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Paul Constantinescu : Piano concerto et Wedding in the carpathians

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Un enregistrement majeur !

Avec Oliver Triendl, piano ; Norddeustche Philharmonie sous la direction de  Marcus Bosch.

Cd hännsler classic/ www. haensslerprofil.de

Cet enregistrement envoûtant d’un des plus grands compositeurs du 20ème siècle est enfin disponible sur le marché français.

Paul Constantinescu (1909-1963)

Né à Ploesti, il est l’un des plus grands compositeurs roumains avec Georges Enescu, Ciprian Porumbescu et Eduard Caudella. Il fait ses études à Bucarest avant de rejoindre Vienne où il suit l’enseignement de Joseph Schmidt et Joseph Marx. Il enseigne au conservatoire de Bucarest jusqu’à son décès à 54 ans. Il laisse une œuvre importante dont deux opéras d’une grande beauté, des œuvres symphoniques, des concertos dont un triple concerto pour violon, violoncelle, piano ; de la musique de chambre, des œuvres pour piano, des mélodies… Son écriture épouse un néo-classicisme délicieux. Il est à la musique roumaine ce qu’est Respighi à la musique italienne. Il reste assez proche de la musique française aussi.

Concerto pour piano et orchestre : Version de référence ici

Disons le tout de suite l’enregistrement d’Oliver Triendl dont on ne compte plus les enregistrements et redécouvertes est un événement musical. Écrit en 1952, ce concerto fût créé en 1953. Il est l’un des plus beaux écrits au 20ème siècle. Il révèle une écriture classique aux influences slaves et françaises. Cette œuvre somptueuse s’inscrit dans la lignée de Pierné, Ravel, Villette ou Christoff. Écrit en trois mouvements, le premier mouvement est dense et raffiné. On y découvre une recherche harmonique subtile poussant l’écriture tonale à ses limites. Il requiert une virtuosité sans faille dont fait preuve le soliste. Certains accents post Rachmaninov intriguent. Le second mouvement constitue le sommet de ce concerto. Quelle simplicité et beautés mélodiques y sont déployées. Le troisième mouvement déploie un grand nombre de motifs. La vivacité éblouit. La rythmique n’est pas si éloignée du jazz. En bien des points ce concerto incroyable se rapproche de celui de Taktakichvili écrit quelques années plus tôt. L’interprétation d’Oliver Triendl d’une musicalité extrême est un pur ravissement. Il forme une paire légendaire avec l‘orchestre allemand sous une direction passionnée de Marcus Bosch. Les deux ne font qu’un !


 

Wedding in the Carpathians.

Composé en 1938 le poème chorégraphique Mariage dans les Carpathes, l’intrigue évoque les noces de Stravinsky. On peut probablement sur le travail ethno musical d’un Kodaly ou Bartok en Hongrie, cette œuvre de dimension considérable est une invitation au voyage. L’orchestration est d’une grande richesse mélodique et harmonique. On y retrouve nombre de danses traditionnelles comme la Hora. L’œuvre se termine avec une danse joyeuse. La Roumanie reste  un pays magnifique. Les Carpathes sont une région d’une beauté enivrante et étonnante. Les musiciens de Rostock donnent leur meilleur. Marcus Bosch est comme un poisson dans l’eau dans ce répertoire à redécouvrir. Que la culture roumaine est riche ! L’audacieux label Hänssler nous offre une parenthèse enchantée. Merci !  On attend avec impatience l’enregistrement de son concerto pour violon, son triple concerto …

Cet enregistrement préfigure trois concerts immanquables  les 25, 26, 27 janvier prochains à  Rostock au Volkstheater sous la direction de Marcus Bosch  et le formidable pianiste Oliver Triendl qui redonnera vie au concerto pour piano et orchestre en ré mineur opus 20 de Hermann Grädener. Le programme permettra d’écouter du Brahms et la hymnische Symphonie de Mathilde Kralik von Meyrswalden. Courez-y !

Serge Alexandre

Alfredo Catalani Complete Songs, piano Music

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Avec Lisa Houben, soprano et Filippo Arlia, piano

Cd Opera Discovery : www.opera-discovery.com [2]

Alfredo Catalani (1854 – 1894) : un mystère, un compositeur oublié ?

Qui se souvient d’Alfredo Catalani ? On ne connaît de lui que le célèbre air Ebben ne andro lontana extrait de la wally (1892), son ultime opéra dont la source est une mélodie enregistrée ici la chanson groenlandaise, romance  sur un texte de Jules Verne et dédié au célèbre  ténor espagnol Julian Gayarre. La vie de Julian Gayarre a fait l’objet de deux très beaux films devenus rares incarnés par deux immenses ténors successivement Alfredo Kraus puis José Carreras. On connaît cet célèbre air grâce au cinéma je songe à Luc Besson entre autres ou la publicité. Les plus grandes cantatrices aux voix de soprano lyrique dramatique aiment l’inscrire dans leur concert lyrique. 

Alfredo Catalani est né à Lucca. Il fait ses études auprès de son père organiste puis étudie avec Fortunato Magi et de Bazzini. Il se rend ensuite à Paris où il étudie la composition avec François Bazin et le piano avec Marmontel. Il retourne en Italie où il succédera à Ponchielli comme professeur de composition à Milan. Il sera encouragé par Boito. Sa rencontre avec Toscanini en fera l’un de ses plus ardents défenseurs. Il laisse cinq opéras au sujet fantastique, de la musique symphonique, des mélodies avec piano et musique de chambre et de la musique de chambre. Amoureux de Wagner, il a été un épigone rare dans l’histoire de la musique italienne du 19ème siècle.

Premier enregistrement mondial de l’intégrale de ses mélodies et sa musique piano

Cet enregistrement devrait une source d’inspiration de nombreux programmateurs et directeur de festival en France dans le cadre de la biennale culturelle Franco –Italienne. La soprano hollandaise américaine Lisa Houben en est l’interprète idéal. Elle maitrise parfaitement le français, l’italien et l’allemand. Ces mélodies au nombre de quatorze fascinent par un art du chant quasi disparu. La diction est exemplaire en italien et en français. Quel bonheur ! On connaissait Lisa Houben pour ses incarnations  de Lady Mactbeth, Suor Angelica, Tosca, Madame Butterfly… Elle prépare Salomé de Richard Strauss en ce moment. C’est une tragédienne hors paire sur scène. Elle vient de triompher au Théâtre Margravial de Bayreuth dans sa première Elsa de Lohengrin et dans Tosca. Elle connaît parfaitement sa voix et l’utilise pour le meilleur. Elle se révèle  une mélodiste unique. Elle vous prend la main et vous fait découvrir des îles inexplorées.

Que ses mélodies sont belles et envoûtantes. La ligne de chant semble sortie d’un ailleurs que l’on croyait devenu impossible. Les sons filés sont incroyables. Les couleurs multiples de sa voix sont un ravissement. L’investissement et la musicalité de l’artiste est une leçon de chant à écouter dans toutes les écoles de chant. Les pianissimi sont inouïs Ses mélodies vous emporteront dans un  torrent d’émotions diverses et de poésie. Cet enregistrement est un peu comme se plonger dans une source qui alimenterait plusieurs rivières musicales au confluent de nombreux compositeurs. On y entend par instants du Godard, du Saint-Saëns, du Schumann,… On y entend surtout du Catalani.

Le pianiste Filippo Arlia fusionne avec la chanteuse. Il est un merveilleux défenseur des pièces pour piano de Catalani. On ressent l’enseignement de Marmontel.

 La musique est délicieuse à écouter. On retient la richesse harmonique et mélodique. Le toucher de l’artiste est délicat et poétique rappelant cette école italienne riches en talents musicaux. Ces pièces sont dans la lignée de Chopin, Schumann, Moscheles, Sgambati par instant et annonce la poésie de Fauré.

