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La BIAC 2017: Toujours plus grand…

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Après une ouverture ce week-end du 21 et 22 janvier de la BIAC 2017 à la Friche belle de Mai-qui a réuni plus de 10 000 personnes, succès que savourent et dont se félicitent nos hommes et femmes politiques présents à la visite presse des chapiteaux plantés là sur les plages du Prado-, voici venu pour un mois, le temps des réjouissances circassiennes ! Il y en aura pour tous les goûts et tous les publics y compris ceux éloignés, pour des raisons de handicap* ou de finances, de cet art vivant qui mêle tradition et modernité qu’est le Cirque. Levons un peu le voile…

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Du côté des Elus : Tous en piste, tous en joie !

Yves Moraine, maire du 6/8, heureux d’offrir aux circassiens les plages du Prado, rejoint avec enthousiasme la piste, porté par l’allégresse : « c’est un succès mérité pour Marseille que ce Week end d’ouverture à la Friche avec ses 10 000 spectateurs. Anne Marie d’ESTIENNE D’ORVES en est restée baba ».  Avec cette dernière et Sabine Bernasconi, maire du 1/7, « toutes deux favorables au développement d’événements qu’ils soient ludiques, culturels ou sportifs, sur les plages », il se réjouit que la BIAC soit « ce grand événement hivernal qui manquait à Marseille ! », « entre tradition et modernité, un cocktail de réussite de -et pour- la Ville de Marseille également » précise-t-il. Anne Marie d’Estienne d’Orves continue ainsi : « cette seconde biennale compte 59 compagnies et 26 créations, ainsi que des rencontres professionnelles avec 500 intervenants ! » « Marseille est mise à l’honneur » et devient « pour un mois, une plateforme des arts du cirque ». Sabine Bernasconi en tant qu’adjointe à la culture du CD13 rend compte à son tour du soutien du Département à la manifestation, un événement complet : « culturel, sportif, populaire, contemporain inscrit dans la tradition », comme le soulignait Yves Moraine. « C’est un grand événement artistique et économique : en terme d’image, il valorise l’attractivité de Marseille et du territoire». Un de ses objectifs pour notre belle ville dont « les élus en sont les ambassadeurs ». Place donc aux temps forts sous les chapiteaux en fin de montage, presque prêts à accueillir le public d’ici deux jours…

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Côté programmation : Un mois de cirque sous toutes ses formes et coutures

Raquel Rache de Andrade, co-directrice de la Biennale Internationale des Arts du Cirque, avec Guy Carrara, directeur d’ARCHAOS, pôle national du cirque en méditerranée, distille au fil d’une présentation succincte du programme les temps forts qui animeront les chapiteaux. Après le rappel de la conférence sur le rire, vu au travers du regard d’un clown, avec Caroline Obin -plus connue sous le nom de Proserpine-, de l’Apprentie Compagnie (« Rira bien qui rira », les 27 et 28 janvier au Magic Mirror à 22h), et avant de présenter « Steam » de la compagnie Le Cirque Electrique (du 3 au 4 février au village des chapiteaux à 22h), une création dans le genre Cabaret postpunk et rock’n roll, convoquant Blade Runner et Iggy Pop, dans la lignée du NO FIT STATE Circus, Raquel a souhaité souligner l’importance de laisser une place aux clowns avec un trio franco-germano-argentin à découvrir dans « TRIIIO/Fritz, Piola, Felix » des Nouveaux Nez (du 3 au 5 février en journée au village des chapiteaux). Guy, quant à lui, insiste sur la création du Terya Circus, « Boulevard Conakry », sur fond de musique africaine avec des artistes guinéens (du 10 au 12 février en après-midi) et sur « RASTROS », du Circo Crescer Et Viver, une compagnie brésilienne (aux mêmes dates en soirée). Cette dernière création dont le titre signifie Traces repose sur un travail de mémoire et sur la notion de filiation, un spectacle à découvrir auquel Bruno Carneiro, créateur de « Tempo » (magnifique spectacle de 35 minutes sur une thématique similaire, repris à Cadenet le 4 février à 20h30) participe. La biennale s’achève aux chapiteaux avec une carte blanche laissée à Extrême Jonglerie qui présentera son cabaret. Une installation « VIIA », autour de témoignages d’artistes vivants en itinérance, présentée sous la forme d’un reportage journalistico-poétique (du 2 au 5 février), et un tournoi de pyramides (le 7 février) complètent la programmation des chapiteaux.

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Zoom sur quelques spectacles

« Secret » de Johann Le Guillerm présenté du 26 janvier au 18 février est une création circassienne pas comme les autres dans la mesure où l’auteur, acrobate et plasticien, mêle les genres : issu de son travail de recherche autour du « pas grand-chose », qui l’a amené à développer une connaissance du monde qui nous entoure, selon d’autres points de vue que celui de notre « vision frontale», il convoque dans ce spectacle « des pratiques minoritaires non traditionnelles », à savoir la calligraphie ou encore l’architexture (entre architecture et texture). La compagnie des Colporteurs dirigée par Antoine Rigot, quant à elle, explore l’univers de Bosch, « un observateur libre du monde qui l’entourait », dont l’an passé était fêté le 500ème anniversaire de sa mort, autour de son tryptique « Le jardin des délices », dont il essaie de s’approprier les images. La création « Sous la toile de Jhéronimus », où la recherche théâtrale et dramaturgique sont premières, sera présentée du 26 janvier au 5 février. Et pour finir, une création brésilienne oscillant entre cinéma, théâtre et cirque, « Benja » de la compagnie Borogodo, dirigée par Karen Acioly: cette dernière raconte l’histoire du premier clown du monde, « ce clown noir brésilien, Benjamin de Oliviera, qui a amené dans ses bagages et a fait connaître la musique des pauvres, la samba, interdite au Brésil à cette époque » (du 27 au 29 janvier).

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In fine

Bien entendu, les lieux de la BIAC, ce ne sont pas que les chapiteaux du village créé en bordure de mer au Prado à Marseille. Ce sont des lieux disséminés sur tout le territoire provençal, plus d’une vingtaine de villes environnantes de Grasse à Cavaillon passant par Toulon et Aix, Martigues et Arles. Nous vous conseillons de regarder sur le site internet du festival afin de découvrir le spectacle près de chez vous, sachant que de nombreuses créations présentées ici tournent en divers endroits. Question tarifs, il existe des pass famille (2 adultes et 2 enfants de moins de 12 ans) de 48 à 58€ et des pass curieux ou gourmands (de 3 à 5 spectacles) de 42 à 70€. Côté tarif plein ou réduit, c’est entre 22 et 10€ selon le spectacle et la situation de chacun.  A vos agendas donc pour une biennale qui s’annonce intéressante, pour ne pas dire alléchante. DVDM

Reportage et crédit photo : Patrick Di Domenico

*Archaos conduit des ateliers de travail autour du cirque (intitulés plume de cirque) avec des personnes dyslexiques et bientôt des personnes handicapées afin de développer une méthodologie d’écriture circassienne adaptée, reposant sur l’écriture et le corps, dont une des réalisations sera restituée au cœur du village des chapiteaux le 6 février (une date à retenir).

