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I due foscari à l’Opéra de Marseille

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I DUE FOSCARI

Opéra en 3 actes, livret de Francesco Maria Piave,

d’après la pièce de Lord Byron.

Musique de Giuseppe Verdi

Version concertante

Opéra de Marseille,

15 novembre 2015

 

 

Atmosphère lourde, grave d’émotion contenue à l’Opéra de Marseille au lendemain des attentats qui ont endeuillé le pays. Minute de silence intense d’hommage aux victimes à la demande de l’Adjointe Déléguée à l’Opéra-Odéon et Art contemporain, remplaçant le Maire, Marie-Hélène Féraud-Grégori. Comme je l’ai écrit et dit ailleurs, malgré la terreur barbare, justement même à cause de cela, la culture saigne mais signe, existe, persiste, portes grandes ouvertes à tous. Et sans doute la terrible circonstance n’a-t-elle fait que galvaniser encore plus un plateau exceptionnel pour une œuvre, qui sans l’être, est tout de même un jalon toujours intéressant à visiter, surtout eu égard à sa rareté, dans la prolifique production de Verdi.

À Marseille, pourtant si verdienne, l’œuvre demeurait insolitement inédite et inouïe et son Directeur Maurice Xiberras la présentait en version de concert, sans doute moins par prudence que par la fatalité économique des temps, mais avec une distribution où la présence de Leo Nucci, qui désirait présenter l’opéra à son ardent public de Marseille, justifiait à elle seule, l’entreprise.

 

L’œuvre

Créé en 1844 à Rome, dirigé par Verdi lui-même pour les premières représentations, l’opéra fut un triomphe mais sombra ensuite dans l’oubli, peut-être balayé par le succès des compositions de la riche décennie suivante ou à cause de la difficulté écrasante du rôle principal dévolu à un baryton. Francesco Maria Piave en tira le livret d’une pièce de Byron de 1821 située dans la Venise du cuatrocento, du XVe siècle, une affaire de pouvoir comme celle mettant en scène le Doge de Gênes dans Simone Boccanegra. Elle met en scène un conflit cornélien entre le devoir et l’amour : le Doge Foscari, par respect des lois, même déchiré par l’amour paternel, laisse condamner son fils à l’exil, l’autre Foscari, donc, qui a eu la maladresse d’entrer en contact avec une puissance étrangère ennemie de la Sérénissime République, trahison qu’attesterait une lettre, par ailleurs inopportunément perdue. Le Sénat, le Conseil des Dix (magnifiques scènes de chœur), sont attisés par un ennemi implacable de rancœur, de haine, d’ambition : perdant le fils, malgré les supplications et imprécations de sa femme, il tente politiquement de couler le père. Pas de justice : reconnu innocent trop tard, le fils mourra, suivi du père, Doge aussi déposé. Pas de lieto fine, l’impitoyable Loredano vaincra et peut écrire : « Pagato ora sono ! », ‘je suis enfin vengé !’, un « enfin » qui ouvre une perspective rétrospective à la haine enfin satisfaite.

 

Interprétation

         L’œuvre, s’inscrit après deux succès de Verdi, Ernani la même année avec le même librettiste et l’antérieur Nabucco (1841) dont il garde des traces, telle la scène d’hallucination du roi, frappant ici le ténor, héros et fils malheureux, et les prières et malédictions de sa femme qui rappellent, par les sauts extrêmes entre grave et aigus, ceux d’Abigaïlle, mais des traits de I due Foscari annoncent des œuvres postérieures : un bien modeste prélude de violoncelle est peut-être une ébauche de la sublime entrée de l’air de Philippe II dans Don Carlo, la tessiture de baryton pour le rôle essentiel au détriment du ténor préfigure celle de Simone Boccanegra mais, surtout, les imprécations en faveur du Doge contre les Dix en défense de son fils, sont déjà celles de Rigoletto réclamant sa fille, son seul trésor.

À la tête de l’Orchestre Philharmonique de l’Opéra, Paolo Arrivabeni, d’une rare élégance, d’une précision alliée à la souplesse, attentif comme il sied dans l’opéra italien au confort des chanteurs, tire la quintessence d’une partition orchestrale qui n’a pas encore la richesse, bien plus tardive, du futur Verdi. Il met en relief des contrastes, détaille, certains timbres, harpe, flûte, clarinette, et cet alto et violoncelle d’un prélude, associés à situations, états d’âme : ce sont de beaux brouillons d’œuvres en devenir. Plusieurs valses ondulent dans la partition.

Les chœurs, le premier cantonné à mi-voix du murmure de la calomnie et de la conspiration (Emmanuel Trenque), sont farouches et grandioses dans la haine collective et pleins d’allégresse dans la scène finale où la liesse populaire fait un fond cruel à la détresse déchirante du vieux Doge maudissant le Sénat et mourant de chagrin. Les comparses, le ténor Marc Larcher (Barbarigo, Fante et Servo) et la soprano Sandrine Eyglier (la confidente Pisana) existent malgré la fugacité de leurs apparitions. Habitué de notre scène, la basse Wojtek Smilek, en sombre et cruel Loredano, sans même un air, réussit le prodige d’imposer une présence maléfique en demi-teinte, sans éclat, dans la noirceur de sa grande voix.

Héros malheureux byronien traînant sa mélancolie morbide, victime expiatoire, le premier Foscari, est campé par le ténor Giuseppe Gipali, qui déploie une voix belle, souple, un beau legato, un sens des nuances et des éclairs de révolte dans un combat perdu d’avance : ce n’est pas « une force qui va » comme l’Hernani de Hugo, c’est une âme dont on ne voit que faiblesse et fragilité, qui coule, sombre dans une dépression que l’on dirait romantique, qui naufrage enfin dans la folie, mourant de lui-même comme une flamme qui s’éteint. À l’inverse, vive flamme, sa femme, incarnée par la belle soprano, l’Ukrainienne Sofia Soloviy, remplaçant Virginia Tola, se lance avec passion et vaillance dans tous les affects et effets d’une partition terrible, des aigus arrachés à partir de graves, des vocalises cascadantes, défiant prudence au profit d’une expression superbe de l’accablement, de l’indignation, de la révolte, avec une grande vérité dramatique. La cantatrice triomphe avec justice si le personnage est vaincu par l’injustice.

On comprend que Leo Nucci ait voulu nous offrir ce rôle : il a trois grandes scènes impressionnantes, précédées de récits obligés dramatiques où tout son art scénique se déploie d’émouvante façon : Doge gardien inflexible des lois, père blessé par ce qu’on croit la trahison de son fils, père ulcéré par le refus obtus du Sénat de rejuger une cause douteuse, père imprécateur face au complot avéré, tout est juste, profond, avec une grande sobriété de signes, une main, un doigt, un regard, une démarche. Si l’on ne savait un âge qu’il ne dissimule pas, on le dirait jeune comme au premier jour d’une voix homogène, magistralement conduite, qui bouleverse dans la douleur et engage dans la rage auprès de lui. Habitué à la performance en grandiose seigneur tout simple, il cède en souriant à une salle en délire qui lui réclame le bis de son terrible dernier grand air.