Filippo Arlia est aussi chef d’orchestre et pédagogue. Un artiste majeur à suivre !

La prise de son est remarquable. Saluons le travail Raffaelle Cacciola.

Un premier enregistrement mondial à déguster sans modération !

Serge Alexandre

Enregistrement effectué à l’institut musical Tchaikovsky de Catanzaro

Lisa Houben sera l’invitée de Si La musique m’était contée avec Clémence Acar, Catherine Richarté et Fabrice Eboli lundi 20 octobre à 21 heures sur radio Zinzine : www.radiozinzineaix.org [3]

Le partenaire exclusif est Rmt News international de cette émission.

LA FIESTA DES SUDS 2025 : QUATRE JOURS D’IVRESSE MUSICALE ET DE FRATERNITÉ SUR L’ESPLANADE DU J4

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Du 9 au 12 octobre 2025, la 34ème édition de la Fiesta des Suds revient illuminer Marseille.

Face à la mer, sur l’emblématique Esplanade Gisèle Halimi (J4), 7 promenade R. Laffont, 2ème, l’événement marseillais promet une nouvelle fois un voyage sonore planétaire, brassant les corps et les âmes dans une célébration des sens. Sous le thème « En corps accords à la vie ! À l’amor ! », le festival perpétue son rôle de repère culturel fédérateur, accueillant des icônes mondiales et des talents émergents dans un esprit de diversité, d’inclusion et d’engagement.

Un Festival Ancré dans les Valeurs Méditerranéennes

Organisée par l’association Latinissimo et soutenue par le Département des Bouches-du-Rhône et la Ville de Marseille, cette nouvelle édition s’impose comme un temps fort d’utilité publique. Le Département voit dans cet événement le “miroir de nos valeurs méditerranéennes d’ouverture et de partage”, tandis que la Mairie souligne son caractère “vivant, populaire, éclectique, uni dans sa diversité”.

Pour un monde plus durable, plus équitable, plus juste

La Fiesta des Suds 2025 se veut plus que jamais responsable : elle renforce ses engagements RSO, écologiques (zéro plastique, énergie verte via Enercoop, souci de l’empreinte carbone) et sociaux (lutte contre les violences sexistes et sexuelles, accueil PMR renforcé). « L’an passé, 66 000 mégots ont été revalorisés et cette année, les propositions en restauration seront sans viande » précise la directrice de la Fiesta, Nathalie Solia.

Bia Feirrera ©Federico Conceptual

Notre sélection

La programmation mélange les générations et les continents, célébrant des genres aussi variés que l’Electro-Pop, le Trip-Hop, le Hip-Hop, le Reggae, le Baile, le Zouk ou le Néo-Perreo sur les 4 scènes de la fiesta : Mer pour les têtes d’affiche, Major plus cosy pour les talents émergents, Etoile plus intergénérationnelle et la bodega plus décalée.

« Cette année, nous allons parler d’amour. On veut transmettre de l’émotion et de la joie au public. Comme le dit Nick Cave, le live peut changer la façon dont on voit le monde » précise Frédéric André, programmateur du festival. « On réfléchit à comment interagir pour un monde plus inclusif. La fiesta est un festival exigeant et populaire, généraliste et audacieux. Nous accordons une place très importante aux femmes dans la programmation » rajoute-t ’il.

La première soirée, placée sous le signe du Trip-Hop, Electro-Funk et Soul, est marquée par des atmosphères sensuelles et engagées avec MORCHEEBA, “joyau éternel de la famille royale du trip-hop” et son son downtempo, sophistiqué et intemporel ; BIA FERREIRA, activiste brésilienne, guitariste et chanteuse LGBTQIA+, mêlant afrobeat, blues, samba et pagodão bahianais ; UZI FREYJA, l’arme fatale du hip-hop et de l’électro-punk attitude ou encore LIQUID JANE, artiste nu-soul aux ballades intimistes et chansons habitées, sur des rythmiques soul et grooves enveloppants (talent RIFFX).

KEZIAH JONES @Hiba Baddou

Du Rap Conscient aux Hybridations Latines, la deuxième soirée met en avant le rap et les métissages sonores avec KEZIAH JONES, YOUSSOUPHA, le “vieux sage du hip-hop français”, LA CHICA, artiste plurielle qui relie le folklore latino à l’électro-pop aux envolées célestes ou encore WANDA WITT, porte-flambeau du néo-perreo avec un mélange de baile funk et de reggaeton.

La dernière soirée, oscillant entre Zouk et Reggae Majeurs, est dominée par les sons des Caraïbes et de la Jamaïque, avec KASSAV’, le retour légendaire du combo iconique pour célébrer le zouk caniculaire ; GROUNDATION, le combo phare du reggae-roots-jazz californien ou encore ALO WALA, rappeuse indo-américaine aux grooves hip hop et rythmes tropicaux, expérimentant un global rap épicé d’hindi ou bengali.

Fiesta du Dimanche : La Cité des Minots Invite Marcela

C’est une journée gratuite sous le soleil de l’été indien, axée sur les familles et la convivialité, avec ateliers, pétanque, battle de hip hop, ludothèque, concerts, bal populaire, sardinade et visite du grand port en bateau.

La cité des Minots, au cœur de la Fiesta du Dimanche, une “véritable aventure humaine et musicale de transmission”.  La création proposée évoque l’exil et le déracinement à travers une ferveur festive mêlée de douceur mélancolique slave.

Elle est issue de la rencontre entre 250 minots marseillais et l’artiste Marcela Cisarova, artiste rom, chanteuse et danseuse, désignée “Griot de l’année”. Cette dernière porte un répertoire tzigane à la fois patrimonial et réinventé.

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FIESTA DIMANCHE ©Erioto

Tous les soirs à la Bodega

Créée en hommage à Bernard Aubert, créateur de la Fiesta, elle est le lieu mythique des nuits enfiévrées du festival, une “véritable caisse de résonance de toutes les danses”, accueillant aficionados et novices du dancefloor.

Elle se déroule tous les soirs sur l’Esplanade J4, de 19h à 2h00 avec une Battle Batucada opposant La batucada BLOCO da LILI, dirigée par Mestra Lili Nascimento, et la fanfare bien connue du festival, La Banda du Dock (jeudi) ou encore une initiation Zouk par le Mois Kréyol, tour de chauffe avant le concert de Kassav‘ (samedi).

Rencontre inspirante au Mucem

Une Table ronde sur les femmes des Suds et l’engagement, avec Jocelyne Béroard (artiste emblématique et membre du groupe Kassav’) et Bamby (ambassadrice du Dancehall Guyanais), met en lumière des figures féminines marquantes de la scène musicale et de l’engagement sociétal à 17h le samedi 11 Octobre à l’Auditorium du MUCEM.

“Artistes inspirantes et femmes de combats”, les intervenantes incarnent l’acceptation des différences, l’héritage de l’exil, et le partage des luttes, tissant des identités plurielles. L’objectif est de proposer une “ode aux femmes debout” à travers des récits qui racontent le monde d’aujourd’hui.

In fine

La Fiesta des Suds se révèle être bien plus qu’un simple festival de musique : c’est une plateforme de convergence culturelle, d’engagement social et de célébration des métissages sonores assurant chaque soir une ambiance différente. Tous les micro-événements du festival participent à cette dynamique en offrant des moments d’initiation, de partage et de transmission afin, via la puissance fédératrice de la musique, de créer des ponts entre les générations, les continents et les causes.

DVDM et Paola Lentini

Photo de une : Jean de Peña

INFOS PRATIQUES

Lieu : Esplanade J4 – Gisèle Halimi, Promenade Robert Laffont, 13002 Marseille.

Horaires : Ouverture des portes 19h les soirs de semaine ; Ouverture 12h le dimanche.

