Les « Flâneries d’Art dans les jardins aixois » recoupent des expositions d’œuvres contemporaines en présence d’artistes nationaux et internationaux dans les jardins publics et privés d’Aix-en-Provence, manifestation initiée et organisée par Andréa Ferréol, actrice et présidente de l’association « Aix-en-Œuvres ». Les « Flâneries d’Art dans les jardins aixois » se déroulent, après le succès de l’année dernière avec 8000 visiteurs, pour la quatrième fois à Aix-en-Provence.
Pour Andréa Ferréol, le but de cette manifestation est de promouvoir les artistes contemporains nationaux et internationaux, créer des liens entre eux, sensibiliser le public à l’art contemporain et faire découvrir la richesse et beauté des jardins publics et privés d’Aix-en-Provence même si l’organisation d’expositions dans les jardins privés pose parfois des problèmes pour les propriétaires craignant une exposition de leur vie privée. Depuis le lancement de ce projet, Andréa Ferréol s’engage chaque année à trouver des nouveaux jardins aixois, de nouveaux artistes et des sponsors (notamment dans le secteur privé). Le choix des œuvres se fait parfois au hasard d’une rencontre comme ce fut le cas de la peintre Johanna Heeg qu’elle a contactée personnellement afin qu’elle participe à la manifestation. Une manifestation à découvrir !!!
I.Oudnia
Au menu du 12 au 13 juin !
En prélude : Hervé Di Rosa investit le Pavillon Vendôme du vendredi 4 au dimanche 20 juin, le sculpteur Jean-Michel Othoniel expose dans le jardin de l’atelier Cézanne du 5 au 14 juin – création d’une œuvre en hommage à Cézanne. Fidèle à sa tradition, l’édition 2010, placée sous le parrainage du Ministère de la Culture et de la Communication, présente des artistes de renommée internationale. Peintres, plasticiens, sculpteurs, fresquiste, joaillier, céramiste, exposeront leurs œuvres dans de magnifiques jardins privés datant du 18e siècle situés dans le quartier Sextius Mirabeau. Certains d’entre eux seront ouverts pour la première fois au public. L’art culinaire, à l’honneur cette année, sera représenté par Pierre Reboul. Ce grand chef étoilé viendra réveiller les papilles du public par sa “cuisine créative et récréative” le dimanche à 16h et à 17h dans le Cloître du Manoir. Depuis leur création les Flâneries d’art ont accueilli 21 000 visiteurs et plus de 80 artistes venus de France et d’Europe.
Voici les créateurs invités à cette 4eme édition :
– Hervé Di Rosa (artiste) et Miguel Cisterna, au Pavillon Vendôme ;
– Jean Michel Othoniel (sculpteur) dans le jardin de l’atelier Cézanne, 9 avenue Paul Cézanne ;
– Charlotte Gaveau (créatrice) dans le jardin au 13 rue Lisse des Cordeliers ;
– Miguel Sosa (peintre), Martine Orsini (sculptrice) dans le jardin situé au 10 rue d’Entrecasteaux ;
– Pierre Reboul (art culinaire), Pierre Maraval (plasticien), Myriam Paoli (sculptrice) et Panchito (peintre cubain), dans le Cloître du Manoir 8 rue d’Entrecasteaux ;
– Robert Blanc (peintre), Catherine Chanteloube (plasticienne), à l’école Intuit Lab 17 rue Lieutaud ;
– Catherine et Frédéric Sofia (plasticiens), Marie-Laure Viébel (sculptrice), Jacques An Lanh (bijoutier) dans le jardin de l’hôtel de Belcodéne 42 rue Victor Leydet ;
– Benoît Lemercier (sculpteur), Gérard Isirdi (peintre sculpteur), Johanna Heeg (peintre), Vincent Buffile (céramiste), dans le jardin au 3 traverse de l’Aigle d’or ;
– Peter Ball (sculpteur) dans le jardin au 2 bis traverse de l’Aigle d’or ;
– Géraldine Albers (fresquiste), Nathalie Gribinski (peintre), Sakki (sculpteur) au 7 traverse de l’Aigle d’or.
Les visiteurs seront accompagnés tout au long de ces flâneries par neuf musiciens classiques (harpiste, violoniste, accordéoniste, guitariste, pianiste, flûtiste, clarinettiste, saxophoniste …). Dans le jardin situé 3 tr de l’Aigle d’or le public appréciera le talent des barytons : Roland Virieux le samedi à 15h et à 17h et Philippe Nicolas Martin le dimanche à 16h. Ce jardin accueillera également Roland Romanelli, musicien et complice de Barbara. Avec la chanteuse Rebecca, il fera une évocation fervente et sensible de La Longue Dame Brune, samedi à 18H30
A noter :
Samedi 12 juin de 14h à 20h00 – dimanche 13 juin de 11h00 à 19h00 – entrée gratuite
Pavillon Vendôme – de 10h à 18h
Jardin de l’atelier Cézanne – 10h à 12h et de 14h à 18h
Bars à eaux dans les lieux d’expositions et pleins d’autres surprises attendent les visiteurs.
Pour sa quatrième édition, la fête bleue se tiendra à Marseille le dernier week-end de juin, soit les 25, 26, 27 juin 2010 comme de coutume. L’occasion pour la population de célébrer l’arrivée de l’été mais aussi la naissance de Marseille par la rencontre de Protis et Gyptis… le tout en bleu ! Cette année, événements culturels et populaires, manifestations sportives, opérations ludiques, actions de solidarité… la Fête Bleue se veut « par et pour tous ».
Deux temps forts sur le Vieux Port:
1. Le 26 juin, à la nuit tombée, « One More Time », Ballet de Jean-Charles Gil (Ballet d’Europe)
Le chorégraphe Jean-Charles Gil s’est inspiré du plasticien Alfred Hofkunst et de sa période de résidence sur Marseille pour créer One More Time. Il nous livre une danse fluide, dynamique et énergique menée pendant 30 minutes par onze danseurs sur une musique de John Adams.
