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Fiesta des Suds, cuvée 2015 : y’en a pour tous les goûts !

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Pour sa 24ème édition, se déployant du 14 au 17 octobre 2015, la Fiesta reste fidèle à une programmation éclectique et festive, mêlant les styles musicaux, ouverte sur le monde. Pourtant, depuis 2014, elle s’est resserrée sur 4 jours et demi (3 soirées et demi de concerts, précédés d’une après-midi dédiée aux minots, le mercredi)*, pour des raisons économiques mais aussi pratiques. Ceci n’a néanmoins pas nui à la fréquentation de la manifestation : plus de 55000 fiesteurs se sont rendus l’an passé aux concerts qui, d’après Florence Chastanier, étaient tous « sold out ». Qu’en est-il donc de cette cuvée 2015 ?

Un peu d’histoire

Dotée d’un budget de 1 100 000 € dont 35% sont financés par les tutelles (essentiellement le Conseil Départemental 13, la ville de Marseille ne donnant aucun subside), 30 % par les partenariats privés (dont le Crédit Mutuel Méditerranéen qui, depuis 7 ans, donne le La à la Musique à l’occasion de la Fiesta avec sa plateforme RIFFX et son espace musique implantés en son cœur), les 35% restant correspondant globalement aux recettes de billetterie, la manifestation continue son petit bonhomme de chemin. Cependant, elle a vécu un terrible événement en 2005, avec l’incendie des Docks des Suds le 6 septembre de cette année-là; les docks s’installèrent alors de l’autre côté de la rue Urbain V, dans le Hangar Peysonnel. Ce dernier fut réaménagé entre 2006 et 2007, grâce au concours des tutelles (CG13, CRPACA, Ville de Marseille, Fonds Européens FEDER) pour la construction de la salle des sucres (en hommage à l’activité passée du lieu) et du cabaret ainsi que des plazza intérieures et extérieures, ses allées et son chapiteau. Ces espaces servent aujourd’hui d’accueil du public à la Fiesta (entre 12000 et 20000 personnes par soir selon la configuration des espaces intérieurs).

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Un thème : l’amour

« La thématique de la Fiesta est l’amour parce qu’il s’agit d’un festival fraternel », précise Marc Aubergy, le président de Latinissimo, l’association organisatrice. La fraternité, le partage et l’entraide, l’amour de son prochain, c’est aussi l’ADN revendiqué du festival depuis ses débuts. En effet, la Fiesta, ce n’est pas qu’une succession de concerts mais également un lieu de vie et d’échange, avec ses nombreux espaces ouverts aux associations, à l’image du long partenariat liant la fondation Abbé Pierre et Latinissimo depuis fort longtemps. La fondation Abbé Pierre offre cette année des places pour la Fiesta et un repas chaud aux plus démunis pour la soirée du 17 octobre à l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère, puis propose des actions de sensibilisation des fiesteurs à la misère et au mal logement avec l’installation d’un ingénieux système où en pédalant, l’utilisateur crée de l’énergie pour recharger les batteries de téléphones portables, et enfin, un studio photo sera mis en place par le collectif VOST invitant le public à poser, devant deux photographes, autour du thème de l’amour. Cultures du cœur qui offre des invitations aux personnes dites empêchées et Médecins sans frontières avec l’opération I love MSF seront également à l’honneur cette année. **

De nombreux Before en amont !

Dès le 30 septembre, les Before se succèderont au WAAW avec un show case en soirée de Baja Frequencia, puis à la Gare Saint Charles (le 2 octobre de 11h à 15h) avec une exposition de Joan Ceccaldi qui tirera au sort des affiches offertes au public, des projections (le 7 octobre à 19h30 au Gyptis) de The Rose relatant la vie d’une chanteuse de rock et (le 12 octobre à 19h30 aux Variétés) de Citizenfour, autour des révélations choc de Snowden, ainsi que de nombreux shows case à la Fnac ! Sans oublier le Before officiel de la Fiesta « Le Global Local » 3ème édition, qui aura lieu le 9 octobre à partir de 20h, faisant voyager le festivalier de Lagos à Los Angeles en passant par Marseille, avec entre autres artistes, la programmation de Ba Cissoko, spécialiste de la Kora.

Catherine Vestieu

Catherine Vestieu

Une après-midi dédiée aux minots le 14 dès 14h !

La Fiesta des minots ouvre le festival pour la seconde année consécutive pour deux raisons : d’une part, « de nombreux carnavals et manifestations musicales s’ouvrent avec des journées consacrées aux petits », nous explique Catherine Vestieu en charge de sa programmation. D’autre part, « il est plus judicieux de proposer cet événement en dehors des vacances scolaires, sous peine de n’avoir ni centre aéré ni famille » ! Tout comme l’an passé, la manifestation sera couverte par le club de la presse du Collège Manet dans le 14ème arrondissement de Marseille, les jeunes collégiens se transformant en petits reporters d’un jour. De jeunes échassiers de la MMA de l’Estaque gare et des acrobates de la compagnie Zébulon animeront les allées pendant que des artistes professionnels (avec la Cie Alatoul et son conte musical, la Rumeur avec son bal des princesses de Tournai en rond et la Diva renversante) proposeront leurs créations aux enfants. Les minots seront aussi à l’honneur avec les interventions musicales de l’orchestre à vent (25 musiciens en herbe, en partenariat avec la Cité de la Musique et le Collège Versailles) et de l’ensemble vocal regroupant 120 élèves ainsi que la présentation de shows de danse (arménienne, urbaine) et de musique (R’n B) par, avec et pour les enfants et jeunes ados. Le tout sera clôturé par la célèbre boum des minots, et ce, toujours au même tarif de 5€ !!!!***

Détail d'un graff mural aux docks des suds

Détail d’un graff mural aux docks des suds

Trois soirées et demie de concerts

De 19h à 3h et plus pour le dernier soir, venez donc vous encanailler à la Fiesta et découvrir de jeunes artistes, parmi lesquels citons Raoul et Simone, les enfants de Chichin et Ringer, formant le groupe bien nommé Minuit dont les consonances pop rock et funk ne sont pas sans rappeler les Rita Mitsouko. En dignes héritiers, ils mêlent fantaisie, vocalises, riffs lancinants. C’est la découverte de la Fiesta à voir le soir du 15 octobre. Cette soirée d’ouverture inaugure le retour du célèbre Alpha Blondy, The Legend du reggae made in Africa, mais fait aussi la part belle au Flamenco avec la venue du maestro cantaor Diego El Cigala pour son hommage à Paco de Lucia. Hip hop avec Bigflo et Oli, Black Music avec DJ DJEL, Reggae jamaïcain avec Droop Lion et the gladiators, saudade des îles avec Elida Almeida, viennent compléter le programme. Un tremplin découverte Orizon Sud mettra en lumière du hip hop féminin avec Yuna Project.