En ce jour de deuil national, le public marseillais a fait un triomphe à la culture, à la musique : à la vie.

 

                                                                           Benito Pelegrín

 

I due Foscari

de Verdi

Opéra de Marseille

Version concertante

Orchestre et Choeur de l’Opéra de Marseille

Direction musicale : Paolo Arrivabeni.

Chef de Chœur : Emmanuel Trenque.

Distribution :

Lucrezia Contarini : Sofia Soloviy ; Pisana : Sandrine Eyglier ; Francesco Foscari : Leo Nucci

Jacopo Foscari : Giuseppe Gipali ; Jacopo Loredano : Wojtek Smilek

Barbarigo/ Fante/ Servo : Marc Larcher

 

Photos © Christian Dresse :

Le Clou, exposition temporaire au Centre de conservation et de ressources du MUCEM

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Le Clou, exposition en deux volets

Au Centre de conservation et de ressources (CCr) du 30 novembre 2015 au 24 juin 2016 1, rue Clovis Hugues – 13003 Marseille. Entrée libre. Plus d’infos sur MUCEM.ORG

Au Frac provence-Alpes-Côte d’Azur du 4 mars au 24 avril 2016 20, bd de Dunkerque – 13002 Marseille

Bon à savoir !

Le Centre de conservation et de ressources (CCR) du MuCEM est un bâtiment de 10 000 m2, dont près de 8 000 de réserves : situé à l’angle des rues Guibal et Clovis Hugues, il abrite l’ensemble des collections et fonds conservés par le MuCEM, soit près de 250 000 objets, 130 000 tableaux, estampes, dessins, 450 000 photographies, près de 100 000 ouvrages et périodiques, ainsi que 500 mètres linéaires archives papier, sonores et audiovisuelles. Le CCR est ouvert au public, ayant pour vocation de montrer l’envers du décor, les coulisses du musée avec sa réserve ou « appartement témoin » d’une superficie de 800 m2, donnant à voir un échantillonnage des collections conservées par le MuCEM. La réserve est accessible tous les premiers lundis après-midi de chaque mois, sur réservation (reservationcrr@mucem.org).

Le clou dans tous ses états

Le CRR a offert, pour les mois de novembre 2015 à juin 2016, une carte blanche à Damien Airault (en photo ci-dessus), spécialiste de l’histoire des expositions et grand passionné des collections de l’ancien Musée national des Arts et Traditions populaires fondé par G.H. Rivière. Farfouillant à la recherche d’objets insolites dans les réserves, est né le projet de proposer dans la petite salle du CRR une exposition autour du clou, objet banal par excellence, que nous utilisons tous, et dont les usages et emplois multiples révèlent un intérêt bien particulier, en ce qu’ils véhiculent des interprétations anthropologiques, historiques, religieuses et artistiques, voire même psychanalytiques. Cette exposition d’inspiration surréaliste, dans sa conception et de par l’étrangeté de son objet, a été conçue en partenariat avec l’association Rond-Point Projects, dirigée par Camille Videcoq, qui organise chaque année une résidence de commissaires d’exposition à laquelle était invité le jeune homme.

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Le clou est un objet souvent oublié. Pourtant, il est nécessaire à l’accrochage d’une exposition ou pour la construction d’un bâti. Il fait également l’objet d’un concept Lacanien (la théorie du point de capiton, où se découvre le lien entre signifiant et signifié, ici expliquée par un psychanalyste sur une vidéo projetée en fond de salle). Liant science, art et artisanat, cette exposition pluridisciplinaire ne peut laisser indifférent le visiteur. En effet, se dévoilent la reconstitution d’une forge du Queyras de 1940, merveilleusement conservée (où « un travail d’archéologue a été nécessaire pour reconstruire cette forge de maréchalerie » précise le commissaire de l’exposition), des clous de porte ou de ratelier, des clous à jambon ou de cercueil, des clous décoratifs pour tapisseries ou meubles, voire même des clous d’illusionnistes, certains trouvés dans une boutique de farce et attrape, des clous de charpenterie navale et des faux clous, également des clous ayant appartenus à une relique sacrée (à côté desquels se trouve un pentagramme qu’il a reproduit avec des clous pour signifier « son usage en sorcellerie ou en satanisme », commente-t-il, non sans humour)…. S’y ajoutent des œuvres d’artistes contemporains, faites à base de clous ou autour du clou, citons le travail de Tatiana Wolska ou celui de Lawrence Weiner sur lequel se lit cette énigmatique phrase « un clou chasse l’autre ». Un autre artiste, Fred Pradeau, a, quant à lui, proposé une installation où se trouvent exposés tous les ingrédients utiles à la création d’hydrogène, intitulé « Potentiel Hydrogène », la réalisation de l’œuvre eut été trop dangereuse.

Cette exposition  « aborde les multiples formes et significations d’un objet ayant traversé les siècles et les civilisations. Combinant l’art d’aujourd’hui et ancien, les religions, l’histoire des métiers ou encore l’archéologie, l’ensemble révèle la multiplicité de fonctions symboliques et des usages dudit objet, ici, le clou ; ce qui montre comment les cultures subliment, détournent ou interprètent leurs objets les plus courants ». Faisant appel à un imaginaire collectif, elle découvre la fonction sociale de l’art. Ainsi, le visiteur voyage entre les époques et les mondes, se promenant au sein d’un espace scénographié à la façon des expositions surréalistes des années 30 -où se mêlaient objets mathématiques, œuvres littéraires, curiositas, et masques africains-, que notre hôte avoue admirer. « Cet assemblage d’objets hétérogènes permet à l’art de rentrer dans le vie, avec son large emprunt fait au réel. J’ai volontairement omis de mettre des cartels afin de laisser une entière liberté au visiteur, afin qu’il s’approprie lui-même l’exposition ».

« L’art contemporain est un regard à renouveler sur les objets » explique Camille Videcoq. Et ce qui l’a intéressée, dans l’idée un peu fantaisiste de Damien, est « ce questionnement philosophique sur le rapport en notre sensibilité immédiate aux choses et la charge d’histoire et de savoir portés par ces objets ». Car la qualité d’un commissaire d’exposition est « d’être un amateur passionné et curieux ». Ce que ne reniera pas Damien dans la mesure où il dit et assume « être fasciné par l’ingéniosité de l’humain », son souhait étant « de mettre en valeur ce patrimoine commun avec des objets qui nous entourent au quotidien ». La suite de l’exposition -qui elle, est à voir jusqu’au 24 juin 2016 au CRR-sera visible dès le 4 mars au FRAC ! Vous saurez alors tout (ou presque) sur le clou et ses symbol(iqu)es. DVDM

ENCADRE

Le clou du spectacle          

A noter qu’à l’occasion et en correspondance avec cette exposition, sont proposés « Objets Déplacés », spectacles-performances se tenant au Mucem de novembre à mai : ce cycle de spectacles a pour but de s’interroger sur la perception d’un objet lorsqu’il est déplacé vers un ailleurs, hors de l’espace muséal, pour une durée éphémère. Chaque artiste de renom invité réalisera une œuvre qu’elle soit chorégraphiée ou mise en scène, autour des collections du MUCEM.

