton, de la plus classique et de la vieille école aux fusions avec cumbia, carioca funk, dembow, reggae, électronique et divers styles pour transmettre un message à fort contenu politique et social.

Chocolate Remix © Montecruz

Après la sortie de son premier EP « Satira », adoubé par la presse locale et internationale et un passage remarqué au Womex 2021, l’artiste argentine entame sa seconde tournée en Europe pour promouvoir  son nouvel album « Pajuerana » sorti le 1er Octobre 2021 sous le Label Goza Records. En 2021 elle a sorti 3 singles et 1 titre en avant-première de son nouvel album, dont 2 featuring, notamment  “Belicosa” avec les Djs français Baja Frecuencia, qui est sorti dans le nouvel album des producteurs « Sudamericat » sous le Label français Chinese Man Records.

A Marseille et pour cette nouvelle tournée européenne, elle est accompagnée par « las panteras » aux danses endiablées. On la retrouvera pour un concert le 27 juillet à Avignon au Village du Off ! Save the date.

LIVE: https://www.youtube.com/watch?v=ZQu61x0YQ9g [4]

VIDEOCLIP  Quien Sos? https://www.youtube.com/watch?v=a2CncCMYiYY [5]

Bon à savoir!

En dehors des artistes internationaux qu’elle accompagne, Sonica Vibes développe le festival pluridisciplinaire Ciao MOKA depuis 2021, qui met les arts de l’Italie d’aujourd’hui à l’honneur au cœur de la cité phocéenne, avec un focus particulier sur la musique. La deuxième édition aura lieu le 22 23 et 24 juillet prochains.

DVDM

Pour en savoir plus, https://sonicavibes.com

Photo de Une: Chocolate Remix © CCRecoleta

Händel vs Scarlatti

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Cristiano Gaudio, clavecin – Label Encelade

« Ah Dieu ! que la guerre est jolie… », écrivait Guillaume Apollinaire, qui mourut des suites de sa blessure par un obus à la tête, achevé par la grippe espagnole la veille de l’Armistice. Ah, qu’il était joli le temps de la guerre en dentelles, au XVIIIe siècle, où le comte Joseph-Charles-Alexandre d’Anterroches, chef de l’armée française à la bataille de Fontenoy, en 1745, lançait avec une révérence courtoise empanachée aux ennemis en ligne face à face : « Messieurs les Anglais, tirez les premiers ! ».  

Je ne dirai pas la raison tactique de cette politesse en une époque où recharger un fusil à un coup s’était s’exposer à « passer l’arme à gauche », offrir une cible immobile à l’ennemi tant cela était long. Mais je reprends à mon compte, à bon compte, ces expressions de guerre jolie dont plaisantait le pauvre Apollinaire, et de guerre en dentelles, pour qualifier, un beau soir, une belle soirée, dans le luxueux Palazzo Corsini de Rome du fastueux Cardinal Ottoboni. En 1709, donc, pour distinguer la guerre, le combat, du moins le duel qui opposa, en perruques dont on ne se crêpait pas le chignon, deux géants de la musique baroque, nés  tous deux en 1685, comme Bach, le Saxon Georg Friedrich Haendel et le Napolitain Domenico Scarlatti. On comprendra donc que je puisse, abhorrant, détestant naturellement la vraie guerre, on le voit aujourd’hui encore, qui rabaisse l’homme, je puisse exalter ce pacifique combat de deux génies où, si l’on s’accroche, c’est en croches et doubles croches, où les salves ne sont que celles des applaudissements d’un public de connaisseurs ravis.

Wanda Landowska, qui le réhabilita au XXe siècle, parlait du « noble ferraillement » du clavecin dont les cordes pincées sont en métal. Händel et Scarlatti, au cours de cette mythique soirée, pendant ce duel duo, vont donc ferrailler, croiser le fer, non de l’épée mais du clavecin. C’est le sujet de ce disque élégant Händel vs Scarlatti, VS non ‘vitesse de sédimentation’ de nos analyses de sang, mais versus latin, ‘contre’, ‘opposé à’. Si l’on ne sait pas grand-chose de concret sur cette compétition entre ces deux compositeurs de vingt-quatre ans, on sait qu’ils s’étaient connus à Venise, où ils avaient sûrement rencontré Vivaldi comme le rêve l’écrivain cubain Alejo Carpentier dans son festif petit roman Concierto barroco. Ils se témoignaient une amicale admiration, en parfaits connaisseurs de leurs qualités respectives.

