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‘’CHOPIN UNE VIE EN MUSIQUE’’ par Alexandra Lescure et Etienne Kippelen

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Soirée d’enchantement au théâtre Toursky ce mardi 13 mars 2018 pour une création musicale, un voyage passionnant au cœur de la vie artistique de Paris entre 1830 et 1834.

QUAND LA PAROLE SUBLIME LA MUSIQUE

Dans une mise en scène d’Alexandra Lescure et d’Etienne Kippelen, à laquelle Myrtille Buttner, metteuse en scène et professeure de théâtre, a apporté son regard avisé, texte et musique s’unissent, se mélangent, fusionnent, se répondent : un envol de mots et de notes sublimés qui ont littéralement transporté la salle au cœur de la mélodie et du monde de Chopin, une sensation unique de dépaysement total à l’écoute de la voix chaude d’Etienne, un bonheur ineffable lorsque les doigts d’Alexandra caressent divinement le piano. Si Frédéric Chopin incarne le compositeur romantique par excellence, Alexandra Lescure exalte au piano les méandres de son âme. L’atmosphère du Paris culturel de l’époque est totalement recréée. La musique et les textes de Chopin, Mozart, Sand, Musset, Lamartine, Liszt sont le miroir de l’existence de Chopin tissée de passions et de rencontres avec Sand, son amour, Delacroix, Musset ou Lamartine.

« J’ai 38 ans, il me reste un an à vivre »

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Fruit de plusieurs mois de recherche fouillée autour de la vie du compositeur, le spectacle relate ses passions, ses amours et ses voyages jusqu’à sa maladie. Etienne Kippelen, musicologue et assistant de François Zygel, incarne à merveille le compositeur polonais. D’emblée, il campe tragiquement le personnage :

« J’ai 38 ans, il me reste un an à vivre ». Kippelen donne à son personnage le romantisme exacerbé du compositeur, ses réticences, ses hésitations, ses peurs, ses doutes. Toute la complexité de Chopin se découvre, tantôt amoureux, tantôt embarrassé, emporté même. ‘’Elle aime les plaisirs de la chair, lui non’’, mais il a mal. Au piano, Etienne Kippelen découvre également toute la mesure de son talent. Les deux artistes se complètent à merveille : enchainement parfait, plaisir de jouer ; on sent une complicité, une entente sous-jacente absolue, un travail méticuleux de l’œuvre. Le résultat est magnifique. L’originalité de cette création – musique et textes ciselés avec brio par les deux protagonistes  – participe de son succès.

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Aux côtés d’Etienne Kippelen, la pianiste concertiste Alexandra Lescure interprète avec passion, lucidité, concision, les œuvres de Chopin et revêt les traits de sa muse.

 Nous l’avions entendu dans Gershwin, mais son talent éclate ici avec plus d’intensité et de finesse. Chopin est servi brillamment, avec ce qu’il faut de sensibilité et d’émotion qui font les « grands » interprètes. Et puis il y a les mots. Quand Alexandra parle, la diction est claire, et l’artiste, totalement investie dans son rôle, semble, avec les mots, prolonger la vibration du piano en notes poétiques, une mélodie qui s’achève dans le souffle de sa voix.

Le spectacle débute dans l’obscurité totale de la salle avec les notes du Nocturne en do dièse mineur qui s’élèvent, célestes, dans le silence. Une lumière vient peu à peu nimber de douceur une belle jeune femme qui joue du piano, vêtue d’une houppelande de velours dont la cape couvre la tête. C’est Georges Sand. Plus loin, un homme, jeune, qui ressemble étrangement à Chopin, en costume beige façon frac ; une table et un encrier avec une plume. Le décor est planté. Comment dire la nuit ? Le nocturne joué par Alexandra Lescure pose la question du rapport au temps, à l’angoisse. Le toucher de la pianiste parvient au quasi-frissonnement de la note, une interprétation mélodique qui ajoute au mystère. Le timbre est riche, cristallin, pur. Alexandra Lescure, c’est une couleur, une pure merveille du point de vue sonore et expressif.

Une femme, un homme, un piano, deux voix. Etienne Kippelin ne revêt pas simplement les habits de Chopin, il est Chopin. Cette table où il écrit fébrilement, cette plume qui gratte le papier, on l’entend, on la touche. Il a du mal à respirer, on souffre avec lui. La mélancolie le prend, la salle s’attriste. Puis, au gré des morceaux, les notes s’élèvent, enveloppent l’espace.  Etrangement, les lieux ont disparu ; le public n’est plus ici ; il est sous le charme, il est ailleurs. Avec Alexandra Lescure, il est difficile de parler d’instrument. Chaque pièce jouée, qu’elle soit délicate, qu’elle soit virtuose, est un délice, les cordes frémissent. Avec Alexandra Lescure, le piano a une âme.

Touchante et ingénieuse création qui allie la beauté de la chose à un côté pédagogique non négligeable dans une époque où la culture a besoin de repères. A voir et revoir.