Interview de Raquel Rache de Andrade autour de ses coups de coeur de la Biennale Internationale des Arts du Cirque 2017 et du projet Plume de Cirque mené par Archaos


Raquel Rache De Angrade interview BIAC2017 [2] par f1279931459 [3]

Plus d’infos :

Biennale Internationale des Arts du Cirque jusqu’au 19 février 2017

www. biennale-cirque.com [4]

Attraction, Installations de Johann Le Guillerm (Marseille/BIAC2017)

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A découvrir à la Friche Belle de Mai du 21 janvier au 19 février
Tout public à partir de 6 ans/Tarifs de 3 à 5€
Présenté dans le cadre de le Biennale internationale des arts du cirque 2017

Ici, vous pénétrez dans l’OBSERVATOIRE, laboratoire créé pour tenter d’appréhender le monde avec un autre point de vue, issu d’un travail développé à partir du point, permettant de comprendre comment se créent les formes, les mouvements, les équilibres. Puis venez tester les IMAGINOGRAPHES, qui nous immergent dans l’univers d’un artiste travaillant à l’élaboration d’autres systèmes de lecture du monde à travers d’étranges machines-outils. Avant d’admirer les IMPERCEPTIBLES, qui avec la Calasoif, le Tractochiche, la Jantabuée, sont autant de machines au mouvement imperceptible basées sur une mécanique usant d’énergies naturelles et durables. Pour finir par l’observation de le MOTTE, étrange et gigantesque planète recouverte de gazon, qui suit son propre mouvement, mue par des forces gravitationnelles, à l’instar de notre Terre, et qui imprime dans son sillon, sur le sol, ses circonvolutions. Laissez vous donc guider par son créateur qui nous explique en quelques mots son travail.

 


johanleguillermattraction [5] par f1279931459 [3]

Plus d’infos sur lafriche.org [6]

Portrait de Johann Le Guillerm (c) Patrick Di Domenico

Notre Avis sur l’imaginarium d’un artiste inclassable

Johann Le Guillerm est un artiste complet, circassien et plasticien, et il peut être comblé de ce focus organisé par les directeurs de la BIAC 2017 sur son travail original et passionnant.

Il est vrai, comme le dit si bien Raquel Rache de Andrade, que cet artiste, très imaginatif et passez-moi l’expression « barré » : « quand il voit une clémentine, il y voit des choses que nous ne voyons pas dedans : elle lui inspire une œuvre alors que nous, nous la mangerions.»

Alors pour appréhender l’exposition, rien de tel que son concepteur pour nous en dévoiler les clés d’intelligibilité et nous transporter dans son univers polymorphe. Car ce travail présenté peut paraître insaisissable pour certains tant il est représentatif d’un univers entier, un monde créé à partir du pas grand grand-chose, le point et ce qu’in extenso, il engendre comme formes lorsqu’il est assemblé à d’autres points, ces formes s’assemblant entre elles pour en créer de nouvelles à l’infini, un peu comme une molécule est composée d’atomes et les atomes de nucléons etc.. et qu’à partir de quelques éléments base, et selon leur disposition multipliable à l’infini, tout un monde peut naître. Ceci n’est pas sans faire écho à la conception grecque de la cosmologie, avec sa circularité et sa quasi-absence de linéarité.

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Partant du fait que l’homme n’a qu’une vision partiale et partielle, frontale, du monde à l’image d’un Kant qui écrivait dans la critique de la raison pure que « la Raison ne voit que ce qu’elle conçoit (autre trad. produit elle-même) d’après ses propres plans » ; il s’est ouvert à d’autres points de vue et nous donne ici la preuve que le monde n’est pas forcément celui que nous connaissons dans son formatage actuel. Une prise de liberté qui l’amène à penser et représenter l’imperceptible, dans la lenteur du mouvement de ses machines carburant à des énergies naturelles et durables (la Calasoif, le Tractochiche, la Jantabuée) ou de la Motte, cette planète végétale qui dans une oscillation quasi invisible, à l’instar de la Terre, parcours inlassablement la même trajectoire serpentée, déposant des résidus de sciure sur son passage.

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Johann Le Guillerm (c) DVDM

Au carrefour d’une recherche cosmologique, scientifique et philosophique, son œuvre reste néanmoins poétique et belle tant les formes oblondes de ses machines (les imaginographes) hypnotisent le regard, et ce même quand elles nous amènent en les manipulant à réfléchir sur une autre vision de la construction du monde et ses possibles réalités. Seul bémol de cette installation, la production des carnets de travail de l’artiste qui, bien qu’explicatifs, tendent à dissiper la poésie de l’imaginaire ; de même, le placement de la Motte en bout de salle ouverte sur la baie lumineuse (une jolie vue certes) tend à nuire à son appréciation globale, les petites ampoules savamment installées comme des satellites autour de la Motte en mouvement sont guère visible en plein jour. Un fond noir eut peut être permis de mieux savourer l’ensemble de l’installation.

Néanmoins, cette exposition permet d’ouvrir le regard du spect-acteur et d’initier le curieux à une autre appréhension du monde qui l’entoure, mettant à mal son propre point de vue et le questionnant. A découvrir ! DVDM

Hommage de Michèle Taddei à Tania Sourseva

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‌Tania,
Il y a déjà plusieurs mois tu m’as dit: “Si ce livre sur la “dame du Toursky” se fait, tu voudras bien y ajouter ton témoignage?” Nous avions ri parce que je me demandais bien ce que je pourrais écrire sur toi qui soit autre chose que ce que tout le monde savait, ton talent, ta passion, ton amour du théâtre.
Aujourd’hui, je trouve bien autre chose à dire. On t’aime Tania. Pour tout ce que tu as été, pour tout ce que tu as donné, pour ton cœur fragile et pour ton âme immense que tu portais en bandoulière. Comme un étendard. Comme un défi. Toujours.
Tu étais fière Tania, tu te tenais droite dans les tempêtes. Tu avais de la démesure, des excès, de la fureur et de la tendresse aussi. Beaucoup.
Tu étais entière, dans le bonheur comme dans les douleurs, dans la démonstration comme dans la pudeur.
La vie, parce que tu la vivais comme on joue, t’a bousculé mais t’a offert aussi d’immenses joies. Furieusement. Théâtralement.
Tu étais fidèle Tania. Tu étais douée. Pour le rire autant que pour les larmes, pour les joies et pour les épreuves. 
Quand j’ai appris ton départ, j’ai pensé à cette histoire, entendue au moment où on disait au revoir à une amie. C’est sa fille qui a raconté alors cette parabole. Une mère et son enfant cheminent côte à côte, toujours ensemble, avec un amour infini, sur le chemin de la vie. Au moment où la maman arrive au bout du chemin, l’enfant à ses côtés se retourne et voit la trace laissée par leurs pas. Il dit: “Maman, tout au long de ce chemin, nos pas sont parallèles, nos traces sont à l’unisson,sauf à certains moments où il semble qu’il n’y a qu’une personne qui marche. Tu m’as laissé seul parfois, tu m’as abandonné?” Et la mère répond: “Mon enfant, quand il n’y a qu’une trace, c’est que tu étais trop fatigué, trop triste, trop mal, que tu ne trouvais plus ton chemin et que je te portais, pour te conduire plus loin, pour te faire traverser l’épreuve, pour te soulager…”
Tania, pour ceux que tu aimais, tu as été cette femme qui porte l’autre. 
Ton talent était là aussi. Et c’est ce qui fait qu’aujourd’hui nous te souhaitons bon voyage. Salut Tania. Merci. Et bravo pour tout.
Michèle Taddei
© photo Jean-Noel Barak

Le Toursky en Deuil!