La deuxième soirée, le 16, sera placée sous le signe de la musique panafricaine avec Cheikh Lô, Vaudou game et la création coup de cœur de Bernard Aubert, les amazones d’Afrique et leurs guests (citons Jean Louis Aubert, Mouss et Hakim de Zebda). Trois divas maliennes (Oumou Sangaré, Mamani Keita, Mariam Doumbia) et une joueuse de Kora (Madina N’Diaye) seront les ambassadrices de ce concert événement. Chico Trujillo et sa cumbia saupoudrée de Ska et de Pop, Baja Frequencia et leur nueva cumbia, C’mon tigre avec leur rock venu d’Italie, Papet J que nous ne présentons plus, Sin Tiempo et Emile Omar entre électro pop et dj électro, seront aussi de la partie.

La dernière soirée aux teintes électroniques, celle du 17 octobre qui empiètera sur le 18 en matinée, permettra aux amoureux de pop électro de découvrir The Do et Aaron, voire Scratch Bandits Crew pour le hip hop mais également Aufgang où le piano classique se mêle à la pop électronique. Kadebostany, Dj Pone, A state of mind, Dj Rebel, Blockman emmèneront les fêtards jusqu’au bout de la nuit. La soirée de clôture verra le retour du groupe post rock futuriste découvert à l’occasion de Babel Med Music cette année : le groupe sud-coréen, Jambinai ! ****

A vos agendas donc pour une nouvelle édition placée sous le signe de l’amour et de la fraternité… Et si on s’aimait ? DVDM

* La programmation était antérieurement planifiée sur deux semaines (2 week-end et un mercredi soit environ 6 soirées et une après-midi)

** A noter la présence d’un distributeur d’injures et de lettres d’amour à gratter ainsi que la présentation d’œuvres de Street Art par des artistes du monde entier, rue des Suds pendant le festival !

*** Un billet combo Fiesta des Minots- MUCEM pour le spectacle Ulysse (théâtre d’ombre) est proposé à 10€ !

**** L’after officiel du 31 Octobre est signé We are together à 20h.

Infos pratiques:

Fiesta des suds, du 14 au 17 octobre 2015

DOCK DES SUDS 12 rue Urbain V – 13002 Marseille – 04 91 99 00 00
email : fiesta.des.suds@orange.fr

Ouverture des portes du 15 au 17 octobre: 19h!

Tarifs: 20 à 25€ sauf le 14 octobre: 5€; le 9 octobre:20€ et 31 octobre:40€

http://www.dock-des-suds.org/fiesta2015/infos-pratiques-3/ [3]

(c) photos DVDM

UN ARTISTE, LAURENT GRINO; UNE EXPO SUR LES PLAISIR(S) FEMININ(S); UN FESTIVAL, LES POC 2015

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Rencontre avec le photographe Laurent Grino, à l’occasion de son exposition, interdite aux moins de 18 ans, “Fais de moi ce que je veux” présentée dans le cadre des POC (Portes Ouvertes Consolat) du 9 au 11 octobre 2015 au 86, boulevard libération à Marseille (vernissage le 10 octobre de 19h à 22h, avec lectures de poésies érotiques par Nicolas Raccah, Anne Marie Mancels et Corinne Esparon, et, en musique, avec DJ Lord Library). Photographe professionnel touche à tout et passionné, Laurent Grino qui se définit comme un voleur d’images s’est également spécialisé dans la photographie de spectacle vivant et de concert, ayant collaboré avec des compagnies théâtrales marseillaises (La Maison du Théâtre la Cité, Alzhar, Traversée(s) Nomade(s)) mais aussi avec le Festival de Danse de Marseille, le Ballet National de Marseille et Angelo Vergari. “Fais de moi ce que je veux” est sa troisième exposition personnelle, ici dédiée à la femme. L’exposition riche d’une trentaine de photographies en Noir et Blanc est le fruit d’un travail de longue haleine débuté en 2010. C’est en fréquentant des clubs dits libertins que l’idée d’un sujet sur les plaisirs féminins lui est apparu comme une évidence.

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Photographie visible pendant l’exposition “Fais de moi ce que je veux”, signée Laurent Grino

A l’origine, comment vous est venue l’idée d’un projet photographique autour du ou des plaisirs féminins en immortalisant leurs ébats amoureux?

J’ai toujours aimé les femmes et j’ai toujours pensé qu’il était normal qu’une femme puisse, à l’instar des hommes, désirer un autre homme, cela ne nuit en rien à l’amour qu’elle peut porter à son époux. Au contraire, reconnaitre que nous pouvons désirer quelqu’un d’autre et coucher avec permettrait de sauver des mariages. J’ai toujours été scandalisé par le fait qu’une femme qui assume une sexualité très active est considérée comme une salope alors qu’un homme est vu comme un gars qui assure et qu’il aille voir ailleurs, c’est normal. Or, c’est injuste ! A l’occasion d’une soirée dans un club, j’ai été frappé par les images que je voyais. J’étais hanté par ces images que je n’avais pas faites mais qui étaient à faire. Et étant photographe, je me suis mis à photographier les ébats amoureux de ces couples, avec leur autorisation bien entendu, et petit à petit, m’est venue l’idée de faire une série d’images sur le plaisir féminin et la sexualité de la femme dont le plaisir, lorsqu’elle s’abandonne complètement, est beau, complexe et infini. Je suis toujours fasciné de voir la capacité de la femme à aller très loin dans le plaisir, à avoir plusieurs orgasmes alors que pour nous, les hommes, c’est différent : on ne s’abandonne pas totalement !

Il s’agit d’une démarche artistique originale, un travail qui s’apparente au photoreportage avec des images saisies sur le vif. Qu’est ce qui l’a motivée ? Parmi les couples présents à l’image, peu de couples lesbiens…. cela a-t-il été difficile de trouver des couples « modèles » qui ayant saisi le concept acceptent de jouer le jeu?