2. Soirée DJ le dimanche soir 27 juin ; avec en bonus, une surprise de dimension internationale.
La Soirée Podium FG présente cette année un SET DJ avec une dizaine d’artistes: Bob Sinclar, Junior Caldera, Antoine Clamaran, Dj Paulette et Sébastien Benett etc. Les meilleurs dj de la scène « électro » française ont été sélectionnés pour le public par Radio FG.
« Histoire d’hier et d’aujourd’hui, la fête Bleue est celle de la fondation de Marseille, de son riche passé jusqu’aux fenêtres ouvertes de son art de vivre. On y retrouve les mille facettes d’une capitale européenne du sud, rayonnante et accueillante, toute entière tournée vers les cultures, les hommes et les civilisations… » pour finir en citant Jean-Claude Gaudin, Maire de Marseille.
Si vous souhaitez que votre manifestation (obligatoirement sur le thème du bleu) soit labellisée par l’association Fête Bleue présidée par M. Bonneric, n’hésitez pas à envoyer vos propositions à l’association.
Du 17 Juin au 6 Juillet, la 15e édition du festival de Marseille se déroulera avec une programmation riche et attirante. 21 performances mêlant danse, musique, cinéma et arts visuels présentés par les grands artistes de Montréal à Tokyo, de Londres à New York seront proposées. « Marseille est une cartographie des passions humaines, elle attire les contraires et les contrastes. C’est pourquoi il faut y voyager physiquement et mentalement. Le festival est en résonance avec cette énergie iconoclaste, turbulente et insoumise qui émane de Marseille » rappelle Mme Apolline Quintrand, Directrice du Festival de Marseille l’occasion de la conférence de presse du festival.
Les nouveautés de la 15e édition
Le festival sera organisé dans une dizaine de lieux différents. Cette année, il investira plus particulièrement la salle Vallier, habituellement consacrée au sport, notamment à la boxe.
Le Festival participe à la carte Flux : réunion de cinq grand acteurs culturels marseillais, parmi lesquels, le festival de Marseille F/D/Am/M, Marseille objectif DansE, le Ballet National de Marseille, le Festival International du Documentaire FID et le Festival MIMI. Cette formule permet au public de découvrir à prix réduit les spectacles de plusieurs festivals.
D’ailleurs, le Festival de Marseille a créé la Charte culture, un nouveau dispositif tarifaire visant à favoriser l’accessibilité des publics en situation de précarité. Avec cette charte, le spectateur paie sa place un euro. Le complément est fourni par les partenaires de la charte.
Notre sélection du spectacle à découvrir
La vérité 25X par seconde (Ballet national de Marseille – Frédéric Flamande – Ai Weiwei)
En coproduction avec la Criée, Frédéric Flamand et le Ballet de Marseille présentent ce spectacle inspiré du roman « Le Baron Perché », d’Italo Calvino. Une création très originale, puisque le chorégraphe belge a fait appel au célèbre architecte chinois, Ai Weiwei. L’artiste a conçu un décor uniquement avec des échelles « modulées à l’infini ». « Une collision entre sa culture chinoise traditionnelle et la culture occidentale, entre mémoire et innovation » comme l’explique Fréderic Flamand. (Site : http://www.festivaldemarseille.com/fdamm-programmation-verrite-25x-seconde.php)
Bodies in Urban Spaces (Willie Dorner)
Jouer avec les dénivelés, les accidents, les cicatrices d’une rue. Le chorégraphe autrichien Willi Dorner imagine des sculptures de corps capables de révéler la face cachée des villes qu’il arpente. Héritier indirect des performeurs qui, dans les années 60, descendent dans la rue pour combattre l’architecture déshumanisante des mégapoles américaines, Willi se souvient que la portée poétique du mouvement peut réveiller les sens latents de la cité. (Site : http://www.festivaldemarseille.com/fdamm-programmation-bodies-in-urban-space.php)
The Well Tempered / Chronicle of the time Yard (Megumi Nakamura)
Inoubliable interprète de Jiří Kylián, la japonaise Megumi Nakamura fonde sa compagnie en 2000. Depuis, avec délicatesse, de solos en trios, elle forge un véritable écrin pour sa danse, puissante et douce, qui puise son inspiration dans la musique. A l’image de ce programme, présenté pour la première fois en Europe. (Site: http://www.festivaldemarseille.com/fdamm-programmation-the-well-tempered.php)
A l’image de Marseille, ville – port, métropole méditerranéenne, foisonnante, plurielle, mosaïque de populations et de cultures, le Festival s’est construit sur une identité pluridisciplinaire au goût de voyage, de métissage et de partage. « Résolument ancré dans la création contemporaine de haut niveau, le Festival rassemble à chaque édition des créateurs de dimension nationale et internationale tout en repérant et soutenant activement la scène régionale. » remarque Jean-Claude Gaudin, Maire de Marseille.
Yuan YUAN
Au Programme
La danse canadienne
« La Vie Qui Bat » de Ginette Laurin
http://www.festivaldemarseille.com/fdamm-programmation-la-vie-qui-bat.php
« Onde de Choc » de Gineette Laurin et Compagnie O Vertigo
http://www.festivaldemarseille.com/fdamm-programmation-onde-de-choc.php
La danse japonaise
« Obession » Saburo Teshigawara
http://www.festivaldemarseille.com/fdamm-programmation-obsession.php
« La Chambre claire » Shiro Takatani
http://www.festivaldemarseille.com/fdamm-programmation-la-chambre-claire.php
Un voyage musical, artistique et scientifique d’exception.
L’Odyssée de Martigues 2010 nous plonge dans un métissage culturel et dans la réflexion sur la biodiversité et l’environnement. Du 26 mai au 6 juin, la ville et ses abords proposent au monde une aventure extraordinaire pour découvrir avec gourmandise les richesses humaines, historiques et métissées qui font la ville : des conférences scientifiques, des débats, des rencontres, des animations en direction du jeune public, des projections de films, des expositions et des invités prestigieux tels que les auteurs Christian Garcin, Eric Faye et Yannick Lahens, mais aussi le grand voyageur et alpiniste Lionel Daudet… Cette manifestation s’organise autour de trois temps forts.