Décembre 2015 : Danse/ La Procession/ Nacera et Dalila Belaza les Vendredi 18 et samedi 19 décembre 2015 à 20h30

Mars 2016 : Installation | Performance/ EL ORGULLO DE LA NADA, « L’Orgueil du rien » Angelica Liddell les Vendredi 4 à 20h30 et samedi 5 mars 2016 à 16h et 20h30

Mai 2016 : Danse / Faustin Linyekula les Jeudi 26 et vendredi 27 mai 2016 à 20h30

Plus d’infos sur http://www.mucem.org/fr/node/3863 [2] (tarifs 11/15€)

 

copyright photos (c) DVDM

Ballets à l’Opéra Grand-Avignon

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Créations

L’amour sorcier de Manuel de Falla

Gershwin blues, musiques de Georges Gerswhin

7 novembre 2015

        Peu de maisons d’opéra peuvent encore se targuer de conserver un corps de ballet et, si elles l’ont, d’offrir deux créations d’un coup à une salle comble, avec un public chaleureux et reconnaissant. Ce fut le cas à Avignon.

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L’amour sorcier

Manuel de Falla (1876-1946) compose en 1915 El amor brujo, dont c’est le centième anniversaire, un ballet-pantomime sur un livret de María de la O Lejárraga, longtemps attribué à tort à son mari Gregorio Martínez Sierra. L’argument narre les amours de deux gitans, Candela (‘Chandelle’) et Carmelo, contrariées par le spectre de l’ancien amant jaloux de la belle et l’exorcisme libérateur qui éliminera l’encombrant fantôme. Le ballet est serti de trois chansons et une ébauche finale d’air, mais aussi de deux longues romances, poèmes traditionnels espagnols, confiés à l’origine à une chanteuse populaire. Entre autres versions de la musique, celle de 1925 supprime les poèmes et confie le chant à une mezzo-soprano. Andalousisme coloré de gitanisme imprègnent la musique de Falla qui, sans rien emprunter ici au riche folklore andalou, fonde et légitime sa propre couleur locale qui en fondera bien d’autres, avec un sentiment profond d’authenticité.

Sur un simple fond noir, éclairé des sombres lumières, parfois spectrales, de Patrick Méeüs, les danseuses en simple robe noire, sévère chignon espagnol, les danseurs en pantalons noirs et chemise blanche de l’épure du bailaor flamenco, se fondent ou confondent ou se détachent dans cet espace ténébreux de caverne gitane aux rites obscurs.

On sait gré au chorégraphe Éric Bélaud d’avoir évité une interprétation faussement coloriste de la couleur locale andalouse qui défigure souvent, de l’extérieur, les œuvres hispaniques plus authentiquement sobres, et noires souvent, comme ici. Nulle invocation démagogique non plus du flamenco, sauf, peut-être, de vagues évocations des mouvements des bras et des mains, mais souplement fondues dans la gestique de la danse classique. Le vocabulaire, le langage, sont classiques : les ensembles sont d’une sobre et souple beauté  et se coulent dans la musique avec naturel et une élégance sans apprêt empesé. La « danse du feu », sans tourbillon parasite, mais avec ce cercle se serrant et se desserrant en rythme évoque paradoxalement des flammes en blanc et noir avec une grande économie de moyens. La soliste, Lucie Roche, belle et sombre voix égale sur tout le registre, donne une couleur très juste et un sentiment intense aux chansons. Elle est intégrée au jeu et sa belle et longue figure pleine de noblesse, de noir vêtue, aux déplacements et attitudes plastiques, est un vrai personnage de tragédie mais aussi une médiatrice entre le monde charnel des amants troublés et le spectre vaporeux, comme surgi des limbes, irréel de souplesse évanescente (Alexis Traissac). Intercédant, elle permet de le conjurer pour conjuguer enfin la danse, le pas de deux lumineux, aérien, des amants libérés (Agathe Clément, Candela, et Ari Soto, Carmelo), magnifiques d’étreintes charnelles de la vie terrestre, avec le précédent sillage d’un long voile blanc, à la fois suaire fantomatique évaporé et voile heureux de mariage.

 

Gershwin blues, musiques de Gershwin (1898-1937)

            De la multimillénaire culture de l’Andalousie, dont les danses et chants étaient prisés par les Romains avant même d’être la Vandalousie des Vandales qui lui donnèrent son nom et des Arabes qui l’occupèrent, on passait à la récente culture nord-américaine, qui puise cependant ses sources dans l’immémoriale Afrique des rythmes à deux temps, des syncopes universalisées dans le jazz. Sur fond d’écran cinématographique, une déferlante de couleurs, qu’on dirait en technicolor, tant les références aux fameuses comédies musicales sont évidentes dans la brillante chorégraphie de Barry Collins. Tenues de sport, pantalons de cuir, sweets, corsages, jupettes, blousons, aux joyeuses tonalités, puis robes longues roses, queues de pie et hauts de forme pour des solos très Fred Astaire et Ginger Rogers, démultipliés ensuite en ensembles harmonieux, pour finir dans une rêveuse et vaporeuse apothéose de bleu, naturellement sur la fameuse Rhapsody in blue. Nous sommes d’abord passés, comme en un film musical visualisé en danse, des airs de Porgy and Bess, du tendre « Summertime » aux couplets canailles de « Sportin’life » et la passionnée déclaration d’amour, « Bess, o, Bess, you is my women now », aux sensuelles et molles courbes d’Un Américain à Paris, avec un bonheur d’écoute et des yeux, voluptueusement caressées par l’Orchestre Régional Avignon-Provence, amoureusement dirigé par Didier Benetti, qui nous avait fait un peu peur auparavant dans l’attaque trop serrée des cuivres acides de l’ouverture de l’Amour sorcier. C’est d’une grande fraîcheur, juvénile, gymnique, succession de danses jazzy, ragtime, charleston, fox-trots, etc, mais on admire encore l’impeccable vocabulaire classique de danseurs bien formés, sauts de biche élégants, portés, jetés, entrechats, pointes, une admirable technique qui demeure le précieux fondement même de la danse moderne. Il manquait les claquettes mais… aux saluts, ce fut le chorégraphe lui-même qui, avec une aisance printanière de jeune homme pour un homme automnal, en fit une longue et malicieuse démonstration. Mémorable heureuse soirée. Avec le regret que le programme n’ait pas individualisé les remarquables solistes de cette seconde partie. Benito Pelegrin.

Ballet de l’Opéra Grand Avignon

Orchestre Régional Avignon- Provence

Direction musicale : Didier Benetti.

Lumières : Patrick Méeüs réalisées par Brice Bouviala.

 

Créations

L’amour sorcier de Manuel de Falla A l’occasion du centenaire de la création de l’œuvre.

Chorégraphie : Eric Belaud. Soliste : Lucie Roche, mezzo-soprano.