Billetterie : Pass 1 soir : À partir de 25€.

Des offres spécifiques sont disponibles pour les jeunes, étudiant·es, demandeur·euses d’emplois et bénéficiaires des minima sociaux, ainsi que via le Pass Culture.

Accès et Mobilité :

Transports : Extension des horaires des transports en commun et des navettes vers Aix-en-Provence sont prévues.

Vélos : Parking à vélo gratuit et sécurisé disponible.

Covoiturage : Plateforme dédiée en partenariat avec Karos.

Parkings payants : Indigo Vieux Port Mucem ou Terrasses du Port (offre spéciale en réservant sur le site internet du festival).

Accessibilité PMR / PSH :
Un dispositif d’accueil personnalisé est mis en place : parking dédié, file prioritaire, plateformes surélevées réservées sur tout le site. La personne accompagnante bénéficie de la gratuité. Réservations et informations via inclusion@fiestadessuds.com [5].

Plus d’informations : www.fiestadessuds.com [6]

La Foire de Marseille célèbre son centenaire sous le signe du gabian qui apporte la bonne parole.

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La Foire Internationale de Marseille souffle ses 100 bougies du 26 septembre au 6 octobre 2025 au Parc Chanot, Rond-Point du Prado (8ème). Cet événement emblématique de la cité phocéenne promet une édition riche en animations, découvertes et célébration des talents marseillais sous toutes leurs formes : sportifs, musiciens, artistes, artisans, entrepreneurs.

Un siècle d’histoire, un nouvel élan 

Depuis sa création, la Foire de Marseille s’est adaptée aux évolutions de la société tout en conservant son âme populaire et son ancrage marseillais. Unique par son implantation en cœur de ville et sa structure partiellement à ciel ouvert, elle offre une expérience conviviale. Pour son centenaire, le Parc Chanot se pare de ses plus beaux atouts, avec un aménagement paysager repensé pour une ambiance plus verte et plus accueillante.

La gestion du Parc Chanot a été reprise par GL Events à l’issue d’un appel d’offre réalisé par la Ville de Marseille. C’est une équipe partiellement renouvelée qui est en charge cette année de la Foire. « Avec le changement d’opérateur, on réalise des travaux dans le Parc Chanot pour en faire un lieu ouvert à tout le monde. On a voulu fêter les 100 ans de la Foire partout en ville, non seulement au Parc Chanot car la Foire, c’est la fête de Marseille. Le nom même de la Foire fait partie du patrimoine immatériel de la ville » développe Samia Ghali, 2nde adjointe à la ville de Marseille en charge des grands équipements.

A cet effet, le 27 septembre, trois combis vintage vont être installés sur le quai de la Fraternité au Vieux-Port et proposeront un voyage temporel immersif et participatif à travers trois époques marquantes de l’histoire marseillaise et de la Foire, 1925, 1990 et 2025.

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Pierre Arvis, directeur de GL Events Marseille, abonde dans ce sens en ajoutant « On regarde vers l’avant et on décline ce qui fait la fierté de Marseille, ce qui fait Marseille aujourd’hui et demain pour donner un nouvel essor et un nouveau cadre ».

Une offre commerciale enrichie

Amélie Prost, directrice adjointe, découvre « une foire vivante, festive et bouillante. C’est la plus foire des foires, un lieu de rencontres et d’échanges avec toutes les générations. On va à la foire pour faire des achats plaisir. On fête, on teste, on goûte. »

La Foire de Marseille propose une offre commerciale complète et diversifiée sur plus de 12 000 m² (maison, jardin et piscine, mode etc). « On innove avec « plantes addict ». Le 1er Week end, on pourra acheter des plantes à petits prix ». L’offre shopping fait la part belle aux « camelots (démonstrateurs), également au boho market où seront vendus des produits vintage des années 70 sur 200 m2 » détaille-t-elle. L’offre gastronomie s’étend sur 7000 m2 avec sur l’espace Pernod Ricard de quoi faire une partie de pétanque à l’ombre des parasols.

Plus de 200 exposants sont présents pour présenter leurs produits et services, avec des nouveautés et des innovations dont le village start up, Innova Marseille, où sont présentés les prototypes de créateurs locaux. Cet espace dédié aux start-ups a pour but de soutenir les entrepreneurs régionaux et marseillais. Sur le stand de la ville de Marseille, sur 760 m2, « le fabriqué à Marseille met à l’honneur les talents locaux et 13 entreprises labellisées renouant avec la tradition locale seront mis en avant, avec un espace atelier de fabrication à disposition pour montrer leur savoir-faire » précise Jean Pierre Cochet, adjoint à la ville de Marseille en charge du dynamisme économique. « Il y aura un grand quizz avec des lots à gagner. »

Les pavillons internationaux de 50 pays sur 4000 m2 mettent en lumière l’artisanat et la gastronomie de nombreux pays. Au pavillon italien, « on pourra trouver du parmesan de 84 mois qu’on ne trouve pas dans les épiceries fines », indique Domenico Basciano, président de la chambre de commerce italienne pour la France de Marseille (CCIFM). « On travaille à lutter contre les contrefaçons de produits italiens en proposant des productions 100% italiennes. Cette année, on aura un stand avec des produits de Toscane, Ligurie, Sardaigne pour faire découvrir nos savoirs faires. Parmi les nouveautés culinaires proposées (dont la frusta alla sorrentina), un artisan sicilien vient présenter ses confitures, pâtés, conserves à l’huile etc… ».

Foire internationale de Marseille Samedi 21 septembre 2024. Crédit photo: Gérald Géronimi.

Un programme festif et diversifié

Un partenariat avec Provence Studios plonge les visiteurs dans les coulisses du 7ème art, avec décors, costumes et animations interactives. « C’est l’occasion de découvrir les métiers du cinéma, les formations proposées, le travail de figurant. On propose des castings pour ceux qui souhaitent débuter. On veut montrer que le cinéma est accessible à tous » détaille Olivier Marchetti, son directeur.

Animé par le CDOS, le village des sports propose des initiations gratuites à de nombreuses disciplines sportives, avec la participation de clubs marseillais et de sportifs de haut niveau. « Du para-hockey au pickleball, en passant par le BMX et le foot-golf avec la présence du double champion marseillais, il y en aura pour tous les goûts et tous les niveaux. La Bleue star, équipe de football américain marseillaise, sera présente » précise Hélène Caïco en charge de la communication chez GL Events Marseille.

Nouveau, le Palais des Jeux offre un espace immersif retraçant 100 ans de jeux, avec 400 jeux de société, jeux vidéo, retrogaming et des animations pour toute la famille les 26, 27 et 28 en partenariat avec le Hero Festival.

Sur la Grande Scène, concerts, spectacles de danse, stand-up, performances de cultures urbaines et événements dédiés aux séniors se succèdent pendant 11 jours. Le casting marseillais de The Voice est également présent (le 28).

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Spectacle Mon accent Marseillais © Cynthia Labeye

Le 1er octobre à 15h, sur la grande scène, la compagnie du Renard Bleu présente le spectacle Mon accent Marseillais, une comédie de Julien Sigalas pour toute la famille (dès 4 ans) avec Léa Zatte et Jean Goltier. Il questionne l’identité… avec beaucoup d’humour et l’accent marseillais. C’est un voyage à travers les lieux emblématiques de Marseille : Notre-Dame de la Garde, le Vieux-Port, la Pointe Rouge… où César, le héros, part à la recherche de son accent disparu.

Trois soirées gourmandes gratuites (27, 2 et 4 octobre) ponctuent la foire, avec karaoké, DJ sets et concerts. La nocturne du vendredi 3 octobre est le point d’orgue de la célébration, avec un concert de Radio Star Live et un feu d’artifice.