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C’est avec tristesse que nous venons d’apprendre le décès de Tania Sourseva, à l’âge de 87 ans.

Mariée de longues années à Richard Martin avec lequel elle a co-fondé dans les années 70 le théâtre Toursky, Tania était également une comédienne talentueuse que nous avions pu découvrir dans plusieurs pièces de théâtre à Marseille (citons “De toute beauté”, création d’Edmonde Franchi ou encore “Carmenseitas”, en hommage aux ouvrières des manufactures de tabac de la Belle de Mai, présentées au début des années 2010).

Également actrice à l’écran dans plusieurs productions cinématographiques, sa maîtrise du jeu théâtral avait attiré le regard des critiques régionaux lors de la reprise en 96 au Toursky de L’Opéra des rats de Ferré, mis en scène par Richard Martin, créé avec le Leda Atomica Musique. Elle n’a par ailleurs jamais cessé de jouer.

Les habitués et amis du théâtre Toursky la connaissait bien: discrète, elle y passait tout son temps, toujours présente aux côtés de Richard, le soir des spectacles ou lors des conférences de presse. Son absence créera un grand vide dans le cœur de ceux qui l’aimaient. Un peu de l’âme du théâtre vient de s’éteindre aujourd’hui.

Deux veillées funèbres pour rendre hommage à Tania auront lieu ce soir 17 janvier à partir de 20 heures et demain soir, 18 janvier, même heure, au Théâtre Toursky. Une cérémonie religieuse se déroulera Samedi 21 janvier à 14 heures au crématorium du cimetière Saint-Pierre.

Toutes nos condoléances vont à sa famille, à son fils et à Richard Martin, ainsi qu’à ses amis, tous les frères et sœurs du Toursky, lieu sur lequel elle veillait quotidiennement et continuera de veiller encore. Diane Vandermolina

La Folle Journée ou le Mariage de Figaro : DÉNONCER UN MONDE SANS Y RENONCER

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Théâtre de la Criée,

6 janvier 2017

 

La Folle Journée, ou le Mariage de Figaro (1785), est le volet central de la trilogie théâtrale de Beaumarchais, Le Roman de la famille Almaviva, qui comprend Le Barbier de Séville ou la Précaution inutile, 1775, ce Mariage de Figaro donc et L’Autre Tartuffe ou la Mère coupable, 1792, en pleine Révolution française, située à Paris.

Dans ce Mariage de Figaro, on retrouve les mêmes personnages que dans le Barbier de Séville :  pour les secondaires, don Bazile, le professeur de musique intrigant et vénal, pour les principaux, le Comte Almaviva, grand seigneur andalou qui, grâce à l’ingéniosité du barbier Figaro, a enlevé puis épousé la pupille de Bartholo, Rosine, qui sera la Comtesse délaissée du Mariage de Figaro. Ce dernier, devenu valet de chambre du Comte, va épouser le jour même Suzanne, nouveau personnage, camérière et confidente de la triste Comtesse, la vieille Marceline, à peine nommée dans la pièce précédente, obstacle à ces noces car elle prétend épouser Figaro sur la promesse de mariage qu’il lui a faite contre un prêt d’argent qu’il ne peut rembourser. Enfin, avec Fanchette et quelques acolytes nécessaires comme Antonio, un autre personnage essentiel à l’intrigue paraît, Chérubin, un jeune page turbulent et amoureux qui sème involontairement le trouble sur son passage.

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Pièce féministe et prérévolutionnaire

         Maître contesté par femmes et domestiques

Écrite dès 1781, la pièce de Beaumarchais n’est créée que trois ans plus tard, mais censurée pendant des années, le roi intervenant en personne pour l’interdire après lecture et une fois encore pendant sa première représentation. Car c’est bien une pièce prérévolutionnaire, du moins dans l’air troublé du temps, dont les répliques contondantes, même si ces mots piquants couraient déjà les salons éclairés et les tréteaux en égratignant la noblesse, font mouche sur la caisse de résonance de la scène, sonnant telles des sentences par la puissance aphoristique de l’écriture de Beaumarchais. Ainsi le féminisme lucide de Marceline, « bel esprit », qui « a fait quelques études » aux dires mêmes de sa rivale Suzanne, s’indigne, insurgée contre la condition des femmes, asservies, dépendantes, ne pouvant même pas administrer leur fortune :

« Traitées en mineures pour nos biens, punies en majeures pour nos fautes ! »

 C’est déjà une préfiguration d’Olympe de Gouges, qui paiera sur l’échafaud son audace, auteure d’une Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, que la Révolution avait exclue de sa Déclaration des Droits de l’Homme, interdisant le droit de vote aux femmes. Comme Marceline, gouvernante autrefois séduite, engrossée et abandonnée par Bartholo, la Comtesse est une victime de son volage époux, infidèle par système et jaloux non par amour, mais « par orgueil ». Du Comte, despote apparemment éclairé pour la forme mais, dangereux tyran domestique avéré, les témoins, tout en le flagornant, dressent peu à peu le puzzle d’un portrait peu flatteur :  « las de courtiser les beautés des environs », il cherche chair fraîche sous le même toit que sa femme, au château, « se permet de nous souffler toutes les jeunes » comme le lui lance Figaro auquel il veut imposer la vieille Marceline, telle Fanchette qu’il lutine, ou Suzanne qui avoue amèrement à la Comtesse que son mari, en fait de séduction, « n’y met pas tant de façons avec sa servante : il voulait m’acheter. » Nous apprendrons qu’il ne lui demande qu’un rendez-vous d’un quart d’heure, qui en dit long sur son érotisme expéditif.  Conscience de classe chez Suzanne, qui dira au Comte que « les vapeurs » ne sont point maladie de servante mais des dames « de conditions qu’on ne prend que dans les boudoirs. »

Figure du pouvoir incontesté ouvertement, il n’est pas étonnant que le Comte ligue contre lui ses victimes, lassées de son autoritarisme capricieux. Même Bazile, le maître de musique, pourtant entremetteur du Comte, conscient de sa dignité d’artiste, lui rétorque avec hauteur lorsque le seigneur lui donne un ordre : « Je ne suis pas entré au château pour en faire les commissions. »