Champs Harmonique
Il s’agit d’une oeuvre sonore créée in situ sur le littoral et le site des Laurons (pointe de Bonnieu) : 1000m2 dédiés à cette symphonie, imaginée par Pierre Sauvageot (directeur de Lieux Publics) et Lieux publics & Cie. Le vent, cet air en mouvement, est un formidable compositeur. Partant de cette idée, Pierre Sauvageot et ses collègues ont inventé une symphonie éolienne pour auditeurs-marcheurs et 500 instruments : violoncelles harmoniques, tambours vibreurs, moulins-glockenspiels, sifflets-bambous, hélices-sirènes, boîtes à musique giratoires, épouvantails balinais, tepees chromatiques, graals pentatoniques, arcs sonores, arbres à flûtes, zoophones, cannes à pêche à la crotale… «Le travail de compositeur, c’est de faire entendre des choses qu’on n’entend pas» dit Pierre Sauvageot pendant la conférence de presse. Avec le partenariat de la SNCF, il y aura possibilité de venir de Marseille par la ligne côte bleue Marseille-Miramas.
«L’odyssée de Bigsi »
Ce spectacle déambulatoire prendra place au centre de Martigues ; les spectateurs pourront s’engager symboliquement pour la biodiversité, en cheminant au côté d’une tortue de 10 mètres de long, créée par le plasticien Thierry Pierras et des habitants constructeurs. Elle déambulera dans une mise en scène qui racontera les dangers auxquels elle est confrontée durant sa migration : sacs plastiques, filets de pêcheurs, prédateurs naturels. Ce spectacle n’est autre qu’une sensibilisation à la protection des tortues caouannes en Méditerranée.
Punjabcaravan
Concert de musiques métissées avec ERIC FERNANDEZ, SOUAD MASSI, DJ RAVIN, une centaine de choristes, deux cents musiciens et cinq cent danseurs du conservatoire Henri Sauguet et des associations et chorales. Ce « Punjabcaravan » imprégné de nomadisme et de croisement des cultures du monde clôturera en beauté l’Odyssée de Martigues.
Cet événement biannuel se déploiera sur douze jours, le temps nécessaire pour vivre l’aventure, le temps de se plonger aussi dans les paysages de notre territoire, sur les rives de l’étang de Berre à la Méditerranée, le temps de voyager dans un imaginaire individuel et collectif de légendes, de mythes mais aussi le temps d’accueillir des oiseaux migrateurs, les artistes, les auteurs, les grands voyageurs…. Martigues, riche de ses communautés, se laissera fertiliser par l’interculturalité et la diversité qui en découle pour mettre en oeuvre une manifestation de culture populaire. Yuan Yuan
EXPO PHOTO DU 20 Mai au 6 JUIN 2010
Au cinéma les variétés (espace bar), rue Vincent Scotto, 13001 Marseille
Photographies sur l’Inde d’Eva Erdmann
A l’occasion de la 5ème soirée Cooksound (pour plus d’infos sur leurs prochaines soirées, écrire à info@cooksound.com), organisée le 20 mai aux Variétés, sur le thème de Bollywood avec projection de Devdas, film indien réalisé par Sanjay Leela Bhansali (sélection officielle Cannes 2002) et repas découverte indien, Eva Erdmann (http://www.eva-erdmann.com), jeune photographe indépendante ayant collaboré avec le magazine Géo, passionnée par l’Inde, notamment la situation des eunuques, le troisième genre de l’Inde, exposait ses clichés de la vie quotidienne en ce pays lointain. En dépit d’un éclairage peu adapté lors du vernissage, lumières tamisées et odeurs d’encens, le curieux pouvait découvrir des scènes de vie sortant des clichés souvent ramenés de ce pays. Des photographies de belle qualité, un regard tendre et sans préjugés d’une photographe humble et généreuse.
A l’occasion du vernissage, Eva présentait en avant première son court métrage sur les eunuques, un thème qui lui tient à cœur. Car leur situation en Inde est assez particulière. D’hommes châtrés ayant à leur charge de surveiller les femmes dans les harems, ils sont devenus des être hybrides sans statut social, l’homosexualité étant interdite et la transsexualité pas reconnue, excepté depuis peu de temps dans un Etat indien. La vie de ces Hijras est ici présentée sous forme d’un diaporama de photographies en noir et blanc accompagné d’un texte fort bien écrit et de musique indienne. Nous apprenons comment ces eunuques, ce troisième genre, doté de pouvoirs occultes, tentent de survivre dans une société qui leur est hostile.