Danielle Dufour-Verna

Pour retrouver « Chopin, une vie en musique » rendez-vous :

-le 14 avril 2018 à Tourves

-le  5 mai 2018 au Château de Lourmarin

-le 9 juin 2018 au Festival des Tourelles

 

Interview MProvence: quand des clowns ramassent les déchets en ville

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Edmund MrBin Platt, néo-marseillais venu de Leeds en Angleterre, est le fondateur de l’opération « Un Jour, Un Déchet. », une initiative citoyenne qui a fédéré plusieurs dizaines de milliers de personnes sur les réseaux sociaux. MProvence.com a suivi une de ses actions, menée sur le haut de la Canebière, fin février 2018. Parmi la trentaine de ramasseurs bénévoles, se trouvaient deux personnages, Capitain et son acolyte, le clown Balla, venus donner la main ce jour-là, sous le regard étonné des passants. Malgré le temps pluvieux, la récolte fut belle : 3kilos de déchets pour nos deux joyeux lurons. Plus d’infos sur undechetparjour.com
Interview : Killian Blisson/ Vidéo : Diane Vandermolina

Université Populaire du 15 Mars 2018 avec Bernard Lubat, Roland Gori et Charles Silvestre

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 «  J’ai tendu des cordes de clocher à clocher, des guirlandes de fenêtre à fenêtre, des chaines d’or d’étoile à étoile, et je danse » (Arthur Rimbaud)

Le principe de ces Universités : la gratuité. Pas d’âge requis, ni de titres, pas de contrôle des connaissances…

Les Universités populaires du théâtre Toursky aspirent à renouer avec l’utopie et l’exigence d’une culture pour tous, qui soit vécue comme un vecteur de la construction de soi et d’une identité citoyenne. L’accès au savoir est essentiel et le Toursky le sait, implanté dans des quartiers populaires où il trace, depuis plus de quarante ans, des chemins de culture et ouvre grand ses portes. Rendre culture et savoir accessibles au plus grand nombre, une vocation originelle du Théâtre Toursky, qui trouve son aboutissement toute l’année, au fil de sa programmation et de ces Universités populaires, moments de rencontres et de partages.

« Lire délivre – écrire inspire –  improviser respire –  parler répare »

Ce sont les mots écrits sur la porte de la librairie d’Uzès, raccourci explicite du message de cette conférence.

Après Debout les œuvriers en janvier 2017, le Manifeste des œuvriers est paru aux éditions Actes Sud en avril. Le désir de retour à l’œuvre sonne à toutes les portes de la vie : la vie de l’humain qu’on soigne, qu’on éduque, à qui on rend la justice, qui s’informe, qui se cultive, qui joue, qui s’associe, qui se bat, rempart de la solidarité qui s’offre à qui sait la chercher. L’homme doit se placer au centre des activités de production et de création pour lutter contre la normalisation technocratique et financière.

Dans une salle comble et très attentive, Roland Gori, professeur émérite des Universités, psychanalyste, Bernard Lubat, compositeur et musicien, Charles Silvestre, journaliste et vice-président des Amis de l’Humanité et Richard Martin, directeur du Théâtre Toursky, ont pris la parole à tour de rôle et ont engagé le public au débat.

  « On ne te demande pas de penser, il y a des gens payés pour cela, alors mets-toi au travail »

Bernard Lubat, Charles Silvestre et Roland Gori, Richard Martin à leur côté, vont démontrer comment le néolibéralisme insuffle, injecte, inocule ce concept au sein du travail et comment les habitudes prises au travail se répercutent dans la vie quotidienne en société.

Bernard Lubat tricote les mots comme il improvise sa musique, inventif, surprenant, adroit, astucieux, direct : c’est un chercheur constamment en cavale derrière la vérité et par là même un véritable esthète de l’œuvre. Ce musicien, jongleur de mots, saltimbanque réfractaire aux dictats de l’industrie de la musique livre sa vision de cette société en devenir. C’est à lui que nous devons ce mot : «Le mot œuvrier est parti d’une grande colère : être à l’œuvre de soi : une idée de l’œuvre de soi à donner à l’autre, à partager, à confronter à l’autre. Œuvrier, pour moi, c’est accéder à cet endroit de la vraie relation à l’autre.» Les goûts du public, comme l’opinion, ont été fabriqués. Si nous n’avons plus d’artistes, dit-il, la société perdra courage et sans courage il n’y a pas de politique. L’œuvrier, c’est un avant-gardiste attardé. Il vaut mieux être un avant-gardiste attardé que collabo précoce. Les concepts viennent des luttes et doivent retourner aux luttes. Le cri du monde se mêle au bruissement du voisinage c’est cela qui nous permet de continuer. » Le festival que Bernard Lubat anime à Uzès est un exemple de cette improvisation qu’il revendique, ferment de cette liberté de l’art. c’est un musicien engagé, dégagé des normes imposées.