Oui, je travaille toujours comme dans le photo reportage, j’aime saisir l’instant, je ne sais pas faire autrement : ce sont des photos volées avec le consentement des personnes. Je glane ce que je vois, quand il se passe quelque chose devant l’objectif, je le saisis, je ne fais pas de mise en scène, un peu comme Cartier Bresson ou Doisneau. Et puis, Helmut Newton a bien gagné sa vie en photographiant les ébats amoureux de couples très aisés. Mais, oui, dans les couples que j’ai côtoyés, il n’y avait pas de couples lesbiens… et puis, c’était difficile pour des femmes homo d’accepter de se faire photographier par un homme, peut être que si cela avait été proposé par une femme, c’eut été différent!

Quel est l’objectif de cette exposition de scènes de « nus » ? Certaines photos relèvent plutôt de l’érotisme à la façon des années 20 (la femme dans l’escalier, voire la morphologie des femmes photographiées) et non de la pornographie…  Il s’agit de votre vision de la sexualité et du plaisir qui apparait ici opposée à celle véhiculée par notre époque, ces publicités qui montrent un corps féminin sans rondeurs, ces films qui réduisent l’acte sexuel à la pénétration.

Le plaisir féminin ne se résume pas à pénétration ou à des gémissements ou des cris : il s’exprime par des gestes ou des attitudes comme le poing qui serre le drap, ça parle à toutes les femmes car quand l’orgasme point, le poing se serre. Je n’aime pas les images gores et la vulgarité avec laquelle le sexe est traité à notre époque : j’aime le charme suranné des photos érotiques des années 20 avec ses femmes aux formes généreuses et leur évocation du plaisir sans artifice. Dans le plaisir, il y aussi celui plus cérébral de l’attente, par exemple dans le face à face des pieds : il y a des attitudes qui disent qu’on sait qu’on est là pour ça mais dans le même temps, il y a de l’incertitude, la fébrilité liée à la promesse de ce moment où tout va basculer et personne ne sait quand ça va arriver. On peut sentir une grosse tension sexuelle et le positionnement des pieds montre la séduction qui se joue plus haut. Cela ouvre la discussion sur le sujet du désir et des plaisirs. Je réfléchis mes expositions pour qu’elles touchent cérébralement et dans le bas ventre, qu’elles plaisent ou non, mais surtout pas pour qu’on me dise que c’est intéressant!

Qu’est-ce que ce travail vous a appris sur les plaisirs féminins, la femme ? Et qu’espérez-vous transmettre aux femmes et aux hommes qui verront cette exposition qui s’adresse cependant en priorité aux femmes et montre plusieurs facettes de leur « intimité »?

J’aime la femme quand elle s’apprête, et ma femme, Laurence, me dit qu’elle aime choisir ses habits en fonction de comment elle veut être déshabillée. Ce sont ces petites choses que j’aime et j’ai eu bien des confidences, entendu beaucoup d’histoires… c’est un sujet qui délie les langues. Mais je souhaite avant tout transmettre du plaisir et offrir un plaisir esthétique car la sexualité peut être vécue par tous avec délectation, c’est beau, au contraire des images de sexualité qu’on assimile au porno. Et on ne se voit pas quand on fait l’amour, ici, ce sont des personnes sans visage : des corps, des moments, des situations…

L’exposition a été faite par un homme pour des femmes en collaboration avec des femmes, notamment en ce qui est du choix final des images exposées…. Vous avez demandé leur avis à de nombreuses femmes, pourquoi ?

J’avais peur de faire des mauvais choix et quand j’ai montré ma première sélection de photos, j’ai eu des réactions très mitigées, pas très enthousiastes : j’ai alors montré mes photos à la propriétaire du club échangiste le temple sur le boulevard libération. Maud a regardé les images et j’ai compris que je me trompais, j’ai décidé de revoir ma sélection dans la tendance indiquée par Maud ; j’ai montré  80 photos à une quinzaine de femmes de tout âge, homos, hétéros, mariées, célibataires, qui sont tombées communément d’accord sur une dizaine de photos dont des photos de sexe en érection que je n’aurais pas osé montrer en tant qu’homme. J’ai dans le choix final intégré les suggestions de ces femmes car c’était ce qui s’imposait à moi en tant qu’homme pour éviter de faire une sélection d’homme. Je ne voulais pas faire une exposition pour les hommes mais une exposition pour les femmes, qu’elles y prennent du plaisir, même si elle peut plaire aux hommes.

Vous avez quasiment tout fait de A à Z (à l’exception des tirages)…  Parlez-nous du choix de la mise en espace et en scène des photos, trois pièces allant du plus soft au plus hard, avec des images de formats différents en résonance avec la multiplicité des plaisirs évoqués, le choix d’un éclairage tamisé à la bougie… Présenter l’exposition dans un appartement, est ce que c’était votre premier choix ?  

Ce fut un concours de circonstance : l’ex-présidente de POC, Marika Nanquette, m’a dit que cet appartement était disponible et que le futur propriétaire était intéressé par l’exposition. J’ai découvert un appartement vide, sommairement meublé, avec de beaux volumes et une chambre rouge : c’était génial de se l’approprier, car cela est différent d’une galerie avec ses murs blancs ! Il me fallait réfléchir aux formats des tirages qui ont été conçus spécifiquement pour ce lieu. J’ai imaginé de mettre deux images fortes dans le salon et dans la chambre à coucher, deux photos de 120 par 80 ; le point serré qui se présente tel le poing levé d’un militant et le portrait d’une femme en train d’avoir un orgasme. Puis j’ai travaillé sur les diptyques et les triptyques : la première pièce exprime plus de douceur et s’intéresse davantage à l’essence du plaisir féminin, sa volupté. Puis, dans la deuxième pièce, on monte en puissance dans l’acte avant de voir, dans la dernière pièce, des images plus petites et plus crues qui se découvriront à la lueur d’une lampe électrique.

S’agit-il d’une revendication politique ? Ou d’un hommage à la femme ?

C’est un hommage aux femmes à mon humble niveau et un joli clin d’œil à la phrase de 68 : « mesdames, jouissez sans entrave » ! Ce travail est plus militant que politique même si la façon d’aborder le sujet peut avoir une connotation politique parce que, à la façon Antoine d’Agata, les images ne sont pas posées. Mais contrairement à lui, rien n’est flou : je voulais aborder le sujet de façon nette et précise pour qu’au sortir de l’exposition le public ait envie de faire l’amour et rencontrer l’autre sur un autre mode que celui du « qu’est ce que tu fais dans la vie ? ». Arrêtons de tourner autour du pot quand on a envie de faire l’amour et que le désir est réciproque! Arrêtons cette hypocrisie, c’est un gâchis d’amour !