Le jeune claveciniste italien Cristiano Gaudio, s’est formé en Italie, puis au CNSMD de Paris auprès des meilleurs maîtres, et à la Schola cantorum de Bâle Blandine Rannou et d’Olivier Baumont, conseillé par Christophe Rousset ou Skip Sempé, lauréat de nombreux prix internationaux,  a eu cette belle idée pour son premier CD. Ce programme, il l’a présenté en concert à Paris ce 13 janvier. On comprend qu’il ait été séduit de se mettre en miroir lui-même à travers deux compositeurs qu’il sert, dans ce duel, non l’un d’une main, l’autre de l’autre, mais, l’un et l’autre à deux puissantes et légères mains, jouant sur deux clavecins du facteur Bruce Kennedy, l’un italien, l’autre allemand, sans les affecter un peu simplement à la nationalité respective des deux compositeurs, mais plus musicalement, selon la nature de la pièce à interpréter. On peut imaginer qu’il a eu à cœur, d’adapter son style propre à celui de chacun des deux, qu’il défend avec une égale technique, une étourdissante virtuosité, leur prêtant toute la fougue de sa jeunesse et de son sang italien, sans en verser une seule dans cet idéal duel.

Commençons la pacifique confrontation avec un mouvement lent de chacun des deux musiciens, d’abord la Toccata 11 de Händel : PLAGE 4

À défaut de connaître l’exact programme de la légendaire soirée, Cristiano Gaudio tire le répertoire Haendel du CD des manuscrits de Bergame (une sélection de Toccatas) et de Naples, qui pourraient correspondre à la période italienne du jeune compositeur. Pour ce qui concerne Scarlatti, qui a composé 555 sonates pour clavecin, il en retient dix. Nous écoutons quelques mesures de la K32, sous-titré, Aria, air : PLAGE 5

Après ces mouvements lents des deux musiciens, donnons le pas aux vifs dans lesquels s’exprime la virtuosité acrobatique du baroque le plus vertigineux qui devait soulever l’enthousiasme des auditeurs comme les roulades obstinées non pas de l’allegro, allègre, mais l’Allegrissimo de la Sonate K43 de Scarlatti : PLAGE 8

La toute brève Toccata 1 de Händel ne le cède en rien en vélocité, prestesse, prestidigitation : PLAGE 19

On regrette, bien sûr, de ne rien connaître de précis de cette soirée, de ce match organisé par des mécènes raffinés entre deux jeunes compositeurs déjà bien cotés. Nous avons simplement ce témoignage de Scarlatti lui-même :

 « à 24 ans, je participai à une compétition avec un jeune homme nommé Haendel qui était considéré comme un prodige, je fus vainqueur au clavecin et lui à l’orgue ». 

Donc, il reconnaît avec élégance un match nul et l’on apprend qu’il y eut deux instruments en jeu. La biographie de Händel par John Mainwaring (Memoirs of the Life of the feu George Frederic Handel, Londres, 1760) est lointaine mais, après tout, ces compétitions étaient à la mode.

         Un mouvement modéré de Scarlatti, cette fugue de sa Sonate K. 58, Fuga : PLAGE 18

Sans trancher le débat, le duel, que nous préférons duo, nous quittons ce CD par un bel arrangement pour clavecin de Cristiano Gaudio, de l’Adagio de la Sonate pour violon en la majeur de Händel : PLAGE 21 

Benito Pelegrín

Un concert rare en hommage à Aznavour

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‘FORMIDABLE AZNAVOUR’ au Dôme de Marseille –Samedi 21 Mai 22 – 17h30

 « Emmenez-moi au Dôme de Marseille »

Il reste encore des places !!! Dernière ligne droite avant l’évènement exceptionnel ‘FORMIDABLE AZNAVOUR’ initié par Frank Evènements et la Fondation Aznavour.