LA LIBERTE C’EST LE POUVOIR D’AGIR.  En prenant l’exemple de la SNCF, Charles Silvestre révèle la part d’œuvrier chez le cheminot. Leur statut, remis pernicieusement en cause par les instances de la république, c’est une solidarité qui les lie : « la SNCF chevillée au corps » ; un travail d’équipe permettant de drainer des milliers de voyageurs, une entreprise de salut public. Le statut, ce sont des droits et des devoirs dans une symbiose, une cohérence qui est celui du rail. Si la SNCF perd son statut d’entreprise publique ce sont tous les fondements de notre société démocratique qui sont remis en cause. Par une campagne insidieuse, on dresse les citoyens les uns contre les autres. Il y a une dimension œuvrière par exemple chez les FRALIB gérant leur entreprise au point de devenir écologistes, ou chez ces ouvriers d’une usine se battant pour le statut des OS de leur entreprise. La liberté commence par dire « Je ne suis pas d’accord ». Non, dire NON !

 « Nous serions capable d’éteindre le soleil et les étoiles parce qu’ils ne nous rapportent pas des dividendes » En citant l’économiste Keynes, Roland Gori explique que toute l’organisation du travail, des pratiques professionnelles, se fondent sur une organisation qui éteint le soleil des étoiles ; on établit une évaluation tayloriste des métiers que l’on va moduler, que l’on va prescrire en demandant aux gens d’exécuter ce que l’on a pensé pour eux ; les déposséder, notamment, de la possibilité de créer et ensuite contrôler s’ils ont bien accompli les modules qui leur ont été prescrits. Le taylorisme est un système qui détruit complètement le régime politique. Il existe en effet un lien entre l’organisation du travail et la dimension du politique. Le paradigme tayloriste impacte nos métiers et induit un certain nombre de normes de comportement, un certain nombre d’habitudes, de dispositions à agir ou à penser d’une certaine manière acquise sur les lieux du travail et qui se mettent ensuite en acte dans toutes les autres relations sociales, qu’elles soient amoureuses, amicales, affectives… La manière dont on travaille va incorporer un certain nombre de comportements qui vont finalement constituer l’espace social. Cette organisation tayloriste du travail est la base même du néolibéralisme, faire des hommes des soldats de plomb obéissant aux ordres, contrôlables, malléables, déplaçables à souhait, la peur au ventre ; des hommes dont la prime suprême serait de pouvoir travailler.  JAURES disait « la démocratie ne s’arrête pas aux portes des usines ». La démocratie ne doit pas s’arrêter non plus aux portes des universités, aux portes des lycées, des collèges, des théâtres, des laboratoires… Ni technophile –car il sait l’aliénation que peuvent provoquer certaines technologies nouvelles- ni technophobe, Roland Gori insiste sur le bienfait que peuvent apporter les machines dans notre monde moderne en libérant l’homme et en restituant une dimension à l’espace public et privé à condition que le temps libéré ne soit pas dévolu aux loisirs créés par la société de consommation, mais à l’échange.

Œuvrier, le mot de passe des poètes

 Ouvrier, c’est un beau mot qui parle d’histoire, de geste, de savoir, qui parle d’esthétique finalement, qui parle aussi de domination, d’exploitation, qui parle aussi de résistance. On conditionne l’être humain à avoir des comportements, pas à l’action. Il faut se former à une raison critique, un jugement qui amène ensuite à « être » dans ce que nous faisons.

Œuvrier, un mot qui se sert de la poésie pour réduire les clivages et faire prendre conscience de cette force poétique, essence d’une réflexion essentielle au rassemblement de l’humanité, le mot de passe des poètes, dira Richard Martin. Chaque homme doit laisser éclore en soi sa part d’œuvrier.

Il faut appeler à refuser la standardisation des actes de la pensée, de la soumission aux exigences, de la rentabilité  financière à l’origine des crises sociales et culturelles contemporaines. C’est de fraternité qu’il s’agit : l’amour des autres, le respect des autres, l’estime de soi ;l’amour de la vie qui passe par la lutte incessante de la solidarité, du tissage de l’amitié entre les hommes, entre les peuples ; l’amour de l’art et la force de récupérer, travailler, expulser, accoucher de cet être artisan-ouvrier-œuvrier enfoui au fond de soi, formaté, annihilé par le travail forcé forcené, par les cadences, les protocoles, les habitudes, la rentabilité.

Une utopie qui élargisse le champ des possibilités, octroie la possibilité de réaliser ses rêves. Rêver à un monde meilleur sans guerre ni misère, et le construire !

Un effort d’imagination, la volonté d’agir, une interrogation incessante, une remise en question de soi-même, une critique permanente, une construction solidaire, c’est ce vers quoi nous entraînent les œuvriers pourfendeurs de l’indifférence, de l’injustice. Ces libertaires nous secouent, nous réveillent.