Propos recueillis par Diane VANDERMOLINA

Photographie en entête issue de l’exposition “Fais de moi ce que je veux”  signée Laurent Grino

La fête d’automne au Panier, 3ème rendez vous populaire et festif ce 26 septembre 2015

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Cette fin d’été et ce début d’automne fourmille de rendez vous dans les villages marseillais. Après le Plateau le Weekend dernier, voici le tour du Panier ce samedi 26 septembre.

Retour sur les rendez vous du Plateau

Le weekend dernier, ce fut un très joli succès pour le rendez vous du plateau, un temps fort amputé de sa traditionnelle sardinade dominicale et de plusieurs concerts en soirée faute d’autorisations non délivrées par l’élue en charge du dossier, qui n’a donné son accord, uniquement pour les manifestations familiales du cours julien le 19 et de la plaine le 20, seulement la veille en fin d’après-midi soit le 18 septembre.

Cette péripétie, dont se seraient passés les dirigeants de l’association du cours julien, organisatrice de la manifestation qui avait dû annuler sa fête du plateau ces dernières années, la remplaçant par la suite par les rendez vous du plateau, n’a pas entamé l’engouement populaire pour les propositions déployées ce weekend là: citons les vrais-faux procès publics d’écrivaines de polar mettant en scène des vrais-faux avocats, procureurs et coupables revêtus de leurs tenues respectives, ayant pour objectif de désigner la lauréate du 12ème prix du polar marseillais, qui sous un soleil de plomb a rencontré un très fort succès; le jeu de piste très suivi par les enfants, jeu accompagné de nombreux lots à gagner, concocté par le Théâtre Marie Jeanne qui devrait par ailleurs réouvrir ses portes cette saison, avec ses créatures et ses clowns formant des binômes détonants et drôles, qui ont suscité la curiosité et l’intérêt chez les badauds de tout âge, ainsi que les déambulations d’échassiers au son des percussions de Camapa.

Un succès qui espérons-le en appellera autre, dans un quartier que nous ne présentons plus : le Panier!

La fête d’Automne, un rendez vous qui en remplace un autre, vieux de 20 ans

Hé oui, ce 26 septembre de midi à minuit, les amoureux d’activités artistiques, de découvertes théâtrales et musicales, bref, tous les curieux sont invités à participer à la fête d’Automne, 3ème rendez vous des 4 saisons du Panier, “une fête populaire et conviviale à taille humaine“.

Ces rendez vous remplacent ou plutôt sont le prolongement de la fête du Panier, annulée du fait de sa trop grande popularité et complexité d’organisation/gestion. Comme le précise, à juste titre, Maurice Vinçon, directeur du théâtre de Lenche (photo ci-dessus, dvdm), “le quartier avec ses rues étroites ne pouvait plus accueillir les milliers de personnes qui venaient à la fête du panier : c’était une trop grosse fête et cela posait des problèmes de sécurité“. Ainsi, en partenariat avec le CD13, a été développée l’idée de proposer 4 rendez vous annuels. Chaque temps fort serait organisé par une des structures associatives du quartier (la SA du RAI, Léo Lagrange, le Lenche et le Centre Social du Panier) formant le comité de pilotage de la manifestation, en partenariat avec les autres associations du quartier et les services de la mairie du 2/3.

C’est au tour du Lenche de s’y coller et la programmation qui en résulte est fort alléchante.

Au menu du 26 septembre 2015

El Kabaret, troupe de chanteurs d’opéras de rue, créée par le Léda Atomica Musique auquel le Lenche laissera une carte blanche du 20 au 28 mai 2016, interviendra dans les rues du Panier pour y proposer des intermèdes chantés et joués de midi à 15h30! Une fanfare, les Accoules Sax, sillonnera les rues et un crieur de rue, Mohammed Ali, du Pied Nu, interviendra accompagné d’un musicien. Après un repas de quartier place du refuge entre midi et deux, la Place des moulins accueillera des activités pour tous : des chasses au trésor, des jeux du monde, des ateliers photo, jardinage, art-plastique, fresque, éveil musical, ou une découverte de l’apiculture, des senteurs et goûts de l’automne émailleront la journée.

Cette dernière sera ponctuée de spectacles, petites formes à l’image du petit musée des crimes ordinaires (entresort comico-sanglant de 12 minutes pour 12 personnes sur la place de Lenche entre midi et 17h) ou du petit choeur quotidien à trois voix avec les mots sur la langue (à 15h, cours de la bibliothèque du panier, autour de chansons de Bobby Lapointe), voire une performance de danse-escalade (spécialité d’Antoine le Menestrel de la cie des Lézards Bleus) sur les façades de la place de Lenche à 17h: Parkour Aimant retrace la recherche par Roméo de sa Juliette aux balcons des fenêtres des habitantes. Trouvera-t-il, parmi les Juliettes du quartier, sa Juliette? A vous de la découvrir avec amusement ! Puis, à 18h, heure de l’apéro, le public assistera à une mise en bouche musicale d’Anorak 80 au Boulodrome avec des tubes estampillés 80’s, revus et corrigés.

Une représentation du quatuor vocal à rebrousse-poil par la compagnie une petite voix m’a dit aura lieu à 19 heures tapantes au théâtre de Lenche: les 4 barbu(e)s offrent à redécouvrir, toutes en charme et pleines  de talent, des chansons et des textes anarchistes ou classiques détournés avec art par Pierre Dac, Boris Vian, Francis Blache (lire notre critique ici [5]). Puis direction place du refuge pour y découvrir des films d’animation jeune public et des classiques signés Buster Keaton ou Chaplin, présentés en musique par le philharmonique de la Roquette. Une fois le ciné-concert en trio achevé, il sera temps de se presser vers la place de Lenche pour assister à une Battle de Dj avec Lors Library versus R*A*F !

Ce temps de flânerie artistique dans le plus vieux quartier de Marseille réservera quelques surprises comme un concours de pétanque à 9h au boulodrome, une sourd’inade sur le vieux port à midi, ou un concert de jazz vocal au roll’studio vers 19h, voire en matinée des contes en langue des signes à l’occasion de la journée mondiale des sourds. La plupart des manifestations sont gratuites, à l’exception de la sourd’inade(5€) et du concert de jazz (7/10€) ainsi que du concours de boules (10€).

Cette programmation éclectique ne laissera personne insensible et ravira un très large public. A vos agendas ! DVDM

 

Plus d’infos

www.theatredelenche.info [6] ou 0491915222

Soirée AAARG-Jolly Rodger ce 25 Septembre 2015, autour de la Plaine.