Gershwin blues, Musiques Georges Gerswhin. Chorégraphie : Barry Collins

Photos : Studio Cédric/Delestrade

 

Musiques Interdites : 10 ans déjà ! Réservez votre soirée du 7 ou 8 décembre…

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« Le Journal d’Anne Frank » Opéra-Monodrame de Grigori Frid

Livret du compositeur/Version Orchestre de chambre en Allemand surtitré

Lundi 7 et Mardi 8 décembre 2015 – 20h

La Criée Théâtre National de Marseille (Petit Théâtre) 30 quai de Rive Neuve 13007 Marseille

Avec Emilie Pictet soprano/Macha Makeïeff récitante

Ensemble orchestral de musiciens de l’Orchestre philharmonique de Marseille

Vladik Polionov piano célesta/Marc Albrecht direction

Création en France/En Partenariat avec La Criée Théâtre National de Marseille

Tarifs : de 6 à 12€/Durée 1h15

Renseignements/ Réservations : 04 91 54 70 54 ou Vente en ligne : www.theatre-lacriee.com

 

Pour le dixième anniversaire du Festival Musiques Interdites, la Criée accueille la création d’un mono-opéra composé en 1969 par le russe Grigori Frid* (1915-2012), compositeur prolifique alliant différentes formes musicales et formations, « le Journal d’Anne Franck », les 7 et 8 décembre à 20h avec Macha Makeïeff (récitante), Emilie Pictet (soprano) et l’ensemble orchestral de musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Marseille, dirigé par le chef de renommée internationale Marc Albrecht.

 

Préambule

 

La directrice de la Criée, Macha Makeïeff, a voulu accueillir cette création dans la mesure où « c’est la mission de ma maison que d’accueillir ce type d’événement afin de veiller à ce que l’expression artistique puisse faire barrage à toutes les formes de rejet de l’autre en ces temps de virulence des racismes ». Hasard du calendrier, après les événements du 13 novembre, accueillir cette création est d’une extrême urgence afin « d’empêcher l’éclosion des pensées sordides, transmettre le message de l’importance de faire les choses ensemble et résister face aux totalitarismes » réaffirme-t-elle à l’occasion de la conférence de presse du 24 novembre. « Anne Franck peut être n’importe qui » aujourd’hui. Ne disait-elle pas « vouloir se retrouver seule avec soi pour retrouver les autres et être prête à se sacrifier (…) pour autrui » autrement dit prête à donner sa vie pour l’humanité ? rappelle Michel Pastore, directeur du festival.

Macha Makeïeff et Michel Pastore (c) photo DVDM

Macha Makeïeff et Michel Pastore (c) photo DVDM

 

La création

 

Michel Pastore**, producteur, programmateur et metteur en scène, a fait ici le choix de présenter la deuxième version réduite à 9 musiciens de l’œuvre en Allemand, et non en Russe, pour coller au plus près de l’atmosphère poignante de ce témoignage de l’ exil intérieur d’une jeune juive allemande de 13 ans, témoignage dénonciateur d’un crime contre l’humain et de la barbarie des nazis, relaté avec « grandeur d’âme » et « une extrême lucidité »(dixit M. Pastore). Cette présentation du monologue lyrique pour soprano, composé de 21 extraits du journal regroupés en 4 grandes scènes, qui n’est pas sans rappeler les compositions de Mahler, Berg et Chostakovitch, est entrecoupée de textes dits en français par la directrice de la Criée afin d’offrir un éclairage complémentaire à l’œuvre.

« Il y a un côté cérémonial dans cette présentation d’une œuvre telle que le Journal d’Anne Franck, icône connue du monde entier » poursuit-il. Un interlude orchestral, accompagné de la projection d’une vidéo composée d’images d’Anne Franck et des posters de stars affichés dans sa cachette (dont la divine Garbo), vient s’ajouter à la composition de Frid. Car le souhait du directeur est d’immerger le spectateur dans la cachette de la jeune fille pour qu’il « communie » avec elle : c’est ce « voyage dans l’intimité d’une personne hors du commun ayant fait preuve d’un immense courage » (dixit la soprano Emilie Pictet) qui nous est offert à partager.

Cette création est « un gros challenge du point de vue vocal et passe du chanté au parlé, obligeant la chanteuse à ne pas rester figée dans une posture vocale » explique la soprano, heureuse de faire partie de cette belle aventure, émue également de sa participation à cette intense traversée, à l’occasion d’un festival qu’elle connait bien pour y avoir été invitée à plusieurs reprises.

 

Petit rappel sur le Festival des Musiques Interdites mettant à l’honneur les musiques dites dégénérées

 

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Le terme de « musiques dégénérées » désigne les compositions d’artistes d’origine juive, déportés ou en exil, mis à l’index par les Nazis dès 1933 puis par la dictature stalinienne de l’après-guerre qui condamna à son tour au néant les compositeurs de l’Est ayant survécu au génocide culturel nazi. En référence à ces musiques dégénérées, fut créé, en 2005, le Festival Musiques Interdites avec pour objectif de réhabiliter ces œuvres musicales majeures interdites par les dictatures nazie et stalinienne.

Sélectionné à plusieurs reprises pour son excellence dans le cadre des Projets Culturels Européens portés par l’Union Européenne, labellisé par MP2013 à l’occasion de l’année culturelle, distingué en 2012 par un « Choc » Classica pour l’enregistrement du CD « L’hirondelle Inattendue » de Simon Laks la festival a investi en 10 ans de nombreux lieux culturels entre Aix, Clermont Ferrand et Marseille sans oublier des pays et grandes villes de l’Europe de l’Est***.

Les créations proposées étaient pour la plupart des premières mondiales de très belle facture avec des artistes de renom et de grand talent, dans une mise en scène le plus souvent dépouillée (avec plusieurs scénographies signées Philippe Adrien) pour mettre en valeur la musique et le chant (citons parmi les artistes invités : Renée Auphan, Nicolas Cavallier, Jean Philippe Lafon, Madeleine Pascu, Sandrine Piau, Marie Ange Todorovitch qui se produisent régulièrement à l’Opéra de Marseille).

Cette année, Musiques Interdites produit, sous le label Bel Air Music, le DVD CD de la création de « Kathrin vs Zone Libre », opéra de Korngold créé en 2014, avec l’Orchestre Symphonique de la Garde Républicaine dont la sortie est prévue à Noël.

 

Parmi les événements à venir du festival, une installation de vidéos intitulée 80/240000 rendra hommage aux victimes du génocide des Khmer : les visages des victimes prises avant leur exécution défileront devant un rideau de sable. En attendant de découvrir d’ici quelques mois la suite de la programmation des Musiques Interdites, réservez vite vos places pour le Journal d’Anne Franck les 7 et 8 décembre prochains à la Criée. A vos agendas !!!! DVDM

 

En photo ci-dessus : Couverture et 4° de l’album CD DVD Bel Air Music/Kathrin vs Zone Libre à paraître fin 2015/Avec l’aide de l’ADAMI

* Il a également composé en 1975 « Les lettres de Van Gogh », un monodrame en deux parties pour baryton et ensemble de chambre, basé sur les lettres du peintre à son frère Théo.