Etre, penser, devenir ŒUVRIER, c’est la capacité à résister, à rapprocher l’œuvre et l’art, dans un monde où les fractures guerrières et obscurantistes s’alimentent dangereusement.

 « Tout ce qui porte à l’œuvre peut aider contre la religion du marché à redonner du sens et du souffle au travail ».

Nous avions dit : -quand l’art prend possession de l’ouvrier, quand l’œuvre se marie à l’art, quand ils se confondent, s’interpellent, nous appellent, à la croisée de l’artiste, de l’ouvrier, de l’éducateur, Debout les Œuvriers ! Nous ajouterons que c’est indiscutable, que c’est évident, que c’est MANIFESTE !

« Nous sommes des frères humains, cette fraternité-là est en marche et ce mot-là est une clé. Ce sont des frangins au travail, tous. A nos outils camarades, à nos outils. Cette œuvre se fera avec l’utopie et le compagnonnage des poètes »  sera la conclusion de Richard Martin à cette université populaire très suivie.

Danielle Dufour-Verna

Sur la photo de Une, de gauche à droite: Bernard Lubat – Roland Gori –Charles Silvestre

SAVE THE DATE: L’HISTOIRE DU SOLDAT le 20 mars à 20h30 au Toursky

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Une création prodigieuse en ouverture du 23e festival russe

Le Festival Russe est le rendez vous annuel de tous les amoureux des arts russes et au diable l’avarice, la sélection de spectacles proposés cette année mérite que le public vienne en nombre les découvrir. Et si parmi vous certains se découvrent une âme de mécène, vous comblerez de joie son directeur qui a lancé un appel officiel au mécénat le jour de la conférence de présentation du festival. Car rappelons-le, le Toursky n’est pas au meilleur de sa forme financièrement parlant et Marseille a toujours, et plus que jamais, besoin d’un lieu à son image : ouvert sur les autres et le monde*. 

Quand le théâtre Toursky décide d’ouvrir son 23e festival russe avec Igor Stravinsky et « Histoire du Soldat » d’après Charles Ferdinand Ramuz, quand on sait que l’adaptation est de la pétillante et succulente Marianne Sergent et la mise en scène du non moins savoureux et génial Richard Martin, quand on découvre l’admirable distribution de cette création, on se met à saliver de jubilation et d’empressement à l’idée du spectacle qui nous attend :

HISTOIRE DU SOLDAT – Création

D’inspiration faustienne, le texte de Ramuz met en lumière un conte russe d’Alexandre Afanassiev. L’histoire d’un déserteur qui décide de vendre son âme (incarnée par son violon) au Diable contre un livre permettant de prédire l’avenir. Dans ce conte, le Diable triomphe. Créée il y a cent ans, en 1918 dans une mise en scène de Georges Pitoëff L’histoire du soldat, est une des œuvres majeures d‘Igor Stravinsky. Il propose une succession de courts tableaux musicaux puisant leurs sources dans le jazz et dans des danses très en vogue à l’époque telles le tango, le ragtime ou le paso doble.

 « Nousneparlionsmêmepaslamêmelangue.Leschosesquinous entouraient,vousauriezpuetdûlesvoirdunecertainefaçon,moidune autre;vousdevotrefaçonàvous,moidemafaçonàmoi; ellesauraientdûsemettreentrenous.Commentdoncsefait-ilquecesoit pourtantparelles,àtraverselles,quenousayonssiviteetsicomplètementcommuniqué,plusencore: quevousmayezconsolidé danslamitiéquejeleurportais?»

Ce sont les mots de Charles-Ferdinand Ramuz dans  « Souvenirs sur Igor Stravinsky » écrit en 1929. Ce pourrait être le comédien s’adressant aux spectateurs. Le théâtre, c’est une interaction continue entre la scène et la salle où tout vibre, tout est en mouvement. Rien de statique, rien de définitif. Le théâtre, et particulièrement ce théâtre, est non seulement l’endroit où l’on se divertit, où l’on se relaxe, mais aussi et surtout un lieu permanent de réflexion, de remise en question, de culture, de rencontre, de fraternité. Et ce spectacle en est une démonstration absolue. Assister à cette  ‘Histoire du Soldat’ ‘revisitée’ par les saltimbanques que sont Marianne Sergent et Richard Martin, c’est aller à la rencontre des poètes, que la poésie soit musique ou parole, qu’elle soit geste ou lumière, rire ou émotion. Ici tout est prétexte à nourrir l’âme. 

Après une incontestable réussite pour son rôle de narratrice dont elle avait signé sa propre adaptation théâtrale de La Flûte enchantée, de Mozart, mise en scène par Richard Martin au Dôme, Marianne Sergent, à la gouaille unique, revisite le texte de Ramuz en lui offrant un relooking sensible. L’écriture est tout en finesse et en humour, tricotée, pensée, incisive … Un Diable truculent en perspective ! Richard Martin, dont les mises en scènes fortes et profondément originales sont plébiscitées par la presse et le public, signe une nouvelle mise en scène où il endosse le rôle du soldat.