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Voici un événement adressé aux amoureux de la BD proposé en ce très chargé 25 septembre : rendez vous est pris au bout de la rue des trois frères barthélémy dès 18h avec une rencontre dédicace avec Rica et Starsky pour la sortie de leurs derniers albums et une expo vente de planches de Rica en deux lieux, La réserve à bulles et le local Aaarg!.

 

Les éditions AAARG ! éditent la revue bimestrielle du même nom, une revue d’une centaine de pages et de planches, exclusivement dédiée à la bande dessinée sous toutes ses formes, inspirée de Métal Hurlant ou de Fluide Glacial : les choix éditoriaux du rédacteur en chef, à l’origine de cette revue, Pierrick Starsky, obéissent à une volonté de faire découvrir des artistes ayant quelque chose à dire, des coups de cœur mais pas toujours (voir interview bientôt en ligne). La revue propose des nouvelles non illustrées, des enquêtes, des interviews de dessinateurs et auteurs de BD, faisant la part belle aux BD en noir et blanc et/ou en couleur, et fêtera bientôt ses deux ans d’existence. Elle partage son lieu avec une autre structure, JOLLY RODGER, association créée face au constat de la difficulté dʼémergence de nombreuses structures éditoriales et artistiques locales.

 

Lʼassociation a pour objectifs d’accroitre la visibilité de ces structures, notamment par le croisement des publics afin de développer les ventes mais aussi en mutualisant un lieu, des moyens humains et matériels ainsi qu’en partageant les compétences pour monter des actions communes. Jolly Rodger met en avant les productions dʼéditeurs et créateurs de revues, de bandes dessinées, de romans, en organisant régulièrement des événements culturels tels qu’expositions, vernissages, séances de dédicaces, lectures, etc. au sein du local actuellement mis à disposition par AAARG! situé en centre-ville, en lieu et place de l’ancienne réserve à bulles dans le quartier de la Plaine.

 

Pour ces raisons multiples, AAARG et Jolly Rodger ouvrent les portes de leur local pour une soirée spéciale ce 25 septembre. Dès 18h, rendez vous est donné à La réserve à bulles, 58 rue des trois frères barthélémy, pour y rencontrer Starsky et Rica qui dédicaceront leurs albums Chronique(s) de Nulle part et Unité combattante trudaine. La soirée se poursuivra dès 20h au local ARRGH! situé au numéro 76 de la rue des trois frères barthélémy, face au bistrot de la bière de la plaine,  avec un apéro et une exposition/vente des planches originales de l’album de Rica : pour une centaine d’euro, il sera possible d’acquérir un original!

 

Ce moment convivial et festif permettra aux amoureux de cet art de découvrir la diversité du monde de la BD qui ne se résume pas aux insubmersibles Tintin et consorts ni aux Mangas. A SUIVRE! DVDM

Les 4 barbu(e)s au Lenche dès le 26 septembre!

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LES QUATRES BARBUES

QUATUOR VOCAL À REBROUSSE-POIL

Théâtre de Lenche (Marseille) du 26 septembre au 1er octobre 2015

 

Barbe et anti-barbe

 

Malheur aux barbus !

Vous aurez remarqué l’épidémie de barbe qui sévit en ce moment. Ils n’en meurent pas tous, mais tous en sont frappés. Enfin presque. Il aura suffi qu’un seul se laisse pousser un poil et les barbus poussent tout seuls. Et ce qui était originalité au départ devient banalité à la douzaine, suivisme de moutons. Et quand le bon berger poilu se rasera, voilà que sonnera l’heure de la tonte pour tout le troupeau. Comme il y a eu la mode de la poilante dépilation généralisée : non contents de se raser la boule à zéro, ces messieurs (faut voir dans les salles de sport) se faisaient épiler intégralement pour avoir des corps glabres comme Ken, le héros  formé en plastique, fiancé de la poupée Barbie à la plastique formatée.

Mais revenons à nos moutons barbus. En laissant de côté, physiquement, tout ce qu’implique cette pilosité proliférante (qui capte les pollens et les mauvaises senteurs, qui devient bavette de bave, de sauces dégoulinantes, avec son odeur, sa laideur, son impression de saleté), on peut se demander, psychiquement, ce qui pousse ces jeunes gens à laisser pousser leurs poils, à passer pour des barbons, des hommes mûrs sinon blets, avec tout ce que connote la barbe de barbant, de barbifiant. Doutent-ils de leur masculinité au point de se rassurer, comme des adolescents, par le poil au menton ? On n’affiche jamais que ce qui manque à sa place disent les psys. Mais un psy lacanien vous dira, messieurs les machos, que, loin d’affirmer la virilité votre moustache ou barbe, par cette transformation poilue de la bouche, laisse inconsciemment, parler… une féminité, disons pudiquement, très intime, faisant de la bouche d’un homme un sexe de femme. Et si certaines femmes raffolent du baiser barbu, sans doute est-ce une ruse de l’inconscient qui, leur permettant de surmonter le tabou, les autorise à s’autobaiser…

Mais ne coupons pas les cheveux, les poils en quatre dans le sens de la largeur. Comme si nos sociétés occidentales ne souffraient pas assez de certains barbus fanatisés, faut-il qu’un bête bétail de fanatiques de la barbe les prenne pour modèle? Le drame c’est qu’à esprit moutonnier, pensée unique.
Comme disait Pierre Dac dans sa célèbre et vieille émission : 
« Malheur aux barbus ! »

 

Vivent les Barbu(e)s !

Mais voilà que je rase gratis et, comme les rhéteurs de l’Antiquité, les sophistes qui fascinaient les Grecs en prouvant aussi brillamment le pour et le contre, après cette diatribe contre les barbus, après cette sortie, pour cette rentrée, je vais faire l’éloge des barbu(e)s. Oui, des barbu(e)s . Mais attention, non pas des barbUS mais des barbUES, des bar-bes fé-mi-ni-nes :  non pas des femmes à barbe, autrefois objet de foire et de triste et cruelle dérision, mais de femmes, de vraies femmes, féminines jusqu’au bout des ongles, bref, un quatuor féminin, qui arbore la barbe de manière non ré-barba-tive, mais très ro-bo-ra-ti-ve.

