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9e édition de Lecture par Nature
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Du 20 janvier au 14 février, le festival littéraire interdisciplinaire, initié en 2017 par la Métropole Aix-Marseille-Provence (AMPM), propose plus de 100 événements gratuits et ouverts à tous.
Cette année, le public est invité à observer la nature et les paysages et à repenser les pratiques de la marche via le prisme des récits livresques ou oraux.
« La programmation se déroule du mardi au samedi sur 4 semaines » indique Amandine Tamayo, coordinatrice du festival.
« Comme chaque année, nous avons les mardis artistiques avec conférences, projections, spectacles ; les mercredis en famille pour les ateliers de pratique, sieste sonore, projets participatifs ; les jeudis consacrés aux restitutions des parcours d’éducation artistique et culturelle. Les vendredis, on met une structure à l’honneur. Cette année, pour la 1ère fois, on a convié un Musée, le pôle muséal de Digne-les-Bains. Il proposera une soirée autour d’Alexandra David-Néel et ses voyages (à Cornillon-Confoux le 13 février). Lors des samedis festifs, une exposition complète les activités de la journée » détaille-t-elle.
90 artistes et auteurs arpentent les 71 bibliothèques des 60 communes du territoire. A Marseille, dans 6 lieux disséminés dans toute la ville, une douzaine de propositions sont au menu. Programme[3].
« A l’échelle nationale, il n’y a pas de manifestation de cette dimension en termes d’artistes, de médiathèques et communes concernés. C’est une coopération entre professionnels de la lecture, artistes de plusieurs disciplines et acteurs du livre » développe Mokhtar Benaouda, Directeur du Développement culturel de la AMPM.
« Il embrasse des disciplines très différentes, de la photographie et des arts plastiques aux arts numériques. Cette année, on aborde les transhumances avec la thématique sur le chemin de la lecture et des récits, des territoires et du vivant » précise Aurélie Giordano de l’agence régionale du livre (ARL).
Parmi les temps forts, on peut citer « Vérité en-deçà, … au-delà » par Sébastien Normand, photographe (exposition à Pertuis du 20 janvier au 14 février), le Grand Atlas du collectif Ici-Même (le 24 janvier à Pélissanne dès 10h), la Route de l’exil de Peshawa Mahmood avec sa mosaïque de visages dessinés sur des assiettes en carton (le 31 janvier à Châteauneuf les Martigues).
Des ateliers pour créer un animé sur les fourmis avec la Compagnie Octopode (21, 24 et 28 janvier à Châteauneuf les Martigues) précèdent une installation et la conférence d’Audrey Dussutour sur la vie des fourmis le 31 janvier. Mathilde Nicol propose la création d’une mytho-science des champignons (à Saint Chamas le 5 février) qui débouchera sur la réalisation de sculptures d’espèces inventées par les enfants.
A la médiathèque Salim Hatubou, 1, rue des Frégates, 15ème, l’Atelier des Héroïnes propose le 21 janvier à 15h Rossinante, du nom du vieux cheval de Don Quichotte, un appel à l’aventure avec récits d’expédition, cartes postales, paysages rêvés, rébus, labyrinthes, interviews… qui feront l’objet d’un magazine diffusé le 14 février à l’occasion du Salon du livre de 14h. Réservation : 04 13 94 83 90
Le 3 février à 10h, la Bibliothèque de Castellane accueille Traversée Buissonnière de la Cie sous X, une sieste sonore, où, les yeux fermés, allongé sur un transat, un casque sur les oreilles, on écoute des extraits de textes lus en directe par les comédiennes.
Le 14 février, la Médiathèque Salim Hatubou clôture le festival avec dès 10h, une invitation des tout petits à une randonnée à travers les livres suivie d’une sieste sonore. A 13h30, un hommage est rendu à Hendrik Sturm, artiste-marcheur fondateur du GR2013, avant d’explorer une généalogie de la BD alternative des années 1960 à nos jours. La clôture du festival est à 17h30.
In fine
Pendant quatre semaines, Lecture par Nature transforme le territoire en vaste atelier à ciel ouvert, où la marche devient récit et où chaque chemin raconte une histoire. Une invitation à ralentir le pas et à redécouvrir notre lien au vivant, un livre à la main.DVDM
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Pour vos achats de Noël, la rédaction vous propose un petit choix d’ouvrages à déguster.
Un polar aux épais mystères
[4]La petite fille de la Marne de Maurice Daccord. MVO Editions. Format :185 pages. 20€.
5ème opus des aventures de Crevette et Bacardi, la petite fille de la Marne nous plonge dans un nouveau mystère.
Avec ses accents de roman fantastique, nous suivons avec passion la trace de la petite fille disparue et du géant sans âge Barrabas. C’est avec joie qu’on retrouve Valentina, la légiste, amante de Crevette et Colombe, la jeune amie de Bacardi. Cette dernière tombe par hasard sur son ancien amour Clara, la capitaine de Police, au grand dam de son amant.
Maurice Daccord relate l’enquête aux multiples rebondissements du Commissaire Crevette dans un style vif et ironique, avec un humour frôlant l’absurde. Les dialogues rapides alternent répliques courtes et cinglantes.
Le roman se lit d’une traite. On espère retrouver bientôt ces personnages dans un 6ème volet. En prime, on y trouve en fin de roman la recette du fameux steak Salisbury dont raffole Crevette.
Un roman sur un chef d’œuvre
[5]Les corps à l’abandon selon Camille Claudel d’Olivia Bianchi. Editions Ateliers Henry Dougier. Format : 121 pages. 14.90€.
Dans les corps à l’abandon, un chroniqueur, Martial Etienne, également photographe, se rend à Montfavet pour une mission photographique consistant à réaliser le double portrait d’un malade et d’un soignant.
A la demande d’Eugène Blot, fondeur et éditeur des œuvres de Camille Claudel, il a pour 2nde tâche de trouver Camille afin de lui donner de ses nouvelles. Dans un récit poignant, il décrit la vie de la sculptrice à l’Asile: son état physique décharné, son état psychique chaotique, ses habitudes alimentaires, son amour pour les chats et ses occupations de fervente lectrice et autrice.
Dans un style soutenu, proche de l’essai narratif, Olivia Bianchi retrace avec une précision historique la vie de Camille Claudel et son chef d’oeuvre majeur, l’Age Mur, symbole de la Destinée, histoire de sa vie.
On y apprend que la 1ère version réduite de la sculpture en bronze, signée des mains de l’artiste, a été vendue pour + de 3 millions d’euros à Orléans le 16 février 2025. Une autopsie d’un chef d’œuvre passionnante trace un portrait touchant de l’impétueuse et révoltée Camille.
Une fable initiatique romancée
[6]Moi, Psyché… d’Alain LE NINEZE. Edition Ateliers Henry Dougier. Format : 128 pages. 14,90€
Bien que prenant des libertés avec le texte d’Apulée, cette autobiographie du mythe de Psyché richement illustrée nous plonge dans l’histoire d’une belle jeune femme jalousée par Vénus.