La satire de la justice est un sommet comique de la pièce : « Indulgente aux grands, dure aux petits… », dénonce Figaro, en appelant à l’équité du juge, soulignant avec ironie, « quoique vous soyez de notre justice. »

Si, dans le Barbier, Figaro avait deux sentences d’une spirituelle impertinence contre les nobles : « un grand nous fait assez de bien quand il ne nous fait pas de mal » et déclare impunément à Lindor : « Aux vertus qu’on exige dans un domestique, Votre Excellence connaît-elle beaucoup de maîtres qui fussent dignes d’être valets ? », dans le Mariage, toujours dans la même veine impertinente, au Comte qui se plaint que les « domestiques […] sont plus longs à s’habiller que les maîtres », son domestique réplique : « C’est qu’ils n’ont point de valets pour les y aider. »  Mais on trouve, degré de plus dans l’audace, comme un manifeste de la liberté de critique, la fameuse phrase de Figaro devenue la devise du journal éponyme : « Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur. »

Il y a, surtout, dans le second volet du triptyque, la révolte argumentée du valet Figaro, parfait et loyal serviteur du Comte, qu’il aida à séduire et enlever Rosine : Suzanne lui découvre que son maître ingrat le trahit, veut rétablir le « droit de cuissage » qu’il avait aboli, droit du seigneur de posséder avant lui la fiancée de son serviteur, veut coucher avec celle qu’il doit épouser le jour même. Car, tout comme Le Barbier de Séville précédent, c’est aussi une comédie à l’espagnole avec des parallélismes entre les maîtres et les valets. Mais ces derniers deviennent aussi premiers, les valets disputent la première place aux maîtres et donnent même le titre de la pièce. Ils entrent en conflit avec eux, pour le moment en secret, avec la ruse, force des faibles. Et c’est la fameuse tirade, le monologue de Figaro, déjà couplet de la Révolution dénonçant la noblesse :

« Parce que vous êtes un grand Seigneur, vous vous croyez un grand génie !… Noblesse, fortune, un rang, des places […] Qu’avez-vous fait pour tant de biens ? Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus… »

Indiscutable constat sur l’injustice de classe, qui devient terrible réquisitoire d’un plébéien, d’un proche Tiers état, qui rue dans les brancards et demandera bientôt l’abolition des privilèges indus de la noblesse.

 

RÉALISATION ET INTERPRÉTATION 

Donc, sous couleur d’humour, la politique : lourd enjeu dont le jeu léger de Rémy Barché à la gamme ludique gomme les violences dans une mise en scène virtuose et versicolore, étourdissante, souvent assourdissante, micro, mégaphone, sono, tambour et ballons battant. Beaumarchais, dans l’épigraphe de sa pièce, deux vers du vaudeville final, « En faveur du badinage, / Faites grâces à la raison », dans la tradition rhétorique canonique institutionnalisée par le Concile de Trente, imposée à l’œuvre d’art (Docere, movere, placere, ‘instruire, émouvoir, plaire’) prétendait faire de la sorte œuvre utili dulci, ‘utile et agréable’ : faire réfléchir, faire passer un message. Ici, à trop de son, on en perd un peu le sens.

Certes, le texte énonce et dénonce avec une force verbale si prégnante qu’il résiste de toute son évidence à ce traitement juvénile de Barché, frais et plaisant, souvent franchement comique. Comme une mauvaise conscience, le climat heureux de cette salle de fête rock et pop avec micros, violoncelle et guitare électrique,  est troublé, du moins ces préparatifs de réjouissances, par les infos en continu de la radio qui, distillant la terrible actualité du jour, migrants, chômage, instillent une angoisse, font planer d’en haut un nuage sombre sur ce rose festif généralisé : personnages déjà sur scène avant de se mêler au public, agitation fébrile, Figaro réglant le vaudeville, le madrigal en l’honneur de sa promise, pestant contre Bazile, maître de musique. La vue court derrière ces personnages mouvant du parterre au plateau mais l’oreille s’égare à capter les infos dont on ne sait la source : volonté du metteur en scène jouant à créer une distance entre un texte marqué par la langue de son époque, de beaux costumes en gros XVIIIe siècle (Marie La Rocca assistée de Gwendoline Bouget), avec des signes de la nôtre, lunettes de soleil, redingote, cigarette, mégaphone ? Tempérer la mise délibérément comique et colorée de la scène par ces notes dramatiques et noires de notre actualité ? On hésite à qualifier le procédé de brouillage brouillon du bouffon du texte par le drame anachronique extérieur ou de distanciation brechtienne.

Cette première scène, écrit Barché, était une apostille finale à la pièce supprimée par Beaumarchais. On se souvient que ce dernier, après l’insuccès de sa première version trop longue de son Barbier de Séville en cinq actes avait écrit, annonçant celle en quatre triomphale : Figaro « s’est mis en quatre pour vous plaire. » Bref, alors qu’aujourd’hui on supprime pour diverses raisons, Barché fait long, en rajoute pour rallonger une pièce qui fait un spectacle de quatre heures ! Mais on doit convenir honnêtement que le tempo de sa production est si vif qu’on ne trouve pas le temps long. Beaumarchais fut d’abord horloger, inventeur génial : c’est dans l’implacable mécanique des situations, la vivacité presque musicale des répliques que se manifeste cette précision, mise à vif par la mise en scène.

Beaumarchais était musicien, maître de harpe de rien moins que de Mesdames, les filles du roi, auteur d’un livret d’opéra, Tarare (1787) ; son texte, avec ses  claquantes répliques en écho se prête à la mise en musique en récitatifs que n’oubliera pas da Ponte pour Mozart ; il était même compositeur semant sa pièce d’airs, dont une séguedille qu’il avait ramenée d’Espagne. Ici, micro en main, nous aurons des morceaux en anglais (n’est-il pas question de la langue anglaise et de Londres où le Comte ira en ambassade, avec le couple Figaro/Suzanne ?) ajustés à la situation affective des personnages, mais avec la fonction peut-être encore des fameux songs de Brecht/Weill créant un décalage, la distanciation, pour éviter que le spectateur ne cède complètement à l’illusion théâtrale. Pourtant, c’est si drôle et si bien interprété par Paulette Wright (Fanchette et un huissier), punkette en jupette et blouson, irrésistible dans le tube de Madona Like a virgin, le Bazile de Samuel Réhault, est si bon musicien et chanteur, inénarrable juge Brid’oison, qu’au milieu des bruitages, ces jolis et jouissifs moments musicaux renforcent plus la théâtralité  du spectacle qu’ils ne la distancient (son : Michaël Schaller ; 
musique : Samuel Réhault et Paulette Wright). La romance de Cherubino de Mozart, « Voi che sapete » des Nozze di Figaro, deux fois, apparaît alors insolite mais nous berce dooucement.