Le centenaire de la Foire de Marseille est ainsi cette année l’occasion de célébrer l’histoire de la ville, découvrir les talents locaux et passer 11 jours de fête. DVDM

Informations pratiques

La Foire Internationale de Marseille a lieu du 26 septembre au 6 octobre 2025, de 10h à 19h en semaine et de 10h à 20h le week-end. Tarifs : 5€/6€/8€.

Des afterworks avec entrée gratuite de 17h à 19h sont prévus en semaine (sauf le vendredi 3 octobre).

Journées Gratuites pour tous le 26 septembre, pour les séniors (+ 60 ans) les 29 septembre et 2 octobre, pour les femmes le 30 septembre et pour les demandeurs d’emploi le 6 octobre.

Plus d’infos : www.foiredemarseille.com [9].

Photo de une: Gérald Géronimi

Raymond Vidil: une triple passion pour le transport maritime, la culture et Marseille

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Entretien avec Raymond Vidil, Président de Marfret.

Diane Vandermolina: parlez-nous de Marfret ?

Raymond Vidil : Marfret (Marseille Fret) a été créé par mon père en 1951. J’ai créé la ligne régulière en 1987. Je suis président du groupe, mon fils Guillaume est directeur général. Mon activité maritime est très prenante: une journée d’armateur se déroule dans le monde entier. On est exposé quotidiennement aux impacts géopolitiques et climatiques sur notre activité (sécheresse, conflits…) et aux réalités du monde entier (30 pays, une centaine d’escales). On a participé à de grands projets industriels, comme la construction d’une raffinerie de sucre au Soudan. C’est une richesse formidable, une ouverture sur le monde et sur d’autres cultures. Cette ouverture sur le monde m’a permis de rencontrer des artistes et de visiter des musées dans différents pays. Le transport maritime, c’est changer de lieu, mais surtout changer nos pensées, notre façon de voir.

Diane Vandermolina: Comment est né votre goût pour l’art ?

Raymond Vidil : C’est assez tardif. Il est né d’un apprentissage lors de la création du collectif Mécènes du Sud, il y a plus de 20 ans. À l’époque, on voyait dans l’aide à la création contemporaine un levier d’activité pour notre ville, plus qu’un intérêt personnel. Pour moi, en tout cas, c’était ça. On s’est inspirés du rayonnement international créé par la galerie Pellat (même si c’est un peu ancien pour vous). Mécènes du Sud, c’est un collectif d’acteurs économiques qui se mobilisent pour aider les artistes émergents de notre ville. On critique souvent Marseille, on lui reproche un certain côté brouillon, un individualisme, un manque de solidarité. Mécènes du Sud est l’exact contraire : une mobilisation collective pour soutenir les artistes contemporains marseillais. En agissant collectivement, on a pu faire des dons très significatifs, contrairement aux dons individuels qui ont peu d’effet de levier. Petit à petit, en rencontrant les artistes dans leurs ateliers, ce goût pour l’art s’est forgé. C’est un monde différent du nôtre qui est plus fonctionnel, avec des statuts, des résultats, des process.

Diane Vandermolina: Comment aidez-vous les acteurs culturels à dépasser les enjeux actuels ?

Raymond Vidil : Chez Mécènes du Sud, on aide les artistes, pas les acteurs culturels. On les soutient dans leur phase émergente. On est cependant bien placés pour observer les besoins des acteurs culturels, et chacun de nous s’y implique individuellement. En tant qu’entreprise, on accompagne aussi certains acteurs culturels (cinéma, théâtre…) par le mécénat. J’ai beaucoup plaidé pour un mécénat PME impliquant, avec un engagement spécifique sur un projet identifié, afin que l’entreprise puisse s’investir concrètement. Il faut des contreparties pour impliquer les salariés : participation aux spectacles, découverte des métiers, échanges avec les metteurs en scène… Il y a beaucoup de similitudes entre un metteur en scène et un chef d’entreprise. On peut même inviter les clients et fournisseurs de l’entreprise au théâtre. Il faut distinguer le mécénat institutionnel (grands organismes financiers) du mécénat PME. Pour les PME, il faut un mécénat qui ait du sens pour l’entreprise et ses salariés, idéalement en se regroupant en collectif. Le mécénat n’est pas facile, il faut de la persévérance et un accompagnement, comme celui qu’on a eu grâce à la directrice de Mécènes du Sud.

Diane Vandermolina: Vous collectionnez les œuvres d’art ?

Raymond Vidil : Je suis plus impliqué dans le mécénat que dans la collection. Mécènes du Sud n’est pas un club de collectionneurs, mais un club de mécènes. Les dons aux artistes sont choisis par un comité artistique indépendant, sans contrepartie d’œuvre. On privilégie les artistes de notre région. Je suis plus un amateur qu’un collectionneur. Les artistes sont pionniers, ils sont aux avant-postes des idées et des mouvements. Ils sont notre radar de longue distance.

Diane Vandermolina: Vous avez écrit un livre sur l’entreprise familiale ?

Raymond Vidil: Oui, « Le chemin du monde », il y a dix ans. Il traite du rôle des armateurs et des transporteurs maritimes, qui sont des géographes. On montre le monde du point de vue de la mer, une vision différente de la géographie terrestre. La planète aurait dû s’appeler la mer, pas la terre. Notre activité chez Marfret (principalement le conteneur) est essentielle à l’économie nationale.

Diane Vandermolina : Votre entreprise est-elle impliquée dans des initiatives écologiques ?

Raymond Vidil : Oui, absolument. Nous sommes très sensibles à la question de l’environnement. Depuis des années, nos mécaniciens constatent l’augmentation de la température de la mer, ce qui est crucial pour nous car on utilise l’eau de mer pour refroidir nos machines. Nous avons fait des progrès énormes en matière de réduction de consommation et des émissions des navires, bien plus importants que ce qui se fait à terre. Malheureusement, ces efforts ne sont pas assez médiatisés. On est souvent accusés de pollution par les riverains qui voient un panache de fumée sur un bateau de croisière, et on nous accuse de polluer la mer, alors que c’est souvent la terre qui est la source principale de pollution. Tous les navires de nos armateurs sont équipés pour le traitement des rejets à quai. On a divisé par deux la consommation de nos navires et on fait des progrès considérables sur toutes les émissions. Il y a 6000 porte-conteneurs dans le monde, et à Marseille, sur ces 6000, on en a 10, tous équipés pour le traitement des rejets. Il faut faire attention à la manière dont on parle de notre métier et de ces sujets. L’objectif zéro carbone en 2050 nous impose de transformer les navires, de trouver d’autres modes de propulsion, de tester le vélique, de modifier les coques. Nous investissons dans des technologies innovantes pour mieux les comprendre et les intégrer à la construction de nos futurs navires.

Diane Vandermolina: Quel est votre rapport à Marseille ?

Raymond Vidil : Mon rapport à Marseille est né de mon activité maritime et portuaire, qui représente l’histoire et l’économie de la ville. Ce métier m’a ouvert sur le monde et sur d’autres cultures. Pour moi, la culture n’est pas un argument parmi d’autres pour Marseille, c’est L’argument faîtier. Bien sûr, il faut aussi s’occuper de la propreté, de l’accueil, de la sécurité… mais la culture doit être l’argument principal de son rayonnement et de son attractivité. La vie culturelle marseillaise est riche, notamment grâce au titre de Capitale Européenne de la Culture en 2013. Cet événement a été une révélation, un tournant, mais la ville a manqué de persévérance pour pérenniser cet élan sur le long terme même si on a fait une réplique de MP2013 avec MP2018 Quel Amour !

Diane Vandermolina: Quelle est la notoriété de Marseille dans le monde ?