Pour la punir de sa beauté, elle demande à Apollon de dire à son père de l’emmener sur un rocher puis envoie son fils Cupidon la toucher d’une flèche pour qu’elle tombe amoureuse d’un monstre. Hélas, c’est Cupidon lui-même qui succombe à sa beauté, l’emmenant dans son secret palais. Sur l’incitation de ses 2 sœurs jalouses, la curieuse et naïve Psyché rompt l’interdit de ne pas chercher à le voir. Apprenant cela et le mariage de son fils avec une mortelle, Vénus l’enferme et condamne Psyché à affronter 4 épreuves dont une mortelle.
Rédigé à la 1ère personne, ce roman historique donne voix à l’héroïne qui y raconte son aventure. Le style du texte, lyrique et poétique, rappelle la prose littéraire classique. Son langage est soutenu et élégant avec un vocabulaire recherché et des métaphores évocatrices.
Chaque partie du récit est illustrée par une peinture. Citons le magnifique tableau de Jacopo Zucchi représentant Psyché munie d’une lampe à huile admirant son amant endormi ou encore celui de Ernst et Gustav Klimt où Pan console Psyché. La sculpture d’Antonio Canova conclut magnifiquement l’épopée de Psyché ranimée par le baiser de l‘amour.
Vous saurez tout sur le couscous !
[7]Couscous ! Le meilleur c’est celui de ma grand-mère de Maire José Ordener et Emmanuel Perrodin (photographies de Maki Manoukian). Editions First. Format : 183 pages. 24.95€.
Le titre est un clin d’œil aux mamans maghrébines, gardiennes des savoir-faire culinaires. Balade gourmande dans l’univers des couscous, reconnu au patrimoine immatériel de l’humanité en 2020 grâce à la persévérance de l’Algérie, du Maroc, de la Tunisie et de la Mauritanie, l’ouvrage écrit à 4 mains raconte des histoires de ce plat emblématique de la méditerranée avec sa palette de couleurs vertes, ocres, rouges selon les épices utilisées. Des Histoires de famille, d’amitié et de rencontres…
Les auteurs surprennent le lecteur avec des recettes méconnues à base de blé ou de manioc qui racontent chacune le voyage de femmes et d’hommes autour de la mare nostra. A la courge, à la châtaigne, aux œufs et crudités, à l’encre de seiche, à la pâte d’épinards, il se décline à tous les gouts sucrés et salés. Le couscous a longtemps voyagé de pays en pays : chaque pays l’adapte à son terroir. A Trapani, en Sicile, il est aux poissons, la graine est assaisonnée au citron et au curry, les amandes remplacent les pois chiches.
On y découvre aussi le couscous enterré, celui des radins au pain rassis et à l’os à moelle, un autre aux pieds paquets et le Sucussu, la 1ère recette du couscous écrite par un cuisinier de la Renaissance, chef privé de 3 papes, Bartolomeo Scappi ! Le plus : ils expliquent comment faire la graine (tout un art) et comment fabriquer sa propre harissa avec de savoureux mélanges y compris de la fraise et son Ras el-hanout.
Les super-héros Marvel ont leur beau-livre
The Story of Marvel Studios, the Making of the Marvel Cinematic Universe de Tara Bennett et Paul Terry. Ed Huginn & Muninn / EDLM. Format : 512 pages. 100€.
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Couverture réalisée par Ryan Meinerding, responsable artistique. Crédit Marvel Studios 2025.
L’histoire de Marvel Studios dédiée à la mémoire de Chadwick Boseman (Black Panther) est richement illustré de photos de tournage des films Marvel et d’archives, dessins, croquis, notes, affiches.
Avec 200 témoignages producteurs, réalisateurs, acteurs, artistes, techniciens et plus de 500 images rares ou inédites, on y découvre les décisions stratégiques de Kevin Feige (président de Marvel Studios et directeur créatif de Marvel), les accidents heureux, les nuits blanches, les doutes et les fulgurances qui ont donné́ naissance à̀ ce monde de fiction ambitieux. Il comporte également de nombreuses et croustillantes anecdotes. En voici quelques-unes pêlemêle.
Une des réalisatrices de la MCU voulait faire un Roméo et Juliette avec Thor et Jane dans la 1erThor. Hugh Jackman était trop grand pour le rôle de Wolverine mais il a été pris car il incarnait l’esprit du personnage explique Feige. Scarlett Johansson a reçu, après son rôle de Black Widow dans Iron Man 2, un colis avec une housse de vêtement portant le logo du SHIELD, une invitation originale à poursuivre sa collaboration avec Marvel. Lors de la présentation des premières images de Thor et Captain America : First Avenger lors du Comic-Con 2010, Samuel L. Jackson (Nick Fury) monte sur le plateau pour présenter son équipe d’Avengers, un fait rare qui a surpris les fans.
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Crédit: Marvel Studios 2025
Des One-Shots pour présenter les personnages de Drax, Rocket, Groot et Gamora devaient être tournés pour préparer les Gardiens de la Galaxie, space opera décalé, mais ne furent jamais réalisés par la MCU. Zoe Saldaña a même failli refuser de jouer Gamora mais a adoré l’insolence des personnages. Larsson, l’interprète de Captain Marvel, fan de super héros dans son enfance, jouait à une sorte de poker pour s’acheter les derniers comics.
In fine, ce livre est l’occasion d’en savoir plus sur les coulisses des block-busters de Marvel, découvrir comment ont été fabriqués ses films et surtout mieux comprendre l’épopée Marvel Studios. Née d’une idée folle – croire que c’est possible de créer un univers partagé, film après film, héros après héros-, Marvel Studios a tout de suite connu le succès avec Blade, 1er film des studios, incarné par l’iconique Wesley Snipes.
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Chaque jour de vie est une renaissance. En ces temps où l’individualisme triomphe quoi de plus beau que d’offrir ou de partager… Découvrir, c’est réveillé l’âme de tout être vivant. Nous sommes tous des Robinson… Voici une sélection d’enregistrements de 2025 ou de découvertes non exhaustives : nos coups de cœurs. Comment retrouver son regard d’enfant ? La réponse ne serait-elle pas par l’émerveillement ! Écrire, composer, interpréter, peindre, sculpter, mettre en scène, diriger est un cheminement dont le sens donné est la boussole. Un don de soi.
Côté Opéra :
Toute la collection des livres disques du Palazzetto Bru Zane est précieuse et se déguste sans modération. Cette année, je recommande vivement l’Ancêtre de Camille Saint-Saëns (1835-1921) : un choc et la Psyché d’Ambroise Thomas (1811-1896), une révélation ! On attend avec impatience 2026 pour découvrir Zampa d’Hérold. Enfin, le timbre d’argent de Camille Saint-Saëns est une occasion de retrouver Jodie Devos qui nous manque tant ! www.bru-zane.com[10]
La sorcière de Camille Erlanger (1863-1919) est une belle découverte. Le livre disque est un plaisir. L’enregistrement étonne par sa qualité et l’incroyable richesse de cet ouvrage. www.b-records.com[11]
Le Samson de Joseph Joachim Raff (1822-1882) est essentiel pour comprendre l’art lyrique romantique allemand. Qualifié de Lohengrin de ce compositeur suisse autodidacte n’est pas usurpé ! www.schweizerfonogramm.com[12]
Die Eifersüchtigen de Raff est à l’opéra allemand ce qu’est Falstaff à l’œuvre de Verdi. On trépigne en attendant l’enregistrement de Dame Kobold du compositeur suisse. www.naxos.com[13]
La Légende de Tristan de Charles Tournemire (1870-1939) est bien l’un des chefs d’œuvre du compositeur bordelais, élève de César Franck et Charles-Marie Widor. Ce compositeur est à redécouvrir de toute urgence. Un génie oublié. Merci aux forces d’Ulm en Allemagne. Label Groove notes.