« En effet, les hijras sont considérés en Inde avec respect et méfiance. Respect, car leur castration est très symbolique par le fait que l’individu mâle est celui par qui la famille est perpétuée et leur castration leur confère un pouvoir de fertilité pour les hindous. C’est pour cette raison qu’ils assistent, contre rémunération, à des mariages et assurent que le couple soit fertile. La méfiance vient du fait qu’ils sont également considérés comme capables de jeter le “mauvais œil”. Ainsi, quand ils sont en colère, ils frappent leurs mains fortement pour effrayer la population car le claquement des mains rappelle le claquement des corps durant un rapport sexuel. Depuis la colonisation de l’Inde par le Royaume-Uni, la perception des hijras a changé et une partie de la population les méprise pour des raisons homophobes. Ce changement de perception par la société pousse certains à s’identifier comme femme et non comme asexué. Certains, démunis de tout, sont obligés de se prostituer ou de demander l’aumône en échange de leur bénédiction. » (Source wikipedia)
Bien que ce court métrage soit imparfait d’un point de vue technique, la qualité des photographies et du texte est indéniable : en une dizaine de minutes, nous plongeons sans voyeurisme aucun dans la vie de ces êtres ni hommes ni femmes et nous prenons d’empathie pour leur lutte quotidienne. Le choix des couleurs du texte final, en contraste avec le noir et blanc des photos qui défilent, nous laisse entrevoir un espoir possible d’avancée pour ces êtres humains, à savoir l’éventualité d’une reconnaissance sociale par les gouvernements indiens. Un long chemin à parcourir pour accéder à une égalité de droits auquel ce petit documentaire sans prétention nous sensibilise avec intelligence et simplicité. A découvrir ! DVDM
Samedi 29 Mai de 9h30 à 17h, la bibliothèque de l’Alcazar à Marseille, accueille la rencontre euro-méditerranéenne Les Conversations de Salerne qui vise à promouvoir la dimension humaine et culturelle au sein de l’hôpital. Cette journée sera divisée en deux grandes parties explorant 2 thèmes. Le matin abordera, sous formes d’interventions de professeurs reconnus, la question de la dimension de l’Humain, avec son intégrité psychique et culturelle. L’Humanisation et la Médicalisation en Méditerranée au cours du temps ou comment est-on passé de l’hôpital social, qui offrait l’hospitalité, à l’hôpital d’aujourd’hui tout en technicité ? C’est la question qui sera débattue avec le public à la fin de cette matinée. L’après-midi (à partir de 14h30) sera consacrée au deuxième thème de cette journée, l’Intervention Artistique dans l’hôpital, pour amener le public au cœur de l’art thérapeutique sous la tutelle d’artistes et de pédopsychiatres comme Michelangelo Pistoletto, artiste italien, le professeur Abdenour Laraba d’Alger et d’autres. A la fin un débat aura lieu avec les interventions des professeurs Rufo et Roland Tomb, professeur au Liban, ce dernier ayant effectué à Marseille une thèse sur l’éthique médicale. Cette journée ouverte à tout public désireux de se renseigner sur les thèmes abordés, sera clôturée à 16h30 par Fouad Didi et l’orchestre Tarab avec un répertoire musical Arabo-andalou. Cette rencontre valorisera, on l’espère, l’Art comme thérapie, car c’est souvent hélas le seul moyen pour le malade de s’évader le temps d’un instant. A. Husson
A l’occasion de la remise des prix aux 13 associations lauréates (voir encadré) du concours de prévention et lutte contre l’illettrisme organisé par le Crédit Mutuel Méditerranéen, ce dernier a offert au public un événement de qualité. Le 11 mai, au sein de l’Alcazar, le Forum de prévention et de lutte contre l’illettrisme était parrainé par Luc Ferry, spécialiste de la question, ancien ministre de l’éducation nationale qui n’a pas eu le temps de mettre en place ses réformes pourtant intéressantes. Luc Ferry nous a dispensé une conférence brillante sur le thème de l’illettrisme bien que cette dernière était plutôt orientée sur la question de l’éducation nationale. Ceci dit, cette rencontre fut riche d’enseignements.
Des chiffres clés sur l’illettrisme en France
En ouverture de sa conférence, Luc Ferry nous a rappelé quelques chiffres clés, issus d’un croisement de statistiques entre l’Education Nationale et l’Armée. Des chiffres comparés aux résultats des années 20, un constat qui fait froid dans le dos. En France, il y a 30 à 35% de personnes illettrées chez les jeunes de 18 ans dont 8% d’analphabètes, 15% de lecteurs difficiles et 10% de lecteurs fragiles. Le critère de définition de l’illettrisme tel que Luc Ferry l’entend est celui du plaisir de lire un livre. Chose que sa grand-mère pensait acquise par tous… Entre les années 20 et 1995, nous sommes passés chez les jeunes de 5 fautes à 17 fautes par dictées! De même, aujourd’hui, 67% des jeunes ne savent pas faire de multiplication avec décimales ! L’illettrisme en effet inclut les savoirs de base que sont l’écriture, la lecture et le calcul, les outils de travail du quotidien. Cette aggravation de l’illettrisme s’accompagne d’un accroissement des violences et incivilités en classe (plus de 85000 incidents par an) ; près de 160000 jeunes sortent sans diplômes, certains avec le brevet des collèges (mais à quoi sert-il aujourd’hui ?); une crise des vocations scientifiques se fait ressentir (45% d’étudiants en moins dans les filières des sciences dures), ce qui crée une baisse de compétitivité internationale dans le domaine de la recherche fondamentale. Quelles peuvent être les causes de ce fléau ? Vu que de nos jours, il y a moins d’élèves par classes que dans les années 20 et que des méthodes de pédagogie ont été développées depuis pour un meilleur apprentissage ?
Une conférence sans langue de bois
Luc Ferry répond à cette question non sans humour. En effet, selon lui, il ne s’agit pas de la Télévision, ni de l’immigration, ni du nombre d’effectif, ni même de la méthode d’apprentissage (la méthode globale a été abandonnée depuis fort longtemps et le B A BA reste la méthode de référence). Il considère que la cause réelle de ce fléau est un effet pervers de la rénovation pédagogique héritée de 68, ce que M. Ferry appelle la pédagogie de l’hameçon. L’idée de base était de faire construire les savoirs par les enfants eux-mêmes, qu’ils apprennent en s’amusant et développent leur créativité. Or l’apprentissage requiert du travail et un effort permanent : on s’intéresse toujours à ce à quoi on a beaucoup travaillé, le travail précède la motivation rappelle-t-il en citant pour exemple son goût pour Kant ou Spinoza. Le jeu et la stimulation ludique des enfants n’offrent pas de garanties dans un apprentissage au long court : ils ne remplacent pas les cours magistraux. De même, le respect des savoirs et de la transmission de l’héritage et l’humilité inhérente au respect des règles sont absentes de cette méthode d’apprentissage. C’est là que le bas blesse ! nous rappelle cet orateur hors pair. La politesse et la maîtrise de la langue passent par un effort continu ; la créativité en orthographe s’appelle une faute d’orthographe, résume-t-il judicieusement. «Il faut sortir du syndrome de Peter Pan car le monde des adultes plus riche que le monde des enfants et toutes les lectures ne se valent pas». L’éducation, c’est faire venir les enfants dans le monde des adultes explique-t-il et c’est une bonne chose. Or, comme il le rappelle, depuis les années 68, nous vivons dans un monde où la déconstruction est reine et les mœurs sont en pleins bouleversements : la déconstruction des valeurs traditionnelles remonte au 19ème siècle, à l’époque des Bohèmes devenus aujourd’hui les Bobo… Elle a pu éclore grâce au soutien des bourgeois : Luc Ferry analyse la révolution de 68 avec ses slogans «il est interdit d’interdire » comme un mouvement libéral. Elle a été récupérée par les défenseurs du capitalisme afin que ces derniers puissent s’enrichir. Il conclut sa réflexion sur la schizophrénie de l’homme de droite. Ce dernier en tant que chef d’entreprise veut que les enfants deviennent des consommateurs addictifs afin de s’enrichir alors qu’il se plaint de la mal politesse de ces mêmes enfants. Une contradiction propre à l’homme de droite souligne-t-il.