C’est dire qu’à la qualité du traitement de ces personnages pourtant secondaires, sans oublier les épisodiques, Grippe-Soleil et une jeune bergère incarnés par Alix Fournier-Pittaluga et les contrastés et bien dessinés Antonio et Bartholo par Fabien Joubert, on peut mesurer celle du reste de la troupe si solidairement soudée de cette remarquable production. Marceline, prenant place parmi le public pour le jugement dans sa belle robe d’époque, est campée, dans toutes les facettes d’un personnage, celui qui évolue sans doute le plus de tous, avec une digne autorité par la remarquable Gisèle Torterolo. Autre femme blessée, entre révolte et nostalgie, plus au bord de la neurasthénie que de l’explosive crise de nerfs, ruminant son abandon par son mari trois ans à peine après son mariage, la Comtesse de Marion Barché, dans sa bonbonnière d’un rose hardi comme auraient dit les précieuses et son peignoir japonais, arrive à être touchante mais sa réserve de grande dame la laisse forcément un peu en retrait entre la brune, piquante, virevoltante, agissante et ravissante Suzanne de Myrtille Bordier, digne amante de l’actif Figaro, et le vibrionnant Chérubin de Suzanne Aubert (plus comique Double-Main), Cupidon ailé, perché sur le baldaquin, le ciel du lit, lieu du septième attendu par les couples, s’élevant dans les airs au lieu de sauter de la fenêtre, grain de sable, lutin follet perturbateur de tous les plans de son maître. Au détriment de la vérité adolescente et du trouble de la découverte de la sexualité, il est traité de façon excessivement bouffonne avec des cris surajoutés et superfétatoires à la simple évocation du mot femme qui le déréalisent et lissent un peu le trouble érotique réel de la Comtesse et de Suzanne en le déshabillant dont on ne sait plus s’il est causé par son potentiel viril de jeune mâle ou sa sexualité encore androgyne d’un gamin à peau de fille. Il se jette dans les fauteuils sur les spectatrices, ressort de farce, on rit beaucoup au personnage mais on y perd la personne.

Le Comte, en fin de compte le héros central autour duquel tout tourne même si on le fait tourner en bourrique, apparaît, d’entrée, non en commun prêt à porter mais en coquet kimono japonais prêt à consommer, nu, sexe indolemment branlant sinon triomphant, non apparemment avec indécence exhibitionniste face à Suzanne mais avec l’indifférence des grands pour les petits, leurs domestiques, guère plus que des meubles, en une époque où le monarque recevait encore royalement sur sa chaise percée. Alexandre Pallu en fait un grand dadais dégingandé mais élégant, indolent, maniéré, jouant de tout son corps, des yeux d’un visage d’une fausse innocence, qui sait être inquiétant. Face à lui, Tom Politano est un Figaro de grande classe : de celle dont on apprendra qu’il est issu, noble, par son allure, sa figure. Son élégance ne le cède en rien à celle du Comte. Il sait passer, sans outrepasser ni appuyer, par toutes les gammes du sentiment du personnage, enjouement, amour, ironie, révolte, amertume se croyant trahi. Sa longue tirade, monument du théâtre, avec une clarté et une élocution impeccables, est détaillée dans la moindre intention. Parcours de vie rétrospectif hérité des héros des romans picaresques espagnols dont j’ai montré ailleurs qu’il portait le nom, ligne de vie hachée, qui amène l’interrogation existentielle venue de Fénelon sur le mystère du Moi d’une vie faite de moments et de visages si différents : « sans savoir quel est ce moi dont je m’occupe. » Il est bouleversant.

 

Dramaturgie et drame

La beauté visuelle et plastique du spectacle (dramaturgie : Adèle Chaniolleau ; scénographie et lumières : Nicolas Marie) participe au plaisir de cette réalisation homogène dans sa conception, même si on peut en interroger des détails. De la sorte de salle de fête populaire, prolétaire, dont on trouvera des tables à la fin, qui sera l’appartement dévolu au couple de serviteurs, par des changements à vue, élévation des projecteurs, des magnifiques lustres à pendeloques, on passe à la chambre de la Comtesse, cage rose pour oiseau captif, immenses rideaux, et une banale armoire pour cabinet de l’intrigue avec Chérubin. Une immense boule de dancing à facettes balayant la salle de ses éclats accentuera ce côté popu du monde domestique en fête.

Mais, ce qui capte et ne lâche plus l’attention dès le début, c’est l’amas, la masse, le massif de ballons gonflés moutonnant d’abord sagement en fond de scène mais qui gagneront peu à peu tout le plateau, envahissant même la salle. C’est, assurément, la fête, si joliment surlignée qu’elle en efface toute autre ligne du texte. Bref, un monde joyeux de bulles de savon irisées ou multicolores matérialisées par les ballons, mais prêt à éclater et éclatant souvent : apparence hypocrite de baudruches infatuées qui se dégonflent, air de la parole vide, souffle de sa vanité, vacuité, ou éclats encore ponctuels, dispersés des révoltes minuscules, personnelles, coups d’épingle dérisoires contre un monde gonflé de sa propre suffisance ? L’addition ou la concentration de tous ces ballons, les petits et les gros, en un seul, énorme, préfigurerait peut-être non l’envol idéel ou l’élévation idéale de montgolfière contemporaine, mais, qui sait, le proche éclatement, l’explosion à venir de la bombe sociale. On se plaît à l’imaginer, ou craint de le penser. Mais cet enfantin et généreux lancer final de ballons vers le public qui les fait joyeusement s’envoler des premiers aux derniers rangs, comme d’euphoriques bulles de champagne, dégonfle justement la bulle d’un message évanoui d’un monde finissant, charmant, qui menace d’éclater mais n’éclatera pas.

Ici, on égratigne plus qu’on ne mord un monde que l’on dénonce sans vouloir y renoncer.Benito Pelegrin.

 

La folle journée ou le Mariage de Figaro

De Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais

Marseille Théâtre de la Criée,

Du 4 au 7 janvier 2017

 

Mise en scène : Rémy Barché ; dramaturgie : Adèle Chaniolleau ;

scénographie et lumières : Nicolas Marie ;  costumes Marie La Rocca assistée de Gwendoline Bouget ; son : Michaël Schaller ;musique : Samuel Réhault et Paulette Wright.

 

Distribution :

Alexandre Pallu : le Comte ;

Marion Barché : la Comtesse ;

Tom Politano, Figaro ;

Myrtille Bordier : Suzanne ;

Suzanne Aubert : Chérubin et Double-Main ;

Gisèle Torterolo : Marceline ;

Fabien Joubert : Antonio et Bartholo

Paulette Wright : Fanchette et un huissier ;

Samuel Réhault : Bazile et Brid’oison ;

Alix Fournier-Pittaluga : Grippe-Soleil et une jeune bergère.

 

Régie générale : Yann Duclos ; vidéo : Loïc Barché avec Michaël Mitz.Réalisation costumes : Ateliers du Théâtre National de Strasbourg ;construction : décor Jean-Luc Toussaint, Guerriets, Artech Déco. Coproduction : La Comédie de Reims–CDN / Compagnie Moon Palace,

avec le soutien du FIJAD DRAC et Région PACA.