         J’ai nommé LES 4 BARBU(E)S, « Quatuor vocal à rebrousse-poil ».  Ratées d’un poil à Marseille  cet hiver, cet été, entre deux festivals, j’ai saisi l’occasion par les cheveux sinon le poil et j’ai couru les rattraper à celui d’Avignon où, malgré la canicule, leur fraîcheur barbifère faisait salle comble dans le Off. Off, Ouf ! les voilà qui reviennent à Marseille : on aura la chance de les entendre et voir au Théâtre de Lenche du 26 septembre au 1er octobre.  Mais, miracle de leur disque « live », si Mais si l’on écoute la plage 1, en guise de préambule et d’ouverture de leur disque et spectacle, on reconnaît, avec un miaulement qui rappelle son fameux Duo pour deux chats, la fameuse ouverture du bien nommé Barbier de Séville de Rossini, en rien barbant, on le sait, détourné par le regretté Francis Blanche pour le répertoire de son groupe jadis célèbre des QUATRE BARBUS.

Et ces quatre chattes malines, Isabelle Bonnadier, soprano qui passe allègrement du baroque Dowland à l’allégresse parodique du cabaret, Josette Lanlois, Sabine Venaruzzo, Sarah Vernette, chanteuses et actrices, sous la férule, la cravache plus que sous la baguette de la rude maîtresse Dominique Glory au piano, piano très forte, se sont emparées bien du mâle répertoire avec la complicité de Jean-Jacques Minazio pour la mise en scène, Bruno Habert pour les arrangements musicaux que dirige Vanessa Pont.

Les vieilles barbes n’ont pas oublié les Quatre Barbus, quatuor vocal masculin des années 50 aux refrains frondeurs anarchistes, proche d’esprit des spirituels chansonniers, satiristes attentifs de l’actualité politique, qui faisaient le bonheur des spectateurs et auditeurs de la radio, qui imposèrent, en une époque où l’on partageait encore une culture générale mais assez pointue, musicale et littéraire, heureusement dispensée par l’Ecole de la République, des parodies désop(o)ilantes, de célèbres morceaux que tout le monde connaissait, Schubert et sa Truite, Rossini et son Barbier, et un Beethoven dont les fameux premiers accords de la Cinquième Symphonie étaient l’indicatif de Radio Londres pendant l’Occupation. Sans compter des comptines, ces dames aux barbes postiches multicolores prennent joyeusement à leur compte, pour notre bonheur, des chansons traditionnelles, de marins, tout un répertoire d’une culture à la fois savante et populaire sauvé  des outrages de l’oubli. Ainsi, Nous n’irons plus au bois… ne frissonne plus de la peur du loup mais de la crainte de ne pas enfin le rencontrer… Ces dames se lancent avec ferveur dans les accents vigoureux de cette chanson libertaire, Révolte, attribuée à Sébastien Faure, anarchiste (1858-1942) :

 

Couplet

Nous sommes les persécutés

De tous les temps et de toutes les races.

Toujours nous fumes exploités

Par les tyrans et les rapaces.

Mais nous ne voulons plus fléchir

Sous le joug qui courba nos pères,

Car nous voulons nous affranchir

De ceux qui causent nos misères.

 

Refrain

Église, Parlement,

Capitalisme, État, Magistrature,

Patrons et Gouvernants,

Libérons-nous de cette pourriture !

Pressant est notre appel,

Donnons l’assaut au monde autoritaire

Et d’un cœur fraternel

Nous réaliserons l’idéal libertaire.

 

         Mais c’est aussitôt contrebalancé par la dérision du Parti d’en rire, expression devenue proverbiale, de Francis Blanche sur l’obsédante scansion du Boléro de Ravel :

 

Oui, notre parti, parti d’en rire

Oui, c’est le parti

De tous ceux qui n’ont pas pris de parti…

 

Sans parti-pris, nous avons pris

Le parti

De prendre la tête d’un parti

Qui s’ra t’un peu comme un parti

Un parti placé au-dessus des partis,

        

         Donc, on le redit, pas la peine de couper en quatre les poils ou cheveux des jeux de mots : ces dames, dans leur présentation au poil ont usé, les rusées, tous les ressorts et tout ce qu’on eut tenter péniblement de dire, ne semble que plate redite. Elles sont poilantes, pas rasantes, et créent la capillarité de l’hilarité.

Moi, qui trouve ridicules les barbus qui prolifèrent comme des moutons en attente de tonte (tontontontaine), je rends les armes et dépose le rasoir vengeur devant ces dames (non) barbues qui sauvent un patrimoine culturel populaire en perdition. On ne peut les quitter sans évoquer les fameux coups du destin de la 5e symphonie de Beethoven accommodée par Pierre Dac et Francis Blanche, qui devient une inénarrable épopée de La pince à linge  qui nous fait pincer pour elles et son génial inventeur.

Benito Pelegrín

 

 

Théâtre de Lenche

Place de Lenche,

Marseille, 13002

Les Quatre Barbu(e) s

Samedi 26 septembre à 19  h. (entrée libre dans le cadre de la « Fête d’automne », pas de réservations).

Dimanche 27 à 16 h.

Mardi 29 à 20 h 30.

Mercredi 30 à 19 h.

Jeudi 1er octobre  à 19 h.

 

Renseignements et location au théâtre : 04 91 91 52 22.

www.theatredelenche.info

 

 

 

JEU FOIRE INTERNATIONALE DE MARSEILLE 2015

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Gagnez vos places pour la Foire de Marseille 2015 en répondant à la question suivante : quelle était la thématique de l’édition 2013? Envoyez votre réponse à rmtfestival@gmail.com en précisant vos coordonnées complètes pour envoi des places! Date limite de réponse le 30 septembre !

Musique de la Renaissance a cappella à Toulon

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LES VOIX ANIMÉES

Cycle

ENTRE PIERRES ET MER

ANGES ET MUSES

 

Musique de la Renaissance a cappella

La Tour royale, Toulon, 28 août 2015

 

2. VA [7]

 

Comme un château de sable à l’échelle des titans, concrétisé en pierre au fil des siècles, la Tour royale de Toulon, au bout d’une presqu’île, domine désormais paisiblement la rade, sans canons, tambours ni trompettes, en géant débonnaire, dépositaire d’un passé guerrier aujourd’hui heureusement révolu : elle accueille désormais dans son creux, dans sa cour, la paix universelle de la musique. Il faut y aller au crépuscule pour jouir de la sérénité du vert tapis du parc à ses pieds, quand la mer reflète en rose le rougeoiement intense du soleil avant qu’il ne sombre avec faste, semblant éclairer la mer par en dessous, et ce soir-là, la lune, à l’est, presque pleine, prenait sur les flots et le ciel le relais lumineux.