Enfin les chanceux pourront découvrir La Zaza de Ruggero Leoncavallo (1857-1919). C’est un sommet du vérisme servi par une distribution exceptionnelle dont la soprano dramatique Lisa Houben que l’on aimerait voir de partout. www.bongiovanni70.it[14]
Des enregistrements rares sorties cette année : Les concertos pour violon et piano et orchestre de Florence Price (1887-1953), compositrice américaine vous apporteront que du bonheur. www.naxos.com[13]
Les concertos pour la main gauche pour piano et orchestre de Josef Labor (1842-1924) par l’infatigable Oliver Triendl sont une surprise étonnante. www.capriccio.at[15]
L’un des plus beaux concertos pour piano et orchestre d’un romantisme tardif et savoureux de Viteslav Novak (1870-1949) trouve enfin sa version de référence sous les doigts d’Oliver Triendl. Label Cpo
Le concerto pour piano et orchestre d’Alfonso Rendano (1853-1931) est un choc ! On comprend mieux pour quoi Franz Liszt l’aimait tant. Daniela Roma, pianiste y met tout son âme. Une révélation ! www.dynamic.it[16]
Côté Récital :
Gracias la vida est un ravissement. Il permet de découvrir une jeune mezzo-soprano pétrie de talent Anne-Lise Polchlopek. www.outhere-music.com[17]
Hommage à Jodie Devos est un coffret qui rassemble tous les enregistrements qu’elle a fait en dix ans pour Alpha Classics. Cette artiste hors norme à la sensibilité extrême laisse un océan d’amour. La vente de ce coffret sera entièrement versée au fonds Jodie Devos créé en 2025 dont l’unique vocation est de pérenniser les valeurs de transmission et de promotion de l’art lyrique. www.outhere-music.com[17]
Côté Dvd :
Der Freischütz de Carl Maria Von Weber (1786-1826) au Festival de Bregenz est magique. Le chef d’orchestre Enrique Mazzola signe la version de référence. La mise en scène de Philipp Stözl nous transporte. www.bregenzerfestpiele.com[18]
Côté Livres :
Les Vivants – Ambre Chalumeau
Un roman d’amitié aussi vif que bouleversant, où l’adolescence vacille au bord du mystère et de la fragilité. Ambre Chalumeau y déploie une voix d’une sincérité rare, mêlant humour et gravité avec une grâce fulgurante.
Chez stock
Comme un ciel en nous – Jakuta Alikavazovic Une nuit au Louvre qui devient un tête-à-tête bouleversant avec un père disparu. Jakuta Alikavazovic y explore la mémoire et l’art avec une douceur lumineuse. Un petit livre qui sonne vrai et qui touche juste.
Chez stock
La Faille – Blandine Rinkle Avec La Faille, Blandine Rinkel signe un texte à la croisée des genres, entre récit autobiographique, réflexion philosophique et fragments d’intime.
Elle explore la famille sans idéalisation, avec liberté et profondeur.
Un récit brillant et percutant. Plus qu’un livre, une rencontre.
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Voilà une belle idée cadeau à offrir. Ce livre chez Ulisse Regards Croisés sur l’aquarelle est un livre d’art qui permet de découvrir le mystère de l’aquarelle au détour de rencontres. Une véritable invitation au voyage à travers les rencontres de l’autrice. Un regard fascinant sur la création.
Quel est votre parcours ? Votre conception du journalisme ?
Je suis artiste peintre et journaliste culturelle depuis plus de quarante ans ! J’ai débuté très jeune : peindre, écrire, observer, parler des autres, transmettre… Cela s’est imposé à moi naturellement et c’est ce que je préfère faire ! Mon parcours s’est construit au fil des pays et des villes où j’ai vécu, et des journaux avec lesquels j’ai collaboré, en France comme à l’étranger. J’ai notamment écrit pour Le Pays de Franche-Comté, L’Est Républicain, Le Trait d’Union en Argentine, L’Observateur du Valenciennois, Bien dans ma région, Artpresta, et depuis 2015 pour Wukali, un magazine en ligne consacré aux arts et à la culture. Je m’y sens bien. De belles plumes y écrivent sur des sujets passionnants, à commencer par son fondateur et directeur, Pierre-Alain Levy, un homme engagé, dévoué, amoureux de la culture, qui ne compte pas ses heures de travail. Ma conception du journalisme est simple : donner un éclairage sincère sur une œuvre, un artiste, un concert, une pièce de théâtre, un livre… Pourvu qu’il y ait une étincelle, une émotion. Si c’est mauvais ou que je « ne le sens pas », je préfère parfois m’abstenir ; et si je vois tout le travail derrière, je mets en avant le bon côté des choses. Je vois souvent le verre à moitié plein. En tout cas, je privilégie une approche respectueuse et claire, qui met en valeur le travail des artistes sans jamais les « assassiner », comme on le voit trop souvent.
Pourquoi ce livre sur l’univers de l’aquarelle ?
« Ma Méthode d’aquarelle : jusqu’au bout du pinceau » est sorti en 2021 aux éditions Ulisse et a été réédité en mars 2022. On le trouve en France mais aussi dans tous les pays francophones, y compris au Québec. J’y propose des pas-à-pas et des leçons variées qui permettent aux élèves d’avancer, de comprendre et de trouver leur voie dans le florilège des sujets abordés.
Avec « Regards croisés sur l’aquarelle », je poursuis cette même approche, avec un volet inédit : la rencontre avec des aquarellistes « coups de cœur », des artistes internationaux aux sensibilités et techniques très diverses. Ces échanges enrichissent une méthode qui privilégie autant la technique que l’épanouissement artistique.
Ce livre est une invitation au voyage à travers le monde et notre belle région au fil des rencontres. Quels voyages vous ont le plus marqué ?
Oui, le livre est une invitation au voyage, avec ces artistes venus d’horizons différents : l’Indien Vikas Vinayak Patnekar, Oscar Cuadros, le Péruvien, Alejandro Fidelio, l’Argentin, mais aussi trois Français qui nous font voyager autrement : Jean-Paul Schifrine, croquineur, Catherine Rey et Helen Barenton. Chacun excelle dans son thème de prédilection. Ce livre est dépaysant, il nous emmène ailleurs ! Que l’on peigne ou pas, on plonge dans l’aquarelle ! J’ai aimé vivre en Espagne et en Argentine. On y retourne dès que possible. On y découvre toujours des territoires fabuleux, des paysages à couper le souffle, des ambiances uniques…
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Quelles sont vos passions ?
Si je réponds peinture et écriture, on revient à mes passions de toujours ! Travail/plaisir. Si j’ajoute expositions, conférences, lectures, stages de peinture… ce sont toujours les arts et la culture qui me motivent le plus !