 

* *Michel Pastore avait déjà lors de sa nomination en 2000 en tant que conseiller culturel du Consulat Général d’Autriche à Marseille travaillé à réhabiliter le patrimoine musical annihilé par le III° Reich et occulté par les courants modernistes. En 2004 et 2005, il avait produit et dirigé deux éditions des Musiques Dégénérées : Hommage à Vienne et la Musique dans les Camps. Ce fut naturellement qu’il prit la direction du festival des Musiques Interdites en 2006.

 

***Citons, le château de la Mignarde avec la création du « Chant d’Amour et de Mort » du Cornette Christophe Rilke sur un poème de Rainer Maria Rilke ; la Comédie de Clermont-Ferrand avec « Paroles d’exil : Glanzberg – Weill » reprise aux Jardins de la Villa Bagatelle en juillet 2007; l’Opéra de Marseille avec « Le Requiem » de Verdi et « Terezin 1944 » puis « Golem et Arald » de Nicolae Bretan suivi « Shylock-Psaume » de Aldo avec Renée Auphan en récitante, accompagnée par l’Orchestre Philharmonique de Marseille ; le Théâtre Toursky avec « Oratorio » de Felix Mendelssohn ; le château Pastré avec un « Hommage à Lili Pastré » en partenariat avec l’Opéra de Marseille ; l’église Saint Cannat avec quatre créations lyriques incluant la première de « Nuit Obscure sur des poèmes de St Jean de la Croix » de Karol Beffa ; la Cour d’honneur de l’Hôtel de la Préfecture Marseille avec « Kathrin vs Zone Libre » de Erich Wolfgang Korngold avec l’Orchestre symphonique de la Garde Républicaine.

 

 

Encadré

 

Pour mémoire

 

Le Journal d’Anne Frank est un émouvant témoignage sous forme de lettres adressées à Kitty, son amie imaginaire, d’une jeune israélite hollandaise d’origine allemande, Anne Frank, dans une Amsterdam occupée par les nazis, écrit de juin 1942 à avril 1944. L’adolescente de treize ans, raconte la clandestinité volontaire de ses parents et d’une famille amie, dans le pavillon d’arrière-cour d’un immeuble (« L’Annexe »). Elle livre un Journal, où se mêlent sa solitude, sa peur, ses tragiques pressentiments, avec une gaité toute juvénile et un désespoir poignant. « L’idée de ne plus sortir m’oppresse aussi plus que je ne suis capable de le dire et j’ai peur qu’on nous découvre et qu’on nous fusille ». Anne Frank réécrira en grande partie la version originale de son journal, sur des feuilles volantes, espérant qu’il serait publié sous forme de roman après la guerre. Elle ne l’achèvera pas. Une lettre anonyme envoyée aux autorités nazies, provoque l’arrestation de la famille clandestine le 4 août 1944 et leur déportation dans le camp de concentration d’Auschwitz. Anne envoyée par la suite avec sa sœur Margot à Bergen-Belsen y décèdera du typhus en février 1945, à l’âge de 15 ans.

 

En savoir plus sur les artistes de la création

 

Marc Albrecht, chef d’orchestre, a fait ses débuts au festival de Bayreuth en 2003 dans « Le Vaisseau fantôme » de Richard Wagner et la même année au Festival de Salzbourg dans « Les Bacchantes » de Egon Wellesz. Depuis son passage au Semperoper de Dresde et ses succès dans les nouvelles productions de « Tristan et Isolde », « La Femme sans ombre », « Salomé et Elektra », Marc Albrecht est tout particulièrement lié à cette maison. Depuis 2011, il assure la direction de l’Orchestre philharmonique des Pays-Bas (Nederlands Philharmonisch Orkest) et de l’Opéra des Pays-Bas (De Nederlandse Opera). Particulièrement renommé pour ses interprétations des oeuvres de Richard Wagner et de Richard Strauss, il a enregistré de nombreux albums et a reçu le prestigieux prix Edison en 2014.

Emilie Pictet, soprano, s’est produite au Wigmore Hall de Londres, au Megaron d’Athènes et à la Mozartsaal de Vienne avec les solistes du Wiener Philharmoniker dans des cantates de Bach et dans les « Liebesliederwalzer » de Brahms avec Mathias Goerne. Au sein de la troupe de l’opéra de Bâle, elle chanté Musetta (« La Bohème »), « Carmina Burana » de Carl Orff, Blanche de la Force (« Dialogue des carmélites »), Pamina (« La Flûte enchantée »). En 2011, elle participe à la création de « Weill-Glanzberg » lors du Festival Musiques Interdites au Château Pastré. En 2012, elle participe à la création en France de « La Vie Eternelle » de Schreker et de « Nuit Obscure » de Karol Beffa lors du Festival Musiques Interdites et participera en 2016 à la création à la Havane de « Marie Galante » de Kurt Weill pour Musiques Interdites.

 

Macha Makeïeff, touche à tout, metteur en scène, costumière, décoratrice, récitante, dirige depuis 2011 La Criée Théâtre national de Marseille et s’attache à réunir autour d’une programmation théâtrale exigeante, l’ensemble des activités artistiques qu’elle mène et défend depuis toujours, musiques, images, arts plastiques, pour développer un projet singulier, inscrit dans le tissu urbain de la ville de Marseille dont elle est originaire et où elle a été l’élève du Conservatoire d’art dramatique.

 

Vladik Polionov, pianiste originaire de l’Oural, installé à Marseille depuis 2001, est professeur de piano au Conservatoire d’Aix-en-Provence. Dans le cadre du Festival Musiques Interdites 2008, il a interprété la « Sonate de Terezin » d’Ullmann à l’Opéra de Marseille, et en mars 2015 la « 5e Sonate » de Victor Ullmann, « la Sonate » (1924) d’Erwin Schuloff (création en France) et « La Chacone de temps de guerre » d’Itor Kahn à la Maison de la Région à Marseille.

 

Les Musiciens issus de l’Orchestre philharmonique de Marseille

Marie Ravizé, violon – Xavier Chatillon, violoncelle – Fabrice di Benedetto, contrebasse Jean Marc Boissière, flûte – Alain Geng, clarinette – Frédéric Baron, basson – Anthony Abel, trompette – Bernard Boellinger, percussions. Ces musiciens ont tous déjà joué pour Musiques Interdites notamment « Quatuor pour la fin de temps » de Messiaen, « Der Wind » de Schreker et « Fata Morgana » de Pavel Haas.

 

 

 

Nathalie Joly : L’Ecume des mots

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Création de Diseuses d’hier ou d’aujourd’hui  de et par Nathalie Joly à L’espace Léo Ferré : l’Écume des mots !

