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Théâtre TOURSKY : Soirée de DUOS Enchantés et ENCHANTEURS

Soirée de soutien enchantée ce 25 novembre 2017 pour le théâtre Toursky. En préambule, Richard Martin, son directeur, remercie les artistes, ses amis les saltimbanques, pour leur implication, leur fidélité, leur amitié, leur aide.

Disons-le d’emblée, cette heure de musique a été un pur bonheur.

Parler de musique ? J’ai l’humilité de celle qui sait « qu’elle ne sait rien ». La musique est l’essence même de ce qui dépasse le discours. L’art meurt du commentaire sur l’art. Je transmets donc simplement mon sentiment à l’écoute de cette musique, de ce concert. Je communique l’écho que la flûte, la guitare, le piano, le violon, et les mains qui les font vibrer, ont éveillé en moi, ce que mon oreille a perçu, ce dont mon âme s’est imbibée. Je rends compte du plaisir et de l’enthousiasme évident des spectateurs. Et ce fut beau !

 

Guitare et flûte, duo d’amour

En première partie Béatrice et François Tomasi, guitare et flûte traversière. Ils débutent par une « Sicilienne » de Pergolese, évoquant la pittoresque musique napolitaine. La douceur de la flûte de Béatrice mêlée aux accords de guitare de François Tomasi est un régal. Béatrice Tomasi rend ses lettres de noblesse à cet instrument millénaire. Sa flûte au pouvoir magique campe le rêve mélodique sur scène. L’accord parfait entre le guitariste et la flûtiste est palpable et magnifie leur musique. Leurs instruments s’accompagnent, s’interpellent, interrogent, se répondent, se caressent, avec une apparente facilité qui n’est due qu’à leur professionnalisme et au respect profond des œuvres : harmonie et mélodie.

Suivent « la cavatine d’Elvira » de Legnani avec un allegro brillantissime et quatre « chansons catalanes » de François Tomasi  dont la maestria à la guitare et à la composition  n’est plus à démontrer. La suite « Al Cristo de la Quebrada », de J.L. Merlin, joué divinement, clôt ce moment musical.

Béatrice et François Tomasi sont littéralement « habités » pour ce concert : musicalité, élégance, générosité et tendresse. Complices à la scène et amoureux à la ville, ils ont été chaleureusement et longuement applaudis par un public ravi.

La vivacité faite pianiste

La soirée se poursuit par la prestation pianistique d’une jeune et jolie pianiste : Mélanie Bracale avec une éclatante « Tarentelle » de Liszt : dextérité technique et maîtrise absolue du clavier. L’interprétation est enlevée, vive, jouée presto. L’interprète apporte la fougue de sa jeunesse à cette belle pièce de Liszt et déroule avec une qualité irréprochable. On imagine que ces doigts feraient merveille dans « le vol du bourdon » de Rimsky Korsakov ! Très applaudie, elle revient sur scène pour le dernier volet de ce concert, en accompagnement au piano d’Yves Desmons, au violon.

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Vibrant et sonore, le violon d’Yves Desmons

Yves Desmons ouvre avec la « Marche miniature viennoise ». Yves Desmons, c’est le talent à l’état pur : adresse, discernement, pureté de style, virtuosité. L’artiste maîtrise à la perfection la complexité de la technique violonistique. Sa musique est sobre et somptueuse à la fois. Son violon a le volume, la rondeur, la souplesse, la puissance de la voix, une voix voluptueuse ou crépitante comme un feu d’artifices. Suivent le « Nigun » (improvisation en Hébreu) d’Ernest Bloch, pièce magnifique s’inspirant de la vie spirituelle juive et célébrant la secte des Hassidiens qui voulaient atteindre Dieu par la joie du chant et de la danse. Magnifiquement accompagné par Mélanie Bracale, Desmons atteint le sommet. La « Danse espagnole » de Myroslav Skoryk et le « Tango jalousie » de Jacob Gade prolongent ces moments privilégiés où le chant du violon suspend le temps. Le déchainement des applaudissements à la fin de ce dernier volet du concert témoigne de l’enthousiasme du public qui ne veut pas voir s’évanouir le rêve avec le départ des musiciens. Yves Desmons concède un bis : « La liste de Shindler » de John Williams. Des frissons parcourent la salle du premier au dernier rang. Desmons joue avec un brio rarement égalé. Magique !

Que volent les violons et que vive le théâtre !

Danielle Dufour-Verna

Copyright photos : DR

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