Une petite scène adossée au mur, une rampe lumineuse, des pupitres pour tenir les tablettes numériques de partitions pour éviter autant en emporte les rages et ravages du vent, qui demeura très sage ce soir exceptionnel de douceur, de beauté sereine, des rangées de siège de front et, de dos, au-delà des créneaux, la mer : « Entre pierres et mer », tel était le programme, entre terre et ciel, ajouterai-je.

Les éléments semblaient s’être accordés musicalement, mis au diapason de la douceur pour profiter de ce concert : le vent, la mer faisaient silence, tendant l’oreille à la finesse de ce programme, à la délicatesse de son exécution, à la pureté de voix nues, en leur vérité, sans un habillage ou fard instrumental : Anne-Claire Baconnais, Adèle Pons, soprani, Laurence Recchia, mezzo, Josquin Gest, contre-ténor, Damien Roquetty, Eymeric Mosca, ténors et la voix la plus grave, Luc Coadou, baryton et directeur musical. Un choix délicat de timbres à la trame serrée du grave viril à l’aigu masculin et féminin, avec des interventions solistes des soprani, éclosions stellaires dans le doux velouté nocturne du chant choral. Harmonie de nuit avec les costumes d’un sobre raffinement : filles en robe noire, écharpe de soie vaguement dorée sous la lumière, hommes en cravates de la même couleur qui éclaire l’élégance stricte des costumes.

Les compositeurs, brièvement et simplement présentés par Luc Coadou sont la constellation de la polyphonie de la Renaissance européenne aux frontières du Baroque, du XVIe siècle, qui vit l’érection de ce fort, au début du XVIIe qui n’a pas encore abandonné la « prima prattica », le « stilo antico » : anglaise (Tallis, Byrd, Dering, Bennett, Weelkes), espagnole (Victoria, Lobo), française et franco-flamande (Lassus, Ponte, Clemens non Papa) germanique (Hassler), et italienne bien sûr (Gastoldi, Marenzio). C’est un vaste panorama, un nocturne arc-en-ciel vocal à la fois religieux (les Anges) où domine le latin mais aussi profane (les Muses) en langues vulgaires (anglais, français, italien) mais la différence est plus textuelle que musicale, musique savante, politique et courtisane comme les éloges des Anglais à Élisabeth 1re.

On admire la cohésion, le plissé, le galbe des lignes solistes qui se joignent, se tissent, se tressent, se pressent, se séparent dans une calme draperie aérienne, où  la mathématique métronomique, la fin précise du son est moins une coupure brutale qu’une respiration, une exhalaison, un  silence qui laisse entrer l’espace et la nuit dans cette musique ajourée.

Dans la calme nuit d’été, dans cette écriture polyphonique déjà figurale, les voix claires aux entrées étagées, décalées, montaient, descendaient, entrecroisant leurs mélodieuses lignes, dessinant d’invisibles et légères nervures ogivales soutenues par la clé de voûte de la voix grave de Luc Coadou, sombre armature droite, tronc solide d’où semblaient parfois jaillir, fleurir les fins branchages, la frondaison, l’efflorescence lumineuse d’une constellation vocale aspirant, dans la douceur, à la musique des sphères de la voûte céleste

Immobiles « Voix animées » mais qui, au sens propre, ont une âme et qui éveillent ou réveillent la nôtre. Benito Pelegrín

 

Toulon, la Tour royale

Abbaye du Thoronet le 29 le 28 août

Entre pierres et mer

Musique de la Renaissance a cappella

Par les Voix animées

Anne-Claire Baconnais, Adèle Pons, soprani, Laurence Recchia, mezzo, Josquin Gest, contre-ténor, Damien Roquetty, Eymeric Mosca, ténors, Luc Coadou, baryton et directeur musical.

 

Prochains concerts :

In Æternum,

Missa Assunmpta est Maria de Palestrina,

Motets de Tomás Luis de Victoria et de William Byrd,

Création de Tomas Bordalejo.

12 septembre, 21 heures ;  Abbaye du Thoronet ;

13 septembre, 17 heures, Temple de Toulon .

 

SITES :

http://www.lesvoixanimees.com/

la web-série des VoiZ’Animées sur le site www.lesvoizanimees.com

 

NOTE :

En 2014, Les Voix animées sont invitées à participer à l’émission de France 2 « La Boîte à musique » de Jean-François Zygel, à l’enregistrement d’un sujet sur les Abbayes cisterciennes de Provence pour le JT de Claire Chazal (TF1) ainsi que dans plusieurs enregistrements pour France 3, France Musique, Le Mouv… En octobre 2014, le Festival « Rota das Artes » programme deux concerts du groupe vocal à Lisbonne (Portugal) : ainsi s’ouvre la présence des Voix animées sur la scène internationale. La web-série « La vidéo de promotion des VoiZ’Animées ».

Marseille, mes amours au don du vent

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MARSEILLE, MES AMOURS

 

Extraits des joyeuses opérettes marseillaises

Marseille, Le Don du vent

6 septembre 2015

 

Ils ont jeunes, ils sont beaux, ils ont de belles voix et chantent pour aujourd’hui des chansons d’autrefois, tout un répertoire jadis connu de tous, de nos jours en déshérence, un patrimoine populaire précieux qu’ils arrachent à l’oubli ou rendent à la mémoire heureuse de ceux, désormais rares, qui n’ont pas oublié. Une œuvre salutaire par deux jeunes artistes assortis en voix, lui ténor, Jean-Christophe Born, elle soprano, Stéphanie Portelli, finement accompagnés par Cyrille Muller, accordéoniste. Le public leur fera un accueil triomphal sur le pont de ce bateau, le bien nommé Don du vent, qui, tout en restant à quai semble prendre le large pour une traversée immobile sur les flots mouvants du temps, du temps où l’Alcazar, l’opérette marseillaise donnaient le ton et la tonalité de rengaines populaires prisées non seulement à Marseille mais dans tout le pays.