Création : Nathalie JOLY
Chant : Nathalie et Valérie JOLY
Piano : Jean-Pierre GESBERT
Accordéon : Thierry ROQUES
Et la participation du groupe Rap DG CREW

Accordéon : Thierry ROQUES
Et la participation du groupe Rap DG CREW

Ah vous dirai- je, mesdames, combien j’ai savouré votre écume des mots et vos effluences musicales? Oui, sans bémol, je vous le dis ” j’ai drôlement aimé!”
Le spectacle ” Diseuses” est semblable à un conte, un conte parlé/chanté, genre exclusivement féminin à l’origine et qui a sans doute engendré deux beaux enfants contemporains, à savoir le Slam et le Rap. Un style insolite, inventé au siècle dernier par Yvette GUIBERT  ( nommée la “grande Diseuse”), flirtant avec le théâtre et la musique et qui peut tout raconter : les blessures d’enfance, d’amour, le déracinement, l’exil et les bataillons d’abandons assassins, jusqu’à la mort d’un enfant, pleuré par Valérie JOLY. Un moment indicible où la douleur muette grimace, se tord, se fraye un chemin étroit et ardu et s’exprime enfin. Prouesse d’une voix singulière, émoi tangible d’une interprétation incarnée, le public, par pudeur, n’applaudit pas Valérie bouleversée.
De son Alcazar céleste, Yvette GUIBERT a certainement jubilé de vous voir chanter sans gêne entre autres les femmes à barbe, JOHNNY, BANG BANG accompagnées par le groupe de Rap DG CREW bourré de talent et de poésie.
De son Alcazar céleste, Yvette GUIBERT  envie probablement la parole libre et effrontée de deux femmes du monde contemporain.
Mais…….chut, je me tais.
À vos mots, …….y revenir encore, et encore.
Pascale ROBYN

 

Show must go on….

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« La liberté, Sancho, est l’un des biens les plus précieux que les hommes ont reçu des cieux […] pour la liberté, et pour l’honneur, l’on peut et doit risquer sa vie car, à l’inverse, l’esclavage est le plus grand malheur qui puisse frapper les hommes. » Don Quichotte à Sancho, Cervantès

 

Depuis les terrifiants attentats du vendredi 13 novembre à Paris et son bilan extrêmement lourd d’innocents tués par des assassins ayant fait preuve d’une grande barbarie envers l’Humanité, un déferlement d’informations, analyses, commentaires en tous genres, d’experts toutes catégories et d’individus en colère ou effondrés, afflue sur les chaines publiques et privées, les médias, presse, radios, webzines et réseaux sociaux etc….

Dans notre douleur, nous avons oublié les autres victimes d’actes similaires, les libanais, israéliens, palestiniens, irakiens, iraniens… tous ces peuples qui vivent le cauchemar des bombardements, des attentats kamikazes, depuis de longues années déjà et ce, bien avant que ce type d’événement ne touche aussi cruellement la France, ce pays de « Liberté, Egalité et Fraternité » pour citer cette devise reprise par les peuples aux quatre coins du Monde, en hommage aux morts de Paris.

Des drapeaux « bleu, blanc, rouge » et des prières pour Paris inondent le monde et la toile et la Marseillaise rugit de toute part via tous les médias précités. Pourquoi donc ce déferlement de bons sentiments envers la France et son peuple souvent critiqués et décriés? Il est vrai que nous, français et occidentaux, nous nous pensons souvent au-dessus des autres pays, supérieurs à ceux-là mêmes situés plus vers l’Orient, ceux dont les peuples sont décimés par les guerres depuis des décennies, au nom de ces mêmes valeurs que nous portons en étendard et disons défendre avec fermeté.

Est-ce à dire que ces peuples ne méritent pas autant de compassion et d’engouement solidaire parce que ces valeurs ne sont pas revendiquées haut et fort par leurs gouvernements et peuples ? Nous avons la mémoire bien courte et la vue bien basse : notre veule condition humaine pétrie de son égoïsme nombriliste nous a aveuglés pendant si longtemps que le réveil en est d’autant plus brutal avec ces événements du 13 novembre. Car, l’horreur ne connait point de frontière et aujourd’hui, nous y sommes directement et pleinement confrontés.

Hélas, avec l’Etat d’Urgence décrété et prolongé de 3 mois afin de rassurer la population, la peur (et ses conséquences inhérentes que sont la suspicion, le repli identitaire et l’amalgame, l’agression gratuite de l’autre…) menace de s’accroître pour s’ancrer plus profondément dans le cœur de chacun, irrationnelle et impulsive, imprévisible et impétueuse, avec pour effet pervers de raviver chaos et attiser haine en nos âmes blessées. Je ne sais si nous nous habituerons un jour à cette peur dans la mesure où déjà, notre nature humaine nous fait craindre cette possibilité extrême qui naturellement nous attend tous, la Mort.

Néanmoins, the Show must go on! Sortons, rions, amusons nous… Bref vivons tout simplement et aimons-nous autant que faire se peut dans l’acceptation, la reconnaissance et le respect de soi et de l’autre…. Peut-être aussi devrions nous plus réellement et concrètement travailler à appliquer ces valeurs que nous avons si souvent tendance à brandir contre les barbares, dépasser nos égoïsmes et lâchetés, nos différends et différences ridicules, pour opposer à ceux qui prônent la barbarie un monde de paix et de quiétude.

Je ne puis m’empêcher depuis ces derniers jours de lire et relire le Tao-tê-king attribué à Lao Tzeu dont je vous livre ci-dessous quelques extraits à méditer :

 

10

« Elève les êtres, nourris-les

Sans chercher à les asservir

Œuvre sans rien revendiquer

Sois un guide et non pas un maître »

 

29

« Quiconque veut s’emparer du monde et s’en servir

Court à l’échec

Le monde est un vase sacré

Qui ne supporte pas qu’on s’en empare et qu’on s’en serve

Qui s’en sert le détruit

Qui s’en empare le perd »

 

31

« C’est la quiétude et c’est la paix que l’homme de bien doit chérir

De la victoire il ne se réjouit point

Car se réjouir d’une victoire

C’est se réjouir de massacrer des hommes

Comment prospérer parmi eux ?

(…)

Sur la mort d’un grand nombre d’hommes

Il est juste de mener deuil, comme il est juste

D’accompagner la victoire de rites funèbres »

 

57

« Plus règnent tabous et défenses

Et plus le peuple s’appauvrit

Plus l’on compte d’armes tranchantes

Et plus le désordre sévit

(…)

Plus s’allongent les ordonnances

Et plus foisonnent les bandits »

 