Raymond Vidil : Elle s’est améliorée, notamment grâce à l’événement de 2013. Il faut persévérer sur la culture, sur cet amour pour la ville, cet amour pour la Méditerranée. Marseille possède des atouts formidables : son cadre naturel, son port, son aéroport, son secteur de la santé… Il faut la voir de haut, de loin. 

Entretien avec Lisa Karen Houben

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Lisa Houben, soprano lyrique d’origine néerlandaise et américaine est l’une des grandes interprètes et artistes de notre temps au même titre que Sandra Radzanovsky, Lise Davidsen ou Asmik Grigorian… Elle a ce –je-ne-sais-quoi-ou-presque-rien qui subjugue à chaque incarnation. Je vous invite à la découvrir au détour de quelques questions. On espère la retrouver sur les plus grandes scènes nationales et internationales très prochainement !

Entretien

S.A : Quelle est votre première rencontre avec la musique ?

J’avais 7 ans. Ma mère m’a amenée au Kennedy Center à Washington DC, pour voir Les Noces de Figaro. Magie instantanée! 

S.A : Quelle est votre formation musicale ?

J’ai commencé le piano à 9 ans et le chant à 13 ans. Puis j’ai étudié au conservatoire de McGill à Montréal. Ensuite, le conservatoire Royal à La Haye, avec Cristina Deutekom. Puis, j’ai tout quitté et suis allée vivre à Milan. Pouvoir écouter les grands chanteurs à La Scala ! Et  étudier avec Rodolfo Celletti, Magda Olivero et  Carlo Bergonzi. C’est là où j’ai tout appris ! Le pianissimo, le legato, bocca chiusa, le « recitare cantando »… Le bonheur. Chanter et vivre dans le pays de Verdi, de Puccini, de Mascagni… L’étude du chant, « a never ending story ! ». Le plus Grand Maestro de chant, c’est « le palcoscenico » !

S.A : Quel regard portez-vous sur l’évolution de votre voix ?

Ma voix n’a pas changé depuis le début de ma carrière. Par contre, après plus de 35 rôles, je la connais mieux. J’ai tout de suite commencé avec le Grand répertoire. Mes premiers rôles: Tosca, Fidelio, Cavalleria … J’ai une voix assez centrale. J’ai aussi abordé une tessiture plus basse, avec les rôles d’Amneris et d’Eboli, mais je me sens mieux dans mes rôles de soprano. En travaillant, j’ai petit à petit réussi à chanter des rôles qui demandent plus d’agilité comme Lady Macbeth ou Abigaïlle. Mes aigus sont venus plus tard. Comme Magda Olivero me l’a dit un jour : la voix, c’est comme du bon vin, ça se bonifie avec le temps. La voix est le miroir de la santé et de l’âme. José Van Dam me disait lors de notre première rencontre : « Ne jamais en faire trop ». Quelques mois, je me retrouvais avec lui dans La Forza Del Destino de Verdi à La Monnaie. Si on est en bonne santé (le mental, le spirituel et le physique), la voix rayonne!

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S.A : Pour vous, c’est quoi la musique ?

C’est ma passion! C’est vital, c’est infini, c’est immense. Parfois, c’est tout simplement, insupportable tellement ça me touche. J’ai un besoin spirituel et physique de chanter, de sentir les ondes de la musique. La musique “sometimes feels like the unbearable lightness of… singing!”. C’est comme une drogue envoûtante que j’ai envie de vivre et de partager. À travers elle, on peut se connecter avec le public et j’adore ça. C’est un langage universel qui fait vibrer l’âme. C’est comme la foi, il n’y a pas de mots justes, rien qu’un sentiment puissant. 

S.A :  Quels sont vos rôles que vous préférez incarner à la scène ?

J’aime profondément tous les rôles que j’ai incarnés, un peu plus de 35 dans mon voyage musical. L’héroïne de Fidelio, un de mes tout premiers rôles. Une femme passionnée et forte, qui a du courage et de la détermination. Son amour est inébranlable. Elle incarne la lutte pour la justice, quelque chose qui résonne très fort encore aujourd’hui. L’écriture est très centrale, avec des aigus puissants et des passages graves très tendus émotionnellement, tout ce que j’adore! La comtesse dans les Noces de Figaro et Donna Anna de Mozart qui m’ont conduit à la Mareschale dans Der Rosenkavier de Richard Strauss, rôle que j’adore…

Magdalena di Coigny aussi. Un rôle très riche psychologiquement : on passe de la légèreté aristocratique à la profondeur tragique. Un rôle vériste par excellence ! “La mamma morta”, c’est le désespoir qui s’élève vers une extase lumineuse d’amour : « Fu in quel dolore che a me venne l’amor ! ». Un rôle avec des nuances infinies : douleur, passion, courage. 

Leonora dans La Forza Del Destino. Encore un rôle bouleversant. L’amour impossible, la culpabilité, la solitude, la foi, le pardon… avec des mélodies qui viennent tout droit du ciel, comme « La Vergine di angeli ».

S.A : Quel sentiment vous anime lorsque vous rencontrez un metteur en scène ou un chef d’orchestre ou un pianiste pour un récital ?

La passion et l’enthousiasme! La spontanéité et l’amour pour les artistes et notre métier. L’envie de répéter, de travailler et de créer ensemble de la magie qui transmet les frissons de la musique au public. J’adore les metteurs en scène qui aiment travailler avec des acteurs, qui me laissent libre de suivre mon instinct et improviser pour que les scènes donnent quelque chose de nouveau et d’imprévisible pour le public (et des fois pour moi-même !). J’adore les chefs d’orchestre qui respirent avec les chanteurs, qui rayonnent le bonheur de la fusion avec ce qui se passe sur la scène avec l’orchestre. J’aime aussi le côté intimiste de récitals avec des grands pianistes. J’ai beaucoup travaillé avec des pianistes, comme Daniel Blumenthal, Maceij Pikulski, Anna Maria Cali, etc. qui donnent toute leur âme dans le partage de leurs émotions.   

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S.A : Quels sont vos plus beaux souvenirs musicaux ?

Adriana Lecouvreur au Theatro Massimo de Palermo : un sublime spectacle avec Maestro Donato Renzetti. 

Macbeth Monnaie avec le metteur en scène Warlikovski, c’est l’improvisation à l’extrême jusqu’à la veille de la Première. C’est comme Hitchcock avec ses acteurs. Et le plus dingue, c’est que ça fonctionne !

Force du destin à La Monnaie : le bonheur de chanter avec José Van Dam, une célébrité légendaire, et pourtant tellement généreuse.

Cavalleria Rusticana à la Philharmonie de Berlin, quelle émotion et honneur de chanter dans un tel endroit ! 

Même sentiment pour le Te Deum à Carnegie Hall : une œuvre immense sur une scène mythique !

Concert au Vatican en direct à la télévision avec José Carreras, Daniela Dessi, Andrea Bocelli : ma première expérience scénique quand j’étudiais à Milan où j’ai chanté le duo de Chenier avec Bocelli et Carreras !

Concert à St Petersburg à la Philharmonie avec Ramon Vargas

Chausson Poème de l’amour et de la mer avec Plasson à Palerme au Teatro Politeama

Shéhérazade avec Alain Lombard, aussi à Palerme.

Rosenkavalier à Rome avec Gelmetti…

Tellement de frissons, d’excitations, de trac et de bonheur.. J’ ai tellement de chance… quand je repense à tout ça. 

S.A : Votre actualité musicale ?

Quelques engagements :

Gala Concert à Théâtre Margravial à Bayreuth 

Concert Gala à l’ Alte Opern à Frankfort

La Fanciulla del West de Puccini à Los Angeles

S.A : Quels rôles préparez-vous pour l’avenir ?

Elektra Strauss

Die Fliegende Hollander Wagner

Wesendonk Lieder Wagner

S .A : Vous avez une discographie riche et qui permet de découvrir des joyaux musicaux injustement oubliés. Quels enregistrement recommanderiez vous à nos lecteurs pour vous découvrir ?