L’opérette marseillaise, genre spécifique, a eu son heure de gloire entre les deux guerres, parenthèse de bonne humeur ensoleillée et rose dans la grisaille et le sinistre vert de gris de l’Occupation. Pour les textes d’une fausse naïveté, René Sarvil (1901-1975), et pour une irrésistible musique, Vincent Scotto (1874-1952) déjà connu internationalement pour ses célèbres chansons (La Petite Tonkinoise, J’ai deux amours, Prosper, hop la boum, Sous les ponts de Paris, etc…). Avec leur interprète privilégié Alibert (1889-1951), qui intervint aussi dans les textes, ils produiront et même exporteront leurs œuvres à partir des  années 30 : Au Pays du Soleil et La Revue Marseillaise, en 1932, Trois de la Marine en 1933 puis, en 1935 leur coup d’éclat, Un de la Canebière avec des airs, J’aime la mer comme une femme, Les Pescadous…!, Cane… Cane… Canebière, Le plus beau tango du monde, Vous avez l’éclat de la rose, Un petit cabanon, refrains, crincrins  qui hantent encore la mémoire au point de faire partie du folklore marseillais immémorial sans qu’on en connaisse forcément les auteurs, la marque du succès qui a marqué une époque et se transmet finalement malgré tout. Le relais sera repris par les productions d’Emile Audiffred pour les paroles et Georges Sellers pour la musique, Au Soleil de Marseille, 1936, Ma belle Marseillaise, 1937, Marseille mes Amours, 1938. Avec la trilogie de Pagnol, qui les précède de peu, ces opérettes fixeront pour le meilleur, et souvent le pire, jusqu’à la caricature, la galéjade marseillaise, pas toujours de bon aloi.

C’est donc encore un compliment à faire à ces jeunes interprètes qui jouent le jeu mais en déjouent les pièges aussi par un humour un peu décalé, un léger second degré qui montrent que, tout en étant dedans, ils sont un peu en dehors : ils rendent actuel par leur art, leur chant, leur grâce, leur présence, ce qui n’est plus forcément d’actualité mais d’où se dégage une sincère émotion, qu’ils font partager, intégrant le public, d’un attachement à cette ville problématique dont on peut difficilement se détacher par l’indifférence : oui, Marseille, mes amours. Malgré tout et envers et contre tout et tous.

Jean-Christophe Born, lumineux ténor qui enchanta Les Caprices de Marianne sur la scène de notre opéra et de tant d’autres, est à l’origine de ce projet qu’il promène et polit depuis trois ans déjà. Il présente les chansons avec un bon bagout de bon goût, bon enfant, mobile face facétieuse, élégance très méridionale d’autrefois, blazer marine strict, pochette, cravate, d’abord coiffé d’un chapeau de paille, d’un feutre mou très marlou chic ensuite, enfin d’une casquette de marin pour les trois parties du concert, au soleil, au jour et à la nuit de Marseille mais à la lumière de leurs voix assorties tandis que, ravissante, Stéphanie Portelli arbore successivement une robe bleue, rouge, et noire dans le jour déclinant ou vert sombre. Ils chantent avec un grand naturel en solo, en duo, lui, voix solaire, elle, soprano, petit vibrato rond, perlé, timbre moelleux, médium fruité d’une couleur bien méditerranéenne. Ils jouent, esquissent des pas de danse dans l’espace réduit, tant le public est nombreux, qu’ils se réservent sur le pont un peu mouvant de ce voilier sous le regard, en fond, de la Vierge de la Garde, sur un fondu de crépuscule progressif, tandis que Cyrille Muller, accordéoniste virtuose et discret, épanouit l’éventail doré, mordoré, argenté de son instrument, auréolant d’harmoniques l’harmonie de leurs voix. C’est une succession heureuse de valses musette, de javas (La Java bleue) chaloupées, de marches, de fox-trot et, même d’une exotique rumba où Born invite le public et un pirate du voilier voisin pour les percussions et, naturellement, deux tangos dont Le plus beau de tous les tangos du monde auquel on croit sans peine à entendre et voir ces interprètes au charme touchant.

Comme les Quatre barbu(e)s dans un genre plus intellectuel, il faut saluer ces jeunes qui, avec panache, relèvent un répertoire patrimonial que leurs aînées avaient paresseusement laissé tomber. Benito Pelegrin

 

Marseille, mes amours,

(Sur une idée de Jean-Christophe Born)

Extraits d’opérettes marseillaises

Le Don du vent, Marseille, Quai du Port

Stéphanie Portelli, soprano ; Jean-Christophe Born, ténor,

Cyrille Muller, accordéoniste.

Prochains spectacles :

Saint Julien d’Asse (04) le 15 novembre 2015 à 17h30 ;

Théâtre du Golfe à La Ciotat (13) le 21 novembre 2015 à 20h00 ;

Contact : +33 9 51 19 68 26

contact@agenceartistik.com

 

Photos :

Extremalism, création 2015 du BNM, à la Criée

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EXTREMALISM,Corps en révolte
d’Emio Greco et Pieter Scholten
Le BNM à La Criée(Marseille)
17,18,19 Septembre 2015
Après Le Corps du Ballet,Emio Greco et Pieter Scholten,directeurs du BNM,ont présenté à La Criée,Extremalism,corps en révolte,second volet de leur recherche sur la thématique du corps,dans une scénographie lumineuse d’Henk Stallinga,artiste hollandais d’arts visuels.
Au moyen d’un langage chorégraphique qui mêle, comme le titre l’indique,l’excès extrême du geste à sa simplicité première,le ballet représente dans des tableaux dynamiques où les pas et les positions renvoient souvent à la technique de la danse académique,la protestation et la révolte d’un choeur antique de tragédie grecque face aux figures de la Mort et du Destin,incarnées par des protagonistes lugubres,muets,sans visages,revêtus de grandes robes noires.
Pour exprimer ce cri du corps sans âme dans une société en crise,les trente danseurs se livrent,sous une structure lumineuse qui dit le temps qui passe,à une gesticulation forcenée où les bras en hélice,les pliés,les pirouettes,les glissades,les chutes,entrecoupés d’arrêts silencieux en immobilité,inscrivent sur des sonorités électro-acoustiques ou un extrait des Quatre Saisons de Vivaldi,un rituel de tribu sauvage d’Afrique qui évoque parfois les chorégraphies avant-gardistes de Nijinski.Ici les cris,les hurlements,l’effet spectaculaire des masques de corde de Clifford Portier et des tuniques noires,et surtout les corps dénudés des danseurs du BNM et d’ICKamsterdam,affectés de tremblements et de convulsions,contribuent à créer progressivement une atmosphère de lutte intérieure contre toute violence qui interpelle le spectateur et tend à l’impliquer dans la réflexion des chorégraphes sur les déséquilibres provocateurs de la danse contemporaine.Réactions enthousiastes d’un public séduit par la performance d’une nouvelle compagnie très solidaire de ses directeurs artistiques qui mettent précisément au coeur de leur problématique la résistance du sujet à toute forme d’anéantissement. Philippe Oualid
(c) photo JC VERCHERE