Un homme investi dans la lutte contre l’illettrisme
Afin de lutter et prévenir contre l’illettrisme, Luc Ferry avait tenté de développer au cours de son mandat des pistes de travail qui n’ont pas été retenues. Il propose de donner accès aux enfants aux grandes œuvres du monde et de revenir à l’instruction civique. Car l’ironie critique privilégiée aujourd’hui est naturelle chez les enfants : ce dont ils ont besoin c’est d’un apprentissage où au sortir du CP, l’enfant puisse savoir lire, écrire et compter. Or 80% des jeunes qui sortent du CP illettrés ne pourront jamais rattraper leur retard. Il avait proposé le dédoublement des classes de CP afin d’offrir un meilleur enseignement, le soutien scolaire s’avérant peu efficace. Il préconisait aussi de créer des voies professionnelles dans les collèges et des grandes écoles professionnelles, des lycées des métiers afin de revaloriser ces filières. Car la voie professionnelle n’est pas une voie de garage : la haute couture, les jeux, les bateaux sont des métiers dans lesquels la France excelle !!! Il faut créer un idéal de la voie professionnelle pour que les jeunes de 16 ans puissent en rêver sans honte. Il n’est pas besoin de supprimer le collège unique, il suffit de créer des classes en alternance avec un programme allégé, concentré sur les savoirs essentiels. Ces quelques propositions de Luc Ferry n’ont hélas pas été retenues alors qu’elles permettraient sans surcoût démentiel de prévenir plus efficacement l’illettrisme en France et par là même la violence, corrélative au sentiment d’échec.
Au cours de cette conférence, présentée de façon objective où ont été mis à plat les causes et possibles remèdes à ce fléau, il est clairement apparu que l’aggravation de l’illettrisme relève d’un phénomène de société, et qu’il faut que le gouvernement se donne les moyens d’y remédier. La question est : comment une société ancrée si fortement dans le consumérisme outrancier peut-elle lutter efficacement contre un phénomène qu’elle auto-génère ? Les idéalistes de mai 68 ne sont-ils pas revenus de leurs idéaux et n’ont-ils pas eux-mêmes pris le chemin de la société de consommation qu’ils critiquaient violemment, rattrapés par le libéralisme et la mondialisation des enjeux?
Lors de cette 5e édition du concours « prévenir et lutter contre l’illettrisme », 45 associations ont soumis un dossier présentant un projet. Pour le jury indépendant composé de 8 personnes dont 5 journalistes et Guylaine Costantino, chargée de mission régionale de l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme, la sélection n’a pas été aisée. Après quatre heures d’analyses et d’échanges, 13 associations régionales ont été retenues.
« Tout comme les années précédentes, et malgré la crise, le Crédit Mutuel Méditerranéen a décidé d’allouer un montant global de 13 000 €. Cet investissement ne doit rien au hasard. Une association sur trois est sociétaire du Crédit Mutuel Méditerranéen. Et, même si nous ne pouvons pas soutenir toutes les associations nous essayons d’apporter – au sein de nos caisses locales – le soutien nécessaire tant sur le plan logistique que financier », précise Danielle Joannes. Avant de conclure : « En 2009, le Crédit Mutuel a regroupé l’ensemble de ses activités de mécénat national au sein d’une nouvelle fondation, la Fondation du Crédit Mutuel. Aux côtés du centre international du Crédit Mutuel qui favorise l’émergence de réseaux mutualiste d’épargne et de crédit et du pôle recherche qui soutient des actions dans le domaine de l’économie sociale, figure la Fondation du Crédit Mutuel pour la Lecture. Ce troisième pôle, déjà actif depuis presque vingt ans, soutient dans toute la France des actions de terrain, essentiellement dans le domaine de la prévention de l’illettrisme et la promotion du livre et de la lecture auprès des publics empêchés ».
Les 13 associations lauréates sont les suivantes :
13 Energie Slam Le Revest-les Eaux (Var, 83) 300 €
12 Lardier les Livres Lardier (Hautes-Alpes, 05) 500 €
11 Baobab Toulon (Var, 83) 500 €
10 Agir et Vivre entre Ecluses et Capitelles Alzonne (Aude, 11) 500 €
9 Lire Saint-Pons (Alpes de Haute-Provence, 04) 500 €
8 Eclat de Lire Manosque (Alpes de Haute-Provence, 04) 700 €
7 Lire et Faire lire Nice (Alpes-Maritimes, 06) 1 000 €
6 Parcours de Femmes Cannes (Alpes-Maritimes, 06) 1 000 €
5 Asso.de la Fondation des Etudiants pour la Ville Marseille 1er (Bouches-du Rhône, 13) 1 000 €
4 Rechartmed Marseille 7e (Bouches-du-Rhône, 13) 1 500 €
3 Aide Morale à la Population Gitane Narbonne (Aude, 11) 1 500 €
2 Papiers Chiffons Marseille 2e (Bouches du Rhône, 13) 2 000 €
1 Champ contre champ Marseille 1er (Bouches du Rhône, 13) 2 000
Présentation des 13 associations lauréates :
13e : Energie Slam (Le Revest-les-Eaux, Var) : 300 €
– Organiser tout au long de l’année des animations, scènes ouvertes et ateliers liés à la poésie, au slam, à l’oralité et à l’écriture avec 20 classes d’élèves en cours préparatoire.
– Présenter le travail réalisé lors d’une rencontre poétique départementale le lundi 7 juin à la médiathèque de La Garde (Var).