De Louise Michel à Léo Ferré….

Les deux comédiens s’invectivent à coups de citations, passant entre autres de Ferré à Louise Michel… A force de joutes oratoires ponctuées de notes, après s’être jaugés mutuellement, le Diable et le soldat finiront-ils par se comprendre ? Cette platitude sournoise que l’on instille à l’humanité pour l’asservir, quel qu’en soit le truchement,  aura-t-elle raison de l’intelligence ? Le Soldat-peuple succombera-t-il à cette sous-culture que le Diable-société lui propose ?

À leurs côtés, sept excellents musiciens Au violon : Pierre-Stéphane Schmidlet • Contrebasse : Francis Laforge • Clarinette : Daniel Paloyan • Basson : Marc Duvernois • Trompette : Jean-Marc Regoli • Trombone : Olivier Dubois • Percussions : Gisèle David, sous la direction du chef d’orchestre Jean-Philippe Dambreville magnifient cette partition d’une virtuosité détonante.

Une création magique et jubilatoire à la portée universelle et à la dimension actuelle avouée et irréfutable, un évènement que je vous engage à ne manquer sous aucun prétexte !

Danielle Dufour-Verna

Une Co-production IFIV, Théâtre Toursky, Conservation Darius Milhaud d’Aix-en-Provence.

Sélection scolaires.

Spectacle suivi d’une soirée cabaret à l’Espace Léo Ferré.

Mardi 20 Mars 2018 à 20h 30 (durée 1h 30) salle Toursky

Théâtre Toursky 16 passage Léo Ferré 13003 Marseille (parking à 3 mn à pied)

Réservations : 04 91 02 58 35 ou toursky.fr [4]

Une représentation exceptionnelle de cette création aura lieu le Samedi 24 mars 2018

Au Grand Auditorium du Conservatoire Municipal d’Aix-en-Provence

Une merveilleuse façon de communiquer l’envie à tous les scolaires citoyens en devenir.

 * Diane Vandermolina

Interview MProvence.com : Richard Martin et le Festival RUSSE

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MProvence.com [5] était au Théâtre Toursky [6] avec Richard Martin, son directeur pour parler du festival russe et de la création de “l’Histoire du soldat”, d‘Igor Stravinsky, réécrit par Marianne Sergent, à l’occasion de la conférence de présentation du festival en présence de l’attaché culturel du consulat de Russie, Aleksei EZHOV et de la fondatrice du mensuel franco-russe Perspective, Gouzel Aguichina. Le 23ème Festival Russe au Théâtre Toursky se déroule du 20 au 30 mars avec en ouverture le 20 mars à 20h30 “l’Histoire du Soldat” suivi du cabaret russe. De nombreuses surprises attendent les amateurs. Programme complet sur toursky.fr [4]
Interview: Diane Vandermolina
Vidéo: Killian Blisson

 

 

 

Interview Mprovence.com avec Mouss, du groupe Zebda

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MProvence.com [7] était à la répétition générale du concert de la cité des minots avec Mouss et Hakim. Le concert aura lieu le 17 mars à 16h au dock des suds (entrée gratuite) en clôture de Babel Minots 2018. Interview de Mouss, l’un des frangins de ZEBDA, sur leur travail avec les enfants du quartier d’Arenc. Un joli temps de partage avec les enfants, porteur d’espérances pour l’avenir.
Interview: Diane Vandermolina
Vidéo: Killian Blisson

Interview MProvence.com autour de Babel Minots avec Diakha Sow

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MProvence.com [5] était à Babel Minots au Nomad’Café. Rencontre avec Diakha Sow, responsable de l’organisation de la Cité des Minots et de Babel Minots. Elle nous raconte le travail effectué avec les enfants qui participent au grand concert de clôture du festival. Babel Minots, c’est jusqu’au 17 mars à l’Alcazar, au Nomad’ Café et au Dock des Suds. Un festival pour enfants gratuit à découvrir !
Interview: Diane Vandermolina
Vidéo: Killian Blisson

Dans l’intimité d’une icône

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L’autre là, la blonde! Vu au Théâtre du Balcon – Avignon

 Marilyn Monroe est devenue une icône, un mythe. Sa mort mystérieuse, sa vie, ses passions ont fait couler beaucoup d’entre, noirci bien des pages. Mais jamais  l’intimité de cette femme n’a été aussi bien traduite que dans la pièce d’Ivan Romeuf jouée par Marie line Rossetti dans ce splendide théâtre du Balcon : une création, une première en ce jeudi 8 mars 2018. Quel bel hasard, quel magnifique symbole que cette représentation le jour de revendication des droits de la femme. Marilyn Monroe évoque si bien une certaine condition féminine bafouée. Cette pièce où elle  relève la tête, consciente jusqu’au bout, la sert admirablement. Un moment de théâtre sublimé !