Je suis aussi très « famille » et j’ai besoin de mes amis. Et pour me bouger, indispensable, car j’ai la bougeotte, je pratique le tennis. J’aime balader aussi, découvrir de nouveaux sites.
Quel rôle joue l’aquarelle et l’écriture dans votre vie ?
J’ai un peu anticipé et répondu à travers les autres questions. L’aquarelle et l’écriture sont indispensables : c’est une respiration, un exutoire ! L’un comme l’autre m’accompagnent depuis si longtemps. Peindre ou écrire, c’est observer, transmettre, partager ce qui me touche. Les deux se nourrissent. C’est un équilibre vital, une double passion qui me fait vibrer !
La musique joue-t-elle un rôle dans vos créations ?
En fait, pas toujours ! Quand je peins, je peins, et je peux rester dans mon monde de silence, aussi étrange que cela puisse paraître. Car j’aime la musique, et en particulier la « grande musique ». Cela fait des décennies que je fais des comptes rendus de concerts et que je donne mes impressions. Je me demande parfois : « Mais de quel droit ? Suis-je légitime ? » Cette question m’a poussée à me former sans cesse : j’étudie, j’écoute… Avant de couvrir un concert, par exemple, j’écoute la symphonie ou la sonate programmée. Je me « fais » l’oreille, je m’imprègne de l’univers du compositeur. Je n’ai pas étudié la musique, mais j’ai suivi des cours d’esthétique musicale au conservatoire, et assisté à des conférences d’analyse musicale pour essayer de comprendre. J’ajouterai que je ressens très fortement la musique et que je peux être bouleversée par une œuvre, un orchestre, un musicien, un chanteur ! Aujourd’hui, il me semble que ma sensibilité et mon travail ont leur place.
Votre actualité et vos projets ?
Mon livre sorti en mai fait toujours pleinement partie de mon actualité ! Je m’inscris à des salons pour le présenter, j’organise des rencontres dans des lieux culturels et des galeries, je réalise des démonstrations. J’ai plusieurs expositions programmées : deux à Aix et une à La Roque-d’Anthéron. Mais je préfère attendre encore un peu avant d’en parler davantage.
Dans mes projets, il y a aussi de belles échappées à Paris. Même si nous sommes gâtés en expositions à Aix, celles de la capitale me manquent ! Je programme aussi des stages d’aquarelle à Venelles et au Château de Sannes, ce merveilleux domaine du Luberon qui offre tant de sujets à croquer in situ. C’est une autre façon, tout aussi passionnante, de travailler l’aquarelle.
Quelle définition donneriez-vous du bonheur ?
On m’a dit un jour : « Petra, vous êtes douée pour le bonheur ! » Ça m’a fait un bien fou ! Bien sûr, je sais que ce n’est pas tout à fait vrai, mais j’aimerais vraiment que ça le soit !
C’est peut-être cela, le bonheur : une quête, un chemin, une vision optimiste de la vie, qui, pour beaucoup, n’a pas sa place dans notre monde. Et pourtant… Je trouverais indécent de baisser les bras et de tourner le dos au bonheur ! Regardons le beau, faisons-nous plaisir, pour nous et pour ceux que nous aimons !
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Voilà un premier livre qui se savoure comme un film d’Amos Kollek, je pense à Sue perdue à Manhattan. Un coup de cœur … Un ouragan poétique…
L’écriture épouse un style direct rythmé comme une symphonie de Raff. Luca Lombardo est l’un des plus grands ténors de notre temps depuis plus de 38 ans. Marseillais, il a fait le bonheur des plus grandes scènes internationales. Son répertoire est immense. Il est un extraordinaire Don José, Werther, Hoffmann, Gabriele Adorno, Don Carlos, Alfredo, Mario Cavaradossi, Rodolfo…
Ce roman relate la trajectoire bouleversante d’un chanteur amateur Gilles. On est tenu en haleine de la première ligne à la dernière. Ce livre se lit d’un trait. On est emporté par un torrent d’émotions. On passe du rire aux larmes.
On épouse le cheminement de ce personnage errant marqué par son passé. Luca Lombardo démontre un véritable talent de narration. On ressent une immense culture chez lui qu‘il maîtrise avec innocence. On plonge dans l’univers de l’opéra que l’auteur connaît parfaitement. On y apprend l’envers d’un métier bien difficile où parfois la solitude peut conduire sur les récifs de la souffrance ultime. Luca Lombardo explore les âmes humaines de ces différents personnages. Ce livre pourrait inspirer tant de réalisateurs. Je songe aux regrettés Visconti, Fellini ou Lynch.
La tension dramatique est de tous les instants. La tragédie de Carmen ou d’I Pagliacci est là… La mise en abîme finale est renversante. Gilles est un peu comme Sue perdue dans Manhattan. On navigue entre rêves et désillusions comme les passagers du Titanic. L’auteur joue avec les mots, les formules avec une facilité déconcertante comme un ténor avec les contre si bémol ou contre ut. Quelle jouissance avec les mots… À faire pâlir tant d’écrivains incontournables de notre temps.
À travers cette fiction passionnante et haletante, je retrouve le ténor qui m’a tellement bouleversé sur scène par son engagement et sa sincérité de tous les instants. Ce livre nous conduit vers une tragédie humaine, miroir de la tragédie grecque ou plus généralement méditerranéenne.
Je citerai ces mots de Luca Lombardo « Il faut, paraît-il, pour réussir sa vie, avoir un enfant, écrire un livre et planter un arbre. Je songe désormais à me tourner vers l’horticulture. ».
Ce livre est à découvrir. À offrir ! Un pur diamant, une symphonie des mots… Merci d’être et d’exister Luca Lombardo…
Serge Alexandre
BONUS
Un extrait de l’extraordinaire Don José de Luca Lombardo:
Luca Lombardo sera l’invité de Si la musique m’était contée sur Radio Zinzine Aix- en- Provence le lundi 6 octobre 2025 à 21 heures avec Catherine Richarté, Clémence Acar et Fabrice Eboli et pour partenaire exclusif Rmt News.
La discographie de Luca Lombardo est riche de découvertes même si je regrette que Son Werther, Son Faust, Son Don José, Alfredo, Roméo, Hoffmann… n’ont pas fait l’objet d’enregistrements en studio.
Parmi ses enregistrements, je recommande vivement :
Le mage de Jules Massenet dans la superbe collection opéra français du Palazetto bru Zane avec Catherine Hunold, Kate Aldrich, Jean-Francois Lapointe, Marcel Vanaud, Julian Dran et Florent Sempey sous la direction de Laurent Campellone
Le Requiem de CamilleSaint–Saëns sous la direction de Diego Fasiolis chez Chandos
Médée De Luigi Cherubini avec Jano Tamar, Jean-Philippe Courtis, Patrizia Ciofi, Magali Damonte…… Sous la direction de Patrick Fournillier ( Premier enregistrement mondial en version française) au Festival Martina Franca chez Nuova Era.
Entretien avec le pâtissier marseillais Pascal Guglielmi
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Passé de la SNCF à la pâtisserie, Pascal Guglielmi retrace et partage son parcours atypique dans un livre « Des trains au Vacherin »[22] publié cet été. Dans La pâtisserie des Marseillais, située 28 grand rue (2ème), il compose des gâteaux généreux et savoureux.