– Assurer la maîtrise de la langue et de l’expression par le jeu et des « joutes poétiques ».
– Inciter à la lecture et à l’écriture.
– Proumouvoir la prévention, la remédiatisation de l’illettrisme et la formation d’un réseau de personnes relais.
Renseignements : energie.slam@yahoo.fr
12e ; Lardier les livres (Lardier. Hautes-Alpes) : 500 €
– Créer un évènement littéraire et amener la culture dans un village rural, Lardier dans les Hautes Alpes, éloigné des centres culturels.
– Encourager la lecture (implication de l’école du village, livres nomades) et l’écriture (atelier d’écriture, concours de nouvelles).
– Mettre en valeur le patrimoine littéraire local (invitations d’écrivains des Alpes du sud, prix littéraire).
– Organiser des rencontres entre écrivains régionaux et lecteurs dans des sites naturels et / ou pittoresques de Lardier.
– Le projet « le livre nomade » : les livres d’écrivains locaux (Pierre Magnan, André Bucher, Alain Surget, Liliana Lazar) seront mis en circulation dans le village lors d’une manifestation.
Renseignements : lionelarcemenso@wanadoo.fr
11e Baobab (Toulon, Var) : 500 €
– Projet « atelier cyberculture » : initier à l’informatique des enfants de 6 à 12 ans, apprendre l’orthographe par le biais d’un dictionnaire virtuel et réaliser des activités ludiques (jeux et dessins).
– Aider et accueillir des personnes de quartiers sensibles de l’agglomération toulonnaise.
– Faire découvrir des univers artistiques.
– Composer, chanter et enregistrer en studio son propre texte.
– Ouvrir la culture aux adolescents par le biais de l’informatique et mettre en avant l’épanouissement, la responsabilisation et l’engagement des jeunes.
Renseignements : ecolemusiquebaobab@yahoo.fr
10e : Agir et Vivre entre Ecluses et Capitelles, AVEC (Alzonne . Aude) : 500 €
– Projet « bébé lecteur » : sensibiliser et promouvoir la lecture auprès de la petite enfance, du personnel encadrant, des parents et des bibliothécaires.
– Apporter aux très jeunes enfants un éveil culturel au moyen d’un livre.
– Lutter contre l’exclusion.
– Renforcer la parentalité ou la relation individuelle.
– Sensibiliser les bibliothèques à l’importance d’un rayon « jeune enfant ».
– Amener le minibus-bébé lecteur dans les bibliothèques.
– Organiser une manifestation autour du livre en partenariat avec les bibliothèques, les écoles, les crèches.
Renseignements : avec@avec11.org
9e : Lire (Saint-Pons, Alpesde Haute Provence) : 500 €
– Promouvoir la lecture jeunesse par la participation d’enseignants, de parents et de médiateurs du livre lors d’une rencontre littéraire : « les petites rencontres ».
– Proposer l’intervention d’auteurs / illustrateurs en milieu scolaire, rencontre littéraire.
– Sensibiliser aux livres par le spectacle vivant (représentations en salle et spectacles de rue), conférence, expositions et cinéma.
– Assurer des expositions d’illustrateurs et parallèlement de travaux d’enfants et d’adultes.
– Organiser des conférences en lien avec la littérature jeunesse, des ateliers de rue (écriture, lecture, illustrations…) avec un contact direct et personnel avec les auteurs / illustrateurs rencontrés.
Renseignements : Madame Hélène Foulon – Tél. 04 92 81 26 34
8e Eclat de Lire (Manosque) Mention spéciale coup de cœur du jury : 700 €
– Assurer des actions régulières de lectures croisées auprès de jeunes et de personnes âgées tout au long de l’année.
– Animer un comité de lecture album.
– Organiser des rencontres autour des livres illustrés pour enfants.
– Proposer des réunions associant les parents, enseignants, professionnels. Ce comité se prolonge par une émission sur la radio « Fréquence Mistral ».
– Mettre en place des animations auprès des tout-petits accueillis dans les crèches, les haltes-garderies et chez les assistantes maternelles.
– Participer à des événements littéraires comme : « les correspondances de Manosque », « le printemps des poètes » et « lire en fête ».
Renseignements : eclatdelire@wanadoo.fr
7e Lire et faire lire (Nice) : 1 000 €
– Donner le goût de la lecture et du livre aux enfants par l’intervention de bénévoles retraités.
– Créer un lien intergénérationnel de qualité avec des retraités bénévoles qui se rendent dans des crèches et établissements scolaires pour lire et faire lire avec les enfants.
– Organiser des ateliers de lecture et d’écriture lors de manifestations autour du livre (Festival du livre de Nice, Lecture en Fête à Roquebrune Cap-Martin, Festival de Mouans-Sartoux).
– En 2009, 200 retraités bénévoles se sont rendus dans 150 établissements des Alpes-Maritimes, accompagnant plus de 3 000 enfants.
Renseignements : folamnice@wanadoo.fr
6e Parcours de Femmes (Cannes) : 1 000 €
– Lutter contre l’exclusion sociale et professionnelle, principalement celles des femmes par un travail sur la revalorisation de l’image et de l’estime de soi.
– Proposer des ateliers « français / calcul » pour approfondir les bases du français et apporter une aide aux devoirs auprès des enfants des femmes accueillies.
– Renforcer les potentiels d’apprentissage de chacune et amener à une réelle autonomie des participants.
– Mettre en place un projet de formation (adapté et personnalisé aux attentes de chacun).
Renseignements : parcoursdefemmes@wanadoo.fr
5e Association de la Fondation des Etudiants pour la Ville (Marseille, 1er) : 1 000 €
– Lutter contre les inégalités dans les quartiers et créer un lien entre deux jeunesses : les enfants et les jeunes en difficulté scolaire ou sociale et les étudiants en voie de réussite.
– Se concentrer sur l’accompagnement individualisé en réunissant un étudiant et un enfant dans une approche d’éducation non formelle.