Fondé en 1983 par la Cie Serge Barbuscia, le Théâtre du Balcon s’est affirmé comme un lieu permanent et emblématique de la scène théâtrale avignonnaise. Serge Barbuscia est un « citoyen du monde ». Il a donc voulu un espace de création et de diffusion. Le Théâtre du Balcon a contribué à la découverte et à l’épanouissement de nombreux artistes, musiciens, comédiens, auteurs… qui ont su tisser la confiance d’un public exigeant et curieux.

« Vous m’apporterez une bouteille d’eau ! » dit-elle à une personne en coulisse  en entrant en scène. Elle est là, seule, en robe noire très chic et escarpins. Les cheveux blonds au brushing parfait  caressent l’épaule. Une femme très soignée, raffinée même ; à coup sûr, quelqu’un habitué au luxe. Blasée peut-être car elle s’enveloppe d’un peignoir bleu, un peu trop grand pour elle. Elle n’a pas pris la peine de le nouer. C’est saugrenu, irrationnel, un peignoir sur une robe de soirée. Peut-être a-t-elle froid. Froid ? Le peignoir ne l’enveloppe qu’à moitié ! Mais que fait-elle assise sur ce beau fauteuil tapissier, un collier de diamants au cou assorti à ses pendants ?  Elle parle, lui parle, se parle.

Et la salle frémit. Cette femme est blessée, blessée de solitude, de ragots, blessée par les hommes, meurtrie par la vie. Une intelligence à fleur de peau, la fierté d’être encore, d’être ‘elle’ enfin ! Pas l’autre là, la blonde.

Elle murmure ? Non impossible ! La voix arrive claire, nette, jusqu’au dernier rang de ce magnifique théâtre du balcon. Par quel truchement le son parcourt-il la salle ? Un monologue ? Pas vraiment puisque elle s’adresse à l’autre là, la blonde ! Pas un dialogue bien sûr car l’autre ne lui répond pas !

Le doute qui s’est installé se dissipe peu à peu. Est-ce possible ? On la reconnait, ou du moins on pense la reconnaitre. C’est bien elle, la blonde, mais pas l’autre, elle, la vraie, Norma Jean, fragile, tendre, dépossédée de tous ses démons, sublime, entière. Elle apparaît un peu perdue, comme en transit, et l’on pressent pourtant qu’elle ne bougera plus de là. Elle s’y sent bien, loin des coups tordus, de la démarche de vamp sexy, des films où on la cantonnait dans des rôles de ‘ravissante idiote’, de ses amours, des ‘Pom Pom Pidou’…Elle n’a rien perdu de sa féminité, de son sex-appeal, de sa douceur. Mais elle est seule, avec pour unique protection la chaleur éphémère de ce peignoir de velours. Si la robe virevolte encore, si les lèvres sont rouges, le maquillage parfait, le port altier, la voix suave, ce n’est presque plus Marilyn ou si peu. Juste ce qu’il faut de Marilyn pour la moquer, la narguer, la défier.

Elle se livre, Norma Jean, sans s’abandonner tout-à-fait, elle se libère. Avec légèreté, humour, finesse, intelligence, elle invective la Marilyn d’un temps qui ne reviendra pas ! Celle à qui on prêtait l’amour de la bouteille, l’adorable lascive, la belle écervelée : «  Tu t’es laissée avoir par tous ces ploucs, tous ces porcs ». Mais elle ne lui en veut pas Norma, à cette Marilyn bien trop naïve. Elle la comprend, lui pardonne même, comme on pardonne à un enfant, avec tendresse. Elle constate, elle règle les comptes avec sa vie, avec la vie. Si la vérité qu’elle se chuchote est parfois cynique, Norma Jean est toujours tendre. Elle essaie de se dévêtir de ce double qui la hante, l’emprisonne. Elle parle, parle, remplit ce vide de paroles susurées.

La salle est comme happée par cette femme et sa solitude. Pas un souffle pour effleurer le  silence. Où est-elle ? Se pose-t-on même la question ?  Aucune importance ! Un sentiment d’impuissance, de tendresse, de compassion, d’empathie nous envahit. On n’y peut rien. Elle n’y peut rien.

La vérité de quelqu’un, on peut seulement en partager des fragments. Ainsi, on est presque toujours seul. Au mieux, peut-être, si on écoutait, on pourrait découvrir la solitude d’un autre…»

  Nous sommes voyeurs plongés dans des parcelles de vie qui coulent devant nous. Qu’entendons-nous ? Serait-ce le voyage qui glissa le personnage vers son métier d’actrice et dont la plus grande inquiétude est de chavirer dans la folie ?

Et la bouteille d’eau que l’on oublie de lui apporter, qu’elle demande à plusieurs reprises, dans le vide absolu de ce moment d’existence. Nous savons, nous, que l’on n’apportera jamais la bouteille d’eau. Nous savons, nous, qu’au très petit matin, Norma sera retrouvée sur son lit, nue, morte. Sur la table de nuit, des flacons dont Marilyn aurait avalé tous les cachets.