Entretien
Diane Vandermolina : Comment êtes-vous arrivé à la pâtisserie ?
P.G. : « Je suis né dans une pâtisserie. Mes parents avaient une pâtisserie à Bordeaux et lorsqu’ils ont arrêté l’activité, j’avais 7-8 ans, ma mère est entrée à la SNCF. Mon père est resté pâtissier, mais il n’était plus à son compte. Ce que je raconte dans le livre, c’est que pour moi, la SNCF, jeune, c’était le paradis, on a acheté une maison, je partais en colonie de vacances, et mon père, lui, il travaillait dur, il trimait. Petit, j’avais une image de la pâtisserie qui était un métier difficile, il fallait se lever à 3h du matin, et ma mère, c’était la réussite. Dans ma famille, du côté de ma mère, tout le monde était à la SNCF. Il n’y a que mon père qui était pâtissier. Finalement, j’ai d’abord suivi le chemin de ma mère puis après, j’ai pris la voie de mon père. » avant de rajouter :
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« Au début, c’était difficile parce que j’ai ouvert seul et j’ai vite été dépassé. Actuellement, j’ai trois salariés, deux apprentis, et l’entreprise commence à bien s’organiser. J’ai pris un local à côté pour déplacer le magasin afin d’agrandir le laboratoire pour produire plus, surtout pour les fêtes de Noël, les galettes des rois etc. J’ai embauché un vendeur supplémentaire parce que j’ai de plus en plus de choses à gérer : les commandes, toutes les choses essentielles à la vie de l’entreprise et les nouvelles créations. Mais on est comme une petite famille. Je donne quelques règles et après, chacun travaille en autonomie. Je les aide pour les nouvelles créations. J’ai des jeunes adorables. Ils sont comme mes enfants. J’ai un jeune pâtissier depuis deux ans et demi et un 2ème arrivé il y a quelques mois. Ils ont le même âge et on a une nouvelle apprentie depuis 15 jours. Elle a 15 ans et s’est très bien intégrée. C’est formidable parce qu’en 2 semaines, elle sait déjà faire des cookies, des cakes, des petits gâteaux simples. Elle est vraiment motivée et je trouve qu’à 15 ans, c’est un miracle. Et même pour mon équipe, c’est plus facile qu’elle soit jeune. »
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A côté des pâtisseries intemporelles, le pâtissier, formé par le MOF Jean Michel Perruchon à Paris, propose de nombreuses créations au fil des saisons : l’été à la fraise, l’automne à la figue et aux pommes puis aux poires et aux marrons. « Ce sont de petits entremets modernes et des classiques revisités. »
DVDM : Avez-vous un gâteau signature ?
P.G. : « Depuis l’ouverture, il y a un petit gâteau que je rêve de supprimer mais les clients ne veulent pas : c’est Edelweiss. C’est un petit gâteau vanille, fève de tonka, framboise et biscuit aux amandes. Ce devait être une petite création éphémère mais finalement les clients le commandent toujours et je pense que si je le supprime, ils feront grève. »
[25]
DVDM : Pourquoi donnez-vous des noms de pays ou de ville à vos pâtisseries ?
P.G. : « Comme j’aime beaucoup voyager, je voulais faire voyager les clients à travers mes créations. Chaque gâteau a le nom d’une destination, liée aux ingrédients ou pas. La tarte au citron s’appelle Syracuse. Le petit fraisier qu’on fait l’été s’appelle Capri parce que ça évoque le soleil, les vacances. Le castel, je l’appelle Turin parce qu’il y a des noisettes du Piémont. On vient de créer 2 nouveautés : le Saint Malo à la vanille, pomme et caramel beurre salé pour lancer l’automne et Le Marseille, à l’huile d’olive, à la figue et aux amandes pour ses saveurs méditerranéennes. Après on va relancer un de nos classiques : La forêt noire que j’ai appelé Vienne (elle est sans alcool) et un petit gâteau poire, chocolat au lait, fève de tonka. Mon prochain à la mangue s’appellera Ramatuelle par rapport à sa couleur jaune qui rappelle le soleil et la plage. »
DVDM : D’où viennent les produits que vous utilisez ?
P.G. : « J’achète le beurre déchiré des deux sèvres parce que j’ai grandi avec ce beurre. Pour le chocolat, la fabrique est à Saint-Etienne. On prend la pistache de Bronte pour nos gâteaux à la pistache. Et plus généralement en Italie, les noisettes du Piémont, le citron de Sicile. J’espère pouvoir un jour utiliser la pistache d’ici. On a déjà utilisé l’amande de Provence mais c’est très cher et on ne peut pas pour l’instant faire nos frangipanes avec ces amandes là. Sinon ce serait hors de prix. On utilise les fraises de la région d’Aubagne ou de Carpentras et des fleurs comestibles qu’on achète à Noves dans les Bouches-du-Rhône, de la vanille de Madagascar ou Tahiti. »
Propos recueillis par Diane Vandermolina
Crédit photos : Diane Vandermolina
Photo de une: Quand l’Edelweiss rencontre Marseille.
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Il y a des lectures dont on ne sort pas indemne, dirait-on banalement, avec cette expression standardisée dans la critique, comme si lire, voir tranquillement un inconfortable spectacle dans un confortable fauteuil chez soi ou dans une salle, était un risque autre que de fiction, jouer à se faire peur à soi-même. De même, je déteste cette autre expression abusive, indécente : « pris en otages » parce qu’une grève paralyse un transport, apportant certes une gêne à des usager, des consommateurs, mais qui ne vont pas le payer de leur vie, qu’on ne va pas tout de même pas fusiller, ou retenir prisonniers jusqu’à leur mort comme, hélas, l’Histoire, et même la plus brûlante, nous en donne d’affreux témoignages. Non, on ne risque rien à lire ce livre nécessaire à l’oublieuse mémoire d’aujourd’hui des horreurs du passé, que certains nient ou que d’autres, les reniant en apparence, sont prêts, ignorance ou indifférence, à laisser renaître : l’Histoire les jugera aussi, si une morale différée leur importe. Mais ce livre, je défie quiconque a un cœur, une conscience, de le lire sans l’émotion du sujet, sans celle de l’auteur qui la communique au lecteur.
Moi-même, dans mon émission, présentant ce livre bouleversant sur cet enfant martyr, victime de la barbarie nazie—hélas, parmi des milliers d’autres, mais lui, jeune poète, jeune Rimbaud en herbe, herbe qu’il ne verra pas pousser, j’avertissais mes auditeurs de Radio Dialogue :
« Je ne suis pas sûr, je vous l’avoue, de contenir mon émotion et j’espère qu’on me pardonnera. Mais c’est un devoir intellectuel de la tête du critique, et aussi un impératif moral du cœur qu’on ne peut, qu’on ne doit pas dissimuler en l’occurrence. »
Déjà, avant la pandémie, mes amis Frédéric Carenco, directeur de festival et Bernard Grimonet, metteur en scène, désireux de monter la saynète comique et macabre, On a besoin d’un fantôme [1][27] d’Hanuš Hachenburg, une courte pièce pour marionnettes de quelques pages, m’avaient demandé d’écrire un texte complémentaire autour des enfants juifs raflés par la police française en 1942 dans la région, pour la monter au Mémorial de la Déportation des Milles, puis à la Maison de la culture d’Aix. Pourquoi le cacher ? Ne cessant de pleurer, j’en étais tombé malade. Palpitant d’émotion, le livre de Cogitore m’autorise cet aveu, communiant avec lui.