– Projet : atelier d’expression « le savoir comme arme ». Il s’agit d’un atelier associant différents types d’expressions : artistique, corporelle, orale et écrite afin de stimuler un espace ludique d’échange autour de la langue française.
– Développer les potentialités et libérer les capacités d’expression personnelle à l’oral et à l’écrit.
– Développer l’autonomie et la confiance en soi grâce à la réalisation d’un support écrit qui leur permettra à la fois de prendre du recul sur leur pratique et d’être complètement acteur de leur projet.
Renseignements : juliana.clermont@afev.org
4e Rechartmed : recherche, arts et medias (Marseille, 7e) : 1 500 €
– Proposer des ateliers de pratique artistique à destination des jeunes des quartiers Nord de Marseille.
– Mettre en œuvre des projets culturels et pédagogique pluridisciplinaire visant des adultes illettrés et des jeunes scolarisés.
– Le projet : « le thé philosophique » : faciliter l’accès au monde du livre et de la bibliothèque, les échanges entre des publics d’origines socioculturelles différentes.
– Favoriser leur développement personnel au moyen de la culture générale, de la maîtrise de la langue et de la créativité que procurent la lecture, l’écriture et l’expression artistique.
Renseignements : rechartmed@cegetel.net
3e : Aide Morale à la Population Gitane (Narbonne) : 1 500 €
– Sensibiliser à la lecture et à l’accompagnement scolaire pour les moyennes et grandes sections de maternelle ainsi que les classes de cours primaires.
– Réaliser un recueil bilingue gitan / français afin de favoriser l’expression et encourager l’acte de lire.
– Développer l’accès à la culture et à la pratique artistique pour dégager les apprentissages de base du français (différents modes d’expression, le chant, la danse et le théâtre).
– Mettre en place des ateliers langage (lecture publique).
– Faciliter l’insertion sociale et professionnelle.
– Assurer le prolongement ou la réécriture d’histoires et de contes en sollicitant l’imaginaire, les capacités d’invention et de création des enfants.
Renseignements : a.m.p.g@wanadoo.fr
2e Papiers Chiffons ( Marseille 2e) : 2 000 €
– Dynamiser le besoin et le plaisir de faire lire en démystifiant la « vision sacrée et magique » de l’écriture et de l’objet-livre, par la création de livres et/ou la rencontre avec des auteurs, illustrateurs, papetiers, éditeurs, bibliothécaires, libraires.
– Proposer une approche de l’écriture et de lecture par une pratique active, entre la pédagogie et l’animation, spectacle-lecture.
– Assurer l’accessibilité de notre action à un public le plus large possible par une mixité du public.
– Œuvrer à la transmission des savoirs entre générations et entre cultures.
– Projet « création du livre voyageur » : Il s’agit d’un album pour enfants fait par les enfants ! Son but est de stimuler l’imaginaire, d’encourager l’émulation créatrice et de valoriser les participants (fierté d’avoir réalisé un livre).
Renseignements : papiers.chiffons@laposte.net
1er Association Champ contre champ . (Marseille, 1er) : 2 000 €
– Réduire les inégalités / favoriser l’insertion / réduire la précarité.
– Organiser des actions de remise à niveau des savoirs.
– Accompagner les parents d’élèves dans une démarche d’apprentissage ou de renforcement des acquis (actions de lecture, écriture et maitrise de langue).
– Permettre aux parents un meilleur accès à la culture.
– Faciliter l’implication parentale dans la scolarité de leurs enfants.
– Projet : faire participer les parents, en étroite collaboration avec l’équipe enseignante, à la vie scolaire de leurs enfants par l’alphabétisation, l’apprentissage et le perfectionnement.
Renseignements : champcontrechamp@yahoo.fr
La cité sans sommeil
Par les ateliers du Tragos
Sous la houlette de Patrick Rabier
Le 15 mai, sous le regard attentif de Richard Martin, directeur du Toursky, ouvrant son lieu à cette représentation unique, les élèves du Tragos présentaient au public le fruit de leur travail autour du jeu masqué et du bouffon, formation pro sur un an destinée aux artistes souhaitant s’ouvrir à d’autres formes de jeu théâtral. Pour information, une seconde audition aura lieu le 25 juin au théâtre Marie Jeanne (renseignements sur http://www.theatre-mariejeanne.com[8]) pour les candidats de la session 2010/2011.
La présentation publique de La cité sans sommeil, version bouffons du tragos, a été auréolée de l’ovation d’un public conquis, un public de trentenaires et de quadragénaires, rajeunissant le public traditionnel du Toursky, plutôt proche des quiqua ! Un travail de lumière exceptionnel avec des effets de couleurs rouge et ocre alternant avec des pleins feux sur la scène, des jeux d’ombres chinoises, une musique enlevée, des costumes bouffons sombres ornés de métaux (notamment le costume du Roi), une scénographie simple aux multiples usages faite de tables, chaises et tentures de tissus sales ….complétaient une prestation de qualité.
En effet, les élèves du Tragos ont offert au public une interprétation de belle tenue, même s’il est à regretter le jeu un peu trop monolithique du comédien interprétant le roi, dont la ressemblance avec notre président actuel, non fortuite, était fort troublante, rappelant la surprenante modernité du texte de Tardieu, en ce qui est du dictat du libéralisme et de l’omniprésence d’un président gouvernant à la façon de Machiavel (usage du bâton et de la carotte pour assujettir au mieux ses sujets et faire passer l’amère pilule d’un nouveau décret de loi)… A noter les très belles performances des comédiens interprétant le délateur rebelle (un Bossu qui rappelle le fameux film avec Jean Marais) et le journaliste (outil de propagande), tous deux excellents dans leur rôle respectif.
La mise en scène hélas traine en longueur : certains passages eurent mérité d’être rétrécis afin de limiter les cassures de rythme, notamment en début de spectacle où les personnages après une entrée fracassante, peinent à nous emmener dans leur univers. Fort heureusement, le choix d’une mise en scène mêlant jeu et chansons, avec des imitations amusantes des chanteurs de la star ac’ et autres têtes d’affiches de la chanson française, permet d’alléger le propos du texte, sans pour autant lui faire perdre sa force, constat de la dictature qui se cache derrière nos démocraties, sous couvert d’une parabole où un Roi refuse à ses citoyens le droit de dormir. Sous peine de mort !!! Jusqu’à ce que les cauchemars viennent à bout du tyran, happy end joyeuse offrant une lueur d’espoir dans notre monde capitaliste où la mondialisation nous transforme en machine à consommer.