Au Dôme de Marseille, fabuleuse salle en forme de coupole d’une capacité de 6000 places assises, samedi 21 mai 2022, dès 17 heures 30, aura lieu un évènement exceptionnel ‘FORMIDABLE AZNAVOUR’. 40 artistes, 10 musiciens, 500 choristes rendront hommage à Monsieur Charles Aznavour. Tous les bénéfices du concert seront versés à la Fondation Aznavour que le chanteur avait créée au lendemain du terrible tremblement de terre en Arménie, une Fondation qui continue inlassablement son œuvre humanitaire sur tous les fronts.

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Plus grand évènement de l’année 2022 : 40 artistes, 10 musiciens, 500 choristes

Toutes générations confondues, qui n’a pas au cœur, en tête, qui ne fredonne pas une chanson d’Aznavour ? Venus de France, d’Arménie, du Canada, d’Amérique du Nord, d’Italie, jamais il ne sera donné de voir et d’entendre autant d’artistes chanter Aznavour. Ils le feront avec leur talent, leur passion, et surtout l’amour qu’ils portent à celui qui fut et reste le maitre incontesté de la chanson française à travers le monde. Sur scène et au piano, Erik Berchot, qui fut le pianiste de Charles Aznavour. Des écrans géants, un spectacle entièrement chansigné, de l’humour, de l’hypnose, des surprises et surtout tous les grands opus de celui qui manque tellement à la scène française et internationale.

SOYONS FORMIDABLES !

En maitresse de cérémonie, la comédienne Géraldine Lapalus accueillera  les artistes en présence de la famille Aznavour et devant un parterre de personnalités.

Un parterre d’artistes fabuleux

Linda Lemay

Nana Mouskouri-Enrico Macias-Lynda Lemay-Frédéric Zeitoun-Smaïn-Big Ali-Géraldine Lapalus-Monada-Bande à part-Arpi Alto-Michèle Torr-Erik Berchot-Eric Fanino-Joana Mendil-Diesis -Djibril Cissé-Claude Njoya-Emma (The Voice Kids)-Manon (The Voice All Stars)-Ermonia (The Voice)-Naestro-Gemma-Richard Groulx-Philippe Perathoner-Quentin Nicodemi-Patrick Koclaym-Amaury Vassili-Marion Mezadorian-Avy Marciano -Jean Pierre Savelli-Corinne Zarzavatdjian-Gérard Ferrer-Richard Schiffer-…..

Aznavour, mythique, immortel

Né en 1924, décoré de la Légion d’honneur, ambassadeur d’Arménie en Suisse depuis le 12 février 2009, auteur-compositeur-interprète, acteur et diplomate d’origine arménienne, Charles Aznavour était avant tout un homme profondément tourné vers les autres. Il a interprété ses chansons appréciées dans le monde entier dans pas moins de 7 langues et a vendu plus de 300 millions de disques.

Conscients de ses aptitudes dès son plus jeune âge, ses parents, ayant échappé au massacre des Arméniens et s’étant réfugiés en France, il découvre le monde artistique et musical de Paris. Sa rencontre avec Edith Piaf marquera le début de sa notoriété. En 1956, il devient une star internationale. Dès lors, son succès ne s’est plus démenti.

La  Bohème, Et moi dans mon coin, Non je n’ai rien oublié, Comme ils disent, Le Cabotin, Les Comédiens, La Mamma, For me Formidable, Et pourtant, Qui, A ma Fille, Plus bleu que le bleu de tes yeux, Que c’est triste Venise, Emmenez-moi…

Les chansons d’Aznavour parlent essentiellement d’amour, elles parlent à tous. Comme le dit si bien l’humoriste, comédien et chanteur Eric Fanino : « Emmenez-moi au Dôme de Marseille ! »

Danielle Dufour Verna

Dôme 40 avenue de Saint-Just 13004 MARSEILLE / Tél 04 88 9274 35

Billetterie : Adam concerts [7]Fnac spectacles [8]Carrefour Spectacles [9]Ticketmasters  [10]Digitick [11]

Histoire Universelle de Marseille

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Adaptation : Virginie Aimone et Jérémy Beschon/Une mise en scène de Jérémy Beschon d’après Alèssi Dell’Umbria, Histoire universelle de Marseille, éditions Agone/Comédienne : Virginie Aimone Création lumière : Fabrice Giovansili Régie lumière : Jean-Louis Floro/Durée du spectacle : 1h

La Faites de la fraternité débute le 13 mai à 18h avec l’histoire universelle de Marseille du collectif Manifeste Rien d’après Alèssi Dell’Umbria (Éditions Agone) dans la salle Léo Ferré qui nous livre un portrait saisissant de Marseille à travers les âges.