L’Enfant comète, ouvrage biographique de Baptiste Cogitore, consacré à l’adolescent poète Hanuš Hachenburg (1929-1944), est de ceux qui remuent durablement, à la fois par la force de leur contenu et par la densité humaine qu’elles transportent et l’émotion que l’auteur ne cherche heureusement pas à dissimuler. Parler de ce livre, c’est d’abord reconnaître une émotion, une douleur, une révolte aussi, qui ne se dissipent pas dans le commentaire mais vibrent à chaque ligne. L’auteur du livre, journaliste, réalisateur et chercheur, n’a pas tenté d’enfouir cette émotion ; au contraire, il la met au service d’une vérité, d’un témoignage, d’une protestation par-delà le temps. Il maîtrise la rigueur de l’enquête sans cacher le tremblement du cœur. C’est peut-être ce double mouvement – intellectuel et moral – qui fait de L’Enfant comète un récit si juste, qui touche la tête et le cœur.
Baptiste Cogitore, minutieux et attentif, au terme d’une minutieuse enquête, reconstitue donc l’histoire d’un enfant parmi tant d’autres, victime de la barbarie nazie. Mais cet enfant-là, Hanuš Hachenburg, n’était pas seulement une victime : il était un poète, un jeune Rimbaud tchèque, une âme éblouissante qui écrivait dans l’ombre, avec une lucidité qui glace, une sensibilité qui bouleverse. Le livre ressuscite sa mémoire, fait entendre à nouveau sa voix, et pose cette voix comme un défi aux ténèbres de l’histoire.
Le livre de Cogitore est le fruit de dix années de recherches. Un travail patient, opiniâtre, fait d’archives, de témoignages de survivants, d’allers-retours entre mémoire et histoire. L’initiative de ce projet trouve aussi ses racines dans une rencontre intellectuelle et artistique : celle de Claire Audhuy, alors doctorante à Strasbourg en 2013, spécialisée dans les arts du spectacle en contexte de résistance. En explorant les archives du ghetto de Theresienstadt (ou Terezin), le fameux et décor érigé par les nazis comme modèle de camp de concentration pour leurrer l’enquête, bien superficielle, de la Croix-Rouge, elle tombe sur le journal clandestin Vedem et, dans le dernier numéro, sur une courte pièce de théâtre pour marionnettes, intitulée On a besoin d’un fantôme, signée d’un nom qui, signant éditoriaux, poèmes, réflexions, revient souvent dans le périodique : Hanuš Hachenburg.
À partir de cette découverte, la trace du jeune poète va émerger lentement mais sûrement. Le texte est traduit, publié, accompagné de poèmes et de dessins, et connaît même une vie scénique sous la forme d’un spectacle monté par des lycéens sous la direction de Claire Audhuy. Le nom d’Hanuš, jusque-là oublié, sort de l’oubli grâce à ces deux chercheurs engagés. En 2015, la pièce est publiée par les éditions Rodéo d’âme[2][28], avec une préface de George Brady, rescapé du même ghetto. L’hommage devient collectif, et la mémoire, vivante.
Hanuš Hachenburg est né en 1929 à Prague, dans une famille aisée. En 1938, sa mère le place dans un orphelinat juif – pour des raisons qui nous échappent encore aujourd’hui. Le destin s’assombrit très vite : à 13 ans, Hanuš est déporté à Theresienstadt, ce ghetto présenté par la propagande nazie comme un « camp modèle », où les artistes juifs sont forcés de participer à une cruelle mascarade culturelle destinée à berner la Croix-Rouge. Derrière cette vitrine fallacieuse, c’est l’horreur, la privation, et surtout, l’attente de la déportation vers Auschwitz.
C’est là, dans ce lieu de mort ralentie, avant la mort expéditive, qu’un groupe de jeunes garçons, soutenu par un professeur de littérature tchèque, Valtr Eisinger (lui-même mort à Buchenwald), crée un espace de résistance : la « République de SKID » et son journal clandestin Vedem. Pendant deux ans, ces enfants écrivent, dessinent, inventent. Huit cents pages seront sauvées. Hanuš, lui, devient une figure centrale du journal : poète, critique, conteur, esprit lumineux parmi les ombres. Il y signe plus de vingt poèmes, dont certains ont une profondeur, une clairvoyance presque dérangeante, bien rares chez un enfant de cet âge. Le prometteur poète et auteur de quinze ans fut fatalement promu : promis à Auschwitz. Déporté en décembre 1943, Hanuš y sera assassiné en juillet 1944. Il avait quinze ans.
Le cœur du livre de Cogitore, c’est aussi une restitution de l’œuvre d’Hanuš, reproduite dans une anthologie entre les pages 145 et 170. Le lecteur y découvre des poèmes d’une densité étonnante, des réflexions sur l’art, des récits, des critiques. Il y a là une sensibilité d’une acuité rare, une conscience tragique, mais jamais désespérée. Il écrit, par exemple, ce vers lucide et terrible :
« Ma mère me fit naître / Pour que je puisse pleurer. »
(Vedem, n°11, p. 28)
Ce vers à lui seul résume la précocité, la douleur, mais aussi la puissance poétique de cet enfant. Il écrivait pour ne pas disparaître, pour résister à l’anéantissement. Vedem, le journal artisanal, d’abord à la machine, puis à la main faute de bande d’encre, est une œuvre collective de jeunes garçons en sursis, mais aussi un cri d’humanité. Un des derniers textes, On a besoin d’un fantôme, comme prophétique, est une pièce à la fois ironique, absurde et profondément lucide en quelques pages. Hanuš y mêle l’humour noir et la révolte. C’est un théâtre de marionnettes, mais c’est aussi un théâtre de l’âme, une forme de dernier appel au monde d’un gosse, d’un enfant de 14 ans….
Le titre du livre de Cogitore, L’Enfant comète, n’est pas une métaphore poétique gratuite. Hanuš, ce petit prince juif de la littérature, dont l’enfance a été happée par l’Histoire, est bien cette comète, un éclair dans la nuit, un cri dans le silence mais, au lieu d’être, foudroyante, c’est elle qui est foudroyée. Ce livre d’amour, tente de lui rendre justice, ne se contente pas de raconter une incernable une vie, il la rêve, il la ressuscite par fragments, avec les armes de l’écriture, de l’image, de l’imaginaire et de la sensibilité.
L’Enfant comète est plus qu’un livre. C’est un acte. Un geste d’amour envers un enfant disparu, un cri contre l’oubli, une ode à la résistance par la poésie. Dans l’enfer du ghetto, Hanuš et ses compagnons avaient décidé de ne pas se taire. Ils écrivaient, dessinaient, imaginaient. Dans cet acte gratuit, inutile aux aveugles yeux des bourreaux, résidait toute leur dignité. Grâce à ce livre, cette dignité nous est transmise et oblige, engage encore aujourd’hui ceux qui en héritent, à la mission de transmettre à notre tour la mémoire, avec celle exemplaire d’Hanuš, de tous les enfants fauchés, oubliés, effacés. De tous les êtres qu’on a cru écraser :
dans les pires ténèbres, des comètes peuvent encore passer et laisser une traînée lumineuse derrière elles. Parce qu’un poème peut survivre à la mort. Cette leçon, c’est un enfant qui nous la donne.