DVDM

LES GEANTS DE LA MONTAGNE de Pirandello

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LES GEANTS DE LA MONTAGNE de Pirandello
Mise en scène de Stéphane Braunschweig
Théâtre du Gymnase(Marseille)
Du 10 au 14 Novembre 2015
Dans Les Géants de la montagne(1936),Pirandello exprime au terme de sa vie,sous forme de féerie,sa conception de l’illusion dramatique qu’il avait suggérée dans les scènes majeures de son théâtre.La pièce,restée inachevée,présente une troupe de pauvres bateleurs ambulants,perdus dans leur rêve de jouer “La Fable de l’enfant échangé”,oeuvre d’un jeune poète suicidé par amour,et parvenant dans un pays qui n’appartient plus au monde réel,une villa délabrée dont les chambres n’ont plus de plafond.Ils vont y rencontrer une autre troupe de marginaux illuminés,hantés par des hallucinations,gouvernés par le magicien Cotrone,puis des marionnettes virtuelles qui vont prendre part à la comédie,et enfin les géants de la montagne,des êtres stupides,grossiers,intolérants,à l’image des fascistes mussoliniens,qui vont se contenter de gronder sans apparaître dans ce drame symbolique indéchiffrable.
Dans la remarquable mise en scène de Stéphane Braunschweig,la pièce se termine par la fable de l’enfant échangé qui relève moins de la dramaturgie du dédoublement qu’elle ne figure symboliquement la communication des contraires accomplis par l’imagination mythique:l’enfant volé,devenu prince,retrouve sa mère qui lui révèle le secret de sa naissance,et choisit de céder la couronne à son double,sombre figure d’idiot…
En ce qui concerne le spectacle en tant que tel,le metteur en scène le situe sur un théâtre dédoublé,dans un esprit de représentation critique,où les comédiens donnent corps à des cauchemars,dans un univers de bruit et de fureur où sont abolies les limites du représentable théâtral,avant d’éprouver l’irréalité de leur condition à travers les masques qu’ils se sont choisis.On ne saurait dire à quel point l’étonnante performance des acteurs suscite l’admiration,en particulier dans l’interprétation des rôles de la Comtesse Ilse(Dominique Reymond),du magicien Cotrone(Claude Duparfait),de la Sgricia(Daria Deflorian) et de Spizzi(Romain Pierre),des acteurs qui servent le génie pirandellien à la perfection dans ce spectacle distingué,rare,élitiste,ovationné comme il se doit par un public enthousiaste.Ph. O
Copyright photo E. Carrechio

Barouf de JC Gil

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Entretien d’Elisabeth Oualid avec Jean-Charles Gil au sujet de BAROUF,la nouvelle création du Ballet d’Europe,
Interprètes:Jorge Calderon et Simon Kuban
Au Transformateur d’Allauch,du 18 au 20 Novembre 2015
Elisabeth Oualid:Votre dernière création chorégraphique qui s’intitule BAROUF,présente un climat de conflit puis de réconciliation entre deux garçons.Et l’on ne peut s’empêcher de penser à la pièce de Goldoni,Barouf à Chioggia(1762) qui évoque la bagarre,la discorde,la dispute et le désordre au sein d’une communauté de pêcheurs…Quel sens du mot “barouf” retenez-vous pour cette chorégraphie?
Jean-Charles Gil:La tension entre deux personnages,la jalousie,l’envie,se bagarrer pour un rien,prouver qu’on est mieux que l’autre,un duel entre deux personnes…Le propos décrit des situations,mais pas la relation entre les hommes.
E.O: Barouf,c’est le moment où on perçoit une sorte de dialectique entre deux êtres où l’un veut avoir le pouvoir sur l’autre…
J.C.G:…où chacun teste l’autre et fait de la surenchère de sa propre force par rapport à l’autre.
E.O: Mais il y a prise de conscience que cette domination ne peut pas durer…
J.C.G:On n’est pas dans l’imagerie primaire.Toute la rivalité va être vécue au second degré pour permettre à chacun de se reconstruire…Je ne voulais pas du narratif au premier degré.Tout cela est évoqué dans la recherche du mouvement en adéquation avec la musique de Spiky.Il y a un travail fusionnel.Danse et musique sont inséparables.nous sommes sur la même longueur d’onde…
E.O: Barouf,est-ce le symbole de la crise existentielle que traverse tout un chacun au cours de sa vie?N’y a-t-il pas de vie sans barouf,sans désordre?
J.C.G:Il faut créer le désordre pour pouvoir trouver l’ordre.Il faut vivre sa colère pour la laisser s’exprimer.Le barouf permet d’avancer,de se ressourcer.
E.O: Quel est le motif de la première partie de cette pièce?
J.C.G:La bagarre,la confrontation,les épreuves,divers degrés par lesquels ils passent jusqu’à ce passage où ils se rendent compte qu’après avoir tout épuisé,ils ont besoin l’un de l’autre pour se reconstruire.Et à la fin,c’est que chacun se sente porté par quelque chose.
E.O :Comment le mouvement assume-t-il tout cela au niveau chorégraphique?
J.C.G:La chorégraphie est évolutive par rapport à l’univers musical.Elle est en perpétuelle transformation:il y a des moments où les danseurs font le coup de poing et d’autres où ils arrivent à une espèce d’épuisement du corps et de l’esprit.
E.O: Vous adoptez donc une gestuelle qui vise un but déterminé?
J.C.G:Il y a toute une atmosphère scandée par le tam-tam pour exprimer le retour aux origines,le retour aux sources…Une exaltation du corps pour l’épanouissement de l’être.Nous,ce qu’on voulait,c’était susciter des imaginaires…ça va donc renvoyer à des images très fortes.

Exposition au Théâtre Toursky d’André Robèr

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A l’occasion du 50e anniversaire du CIRA, le Centre International de Recherches sur l’Anarchisme, André Robèr, artiste et poète chaleureux, a répondu à l’appel du Théâtre Toursky, en exposant quelques toiles dans ses locaux.

 

Parler de « quelques toiles », c’est rien de le dire ! André Robèr expose à proprement parlé, des sacs postaux faits de toiles de jute épais, qu’il récupère, découpe et maroufle sur du bois. De prime abord, l’aspect de ces toiles est brut : il s’emploie à utiliser des matériaux du commun et fuit tout support noble. Il juge que les toiles achetées dans le commerce sont tous simplement sans vie, fragiles et sans reliefs. En effet, à la manière de l’artiste italien matiériste des années 50, Alberto Burri – qui récupère des sacs de grains envoyés par les Etats-Unis, dans le cadre du plan Marshall – André Robèr éprouve le besoin de « dompter le sac », d’en faire son propre support d’expression. La toile est à la fois une forme, une couleur brute et une texture. Le sens même de la définition du « tableau » est ici renouvelé.

 

Certes, il semblerait que la forme préconçue du sac limite l’artiste dans ses gestes. Or, ce n’est pas le cas puisque le cadre est ouvert et laisse ainsi libre cours à l’imagination du spectateur. Pourquoi avoir coupé la tête du protagoniste de la toile intitulée La Main dans le sac ? Pourquoi pas ! Et heureusement ! Imaginez le regard de ce personnage, vicié par le plaisir d’enfouir sa main dans l’appareil génitale de sa douce ! Remarquez que le sac est à la fois support et matière à jeu de mot… N’oublions pas que nous avons affaire à un poète ! Par ailleurs, les cadres sont succincts et semblent résignés à maintenir une toile qui se débat sous ses plis apparents. En effet, même si la bienséance empêche le visiteur de poser les doigts sur la toile, le regard suffit à en percevoir les reliefs et aspérités. La vue supplante le toucher.