Un solo étonnant

Dans ce seul en scène, la comédienne, Virginie Aimone, incarne sur un plateau nu une pléiade de personnages historiques (Henri IV, Louis XIV, Robespierre) ainsi que les anonymes qui peuplent Marseille et la font vivre : les troubadours, les poissonnières, les prisonniers.

Mise en scène par Jérémy Beschon, elle incarne avec humour les différents protagonistes dans cette ambitieuse fresque qui revient sur 1000 ans d’histoire, politique, urbaine, sociale, culturelle et linguistique. Autant dire qu’il s’agit d’une prouesse et d’une performance d’actrice qu’elle nous livre ici. Mais pas que !

Une épopée qui nous fait réfléchir

Au-delà de cet aspect performatif indéniable, l’intérêt du travail proposé réside en ce que grâce au médium de l’humour la compagnie nous fait réfléchir sur les combats des opprimés face aux oppresseurs, les rapports de force entre un pouvoir venu d’en haut et le peuple d’en bas.

« A Marseille, ce combat se poursuit encore alors que la ville est vendue à des propriétaires et des promoteurs sans scrupules pendant que des immeubles s’effondrent, que des milliers de marseillais sont délogés et que les chantiers refusés par la population sont emmurés. » précise Jérémy Beschon, rappelant à notre mémoire les tragiques événements de Noailles ayant marqué la fin du mandat de Jean-Claude Gaudin.

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L’histoire de Marseille : une lente déchéance ?

« Au 13e siècle, la République marseillaise était écrasée par Charles d’Anjou ; au 16e siècle, le ligueur Charles de Casaulx était assassiné sur ordre d’Henri 4 ; au 17e siècle, Louis 14 installait des canons tournés vers le peuple ! Et que dire des destructions du centre-ville aux 19e et 20e siècles ! » poursuit-il.

La violence de l’urbanisation où sont aujourd’hui encore entassés dans des cités excentrées les descendants des populations immigrées de la ville prend ses racines dans ce passé. Elle répond à une construction sociale qui pour reprendre les mots de Jérémy « ne laisse aucune place aux différentes identités, à la mémoire des luttes, à la pleine citoyenneté. Si le modèle de la République française s’est inspiré des formes politiques locales des cités, celle-ci les a aussi trahies. »

Ainsi, tout en dénonçant les mécanismes de domination au travers de l’urbanisation d’une ville monde attachante, ce spectacle sans concession nous interroge sur les mutations que connaissent les grandes villes européennes et les modèles d’intégration qu’elles ont à offrir.

DVDM

 

BON A SAVOIR

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La Faites de la Fraternité en bref ! – dates 13/15 mai 2022

Le spectacle du collectif manifeste rien est suivi d’un dîner concert brésilien à 19h emmené par Wallace Negao sur la terrasse (tarif 15€ et réservations à casadosamba13@gmail.com [14]) à l’issue duquel le public pourra assister dans la grande salle à un débat autour du livre La Dispute paru en octobre 2021, avec Bernard Friot et Frédéric Lordon, sur les questions du capitalisme et de ses alternatives possibles.  

Le samedi, sont proposés une collecte de sang de 8h30 à 13h organisée par l’Établissement Français du Sang  ainsi qu’une pléiade de rencontres, d’animations, de spectacles dansés, de shows case et de projections tout au long de la journée avec dès 10h30, l’inauguration par les enfants de l’école maternelle Édouard Vaillant & Richard Martin de la mosaïque réalisée sur la façade du Théâtre Toursky à partir d’éléments iconographiques de l’artiste Léonard Leoni et de la création théâtrale L’Opéra des rats de Richard Martin. Entre autres temps forts, avant la fascinante plongée dans la mélodie populaire napolitaine de Vincent Beer-Demander, avec « Viva Napoli ». A 21h dans la grande salle. Avis aux amoureux de la mandoline !