J’ ai particulièrement aimé l’enregistrement très théâtral de Zazà de Leoncavallo.

S .A : Je vous recommande très vivement ces enregistrements. Des joyaux à découvrir sans hésitation possible !

Propos recueillis par Serge Alexandre

Enregistrements

Pour découvrir cette immense artiste:

https://www.youtube.com/watch?v=vfUms3ZHPiI [12]

https://www.youtube.com/watch?v=J7iwBmDJZ4Q [13]

https://www.youtube.com/shorts/mrpOZ7fd9ok [14]

Mention libre de droit pour les photos.

Festival d’Art Lyrique d’Aix 2025 : Calisto

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Une sérénissime Calisto au Festival d’Aix-en-Provence

La Calisto, opéra baroque en trois actes, composé sur un livret de Giovanni Faustini, fut parachevé en 1651, à une époque où Francesco Cavalli (1602-1676) dominait la scène lyrique vénitienne. Dès les premières mesures, l’ouvrage instaure une atmosphère empreinte de la grandeur monteverdienne (1567-1643), à travers l’éclat de ses arias, l’introduction savoureuse de personnages populaires buffo, typiquement italiens, et des effets dramatiques d’une rare efficacité.

Puisant son inspiration dans les Métamorphoses d’Ovide, l’opéra met en musique les tribulations amoureuses de la jeune nymphe Calisto. Déjà au XVIIᵉ siècle, l’œuvre fut célébrée pour la subtilité de sa poésie, la finesse de sa satire, la préciosité de son écriture musicale et la complexité psychologique de ses protagonistes. Dans la lignée de Monteverdi, qui érigea les fondements du langage lyrique moderne, Cavalli alterne avec maestria monodies accompagnées et arias mélodiques, imposant un style d’une sensibilité exquise, qui joue subtilement sur l’émotion, le drame et la richesse expressive, tant vocale qu’instrumentale.

À l’instar de maints chefs-d’œuvre du répertoire baroque, Calisto sombra dans l’oubli, délaissée durant près de trois siècles. Sa résurrection, survenue en 1970 à Glyndebourne sous la direction de Raymond Leppard, marqua le début d’une renaissance : l’ouvrage fut dès lors régulièrement repris, notamment par de prestigieux chefs, tels que René Jacobs, William Christie, Christophe Rousset, Leonardo García Alarcón, pour ne citer qu’eux.

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Ce drama tragi-comique explore avec sagacité les jeux subtils de l’amour, du désir, de la jalousie, de la métamorphose, de la transformation et du travestissement, déclinés en situations à la fois équivoques et empreintes d’une délicate ironie. L’inventivité musicale de Cavalli confère à la partition une expressivité singulière, qui en fait l’un des joyaux du patrimoine baroque italien.

Jitske Mijnssen, metteuse en scène néerlandaise de renom sur les plus grandes scènes européennes, propose une lecture résolument contemporaine, tout en demeurant fidèle à l’esprit de l’œuvre. Sa mise en scène, transposée au XVIIIᵉ siècle, se distingue par la clarté de sa dramaturgie, la profondeur de l’analyse psychologique et la rigueur de la direction d’acteurs. Le dispositif scénique, d’une ingéniosité remarquable — un plateau circulaire évoluant dans un salon lambrissé — accentue l’épure et la vérité dramatique de la proposition.

L’interprétation vocale fut confiée à une pléiade de jeunes chanteurs européens. Lauranne Oliva, soprano française incarnant Calisto, s’est illustrée par la virtuosité de son chant, la noblesse de sa présence scénique et la pénétration de son interprétation. Habituée de la scène aixoise, notamment grâce à l’Académie du Festival d’Aix-en-Provence (2023), elle s’impose comme une révélation, forte d’une technique irréprochable et d’une belle musicalité.

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Anna Bonitatibus, mezzo-soprano italienne unanimement saluée dans le répertoire baroque, prêtait ses traits à Giunone/L’Eternitá. La richesse de son timbre, la subtilité de sa palette expressive et l’intensité de son engagement scénique servaient admirablement l’exigence stylistique de l’œuvre.

La basse américaine, Alex Rosen (Giove/Jupiter) a séduit par la profondeur, la chaleur et la souplesse de sa voix, particulièrement dans les registres burlesques, lors de son travestissement en fausse Diane, dans ses passages en falsetto, d’une maîtrise éblouissante. Il s’affirme ainsi comme une référence incontournable du répertoire baroque.

Le baryton britannique Dominic Sedgwick, dans le rôle de Mercure, formait un remarquable tandem libertin et cynique avec Giove. De même, le contre-ténor français Paul-Antoine Bénos-Djian, dans le rôle d’Endimione, a charmé par la pureté et la souplesse de sa voix, son expressivité nuancée et la justesse de sa présence scénique, confirmant son statut de jeune espoir du chant baroque français.

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Enfin, à la tête de l’Ensemble Correspondances, réuni pour l’occasion dans une formation élargie (une trentaine de musiciens), le chef Sébastien Daucé, claveciniste et fin musicologue, s’est livré à un véritable travail archéologique, pour adapter la partition originelle — qui ne comportait que la ligne de chant et la basse continue — à l’acoustique en plein air de l’Archevêché. Il a su réécrire certaines parties pour la scène aixoise, enrichissant l’orchestre de deux violons, quatre continuistes, harpe, théorbes, violes, deux clavecins, un orgue positif et, de manière inattendue, de percussions qui ont rythmé symphonies et danses. Son travail se distingue par la richesse des couleurs instrumentales et la subtilité de l’équilibre sonore.

Si Monteverdi ouvrit la voie à l’opéra public à Venise, Cavalli en consolida le modèle et en assura la diffusion à travers toute l’Europe. Point d’orgue de cette édition 2025 du Festival d’Aix, La Calisto mérite d’être saluée pour sa créativité musicale et dramaturgique, ainsi que pour l’excellence de son interprétation.

Catherine Richarté-Manfredi

Aix-en-Provence, Théâtre de l’Archevêché
Vendredi 18 juillet 2025, 21h30

Crédit photo : © Monika Rittershaus

La Calisto 

Dramma per musica en un prologue et trois actes
Musique de Francesco Cavalli
Livret de Giovanni Faustini, d’après Les métamorphoses d’Ovide (livre II)
Créé le 28 novembre 1651 au Teatro Sant’Apollinare de Venise

Direction musicale

Sébastien Daucé

Ensemble Correspondances

Mise en scène
Jetske Mijnssen
Scénographie
Julia Katharina Berndt
Costumes
Hannah Clark
Lumière
Matthew Richardson
Chorégraphie
Dustin Klein

Interprétation

Calisto
Lauranne Oliva
Giove
Alex Rosen
Diana
Giuseppina Bridelli
Endimione
Paul-Antoine Bénos-Djian
Giunone, L’Eternità
Anna Bonitatibus
Linfea
Zachary Wilder
La Natura, Pane, Furia
David Portillo
Mercurio
Dominic Sedgwick
Destino, Satirino, Furia
Théo Imart
Silvano, Furia
José Coca Loza
Deux serviteurs
Fanny Estiot, Daniel Lawless

Festival d’Art Lyrique d’Aix 2025: Don Giovanni

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Lorsque Mozart retrouve le Festival d’Aix-en-Provence

 Don Giovanni, référencé K. 527, est un opéra italien en deux actes relevant du genre Dramma giocoso, composé par Wolfgang Amadeus Mozart. Créé à Prague le 29 octobre 1787 sur un livret de Lorenzo Da Ponte, il puise son inspiration dans la pièce du Siècle d’Or espagnol, El burlador de Sevilla y convidado de piedra (1630), signée du dramaturge religieux Tirso de Molina. L’action se déroule dans l’Espagne catholique du XVIe siècle, empreinte de ferveur et de rigueur spirituelle. L’intrigue relate les aventures tumultueuses d’un séducteur libertin et cynique, Don Giovanni, tout en distillant subtilement les principes de la morale chrétienne, tels que le péché de chair et la sacralité du mariage.