A cet instant précis, Norma Jean ne le sait pas encore.

Ivan-Romeuf [8]

Ivan Romeuf a mis en scène plus de 160 pièces qu’il a également jouées et dont il a imaginé, pour certaines, éclairage et décors. Il poursuit son travail avec une recherche méticuleuse de l’excellence, une envie permanente de rester à l’écoute et en éveil sur un monde perpétuellement en mouvement.

Avec cette nouvelle création, Ivan Romeuf propose une rencontre sur le fil avec une âme furieusement féminine et terriblement écorchée. Un moment intense de théâtre qui nous nourrit d’un autre être. La mise en scène épurée, les décors d’une simplicité absolue : un fauteuil, une table avec quelques cahiers à la couverture rouge et une chaise participent de la sensation d’intimité et de partage.

Marie Line Rossetti est Norma Jean. Pas de grandiloquence, pas de gestes théâtraux chez cette artiste. Le texte est intimiste, parlé à mi-voix. On est dans l’entre-soi. On pénètre immédiatement, à vif, dans le sujet et dans le contexte de la pièce. La comédienne interprète le rôle avec une intensité profonde, une sensibilité de tous les instants. ‘Elle est’ Norma. Elle la porte, la transcende. L’actrice vibre avec son personnage, s’identifie à elle par tous les pores de sa peau. C’est une Marylin-Norma qui se dresse devant nous, fine, élégante, sensuelle, perdue, mais vengée, et désormais, à jamais délicieusement rebelle !

Danielle Dufour-Verna

Retrouvez ‘L’autre là, la blonde’ au Théâtre Toursky

Les vendredi 6 et samedi 7 avril 2018 à 21h

Réservations : 04 91 02 58 35

copyright: DR

Inauguration réussie du 8ème lever de Rideau avec Blanche Neige au Divadlo

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En attendant la prochaine création « maison » du Divadlo, Le Petit Chaperon Rouge, version marionnettes, qui se jouera les 14, 21 et 28 mars à 14H30, retour sur Blanche Neige.

 A l’occasion de l’inauguration de son festival de marionnettes annuel, 8ème lever de rideau, le 23 février dernier, le Divadlo Théâtre présentait sa dernière création jeune public : « Blanche Neige », des frères Grimm, dans son texte originel.

Un parti pris voulu par Bernard Fabrizio, metteur en scène, et Claire Pantel, son acolyte, comédienne-conteuse et manipulatrice d’objets. Un travail fin et délicat dans lequel le théâtre d’ombre et de papier, le jeu d’acteur et le conte font bon ménage. Une création réussie qui a conquis les enfants et les parents.

Blanche Neige et le Chasseur

Blanche Neige et le Chasseur

Blanche Neige, qui ne connait pas la trame de ce conte initiatique aux multiples adaptations ?

C’est l’histoire d’une belle jeune fille à la peau diaphane et aux joues rouges, à la chevelure noire de jais, dont la marâtre, reine du royaume, épouse d’un père absent, jalouse la beauté. Elle multipliera les artifices pour tenter de tuer la pauvre enfant, tout d’abord en demandant au chasseur d’en rapporter le cœur mais ce dernier ne pourra se résoudre à la tuer et la princesse perdue dans le bois trouvera refuge chez les 7 nains.

Par deux fois, elle se transformera en vieille marchande avant d’enfiler les oripeaux d’une paysanne : elle lui proposera des lacets pour serrer son corset à lui en couper le souffle, un peigne empoisonné pour ses cheveux qui la fera s’évanouir, puis enfin une pomme dont la moitié rouge a été empoisonnée et que la jeune femme croquera avant de s’endormir pour l’éternité. Les 7 nains qui par deux fois ont réussi à sauver la belle lui construiront un cercueil en verre qu’ils déposeront sur le sommet d’une colline afin que tous puissent en admirer la beauté.

C’est alors que le prince charmant arrive : amoureux de la belle endormie, il en fait déplacer le cercueil, un des porteurs trébuche sur une racine et le morceau de pomme se déloge de la gorge de la belle qui s’était étouffée avec. Réveillée, Blanche Neige épousera le Prince ; la marâtre, quant à elle, confondue, est « condamnée à danser avec des souliers de fer chauffés au rouge, jusqu’à ce que mort s’ensuive ».

Blanche neige chez les 7 nains

Blanche Neige chez les 7 nains

Une adaptation qui suit à la lettre le texte original et l’esprit du conte originel

Ici point de baiser salvateur, point de fioritures pour atténuer la cruauté du conte : de la naissance de Blanche-Neige à la mort de la marâtre craignant la vieillesse en passant par l’arrivée du prince, la couleur rouge du sang est omniprésente, symbolisée par un subtil jeu de lumières rouge vif alternant avec un bleu dur, symbole de la froideur d’âme de la marâtre lorsqu’elle apparait, en ombre chinoise, interrogeant jalousement son miroir magique sur sa beauté : à l’instar de Narcisse qui se noie à force de s’admirer, elle mourra à cause de sa vanité.  