Le dimanche laisse place à plusieurs projections/débats en matinée avant le vernissage de deux expositions à midi : l’une de tableaux et mosaïques réalisés par des enfants et des parents du quartier de la Maurelette avec ATD Quart monde et Grégoire Kantoucar ; la seconde de photographies de La Paternelle, une cité de Marseille, son histoire, ses habitants, en présence de Dalila Ouanès-Guillon En clôture, à 18h, le spectacle musical “Au soleil des quartiers Nord, l’odyssée des chansons “ de Daniel Beaume avec chœurs d’enfants et “On n’arrête pas les oiseaux “, récit en chansons sur le parcours d’un jeune contraint à l’exil organisé par Terre de chansons avec les enfants du quartier. RS

Toutes les infos sur : https://www.toursky.fr/spectacle/8-faites-de-la-fraternite/ [15]

Manifestation gratuite (pour les spectacles : réservations à administration@toursky.fr [16]), ouverte à tous à l’exception de la rencontre/débat avec Bernard Friot & Frédéric Lordon du 13 à 21h (3 à 10€) et du spectacle “Viva Napoli” le 14 à 21h (16/26€) ainsi que des repas concerts.

Fatimah Hossaini, a gifted young woman

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Fatimah Hossaini is an Afghan-Tehran born artist. She wants to break the cliché of afghan women in blue burqa. With her pictures, she tells the beauty and courage of these women who have always faced restrictions in their life as women.

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Pearl in the oyster ©Fatimah Hossaini

As a photographer, she is the youngest among 10 first winner of the Hypatia international award which reward to the commitment in the field of Research, art and professions. She won a few prizes and founded the Mastooraat Organization to help women involved in arts. She is also specialized in staged photography. Her work has been displayed in group exhibitions, art festivals, even solo exhibition, from China to USA passing by Europe.

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Unfortunately, because of the Taliban who recently took the power in Afghanistan, enforcing their rude rules against women, she had to leave her country in august 2021. She is now a refugee in Paris but continue her job as photographer. In her country, she used to take pictures of women in all their beauty and femininity in order to fight against the cliché of blue burqa and show the courage of afghan women in a male dominant society.

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By her work, she displays the ethnic diversity with pictures of Pashtuns, Tajiks, Hazaras, Qizilbashes, and Uzbeks in their traditional colorful clothing, showing the richness of Afghanistan culture and traditions. She also highlights all the beauty and femininity, the power and resilience of Afghan women and shows they are not weak or victim. We can see women in traditional clothing, playing instruments or driving, breaking the taboos and chasing her dreams by using mascara.

Burqa behind the steering wheel©Fatimah Hossaini

Her beautiful pictures are delicate and sensitive with shimmering colors. She has been invited to a collective exhibition in Marseille, at the City Hall 1/7, 61 la Canebiere, until May 13th. This exhibition “ce que les femmes afghanes ont à nous dire” will turn in France and Germany during a few months. DVDM

Interview with Fatimah Hossaini about her work

Top picture, Fatimah Hossaini at the Beauty Amid War Photo Exhibition in Beijing, China (with the courtesy of Fatimah Hossaini)

Une exposition en Itinérance pour célébrer les femmes afghanes

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Cinq femmes photographes afghanes exposent leurs photographes à la Mairie du 1/7 de Marseille jusqu’au 13 mai. Elles s’appellent Fatimah Hossaini, Tahmina Alizada, Najiba Noori, Tahmina Salem et Roya Heydari. Exilées en France depuis le retour des Talibans au pouvoir, elles montrent une face méconnue de la vie des femmes en Afghanistan, à l’opposé des clichés véhiculés par les médias mainstream.

Vue d’ensemble

Cette exposition « ce que les femmes afghanes ont à nous dire » traverse la France et sera également visible en Corse et à Berlin. Elle a été co-organisée par le collectif 13 droit des femmes, femmes d’ici et d’ailleurs et le mouvement pour la paix et contre le terrorisme (MPMCT), trois associations investies dans la préservation des droits des femmes contre les discriminations, la lutte pour la solidarité et la justice, ainsi que la promotion de la paix contre les terrorismes. 