Ce mythe du baroque espagnol, exacerbé dans un contexte de dévotion et de répression, a subjugué des générations de dramaturges fascinés par l’ambiguïté de Don Juan. Ainsi, Molière, en 1665, brosse le portrait d’un personnage athée, rebelle et cynique dans sa comédie Dom Juan ou le Festin de pierre. Comédie de mœurs aux multiples facettes, elle mêle traditionnellement tragique et bouffonnerie, pathos et surnaturel. Sous la frénésie de ses conquêtes féminines, Don Giovanni se raille de l’Église et de l’ordre établi, défiant Dieu jusqu’à la damnation.

Le rideau se lève sur une scène surprenante où Don Giovanni a fusionné avec le Commandeur – figure patriarcale mourante – semblant plongé dans une rétrospection fiévreuse avant d’être terrassé par un arrêt cardiaque. Cette assimilation entre le jeune libertin et le patriarche, bien que peu crédible, introduit l’ouverture dynamique de l’opéra, ce qui laisse le spectateur quelque peu pantois.

Puis, de duels en meurtres, nous sommes propulsés dans une dramaturgie enrichie d’effets visuels (vidéo en noir et blanc) et sonores (sourds battements de cœur, etc.) dans un XXe, voire un XXIe siècle revisité mais clinique. Le décor, s’il se veut fonctionnel, manque néanmoins de grâce et d’ampleur.

Sur scène, une distribution de chanteurs, aux qualités vocales inégales, offre toutefois de beaux moments d’interprétation, sincères et habités. L’ensemble demeure cependant nébuleux et troublant pour le spectateur, l’intrigue se dispersant dans une profusion de distorsions, de superpositions et de distanciations. Le metteur en scène Robert Icke ose ce syncrétisme audacieux entre un jeune Don Giovanni et un imposant Commandeur, malheureusement peu audible (Clive Bayley), deux incarnations temporelles d’un même homme, mais deux inadéquations. Cette démarche, aussi inventive soit-elle, s’avère confuse et déconcertante. Par ailleurs, la présence d’une enfant en pyjama, serrant un ours en peluche et figurant dans des scènes à la lisière de la séduction, effleure de manière provocatrice le tabou de la pédophilie et suscite un malaise palpable dans l’assistance.

 Sur le plan musical, la direction de Sir Simon Rattle, chef britannique signant ici ses débuts aixois dans Mozart, impose à l’Orchestre Symphonique de la Radio bavaroise des tempi vifs, conférant à l’ensemble instrumental, trop massif, une nervosité parfois excessive.

Parmi les interprètes, André Schuen, unanimement salué, s’impose dans le rôle-titre, livrant une prestation vénéneuse, profonde et nuancée. Sa voix, mêlée à celle de son valet Leporello, incarné par Krzysztof Bączyk – sensationnelle basse profonde, transformée pour les besoins de la production en un domestique blasé personnifiant la conscience morale de son maître – s’illustre notamment dans le fameux « Air du catalogue », où il égrène, sans aucun humour, la liste quantifiée et classée par pays des conquêtes de son padrone.

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Véritable épicentre émotionnel de l’œuvre, la flamboyante Golda Schultz, dans le rôle de Donna Anna, impressionne par son intensité vocale et sa présence scénique, suscitant l’enthousiasme du public. Elle incarne avec force la victime emblématique du drame, flanquée d’un Don Ottavio servi par le ténor polynésien Amitai Pati, volontairement mis en retrait et, de fait, malgré un joli timbre, un peu falot.

À l’inverse de Donna Anna, Magdalena Kožená, mezzo-soprano qui interprète le personnage de Donna Elvira, bien que déterminée et investie, peine à convaincre pleinement, parfois débordée par la tessiture exigeante de son rôle.

Quant au jeune couple formé par la soprano néo-zélandaise, Madison Nonoa (Zerlina), à la voix fragile exprimant avec justesse les tensions entre cœur et raiso, et son fiancé, incarné par la basse polonaise Paweł Horodyski (Masetto), ils composent pour préserver leur mariage des attaques de leur seigneur et maître, un admirable duo d’artistes.

Cette production, revendiquée comme transgressive et engagée, peine cependant à convaincre pleinement. La mise en scène, résolument contemporaine, soulève des questionnements sans toujours offrir de résolution claire. Pourtant, le mythe de Don Giovanni demeure d’une brûlante et indispensable actualité, interrogeant en profondeur nos conceptions occidentales et modernes du rapport amoureux. À l’heure où certains exaltent toujours la liberté amoureuse, le libertin impénitent n’a pas fini de susciter débats et réflexions.

Catherine Richarté-Manfredi

Aix-en-Provence, Grand Théâtre de Provence, Dimanche 6 juillet 2025, 17h

Photos : © Monika Rittershaus

Direction musicale

Sir Simon Rattle 

Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise

Mise en scène/ Robert Icke

Scénographie / Hildegard Bechtler 
Costumes / Annemarie Woods
Lumières / James Farncombe 
Chorégraphie / Ann Yee 
Vidéo / Tal Yarden
Son / Mathis Nitschke
Dramaturgie / Klaus Bertisch

Distribution 

Don Giovanni / Andrè Schuen 

Leporello  / Krzysztof Bączyk,
Donna Anna  / Golda Schultz  :, Soprano
Donna Elvira / Magdalena Kožená, Mezzo-soprano

Don Ottavio / Amitai Pati, Ténor,
Le Commandeur / Clive Bayley  : Basse
Zerlina / Madison Nonoa,  Soprano,
Masetto / Paweł Horodyski,  Basse,

Cascadeur / Marc Sonnleitner 

 

Les Nuits Flamencas d’Aubagne, 10ème Edition

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Du 2 au 6 juillet, Aubagne vibre au rythme du flamenco pour les 10 ans des Nuits Flamencas.

Gratuit et accessible à tous, le festival, initié par le guitariste internationalement reconnu Juan Carmona et organisé par Nomades Kultur, célèbre cette année ses dix ans d’existence avec une programmation exceptionnelle et la présence d’artistes de haut vol. Plus qu’un simple festival, « c’est un véritable carrefour artistique pluridisciplinaire qui mêle tradition et modernité ».

Programme

Au menu, une riche palette d’événements sur l’Esplanade De Gaulle, dont la célébration des 40 ans de carrière de Juan Carmona accompagné de l’Orchestre Symphonique de l’Opéra de Lyon (4 juillet, 22h), et la première française du Ballet Flamenco de Andalucía avec Tierra Bendita dirigé par Patricia Guerrero (5 juillet, 22h).

Le Théâtre Comoedia accueille le concert d’un des plus grands flutistes flamenco Domingo Patricio (2 juillet, 21h) et celui du flamenco-jazz du pianiste Andrés Barrios Trio accompagné de la danseuse Sara Sanchez (3 juillet, 21h) tandis que le Cinéma Le Pagnol (2 juillet, 19h) fait la projection du documentaire “Antonio Najarro, la danse espagnole en partage” suivi d’une rencontre avec le réalisateur, Jean-Marie David.

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Andrés Barrios ©Nuits Flamencas

Le festival propose également des bals sévillans, des expositions, des conférences, des animations pour enfants, un concert-défilé de mode (4 et 5 juillet dès 18h/19h) sur la grande scène et dans l’espace sevillane au cœur du village andalou ! Un apéro-concert flamenco rumba sur le rooftop de l’Hôtel Linko avec le groupe Tchanelas clôture le festival le 6 juillet à 19h30 (20€).