Dans ce livre, intellectuel, érudit par le sérieux de la documentation, mais si sensible par l’attachement de l’auteur à son sujet, ce jeune garçon sacrifié, Baptiste Cogitore s’étonne devant l’œuvre, l’admire, s’indigne de ce destin tronqué : il frissonne, il tremble. Je résume : nous pleurons avec lui.
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Un souffle d’Italie contemporaine à Marseille
Depuis cinq ans, le festival Ciao Moka souffle un vent de fraîcheur sur la scène culturelle marseillaise. Cette année, du 18 au 20 juillet, au Parc Longchamp et à la Friche Belle de Mai, Ciao Moka invite une nouvelle fois les Marseillais à un voyage sensoriel au cœur de la culture italienne contemporaine. Cette cinquième édition, riche en nouveautés, promet une expérience immersive et festive
Un crédo
Créé avec l’ambition de “montrer ce qui se passe vraiment en Italie aujourd’hui”, il s’éloigne des clichés et des stéréotypes pour offrir une vision contemporaine et dynamique de la culture italienne. Comme l’explique sa créatrice, Sonia Nisi, plus qu’un simple festival, Ciao Moka est devenu “une plateforme pour les artistes italiens émergents ou les artistes plus confirmés qui font leur premier pas à l’international et viennent se produire en France pour la toute première fois sur la scène de Ciao Moka”.
L’engagement de Ciao Moka envers la parité est également notable. “Cette année on a un peu plus de femmes” précise Sonia Nisi, soulignant la présence de cinq femmes artistes, incluant une réalisatrice et deux groupes musicaux. « On accorde une attention particulière à la qualité artistique de sa programmation, tout en maintenant un esprit festif » souligne-t-elle.
Le festival conserve sa taille humaine, accueillant environ 3500 personnes sur trois jours, tout en restant “accessible et convivial. C’est un moment de rencontre dans un esprit populaire de ce que peut être une fête italienne”, citant l’exemple de la pizzica, danse traditionnelle du Salento, qui transportera les festivaliers “dans un village d’Italie”.
Au-delà de la programmation artistique, Ciao Moka célèbre les liens historiques entre Marseille et l’Italie. “Il y a aussi une scène locale qu’on met en avant chaque année, avec les artistes Italiens de Marseille” développe Sonia Nisi. Une visite guidée sur l’histoire de l’immigration italienne à Marseille vient renforcer cet aspect car le festival met en lumière non seulement la richesse de la culture italienne contemporaine, mais aussi les connexions profondes entre les deux villes.
Crédit photo: Emilien Brunelier
Une programmation entre musique, danse, littérature et gastronomie
Sonia Nisi détaille par le menu les 3 jours de festivités avec une ouverture en grandes pompes. “Le 18 au parc Longchamp, on ouvre le festival avec une grande soirée pluridisciplinaire autour des cultures populaires du sud de l’Italie avec pour invitée Lavinia Mancusi. C’est pour moi une des plus belles voix du folk italien contemporain. Elle est aussi multi-instrumentiste : elle joue le violon dès l’âge de 7 ans, également de la guitare, des percussions. Elle est aussi danseuse, écrivaine. C’est une artiste engagée qui a beaucoup travaillé sur les traditions et sur la musique traditionnelle. Elle sera accompagnée par ses musiciens à l’accordéon et à la basse. Le concert commence tôt, dès 19h30. »
En prélude au concert, à 18h, Ciao Moka propose des ateliers autour des cultures populaires : Un atelier de pizzica, donné par la danseuse Federica Mercure, et un atelier de tambour sur cadre, donné par le musicien Francesco Quartuccio de Naples. « Après le concert, il y a un moment de danse collective, une ronde de pizzica où tout le monde est invité à rentrer dans la danse. » explique-t-elle.
« Après, il y a la projection du film Les Merveilles d’Alice Rohrwacher, très connu et apprécié en France, qui a gagné un prix à Cannes. C’est un film lié aux cultures populaires, qui nous amène dans la campagne italienne du centre de l’Italie, dans l’Ombrie. La soirée en dehors des ateliers[31] (15/20€) entièrement gratuite ». Pour les activités payantes, des places pour les plus démunis sont disponibles gratuitement via l’association Culture du Cœur.
On y retrouve un point restauration avec les sardines marseillaises « qui font de la gastronomie italienne avec des produits locaux. On trouvera : des croquettes de patates, des supplì ou petites boulettes croquantes de riz avec un cœur moelleux de mozzarella, des mange-tout, des sardines. Il y a un bar sur place avec les traditionnels spritz.”
Crédit photo: KEUJ
Un week-end à la Friche
Le lendemain, samedi, le festival se déplace sur le toit-terrasse de la Friche Belle de Mai pour une soirée musicale plus intimiste (entrée 6€). “On accueille en ouverture de soirée Costegno, qui est un DJ, architecte sonore Napolitain Marseillais, qui va faire un warm-up sur des vibes italo-tropicales, avec l’envie de nous faire voyager à travers les deux rivages de la Méditerranée. Ensuite, il y aura le live de Taranta Lanera, le projet de Marie Lanera, qui propose une version électronique, mutante et transe de la tarantelle. Là, on trouve une version plus moderne de la musique populaire d’Italie méridionale. En tête d’affiche, il y a le concert de Maria Chiara Argirò, pianiste virtuose italienne très connue dans le monde du jazz en Europe. Elle est originaire de Rome, mais elle habite à Londres depuis une dizaine d’années. Elle a été programmée dans beaucoup de festivals de jazz, mais son nouvel album, Closer, signe une évolution vers un son qui va plus vers la scène club, toujours en gardant ce côté vraiment très raffiné qui la caractérise. Elle est en trio avec ses musiciens” détaille-t-elle.
Le dimanche est dédié à une ambiance plus familiale et conviviale. “Dimanche, on propose à 9h30, une visite guidée[32] de Marseille, pour découvrir la ville à travers l’histoire de l’immigration italienne, et des Italiens que Marseille a accueillis et qu’elle accueille encore aujourd’hui. C’est une visite proposée par Giada Vigato : le départ se fait de l’Alcazar. Dans l’après-midi, on se déplace à partir de 18h à la fiche Belle de mai devant les grandes tables sur la place des Quais. On propose deux ateliers[31] de cuisine, proposés par l’association Passa Parola : un atelier des antipasti italiens, et un atelier de tagliatelle maison (15€). »
« En même temps, il y a des activités gratuites comme un échange de livres italiens, avec la possibilité de venir avec son livre, repartir avec un autre, avoir un moment de discussion autour de ces lectures avec Amici. Et il y a aussi un atelier pour les enfants proposé par l’association Mille e Una Italia. C’est un atelier de jeux en langue italienne (gratuit ou à prix libre). »
« A 19h30, il y a le grand concert de clôture pour finir cette cinquième édition en fête tous ensemble, entre amis ou en famille. On a invité le groupe Savana Funk composé d’Aldo Betto (guitare), Blake C.S. Franchetto (basse) et Youssef Ait Bouazza (batterie). C’est un groupe qu’on aime beaucoup, qui vient de Bologne, de la région d’Emilie-Romagne. Et c’est un groupe qui incarne l’esprit du live et fusionne funk, rock, groove, blues. Il représente la richesse de la rencontre culturelle” conclut-elle.