 

Ces effets de matière sont sans conteste dus aux matériaux et aux outils qu’il emploie pour les apposer sur la toile. Alors que Pierre Soulages a fait du brou de noix, son matériau de prédilection, André Robèr utilise du goudron à l’eau, huilé, de la peinture acrylique, le tout travaillé dans un empâtement irrégulier, presque foisonnant. Notre artiste fuit les aplats, il semble effleurer la toile à certains moments, puis l’attaquer à coups de brosses pour délimiter avec plus de précision, les contours de ses figures.

 

André Robèr utilise des tonalités organiques, comme liées à la matérialité même de la terre : des couleurs de cendre, des couleurs boisées, des couleurs de vigne et de continent. Ne sentez-vous pas l’attachement de notre artiste à sa terre natale, l’Île de la Réunion ? Par ailleurs, le contraste coloré entre la forme et le fond est faible. Il ne laisse apparaître que quelques éléments pour former la physionomie caricaturale des personnages. Ce fond goudronneux constitue l’unique relief de la toile, la seule profondeur possible à l’œuvre. Il s’emploie parfois, voire rarement, à utiliser des couleurs beaucoup plus stridentes, saillantes pour mettre en exergue l’action des figures. Je bande et alors : on voit tout, on sait tout, quoi de plus explicite ? La composition est ainsi claire : deux voire trois personnages se mêlent à la rugosité de la toile. Elle est ainsi peu chargée en motifs, mais témoigne d’un fort potentiel expressif.

 

Ces corps ne sont ni humains, ni bestiaux, ils sont comme polymorphes. Ils pourraient se détacher de la toile, tels des sculptures qui s’élèvent de la terre. André Robèr opère un travail de renégociation de l’effigie humaine, par le traitement de la matière picturale, qui demeure malléable et plastique. Certaines silhouettes sont comme spectrales et l’artiste semble faire appel aux fantômes d’une civilisation passée pour aboutir à cette esthétique si particulière. En effet, les visages sont dépeints comme des masques. A titre d’exemple, la figure de la toile Juste offerte s’érige, telle la Vénus d’un peuple autochtone. Cet aspect n’est pas sans rappeler l’esthétique des masques africains et des œuvres issues de l’art primitif. Le masque est avant tout un outil qui sert à exprimer les sentiments. Comment parler de masque expressif sans évoquer Le Cri d’Edvard Munch, réalisé en 1893, œuvre manifeste de l’expressionnisme de la fin du XXe siècle ?

 

Outre les visages emblématiques des toiles d’André Robèr, les ânes, les poissons, les langues déliées et autres phallus passent difficilement inaperçus. En effet, l’érotisme est fortement présent et constitue un élément majeur de cette série de toiles. Certains motifs sont évocateurs. C’est le cas par exemple du poisson, symbole de fécondité, de fertilité, qui est devenu un leitmotiv dans les œuvres d’André Robèr. L’âne quant à lui, représente plutôt l’ignorance, l’incompétence et pourquoi pas l’érotisme également, au regard de ses attributs. La langue aussi, habituellement discrète, est un motif récurrent. Les toiles Je bande et alors et La Main dans le sac, sont sans doute les œuvres les plus érotiques de la série. La langue ainsi déliée symbolise à la fois le plaisir sexuel, mais aussi le langage, l’un des outils d’expression du poète. L’artiste troque son pinceau, contre sa langue, sa peinture, contre ses mots.

 

Difficile d’ignorer cet aspect lorsque l’on sait qu’André Robèr se bat pour la liberté du langage, défend ses racines créoles et a visiblement éprouvé le besoin de s’exprimer, à sa manière, suite aux vertigineux attentats contre Charlie Hebdo. A cette occasion, il réalise une série de cinq toiles « post apocalyptiques » intitulées Le Jour d’après, bien plus noires et macabres que les autres. Barnett Newman, au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, disait que beaucoup d’artistes choisissent de « repartir à zéro, de peindre comme si la peinture n’avait jamais existé. » Que faire après un tel cataclysme ? Faut-il continuer ? Se battre ? Se taire ? La réponse semble claire et ces toiles, à valeur cathartique, exaltent deux valeurs fondamentales dans l’art et plus généralement, la vie d’André Robèr : la liberté et l’expression. André Robèr ou comment vider son sac.

 

André Robèr est un homme de contrastes. Ces « gribouillages enfantins » traduisent la pensée d’un homme qui interroge le langage, la sexualité, l’animalité. Les langues se délient, les silhouettes se dessinent et les phallus se tendent. Il mêle ainsi à la fois le monde de l’enfance, avec ses formes incertaines – évoquant parfois l’esthétique picassienne – et le monde de l’adulte, avec ses angoisses quotidiennes. A travers des motifs simples, André Robèr délivre des messages forts. Certaines de ses œuvres incarnent aussi le paradoxe entre la douceur de la poésie – A Cheval nous montre une silhouette voluptueuse rappelant sans équivoque la célèbre photographie de Man Ray, Le Violon d’Ingres, réalisée en 1924 – et l’agressivité, la férocité, l’animalité de certains actes.

 

Jean Dubuffet, précurseur de l’art brut, perçoit l’authenticité du message de l’art, dont l’enfant est déjà capable, et ce en dehors de toute connaissance et savoir-faire. André Robèr est tel un nouveau-né de l’art, lorsqu’il se découvre une passion pour la peinture. En effet, alors qu’à première vue ses œuvres présentent des similitudes avec l’art brut – ces productions d’écorchés vifs, sans culture artistique et sans technique – notre artiste insiste sur son appartenance à une mouvance expressionniste. Pourquoi ? Dans un premier temps parce qu’il s’est forgé une culture artistique solide, qu’il a appris des techniques de travail, mais aussi et surtout grâce au potentiel expressif de ses œuvres. Après tout, ne pourrait-on pas évoquer un André Robèr symboliste ? Y a-t-il un symbole à ces couleurs? Déploie-y-il un langage à travers la palette choisie? Car il s’agit bien là d’une palette, dans sa matérialité la plus concrète. Notre poète a plus d’un tour dans son sac !

 

Cela dit, pourquoi vouloir à tout prix stigmatiser un artiste ? En sommes-nous encore là, au XXIe siècle ? André Robèr est un type cool, un militant anarchiste qui a soif de liberté. Dans sa revue Art et Anarchie, il démonte l’art contemporain, décolle les étiquettes ! Par définition, l’anarchisme, c’est le refus de l’autorité, de la hiérarchie. Les anarchistes prônent un état libertaire dans lequel les hommes sont égalitaires et libres de s’émanciper au sein d’une coopération harmonieuse. Chacun est son propre dictateur. André Robèr est son propre dictateur, en ce sens qu’il commande son pinceau, choisit ses matériaux, refuse de se plier à « l’huile sur toile tendue sur châssis ». Il serait bon d’envisager un militantisme anarchiste dans sa politique, mais aussi dans son art.

 

Et hop, l’affaire est dans le sac !

 

 

 

Carmela SCARCELLA

 

Exposition à découvrir jusqu’à la fin du mois de novembre sur les cimaises du hall du Théâtre Toursky