L’aspect pédagogique est au cœur de l’événement, avec ses master classes animées par des grands noms du flamenco (3 et 5 juillet/35/100€) et des ateliers d’initiation pour tous les niveaux. Le festival s’étend également au-delà d’Aubagne, avec des spectacles à Aix-en-Provence (11 juillet au 6Mic à 21h) et Marseille (9 août dans le cadre de l’Eté Marseillais dès 19h30).

Fidèle à ses valeurs, éco-responsable, il privilégie la mobilité verte, la réduction des déchets plastiques, et la valorisation des circuits courts.

Interview de Juan Carmona

JUAN CARMONA ©DARIO CARUSO

DVDM : Quelle est l’origine du festival ?

J.C : J’ai vécu toute ma vie à Aubagne et quand il y a eu le changement de mairie, il y a 14 ans, le maire, Gérard Gazay, est venu me voir pour me demander de lui proposer quelque chose autour de la musique. Et, le flamenco c’est quelque chose que je connais parfaitement, aussi bien de dehors que de dedans. J’ai vécu en Andalousie pendant une quinzaine d’années, ce qui m’a fait avoir des relations privilégiées avec les artistes. Tout simplement, je lui ai proposé de faire un festival de flamenco et la première édition a été un carton plein. Il y a eu plus de 3000 personnes, c’était pratiquement du jamais vu. On a fait ça à l’époque au parc Jean Moulin, à Aubagne. Puis, on s’est développé en augmentant le nombre de jours, en élargissant la programmation. On ne s’arrête pas au spectacle, on fait des masterclass, des conférences, et on intègre dans la programmation le flamenco jazz. On fait des expositions de luthiers, des projections. On a élargi à tout ce qui est la culture andalouse, j’ai envie de dire.

DVDM : Par rapport au concept, vous êtes porté par une envie de faire un festival gratuit ouvert à tous.

J.C : Il ne faut pas oublier que les artistes que nous faisons venir peuvent lendemain être au Carnegie Hall à New York, au Royal Albert Hall, et là, les prix des entrées, c’est facilement 45-50 euros, facilement. La gratuité est un gros plus : il est évident qu’il y a une grande affection pour le flamenco dans le sud de la France, par rapport aux grandes communautés andalouses qui vivent ici. Et il est évident que quand la communauté sait qu’il va venir tel ou tel artiste, que normalement ils sont obligés de payer une fortune pour aller le voir, et que c’est à côté de chez eux, ils viennent.

DVDM :Vous allez faire les 10 ans des Nuits Flamencas et vos 40 ans de carrière ? Est-ce que vous pouvez nous donner les temps forts de cette édition ?

J.C : Les temps forts, ça va être par rapport à mes 40 ans, je vais présenter la Sinfonia Flamenca avec l’orchestre de l’Opéra de Lyon, qui sont plus de 60 musiciens, et ma formation, c’est-à-dire chant, guitare, danse et percussion. C’est un spectacle que j’ai présenté un peu partout dans le monde, au Bolchoï, au Carnegie Hall, dans tous les pays : ce sera le 4 juillet. Le lendemain il va y avoir un moment très fort avec le ballet flamenco d’Andalousie, une institution en Andalousie : c’est un ballet de plus de 35 danseurs et danseuses qui sont là pour promouvoir la culture andalouse. Le flamenco c’est une culture à part entière, c’est une façon de s’habiller, c’est une façon de s’amuser, c’est un tout, ce n’est pas qu’un art qu’on pratique de telle heure à telle heure.

TIERRA BENDITA @MarcosMedina

DVDM : Votre envie est de transmettre l’art de vivre andalou ?

J.C : Exactement, souvent en plaisantant, je dis amener Séville ici à Aubagne. Séville dans toute sa splendeur, c’est-à-dire que Séville ça peut être la gastronomie, les musées, le flamenco, mais le cinéma avec des réalisateurs comme Carlos Saura qui se dédient à représenter le flamenco. J’ai la chance de voyager énormément à travers le monde, je me suis aperçu que le flamenco est présent dans les quatre coins du globe. Je rentre d’une tournée en Inde, j’étais à Hawaï, en Chine, aux Etats-Unis, et le flamenco c’est vraiment un art qui est sensible à tout le monde, et c’est pour ça que je veux faire découvrir cet art aux Aubagnais. Et finalement aujourd’hui ça s’est tellement développé que c’est tout le monde qui vient, les Marseillais, les Aixois, les Toulousains, les Parisiens. Contrairement aux festivals de Jazz qui sont pléthore en région, pour le Flamenco, il y en a peu et en général les artistes font un circuit en été : de Mont-de-Marsan, en passant par Nîmes jusqu’à Aubagne.

DVDM : Et est-ce que vous pouvez parler du bal sévillan ?

J.C : La sévillane, c’est la danse traditionnelle de la feria de Séville au mois d’avril, c’est une danse qui est essentiellement basée sur la séduction, qui peut se danser à deux, mais à trois aussi, et à quatre aussi, et bien sûr par couple. Elle est complètement accessible à tout niveau, on n’est pas obligé d’être un expert en flamenco pour faire la sévillane. Vous allez à la feria de Séville, vous voyez aussi bien danser les papis, les mamies, que les enfants, que des gens qui ont un niveau un peu plus élevé, où effectivement ils vont mettre une technique avec un peu plus de pirouettes, mais sans aller jusqu’à là, on peut être un enfant de 7-8 ans et danser très bien la sévillane, parce que c’est une danse qui ne demande pas une grande technique et qui est accessible à tout le monde, quelque chose de très joyeux. Et c’est pour ça qu’on tient absolument à faire ces initiations à la sévillane et ces bals sévillans avec Giral Dos. Avant le bal, il y a une école de danse qui vient et donne un petit aperçu de comment fonctionne la danse de la sévillane. Ensuite, elle est pratiquée avec le bal.

Le public amateur de Sévillane ©Dario Caruso

DVDM : Et vous allez faire donc deux arrêts, un à Aix en juillet et un autre à Marseille en août. Est-ce que vous pouvez parler de ce que vous allez proposer ?

J.C : Le concept plaît tellement que les villes voisines nous le demandent. Pour ces dates, on a décidé de mettre en avant la scène locale parce qu’il ne faut pas oublier qu’il y a des artistes de flamenco aussi dans la région. A Aix, on a invité Juan Santiago (guitare), Teresa Deleria (danse) et Blas Deleria (chant). Moi-même j’ai démarré dans la région. Et j’ai beaucoup de respect pour tous ces artistes qui pratiquent une musique qui n’est pas de leur pays : c’est assez compliqué pour eux de se produire. Dans la scène locale, il y a beaucoup de talents.

A Marseille, Juan Carmona propose une initiation à la Sévillane, suivie d’un Tablao Flamenco “De Madre A Hijo” porté par Isabel Fernández et son fils José Fernández et d’un concert de son 7tet. A vos agendas ! Diane Vandermolina

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Infos pratiques :

Dates: Du 2 au 6 juillet 2025 (Aubagne), 11 juillet (Aix-en-Provence), 9 août (Marseille)

Lieu: Aubagne (Esplanade De Gaulle, Théâtre Comoedia, Cinéma Le Pagnol, Espace des Libertés)

Entrée: Gratuit (sauf master classes et apéro flamenco)

Réservations:

Pour les spectacles au Théâtre Comoedia : www.aubagne.fr/comoedia.html [21]

Master classes : https://www.lesnuitsflamencas.fr/master-class-2025/ [22]

Apéro flamenco à l’Hôtel Linko : 04 42 18 64 40. 

Places gratuites pour le cinéma à retirer directement au Cinéma Le Pagnol.

Programme complet: https://www.lesnuitsflamencas.fr/ [23]

Photo de une: La Sévillane ©Dario Caruso