 

Photos : Elizabeth Carecchio

 

 

 

 

Ouverture de M2017/ RETOUR EN IMAGES …

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Notre photo-reporter, Patrick Di Domenico, était présent à la soirée d’ouverture de la capitale européenne du sport: après un très réussi feu d’artifice insonorisé, tiré en dépit du Mistral qui soufflait froidement sur le Vieux Port, voici quelques images exclusives, signées de notre envoyé spécial, de la Red Bull Crashed Ice, ce championnat international qui a fait vibrer le public marseillais avec ses folles descentes de patineurs de haut vol.

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Cérémonie d’ouverture de MP2017 : le 14 janvier à partir de 16h30 du côté du Vieux Port!

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Dans la foulée de l’Euro 2016 dont la ville avait accueilli au sein de son Orange Vélodrome de nombreux matchs, mais avant la mini-capitale culturelle baptisée MP2018 -pour laquelle une association regroupant tous les grands noms de MP2013 a été créée- ou encore bien avant la très souhaitée capitale européenne du tourisme en 2019, -fortement voulue par Martine Vassal pour améliorer la visibilité et attractivité du territoire provençal-, gageons qu’en 2020 on aura droit à une année capitale européenne de la gastronomie à moins que d’ici là, une frénésie sportive ne s’empare de nos amis politiques et qu’ils nous mettent tous à la diète, la ville de Marseille a été élue Capitale Européenne du Sport pour l’année 2017 ! Sa cérémonie d’ouverture a été présentée à la presse récemment en présence de nombreux élus intervenant dans l’organisation de la manifestation.

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Ce label MP2017, de quoi booster ce que Dominique Vlasto appelle « le tourisme sportif » dans une ville qui manque cruellement de certains équipements sportifs, notamment de piscines (rassurons-nous deux piscines vont voir leur première posée en fin d’année à Euromed et à Luminy). Il est vrai que le titre contribue dans les esprits « à l’acquisition d’une meilleure notoriété » de la ville (D. Vlasto), dont « les habitants sont peu connus pour leur pratique sportive » (R. Miron). Sachant que MP2013 avait généré près de 10 millions d’€ de retombées économiques, et connaissant le goût de nos concitoyens pour le Sport, l’espoir est permis d’imaginer des belles retombées économiques avec MP2017, et ce nonobstant le climat anxiogène actuel et les nombreuses craintes, hélas plus que fondées, sur la fréquentation des manifestations en lien avec les risques terroristes majeurs. Comme le précise Frédéric Bousquet, « il n’y a pas de meilleur moyen de crier son amour pour la liberté qu’au travers du sport ».

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Néanmoins, les acteurs de la sécurité (Caroline Pozmentier en tête, mais également les services de préfecture et Laurent Nunez lui-même) se veulent rassurants : tout a été mis en œuvre pour assurer au mieux la sécurité des festivaliers et spectateurs tant en terme de moyens humains que matériels et juridiques. Le survol aérien et la navigation maritime seront interdites le soir du 14 janvier, en plus du cordon sécuritaire renforcé autour d’une quarantaine de points stratégiques avec présence de véhicules lourds et de blocs de bétons, disséminés autour de « cette agora naturelle qu’est le Vieux Port, espace festif et familial » pour citer Robert Miron. M. Julien Ruas insiste sur ce point « nous avons mis les petits plats dans les grands  et tous les éléments de la fête sont là pour que ce soit réussi ».

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Une fête avec « une grande parade organisée en partenariat avec Archaos, le pôle national du cirque : il y aura des batucadas, percussionnistes, une diva sur échasses, et autres réjouissances acrobatiques, rendez-vous pour le départ du défilé à 16h30 au pied du Mucem », annonce Anne Marie d’Estienne d’Orves. Cette dernière précise que « la culture et le sport partagent les mêmes valeurs de respect, solidarité, exigence ». Et puis, c’est bien connu, « les artistes sont des sportifs » et comme le disait un ancien, il est important d’avoir « un esprit saint dans un corps saint » ! Faisant suite à des animations musicales et dansantes, un feu d’artifice d’une durée de 22 minutes et sonorisé au cours duquel on entendra le waka waka, apprenons nous, clôturera la soirée, tiré dès 18h30, de différents pontons du port, dévoilant le logo de M2017, entre autres surprises. Avant de laisser place à la Red Bull Crashed Ice, finale du championnat international de descente freestyle en patins, dès 19h !

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Hélas si nous ne pouvons connaître dans son entièreté le budget de cette année capitale, sachons que son ouverture avec la “Red Bull Crashed Ice” a couté plus de 2 millions d’€ : côté financement, toutes tutelles confondues, ce sont 450 000€ qui ont été alloués à Red Bull pour cette manifestation. « La construction de la rampe a été réalisée dans un esprit de préservation de l’espace, épousant les courbes et formes du terrain » précise Christian Papillon (photo ci-dessus), directeur sportif de la ”Red Bull Crashed Ice”, à l’origine de cette piste glacée sur laquelle les amateurs pourront également patiner virtuellement grâce à la réalité augmentée. Tout un programme donc ! Avis aux amateurs de sensations fortes ! DVDM

Pour le programme complet de MP2017, rendez-vous sur mpsport2017.marseille.fr

Côté circulation, infos complètes sur marseille.fr

 

Ecuba, par la Cie Laminarie (Italie), en escale à Marseille

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Mise en scène : Febo Del Zozzo, assisté de Valéria La Corte

Avec : Francine Eymery (Hécube), Thomas Carroger, Audrey Despagne, Laura Ghnassia, Paola Lentini et Nancy Robert  (le chœur)

Présenté au théâtre des Argonautes le 14 décembre à 20h30

Durée : 45min

Vibrante Traversée Théâtrale au cœur de notre Humanité errante

Une fois n’est pas coutume, nous avons apprécié en tous points le travail artistique original et profondément engagé d’une compagnie de théâtre contemporain. La compagnie Laminarie, originaire de Bologne, fondée en 1999, avec à sa tête Febo Del Zozzo, a posé ses valises pour une bonne semaine en notre ville afin d’y offrir un workshop dont le rendu a été montré au public, mi-décembre, pour une représentation unique en tout point de vue, aux Argonautes.

A découvrir Febo sur scène, tirant sèchement et fermement sur les cordes d’un bateau voguant contre vents et marées avant de trouver refuge dans une rade, les faisant bruisser entre elles avec le claquement crépitant du bois auquel elles sont solidement accrochées, soumises aux éléments, on penserait, avec sa carrure athlétique et ses bras musclés, son pas alerte et sûr, à un de ces gars qui travaillent durement dans les chantiers navales, ou encore, avec son regard perçant imperturbable qui ne laisse rien transparaitre et sa rudesse affichée,  à un marin à la barbe hirsute, revenu au port après une longue traversée périlleuse.  Une image forte et belle, pleine de sens, qui plonge le spectateur dans la noirceur océanique d’une traversée étonnante.  Le public, saisi, retient son souffle, respirant au rythme cadencé des mouvements de bras du metteur en scène.