Le jeu d’ombre imaginé pour la scène du miroir est ici magnifiquement mis en scène : l’obscurité qui entoure la marâtre, rivale de sa belle-fille, et l’ombre mouvante projetée du miroir, concourent à révéler notre côté obscur, cette part d’ombre et de mauvaiseté qui gît au fond de nos âmes, à laquelle chacun peut succomber, tout comme Blanche neige crédule succombera par trois fois aux tentations proposées par la vieille femme dont elle ne se méfie point, poussée par un secret désir. Seuls les moments où la princesse se retrouve avec les nains, ses protecteurs, offrent des temps de répit baignés dans une douce lumière aux tons ocre et pastel.

Un choix de couleur judicieux qui accompagne tout en subtilité le récit de ce conte œdipien, un récit qui reprend les mots des frères Grimm car le texte n’est ici point édulcoré et les termes de cœur, sang et mort, résonnent avec force. Ils ponctuent ces trois temps du passage de l’enfance innocente à l’âge adulte (symbolisé par le mariage), en passant par la puberté et l’éveil à la sexualité, l’apprentissage de l’humilité par le travail et du contrôle de ses passions par l’usage de la raison (maturité).

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La marâtre et son miroir

Distanciation bienvenue et double lecture

La version contée mêlant jeu d’acteur et théâtre d’ombre et de papier est ici bien vue : la forme choisie permet une distanciation nécessaire par rapport à la cruauté du récit sans pour autant tomber dans le pathos, le spectateur se prend d’empathie pour la petite figurine de papier aux joues rouges, à laquelle il peut s’identifier. Cette création suscite ainsi catharsis mais également réflexion grâce à la double lecture qu’elle offre au public.

Car si l’enfant est émerveillé par la féérie des jeux d’ombres et de lumière, bercé par la douceur de la voix de la narratrice, subjugué par les bras allongés de la méchante marâtre, amusé par la ribambelle de nains aux caractères si distincts (bravo à Claire Pantel pour son travail sur les voix des personnages), l’adulte sera sensible à la subtilité de la musique, au travail d’acteur étonnant, à la mise en scène réglée comme du papier à musique, finement ciselée, tout en beauté et poésie.

Le spectateur y trouve sans conteste son compte tant du point de vue de la réalisation et interprétation indéniablement de qualité que du sens de ce conte universel riche en enseignements qui ne mésestime pas la complexité de l’âme humaine, son clair-obscur. Le bon prince en tant qu’il est dépositaire de l’autorité condamne ainsi sans état d’âme la marâtre à une mort atroce et toute aussi cruelle que le sort qu’elle réservait à Blanche Neige, une punition à mi-chemin de la vengeance et de la justice.

Le grand intérêt de cette adaptation réside en ce qu’elle ne propose pas une version manichéenne du conte, mais qu’elle en montre toute la complexité. Ses personnages (en dehors de la marâtre) ne sont ni blancs ni noirs mais dans une nuance de gris comme tout un chacun, et ce, même s’ils tendent à vouloir pencher vers le Bien à l’instar des nains et de l’héroïne.

Ceci dit, c’est un long et difficile chemin à parcourir pour atteindre cet idéal platonicien à l’image de l’allégorie de la Caverne où l’accès à la connaissance est parsemé d’embûches, empêché par ce que nous croyons être connaissance et vérité.  

Et pour finir en beauté

Cette belle création fut suivie de la présentation publique de trois petites formes des élèves de la formation de marionnettes de la compagnie du funambule : trois marionnettistes talentueuses, trois marionnettes sur table, à pince, présentant une vieille femme qui cherche un carrossier pour sa vieille carcasse, une gargouille attachante, mi chat-mi chien, curieuse du monde qui l’entoure et une jeune femme à la langue bien pendue qui revendique le droit à la révolution marionnettique, se rebiffant contre sa créatrice. Un moment drôlissime.

In fine, ce furent trois univers originaux, trois petites histoires décalées et drôles, qui ont conclu avec bonheur la soirée d’inauguration du festival de marionnettes du Divadlo. Vivement l’année prochaine pour de nouvelles découvertes marionnettiques ! Diane Vandermolina

Copyright photos: Divadlo

Retrouvez notre interview de Bernard Fabrizio pour MProvence.com https://www.rmtnewsinternational.com/2018/03/interview-mprovence-com-festival-de-marionnettes-du-divadlo-8eme-edition/ [10]

Plus d’infos sur le Divadlo et les prochains spectacles : https://www.divadlo-theatre.fr/PETIT+CHAPERON+ROUGE_7519.html [11]