Un art plus fort que la guerre

Françoise Morvan, administratrice de l’association MPCT, créée en 2003 pour dénoncer le terrorisme et venir en aide aux victimes de ce fléau, présente le rôle de son association dans l’organisation de l’exposition.

Ici, pas de burqa bleue mais des photographies de femmes libres à l’image de la photographie de Roya Heydari, « femme, couleurs d’un pays » réalisée en 2019 à Bamiyan : le mouvement chorégraphique du personnage central pris dans un tourbillon symbolise la liberté des femmes afghanes (photo de une). A des milliers d’années-lumière de l’image que nous, occidentaux, avons de ce pays. Ces photographies sont « très sensibles et très belles » relève Sophie Camard, maire du 1/7, présente à l’occasion du vernissage de l’exposition, ravie d’accueillir ces artistes. 

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« Ces femmes dans leur combat nous donnent une leçon de courage » souligne Djamila Ben Habib, journaliste, écrivaine et militante politique canadienne d’origine algérienne présente ce jour. Séduite elle aussi par la beauté des photographies, elle se bat contre le fondamentalisme islamiste : elle est récipiendaire du Prix de la laïcité 2012, décerné par le Comité Laïcité République [21].

Le témoignage vibrant d’une photographe réfugiée

Fatimah Hossaini est une jeune femme de 29 ans, ingénieure en génie civil, également enseignante : elle a fondé Mastooraat, association qui vient en soutien aux femmes artistes afghanes, et remporté plusieurs prix en tant que portraitiste et photographe. Ses œuvres empreintes de sensibilité ont fait le tour du Monde de New York à Pékin en passant par les capitales européennes.

Ici, sont exposées des photographies issues de sa magnifique série Pearl in the oyster qui montre avec délicatesse et élégance les femmes afghanes dans toute leur beauté et diversité, l’Afghanistan comptant de nombreuses tribus en son sein.

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Fatimah rappelle que de 2001 à 2021, l’Afghanistan était un pays où les femmes pouvaient librement aller à l’école ou encore se vêtir. Elle avait par ailleurs dans ses cours une majorité de jeunes femmes. Le retour des talibans au pouvoir en août dernier avec la prise de Kaboul l’a projetée subitement dans l’enfer des bombes qu’elle avait connue enfant avant l’avènement de la république.

« Un terrible retour en arrière » constate-t-elle avant de préciser que « les talibans ne changent pas ». Elle a dû fuir son pays. « J’ai quitté mes rêves et mes espoirs » confie-t-elle mais « je suis partie pour entretenir le feu de mon pays » insiste-t-elle.  Elle veut montrer la beauté des femmes afghanes, leur résilience et leur résistance.

Ode aux femmes, leur liberté et leur beauté

 « J’espère que mes photos vont changer le regard sur les femmes afghanes », rappelant à l’occasion une anecdote où un organisateur d’une exposition à Berlin s’étonnait des couleurs chatoyantes de ses habits -rappelant les tenues indiennes-, sa chevelure noire de jais non recouverte d’un voile, aux antipodes de nos représentations. On la trouvait trop chic pour une réfugiée.

Pearl in the oyster ©Fatimah Hossaini (avec son aimable autorisation)

Féministe dans l’âme, Fatimah veut montrer que les femmes dans son pays ne sont pas victimes dans le sens où elles restent fortes et résistent à l’oppression des talibans. « Elles restent debout » envers et contre les talibans. Elle est fatiguée de cette victimisation des femmes d’autant plus que la jeunesse est une ressource inestimable. « L’Afghanistan avec ses 4000 ans d’histoire est une terre riche : je suis la femme de la Terre de Bouddha, pas seulement de la Terre de Durrani (du nom du premier empereur d’Afghanistan ndlr)» dit-elle fièrement.

La projection du film d’animation, Ma famille afghane, réalisé par Michaela Pavlatova, aux Variétés vient compléter cette exposition. Diane Vandermolina

Plus d’infos sur https://mpctasso.fr/ [23]

https://lesvarietes-marseille.com/FR/fiche-film-cinema/MO6YWP/ma-famille-afghane.html [24]