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Puis se distinguent des personnages, tous vêtus de noir, presque invisibles, qui marchent, allant et venant, sur le pont, à une allure de plus en plus vive, entre les deux rebords du navire qui tremble sous les pas de ces six hommes et femmes, jusqu’à ce que les corps en mouvement se heurtent les uns aux autres pour former ensuite un chœur tourbillonnant duquel émergera Hécube. Ils disent Ecuba et elle apparait, à l’instar de la lumière dans la Bible, toute de rouge vêtue, telle une reine déchue hantée par la mort. Mort de son époux et de ses 19 enfants dont seront cités les noms, anéantissement de son être entier écartelé par le désespoir, faiblesse de son corps qui tente de s’agripper à des mats de secours pour ne pas se noyer, pesants morceaux de bois effilés en forme de battes, tendus affectueusement par le chœur, quatre femmes et un homme qui soutiennent comme un seul homme l’héroïne en partance vers son destin.

Elle a chuté déjà, s’est relevée puis rechutera encore et encore jusqu’à éructer sa malédiction à la face du public, un public hypnotisé par l’intensité du jeu de Francine Eymery, l’interprète saisissante d’Hécube. Avec sa gestuelle précise, délicate et subtile où le seul lent mouvement d’un muscle de la main concourt à exprimer l’émotion. Porteuse d’une émotion intériorisée qui surgit et advient avec une intensité rare. Vibrante d’une tension émotionnelle qui monte en crescendo, prête à exploser. Ses gestes et ses mouvements, proches et même pour certains issus du Butô qu’elle pratique avec art, impriment le rythme à ses mots, paroles scandées d’une voix de basse, sans contrefaçon ni artifice. Evocation du pillage de Troie, la ville de Priam, son époux, extrait de l’Iliade d’Homère, qu’Euripide prendra comme point de départ dans sa pièce Hécube. Egalement convoquée ici.

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Avec un grand sens du rythme, imprimé par le mouvement, et une précision rigoureuse, dans la gestuelle, le metteur en scène offre à découvrir un théâtre qui n’est pas sans rappeler le théâtre de Grotowski, théâtre pauvre basé sur le jeu physique de l’acteur, ou encore l’Opéra Chinois, dans lequel les chanteurs-acrobates exercent leur talent avec finesse, élégance et puissance. L’émotion dégagée par l’énergie de ces corps mouvants sur la scène est d’autant plus puissante que rares sont les mots, intégrés à la dramaturgie avec une grande parcimonie. Des mots dont semble se défier Febo. En effet, à l’instar de la culture, le livre, cet instrument du savoir mis en mots, peut libérer mais également enfermer selon l’usage qu’en fait le politique : il peut devenir un instrument d’oppression dans un monde en dégénérescence.  « Ce monde de vainqueurs vulgaires et malhonnêtes, de prévaricateurs faux et opportunistes, de gens qui comptent, qui occupent le pouvoir, qui volent le présent, et encore plus l’avenir, à tous les névrotiques du succès, du paraître, du devenir » dirait Pasolini.

Ce dernier dans LA VALEUR DES VAINCUS (issu d’une interview pour l’hebdomadaire New Ways « NR » 42-28 – du 21 Octobre 1961) s’exprime ainsi avec justesse : « Je pense qu’il est nécessaire d’éduquer les nouvelles générations à la valeur de la défaite. A sa gestion. A l’humanité qui en dérive. A construire une identité capable d’envisager une communauté de destin, où on peut échouer et recommencer sans que la valeur et la dignité en soient affectées. A ne pas devenir un dominant, à ne pas passer sur le corps de l’autre pour arriver premier. [… ]  Moi je suis un homme qui préfère perdre plutôt que gagner avec des moyens injustes et impitoyables. Grave faute que la mienne, je le sais! Et ce qui est encore mieux, c’est que j’ai l’insolence de défendre cette faute, de la considérer presque comme une vertu… » Un magnifique texte qui résonne avec le propos philosophique de cette création, lu en voix off par Jean Pierre Girard.

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Car, oui, dans cette tragédie qui se joue sous nos yeux, celle-là même d’Hécube, il est question de perte et de défaite, d’exil et de migration, mais également de libération et de résilience. Ici, le metteur en scène explore les infinis continuums du mythe d’Hécube, venue de Phrygie, reine déchue de Troie, vengeresse du meurtre d’un de ses fils, exilée en Thrace, devenue chienne errante, ayant ému de son cri de douleur jusqu’à Héra: de son enferment dans le malheur (que peuvent symboliser ces cordes de couleur claire s’érigeant telles deux murs infranchissables) à sa libération (que peut signifier  l’accumulation de livres sur des fils rouges entremêlés et ordonnés de façon à former un métier à tisser).

Hécube représente un visage de notre humanité aux prises avec l’oppression politique, une figure de son errance et de son espoir. Et, en ce qu’Ecuba cristallise ainsi les enjeux de notre humanité, au travers d’un mythe toujours actuel, le parallèle avec l’exil des migrants devient aisé à imaginer. Migrer dans de terribles conditions où la mort les guette sans discontinuer au cours de leur traversée périlleuse dans leur frêle embarcation pour fuir les persécutions, la guerre, le terrorisme et le malheur engendré par ces fléaux, avec l’espoir d’un avenir meilleur.

Proposé d’une rive à l’autre de la Méditerranée, ce projet ambitieux est risqué dans la mesure où si la scénographie reste la même, le choix des comédiens participants se fait dans le port qui accueille le projet : le résultat n’est jamais connu d’avance, ni même le nombre de participants. Un défi renouvelé à chaque étape d’un projet qui fera escale au Maghreb et bien entendu dans la patrie d’Hécube, à Athènes au printemps.  Avec ce risque assumé de construire un espace nouveau de réflexion, la difficulté de se renouveler à chaque étape, la complexité de l’intégration en un temps limité de personnes inconnues.

Porteur d’une parole politique forte, créée avec l’exigence intransigeante d’un metteur en scène au grand cœur, cette création poétique forte d’une pensée juste mais point désenchantée sur le monde contemporain et ses enjeux, a ravi le public marseillais venu en nombre la découvrir. Et nous ne pouvons que saluer cette présentation tant elle est aboutie et porteuse d’espoir. Tout simplement bravo à tous les participants et à son créateur, Febo. Un enchantement théâtral! Merci aux Argonautes d’avoir accueilli Ecuba, un si beau et généreux projet auquel nous souhaitons bon vent ! Diane Vandermolina

 Plus d’infos sur la compagnie http://www.laminarie.com/ [12]

L’éloge de l’amour d’après le texte d’Alain Badiou

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Présenté au Parvis des Arts et au Théâtre Du Petit Matin en novembre 2016

Adaptation, mise en scène et jeu : Caroline Ruiz

Régie générale / lumières : Jean-Louis Alessandra

Création vidéo : Olivier Durand

Durée 1h/ Création  2016 du Hangar Palace

 En tournée en appartement, dans les lycées et au festival d’Avignon off 2017

L’éloge de l’amour ou la réussite d’un triple défi

Parler d’amour de nos jours peut sembler désuet, encore plus lorsqu’il s’agit d’adapter sur scène une conversation philosophique, d’autant plus encore que notre époque est dominée par la haine et la violence.  Nous pouvons en préambule remercier la comédienne Caroline Ruiz d’avoir eu cette magnifique idée que de porter à la scène « l’éloge de l’amour » d’Alain Badiou*, un si beau texte, et d’avoir réussi à transmettre, faire entendre et partager, tant par son dire que par son interprétation, l’enthousiasme et la jubilation, un véritable coup de foudre, qu’elle a rencontrés à la lecture de ce texte.