Ciao Moka est devenu un rendez-vous incontournable de la célébration de la culture italienne à Marseille dont le quartier Saint Jean au Panier était surnommé la Petite Naples dans les années 30/40 ans avant sa destruction.Diane Vandermolina.
Jacqueline Régis : Une vie dédiée à l’art, à la culture et à Marseille
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« Je suis une serial entrepreneuse »
Jacqueline Régis, 79 ans, née à Tunis en 1946 dans une famille de six enfants, d’un père italien naturalisé en 1949 et d’une mère française, est Marseillaise d’adoption depuis 1961. Enfant, son père l’emmenait tous les jeudis dans une pâtisserie où “on n’avait droit qu’à un seul gâteau” puis au théâtre. “Là, je me suis dit : quand je serais grande, j’aurais une pâtisserie et un théâtre.”
Les événements de Bizerte ont précipité un départ urgent de Tunisie. “On a tout laissé derrière nous, une très belle vie, notre argent, nos affaires, notre maison familiale au bord de la mer à La Marsa. On arrive en France dans un HLM, mon père a dû travailler comme pompiste, mais il y a toujours eu de l’amour et on n’a pas souffert. On a tous beaucoup travaillé et fait de belles études car mon père nous a inculqué cette idée : on ne sait jamais ce qui peut arriver. Et à mes enfants aussi, je leur ai dit de faire un métier, mais qui leur plaise parce qu’il n’y a pas de sot métier”.
Après un bac littéraire au lycée Perrier, des études de droit et de science politique, elle s’oriente vers la médecine après sa rencontre avec son premier mari. Elle ouvre brièvement un cabinet médical de rééducation orthoptique pour enfants avant de racheter la pâtisserie chocolaterie, Amandine, en 1978. Récemment divorcée, elle y rencontre le père de sa fille : Maurice Mistre. « Il faisait des gâteaux agrémentés d’une sérigraphie personnalisée pour ses clients. Parmi ces derniers, ceux réalisés pour Edmée Santy s’appelaient “les Santy”. » Ensemble, ils créent les Arsenaux en 1980. “Jeanne Laffite avait la librairie, nous le restaurant-salon de thé et les salles d’exposition.”
“Ma vie est faite de rencontres et tout ce que j’ai réalisé, c’est grâce aux rencontres.”
En 1985, elle trouve au 59 cours Julien une ancienne manœuvrerie qu’elle transforme en théâtre privé de 200 places, L’Avant-Scène, où elle présente 42 spectacles jusqu’en 1992. Elle y accueille Samy Frey et, en 1988, Serge Rezvani, auteur de la chanson de Jules et Jim de Truffaut, qui lui écrit deux pièces, Jusqu’à la prochaine nuit et Na. En 1992, Jack Lang lui propose de reprendre le Théâtre Récamier à Paris. « Hélas, le nouveau ministre, Jacques Toubon, a préféré que cela reste la salle de répétition de la Comédie-Française. »
Par la suite, elle s’associe avec le réalisateur et producteur Franck Appréderis pour produire des films d’auteurs, via Avant-Scène Production, pendant 15 ans, avec une filiale à Bollywood. Elle faisait alors les allers-retours entre Marseille et Paris. Entre 1997 et 2000, à la demande de Jean Mangion, elle crée le Centre de Design Marseille Provence au 6 avenue de la Corse qu’elle co-dirige avec Antoine Lazerges. « Les gens passaient et disaient : c’est un centre de signes pour les aveugles. Le design était peu connu. J’ai exposé les œuvres de Mathieu Lehanneur avant qu’il ne soit le designer de la Flamme Olympique.»
[33]
Atteinte de deux cancers (de la thyroïde et du sein), elle laisse la place à son assistant en 2014 avant de tout vendre un an plus tard. Une fois en rémission, « je ne suis pas quelqu’un qui va se reposer, alors je me suis dit : je vais créer des galeries d’art contemporain et de design avec un côté chocolaterie. » En 2018, elle fonde la Boutique du Chocolat Galerie d’art contemporain et de design, Aurore, sis 7 rue Edmond Rostand. Elle souhaite passer la main à sa fille, Pauline Mistre, juriste fiscaliste, qui dirige la boutique Mistre ouverte en 2021 à Vauban. Une troisième boutique devrait bientôt ouvrir dans le 8e arrondissement.
« Adolescente, j’aimais beaucoup Marseille : cela me rappelait mon enfance en Tunisie et je trouvais qu’il y avait un cosmopolitisme dans la ville, non seulement au niveau des religions, mais aussi culturellement : quand on accueille des gens d’ailleurs, ça apporte quelque chose à la ville, et les Espagnols, les Italiens, les Arabes ont tous apporté quelque chose à la ville. Là où l’effervescence culturelle a vraiment été visible, ça a été en 2013. J’essaie de contribuer à mon niveau. »
Après le Covid, elle a édité en 2023 un livre hommage à sa ville d’adoption ‘1000 photos pour Marseille’. Ce portrait architectural de la ville se présente comme « un vagabondage poétique, parcours hiératique effectué au centre-ville, sur le littoral, dans la campagne environnante, en architecture avec des images de l’intime, images de rues, impressions colorées douces-amères atemporelles. » Il a été réalisé pendant le confinement : “il n’y avait personne, avec les 5 photographes, on a fait le tour de la ville. C’était très agréable”.
Passionnée de cuisine, elle invitait 8 à 10 convives à ses repas mensuels, notant ses recettes dans un carnet. “Il s’appelait : Devine qui vient dîner ? et je racontais une histoire avec chaque recette”. Sa rencontre avec un photographe culinaire lui a donné l’idée de faire un livre de ses recettes revisitées par 24 chefs étoilés, 18 cuisiniers et 6 pâtissiers. Parmi eux : Hélène Darroze, Coline Faulquier, Hugues Mbenda et Alexandre Mazzia. Sortie prévue en septembre. « Georgiana Viou n’a pu y participer, elle retourne chez elle au Benin mais il y aura peut-être une surprise, j’attends la réponse d’un autre grand chef » glisse t’elle énigmatique.
« J’ai réalisé tous mes rêves »
« J’ai vécu une vie très enrichissante sur le plan professionnel, avec de superbes rencontres, mais catastrophique sur le plan personnel : j’ai été entourée par la maladie. Ma fille née en 1986 a eu un cancer des ovaires à 20 ans, son père est mort d’un cancer et mon fils de 50 ans est décédé il y a deux mois d’un cancer du poumon au stade 4 ». Elle souhaite aujourd’hui s’occuper de ses petits-enfants.
Propos recueillis par Diane Vandermolina
Bon à savoir :
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Vernissage de la prochaine exposition Domitia de Sylvie Serres à la galerie Aurore le 17 juin à 18h.