Au final, le spectateur a passé un bon moment même si la salle du Toursky fort bien utilisée au demeurant était hélas trop grande pour un spectacle aussi intimiste que celui là : ce dernier aurait gagné en rythme et énergie dans une salle plus petite. Ceci dit, l’énergie, la générosité et l’humilité des artistes ne pouvaient que nous ravir. En espérant que cette création puisse être rejouée au TMJ ou ailleurs l’année prochaine…. DVDM
La lesbienne invisible
De et avec Océane Michel
Mise en scène par Murielle Magellan
Produit par Adeline Ferrante
A découvrir jusqu’au 30 juin
A Paris, théâtre ‘Les feux de la rampe’
Tous les mercredis à 20h
Durée 1h 15
La lesbienne invisible, spectacle d’humour mêlant stand up, one woman show et chansons sur le thème de l’homosexualité féminine, a fait escale à Marseille le 7 mai à l’occasion du festival Reflets 2010 au cinéma les Variétés pour le plus grand plaisir du public marseillais venu en nombre voir Océane Rose Marie. Océane Michel, plus connue sous son nom de chanteuse, Oshen, a joué à guichet fermé ce jour-là malgré l’heure tardive du spectacle. Mais qui est donc cette lesbienne dite invisible ? Une jeune femme aux attirances homosexuelles qui ne renie en rien sa féminité… Hélas, personne dans son entourage ne croit à sa lesbianitude du fait que son dress code ne correspond pas à celui communément admis dans le milieu lesbien….
Après de nombreuses tentatives pour se faire accepter des homosexuelles de son club de foot, ses tentatives naïves de drague de la DJ en vogue au Pulp (boite de nuit pour filles à Paris, anciennement appelée l’entr’acte) l’ont blacklistée jusqu’à l’Enfer (autre boite de nuit homosexuelle parisienne) : en effet, pour être une lesbienne branchée, il faut faire la gueule or, elle, Océane Rose Marie de nature enjouée et vive, aimant danser, ne la savait point… Une façon ludique de dénoncer les stéréotypes lesbiens qui, hélas!, restent encore ancrés dans la tête de certaines femmes homosexuelles et dans l’imagerie que s’en font les hétéros. Donc, après des péripéties drolatiques à souhait qui reflètent assez justement le monde lesbien Français (entre les camionneuses et autres lesbiennes plus fermées que des huitres), Océane Rose Marie nous raconte ses amitiés avec les femmes hétérosexuelles (Bérénice le laideron qui lui fait une déclaration, l’allumeuse hétéro de service qui joue avec elle comme elle le ferait avec un homme…) puis son histoire d’amour. C’est l’occasion pour la comédienne de parler des effets pervers de la télévision au sein d’un couple : à force de passer leurs soirées devant les séries américaines, les couples ne font plus l’amour et se délitent… L’intérêt de ce passage est qu’il s’adresse autant aux couples hétéros qu’aux couples homos.
Puis vient sa découverte de LWord, série culte chez les homos et hétéros : Océane admire le personnage de Betty tout en imitant Shane en devenant une droguée du sexe… C’est l’occasion de parler des codes qui permettent aux homos de se reconnaître dans les bars hétéros (le picon bière par exemple) et de s’en moquer (notamment l’exemple de l’achat des magazines biba et cheval passion qui peut conduire à passer à côté de belles rencontres). Au travers de son spectacle, Océane décrypte avec intelligence, lucidité et humour, voire ironie, le monde lesbien, notamment ces choses qui font que de nombreuses homosexuelles ne le fréquentent pas. Car en effet, les lesbiennes invisibles sont légions. Elles n’en sont pas moins lesbiennes. L’humour ici s’avère être un bon médium pour critiquer et dénoncer les stéréotypes d’un monde souvent renfermé sur lui-même, clichés hétérosexuels souvent entretenus par les homos eux-mêmes. Le spectacle d’Océane révèle ici à juste titre qu’être lesbienne, c’est aimer les femmes, et qu’assumer sa lesbianitude n’implique pas de revêtir des habits masculins ; c’est être. Tout simplement.
Une création originale donc ; un show bien écrit (avec des jeux de mots et passages écrits à la sauce Sorbonne délicieux, imitant les tragédies grecques ou les étudiants participant de l’élite intellectuelle française) même si parfois Océane use trop dans son texte du comique de répétition ; mis en scène avec finesse et un sens du rythme (notamment les scènes où Océane imite les personnages rencontrés dans sa vie, scènes entrecoupées de passages chantés, clin d’œil à son métier de chanteuse) bien que le début du spectacle verse trop dans le stand up et qu’un flottement de rythme se fasse ressentir, très vite effacé par le récit et l’énergie généreuse d’Océane qui sait s’attirer la sympathie de son public (on sent qu’elle a été rodée aux concerts et sait comment chauffer la salle) ; interprété avec justesse en dépit de certains moments au cours desquels Océane a tendance à ne pas pousser ses gestes jusqu’au bout, se relâchant un peu (ex la scène du bras de fer) ; auréolé d’un travail son et lumière tenant plus du concert qui vient envelopper le spectacle d’un halo rouge carmin, symbole de cette lesbienne invisible.
Océane Michel a présenté ici un spectacle de qualité professionnelle, ludique et drôle, léger et profond à la fois. Un grand bravo pour cette jeune femme… en espérant qu’un théâtre d’humour en Paca ait le courage de programmer son spectacle qui ne s’adresse pas qu’à un public homosexuel, et ce, même si Océane ne peut s’empêcher de faire quelques private jokes ou apostrophes savoureuses et tentantes pour un public homo. Car son spectacle permet d’offrir un autre visage de l’homosexualité féminine, une sexualité comme une autre en somme… DVDM