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Porter et transmettre la parole d’un philosophe sans la dévoyer : un défi relevé avec intelligence

En usant d’une dramaturgie où la parole discursive propre aux conférences se métamorphose en une parole plus intime presque susurrée à nos oreilles attentives, Caroline Ruiz -grâce à l’immédiateté du dire théâtral qui permet l’incarnation de la pensée philosophique- donne à vivre et ressentir cette philosophie dont elle se saisit afin que nous puissions en recevoir une compréhension immédiate et la prendre avec et en nous sans avoir à ne passer que par le médium de l’intellect pur, tout en nous guidant vers l’Idée à la façon de Socrate.

La comédienne s’appuie sur une scénographie sobre et élégante où quelques pupitres surmontés de petits tableaux noirs, sur lesquels se découvrent au fil du spectacle des mots écrits à la craie blanche, sont  judicieusement arrangés autour d’une petite table en bois vieilli, sur laquelle sont posés divers éléments rappelant un bureau de philosophe avec ses livres et son petit chandelier. Un espace ouvert, face au public, laissera place à un petit tableau sur lequel seront projetées de temps à autres quelques magnifiques créations vidéo signées Olivier Durand. Ces ponctuations visuelles, subtiles, confèrent un supplément de poésie à cette création réussie où la simplicité est première. Car ici, point de musique assourdissante, ni de décors d’apparats, ou encore de costumes trop voyants : des petites touches de lumière viennent éclairer la scène avec délicatesse, qu’elle vienne d’un projecteur ou de la vidéo, offrant à la comédienne des temps de ruptures bienvenus, évitant l’essoufflement dans le dire d’un texte philosophique par essence pas toujours aisé à entendre.

La comédienne a su ici le rendre accessible en retraçant les étapes clés du processus amoureux qu’elle griffonne sur les petits tableaux noirs (l’événement de la rencontre et sa surprise, la déclaration et l’engagement du « je l’aime », le désir et l’abandon du corps et encore le couple où comment réinventer la vie à deux). Elle intègre ici des éléments extérieurs au texte : un extrait de Carmen (« l’amour est un oiseau rebelle »),  une chanson de Dalida, la déclaration d’amour de Cyrano ou encore un extrait des  « enfants du paradis » de Carmet avec Arletti. Ces éléments permettent d’expliciter ou illustrer l’objet du spectacle (le discours amoureux) sans redondance aucune : dans la mise à la scène d’un texte philosophique, la répétition est nécessaire en ce qu’elle rend plus intelligible le propos à son écoute, notamment le passage délicat de la déclaration, cet engagement (prémices à la fidélité jurée) où l’instant et le hasard se fixent dans l’éternité. « L’amour est une descente de l’éternité dans le temps » et « le bonheur, la preuve que le temps peut accueillir l’éternité ».

Accompagnant le geste à la parole sans qu’il ne la parasite, occupant l’espace scénique dans son entièreté avec des déplacements réfléchis, elle fait intervenir sur scène un couple d’amoureux afin de briser complètement le 4ème mur et que de lectrice, elle devienne passeuse  et « actrice » d’une philosophie de l’amour, vivant le texte qu’elle dit d’une voix claire et limpide, le regard toujours posé vers le public. Ce dernier ne peut alors être qu’un simple auditoire passif à l’écoute d’une parole : il devient partie intégrante du spectacle, « co-acteur » de cette parole.

Une autre façon de parler d’amour qui vient à point nommé

L’ajout en préambule de l’éloge de l’amour fait par Aristophane dans le Banquet de Platon, est judicieux pour ouvrir sur les enjeux multiples de cette parole d’amour : est expliqué ici comment Zeus a, pour les punir, séparé les êtres humains en deux êtres distincts. Avant, chaque être humain était en fait une sphère avec quatre mains, quatre jambes et deux visages sur une tête unique, quatre oreilles, deux sexes etc… : il y avait des êtres mâles, femelles et androgynes. Chacun après sa séparation a été amené à rechercher sans cesse sa moitié, de l’autre sexe ou du même sexe, afin de n’en faire qu’un pour guérir sa nature humaine. Ce souhait de se fondre en l’autre et ce besoin de complémentarité est ce pourquoi Eros guide les humains à s’aimer. Cette façon d’ouvrir sur le texte d’Alain Badiou plonge le spectateur dans le vif du sujet, avec humour et finesse, posant les bases d’un discours allant à contrecourant des préjugés actuels.

Parler d’amour aujourd’hui, c’est le réinventer, le défendre !  L’amour est menacé  et il nous faut « réinventer le risque et l’aventure, contre la sécurité et le confort … » car « l’amour est une aventure obstinée …»  qui triomphe des obstacles et « fait mentir l’individualisme ». L’amour, c’est réinventer la vie à deux. « Tout amour propose une nouvelle expérience de vérité sur ce que c’est d’être deux et non pas un. Que le monde puisse être rencontré et expérimenté autrement que par une conscience solitaire, voilà ce dont n’importe quel amour nous donne une nouvelle preuve. »

C’est ainsi avec plaisir que nous avons découvert cette création où une comédienne prend à son compte ce discours amoureux dans lequel sont convoqués les plus grands philosophes (Platon et Spinoza, notamment lorsqu’elle évoque la recherche de la beauté absolue, l’universalité de l’amour ou le dur désir de durer) et qui dénonce la recherche actuelle de l’amour confortable et sécuritaire où le risque zéro est mis en avant (citons Meetic ou la jouissance débridée, deux facettes de l’absence de prise de risque de nos contemporains) ainsi que la réduction de l’amour à la famille, porte ouverte à l’intolérance religieuse, sociale et politique.

La comédienne partage alors sa vision d’un monde où le culte de l’identité et le repli sur soi, portés par les extrémismes, ne devrait pas avoir sa place, car, comme le dit Alain Badiou,  « Toute différence est un bienfait ». Et tout en rajoutant des éléments extérieurs au texte lui-même, mais toujours en rapport avec l’objet de son discours (allusion sous-jacente au terrorisme qui empoisonne le monde à notre époque), elle offre à découvrir un écrit philosophique passionnant qu’elle défend avec vibrance et porte sur la scène avec amour. Un engagement artistique à saluer ! Bravo pour ce partage. Diane Vandermolina

*Texte paru en 2009 chez Flammarion, à l’issue d’une conférence donnée pendant le Festival In d’Avignon  en 2008 par Alain Badiou, professeur émérite à l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, mathématicien, romancier et philosophe contemporain.